Dernières interventions : une valse de paroles

Journal du père Rosica au Synode des évêques

Suite à l’annonce surprenante d’hier dans la Salle du Synode nous informant qu’un des pères d’une Eglise orientale avait oublié sa mitre dans la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs lors du concert de lundi après-midi, nous avons appris ce matin que l’un des pères du rite latin – probablement un archevêque  — avait laissé sa croix pectorale dans la Salle du Synode.

Le propriétaire dut la récupérer avant que le Pape nous rejoigne plus tard dans la journée. Il va de soi que ces deux annonces ont contribué à alléger l’ambiance. Nous avons pu constater que l’oubli n’appartient pas qu’aux leaders de l’Église orientale…

Hier matin, nous avons écouté les dernières interventions des cardinaux et évêques participant au Synode. Je voudrais faire mention des deux discours de cinq minutes faits dans la congrégation de ce matin.

Culture de la sagesse

Le cardinal salésien Joseph Zen de Hong Kong a expliqué avec un italien impeccable comment  la Parole de Dieu est semée parmi des personnes qui apprécient “la culture de la sagesse”. Le cardinal a parlé de l’harmonie qui existe parmi les six religions de son pays. Il a aussi affirmé que les groupes religieux travaillent ensemble, non pas tellement pour formaliser le dialogue interreligieux, mais plutôt pour unir et préserver l’héritage précieux de la sagesse chinoise.

“L’Eglise”, déclairait le cardinal Zen, a toujours trouvé un allié dans la sagesse de Confucius. Le prélat a donné ce sage conseil à son public international: “Si on est émus par la charité et qu’on arrive à transmettre les vertus chinoises […] de  fidélité, honnêteté et d’humilité aux jeunes générations, nous les aurons aidées à faire de grands pas vers la sainteté.”

Quand ces vertus manquent dans la vie des personnes chinoises, a-t-il poursuivi, une chute impressionnante des valeurs sacrées de la vie, du mariage et de la famille a lieu.

Il a aussi souligné la croissance fulgurante de la corruption, le manque de conscience, et la chasse au profit à tout prix. Il a parlé du récent scandale à propos de la contamination laitière en Chine, qui a causé la mort de quatre enfants et en a rendu des dizaines de milliers d’autres malades.

Le cardinal italien Giovanni Battista Re, préfet de la  Congrégation des Evêques, nous a offert  une réflexion qui à mon avis devrait être envoyée aux évêques du monde entier. Présente dans la constitution dogmatique du concile Vatican II “Lumen Gentium,” le cardinal Re a parlé du rôle principal d’un évêque qui « sont les hérauts de la foi qui amènent au Christ de nouveaux disciples; ce sont des docteurs authentiques, revêtus de l’autorité du Christ, qui prêchent au peuple commis à leur soin les vérités de foi à croire et à appliquer dans la pratique de la vie ».

Le cardinal Re a terminé sa présentation en nous laissant avec une image très impressionnante. Il a évoqué le moment important, pendant la cérémonie de l’ordination épiscopale, au cours duquel le livre ouvert des Evangiles est tenu au-dessus de la tête du nouvel évêque, qui est agenouillé sous le livre ouvert. Le cardinal Re voilait ainsi dire que le ministère des évêques se situe sous la parole de Dieu, avec pour seul but l’annoncer de la Parole, la proclamant et la vivant avec fidélité.

Il nous a dit que l’image du livre ouvert des Evangiles évoque le toit de notre maison “La Parole de Dieu est pour (nous), les évêques, la maison que nous quittons chaque jour pour aller nous occuper du troupeau qui nous a été confié, et la maison où nous revenons chaque soir.

“La parole est ce toit sûr qui nous abrite pendant les tempêtes de la vie, cet endroit intime où nos rapports, nos souvenirs et nos sentiments, ainsi que nos angoisses et nos préoccupations pastorales s’entremêlent, nous permettant de trouver dans le Christ un rafraîchissement pour l’âme, et de la force pour faire face aux problèmes et aux défis qu’entraine notre ministère.”

Alors que le cardinal Re disait cela, j’ai remarqué plusieurs pères synodaux qui hochaient la tête en signe d’approbation.

De la haute couture

J’ai toujours eu un grand respect pour le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec et rapporteur général de cette assemblée du Synode des évêques sur la Parole de Dieu. Aujourd’hui, en présence de toute l’assemblée synodale et de Benoît XVI, le cardinal a réalisé un véritable tour de force qui en a envoûté plusieurs.

Il avait déjà livré la conférence d’ouverture du Synode en latin lundi de la semaine dernière, indiquant ainsi les principaux thèmes et la direction du présent synode. Ce soir, il a présenté, dans un latin impeccable, une conférence de 70 minutes appelée la «Relatio post disceptationem», la conférence qui suit les discussions.

 La plupart des gens auraient besoin d’un bon mois pour traiter tout ce qui a été entendu dans la salle du Synode. Certains évêques présents ont même dit ne pas pouvoir imaginer que l’on puisse synthétiser la multitudes d’idées et de suggestions qui ont émergé de ce groupe. Le prélat québécois et son équipe ont travaillé sans arrêt au cours des deux derniers jours pour consolider les éléments des quelques 200 interventions entendues.

Le résultat fut une présentation impressionnante et réfléchie qui a lancé la prochaine phase du Synode et la formulation de propositions qui seront présentées au pape la semaine prochaine. Ces propositions, dont l’une est chère à Benoît XVI, serviront à la rédaction de l’exhortation apostolique qui suivra le synode.

Parmi les éléments nouveaux qui sont ressortis de ce synode il y a les questions pour réflexion qui se trouvent à la fin de chacune des sections du rapport du cardinal Ouellet. Je vous parlerez de ces questions plus tard cette semaine.

Demain, le centre de presse du Vatican organise une conférence de presse spéciale pour présenter le «Relatio», et une équipe d’évêques ayant un rôle-clé au sein de l’assemblée synodale répondront aux questions de la presse internationale.

Parmi eux, le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le cardinal George Pell, archevêque de Sydney (et star des JMJ) et Mgr Luis Antonio Tagle, des Philippines, que plusieurs ont découvert au Congrès eucharistique à Québec.

Aux premières loges

Enfin, plusieurs d’entre vous m’avez écrit pour me dire à quel point ce petit journal vous permettait de vivre et de comprendre cette grande expérience de l’Église universelle. On ne cache pas la lumière sous le boisseau, comme nous le faisons avec trop de belles histoires en Église. Bien que le temps ne me permette pas de répondre à chacun de vous personnellement, sachez que vous êtes dans mon bon souvenir, lorsque je prie au tombeau de saint Pierre, et auprès de tant d’homme et de femmes qui sont présents dans cet espace sacré qu’est Saint-Pierre de Rome.

Deuxième semaine du Synode des évêques

Journal du Synode du Père Thomas Rosica, c.s.b

La deuxième semaine du Synode des Evêques a commencé comme d’habitude dans la salle où 29 pères synodaux ont lu leur présentation de 5 minutes chacun devant les 400 personnes qui la remplissaient. La séance de ce matin contenait un certain nombre de réflexions profondes, diffusant la parole de Dieu dans différents coins du globe.

Un amour profond de la parole de Dieu émerge des discours, tout comme la foi profonde des cardinaux et des évêques qui font face à de nombreux défis pastoraux tout en ayant la conviction que ce que nous faisons en diffusant la parole de Dieu n’est jamais en vain. Nous sommes tout simplement des semeurs, et nous devons semer abondamment. Le Seigneur fera la récolte.

Ce matin le cardinal australien George Pell a parlé des JMJ de Sydney de juillet dernier et cela a suscité l’émotion dans les têtes et les cœurs de beaucoup de pères synodaux qui ont soit participé à cet événement, soit y ont envoyé des jeunes «Down Under». Depuis le début du Synode, grand nombre de pères synodaux ont fait mention des JMJ, les décrivant comme des “moments privilégiés” de semailles des Ecritures parmi les jeunes du monde entier.

Un signe très encourageant qui a paru des JMJ a été le choix par le pape de thèmes bibliques pour chaque rassemblement international. Je peux parler de l’efficacité du thème canadien des JMJ de 2002 «Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde» de l’évangile selon Matthieu, chapitre 5. Ce thème était devenu le leitmotiv pendant la préparation aux JMJ 2002, ensuite pendant l’événement, et dans les suites des JMJ dans les églises locales à travers le monde entier. Le thème engendra même la première télévision catholique canadienne, Télévision Sel et Lumière, à la tête de laquelle j’ai été nommé lors de sa naissance en 2003. Le thème a crée des fruits pour d’innombrables jeunes partout dans le monde et a planté ses racines au Canada grâce à notre première télévision catholique, dans ce qui est une nouvelle terre de mission!

Esprit Saint

Récemment les JMJ ont offert à l’Eglise universelle une opportunité de redécouvrir la personne et le rôle du Saint-Esprit dans la vie des chrétiens. Plusieurs personnes ont affirmé que l’homélie du pape Benoît XVI lors de la vigile des JMJ à l’Hippodrome de Randwick a été l’un des meilleurs enseignements jamais reçus à-propos le Saint-Esprit. À Sydney, les jeunes de la «Génération JPII» et ceux de la «Génération Benoît XVI» ont reçu la force, celle de l’Esprit Saint, qui est descendu sur eux (Actese 1,8).

Des centaines d’évêques et de cardinaux participent aussi aux JMJ internationales en tant qu’enseignants et catéchistes. Chaque jour pendant la semaine des JMJ, des milliers de jeunes se réunissent autour de leurs cardinaux et évêques pour écouter leurs sermons, leurs catéchèses, leurs réflexions basées sur la parole de Dieu et en particulier sur le thème de l’événement.

Cette nouvelle invention vit désormais sa propre histoire, étant devenue partie intégrante des célébrations internationales de la foi et de la culture des jeunes qui ont lieu tous les deux ou trois ans. Celle-ci contribue non seulement à la rencontre des générations, mais aussi une opportunité toute particulière de proclamer et de diffuser la Parole de Dieu dans un contexte international et de manière créative, pour offrir aux jeunes des moyens concrets par lesquels vivre leur vie en se dédiant aux Écritures Saintes. Je crois que les mots du Cardinal Pell et des autres évêques à-propos des JMJ ont été très appréciés par les pères synodaux, parce que ces rassemblements leur montrent tous de manière pratique la force de la Parole de Dieu, vivante parmi les jeunes. Aux JMJ de Toronto, beaucoup de jeunes gens du monde entier nous ont ensuite écrit nous disant qu’ils étaient tombés amoureux de la Bible et de Jésus pendant les célébrations… et qu’elles continuent à lire les Écritures chaque jour.

Significations

Enfin, il y a un mois à Paris (12 septembre), Benoît XVI fit un discours important aux représentants de la culture au “Collège des Bernardins”, ouvert pour l’occasion après de grandes rénovations. Au cours d’un discours magistral il a déclaré : «l’Écriture a besoin de l’interprétation, et elle a besoin de la communauté où elle s’est formée et où elle est vécue. En elle seulement, elle a son unité et, en elle, se révèle le sens qui unifie le tout.

«Dit sous une autre forme : il existe des dimensions du sens de la Parole et des paroles qui se découvrent uniquement dans la communion vécue de cette Parole qui crée l’histoire. À travers la perception croissante de la pluralité de ses sens, la Parole n’est pas dévalorisée, mais elle apparaît, au contraire, dans toute sa grandeur et sa dignité… La Parole de Dieu, en effet, n’est jamais simplement présente dans la seule littéralité du texte. Pour l’atteindre, il faut un dépassement et un processus de compréhension qui se laisse guider par le mouvement intérieur de l’ensemble des textes et, à partir de là, doit devenir également un processus vital. Ce n’est que dans l’unité dynamique de leur ensemble que les nombreux livres ne forment qu’un Livre. La Parole de Dieu et Son action dans le monde se révèlent seulement dans la parole et dans l’histoire humaine.»

Alors que ces mots étaient peut-être conçus pour un public choisi, composé de représentants de la culture à Paris le mois dernier, ils ont servi de prologue au synode des évêques sur la Parole de Dieu.

Puisque nous parlons d’émotions, il n’y avait pas de réunion synodale ce soir au Vatican. Nous étions amenés au baptistère de Saint-Paul-hors-les-Murs en pèlerinage au lieu d’enterrement du grand apôtre des nations. Après avoir vu son lieu de sépulture au dessous de l’autel principal, nous étions invités à monter dans la basilique pour rejoindre le pape pour un concert spécial de l’Orchestre symphonique de Vienne pour les pères synodaux et pour le Pape en honneur de saint Paul. Au programme: la Sixième symphonie d’Anton Bruckner.

Quel début de deuxième semaine spectaculaire!

Triste moment pour le Canada…

Henry Morgentaler a bel et bien reçu son Ordre du Canada aujourd’hui sans que l’on mentionne une seule fois le mot avortement. Incroyable.

Mes pensées vont aujourd’hui à tous ceux et celles qui travaillent activement à limiter le nombre d’avortements au pays de façon noble et pacifique. Ce serait bien facile de baisser les bras en cette journée, mais rappelons-nous que partout à travers le monde, des groupes poursuivent la lutte afin que tous nos enfants à naître puissent voir le jour. À quelques jours de la fête de l’action de grâces, merci pour votre dévouement.

“Quoi faire de Maria?”

par Sr Marie Noëlle Chaumette, x.m.c.j.

Quel bonheur d’avoir assisté à la générale de “La Mélodie du Bonheur” vendredi dernier en compagnie de l’équipe de Sel et Lumière et d’un bon nombre des religieuses et religieux de Toronto.

J’ai vu de nombreuses fois le film avec plaisir et cette comédie musicale m’a autant enchantée.

Tous les personnages sont bons mais j’ai toujours eu un petit faible pour celui de la mère supérieure, celle-ci a déjà un grand rôle dans le film mais dans cette comédie,  elle tient le grand rôle avec le couvent. La première scène et la dernière s’y passent et donnent ainsi un cachet plus solennel qu’au film.

La sagesse de la mère supérieure répliquant à Maria que le couvent n’est pas le refuge pour nos peurs mais qu’il faut les regarder en face dit bien ce qu’est l’appel mystérieux à suivre le Christ dans la vie religieuse.

J’ai vraiment passé un bon moment car ce film est rafraîchissant pour de multiples raisons: il met en scène une famille nombreuse qui renaît après un deuil, une femme qui trouve sa vocation, une mère supérieure qui use de son autorité dans le sens bénédictin c’est-à-dire qui fait grandir l’autre, un homme qui a le courage de fuir son pays pour ne pas tomber aux mains des Nazis, le tout dans le cadre magnifique de la ville de Salzburg, ville ou est né Mozart ! La musique adoucit les mœurs elle fait revivre et soude une famille pour la vie dans le cas des Von Trapp.

Même si cette comédie musicale a pris des libertés par rapport à la vie de Maria, il reste qu’elle présente la vocation religieuse d’une manière positive en ne niant pas sa complexité et la vocation du mariage aussi comme appel à servir Dieu.

Observer la nouvelle pentecôte se déployer sous nos yeux…

par le père Thomas Rosica, c.s.b.

[NDLR: Le père Rosica agit comme attaché de presse anglophone à la XIIe Assemblée générale du Synode des évêques à Rome. Il nous livrera ses réflexions tout au long de son travail là-bas.]
 
J’ai toujours été fasciné par les histories racontées par ceux qui ont fréquenté les séances du Concile Vatican II entre 1961 et 1965.  Le défunt Cardinal George Flahiff, c.s.b., ancien Supérieur général de ma communauté, la Congrégation de Saint- Basile, et archevêque émérite de Winnipeg, me racontaient que si les séances générales du Concile dans la Basilique Saint-Pierre accueillaient les discours les plus importants et les séances de vote, les événements les plus intéressants avaient en fait lieu pendant les petites réunions de groupe et les pauses café! Ceci est compréhensible, d’autant plus qu’il y avait plus de 2500 Pères conciliaires présents dans la Basilique pour les sessions plénières et que la disposition des chaises ne permettait pas des discussions ouvertes ni des échanges fraternels.

La Salle du Synode au Vatican n’est certainement pas la Basilique St Pierre et si sa structure est certes formelle – du fait d’accueillir quotidiennement cardinaux, patriarches, archevêques, évêques, experts, délégués fraternels, auditeurs et représentants de la presse – l’ambiance est toutefois informelle et amicale.  Le Pape Benoît XVI, entouré des trois Présidents du Synode, du Secrétaire général du Synode, du Rapporteur général et du Secrétaire spécial, préside les séances du Synode autour d’une longue table devant la moderne salle de conférences. Hier et aujourd’hui les pères synodaux ont essayé les nouveaux appareils de vote qui n’ont pas très bien marché et qui seront donc améliorés. Ces petits incidents ont crée beaucoup de rires parmi les membres de l’assemblée du Synode alors qu’une voix dans le haut-parleur répétait au public : «ceux qui sont à gauche n’ont pas bien voté!» ou bien «les Patriarches n’apparaissent pas». Même Benoît XVI semblait apprécier ces moments alors qu’il observait ses frères évêques du monde entier en train d’essayer cette ‘nouvelle technologie’ qui ne fonctionnait pas!
 
Ce qui est à la fois incroyable et édifiant après seulement deux jours depuis le début du Synode est la ponctualité des pères du Synode qui débutent les séances à l’heure,  et respectent presque religieusement les 5 minutes allouées à chacun pour sa présentation.  Vingt-trois évêques ont parlé devant le Synode pendant la séance de ce matin, et seulement quelques-uns d’entre eux ont parlé quelques secondes de plus.  Quand le micro s’est éteint après exactement 5 minutes, il n’y a eu aucune crise, bien au contraire, des sourires se sont affichés sur les visages des interlocuteurs.
 
Exactement comme pendant le Concile du Vatican II et ses fameuses pauses café, pendant les pauses café du Synode aussi il y a du temps pour la fraternisation, la découverte et l’échange d’idées et de cartes de visite.  Jamais comme à ces moments-là, pendant les pauses café du Synode au premier étage de la Salle Paul VI dans l’État du Vatican, y a-t-il de meilleure opportunité pour la création de réseaux.  Vous êtes par exemple en file d’attente pour votre gâteau italien et vous êtes entouré du Supérieur général de la Société de Jésus, du Prieur de la Communauté de Taizé en France, du Cardinal Secrétaire d’État, du Chevalier Suprême des Chevaliers de Colomb, des sœurs africaines qui ont enseigné l’Évangile dans les séminaires pendant des années, des femmes expertes invitées au Synode par le pape, et des chefs de pratiquement tous les gouvernements et dicastères du Vatican. Il y a sûrement de l’égalité dans cette partie du Vatican! Et pendant la descente de l’escalier pour la pause café le pape prend sa pause à l’étage, dans une salle à côté des salles du Synode où, chaque jour, il reçoit un groupe de personnes différentes présentes au Synode. Cela lui donne l’occasion de passer du bon temps avec le monde entier réuni pour cet événement majeur dans la vie et dans la mission de l’Église!
 
Les discours du Synode se suivent et il est parfois difficile ensuite de bien les distinguer, surtout puisque je dois en parler dans les conférences de presse du Bureau de presse du Saint-Siège. Plusieurs pages de notes et de nombreux textes aident les pères du Synode à garder les choses bien en ordre.  La présentation de mardi par l’évêque australien Michael Putney de Townsville, m’a particulièrement marqué puisque il a parlé de son pays comme étant l’un des plus sécularisés au monde.  Il a dit: «Après les Journées mondiales de la jeunesse, certains Australiens et Néozélandais ont compris que la promesse d’une nouvelle évangélisation pourra enfin être une réalité, en dépit de l’apparente imperméabilité de la culture laïque».
 
Voir le Rabbin Shear Yashuv Cohen de Haifa en Israël s’adresser au Synode le jour de son commencement lundi dernier, m’a rappelé ce moment historique  que nous sommes tous en train de vivre à l’occasion de cette 12e Assemblée Ordinaire du Synode des Évêques au Vatican.  Pour la première fois au Vatican, le Rabbin a déclaré «Je sens profondément que ma présence ici devant vous a beaucoup de signification. Je porte un message d’espérance et d’amour, de coexistence et de paix pour notre génération, et pour celles à venir».  Il continua: «Nous prions Dieu en utilisant Ses propres mots, comme nous le disent les Écritures ». De même nous Le louons, empruntant ses propres mots de la Bible. Nous demandons Sa pitié, mentionnant ce qu’Il a promis à nos ancêtres et à nous-mêmes. Tout notre service est basé sur une ancienne règle, comme nous le disent nos rabbins et nos enseignants: «Donnez-lui ce qui est à Lui, parce que vous êtes à Lui».

Restez à l’écoute pour d’autres comptes-rendus du Synode sur la Parole de Dieu.

L’athéisme militant pas trop payant…

par Jasmin Lemieux-Lefebvre

En tout cas, pas au box-office! Le film Relidicule, ce documentaire s’attaquant aux grandes religions, n’a fait que 3,4 millions lors sa première fin de semaine au grand écran. Une 8e position (tant en Amérique du Nord qu’au Québec) bien en deçà des attentes des producteurs…

On est donc bien loin d’un effet Code Da Vinci pour ce long-métrage qui se retrouvera très rapidement en DVD. Et c’est tant mieux.

“Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile!”

par Sébastien Lacroix

C’est en reprenant les paroles de l’apôtre auprès des gentils que Benoît XVI a ouvert la XIIe Assemblée générale du Synode des évêques ce matin au cours d’une grand messe à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Entouré des 253 pères synodaux, le Saint-Père a lancé une charge contre une culture moderne qui nie l’existence de Dieu: « Des Nations qui furent à une époque riches de foi et de vocations sont maintenant en train de perdre leur identité, sous l’influence nuisible et destructrice d’une certaine culture moderne », a constaté le pape.

En ouvrant le synode qui portera sur “La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église,” Benoît XVI souhaite initier un mouvement qui permettra aux catholiques ‘ordinaires’ de s’approprier l’Écriture Sainte. Pour lui, la critique de la bible dans le domaine exégétique donne aux fidèles l’impression que la Bible est inaccessible. Au contraire, Benoît XVI croit que la vérité de la Bible est tout autant accessible au simple croyant.

L’Église catholique a certainement redécouvert la Parole de Dieu lors du Concile Vatican II à travers la Constitution dogmatique Dei Verbum sur la révélation divine. Cette Parole, non seulement faut-il la lire, mais il faut la vivre, car c’est seulement ainsi qu’elle prend tout son sens.

Pour accomplir cette mission [de proclamer la Bonne Nouvelle], se nourrir de la Parole de Dieu est pour l’Eglise «la tâche première et fondamentale».
En effet, si l’annonce de l’Evangile constitue sa raison d’être et sa mission, il est indispensable que l’Eglise connaisse et vive ce qu’elle annonce, pour que sa prédication soit crédible, malgré les faiblesses et les pauvretés des hommes qui la composent.

Pour mieux comprendre ce qu’est le Synode des évêques et connaître les points de vue des évêques canadiens qui y sont délégués, voyez ce lundi 6 octobre à 19h05 un nouvel épisode de Focus catholique. L’épisode sera également disponible en ligne sur la page dédiée au synode.   

Il sera intéressant de suivre les discussions des évêques au cours des jours qui viennent et de voir comment ils entrevoient l’annonce de l’évangile dans un monde qui, aux yeux de Benoît XVI et de bien d’autres, se détourne toujours plus de la vérité.
 

24 h d’adoration avec Jeanne Le Ber…

jeanneleber.jpg

par Jasmin Lemieux-Lefebvre

La semaine Jeanne-Le Ber bat son plein à Montréal et l’un de ses moments forts, c’est les 24 h d’adoration à la chapelle Notre-Dame de Lourdes de la rue Sainte-Catherine à Montréal.
De vendredi 17 h à samedi 17 h, des fidèles se relaieront pour adorer Jésus-Eucharistie, à l’image de Jeanne.

Une foule d’autres activités auront lieu encore cette année jusqu’à dimanche. J’ai eu la chance de faire un Focus catholique sur le sujet l’an dernier que je vous suggère de redécouvrir. Jeanne Le Ber est encore aujourd’hui un modèle des plus inspirants.

Malheur à moi si je n’évangélise pas…

par Sr Marie-Noëlle Chaumette, x.m.c.j.

«Malheur à moi si je n’évangélise pas…», cette exhortation de St Paul  résonne encore à mes oreilles; j’ai eu le privilège d’assister à la messe et à l’assemblée plénière des évêques du Canada lundi 22 septembre, pour la première fois de ma vie. La présence de l’apôtre St Paul était palpable d’abord dans l’homélie de Mgr Paul-André Durocher qui a insisté sur le fait que le message évangélique n’a pas changé: ce sont les moyens de communication qui ont changé; cela nous demande d’inventer d’autres manières d’évangéliser. Comme St Paul qui a cherché à annoncer l’évangile, nous pouvons nous appuyer sur la grâce de Dieu qui n’est pas épuisée.  Cela m’a redonné des forces.

Voir les évêques se retrouver de partout au pays, écouter les comptes rendus des différentes commissions, faire mémoire du succès du Congrès  Eucharistique et de ses suites, entendre l’intervention des évêques qui participeront  au  Synode sur la Parole de Dieu (chacun de leur apport sur un aspect différent de la mise en œuvre de la Parole de Dieu dans nos vies et paroisses). Cf. tous les textes et communiqués récemment publiés qui nous aident à faire des choix, notamment pour les prochaines élections. Voir  le site www.cecc.ca. Tout cela me faisait penser aux premières communautés chrétiennes au temps de St Paul.

Comme point d’orgue, l’intervention de Phil Fontaine, Chef National de l’Assemblée des Premières Nations.  Il a parlé  aux évêques en pesant ses mots et un silence régnait. Phil Fontaine a insisté sur le fait de construire de nouvelles relations pour faire face à l’avenir ensemble.  Il a reconnu le rôle de l’Église catholique dans  l’éducation  des jeunes qui est à continuer pour vaincre la pauvreté qui gangrène beaucoup des membres des Premières Nations. Une nouvelle étape est devant nous, le passé a été ce qu’il a été, les fautes ont été reconnues par l’Église,  il faut avancer ensemble, disant : « Je ne viens pas demander de l’argent, je viens vous demander du soutien… car vous croyez en ce que nous sommes…, car vous avez de l’influence en tant qu’évêques…. Vous êtes écoutés…. Vous êtes compétents en éducation »

Ces paroles sont le fruit de rencontres avec le conseil catholique autochtone pour la réconciliation,  elles m’apparaissent comme un geste de pardon et de reconnaissance venant de loin et sont en quelque sorte une réponse à nos questions d’évangélisation. Avec toutes nos erreurs et nos œillères,  le message évangélique parle encore dans certaines circonstances et lieux.  C’est ce à quoi nous devons être attentifs et attentives.

Que nos évêques qui vont bientôt terminer leur session soient dynamisés par ces paroles de Phil Fontaine ainsi que par leurs échanges entre pairs; qu’ils  trouvent les moyens de répondre à son invitation de travailler ensemble pour que l’avenir soit fécond pour tous.  L’année St Paul a bien commencé et nous n’avons pas fini d’en voir les fruits.

Photos: Gracieuseté de la CECC et de Canadian Catholic News

La morale ou la bourse

par Sébastien Lacroix

 

Les marchés financiers aux États-Unis et ailleurs sont au coeur d’une crise qui n’est pas prête de se résorber. Des dizaines de milliards de dollars se sont tout simplement évaporés en quelques jours suite au jeu spéculatif de gestionnaires plus avares que scrupuleux. Malheureusement, cette vague qui a profité à une poignée a entraîné bien des gens dans la tourmente, des personnes qui n’avaient rien à voir avec la spéculation financière.

Alors que le gouvernement américain rame à toute vitesse pour éviter de sombrer, les critiques viennent de partout: “Les marchés financiers avaient créé un produit pour faire de l’argent rapidement en prenant de très grands risques.” Il s’agit ici des ‘subprime mortgage’, des prêts hypothécaires à hauts risques qui ont permis à des familles qui  de devenir propriétaires. Ce nouveau produit financier avait du même coût permis aux institutions qui le vendaient d’accroître leur valeur et ainsi, leurs profits.

Et c’est là le grave problème, on avait oublié à quoi servait l’économie: le profit à tout prix n’est pas un objectif en soi, disait Paul VI, l’économie est au service de l’homme! On ira relire avec intérêt l’encyclique Populorum progressio – 41 ans plus tard, l’appel de Paul VI demeure toujours actuel et a été repris par Jean-Paul II et Benoît XVI – d’ailleurs presque tous les papes depuis Léon XIII au 19e siècle en ont parlé.

L’Osservatore Romano d’hier, le quotidien du Vatican, parlait de l’échec de la nouvelle économie, citant un professeur d’éthique des finances de l’Université catholique du Sacré-Coeur à Milan. “En dépit des tentatives, le monde occidental est incapable d’établir un modèle de développement qui peut garantir la richesse. (…) L’Occident n’a pas réussi à faire face à la croissance asiatique en y transférant des productions à faibles coûts, elle n’a pas réussi non plus après avoir inventé un boom dans le PNB grâce à des modèles financiers risqués qui avaient été mal conçus et peu contrôlés.”

Au milieu de cette crise, il est une compagnie qui fait modèle: il s’agit des Chevaliers de Colomb. Cette organisation catholique d’hommes laïques est aussi une compagnie d’assurance avec un actif évalué à plus de 14 milliards de dollars US. Le Chevalier Suprême des C de C, Carl A. Anderson, a voulu rassurer les clients et bénéficiaires des C de C il y a quelques jours: l’impact de la crise actuelle a été minime sur les investissements des Chevaliers. La raison en est fort simple affirme le Chevalier suprême:

Nous avons délibérément évité d’investir dans les secteurs très complexes et très spéculatifs qui ont provoqué la catastrophe chez quelques-unes des sociétés les plus connues des Etats-Unis.

En fait, l’approche conservatrice des Chevaliers en investissement correspond aux valeurs et à la morale dont ils se font les défenseurs: celle de l’Église catholique. Et c’est ce qui en fait l’une des compagnies d’investissement les mieux gérées au monde (selon Standard & Poor).

Il y a une dimension morale à l’économie et il revient au gouvernement de mettre en place les règles et les mesures nécessaires afin qu’une saine croissance économique serve au développement global et solidaire de l’homme et de la société dans laquelle il vit et travaille (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, #334).

Populorum  Progressio fut le premier encyclique à caractère social écrit après le Concile Vatican II. Dans l’esprit du concile, il offrait un nouveau paradygme pour entrevoir la relation entre l’Église et le monde moderne. On oublie parfois que l’Église catholique est plus qu’un fournisseur de sacrements ou une autorité en matière d’éthique sexuelle. À une période où le monde des finances a de la difficulté à trouver un équilibre, nous pourrions nous inspirer des enseignements et des leçons de Populorum Progressio et ainsi contribuer à un développement durable pour tous les citoyens de notre planète.

Secured By miniOrange