Homélie du pape François pour le mercredi des cendres

«Revenez à moi de tout votre cœur, […] revenez au Seigneur votre Dieu » (Jl 2, 12.13) : c’est le cri par lequel le prophète Joël s’adresse au peuple au nom du Seigneur; personne ne pouvait se sentir exclu: «Rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons; […] le jeune époux […] et la jeune mariée » (v. 16). Tout le peuple fidèle est convoqué pour se mettre en chemin et adorer son Dieu, «car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (v. 13).

Nous voulons nous aussi nous faire l’écho de cet appel, nous voulons revenir au cœur miséricordieux du Père. En ce temps de grâce que nous commençons aujourd’hui, fixons une fois encore notre regard sur sa miséricorde. La Carême est un chemin: il nous conduit à la victoire de la miséricorde sur tout ce qui cherche à nous écraser ou à nous réduire à quelque chose qui ne convient pas à la dignité des fils de Dieu. Le Carême est la route de l’esclavage à la liberté, de la souffrance à la joie, de la mort à la vie. Le geste des cendres par lequel nous nous mettons en chemin nous rappelle notre condition d’origine: nous avons été tirés de la terre, nous sommes faits de poussière. Oui, mais poussière dans les mains amoureuses de Dieu qui souffle son Esprit de vie sur chacun de nous et veut continuer à le faire; il veut continuer à nous donner ce souffle de vie qui nous sauve des autres types de souffle : l’asphyxie étouffante provoquée par nos égoïsmes, asphyxie étouffante générée par des ambitions mesquines et des indifférences silencieuses; asphyxie qui étouffe l’esprit, réduit l’horizon et anesthésie les battements du cœur. Le souffle de la vie de Dieu nous sauve de cette asphyxie qui éteint notre foi, refroidit notre charité et détruit notre espérance. Vivre le Carême c’est désirer ardemment ce souffle de vie que notre Père ne cesse de nous offrir dans la fange de notre histoire.

Le souffle de la vie de Dieu nous libère de cette asphyxie dont, souvent nous ne sommes pas conscients, et que nous sommes même habitués à «normaliser», même si ses effets se font sentir; cela nous semble «normal» car nous sommes habitués à respirer un air où l’espérance est raréfiée, un air de tristesse et de résignation, un air étouffant de panique et d’hostilité.

Le Carême est le temps pour dire non. Non à l’asphyxie de l’esprit par la pollution causée par l’indifférence, par la négligence à penser que la vie de l’autre ne me regarde pas, par toute tentative de banaliser la vie, spécialement celle de ceux qui portent dans leur chair le poids de tant de superficialité. Le Carême veut dire non à la pollution intoxicante des paroles vides et qui n’ont pas de sens, de la critique grossière et rapide, des analyses simplistes qui ne réussissent pas à embrasser la complexité des problèmes humains, spécialement les problèmes de tous ceux qui souffrent le plus. Le Carême est le temps pour dire non ; non à l’asphyxie d’une prière qui nous tranquillise la conscience, d’une aumône qui nous rend satisfaits, d’un jeûne qui nous fait nous sentir bien. Le Carême est le temps pour dire non à l’asphyxie qui nait des intimismes qui excluent, qui veulent arriver à Dieu en esquivant les plaies du Christ présentes dans les plaies des frères: ces spiritualités qui réduisent la foi à une culture de ghetto et d’exclusion.

Le Carême est le temps de la mémoire, c’est le temps pour penser et nous demander: qu’en serait-il de nous si Dieu nous avait fermé la porte. Qu’en serait-il de nous sans sa miséricorde qui ne s’est pas lassée de pardonner et qui nous a toujours donné l’occasion de recommencer à nouveau ? Le Carême est le temps pour nous demander: où serions-nous sans l’aide de tant de visages silencieux qui, de mille manières, nous ont tendu la main et qui, par des gestes très concrets, nous ont redonné l’espérance et nous ont aidé à recommencer?

Le Carême est le temps pour recommencer à respirer, c’est le temps pour ouvrir le cœur au souffle de l’Unique capable de transformer notre poussière en humanité. Il n’est pas le temps pour déchirer nos vêtements face au mal qui nous entoure, mais plutôt pour faire de la place dans notre vie à tout le bien que nous pouvons faire, nous dépouillant de tout ce qui nous isole, nous ferme et nous paralyse. Le Carême est le temps de la compassion pour dire avec le psalmiste: «Rends-moi la joie d’être sauvé, que l’esprit généreux me soutienne », pour que par notre vie nous proclamions ta louange (cf. Ps 51, 14), et pour que notre poussière – par la force de ton souffle de vie – se transforme en «poussière aimée».

[00300-FR.01] [Texte original: Italien]

Homélie du pape François lors de la célébration des Vêpres de la Fête de la Conversion de saint Paul

Vous trouverez ci-dessous le texte de l’homélie du pape François tel que prononcé lors de la cérémonie des Vêpres pour la Fête de la conversion de Saint-Paul en la basilique papale de Saint-Paul-Hors-les-Murs. Vous pouvez également consultez au lien suivant le livret de la célébration.

La rencontre avec Jésus sur la route vers Damas transforme radicalement la vie de saint Paul. À partir de ce moment, pour lui la signification de l’existence ne réside plus dans la confiance en ses propres forces pour observer scrupuleusement la Loi, mais dans l’adhésion de toute sa personne à l’amour gratuit et immérité de Dieu, à Jésus Christ crucifié et ressuscité. Ainsi, il connaît l’irruption d’une nouvelle vie, la vie selon l’Esprit, dans laquelle, par la puissance du Seigneur ressuscité, il fait l’expérience du pardon, de la familiarité et du réconfort. Et Paul ne peut garder pour lui-même cette nouveauté : il est poussé par la grâce à proclamer la joyeuse nouvelle de l’amour et de la réconciliation que Dieu offre pleinement dans le Christ à l’humanité.

Pour l’Apôtre des nations la réconciliation de l’homme avec Dieu, dont il est devenu ambassadeur (cf. 2 Cor 5, 20), est un don qui vient du Christ. Cela apparaît avec clarté dans le texte de la Deuxième Lettre aux Corinthiens, dont est extrait cette année le thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens: ‘‘L’amour du Christ nous pousse à la réconciliation’’ (cf. 2 Cor 5, 14- 20). ‘‘L’amour du Christ’’: il ne s’agit pas de notre amour pour le Christ, mais de l’amour que le Christ a pour nous. De même, la réconciliation vers laquelle nous sommes poussés n’est pas simplement notre initiative: c’est en premier lieu la réconciliation que Dieu nous offre dans le Christ. Avant d’être un effort humain de croyants qui cherchent à surmonter leurs divisions, c’est un don gratuit de Dieu. Comme effet de ce don, la personne, pardonnée et aimée, est appelée à son tour à proclamer l’évangile de la réconciliation en paroles et en actes, à vivre et à témoigner d’une existence réconciliée.

Dans cette perspective, nous pouvons nous demander aujourd’hui: comment proclamer cet évangile de réconciliation après des siècles de divisions? C’est Paul lui-même qui nous aide à trouver la voie. Il souligne que la réconciliation dans le Christ ne peut se réaliser sans sacrifice. Jésus a donné sa vie, en mourant pour tous. De même, les ambassadeurs de la réconciliation sont appelés, en son nom, à donner leur vie, à ne plus vivre pour eux-mêmes, mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour eux (cf. 2 Cor 5, 14-15). Comme Jésus l’enseigne, ce n’est que lorsque nous perdons la vie par amour pour lui que nous la gagnons vraiment (cf. Lc 9, 24). C’est la révolution que Paul a vécue, mais c’est la révolution chrétienne de toujours: ne plus vivre pour nous-mêmes, pour nos intérêts et retours d’image, mais à l’image du Christ, pour lui et selon lui, avec son amour et dans son amour.

Pour l’Église, pour chaque confession chrétienne, c’est une invitation à ne pas se fonder sur les programmes, sur les calculs et les avantages, à ne pas se fier aux opportunités et aux modes du moment, mais à chercher la vie en regardant toujours la croix du Seigneur: voilà notre programme de vie. C’est également une invitation à sortir de tout isolement, à surmonter la tentation de l’autoréférentialité, qui empêche de saisir ce que l’Esprit Saint réalise hors des milieux de chacun. Une réconciliation authentique parmi les chrétiens pourra se réaliser lorsque nous saurons reconnaître les dons les uns des autres et que nous serons capables, avec humilité et docilité, d’apprendre les uns des autres, sans attendre que ce soient les autres qui apprennent d’abord de nous.

Si nous vivons cette mort à nous-mêmes pour Jésus, notre vieux style de vie est relégué dans le passé et, comme cela est arrivé à saint Paul, nous entrons dans une nouvelle forme d’existence et de communion. Avec Paul, nous pourrons dire: «Le monde ancien s’en est allé» (2 Cor 5, 17). Jeter un regard en arrière aide et est d’autant plus nécessaire pour purifier la mémoire, mais être rivé au passé, en s’attardant à rappeler les torts subis et faits et en jugeant avec des paramètres uniquement humains, peut paralyser et empêcher de vivre le présent. La Parole de Dieu nous encourage à tirer force de la mémoire, à nous rappeler le bien reçu du Seigneur; mais elle nous demande aussi de laisser derrière nous le passé pour suivre Jésus dans l’aujourd’hui et pour vivre une vie nouvelle en lui. Permettons à Celui qui fait toute chose nouvelle (cf. Ap 21, 5) de nous orienter vers un avenir nouveau, ouvert à l’espérance que ne déçoit pas, un avenir dans lequel les divisions pourront être surmontées et les croyants, renouvelés dans l’amour, seront unis pleinement et de manière visible.

Tandis que nous cheminons sur la voie de l’unité, cette année, nous nous souvenons spécialement du cinquième centenaire de la Réforme protestante. Le fait qu’aujourd’hui catholiques et luthériens puissent se rappeler ensemble un événement qui a divisé les chrétiens, et qu’ils le fassent avec espérance, en mettant l’accent sur Jésus et sur son œuvre de réconciliation, est une étape remarquable, atteinte grâce à Dieu et à la prière, à travers cinquante ans de connaissance réciproque et de dialogue œcuménique.

En invoquant de Dieu le don de la réconciliation avec lui et entre nous, j’adresse mes salutations cordiales et fraternelles à Son Éminence le Métropolite Gennadios, représentant du Patriarche œcuménique, à Sa Grâce David Moxon, représentant personnel à Rome de l’Archevêque de Canterbury, et à tous les représentants des diverses Églises et Communautés ecclésiales ici réunis. Il m’est particulièrement agréable de saluer les membres de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et les Églises orthodoxes orientales, auxquels je souhaite un fructueux travail pour la session plénière qui se tient ces jours-ci. Je salue également les étudiants de l’Ecumenical Institute of Bossey, en visite à Rome pour approfondir leur connaissance de l’Église catholique, ainsi que les jeunes orthodoxes et les orthodoxes orientaux qui étudient à Rome grâce aux bourses d’étude du Comité de Collaboration Culturelle avec les Églises orthodoxes, qui œuvre auprès du Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. J’exprime mon estime et ma gratitude aux Supérieurs et à tous les Collaborateurs de ce Dicastère.

Chers frères et sœurs, notre prière pour l’unité des chrétiens est une participation à la prière que Jésus a adressée à son Père avant la passion pour «que tous soient un» (Jn 17, 21). Ne nous laissons jamais de demander à Dieu ce don. Dans l’attente patiente et confiante que le Père accordera à tous les croyants le bien de la pleine communion visible, allons de l’avant sur notre chemin de réconciliation et de dialogue, encouragés par le témoignage héroïque de nombreux frères et sœurs, unis hier et aujourd’hui dans la souffrance pour le nom de Jésus. Profitons de chaque moment que la Providence nous offre pour prier ensemble, pour évangéliser ensemble, pour aimer et servir ensemble, surtout qui est plus pauvre et plus délaissé.
[00138-FR.01] [Texte original: Italien]

« Faits pour plus » : une entrevue avec Leah Darrow

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Il y a une semaine, j’étais présent lors de la conférence Rise up 2015 de CCO/Mission Campus à l’hôtel Le Reine Élizabeth de Montréal. Lors de cette conférence, j’ai eu la chance de rencontrer l’auteure et conférencière Leah Darrow qui s’était déplacée pour l’occasion. J’ai eu l’opportunité de la rencontrer pour parler avec elle du thème de sa conférence intitulée « Made for more », littéralement en français « Faits pour plus » et qui retraçait son expérience de conversion à Dieu alors qu’elle était mannequin pour les plus grandes agences de mode de New York. Voici la traduction française de l’entrevue que vous pourrez visionner bientôt sur nos ondes.

Pouvez-vous nous parler de vous, de votre parcours et nous faire un résumé de la conférence que vous avez prononcée ici au Congrès national Rise Up 2015 à Montréal?

Leah Darrow : Et bien, je suis né et j’ai grandi dans la religion catholique. Lorsque j’ai eu quinze ans et que j’étais à l’école secondaire, j’ai commencé à m’éloigner peu à peu de ma foi et ça m’a amenée à regarder plutôt vers ce que le monde pouvait m’offrir et ce qu’il me promettait pour me combler. J’ai donc commencé à considérer ce qu’il pouvait m’enseigner sur l’amour, les relations, sur la beauté et la féminité. Malheureusement, le monde m’a donné des réponses qui n’étaient pas très saines mais je les ai suivies quand même et cela m’a menée jusqu’au point où après avoir auditionné à l’émission « America Next Top Model », j’ai pu y participer. J’habitais donc à New York et je vivais la vie de mannequin. Un jour, j’ai eu un contrat avec un magazine international de mode et, lors d’une séance de photos, croyez-le ou non mais j’ai eu un moment de conversion. Dieu a vraiment touché mon cœur d’une manière très forte et profonde. Pour résumer, je crois qu’à ce moment-là, j’ai réalisé que j’étais faite pour plus; que j’étais faite pour plus que pour cette revue et le type de relations dans lesquelles j’étais engagée avec les hommes. J’en suis venue à comprendre que le mode de vie que je vivais jusque là n’était ni le plus sain, ni le meilleur. Ce fut donc un moment dans ma vie où j’ai pu revenir vers Dieu et où je lui ai demandé de revenir dans ma vie et de la Capture d’écran 2016-01-07 à 10.46.39changer. J’ai donc commencé cette nouvelle vie avec le sacrement de la réconciliation. Ce changement a pris plusieurs années mais une fois que j’ai été remise sur pied s’est présentée l’opportunité de partager mon histoire. Et c’est ce que je continue de faire.

Ce soir, j’ai partagé mon histoire de conversion ici à la conférence Rise Up avec tous les jeunes adultes présents et j’ai insisté sur le fait que nous avons été créés pour plus que ce que le monde nous propose. Je crois que c’est le message central de ma conférence : la miséricorde de Dieu est abondante et généreuse. Dieu peut nous aider à voir que nous avons été faits pour davantage lorsque nous Lui donnons notre cœur et notre vie.


Vous faites cela depuis combien de temps et quelles sont les réactions des gens que vous rencontrez lors de vos conférences?

Leah Darrow : Je fais des conférences depuis 2008. Je fais donc cela depuis quelques années maintenant. C’est véritablement une grâce puisque c’est définitivement pas quelques chose que j’avais prévu! Je n’ai jamais pensé que j’allais raconter mon histoire aux gens… J’ai eu ce moment extraordinaire de conversion au Christ et je vivais une vie de chrétienne normale en essayant d’être de jour en jour plus proche de Lui mais je ne pensais pas qu’Il voulait que je parle de mon expérience. Pour être franche, je ne voulais pas vraiment en parler mais parfois vient un moment où une opportunité apparaît. À ce moment-là, je me suis sentie appelée par Dieu à livrer mon histoire afin que d’autres puissent savoir qu’ils ne sont pas seuls. J’ai donc finalement dit « oui » au Seigneur à le servir de cette manière.

Capture d’écran 2016-01-07 à 10.46.47J’aime vraiment les rencontres et les témoignages que je reçois des personnes qui m’ont entendue. Très souvent des personnes viennent me voir et me disent : «moi aussi », peut-être pas de la même manière mais eux aussi sont tombés et ont fait des erreurs. Pour eux, c’est encourageant d’entendre quelqu’un leur dire : « vous n’êtes pas vos péchés » et qu’ils peuvent revenir même s’ils ont un passé dont ils ne sont pas fiers. C’est ce que Dieu a fait avec moi. Nos vies sont vraiment importantes. Nous serons peut-être le seul exemplaire de l’Évangile que bien des personnes pourront lire! C’est pour cela que nous devons absolument faire en sorte que nos vies soient centrées sur le Christ, sur sa Grâce et son Amour et de les partager avec les autres avec joie et un sourire.

Je peux témoigner de l’engouement des jeunes ce soir pour ce que vous avez dit durant votre conférence. Quelles sont vos réactions à vous suite à la conférence de ce soir à Montréal?

Leah Darrow : C’est une bénédiction et un honneur parce que j’ai accès aux premières loges d’où je peux assister au travail de l’Esprit Saint! En effet, je peux voir directement ce que l’Esprit Saint fait dans le cœur des personnes et c’est très beau. J’aime livrer mon témoignage mais la meilleure partie de mon histoire c’est le Christ. Vous savez, si vous preniez mon histoire et que vous y enleviez Dieu, ce serait une histoire très triste. Cependant, lorsque je montre comment Dieu est entré dans ma vie, c’est vraiment ce qui rend mon histoire fantastique parce qu’elle est centrée sur la miséricorde et la conversion. Je crois que les personnes aiment beaucoup cette histoire parce cela permet de réaliser qu’eux aussi n’ont plus à vivre de cette manière. Qu’ils peuvent vivre une meilleure vie et qu’eux aussi ont été créés pour davantage. Les réponses que j’ai eues de la part des jeunes de ce soir étaient exceptionnelles. C’était beau de voir comment Dieu travaille dans leurs cœurs. Plusieurs personnes sont venues me voir pour me dire qu’elles allaient aller à la confession pour la première fois depuis des années parce qu’ils ont senti que Dieu les avaient touchés à ce moment-là. Quelle bénédiction de pouvoir être témoin de cela! De voir que Dieu utilise tout le monde. Des gens brisés comme moi peuvent travailler à sa mission et je me considère honorée et bénie de pouvoir faire partie de cette œuvre.

Le jour où pauvreté et miséricorde se sont rencontrées

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Réflexion biblique pour le 5e dimanche de Carême C

Le récit émouvant de l’évangile de ce dimanche (Jean 8, 1-11) relate l’épisode de la femme adultère en deux scènes très vives : dans la première, nous sommes témoins d’une discussion entre Jésus, les scribes et les pharisiens au sujet d’une femme prise en flagrant délit d’adultère qui, selon les prescriptions du Lévitique (20, 10), devait être lapidée ; dans la seconde, d’un bref mais émouvant dialogue entre Jésus et la femme pécheresse.

Aucun autre événement de la vie de Jésus n’illustre plus clairement le triomphe de la miséricorde sur la justice que ce récit. Deux aspects nous intriguent : le premier c’est que cette histoire de Jean est absente de la plupart des manuscrits anciens grecs et n’est certainement pas à sa place dans le quatrième évangile. Le style et le langage semblent plus proches de celui de Luc que de celui de Jean.

Les seuls mots qui ne sont pas communs dans l’évangile de Jean incluent « Le Mont des Oliviers » (8, 1), « Les scribes »  (8, 3) et « Je condamne » (8, 11), tous les autres mots se trouvent très communément dans les évangiles synoptiques. Les mots et phrases comme « Tout le monde » (8, 2) et « les scribes et les pharisiens » (8,3) sont plus communs à Luc. Cependant, en dépit du fait de la présence de ces mots de Luc dans cette histoire, il s’y trouve aussi des phrases non-lucaniennes qui suggèrent  un texte non-lucanien. [Read more…]