En tant que nouvel actionnaire de GM*

gmNous n’avions pas d’autre choix, de dire notre premier ministre. Dix milliards de dollars pour préserver près de 9000 emplois au Canada, en comptant les employés de GM, mais aussi ceux de ses fournisseurs, cela signifie qu’il nous en coûte plus ou moins un million pour sauver un emploi. Ce matin, plusieurs payeurs de taxes se posent des questions.

Qu’est-il arrivé à l’économie de marché dont on vantait les mérites, fanfares et trompettes? Au capitalisme monté en doctrine, qui prône la loi de l’offre et de la demande? Les raisons de la crise de l’automobile américaine sont nombreuses mais reposent tout de même sur le seul élément qui importe: le produit offert. Et, si l’on suit la logique du marché, lorsqu’un produit, dans ce cas-ci une voiture, n’a plus la cote auprès des acheteurs potentiels, la compagnie qui fabrique ce produit est appelée à s’ajuster ou à disparaître. GM n’a pas voulu s’adapter. La compagnie qui a acheté des chemins de fer américains pour les détruire et acquis des compagnies de tramway pour les démanteler il y a plusieurs décennies, la compagnie qui a forgé un nouveau mode de vie en Amérique du Nord, la banlieue, dont le développement repose essentiellement sur l’automobile, cette compagnie, aujourd’hui victime d’elle-même, devrait disparaître. La culture de l’automobile n’étant pas prête de changer, d’autres constructeurs occuperaient le vide laissé par le géant de fer.

L’Église catholique se dit en faveur de l’économie de marché, mais pas à n’importe quelle condition :

Un vrai marché concurrentiel est un instrument efficace pour atteindre d’importants objectifs de justice: modérer les excès de profit des entreprises; répondre aux exigences des consommateurs; réaliser une meilleure utilisation et une économie des ressources; récompenser les efforts des entreprises et l’habileté d’innovation et faire circuler l’information de façon qu’il soit vraiment possible de confronter et d’acquérir les produits dans un contexte de saine concurrence. (Compendium de la doctrine sociale de l’Église, 347)

La position de l’Église quant au rôle de l’État est plutôt nuancée. Si elle est en faveur du  libre marché, l’Église reconnaît qu’il revient à l’État de définir la direction du développement économique tout en intervenant le moins possible dans celui-ci de manière directe. Il ne doit pas se substituer à l’action des individus (no 354).

Mais voilà, est-ce que nos gouvernements, et spécialement le gouvernement américain, ont laissé déraper la situation avant d’intervenir à coup de dizaines de milliards? Comment est-on parvenu à un tel déséquilibre? Je ne parle même pas ici de la faillite et du sauvetage de plusieurs banques de la planète. Lors de la rencontre des dirigeants des grandes puissances pour un sauvetage économique, le Président français souhaitait une réflexion pour un nouveau capitalisme, une économie de marché qui verrait, et j’interprète ici son propos,  à un « développement global et solidaire de l’homme et de la société au sein de laquelle il vit et travaille (no 334).» Les dirigeants occidentaux sont très peu intéressés à cette question. Le coût en dollars du sauvetage actuel est certes élevé, mais le coût humain de la crise n’est pas encore assez grand pour une refonte des bases de notre économie.

D’ici à ce que cela se produise, des milliers d’employés du secteur automobile et leurs familles ont besoin d’aide. La faute de PDG et de politiciens mous influencés par des lobbyings crasseux nous dégoûtent, mais ne doivent pas nous faire perdre de vue l’angoisse et la souffrance de familles et de communautés entières. Pour cette raison, je suis soulagé d’être aujourd’hui actionnaire de GM. Cela ne m’incitera toutefois pas à me procurer l’une de leurs voitures.

* Les gouvernements canadien et ontarien fournissent 10,6 milliards de dollars pour aider GM à se restructurer. Par ce geste, les contribuables canadiens détiennent désormais près de 12% de cette compagnie dont 16% de la production nord-américaine est réalisé au Canada. Ce geste précipite les deux gouvernements dans des déficits plus élevés que prévus.

Marche pour la vie 2009 – Émission spéciale le 1er juin 20h

 

Le 14 mai dernier, des milliers de Canadiens ont convergé vers la colline parlementaire à Ottawa pour défendre la vie. Pour plusieurs d’entre eux, la journée avait débuté par une messe à la cathédrale Notre-Dame, présidée par l’archevêque du diocèse, Mgr Terrence Prendergast, sj. Il était accompagné d’une douzaine de ses confrères qui s’étaient donné le mot pour être présents, surtout que la marche de cette année soulignait le 40e anniversaire de la loi omnibus qui avait placé l’enfant à naître dans un vide juridique et décriminalisé l’avortement. Par leur présence remarquée, les évêques ont signifié qu’ils étaient de retour en force sur la place publique pour s’engager dans les grands débats de l’heure, ceux qui font les manchettes et ceux dont on parle moins. Le respect de la vie et la question de l’avortement font partie de cette dernière catégorie.

La participation de l’épiscopat canadien à la Marche pour la vie 2009 ne cachait pas moins la faible présence francophone. Le diocèse de Québec avait nolisé deux autobus pour l’occasion et assurait du coup la présence du plus large contingent francophone à avoir participé à ce ralliement annuel. Malgré cela, la disproportion francophones/anglophones était saisissante. J’ai bien rencontré quelques gens de Montréal ici, une dame de Gatineau là, mais la petite délégation québécoise donnait des munitions aux participants du reste du Canada qui croient dur comme fer que le Québec est en perdition et est gangréné par une culture de la mort. Pourtant, il existe au Québec plusieurs mouvements qui promeuvent une culture de la vie en venant en aide aux jeunes mères et aux familles. En donnant les bons outils, en accueillant et en informant ces personnes sur les réalités de l’avortement et les options possibles, on peut sauver bien des vies, bébés ET adultes. Quant aux raisons qui expliqueraient l’absence de Québécois à la Marche nationale pour la vie, il faut peut-être regarder ailleurs.

Le mouvement national qui organise ce ralliement annuel, Campaign Life Coalition (CLC), est un organisme catholique unilingue, ce qui, il va sans dire, donne une teinte particulière à la Marche. Cela nous amène à poser une question. En ce qui a trait aux enjeux de la vie, et de l’organisation de cette marche en particulier, comment a-t-on tenté de rejoindre les non-catholiques, afin qu’eux aussi marchent pour la vie? J’ai pu interviewer un évêque anglican de l’Ouest du Canada. Pour lui, il est essentiel que les anglicans soient avec leurs frères et sœurs catholiques parce que le droit à la vie n’est pas un enjeu exclusivement catholique. Une prière récitée par un ministre protestant n’y change rien. Si la Marche pour la vie doit se répéter dans l’avenir, ce qui semble assuré, la CLC devrait trouver d’autres partenaires qui aideraient à planifier cette marche et qui inviteraient ainsi des gens d’autres églises, confessions et même des non-croyants.  
 
Peu importe notre langue, notre credo ou notre allégeance politique, nous sommes appelés à reconnaître la dignité et la valeur intrinsèque de chaque vie humaine de sa conception jusqu’à sa mort naturelle du fait que nous faisons partie de cette famille humaine. Dépolariser cet enjeu pourrait permettre aux hommes et aux femmes ad extra de la droite religieuse chrétienne de se sentir concernés.

L’émission spéciale «Exode 2009» fera le point sur la Marche nationale pour la vie et relatera les moments forts de cette journée.

Lundi 1er juin 20h
Mardi 2 juin 00h00 et 12h30
Samedi 6 juin 19h30 et 23h30.

Robert Lebel accompagné par le Village des Sources mardi sur nos ondes

Le grand spectacle-témoignage « On naît plein d’bonté, wow ! », enregistré lors du Congrès eucharistique international 2008, sera diffusé pour la première fois au petit écran, le mardi 2 juin prochain à 19h35 et 23h35 et le samedi 20 juin 19h30 et 23h30. Cela fait partie de notre programmation entourant le 1er anniversaire de ce grand événement. J’ai eu la chance de travailler à l’adaptation télévisuelle de la captation de ce concert et j’ai été particulièrement touché par la belle communion entre Robert Lebel et les jeunes du groupe « Chanter la vie » du Village des Sources. L’instigateur de ce projet est un frère du Sacré-Cœur, Jean-Guy Gendron,  et il a de quoi être vraiment fier…

Voici la promo de ce concert d’une durée de 1 h 45 qui vaut vraiment le détour.

Pour découvrir divers types d’accompagnements spirituels

Avez-vous entendu parler d’accompagnement spirituel? Souhaitez-vous être accompagné, accompagnée spirituellement ? A l’heure actuelle, de plus en plus de laïcs, religieux, religieuses et prêtres accompagnent des personnes dans leur cheminement spirituel.

Cette semaine,  Focus catholique apporte un éclairage sur ce moyen bien utile de la tradition chrétienne, pour grandir spirituellement. Il explique ce qu’est l’accompagnement spirituel, son enracinement biblique et humain.

Des membres des équipes des deux centres de formation à l’accompagnement spirituel au Québec : le Centre de spiritualité Manrèse à Québec et le Centre Le Pèlerin à Montréal nous partagent leurs approches et les offres qu’ils proposent.

Ce Focus catholique sera diffusé ce vendredi 29 et dimanche 31 mai à 19h30 et 23h30.

Bébés-techno…

OCVF PDFBébés-techno… Nouveaux défis à la dignité humaine, c’est le titre accrocheur de la nouvelle publication de l’Organisme catholique pour la vie et la famille.  Ce document formidable touchant aux enjeux les plus importants entourant la procréation assistée est disponible sur format .pdf en ligne et vous êtes invités à commander des copies de cette brochure pour la partager dans votre millieu.

Alors que le gouvernement québécois a annoncé son intention de financer jusqu’à 3 fécondations in vitro par couple infertile et que la loi canadienne sur la procréation assistée est remise en question, ce document ne peut pas mieux tomber. Bravo à toute l’équipe de l’OCVF pour cet outil qui répond vraiment à un besoin criant d’éducation sur le sujet.

Les défis du couple au C du V

L’union d’un homme et d’une femme est certainement l’un des plus grands signes de l’amour de Dieu pour l’humanité. Mais qui a dit qu’une telle union serait facile à maintenir? Chacun arrive dans le couple avec son bagage, une histoire, et des imperfections! Comment alors parvenir à vivre ensemble, à grandir ensemble dans l’amour et à faire les compromis – et ils sont quotidiens – pour que ce couple continue de nourrir l’un et l’autre, de les fortifier, de les sanctifier?

Deux femmes pour le moins spéciales sont venus discuter de ces choses avec moi à la Librairie Paulines il y a quelque semaines. L’une est mariée depuis plus de trois décennies et accompagne des couple qui se préparent au mariage chrétien. L’autre est religieuse et sexologue. Elle a développé le Modèle d’intervention globale en sexologie.

Au Complément du Verbe cette semaine:

Hélène Lussier
Toi et moi, florilège pour la vie à  deux (Médiaspaul)
Sr Marie-Paul Ross
Pour une sexualité épanouie (Fides)

Jacques Gauthier nous présente également son dernier ouvrage, Les défis de la soixantaine paru aux Presse de la renaissance. Les couples sexagénaires ont eux aussi leur lot de défis et celui qui arrive bientôt à ce nouvel âge d’or donne des pistes inspirées pour y faire face.

Lundi 25 mai 20h et minuit
Samedi 30 mai 19h30 et 23h30

Les défis de la nouvelle initiative « Pape pour toi »

pope2you

L’initiative Internet « pope2you » est officiellement lancée aujourd’hui, à 3 jours de la Journée mondiale des communications sociales qui a pour thème cette année « Nouvelles technologies, nouvelles relations. Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d’amitié. »

Le site Web pope2you.net a bien sûr une portée internationale et j’espère que le vocable en anglais n’empêchera personne de le visiter (le Québec est peut-être l’un des seuls endroits au monde où l’appellation anglaise peut créer un certain inconfort). La bonne nouvelle est que ce site Internet est disponible en français (on attend toujours la version française de la page Youtube du Vatican qui est encore disponible seulement en anglais, italien, espagnol et allemand). Si vous êtes sur Facebook ou avez un iPhone, vous pourrez y télécharger des applications pour se tenir au courant des messages du Pape et les partager à vos proches.

facebook-postcardLa première vague est toutefois très modeste et même si je suis sûr que beaucoup de jeunes deviendront « fan » de cette initiative sur Facebook, je ne sais combien enverront les cartes postales virtuelles avec les images du Pape et l’une ou l’autre de ses citations. Les gens de « pope2you » auraient avantage à créer des outils qui permettent également aux jeunes d’introduire leurs amis aux messages de l’Église de façon un peu plus accessible. Entre catholiques engagés, les messages du Pape peuvent être une grande source d’inspiration… mais la papauté est encore un grand mystère pour plusieurs. On nage malheureusement dans une mer de préjugés et à l’heure du zapping, l’image du Pape ne passe pas partout.

Doit-on oublier le Pape pour autant pour promouvoir le message de l’Église catholique dans les nouveaux réseaux sociaux ? Pas du tout. Je crois toutefois qu’on a intérêt à offrir différentes avenues aux jeunes pour partager le message du Christ.

C’est en se familiarisant au message évangélique que beaucoup, je l’espère, viendront à comprendre le rôle clé que doit jouer le Pape aujourd’hui… un rôle de leader si important et réellement complémentaire à celui de tous les catholiques, de tous les chrétiens et de tous les hommes et femmes de bonne volonté qui cheminent avec Dieu.

La montée jeunesse vole maintenant de ses propres ailes!

 Après 5 ans de rassemblements mémorables dans la vieille capitale, cette belle initiative jeunesse liée originellement à la préparation spirituelle au Congrès eucharistique international se poursuivra dans une autre capitale, Ottawa.

C’est un grand bonheur pour moi de voir que tous les efforts mis en place au cours des dernières années pour mobiliser les jeunes catholiques d’un bout à l’autre du pays portent fruits. J’ai eu la chance de donner deux ateliers cette fin de semaine aux jeunes présents à cette édition 2009. L’un en anglais avec ma collègue australienne Thérèse Nichols, et l’un en français avec le père Thomas Rosica, directeur de Sel + Lumière.

Lors de ces deux rencontres portant sur l’évangélisation et les médias, j’ai pu saisir une nouvelle fois la grande importance de donner aux jeunes des occasions concrètes pour échanger sur les moyens de partager le message du Christ au plus grand nombre. L’esprit priant et enthousiaste des jeunes (oui, c’est possible!) est un modèle pour nous tous!
Vous pouvez revivre cette fin de semaine en images grâce à l’excellent travail d’ECDQ.tv  Voyez d’ailleurs la conférence d’ouverture de la MJ par le père Rosica: une invitation à la mission qui en a percuté plusieurs.
Longue vie, montée jeunesse!

Focus sur Anges et démons maintenant en ligne…

Je vous en ai glissé un mot lundi lors de la première de cette émission sur nos ondes. Le Focus catholique sur le phénomène médiatique Anges et démons est maintenant en ligne sur demande. Si vos proches s’interrogent sur la sortie au grand écran de cette adaptation du roman de Dan Brown, n’hésitez pas à leur suggérer son visionnement.

Explorer l’univers ou évangéliser le monde

STAR TREKLoin de moi l’idée de détourner les fidèles que nous sommes du voyage du Saint-Père en Terre sainte, mais tout de même, voici une note plus légère en cette semaine chargée. Quelques collègues de votre chaîne catholique, dont je suis, sont allés voir le dernier Star Trek sorti en salle récemment. Si vous connaissez les personnalités et collaborateurs de la chaîne bilingue, l’identité de ces individus pourrait vous étonner. Je ne suis pas un inconditionnel de Star Trek, disons seulement que le début de mes études en philosophie a coïncidé avec mon assiduité à l’une des séries.

À la sortie du film, on se sent prêt à conquérir le monde à l’invitation de Spock lui-même: “d’avoir l’audace de découvrir de nouvelles espèces et d’aller à la rencontre de nouvelles civilisations”. Mes collègues et moi avons transféré cet appel à notre mission à S+L: d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ à travers les médias et de former les chrétiens à la foi de l’Église. De Spock à saint Paul, il n’y avait qu’un pas! L’audace nous pousse à aller au-delà de nous-mêmes, motivés par un idéal dans un cas, par l’amour dans l’autre. Aller en mission. C’est ce que feront des milliers de personnes jeudi sur la colline parlementaire à Ottawa alors qu’elles marcheront pour la vie et pour la vérité. Aller en mission, c’est également ce que feront des centaines de jeunes qui se rassembleront à Québec à partir du 15 mai prochain pour la première Montée jeunesse post CEI 2008.

Aller en mission: c’est porter un idéal, un projet. En laissant la conquête de l’espace à Julie Payette et aux autres Canadiens qui oeuvrent à ce grand projet, que nous reste-t-il? Ensemble, les peuples de ce monde pourraient parvenir à un vivre ensemble qui reconnaît la dignité de chaque être humain, de sa conception à sa mort naturelle (avec ou sans cours d’éthique et culture religieuse) et qui donne à chacun un toit, des soins, des vêtements et une éducation. Quelle est notre mission sinon d’être ce que nous mangeons, comme nous y invite saint Augustin, Corps offert pour la vie du monde?

Et qui eut cru que Spock aurait un tel effet sur les cinéphiles que nous étions ce soir…

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