Un différent son de cloche sur la procréation assistée

Alors que le gouvernement du Québec a présenté un projet de loi mercredi visant à payer trois essais de procréation assistée pour les couples qui ont de la difficulté à avoir des enfants, le Téléjournal de Radio-Canada a interviewé hier Louise Vandelac, professeure au Département de sociologie de l’UQAM. Elle est l’une des seules voix qui s’élèvent pour s’opposer à la fécondation in vitro.

Alors que ce projet de loi semble passer comme une lettre à la poste, sans aucun débat, sa réflexion tombe à point…

Heureux d’un second printemps

Il fallait bien revenir! Après une immersion parisienne complète, après avoir vu les parterres du jardin du Luxembourg en fleurs et contemplé les enfants qui font glisser leurs petits bateaux sur l’eau du bassin, le temps était venu de rentrer au bercail. Je sais, la vie parisienne en fait rêver plusieurs. Il y a de quoi. La beauté des lieux, l’art, la culture sont autant d’éléments qui attirent le touriste ou l’amateur d’art. En observant toutefois les gens des vieux pays de l’intérieur, on découvre une certaine lassitude. Il existe un malaise, qui n’est pas né de la crise économique, qui empêche les Français de renouveler sa manière de vivre ensemble et, il faut bien le dire, de faire confiance à la jeunesse, peu importe son origine.

Le catholique découvre une Église inquiète face à la jeunesse et à l’affut de ce que vivent les hommes et les femmes de ce temps. Malgré une séparation officielle entre l’Église et l’État, la Sainte Mère continue certes de faire parler d’elle. Les médias s’étaient déchaînés jusqu’à récemment sur l’Église et son message «déphasé». C’est du moins ce qu’affirmait l’archevêque de Paris dans son homélie lors de la messe chrismale:

card-vingt-trois-croixCes derniers mois, la vie de notre Église a été tourmentée, c’est le moins que l’on puisse dire Elle a été tourmentée par des événements, elle a été tourmentée par des échos sur les événements, elle a été tourmentée par les assauts lancés contre elle et spécialement contre notre Pape Benoît XVI. Beaucoup des membres de nos communautés ont été troublés par ces événements, ces échos et ces assauts et le demeurent parfois durablement. Il n’est pas si facile de garder la clarté et l’équilibre de son jugement devant des campagnes d’opinion et les vagues de médiatisation. Je suis d’autant plus reconnaissant à celles et à ceux, particulièrement les prêtres, qui ne se sont pas laissés entraîner par ce tourbillon médiatique et qui ont cherché de véritables informations avant de s’emporter généreusement. Ils ont ainsi évité de faire chorus avec les professionnels de l’auto flagellation qui prétendent sauver l’Église en la déchirant. Et que dire des fins politiques qui crient avec les loups sans prendre la peine de vérifier ce sur quoi ils parlent, mais qui estiment opportun de se placer médiatiquement dans une supposée « pensée correcte ».

Pour l’avoir vu et vécu, il est vrai que les Français ont tendance à s’emporter. On aime débattre, cogiter, spéculer et se faire le juge ou le spécialiste d’une situation, d’un phénomène ou d’un événement. Les médias ont certainement alimentés une polémique qui auraient pu durer moins longtemps, mais dans les cafés et sur les trottoirs, les gens en faisait de l’Église et du Pape leurs sujets de discussion principal. Le cardinal Vingt-Trois allait-il trop loin en blâmant les  médias pour une grande partie des maux de l’Église? Il reconnaît, tout comme le Saint-Père, qu’il y a eu des erreurs de communications. Au-delà de ça, ce qui apparaît encore plus flagrant est l’incapacité de nombreux catholiques de comprendre la position ou l’enseignement de l’Église sur un sujet donné. En informant ou en formant les personnes, nous pouvons nous donner des ambassadeurs, des gens capables d’interpréter, de lire, le message de l’Église. Voilà ce qui manque cruellement dans les milieux les plus sécularisés de notre société. Nous n’avons pas besoin de catholiques voulant partir en croisade contre le mal et le monde, nous avons besoin de témoins intelligents du message évangélique et de l’Église qui est la gardienne de ce message. La réponse à la crise actuelle est à la base, parmi le peuple des fidèles.

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annonce-madeleineMe voici comme mes cousins français à cogiter mais permettez-moi de revenir sur la vitalité de l’Église en France. J’ai eu le plaisir de visiter des communautés chrétiennes dynamiques, de découvrir des mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles qui laissent entrevoir une nouvelle pentecôte pour l’Église. Peut-être suis-je revenu avec une image un peu biaisé de cette Église qui est en France. Il y a, comme ici, des paroisses pauvres, des églises fermées, des fractures et des divisions entre certains groupes. Tout cela n’empêche pas l’Église d’être audacieuse et d’inviter les gens à entendre son message. Ainsi, de nombreuses églises de Paris arboraient une affiche ou une bannière invitant les gens au sacrement du pardon pendant le carême. Depuis le 12 avril, ces bannières ont été remplacées par des « Christ est ressuscité. Alléluia!»: un rappel aux nombreux Français parties en vacances de printemps (les écoles étant fermées pour 2 semaines) que celles-ci sont liées à la plus grande célébration du calendrier et qu’il s’agit bien des vacances de pâques.

Au-delà des affiches et des panneaux publicitaires, les communautés chrétiennes de France semblent avoir compris qu’il ne faut pas simplement ouvrir les portes de l’église de 8 à 5 pour que les gens s’y sentent invités, accueillis. Idem pour les jeunes. Comme ces disciples de la route d’Emmaüs ont accueilli l’étranger à leur table, nous sommes invités à faire preuve d’ouverture, et surtout à faire confiance à ces jeunes, ces étrangers qui cherchent à vivre pour quelque chose ou quelqu’un qui en vaut la peine. Qu’avons-nous à leur proposer ?

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Visité: le Foyer de Charité de Châteauneuf de Galaure. Il s’agit en fait du premier Foyer, fondé par Marthe Robin et le père Finet en 1936. Dans la campagne au sud de Lyon, j’ai pu être témoin de l’accueil et de la fraternité des membres de cette communauté. La ferme Robin se trouve tout près et on accueille toujours les passants et les visiteurs qui veulent voir et prier dans la chambre ou Marthe Robin passa toute sa vie. Celle qui eut les stigmates et fut consultée par les grands de ce monde (dont Charles de Gaulle) sera-t-elle reconnue dans la communion des saints ? 

Savouré: salade lyonnaise, boudin aux pommes et gratin dauphinois dans un authentique bouchon. Ce genre de restaurant offre le meilleur de la cuisine traditionnelle lyonnaise. Juste pour cela, il faut se rendre à Lyon.

Salué: la bande de KTO qui m’a chaleureusement accueilli et intégré au sein de son équipe pendant plus d’un mois. Pour l’expérience, les longues discussions et surtout pour l’amitié, je les remercie. 

Retrouvé: mon pays que j’aime et dont la nature se prépare a éclaté de mille et une couleurs.

Les trésors du Mont Athos au Petit Palais: à défaut de visiter l’île


Alors que mon séjour parisien tirait à sa fin, j’ai pu visiter l’exposition présentée au Petit Palais à Paris. Le Mont Athos et l’Empire byzantin, Trésors de la Sainte montagne. Seul crititque qui n’est pas mentionnée dans la vidéo: l’exposition omet d’expliquer le sens des icônes, ou du moins de certaines d’entre elles. Pourquoi la vierge est assise ainsi? Quel est le rouleau que tient l’enfant Jésus? Il est difficile d’apprécier ces trésors s’il nous est impossible de les lire comme il se doit. Je suis retourné voir l’exposition la semaine suivante, cette fois avec une personne qui avait suivi une formation en iconographie. Elle m’a beaucoup éclairé. Pour elle aussi, l’exposition ne donnait pas assez d’explications. Tout de même, à défaut de visiter cette île, il faut voir les trésors de la Sainte montagne au Petit Palais et découvrir son histoire fascinante.

Dieu et la patrie

Si beaucoup d’Américains ne tracent aucune ligne entre leur foi en Dieu et leur élan patriotique, avec les risques de débordements que nous connaissons, les Français se situent certainement aujourd’hui de l’autre côté du pendule. L’édifice du Panthéon dans le quartier latin constitue l’un des symboles de ce rapport tumultueux entre les Français et l’Église.

Durant la Semaine sainte…

  piexII

…les médias aiment toujours bien parler de religion et cette année n’échappera pas à la règle. Aujourd’hui, Le Devoir fait encore sa une avec une polémique sur l’Église catholique (après l’histoire d’apostasies de la semaine dernière). Un silence papal –La polémique sur Pie XII et les Juifs ne fera que s’exacerber tant que le Vatican refusera d’ouvrir ses archives est un entretien avec l’historien Saul Friedländer qui dénonce le silence supposé de Pie II pendant l’Holocauste.

La fameuse question des archives secrètes du pontificat du pape Pie XII  n’a rien de bien mystérieux. Le Vatican a bien dit qu’il ouvrirait ses archives aux chercheurs dans 6 à 7 ans, une fois le travail de catalogue et de mise en ordre terminé. Il n’y pas d’archives secrètes avant 1939, date de fin du pontificat de Pie XI (accessible depuis 2006). Ce travail d’archivage se fait pontificat après pontificat et tout porte à croire qu’il n’y aura pas béatification avant l’ouverture de ces archives pour le pontificat de Pie XII.

Aux funérailles de Pie XII, tous les grands représentants du monde juif, incluant Golda Meier et des rabbins influents sont venus rendre hommage à l’effort de Pie XII pour sauver le maximum de Juifs… Vraiment, quand on analyse la question, ce pape est vraiment la victime d’une légende noire qui n’a pas de fondement véridique. Tous ceux qui s’intéressent à la question devraient voir notre récent documentaire Une main pour la paix : Pie XII et l’Holocauste maintenant disponible sur DVD.
Je crois bien que l’on reparlera de tout ça amplement au cours du voyage de Benoît XVI  en Terre sainte …

Quand foi et culture se rencontrent


En 2001, le diocèse de Paris achetait le Collège des Bernardins pour le ramener en quelque sorte à sa vocation première, datant du XIIe siècle: en refaire un haut-lieu de dialogue et de formation. Ouvert au public depuis septembre 2008, le succès de cette institution est indiscutable.

Jean-Paul II, notre “Père dans la foi”

Jean-Paul II et Télévision Sel et Lumière sont liés à jamais : la fondation de cette chaine a été fortement souhaitée par ce dernier quelques mois avant sa mort. Il est en quelque sorte fondateur de Sel et Lumiere et continue de soutenir ce projet de nouvelle évangélisation.

Cette année l’anniversaire de l’entrée dans la vie de Jean-Paul II est célébré quelques jours avant la Semaine sainte et surtout avant le Dimanche des Rameaux, dimanche dédié à la Journée Mondiale de la Jeunesse. Petit clin d’œil du ciel…

Les textes de la liturgie de Carême sont particulièrement bien adaptés à cet anniversaire : ils font référence à la figure d’Abraham à son éternelle alliance avec Dieu et nous renvoient à l’image du patriarche que représente pour beaucoup de jeunes et moins jeunes Jean-Paul II.

Qu’en ce temps de Carême et de conversion, ces deux figures d’Abraham et de Jean-Paul II nous redonnent force et imagination pour traverser ces temps difficiles. Vivre l’évangile n’est pas de tout repos et pourtant il apporte la vie en abondance.

Comme Abraham, Jean-Paul II a surmonté ses peurs et a pris son bâton de pèlerin ; c’est cette image de mobilité qui attire, nous inspire et nous parle du Christ.

Oui son témoignage est bien vivant et continue de nous habiter, comme le pape Benoit XVI le disait dans son homélie s’adressant spécialement aux jeunes : Jean-Paul II est une référence, «le père dans la foi» pour bien des jeunes. Il nous a montrés où trouver la source de l’espoir qui fait vivre : Dieu notre rocher. Interpellant chacun à l’espérance, non pas comme un slogan, mais être soi-même Espérance, pour changer la société. Être sentinelle du matin. Répondez généreusement à l’appel de Dieu.

Unis par la prière à toute l’Eglise en ce jour anniversaire de la mort d’un pape qui demeure bien vivant dans les cœurs et qui intercède pour nous, nous disons «Totus tuus» Tout à Toi.

De printemps en printemps…. ou de poisson en poisson

De printemps en printemps… ou de poisson en poisson
Il pleut sur Toronto ; temps maussade et doux, cela me rappelle Paris. C’est mon 10e printemps au pays. Un ami de Montréal m’a dit une fois « Ici le printemps c’est en mai, pas en mars ». Pourtant chaque année je suis surprise par la fraîcheur, le temps que les bourgeons mettent à éclore… J’attends les fleurs…. le parfum des lilas…
Une petite pensée pour Sébastien Lacroix. Je savoure ses impressions sur la ville où j’ai grandi.
La pluie me fait penser à … l’expression «Beau temps pour la pêche ».
D’ailleurs, j’ai le projet d’aller filmer une partie de pêche, reconstitution de la pêche miraculeuse !…
Poisson d’avril !
En ce premier avril, où l’on se fait des blagues, je vous souhaite de garder de l’humour surtout dans ces moments de houle ; car ce mot humour est le mélange d’humus (terre) et d’amour…
D’ailleurs poisson s’écrit en grec IXTHUS et ces 6 lettres sont les premières lettres des mots ‘Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur »
Le poisson était le signe des premiers chrétiens à partir du IIe siècle. Symbole toujours aussi inspirant.

Partir ou rester: renier sa foi pour marquer son mécontentement

Le Devoir de ce mercredi présente en une un Benoît XVI dans la noirceur sous le titre: Hausse subite des demandes d’apostasie au Québec. Il est intéressant de noter que les médias français s’étaient littéralement déchaînés sur l’Église et le Pape jusqu’à la semaine dernière. Une collègue journaliste parisienne m’a lancé à la blague: “On a beau être à l’air de la mondialisation, on dirait qu’un pigeon voyageur vient d’arriver au Québec.”

L’article, que vous pouvez lire, n’ajoute rien au-delà de son titre. On tente de démontrer que cette hausse démontre que là, vraiment, l’Église a dépassée les bornes et que les catholiques en ont assez. Il est vrai que bien des gens en ont assez, mais la conclusion est un peu rapide. On ne parle que d’une cinquantaine de personnes.

Tout de même, on peut dénoter deux choses. La première, positive, est que les catholiques prennent la parole sur la place publique. Il y a quelque chose qui n’a pas passé pour plusieurs d’entre nous, et nous ne craignons pas de le dire. Des milliers de personnes se sont ruées sur le web, sur les blogues et autres plateformes d’échanges, pour manifester leur désarroi, autre preuve que les paroles du pape sont encore écoutées de nos jours. Que ces paroles soient déformées ou incomprises démontrent le travail auquel doit s’atteler l’Église pour présenter et expliquer ses positions morales et éthiques, positions qui découlent d’une conception de l’homme comme personne humaine, créée et aimée de Dieu.

Le deuxième élément, plus sombre, que soulève la une du Devoir porte sur l’apostasie. L’apostasie est une chose grave. Apostasier sa foi ne revient pas à dire: je ne vais plus à la messe ou je ne mets plus jamais les pieds dans une église. L’apostasie signifie renier sa foi dans son intégralité, de manière publique et volontaire.

En tant que catholique, il m’est difficile de comprendre mes frères et soeurs qui sont prêts à poser ce geste aussi radical à cause de ce qu’ils ont entendu et compris. On peut avoir de la difficulté face à certaines positions de l’Église. On peut remettre en question les propos du Pape. En faisant cela, il importe de s’informer à diverses sources, d’essayer, par exemple, d’aller au-delà du premier niveau d’informations rapportées depuis un avion à 35 000 pieds dans les airs. Si, après cela, il m’est impossible d’accepter ce qui a été dit ou écrit, je peux, de manière personnelle, refuser cet enseignement.

Renier la foi de son baptême c’est renier la foi en Jésus-Christ, rédempteur et sauveur et en l’Esprit de Dieu qui agit dans le monde, et dans l’Église. C’est renoncer à une famille, imparfaite certes, mais toujours une famille, bimillénaire, riche d’une longue tradition et d’une grande diversité, de par les hommes et les femmes qui la composent.

À cet effet, le père Thimothy Radcliffe, ancien maître de l’Ordre des frères prêcheurs (Dominicains), a écrit une lettre, “Pourquoi rester” dont voici un extrait:

Nous restons parce que nous sommes des disciples de Jésus. Croire en Jésus, ce n’est pas adopter une spiritualité privée ou un code moral. C’est accepter d’appartenir à sa communauté. Ceux qu’il a appelés à le suivre marchent ensemble. Selon un vieil adage latin, Unus christianus, nullus christianus : un chrétien isolé n’est pas un chrétien. (…)

Dès l’origine, Jésus a appelé dans sa communauté les saints et les pécheurs, les sages et les fous. Il a dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs » (Matthieu 9, 13). Et il continue à le faire, sinon il n’y aurait pas de place pour quelqu’un comme moi. Une communauté admirable de personnes merveilleuses et vertueuses, qui ne ferait jamais d’erreurs, ne serait pas un signe du Royaume de Dieu.

Une vague unité spirituelle ne suffit pas

Je ne pourrai jamais quitter l’Église catholique car je crois que Jésus nous appelle à vivre ensemble comme un seul Corps. Dans l’Évangile de Jean, peu de temps avant sa mort, Jésus a prié son père pour ses disciples «afin que tous soient un» (Jean 17, 21).

Rester ne veut pas dire que l’on s’enfouie la tête dans le sable, au contraire, cela signifie que nous reconnaissons qu’il y a plus grand que nous.

La lettre du père Radcliffe est disponible sur le site de La Croix.

«Le printemps, il est disparu.»

sacre-coeur-vue-de-l-arriere1C’est ce que disait un papa à son fils en le conduisant à l’école un matin cette semaine. Il faisait froid, il ventait, il pleuvait. Je comprends le petit garçon qui se demandait où le soleil de la semaine précédente s’était caché : je me posais la même question.

Chaque matin, je descends la butte de Montmartre pour me rendre au métro. Si le versant sud de la butte est plutôt touristique, de l’autre côté, derrière l’imposante basilique du Sacré-Cœur, se cache un véritable quartier. Dans le dédale des rues habitent des milliers de gens, des familles, des couples, beaucoup de gens seuls aussi.

En descendant la butte, je passe devant cette école de quartier construite au bout d’une petite rue, en bas de l’un des nombreux escaliers. Datant d’avant la seconde guerre, cette école était autrefois réservée aux garçons. Ce matin-là, je m’émerveillai devant les dizaines de parents qui venaient conduire leurs enfants à pied à l’école.
– Bonne journée, ma poule.
– Je t’aime ,maman.
J’ai noté que les papas étaient nombreux et que la plupart de ces gens se saluaient :
– Bonjour.
– À qui tu as dit bonjour maman?
– C’est le papa d’un garçon de ton école, chérie.
Durant mon trajet en métro, j’ai rêvé à ma vie de quartier quand j’étais enfant et adolescent. Je réalise à quel point ce quartier, les gens qui le composaient, les voisins, les marchands, faisaient partie de notre vie. Il y avait Henri à la boulangerie qui me donnait toujours un beigne au sucre lorsque j’allais chercher du pain, Ginette la brigadière qui a parfois risqué sa vie pour que nous traversions la rue en sécurité (sans blague), monsieur Rivard et ses chiens avec lesquels je jouais, le conseiller municipal que j’admirais beaucoup. Et il y avait Jacques, notre curé.

Le point commun de presque tout ce beau monde était la paroisse. Même ceux qui ne venaient pas à la messe participaient à l’une ou l’autre des activités organisées par la communauté. Le clocher était le point de rencontre…

Je me garde bien de tomber dans la nostalgie d’une époque révolue. Bien des quartiers au Québec n’ont plus de clocher. Il faut prendre la voiture pour aller à l’église, comme on fait pour aller au Loblaws ou chez Costco. C’est normal, personne ne s’en formalise, mais peu de gens se demandent pourquoi il en est ainsi.

La pastorale de proximité avait cela de bien qu’elle faisait sentir aux gens que l’Église, avec ses imperfections, était proche d’eux, vivait avec eux. Cette manière de vivre est forcément plus difficile aujourd’hui et ce pour plusieurs raisons: le train de vie des familles, la vie familiale éclatée qui ne permet pas l’enracinement des enfants dans une communauté, le manque de vocations… et le manque d’intérêt. Comment manifester de Celui qui a pris notre humanité, comment être témoin de l’Incarnation, comment être près de la réalité des hommes et des femmes de ce temps disaient les pères du Concile…?

Ce sont, il me semble, des questions toujours légitimes. Nous continuerons à nous les poser et à tenter d’y répondre, toujours et encore, en discernant les signes de l’Esprit qui nous parle.

Mais pour l’instant, il me reste quelques jours pour déambuler dans les quartiers de Paris et le soleil se pointe, enfin. Bonne fin de semaine!

***

Rencontré : le père Pierre-Marie Delphieux, fondateur et prieur général des Fraternités monastiques de Jérusalem, de passage à KTO pour enregistrer des capsules sur saint Paul. Si Paul est le théologien de la joie, le père Delphieux marche certainement dans ses pas.

Dévoré : 38 ans, célibataire et curé de campagne, un récit de Pietro de Paoli. L’auteur de Vatican 2035 nous offre le journal d’un prêtre d’un petit diocèse de France dont le témoignage à de quoi faire réfléchir un peu. Je l’offrirai à un ami, curé de campagne, à mon retour.

Visité : le nouveau cloître des Dominicains rue du Faubourg Saint-Honoré, à l’occasion des jeudis du couvent, des soirées- conférences sur des sujets divers. Les frères prêcheurs sont à cette adresse depuis longtemps, mais leur salle Albert Le-Grand et le cloître refaits à neuf sont à la fois simples et beaux… On y sent, on y voit la touche dominicaine, mais dans des proportions réduites. De quoi inspirer les frères de Montréal ou Ottawa qui devront un jour ou l’autre laisser leur énorme couvent difficile à chauffer. 

Savouré : du yogourt à la rhubarbe! Non mais, comment ce fait-il que personne chez nous n’ait pensé à cela? Ni trop sucré ni trop amer. J’appelle M. Saputo dès mon retour.

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