Vive le Roi!

Réflexion biblique en la Fête du Christ-Roi
Père Thomas Rosica, c.s.b.

Je n’avais jamais vécu dans un royaume jusqu’à ce que j’étudie au Moyen-Orient. Pendant mes années d’études en Écritures Saintes, j’ai eu le privilège d’accompagner le patriarche latin de Jérusalem de l’époque, Michel Sabbah, à Amman en Jordanie, pour présenter une réflexion mensuelle à ses prêtres à-propos des psaumes et des prophètes d’Israël. La Jordanie fait également partie du Patriarcat Latin de Jérusalem.

L’un des beaux souvenirs de ces nombreuses visites à Amman était d’écouter la radio et la télévision jordaniennes chaque matin. Je me souviens encore de la musique solennelle et de l’annonce en arabe : « Bonjour. Vous écoutez les nouvelles du Royaume hachémite de Jordanie. Ce matin, le roi s’est levé pour commencer une nouvelle journée. Sa majesté a rencontré les personnes suivantes… » Le bulletin de chaque heure nous informait des derniers déplacements et activités du monarque d’alors, le Roi Hussein de Jordanie. Combien de fois me suis-je rappelé de cette chanson de Broadway  “The King and I” – Le Roi et moi: “I wonder what the king is doing tonight!” – je me demande ce que fait le roi ce soir… en pensant que l’on pourrait le chanter à chaque soir dans le royaume des Hachémites !

J’ai appris beaucoup à-propos du roi Hussein qui était aimé par ces sujets car il était l’un des leurs et demeurait près d’eux comme un berger. Son fils, le roi Abdullah II marche désormais dans les pas de son père et continue d’être un leader intelligent, modéré et réconciliateur dans une partie du monde très volatile. Abdullah fait honneur à la monarchie.

L’évangile de ce dimanche (Matthieu 25) nous présente la scène du dernier jugement. Il s’agit du dernier enseignement de Jésus avant qu’il se rende à Jérusalem pour faire face à sa crucifixion et à sa mort. L’héritage de Jésus est limpide et a des implications profondes, mais combien est-il difficile de les vivre au jour le jour !

À la fin des temps, le Christ-Roi séparera les brebis des chèvres selon qu’elles aient accepté ou non le Verbe de Dieu incarné en acceptant les ambassadeurs envoyés pour proclamer la Parole. Nous voyons encore et encore à quel point les paraboles sont soucieuses de l’acceptation ou du rejet des prédications du Christ. Une telle acceptation, ou un tel rejet, est en bout de ligne l’acceptation ou le rejet du Dieu qui a envoyé Jésus. Rejeter Jésus le Fils c’est rejeter Dieu le Père. Et rejeter un disciple envoyé par Jésus, c’est rejeter Jésus lui-même.

Jésus s’identifie aux nécessiteux, aux marginaux, à ceux qui ont faim et soif, aux étrangers, aux démunis, aux malades et aux personnes emprisonnées. Tout le monde est inclus dans le Royaume de l’humble Jésus. Son règne renverse complètement nos notions de royaume terrestre. Le royaume de Jésus et sa royauté sont le service ultime, au point où il donnera sa vie pour les autres.

Le jour viendra où il y aura une grande séparation entre ceux qui acceptent Jésus et son enseignement de tous ceux qui le rejettent. C’est là le cœur de la parabole de ce dimanche : il ne s’agit pas tant de distinguer les chèvres des brebis. Les brebis à la droite du Fils de l’homme reconnaissent le messager et son message. Les chèvres à sa gauche n’ont pas reconnu, ou n’ont pas accepté le messager ni son message.

Cette fête du Christ-Roi dérange quelques personnes. Mais n’est-ce pas dû à nos désillusions des rois de ce monde, membres des familles royales et leaders politiques, plutôt qu’à la royauté de Jésus ? La royauté et le service du Fils de l’homme refuse rang, privilège et toute tentative de devenir maître du monde. Jésus détruit le triangle du désir, de la violence et de la rétribution. En lui il n’y a pas de luxure, d’avarice ou d’ambition pour le pouvoir. Il nous dit qu’à chaque fois que nous posons un geste de charité, de pardon, de bonté, c’est à lui que nous le faisons.

Qui d’entre nous n’est pas touché lorsqu’un membre d’une royauté ‘s’abaisse’ pour venir en aide au pauvre, pour être présent aux affligés, pour rejoindre ceux qui sont frappés par la tragédie ? S’il est vrai qu’il y a une force unique lorsqu’une royauté « s’abaisse », alors rien ne peut se mesurer à la mission du Fils de Dieu. L’image du Christ Roi nous offre une occasion extraordinaire de porter un regard sur la véritable royauté.

Alors qu’il est au sommet de ses pouvoirs cosmiques, le Christ nous révèle que l’univers repose sur un verre d’eau offert aux plus petits en son nom. Un débordement d’amour pour ce roi pourra donc transcender les membres des familles royales de l’histoire humaine qui nous ont parfois royalement abandonnés. Les gestes de charité envers ses plus petits sont déjà reconnus au tribunal céleste, car Dieu voit tout et demeure l’ultime bénéficiaire de nos pauvres quoique sincères efforts pour prendre soin des nécessiteux, des marginaux, de ceux qui ont faim et soif, des étrangers, des démunis, des malades et des personnes emprisonnées, tous citoyens du royaume de Dieu.

Longue vie à Jésus, un vrai roi !

Une pastorale pour les personnes séparées et divorcées

par Sr Marie-Noëlle Chaumette

Dans son exhortation apostolique Familiaris Consortio, sur les tâches  de la famille chrétienne dans le monde d’aujourd’hui en 1981, Jean-Paul II a souligné l’attention particulière qui doit être donnée aux personnes séparées ou divorcées. «J’exhorte chaleureusement les pasteurs et la communauté des fidèles dans son ensemble à aider les divorcés remariés. Avec une grande charité, tous feront en sorte qu’ils ne se sentent pas séparés de l’Eglise, car ils peuvent et même ils doivent, comme baptisés, participer à sa vie #84»

Depuis 1983, dans le diocèse de Montréal, une pastorale pour les personnes séparées et divorcées a été mise sur pied. Madame Claudette Leboeuf ancienne adjointe de l’Office de la famille et ancienne responsable de la pastorale des personnes séparées, divorcées en toutes situations, nous en parle dans notre nouveau Focus catholique «Une pastorale pour les personnes séparées et divorcées »

Ce focus donne la parole à des personnes séparées et divorcées qui témoignent de leur expérience du Christ ressuscité à travers cette épreuve.

Le chanoine Jacques St Michel, vicaire judiciaire du diocèse de Québec nous explique les procédures de la reconnaissance de la nullité de mariage.

A ne pas manquer vendredi 21 et dimanche 23 novembre à 19h30 et 23h30.

Partager son enthousiasme – Dans la foulée du Synode des évêques

Aujourd’hui dans le cadre de Zoom, nous nous entretenons au téléphone avec Mgr Raymond St-Gelais, évêque de Nicolet au Québec. Mgr St-Gelais était l’un des quatre évêques délégués par ses pairs pour participer au Synode des évêques sur la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église. Vous entendrez un pasteur enthousiasmé par son expérience de l’Église universelle et par des travaux qui auront certainement un impact concret sur notre manière de partager et de vivre de la Parole.

À peine rentré de Rome, l’évêque de Nicolet a écrit une lettre pastorale à ses prêtres et à toutes les personnes de son diocèse qui oeuvrent au service de l’Évangile. Il s’agit d’une véritable invitation et d’un très bon moyen d’inclure ceux et celles qui, sur le terrain, font des pieds et des mains pour que la Parole demeure vivante, accessible et efficace.  

Au nom de la dignité humaine

par Sébastien Lacroix

Kader montrant le plan d'une murale qui raconte son histoire. Photo: CMAQSoirée chargée à l’antenne de Sel + Lumière ce soir. D’abord à 19h, Focus catholique présente l’histoire d’Abdelkader Belaouni, ressortissant algérien qui a fui la guerre civile à la recherche de la paix. Aveugle, il s’est vu refuser toute demande d’accueil au Canada. Après avoir reçu un avis de déportation vers les Etats-Unis, Abdelkader s’est réfugié à la paroisse St-Gabriel à Montréal, où il se trouve toujours. Une histoire qui nous amène au coeur d’un enjeu de justice et de dignité humaine.

Si le Canada a l’une des politiques en immigration les plus généreuses au monde, on découvre tout de même que le traitement réservé aux individus qui ne contribuent pas à la société canadienne de la manière souhaitée sont rejetés systématiquement. Nous portons un regard sur ces lacunes et les conséquences terribles qu’elles peuvent avoir sur une personne.

Après la plus récente édition de Lumière du Monde (20h30), Télévision Sel + Lumière présente la première française du documentaire Sur le chemin de l’Espérance: le parcours spirituel du Cardinal Nguyen Van Thuan. Un film inédit qui présente la force d’un homme qui a mis sa confiance en Jésus-Christ. C’est à ne pas manquer ce soir à 21h!

J’ai fait un rêve…

 par Sr Marie-Noëlle Chaumette

 

« J’ai fait le rêve que ….. noirs et blancs pourront s’asseoir à la table de la fraternité… »

Le rêve du pasteur Martin Luther King vient d’être réalisé, 40 ans après sa mort : le premier président noir des Etats Unis a été élu.

Comment ne pas penser à l’élection de Nelson Mandela, premier président noir de l’Afrique du Sud, élu en 1994 après un régime de ségrégation raciste. Celui-ci  vient de déclarer au sujet de Barack Obama qu’il est « signe d’espoir pour tous ».

Je ne peux m’empêcher d’évoquer aussi Desmond Tutu, évêque anglican d’Afrique du Sud et de faire des rapprochements avec ces hommes, tous trois animés par la conviction forte d’égalité, de respect et de fraternité entre tous.

Ces derniers font la preuve que chaque être humain est capable de dépasser les clivages et que l’avenir est au métissage. Chaque être humain est fait de la même pâte humaine quelle que soit la couleur de sa peau, son origine sociale. Chacun peut apporter quelque chose à l’autre.

L’immense espoir international que suscite l’élection de Barack Obama révèle le désir d’entendre une voix nouvelle qui redonne de l’élan à notre marche pour plus de justice sociale.  Le fait d’être de père Kenyan musulman et de mère blanche du Kansas, d’avoir grandi à Hawaï puis en Indonésie et ensuite aux USA ainsi que son engagement concret en faveur des noirs à Chicago permet au nouveau président de comprendre bien des situations d’injustice et de faire le pont entre différents milieux. Martin Luther King a eu raison de rêver,  « noirs et blancs pourront s’asseoir à la table de la fraternité. »

Souhaitons au nouveau président des USA toute la force nécessaire pour mener à bien cette lourde et passionnante tâche d’être président des Etats-Unis et assurons le de nos prières comme l’a dit le pape Benoît XVI dans sa bénédiction  « afin que Dieu le soutienne, lui et le peuple américain, et que toutes les personnes de bonne volonté puissent travailler pour bâtir un monde de paix, de solidarité et de justice”. 

“Ceci est une terre sacrée”: La valeur des cimetières catholiques

Par le père Thomas Rosica, c.s.b.

 

La mort est un événement qui a toujours une valeur religieuse : il s’agit de la culmination de notre pèlerinage sur terre et du passage à la vie éternelle. Les cimetières catholiques sont le pont qui nous y relie.  Alors que nous vivons nos vies jusqu’au bout et que nous bénéficions de tous les dons de Dieu ici sur terre, nous sommes conscients de la présence d’une vie ultérieure qui nous attend dans l’amour infini de Dieu. Un enterrement catholique a une signification particulière pour nous, parce qu’il marque pour nos proches et pour nous-mêmes la concrétisation de toute notre espérance spirituelle. Nous apprenons que la mort n’est pas la fin, mais un passage à la vie éternelle.

Les cimetières catholiques sont là pour s’occuper de la cérémonie religieuse sacrée de l’enterrement et de l’entretien des lieux du repos des défunts. Ils témoignent de la foi, de l’enseignement et de la longue tradition de l’Église catholique romaine en ce qui concerne les défunts et la ‘sacralité’ des cimetières dans lesquels leurs corps reposent.

À travers les siècles l’Église nous a appris que l’enterrement des défunts est une des œuvres charitables. Les catholiques croient que ceux qui ont été purifiés au même baptême et qui vivent ensemble dans la profession de la même foi devraient reposer dans le même lieu spirituel réservé pour l’enterrement des fidèles. Les cimetières catholiques témoignent de la signification profonde de la charité qui se manifeste avec l’enterrement des défunts et du respect envers eux. 

Les cimetières catholiques sont dédiés aux soins respectueux des enfants de Dieu qui continuent à faire partie de la communauté chrétienne toute entière, même après la mort. Ils sont dédiés à encourager la prière et la dévotion pour nos frères et sœurs défunts, surtout dans nos cimetières. Parents et amis y vont pour prier et pour trouver paix et sérénité dans un cadre révérencieux.

Les cimetières catholiques opposent tout effort pour réduire au minimum ou détruire tout enseignement catholique portant sur la mort, l’enterrement et aux âmes des défunts.  À travers les mots, le travail et l’exemple, ils proclament la sainteté du corps humain, la foi en la résurrection, et la vertu chrétienne de l’espérance.

À cause de la révérence des cimetières et des souvenirs qu’ils évoquent, nous les soignons, les aimons et nous en occupons, afin que les tombeaux de nos proches reflètent dignement leur mémoire.  Nos sanctuaires, nos statues, nos inscriptions même, aident les vivants à mieux comprendre la mort et surtout la résurrection. Nous, les vivants, nous continuons à trouver dans nos cimetières la consolation de la foi.

Nous devrions être fiers de notre tradition catholique dans la vie et nous prolongeons cette expression de foi alors que nous reposons parmi nos voisins catholiques. Nous voulons que les cimetières continuent à être des endroits saints où se tiennent les cérémonies religieuses et où nous pouvons aller pour prier spécialement pour tous ceux qui sont enterrés dans ces lieux saints.

Les cimetières catholiques nous permettent d’espérer d’être tous réunis lors de la résurrection au dernier jour avec le Christ et ceux que nous aimons. Je me permets ici de suggérer le choix d’un cimetière catholique et une rencontre avec le personnel de votre diocèse à propos des avantages d’une pré-préparation à l’enterrement.

Nous savons tous que nous allons quitter cette vie et nous n’aimons pas y penser. Nous devons continuer à mener la meilleure vie possible parce que la vie est une préparation à la mort. Nos cimetières peuvent nous donner un soutien important.

En tant que catholiques et chrétiens, prions pour ceux qui nous ont quittés sous le signe de la foi:

Accorde-leur, Seigneur, le repos éternel.
Et que la lumière perpétuelle brille sur eux.
Puissent leurs âmes et les âmes des fidèles défunts reposer en paix, par la miséricorde de Dieu. Amen.

Apprivoiser la mort

 par le père Thomas Rosica, c.s.b.

C’est dans la lumière de la fête de tous les saints que nous faisons mémoire, le 2 novembre, de tous les fidèles défunts.  Ce jour est un jour où l’on se souvient, mais aussi où l’on peut parler de la mort et en parler sereinement, puisque nous ne sommes pas dans le moment du deuil.

Aujourd’hui, la mort est vécue comme une violence, une injustice, un échec ; pour l’individualisme triomphant, la mort est devenue intolérable.  Bien sûr, la mort, on en discute, on en débat, elle reste un problème philosophique, mais l’abondance des discours ne nous instruit pas sur la mort car tout le monde est le premier à mourir.  La mort est un événement absolu, qui n’arrive qu’à moi et dont je n’ai aucune idée avant qu’il n’arrive. Qu’est-ce que mourir ? Nous ne savons pas ! Ce que nous savons, c’est que nous mourons ; c’est même notre seule certitude, « notre seule exactitude », dans le sens où la mort sera à l’heure ! Face à la mort, aucune échappatoire: La prière est notre seule liberté.

Seule la prière, « maintenant et à l’heure de notre mort », fait passer l’homme de la mort à la vie ! Pour les croyants, en effet, « la vie n’est pas détruite, elle est transformée. Et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure dans les cieux » (Préface des défunts). Ils croient aussi qu’à la prière des vivants, les bras de Dieu s’ouvrent pour ceux qui espèrent en lui.

Nous en avons un magnifique et bouleversant témoignage laissé par saint Augustin.  Au cours du voyage en Italie, Monique tombe malade et la fin de sa vie approche, si bien qu’Augustin et son frère se demandent où enterrer leur mère le moment venu: « Mon frère, raconte Augustin, souhaitait la voir mourir non en terre étrangère mais dans sa patrie : ce serait là un destin plus heureux. En l’entendant, ma mère […] lui jeta un regard de reproche pour avoir eu de telles pensées […] et s’adressant à nous deux : “Enterrez mon corps n’importe où, sans vous mettre en peine de lui. Tout ce que je vous demande, c’est de vous souvenir de moi à l’autel du Seigneur, où que vous soyez.” Quelques-uns de mes amis, continue Augustin, […] lui avaient demandé : “Ne crains-tu pas de laisser ton corps loin de ta ville natale ?” Et elle de leur répondre : “Rien n’est loin pour Dieu ; et il n’y a pas à craindre qu’il ne sache pas, à la fin des temps, reconnaître le lieu d’où me ressusciter”. » Ce passage nous montre que Monique n’a pas eu peur d’envisager la mort dès son vivant, que c’est donner sens à la vie que d’y intégrer l’omniprésence de la mort, et que l’homme est plus fort devant la mort quand il l’a apprivoisée.

Être délivrés de la mort ? Nous le pouvons avec le Christ : Premier-né de toute créature, il est aussi le Premier-né d’entre les morts (Col 1, 13-18). La résurrection du Christ – et le Christ ressuscité lui-même – est principe et source de notre résurrection future. Mais déjà, vivant avec lui, nous n’avons plus peur de la mort. La mort que nous redoutions, que nous haïssions, la mort au «dard venimeux» (1 Co 15, 56) n’a plus d’emprise sur nous. Saint Paul va jusqu’à dire qu’elle «représente un gain» (Ph 1, 21-23). Elle nous fait mesurer combien chaque instant est précieux, chaque rencontre est unique, chaque amour est fragile. Envisagée dans la foi au Christ, elle devient le lieu de notre rencontre heureuse avec lui: « Le péché nous fait vivre à la surface de nous-mêmes; nous ne rentrons en nous que pour mourir, et c’est là qu’il nous attend. »

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous pauvres pêcheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Quelle nuée de témoins!

par le père Thomas Rosica, c.s.b.

La fête de la Toussaint nous offre une belle opportunité de réfléchir sur l’héritage des saints et des bienheureux dans notre tradition catholique.  Ces hommes et femmes sont des artistes qui ont jugé et fait la critique du monde avec différentes donnés et des connaissances différentes des nôtres. Leurs normes reposaient simplement sur  les «Béatitudes» et non dans les bibliotèques d’universités ou les centres de hautes recherches. Ils ont tenté chacun, en leur temps propre et à leur manière, de s’approprier cette extraordinaire vision de l’Evangile et de partager au monde. Le grand auteur anglais G.K. Chesterton a affirmé que «de telles personnes ont mis en lumière ce que le monde et l’Eglise avaient oublié». Parfois de tels individus sont appelés des fous, des insensés, des irréalistes, des rêveurs. Dans notre Eglise, nous les appelons des Saints.

En cette fête de la sainteté, nous célébrons tous ceux qui ont témoigné de leur attachement radical au Christ, tous les saints, ceux qui sont au calendrier, ceux qui n’y sont plus, ceux qui n’y sont pas encore.  Dans l’évangile de cette fête [Mt 5, 1-12], chacune des béatitudes nous indique une voie de sainteté : la pauvreté de cœur, la douceur, le combat pour la justice, la pureté du cœur, le travail pour que grandisse la paix, la miséricorde. Nous sommes loin des miracles et d’autres signes spectaculaires que les hagiographies se plaisent à raconter. Ces béatitudes sont plus un projet de vie, une invitation à y puiser une vraie intensité de vie, que la reconnaissance du mérite de ceux « qui y sont arrivés » ! Cette sainteté-là est vraiment pour tous, pour peu que nous y travaillions, bien sûr.

Je suis convaincu que le monde d’aujourd’hui, et particulièrement les jeunes, ont un besoin croissant pour les vies fascinantes des Saints. Tout au long de son pontificat, le pape Jean Paul II nous a aidé à redécouvrir ces héros et héroïnes dans nos traditions. En fait, il a béatifié 1338 femmes et hommes, et canonisé 482 personnes.  La proclamation de tant de Bienheureux et de Saints de notre époque a été d’une aide étonnante pour renouveler les espoirs de longues haleines et en stimuler de nouveaux.  Quelle nuée de témoins, quelle école des artistes des Béatitudes pour nous consoler, nous fortifier, nous encourager, nous stimuler, nous émouvoir et nous élever alors que nous essayons de les imiter ici-bas!

Comment la grâce serait-elle vraiment gracieuse, vraiment gratuite si elle venait comme le bon point et les félicitations avec la bonne note ? La grâce n’a trouvé en nous aucun mérite, mais c’est elle qui nous rend capables de mérite. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisis… », dit Jésus. Comme le dit saint Augustin, en commentant ce passage de l’Évangile de Jean : « Dieu ne choisit pas ceux qui sont bons, mais il rend bons ceux qu’il a choisis. » Nous ne pourrions être bons et faire quelque bien en ce monde, si nous ne l’avions reçu de l’amour incroyable du Créateur qui nous a donné la liberté, le désir et l’intelligence de reconnaître ses dons.

Laissons-nous saisir par la beauté de ces hommes et femmes, et laissons nous combler du désir de devenir des saints pendant ce mois de novembre qui est dédié aux artistes de l’évangile!  Dieu sait combien nous en avons besoin de tels artistes aujourd’hui!

Discours de Benoît XVI au nouvel ambassadeur du Canada : un message pour tous

par Sébastien Lacroix

Benoît XVI a accepté ce matin les Lettres de créance du nouvel ambassadeur du Canada près le Saint-Siège, Mme Anne Leahy. Les deux ont prononcés un discours et Mme Leahy en a profité pour souligner à quel point le catholicisme demeure une clé de l’édification de la société canadienne, ce sur quoi a renchérit le Saint-Père en citant Jean-Paul II à son arrivée à Toronto pour les JMJ en 2002.

Soulignant que la société canadienne est en constante mutation, Benoît XVI a invité les Canadiens à aspirer à la vraie liberté:

[J]e voudrais plutôt encourager l’ensemble des Canadiens et Canadiennes à réfléchir profondément sur le chemin que le Christ invite à tracer. Il est lumineux et plein de vérité. Une culture de vie pourrait irriguer de nouveau l’ensemble de l’existence personnelle et sociale canadienne. Je sais que c’est possible et que votre pays en est capable. Pour y aider, il me semble nécessaire de redéfinir le sens de l’exercice de la liberté, expression trop souvent invoquée pour justifier certains débordements. De plus en plus, en effet, son exercice est perçu comme étant seulement une valeur absolue – un droit intangible de l’individu – tout en ignorant l’importance des origines divines de la liberté et de sa dimension communautaire nécessaire à sa construction. Selon cette interprétation, l’individu seul pourrait décider et choisir la physionomie, les caractéristiques et les finalités de la vie, de la mort et du mariage. La vraie liberté se fonde et se développe ultimement en Dieu. Elle est un don qu’il est possible d’accueillir comme un germe et de faire mûrir de manière responsable pour enrichir vraiment la personne et la société. L’exercice de cette liberté implique la référence à une loi morale naturelle, à caractère universel, qui précède et unit tous les droits et les devoirs. Dans cette perspective, je voudrais apporter mon appui aux initiatives des Évêques canadiens pour favoriser la vie familiale, et donc pour favoriser la dignité de la personne humaine.

Certainement bien informé des débats actuels, le Saint-Père en a profité pour faire l’éloge des écoles catholiques et de l’enseignement religieux confessionnel:

Parmi les institutions ecclésiales de votre pays, Excellence, les écoles catholiques jouent un rôle important pour l’éducation humaine et spirituelle de la jeunesse et elles rendent ainsi un service de grande valeur à votre pays. Aussi, l’enseignement religieux doit-il y tenir la place qui lui revient, tout en respectant la conscience de chacun des élèves. En effet, c’est un droit inaliénable pour les parents d’assurer l’éducation religieuse de leurs enfants. L’enseignement de la religion, en raison de la contribution spécifique qu’il peut apporter, représente une ressource fondamentale et indispensable pour une éducation qui a parmi ses objectifs premiers la construction de la personnalité de l’élève et le développement de ses capacités, en intégrant les dimensions cognitive, affective et spirituelle. En contribuant ainsi à la transmission de la foi aux nouvelles générations et en les préparant au dialogue entre les différentes composantes de la nation, les écoles catholiques réalisent une exigence constante de la mission de l’Église, pour le bien de tous, et elles enrichissent l’ensemble de la société canadienne.

Madame Leahy pourra ainsi envoyer un message à son nouveau patron, le ministre Lawrence Cannon, à l’effet que le pape presse le Canada de ne pas oublier l’essence de sa fondation: les racines profondément chrétiennes de ce pays doivent toujours teinter, sinon inspirer, les grandes orientations culturelles, économiques et sociales.

Zoom présentera lundi un entretien exclusif avec Mme Anne Leahy, nouvel ambassadeur du Canada près le Saint-Siège.

L’enthousiasme des pères synodaux

par Sébastien Lacroix

Les 4 évêques canadiens qui étaient délégués au Synode des évêques rentrent au pays cette semaine. Après trois semaines vécues au rythme de l’Église universelle à l’écoute de la Parole de Dieu, soyez certains que nos pasteurs reviennent enchantés de leur séjour à Rome. Non pas qu’ils soient sur un nuage, loin de là. Je dirais qu’ils seront plutôt sur un élan apostolique, une poussée évangélique qui sera certainement sentie par leurs proches collaborateurs.

Alors que les évêques de Nicolet, Ottawa, London et St-Paul sont de retour dans leur diocèse, le cardinal Marc Ouellet, rapporteur général du Synode,  nous fait part de son enthousiasme face aux trois semaines inoubliables qui viennent de se terminer. Il donne quelques exemples concrets que pourrait avoir ce Synode pour les communautés chrétiennes locales. C’est à voir et à entendre dans le cadre de Zoom ce mercredi.

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