Église en Sortie 1er février 2019

Cette semaine à Église en Sortie, on parle du livre « La petite voie avec Thérèse de Lisieux » avec le théologien et auteur Jacques Gauthier. On vous présente un reportage sur les Journées Mondiales de la Jeunesse 2019 au Panama. Dans la troisième partie de l’émission, Katerine Perreault, co- directrice du Centre pour le mariage, la vie et la famille de l’archidiocèse pour parler du rôle des parents dans l’éducation sexuelle de leurs enfants.

Allocution du Saint-Père lors du Chemin de Croix JMJ Panama 2019

Vous trouverez ci-dessous le texte complet de l’allocution du pape François telle que prononcée lors du Chemin de Croix des JMJ 2019 au Panama:

Seigneur, Père de miséricorde, sur cette Bande Côtière, aux côtés d’un grand nombre de jeunes venus du monde entier, nous avons accompagné ton Fils sur le chemin de la croix ; ce chemin qu’il a voulu parcourir pour nous montrer combien tu nous aimes et à quel point tu es engagé pour nos vies.

Le chemin de Jésus vers le Calvaire est un chemin de souffrance et de solitude qui se poursuit de nos jours. Il marche et il souffre en tant de visages qui souffrent de l’indifférence satisfaite et anesthésiante de notre société qui consomme et se consume, qui ignore et néglige la douleur de ses frères.

Nous aussi, tes amis Seigneur, nous nous laissons prendre par l’indifférence et l’immobilisme. Les fois ne manquent pas où le conformisme nous a gagnés et nous a paralysés. Il a été difficile de te reconnaître dans le frère souffrant : nous avons détourné le regard, pour ne pas le voir ; nous avons trouvé refuge dans le bruit, pour ne pas l’entendre ; nous avons fermé la bouche, pour ne pas crier.

Toujours la même tentation. Il est plus facile et plus « payant » d’être amis dans les victoires et dans la gloire, dans le succès et sous les applaudissements ; il est plus facile d’être proche de celui qui est considéré comme populaire et vainqueur.

Comme il est facile de tomber dans la culture du bullying, du harcèlement et de l’intimidation.

Pour toi ce n’est pas comme ça Seigneur, sur la croix tu t’identifies à toutes les souffrances, à tous ceux qui se sentent oubliés.

Pour toi ce n’est pas ainsi Seigneur, tu as voulu embrasser tous ceux que nous considérons souvent ne pas être dignes d’une embrassade, d’une caresse, d’une bénédiction ; ou, plus grave encore, ceux dont nous ne réalisons pas qu’ils en ont besoin.

Pour toi ce n’est pas ainsi Seigneur, sur la croix tu rejoins le chemin de croix de chaque jeune, de chaque situation pour la transformer en chemin de résurrection.

Père, aujourd’hui le chemin de croix de ton Fils se prolonge : dans le cri étouffé des enfants que l’on empêche de naître, de tant d’autres qui se voient refuser le droit d’avoir une enfance, une famille, une éducation ; de ceux qui ne peuvent pas jouer, chanter, rêver… dans les femmes maltraitées, exploitées et abandonnées, dépossédées et niées dans leur dignité; dans les yeux tristes des jeunes qui voient leurs espérances d’avenir confisquées par le manque d’éducation et de travail digne ; dans la détresse des visages de jeunes, nos amis qui tombent dans les réseaux de personnes sans scrupules – et parmi elles se trouvent également des personnes qui disent te servir, Seigneur – réseaux d’exploitation, de criminalité et d’abus, qui se nourrissent de leurs vies.

Le chemin de croix de ton Fils se prolonge dans de nombreux jeunes et de nombreuses familles qui, engloutis par une spirale de mort à cause de la drogue, de l’alcool, de la prostitution et du trafic, sont privés non seulement d’avenir mais aussi de présent. Et, comme ont été partagés tes vêtements, Seigneur, leur dignité s’est retrouvé éparpillée et maltraitée.

Le chemin de croix de ton Fils se prolonge dans les jeunes aux visages renfrognés qui ont perdu la capacité de rêver, de créer et d’inventer les lendemains et qui « prennent leur retraite » avec l’ennui de la résignation et le conformisme, une des drogues les plus consommées de notre temps.

Il se prolonge dans la souffrance cachée et révoltante de ceux qui, au lieu de la solidarité de la part d’une société d’abondance, trouvent le rejet, la douleur et la misère, et en plus sont identifiés et traités comme les porteurs et les responsables de tout le mal social.

Il se prolonge dans la solitude résignée des personnes âgées, abandonnées et rejetées.

Il se prolonge dans les peuples autochtones, que l’on prive de leurs terres, de leurs racines et de leur culture, en réduisant au silence et en éteignant toute la sagesse qu’ils pourraient apporter.

Le chemin de croix de ton Fils se prolonge dans le cri de notre mère la terre, qui est blessée dans ses entrailles par la pollution de son ciel, par la stérilité de ses champs, par la saleté de ses eaux, et qui se voit bafouée par l’indifférence et la consommation effrénée qui dépasse toute raison. Il se prolonge dans une société qui a perdu la capacité de pleurer et de s’émouvoir face à la souffrance.

Oui, Père, Jésus continue à marcher, portant tous ces visages et souffrant en eux, tandis que le monde, indifférent, consomme le drame de sa propre frivolité. Et nous, Seigneur, que faisons-nous ?

Comment réagissons-nous devant Jésus qui souffre, qui marche, qui émigre sur le visage de tant de nos amis, de tant d’étrangers que nous avons appris à rendre invisibles. Et nous, Père de miséricorde, Consolons-nous et accompagnons-nous le Seigneur, abandonné et souffrant, dans les plus petits et les plus délaissés ?

L’aidons-nous à porter le poids de la croix, comme le Cyrénéen, en étant acteurs de paix, créateurs d’alliances, ferments de fraternité ?

Restons-nous au pied de la croix comme Marie ?

Contemplons Marie, femme forte. D’elle nous voulons apprendre à rester debout à côté de la croix. Avec la même détermination et le même courage, sans dérobades et sans illusions. Elle a su accompagner la souffrance de son Fils, ton Fils ; le soutenir dans le regard et le protéger avec le cœur. Douleur qu’elle a subie, mais qui ne lui a pas fait baisser les bras. Elle a été la femme forte du « oui », qui soutient et accompagne, protège et prend dans ses bras. Elle est la grande gardienne de l’espérance.

Nous aussi, nous voulons être une Église qui soutient et qui accompagne, qui sait dire : « Je suis ici ! » dans la vie et dans les croix de tant de christs qui marchent à nos côtés.

De Marie nous apprenons à dire « oui » à la patience endurante et constante de tant de mères, de pères, de grands-parents qui n’arrêtent pas de soutenir et d’accompagner leurs enfants et leurs petits- enfants quand « ils ne vont pas dans la bonne direction ».

D’elle nous apprenons à dire « oui » à la patience obstinée et à la créativité de ceux qui ne sont pas affaiblis et qui recommencent dans des situations où il semble que tout est perdu, en cherchant à créer des espaces, des foyers, des centres d’attention qui soient une main tendue dans la difficulté.

En Marie nous apprenons la force de dire « oui » à ceux qui ne se sont pas tus et qui ne se taisent pas face à une culture de la maltraitance et de l’abus, du dénigrement et de l’agression et qui travaillent pour offrir des possibilités et des conditions de sécurité et de protection.

En Marie nous apprenons à recevoir et à accueillir tous ceux qui ont souffert de l’abandon, qui ont dû quitter ou perdre leur terre, leurs racines, leurs familles et leur travail.

Comme Marie nous voulons être l’Église qui favorise une culture qui sait accueillir, protéger, promouvoir et intégrer ; qui ne stigmatise pas et surtout qui ne généralise pas, par la condamnation la plus absurde et la plus irresponsable, en identifiant tout migrant comme porteur de mal social.

D’elle nous voulons apprendre à rester debout à côté de la croix, non pas avec un cœur blindé et fermé, mais avec un cœur qui sait accompagner, qui connaît la tendresse et le dévouement ; qui comprend ce qu’est la miséricorde en abordant avec révérence, délicatesse et compréhension. Nous voulons être une Eglise de la mémoire qui respecte et valorise les anciens et qui défend leur place.

Comme Marie nous voulons apprendre à « être là ».

Enseigne-nous Seigneur à être présent au pied de la croix, au pied des croix ; réveille cette nuit nos yeux, notre cœur ; sauve-nous de la paralysie et de la confusion, de la peur et du désespoir. Apprends- nous à dire : ici je suis avec ton Fils, avec Marie et avec tant de disciples aimés qui veulent accueillir ton Règne dans leur cœur.

JMJ Panama 2019, à quoi s’attendre ?


(CNS photo/Bob Roller)
Du 22 au 27 janvier 2019 auront lieu au Panama les Journées mondiales de la jeunesse. Ayant pour thème, « Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole », (Lc 1, 38), les JMJ 2019 s’inscrivent dans le sillon des synodes et événements analogues qui ont eu pour but, cette année, de faire de la jeunesse un axe privilégié de la mission de l’Église aujourd’hui. Mais à quoi doit-on s’attendre pour cette édition hors du commun ? À quoi doit-on se préparer alors que nous sommes à quelques jours du début de cet événement de foi ?

Un événement à échelle humaine

Se déroulant dans un pays d’Amérique latine et en plein mois de janvier, il est clair que cette édition sera de dimension plus restreinte. En effet, lorsqu’on pense JMJ, on a tous en tête les images des éditions de Madrid, Manille ou Cologne. Ces rencontres avaient réuni des millions de jeunes, d’où une atmosphère de joyeuse frénésie qui a pu marquer tous ceux qui en ont fait l’expérience. Or, voulant davantage respecter l’horaire des scolaires de l’hémisphère sud, le Vatican avait décidé de célébrer cette édition des JMJ au mois de janvier. Ainsi, le Panama semblait le pays idéal pour réaliser cette première expérience d’une JMJ à dimension humaine. Est-ce que cela signifie un changement de vision pour les JMJ ? Aurons-nous dorénavant des événements plus petits avec tous les avantages et désavantages que cela comporte? Le déroulement de cette édition Panama 2019 permettra certainement de comparer les deux approches et de délimiter les orientations à venir.

Un pape latino-américain en Amérique latine

Nous savons la proximité du pape François, originaire d’Argentine, pour tous les enjeux liés à l’Amérique latine. Ayant minutieusement éviter un retour dans son pays natal, certainement par sacrifice personnel et voulant donner l’exemple d’une « Église en sortie », le Pape s’est rendu plusieurs fois sur le continent américain. Grâce à l’énergie de cette jeunesse enthousiaste à le rencontrer ou à sa parenté culturelle et linguistique avec elle, je crois qu’on peut s’attendre à voir aux JMJ un Pape très énergique et d’humeur festive. Enfin, le Pape ne manquera pas à son devoir de prêcher l’Évangile et parler des fruits  qu’il génère dans nos vies. En effet, les défis auxquels fait face l’Amérique latine à l’heure actuelle sont multiples : polarisation, politique accrue, crise économique, migration de masse, déforestation, narcotrafic et corruption ne sont que quelques exemples des tensions internes actuelles. Fidèle à son franc parler, le pape François ne manquera pas d’exhorter les jeunes à prendre leurs responsabilités là où ils se trouvent et à accepter de faire face à l’aventure de la vie dans la joie et l’espérance du Christ pour le monde.

Une visite apostolique suivant le « canon franciscain »

Les voyages apostoliques du pape François, lorsqu’on les compare à ceux de ses prédécesseurs, ont leurs particularités. Par exemple, dans la majorité des cas, le pape François non seulement assiste à plusieurs rencontres avec, les autorités civiles, les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses mais également il visite des centres caritatifs, des prisons, etc. L’agenda actuel du Saint-Père au Panama confirme cette habitude.

Ainsi, après son arrivée au Panama en soirée le mercredi 23 janvier prochain, le Pape se rendra le lendemain jeudi après-midi au palais présidentiel pour une cérémonie protocolaire avec le président (9h14-10h30) suivie d’une rencontre avec les autorités civiles, politiques et diplomatiques (10h40-11h10). En fin d’après-midi, le Pape rencontrera les évêques d’Amérique centrale en l’église Saint-François d’Assise (11h15-12h20) avant de se rendre au Parc S. Maria la Antigua pour une célébration d’accueil et d’ouverture des JMJ Panama 2019 (17h30-19h30).

La journée de vendredi le 25 janvier sera une journée sous le signe de la pénitence.  Elle débutera en fin d’après-midi (l’horaire ne fait pas mention de l’avant-midi mais on peut supposer qu’il soit dédié au repos) avec une liturgie, sans doute émouvante, avec les jeunes détenus du pénitencier de Pacora (10h30-11h45). C’est vers 17h30 que le Pape présidera au Chemin de Croix avec les jeunes au Parc Santa Maria la Antigua. L’horaire du pape François se poursuit samedi avec la célébration de la Sainte Messe avec des prêtres, et des personnes consacrées et des leaders de mouvements laïcs (9h00-11h00) en la Basilique-cathédrale Santa-Maria la Antigua. Lors de cette célébration, le Saint-Père consacrera notamment l’autel principal. Sa journée se poursuivra avec la Veillée de prière avec les jeunes au parc Saint Jean-Paul II (18h10-20h00).

La journée de dimanche débutera avec la célébration de la Messe des Journées Mondiales de la Jeunesse Panama 2019 au Parc Saint Jean-Paul II (7h30-10h00) suivie de la visite à la maison caritative « Le Bon samaritain » où il présidera à la récitation de la prière de l’Angelus (10h45-11h45). Le pape se rendra ensuite au stade Rommel Fernandez pour une rencontre avec les bénévoles impliqués dans la préparation et la réalisation des JMJ Panama 2019. C’est vers 18h00 que le pape François se rendra à l’aéroport international de Tocumen pour une cérémonie de départ en compagnie des autorités civiles et politiques.

Une couverture exclusive au Canada

Depuis notre fondation en 2002 suivant les JMJ de Toronto, Sel et Lumière est la référence au Canada pour connaître et suivre l’ensemble des voyages apostoliques. Cette édition des JMJ 2019 au Panama ne fait pas exception! Consultez notre horaire détaillé des diffusions de l’ensemble des célébrations et rencontres et ne manquez pas notre émission spéciale « Centrale JMJ » du lundi au vendredi 19h30 où j’aurai la joie de vous présenter un résumé complet des faits saillants de la journée ainsi que des témoignages de jeunes pèlerins et évêques canadiens grâce notre équipe présente sur place. Un merci tout spécial à notre station sœur KTO Télévision en France pour leur traduction simultanée et leur fantastique travail sur le terrain. Bonnes Journées mondiales de la jeunesse à tous jeunes et moins jeunes !