Discours de Benoît XVI au nouvel ambassadeur du Canada : un message pour tous

par Sébastien Lacroix

Benoît XVI a accepté ce matin les Lettres de créance du nouvel ambassadeur du Canada près le Saint-Siège, Mme Anne Leahy. Les deux ont prononcés un discours et Mme Leahy en a profité pour souligner à quel point le catholicisme demeure une clé de l’édification de la société canadienne, ce sur quoi a renchérit le Saint-Père en citant Jean-Paul II à son arrivée à Toronto pour les JMJ en 2002.

Soulignant que la société canadienne est en constante mutation, Benoît XVI a invité les Canadiens à aspirer à la vraie liberté:

[J]e voudrais plutôt encourager l’ensemble des Canadiens et Canadiennes à réfléchir profondément sur le chemin que le Christ invite à tracer. Il est lumineux et plein de vérité. Une culture de vie pourrait irriguer de nouveau l’ensemble de l’existence personnelle et sociale canadienne. Je sais que c’est possible et que votre pays en est capable. Pour y aider, il me semble nécessaire de redéfinir le sens de l’exercice de la liberté, expression trop souvent invoquée pour justifier certains débordements. De plus en plus, en effet, son exercice est perçu comme étant seulement une valeur absolue – un droit intangible de l’individu – tout en ignorant l’importance des origines divines de la liberté et de sa dimension communautaire nécessaire à sa construction. Selon cette interprétation, l’individu seul pourrait décider et choisir la physionomie, les caractéristiques et les finalités de la vie, de la mort et du mariage. La vraie liberté se fonde et se développe ultimement en Dieu. Elle est un don qu’il est possible d’accueillir comme un germe et de faire mûrir de manière responsable pour enrichir vraiment la personne et la société. L’exercice de cette liberté implique la référence à une loi morale naturelle, à caractère universel, qui précède et unit tous les droits et les devoirs. Dans cette perspective, je voudrais apporter mon appui aux initiatives des Évêques canadiens pour favoriser la vie familiale, et donc pour favoriser la dignité de la personne humaine.

Certainement bien informé des débats actuels, le Saint-Père en a profité pour faire l’éloge des écoles catholiques et de l’enseignement religieux confessionnel:

Parmi les institutions ecclésiales de votre pays, Excellence, les écoles catholiques jouent un rôle important pour l’éducation humaine et spirituelle de la jeunesse et elles rendent ainsi un service de grande valeur à votre pays. Aussi, l’enseignement religieux doit-il y tenir la place qui lui revient, tout en respectant la conscience de chacun des élèves. En effet, c’est un droit inaliénable pour les parents d’assurer l’éducation religieuse de leurs enfants. L’enseignement de la religion, en raison de la contribution spécifique qu’il peut apporter, représente une ressource fondamentale et indispensable pour une éducation qui a parmi ses objectifs premiers la construction de la personnalité de l’élève et le développement de ses capacités, en intégrant les dimensions cognitive, affective et spirituelle. En contribuant ainsi à la transmission de la foi aux nouvelles générations et en les préparant au dialogue entre les différentes composantes de la nation, les écoles catholiques réalisent une exigence constante de la mission de l’Église, pour le bien de tous, et elles enrichissent l’ensemble de la société canadienne.

Madame Leahy pourra ainsi envoyer un message à son nouveau patron, le ministre Lawrence Cannon, à l’effet que le pape presse le Canada de ne pas oublier l’essence de sa fondation: les racines profondément chrétiennes de ce pays doivent toujours teinter, sinon inspirer, les grandes orientations culturelles, économiques et sociales.

Zoom présentera lundi un entretien exclusif avec Mme Anne Leahy, nouvel ambassadeur du Canada près le Saint-Siège.

L’enthousiasme des pères synodaux

par Sébastien Lacroix

Les 4 évêques canadiens qui étaient délégués au Synode des évêques rentrent au pays cette semaine. Après trois semaines vécues au rythme de l’Église universelle à l’écoute de la Parole de Dieu, soyez certains que nos pasteurs reviennent enchantés de leur séjour à Rome. Non pas qu’ils soient sur un nuage, loin de là. Je dirais qu’ils seront plutôt sur un élan apostolique, une poussée évangélique qui sera certainement sentie par leurs proches collaborateurs.

Alors que les évêques de Nicolet, Ottawa, London et St-Paul sont de retour dans leur diocèse, le cardinal Marc Ouellet, rapporteur général du Synode,  nous fait part de son enthousiasme face aux trois semaines inoubliables qui viennent de se terminer. Il donne quelques exemples concrets que pourrait avoir ce Synode pour les communautés chrétiennes locales. C’est à voir et à entendre dans le cadre de Zoom ce mercredi.

Yalla, Soeur Emmanuelle

C’était votre mot préféré…

Vous êtes partie voilà une semaine juste avant de célébrer vos 100 ans… 

Vous étiez pleine d’énergie, habitée  par le Magnificat; vous avez parcouru le monde entier pour défendre la cause des femmes et des enfants, spécialement en Egypte.

Votre liberté de parole a touché le cœur de beaucoup des journalistes de France ; je vous ai vue à une émission : vous aviez parlé avec humilité disant que vous aviez des défauts et que vous cherchiez à vous remettre en cause.

Ce que je retiens de votre vie c’est de nous avoir interpellés en nous faisant prendre conscience que tous et toutes nous sommes solidaires les uns des autres. Votre acharnement contre le fatalisme fut sans relâche ;  puisse-t-il en susciter d’autres vocations.

Merci Sr Emmanuelle d’avoir pris ce prénom qui signifie « Dieu avec Nous » et d’avoir vécu votre engagement à suivre Jésus-Christ jusqu’au bout.

Comme le confirment les premiers mots de votre testament :

“Je tiens à vous dire un merci bondissant pour ce que vous avez fait et ferez encore pour nos milliers d’enfants en difficulté à travers le monde.”

Marie-Noëlle Chaumette, x.m.c.j.

Brûlures post-synodales

[Nous publion ici le dernier journal du père Thomas Rosica, c.s.b., directeur général de Télévision Sel + Lumière, au Synode des évêques. Le père Rosica agissait à titre d’attaché de presse anglophone pour le Synode.]

Avoir été témoin du dernier vote sur les propositions synodales vendredi après-midi et samedi matin a été une vraie leçon de ce qu’est la collégialité de l’Eglise.
 
Vous pourrez certainement trouver des informations complémentaires et des “scoops” concernant la procédure de vote ailleurs que sur ce blogue. Il suffit de dire que l’unanimité pour chacune des propositions mises au vote a été étonnante. Elle a révélé un grand consensus dans cette assemblée synodale, différemment des synodes précédents où ce consensus n’était pas si évident.
 
Le consensus a aussi révélé combien le rapporteur général (le Cardinal Marc Ouellet) et son équipe ont travaillé fort pour incorporer les 354 amendements, reformulations et suggestions dans les propositions finales. À la fin, on comptait 55 propositions votées, approuvées et présentées au Pape. Ces propositions aideront le pape dans la formulation de l’exhortation apostolique qui confirmera tout le travail accompli au cours de ce synode.
 
Immédiatement après la séance de samedi matin, j’ai accompagné le Cardinal Ouellet à la conférence de presse dans la Salle Jean Paul II de la salle de presse du Vatican. Le Cardinal Ouellet, le secrétaire spécial et un évêque du Brésil ont répondu aux questions de la presse internationale. Le cardinal a terminé sa conférence d’une heure en affirmant que l’on venait de vivre un voyage et une rencontre. Nous étions comme les disciples en route vers Emmaüs, marchant et discutant des événements qui eurent lieu à Jérusalem il y a longtemps. Mais le synode nous a aussi offert un moment privilégié de rencontre non seulement avec des mots, mais aussi avec la Parole qui est Jésus Christ. Nous devons Le porter à nos concitoyens et au monde.
 
Après la conférence de presse nous avons marché jusqu’à la Salle Paul VI pour participer au déjeuner qui se déroulait avec Benoît XVI et les participants au Synode. L’atmosphère était joviale, fraternelle, élégante et très agréable. Nous sommes arrivés juste à temps pour le dessert!
 
À la fin du repas, Benoît XVI a pris le micro et a parlé spontanément. Ses mots ont été très appréciés. Après ses remerciements pour tous ceux qui ont travaillé pour rendre possible ce synode, le Pape a admis en public qu’il avait “violé des droits humains” ces dernières semaines, privant grand nombre de participants synodaux de sommeil (j’ai pardonné le pape dans mon cœur), et privant les membres synodaux de leurs weekends! Le Pape a affirmé que ce problème serait résolu à l’avenir. Cela va sans dire que les mots du Pape ont été accueillis par des applaudissements.
 

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Conclusion de la 12e AG du Synode des évêques

par Sébastien Lacroix

Trois semaines après son ouverture en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, Benoît XVI a conclu la 12e assemblée générale du Synode des évêques lors d’une grande messe célébrée ce matin en la basilique Saint-Pierre. Trois semaines de travaux laborieux qui rappellent aux catholiques que Jésus le Christ est cette Parole, que nous sommes appelés à célébrer d’abord dans la liturgie et à partager avec le monde.

55 propositions ont été présentées au Saint-Père qui confirmera le travail des pères synodaux dans une exhortation apostolique. Regardez Zoom ce lundi 27 octobre pour un retour complet sur les travaux du Synode et sa conclusion. La messe de dimanche matin suivra dès 20h.

Vendredi dernier, le secrétariat du Synode a publié un message adressé au ‘Peuple de Dieu’. Le voici pour les plus avides:

Message au peuple de Dieu” adressé par la 12ème assemblée générale ordinaire du Synode des évêques

Aux frères et sœurs, «paix, ainsi que charité et foi, de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ le Seigneur. Que la grâce soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ d’un amour incorruptible». C’est par cette salutation intense et passionnée que saint Paul concluait sa lettre aux chrétiens d’Éphèse (6, 23-24). C’est par ces mêmes mots que nous, Pères synodaux réunis à Rome pour la XIIe Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques sous la conduite du Saint-Père Benoît XVI, ouvrons notre message adressé à l’immense horizon de tous ceux qui, dans les diverses régions du monde, suivent le Christ en disciples et continuent de l’aimer d’un amour incorruptible.

Nous leur proposerons, de nouveau, la voix et la lumière de la Parole de Dieu, répétant l’antique appel: «Elle est tout près de toi, la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur afin que tu la mettes en pratique» (Dt 30, 14). Et Dieu lui-même nous dira à chacun: «Fils d’homme, toutes les paroles que je te dis, reçois-les dans ton cœur, écoute de toutes tes oreilles» (Ez 3,10). A tous, nous proposons à présent un voyage spirituel qui se déroulera en quatre étapes et qui, de l’éternité et de l’infinité de Dieu, nous conduira jusqu’en nos maisons et le long des rues de nos cités.

I. LA VOIX DE LA PAROLE: LA RÉVÉLATION [Read more…]

Rediffusion de la béatification des parents de sainte Thérèse

Oui, ne manquez pas le Focus de Sr Marie-Noëlle sur les parents de Thérèse ce soir et, bonne nouvelle, nous rediffusons aussi ce soir la cérémonie de béatification des parents Martin à 19 h 35 et 23 h 35 tout de suite après Zoom!

Bienheureux Zélie et Louis Martin

par Sr Marie-Noëlle Chaumette

Dimanche le 19 octobre, Zélie et Louis Martin, parents de Ste Thérèse de Lisieux  vont être béatifiés en la basilique de Lisieux. C’est aussi la Journée des Missions dont Ste Thérèse est co-patronne avec St Francois-Xavier.
 
En réalisant le Focus Bienheureux Zélie et Louis Martin j’ai découvert la vie de Zélie et Louis mais aussi quelques connections dans la vie de Ste Thérèse avec le Canada. La première c’est que la famille Martin a fréquenté la même église Notre-Dame d’Alençon que Madeleine de la Peltrie, bienfaitrice de Marie de l’Incarnation qui fut partie prenante de sa mission en Nouvelle France !

La seconde c’est que Thérèse est nommée patronne des missions à la suite de la conversion d’Inuits. Après cet événement de 1917, l’église du Canada a demandé que Ste Thérèse soit patronne des Missions alors qu’il y avait déjà St François Xavier. Pie XI l’a déclarée co-patronne des Missions en 1927.

L’église de Lisieux est en fête et célèbre la béatification des parents de Ste Thérèse non pas parce qu’ils sont ses parents mais parce qu’ils sont « des vivants dans la communion des saints » comme le dit Mgr Bernard Lagoutte, recteur de la basilique de Lisieux et que leur intercession a déjà accompli des miracles auprès de familles en désarroi.

Pour mieux connaître la vie quotidienne et spirituelle de  Zélie et Louis Martin, je vous invite à regarder Focus Catholique lundi 20 octobre à 19h et en rediffusion vendredi et dimanche à 19h30 et bien sûr à vivre la célébration de la béatification dimanche 19 octobre à 11h.

Dernières interventions : une valse de paroles

Journal du père Rosica au Synode des évêques

Suite à l’annonce surprenante d’hier dans la Salle du Synode nous informant qu’un des pères d’une Eglise orientale avait oublié sa mitre dans la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs lors du concert de lundi après-midi, nous avons appris ce matin que l’un des pères du rite latin – probablement un archevêque  — avait laissé sa croix pectorale dans la Salle du Synode.

Le propriétaire dut la récupérer avant que le Pape nous rejoigne plus tard dans la journée. Il va de soi que ces deux annonces ont contribué à alléger l’ambiance. Nous avons pu constater que l’oubli n’appartient pas qu’aux leaders de l’Église orientale…

Hier matin, nous avons écouté les dernières interventions des cardinaux et évêques participant au Synode. Je voudrais faire mention des deux discours de cinq minutes faits dans la congrégation de ce matin.

Culture de la sagesse

Le cardinal salésien Joseph Zen de Hong Kong a expliqué avec un italien impeccable comment  la Parole de Dieu est semée parmi des personnes qui apprécient “la culture de la sagesse”. Le cardinal a parlé de l’harmonie qui existe parmi les six religions de son pays. Il a aussi affirmé que les groupes religieux travaillent ensemble, non pas tellement pour formaliser le dialogue interreligieux, mais plutôt pour unir et préserver l’héritage précieux de la sagesse chinoise.

“L’Eglise”, déclairait le cardinal Zen, a toujours trouvé un allié dans la sagesse de Confucius. Le prélat a donné ce sage conseil à son public international: “Si on est émus par la charité et qu’on arrive à transmettre les vertus chinoises […] de  fidélité, honnêteté et d’humilité aux jeunes générations, nous les aurons aidées à faire de grands pas vers la sainteté.”

Quand ces vertus manquent dans la vie des personnes chinoises, a-t-il poursuivi, une chute impressionnante des valeurs sacrées de la vie, du mariage et de la famille a lieu.

Il a aussi souligné la croissance fulgurante de la corruption, le manque de conscience, et la chasse au profit à tout prix. Il a parlé du récent scandale à propos de la contamination laitière en Chine, qui a causé la mort de quatre enfants et en a rendu des dizaines de milliers d’autres malades.

Le cardinal italien Giovanni Battista Re, préfet de la  Congrégation des Evêques, nous a offert  une réflexion qui à mon avis devrait être envoyée aux évêques du monde entier. Présente dans la constitution dogmatique du concile Vatican II “Lumen Gentium,” le cardinal Re a parlé du rôle principal d’un évêque qui « sont les hérauts de la foi qui amènent au Christ de nouveaux disciples; ce sont des docteurs authentiques, revêtus de l’autorité du Christ, qui prêchent au peuple commis à leur soin les vérités de foi à croire et à appliquer dans la pratique de la vie ».

Le cardinal Re a terminé sa présentation en nous laissant avec une image très impressionnante. Il a évoqué le moment important, pendant la cérémonie de l’ordination épiscopale, au cours duquel le livre ouvert des Evangiles est tenu au-dessus de la tête du nouvel évêque, qui est agenouillé sous le livre ouvert. Le cardinal Re voilait ainsi dire que le ministère des évêques se situe sous la parole de Dieu, avec pour seul but l’annoncer de la Parole, la proclamant et la vivant avec fidélité.

Il nous a dit que l’image du livre ouvert des Evangiles évoque le toit de notre maison “La Parole de Dieu est pour (nous), les évêques, la maison que nous quittons chaque jour pour aller nous occuper du troupeau qui nous a été confié, et la maison où nous revenons chaque soir.

“La parole est ce toit sûr qui nous abrite pendant les tempêtes de la vie, cet endroit intime où nos rapports, nos souvenirs et nos sentiments, ainsi que nos angoisses et nos préoccupations pastorales s’entremêlent, nous permettant de trouver dans le Christ un rafraîchissement pour l’âme, et de la force pour faire face aux problèmes et aux défis qu’entraine notre ministère.”

Alors que le cardinal Re disait cela, j’ai remarqué plusieurs pères synodaux qui hochaient la tête en signe d’approbation.

De la haute couture

J’ai toujours eu un grand respect pour le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec et rapporteur général de cette assemblée du Synode des évêques sur la Parole de Dieu. Aujourd’hui, en présence de toute l’assemblée synodale et de Benoît XVI, le cardinal a réalisé un véritable tour de force qui en a envoûté plusieurs.

Il avait déjà livré la conférence d’ouverture du Synode en latin lundi de la semaine dernière, indiquant ainsi les principaux thèmes et la direction du présent synode. Ce soir, il a présenté, dans un latin impeccable, une conférence de 70 minutes appelée la «Relatio post disceptationem», la conférence qui suit les discussions.

 La plupart des gens auraient besoin d’un bon mois pour traiter tout ce qui a été entendu dans la salle du Synode. Certains évêques présents ont même dit ne pas pouvoir imaginer que l’on puisse synthétiser la multitudes d’idées et de suggestions qui ont émergé de ce groupe. Le prélat québécois et son équipe ont travaillé sans arrêt au cours des deux derniers jours pour consolider les éléments des quelques 200 interventions entendues.

Le résultat fut une présentation impressionnante et réfléchie qui a lancé la prochaine phase du Synode et la formulation de propositions qui seront présentées au pape la semaine prochaine. Ces propositions, dont l’une est chère à Benoît XVI, serviront à la rédaction de l’exhortation apostolique qui suivra le synode.

Parmi les éléments nouveaux qui sont ressortis de ce synode il y a les questions pour réflexion qui se trouvent à la fin de chacune des sections du rapport du cardinal Ouellet. Je vous parlerez de ces questions plus tard cette semaine.

Demain, le centre de presse du Vatican organise une conférence de presse spéciale pour présenter le «Relatio», et une équipe d’évêques ayant un rôle-clé au sein de l’assemblée synodale répondront aux questions de la presse internationale.

Parmi eux, le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le cardinal George Pell, archevêque de Sydney (et star des JMJ) et Mgr Luis Antonio Tagle, des Philippines, que plusieurs ont découvert au Congrès eucharistique à Québec.

Aux premières loges

Enfin, plusieurs d’entre vous m’avez écrit pour me dire à quel point ce petit journal vous permettait de vivre et de comprendre cette grande expérience de l’Église universelle. On ne cache pas la lumière sous le boisseau, comme nous le faisons avec trop de belles histoires en Église. Bien que le temps ne me permette pas de répondre à chacun de vous personnellement, sachez que vous êtes dans mon bon souvenir, lorsque je prie au tombeau de saint Pierre, et auprès de tant d’homme et de femmes qui sont présents dans cet espace sacré qu’est Saint-Pierre de Rome.

Deuxième semaine du Synode des évêques

Journal du Synode du Père Thomas Rosica, c.s.b

La deuxième semaine du Synode des Evêques a commencé comme d’habitude dans la salle où 29 pères synodaux ont lu leur présentation de 5 minutes chacun devant les 400 personnes qui la remplissaient. La séance de ce matin contenait un certain nombre de réflexions profondes, diffusant la parole de Dieu dans différents coins du globe.

Un amour profond de la parole de Dieu émerge des discours, tout comme la foi profonde des cardinaux et des évêques qui font face à de nombreux défis pastoraux tout en ayant la conviction que ce que nous faisons en diffusant la parole de Dieu n’est jamais en vain. Nous sommes tout simplement des semeurs, et nous devons semer abondamment. Le Seigneur fera la récolte.

Ce matin le cardinal australien George Pell a parlé des JMJ de Sydney de juillet dernier et cela a suscité l’émotion dans les têtes et les cœurs de beaucoup de pères synodaux qui ont soit participé à cet événement, soit y ont envoyé des jeunes «Down Under». Depuis le début du Synode, grand nombre de pères synodaux ont fait mention des JMJ, les décrivant comme des “moments privilégiés” de semailles des Ecritures parmi les jeunes du monde entier.

Un signe très encourageant qui a paru des JMJ a été le choix par le pape de thèmes bibliques pour chaque rassemblement international. Je peux parler de l’efficacité du thème canadien des JMJ de 2002 «Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde» de l’évangile selon Matthieu, chapitre 5. Ce thème était devenu le leitmotiv pendant la préparation aux JMJ 2002, ensuite pendant l’événement, et dans les suites des JMJ dans les églises locales à travers le monde entier. Le thème engendra même la première télévision catholique canadienne, Télévision Sel et Lumière, à la tête de laquelle j’ai été nommé lors de sa naissance en 2003. Le thème a crée des fruits pour d’innombrables jeunes partout dans le monde et a planté ses racines au Canada grâce à notre première télévision catholique, dans ce qui est une nouvelle terre de mission!

Esprit Saint

Récemment les JMJ ont offert à l’Eglise universelle une opportunité de redécouvrir la personne et le rôle du Saint-Esprit dans la vie des chrétiens. Plusieurs personnes ont affirmé que l’homélie du pape Benoît XVI lors de la vigile des JMJ à l’Hippodrome de Randwick a été l’un des meilleurs enseignements jamais reçus à-propos le Saint-Esprit. À Sydney, les jeunes de la «Génération JPII» et ceux de la «Génération Benoît XVI» ont reçu la force, celle de l’Esprit Saint, qui est descendu sur eux (Actese 1,8).

Des centaines d’évêques et de cardinaux participent aussi aux JMJ internationales en tant qu’enseignants et catéchistes. Chaque jour pendant la semaine des JMJ, des milliers de jeunes se réunissent autour de leurs cardinaux et évêques pour écouter leurs sermons, leurs catéchèses, leurs réflexions basées sur la parole de Dieu et en particulier sur le thème de l’événement.

Cette nouvelle invention vit désormais sa propre histoire, étant devenue partie intégrante des célébrations internationales de la foi et de la culture des jeunes qui ont lieu tous les deux ou trois ans. Celle-ci contribue non seulement à la rencontre des générations, mais aussi une opportunité toute particulière de proclamer et de diffuser la Parole de Dieu dans un contexte international et de manière créative, pour offrir aux jeunes des moyens concrets par lesquels vivre leur vie en se dédiant aux Écritures Saintes. Je crois que les mots du Cardinal Pell et des autres évêques à-propos des JMJ ont été très appréciés par les pères synodaux, parce que ces rassemblements leur montrent tous de manière pratique la force de la Parole de Dieu, vivante parmi les jeunes. Aux JMJ de Toronto, beaucoup de jeunes gens du monde entier nous ont ensuite écrit nous disant qu’ils étaient tombés amoureux de la Bible et de Jésus pendant les célébrations… et qu’elles continuent à lire les Écritures chaque jour.

Significations

Enfin, il y a un mois à Paris (12 septembre), Benoît XVI fit un discours important aux représentants de la culture au “Collège des Bernardins”, ouvert pour l’occasion après de grandes rénovations. Au cours d’un discours magistral il a déclaré : «l’Écriture a besoin de l’interprétation, et elle a besoin de la communauté où elle s’est formée et où elle est vécue. En elle seulement, elle a son unité et, en elle, se révèle le sens qui unifie le tout.

«Dit sous une autre forme : il existe des dimensions du sens de la Parole et des paroles qui se découvrent uniquement dans la communion vécue de cette Parole qui crée l’histoire. À travers la perception croissante de la pluralité de ses sens, la Parole n’est pas dévalorisée, mais elle apparaît, au contraire, dans toute sa grandeur et sa dignité… La Parole de Dieu, en effet, n’est jamais simplement présente dans la seule littéralité du texte. Pour l’atteindre, il faut un dépassement et un processus de compréhension qui se laisse guider par le mouvement intérieur de l’ensemble des textes et, à partir de là, doit devenir également un processus vital. Ce n’est que dans l’unité dynamique de leur ensemble que les nombreux livres ne forment qu’un Livre. La Parole de Dieu et Son action dans le monde se révèlent seulement dans la parole et dans l’histoire humaine.»

Alors que ces mots étaient peut-être conçus pour un public choisi, composé de représentants de la culture à Paris le mois dernier, ils ont servi de prologue au synode des évêques sur la Parole de Dieu.

Puisque nous parlons d’émotions, il n’y avait pas de réunion synodale ce soir au Vatican. Nous étions amenés au baptistère de Saint-Paul-hors-les-Murs en pèlerinage au lieu d’enterrement du grand apôtre des nations. Après avoir vu son lieu de sépulture au dessous de l’autel principal, nous étions invités à monter dans la basilique pour rejoindre le pape pour un concert spécial de l’Orchestre symphonique de Vienne pour les pères synodaux et pour le Pape en honneur de saint Paul. Au programme: la Sixième symphonie d’Anton Bruckner.

Quel début de deuxième semaine spectaculaire!

Le 7e jour, le Seigneur se reposa (mais pour le Synode, une courte fin de semaine)

Journal du Synode du père Thomas Rosica, c.s.b.

La Cité du Vatican. Nous avons survécu la première semaine du Synode! Je reste en admiration des « Padri Sinodali » et du reste des participants du Synode qui terminèrent leurs délibérations ce samedi à 18 h 55 (Nous avons terminé 5 minutes à l’avance !) Les synodes précédents ont toujours incluent une session matinale du samedi qui se terminait à 13 h, laissant donc aux participants quelque chose se rapprochant d’une fin de semaine.

Le vendredi soir, le secrétaire général du Synode, Mgr Nikola Eterovic, nous rappela son amour et respect pour nos frères et sœurs juifs: « alors que nos frères aînés peuvent profiter du Sabbat au coucher du jour, nous n’aurons droit à notre Sabbat que samedi soir! »

Ses mots ont été gentiment rappelés de manière fraternelle et humoristique samedi après-midi quand le Cardinal de Cologne Joachim Meisner a pris le micro durant une session de discussions ouvertes et a commencé ses commentaires en latin mentionnant que ce qu’ils faisaient tard en ce samedi après-midi était “contra natura” (contre nature). Ses mots invitèrent rires et applaudissements ! Au milieu du sérieux des interventions et discussions dans le « Aula », je suis impressionné par la bonne humeur, l’esprit fraternel et la gentillesse de tous les participants.

Un autre moment illustre bien l’atmosphère dans le “Aula” : l’archevêque du Cameroun a commencé son intervention durant l’une des sessions où le Saint-Père était occupé sur la Place Saint-Pierre, s’adressant à des dizaines de milliers de personnes, en disant « le Saint-Père absent, chers frères évêques… . » À ce moment, Mgr Eterovic a pris le micro et il a annoncé à tous: « Il (le Pape) est absent mais il lira tous les mots! » Une vague de rires se fit de nouveau sentir dans l’assemblée!

Aux conférences de presse et rencontres avec les journalistes des différents groupes linguistiques, on m’a demandé d’identifier les thèmes, les accents, les références, les citations et les étoiles émergentes de cette assemblée synodale. Étoile est probablement le mauvais mot dans un contexte comme celui-ci, mais il y a eu quand même, plusieurs interventions des évêques ou des délégués fraternels qui n’ont pas seulement provoqué des signes de la tête, mais aussi de profondes réflexions sur ce qui a été partagé. J’aimerais souligner le travail de plusieurs personnes, en vous rappelant que vous pouvez trouver des résumés des allocutions grâce à l’excellente couverture de ZENIT et du service d’information du Vatican. Plus tôt cette semaine, Mgr Luis Antonio Tagle du diocèse d’Imus des Philippines s’est adressé au Synode sur « La disposition nécessaire pour entendre la Parole de Dieu ». Son adresse brève mais très riche et poignante a été reprise par de nombreux frères évêques au Synode. C’était une profonde mais très simple adresse, dans laquelle Mgr Tagle dit: “Comme servante de la Parole, l’Église prête sa voix pour que le monde puisse entendre Dieu. Mais dans les Écritures, Dieu ne parle pas seulement. Dieu écoute aussi. Dieu écoute spécialement les justes, les pauvres, les veuves, les orphelines, les humbles, et les persécutés. Mystérieusement, Dieu écoute ceux qui n’ont pas de voix. L’Église doit apprendre de la manière que Dieu écoute et doit prêter sa voix aux sans-voix.” Je suis certain que les mots de Luis Antonio seront remémorés et cités pour plusieurs années à venir.

Une intervention de la semaine partagée à travers le monde est cette puissante présentation de Mgr Anton Justs de Lettonie. Mgr Justs a parlé à propos d’un de ses prêtres lettons, Viktors, « arrêté sous le régime soviétique en Lettonie parce qu’en possession d’une Bible. Aux yeux des agents soviétiques, les Saintes Écritures étaient considérées comme un livre contre-révolutionnaire. Les agents jetèrent à terre les Saintes Écritures et ordonnèrent au prêtre de les piétiner. Le prêtre refusa de le faire et s’agenouilla pour embrasser le livre. Pour ce geste, il fut condamné à dix années de travaux forcés en Sibérie. Dix ans plus tard, quand le prêtre retourna dans sa paroisse et célébra la Messe, il lut l’Évangile. Il éleva le lectionnaire et dit: “Parole de Dieu!”. Les gens pleuraient et remerciaient Dieu. Ils n’osèrent pas l’applaudir parce que cela aurait été interprété comme une ultérieure provocation. »

Au moment où Mgr Justs raconta cette histoire, plusieurs autour de moi au Synode ont pleuré. J’avais moi aussi des larmes aux yeux. L’assemblée synodale a applaudi chaudement Mgr Justs pour son témoignage.

Des histoires comme celle-ci (il y en a eu beaucoup) de l’Église souffrante m’ont remué. Des histoires qui seront sûrement répétées des années durant. D’une certaine façon, ces témoignages nous aident à situer tous nos problèmes ecclésiaux dans un contexte plus grand et nous rappelle combien il est important de s’efforcer de trouver de nouvelles perspectives à ce qui nous entoure. Laissés à nous-mêmes, nous oublions que plusieurs souffrent et meurent pour la Parole de Dieu alors nous nous tuons à propos de bien petits enjeux sans grande conséquence.

Une autre intervention, remarquable par sa clarté, simplicité et profondeur, fait parler d’elle au sein des “Padri Sinodali” et des autres délégués. Les gens la mentionnent dans les conversations et réfèrent à son auteur comme « le jeune Cardinal du Texas », le Cardinal Daniel DiNardo. Ce n’était probablement pas voulu, mais le Cardinal DiNardo a évoqué la présentation puissante du Cardinal de Chicago Francis George, O.M.I., qui a parlé du manque d’imagination pour le langage biblique dans notre culture aujourd’hui. Le Cardinal DiNardo a commencé sa présentation en disant aux participants qu’il venait de la “Bible Belt” du sud des USA. “But though a location, le “ Bible Belt” est aussi un état d’esprit, diffusé de multiple façons dans le monde. Il y a sûrement des problèmes avec cet état d’esprit, mais il a gardé vivant une imagination et un vocabulaire biblique, et une présence divine dans un monde qui est important pour nous.” Le Cardinal a mentionné l’importance de Matthieu 11, 25-30 dans nos efforts pour enseigner et prêcher les Écritures.

Le Cardinal a captivé ensuite l’imagination de tous ceux présents dans le Aula quand il a raconté l’histoire de sa récente visite pastorale à Galveston à la suite de l’ouragan dévastateur Ike. Le Cardinal a parlé de la foi simple et de la confiance des victimes de l’ouragan qui, à cause de leur langage biblique, « ont démontré intelligence et humilité ». Leurs attitudes reflétèrent leur ouverture à l’Esprit Saint, leurs citations de textes bibliques étaient sages et priantes. Leur état d’esprit était aussi rempli de confiance, avec une assurance humble qui était incroyable. Les deux avaient un sens concret de l’Esprit Saint dans un texte biblique.”

Il est inutile de vous dire que cette semaine, des gens de partout à travers le monde ont eu une forte impression positive d’un berger texan communicant intelligence, profondeur et une grande sensibilité pastorale à cette assemblée internationale.

Finalement, à la conclusion de chaque session du Synode, un sommaire de la discussion des évêques est présenté au Pape. Cela est souvent accompagné par un « Message au peuple de Dieu. » Après un bon moment de réflexion, qui pourra durer un an ou plus, le Pape proposera une exhortation apostolique dans laquelle il partagera ses propres pensées, convictions et proposition pour des actions. Des comités sont dès maintenant établis pour assister le Pape dans la formulation des textes finaux.

Voici une pensée biblique sur tout ce qui ressort de la semaine I du Synode sur la Parole de Dieu. Sur un niveau purement humain, n’importe quel rassemblement de n’importe quelle organisation de cette magnitude a un grand potentiel de chaos, d’incompréhension et de lutte! Alors que j’étais assis dans le Aula synodale durant la première semaine et que j’observais le monde entier rassemblé devant moi, je ne pouvais m’empêcher de penser au passage du Nouveau Testament sur la Pentecôte. Les artistes du Moyen Age aimaient comparer les passages de la Genèse sur la Tour de Babel et la “Tour” de la chambre haute. Babel symbolise la division des peoples causée par le péché. La Pentecôte est notre espoir pour que de telles séparations ne soient pas à nouveau une tragique nécessité.

La foule de Babel ne peut pas être comparée à l’unité sincère de celle de la Pentecôte. Pour Babel on avait une foule, pour la Pentecôte on a une communauté. Un peuple sans Dieu a perdu le pouvoir de communiquer. Des individus remplis d’Amour et de l’Esprit se sont parlé cœur à cœur (Cor ad Cor, comme le dirait le Cardinal Newman).

Les récits de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres disent que pour un instant les nations de la terre ont pris une pause de leur souffrance habituelle et ont vécu l’expérience communautaire causée par Dieu. La Pentecôte marque le début de la mission universelle de l’Église. Il s’agit d’une mission qui élimine les obstacles humains et qui bénéficie de l’Esprit en tant qu’énergie motrice.

Nous avons encore plusieurs tours de Babel de nos jours dans plusieurs parties du monde et j’ose dire, dans l’Église. Cette expérience synodale de fraternité, de discussion, de parole, de partage et d’ouverture, aussi chargée puisse-t-elle être à cause des difficultés de traduction, des horaires rigides, de la frustration et de la confusion pour certains, c’est aussi toutefois un modèle différent ; en même temps ça nous apprend le sens de la Pentecôte et le coût de l’appartenance à une Église universelle.

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