Bienheureuse Teresa de Calcutta: l’une des nôtres après tout

par le père Thomas Rosica, c.s.b.

Ce vendredi nous commémorons la fête de la Bienheureuse Teresa de Calcutta.  Née en Albanie “Agnes Gonxha Bojaxhiu,” elle est connue à travers le monde comme Mère Teresa de Calcutta.  La vie de cette remarquable femme n’était pas qu’un simple grand titre sensationnel. Sa vie était une métaphore de dévouement désintéressé et de sainteté. C’est pourquoi tant de jeunes, femmes et hommes, de presque tous les coins du monde, continuent d’entrer chez les Missionnaires de la Charité. Mère Teresa a fondé la communauté des Missionnaires de la Charité qui compte plus de 4500 femmes qui servent dans plus de 100 pays. Elles dirigent plus de 500 maisons, hospices et abris pour des milliers de mourants et de déshérités, en plus de centaines d’écoles, de cliniques mobiles, de maisons pour lépreux et sidéens.

Il existe des critiques au sein de l’Église qui affirment que Mère Teresa personnifiait une vision pré-Vatican II de la foi et ignorait de parler des maux systémiques comme les dépenses militaires.  Ils la critiquent, de mêmes que ceux et celles qui la suivent, de condamner sans relâche l’avortement. Je connais des religieux et religieuses qui affirment qu’il n’y avait aucun élément de critique prophétique dans les enseignements et le style de vie de Mère Teresa. Certains affirment qu’elle était un modèle ‘sûr’, allant aussi loin que d’affirmer que chaque prêtre ou évêque pouvait la mettre sur un piédestal et dire aux femmes : « Soyez dociles, faites vos affaires de femmes, mais n’allez pas critiquer quoi que ce soit. »

Lorsque Mère Teresa parle de ‘partager la pauvreté’, elle défie la logique des institutions qui préfèrent des plans stratégiques pour les pauvres à la communion avec les personnes qui sont pauvres. La communion ignore les approches conventionnelles. Elle ne trouvera peut-être jamais un emploi à quelqu’un, encore moins le remettra-t-elle sur ses deux pieds. C’est pourquoi les agents de communion sont qualifiés de non pertinent. Ou bien finiront-ils, comme Mère Teresa, par être qualifiés de ‘saints’. Alors qu’un journaliste lui demanda directement comment elle se sentait était qualifiée de sainte à travers le monde, la petite religieuse frêle répondit sans broncher : « La sainteté n’est pas un luxe, mais une nécessité. »

Bien qu’elle ait quitté ce monde il y a onze ans aujourd’hui, cette petite sœur a fait la manchette mille fois plutôt qu’une il y a environ un an lors de la publication de ses lettres. Plusieurs journalistes, éditeurs de magazine et lecteurs de nouvelles ont raté leur cible avec leurs manchettes sensationnelles : «La vie secrète de Mère Teresa : crise et ténèbres,» ou «La sainte de Calcutta était une athée,» ou même «Mère Teresa et le Grand Absent.» Certains commentateurs ont écrit : «Elle a perdu la foi et l’Église l’a récompensée pour cela.» Tous ces gens semblent ignorer que ceux qui ont préparé la béatification de Mère Teresa en 2003 ont cité ces lettres comme preuve de sa foi exceptionnelle et non de l’absence de foi.

L’Église ne recherche pas simplement de bonnes œuvres chez les saints, il y a  les Prix Nobel pour cela, mais une évidence solide que le candidat pour béatification ou canonisation a été transformé, en dedans et au dehors, par la grâce de Dieu. Nous pouvons dire à partir de ses lettres que Mère Teresa était d’une race de saints spéciale : elle était une authentique mystique. Dans ses messages bouleversants, Mère Teresa nous dit qu’elle a déjà senti la présence de Dieu et entendu la voix de Jésus qui lui parlait. Puis Dieu s’est retiré et Jésus s’est tu. Mère Teresa a par la suite fait l’expérience de la foi exempte de toute consolation émotive. À la fin, Mère Teresa dut s’appuyer sur la foi crue, l’espérance et la charité. Ce sont-là les vertus de tous les chrétiens, et pas seulement des élites spirituelles. Elle était l’une des nôtres après tout.

Il y a plusieurs années, j’ai rencontré pour la première fois Mère Teresa après une célébration à Rome, j’ai pu rencontré Mère Teresa. Elle posa fermement dans mes mains une carte d’affaire comme je n’en n’avais jamais vue. On pouvait y lire:

Le fruit du silence est la PRIÈRE ; le fruit de la prière est la FOI; le fruit de la foi est l’AMOUR; le fruit de l’amour est le SERVICE; le fruit du service est la PAIX. Que Dieu vous bénisse.      – Mère Teresa

J’ai toujours cette carte avec moi. Il n’y avait pas d’adresse postale, pas numéro de téléphone ou de courriel sur la carte. Mère Teresa n’avait pas besoin d’une adresse à ce moment. Et nous n’avons pas besoin d’adresse pour la rejoindre. Chacun sait où elle se trouve et comment la rejoindre : elle est là pour nous tous dans la communion des Saints.

Bienheureuse Teresa de Calcutta, priez pour nous.