Toujours plus de persécution contre les chrétiens

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La persécution contre les chrétiens a encore augmenté en 2015, et celle-ci touche de plus en plus de pays. C’est ce qui ressort de l’Index Mondial  de Persécution des Chrétiens 2016, publié par l’ONG Portes Ouvertes, qui recense chaque année les 50 pays dans lesquels les chrétiens sont le plus gravement persécutés.

En 2015, pour la 14ème année consécutive, c’est la Corée du Nord qui se retrouve en tête de classement, car dans ce pays le gouvernement considère le christianisme comme « ennemi de l’État ». Viennent ensuite l’Irak, l’Érythrée, l’Afghanistan et la Syrie.

Le rapport fait également une distinction entre deux formes principales de persécution : d’un côté la violence d’oppression au quotidien, qu’on appelle « persécution étau », et qui sévit en Corée du Nord. De l’autre, la « persécution marteau », qui concerne notamment le nombre de tués.

Selon l’ONG au moins 7 100 chrétiens ont été assassinés en 2015 pour des raisons liées à leur croyance, soit une augmentation de plus de 63% par rapport à l’année dernière.  Le Nigeria est le pays où le plus de chrétiens ont été tués pour leur foi, et Boko Haram, précise le document, est responsable de la plupart des violences commises contre les chrétiens dans ce pays.

Du reste, les pays africains sont nombreux dans le classement de l’Index mondial. Si bien que les 6 pays qui comptent le plus grand nombre de chrétiens assassinés pour leur foi en 2015 sont tous des pays d’Afrique Subsaharienne : Nigeria, Centrafrique, Tchad, République Démocratique du Congo, Kenya, Cameroun.

Cette région d’Afrique constitue le premier foyer d’extrémisme islamique au monde après le Moyen-Orient. D’ailleurs, parmi les tendances relevées par l’ONG dans son rapport, on note que cet islamisme est la première source de persécution antichrétienne. Il en est responsable dans 35 pays, sur les 50 que compte l’Index, que ce soit dans les pays du Moyen-Orient, d’Afrique Subsaharienne ou d’Asie.

Au Moyen-Orient et en Afrique, « le désir d’exterminer les églises sur certains territoires est sans précédent » lit-on dans ce rapport. « Au Nigeria, en Syrie, en Irak, au Soudan, en Somalie, au Kenya, la persécution a pour but de chasser les chrétiens de leurs terres ancestrales ». Si bien que dans certains de ces pays « des villes et des régions entières se vident de leur population chrétienne ».

L’influence de l’islamisme et notamment du groupe État Islamique « a pour effet une radicalisation des sociétés musulmanes » analyse l’ONG qui déplore dans le même temps « un rejet de plus en plus grand de toute présence chrétienne » dans ces sociétés.

« Boko Haram au Nord du Nigeria, ou encore les Shebab en Somalie ont prêté allégeance au groupe EI, et travaillent à élargir leur champ d’action aux pays voisins. Aujourd’hui l’Etat Islamique contrôle une région aussi vaste que la Grande-Bretagne, et les chrétiens sont toujours plus nombreux à partir ».

Toujours selon l’Index mondial, au moins 2 406 églises ont été visées (attaques, destructions, fermetures arbitraires…) en 2015. C’est là aussi plus du double par rapport à l’année précédente. « Une attaque sur une église, souligne Portes Ouvertes, peut avoir un effet destructeur sur tous les chrétiens qui fréquentaient cette église ». « Une église détruite et qui n’est jamais reconstruite reste un témoin de la vulnérabilité des chrétiens et de l’impunité des persécuteurs ».

Enfin, le document relève que même sur le continent le plus christianisé du monde, le persécution antichrétienne augmente. Le Mexique et la Colombie occupent respectivement la 40ème et 46ème place du classement.

Échos du Vatican

Retour dans cette émission sur le discours du Pape au corps diplomatique, et sur les 26 baptêmes administrés par le Pape lui-même en la chapelle Sixtine.

Discours du pape François à l’occasion des voeux du corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège

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Vous trouverez ci-dessous le texte complet du discours du pape François à l’occasion des voeux du corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège:

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je vous adresse une cordiale bienvenue à ce rendez-vous annuel, qui m’offre l’opportunité de vous présenter mes vœux pour la nouvelle année, me permettant de réfléchir avec vous sur la situation de notre monde, béni et aimé de Dieu, pourtant tourmenté et affligé de nombreux maux. Je remercie le nouveau Doyen du Corps diplomatique, Son Excellence Monsieur Armindo Fernandes do Espírito Santo Vieira, Ambassadeur d’Angola, pour les aimables paroles qu’il m’a adressées au nom de tout le Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, alors que je désire rappeler d’une façon spéciale – à presqu’un mois de leur disparition – les regrettés Ambassadeur de Cuba, Rodney Alejandro López Clemente, et du Libéria, Rudolf P. von Ballmoos.

L’occasion m’est offerte aussi d’adresser une pensée particulière à tous ceux qui participent pour la première fois à cette rencontre, relevant avec satisfaction que, au cours de l’année passée, le nombre d’Ambassadeurs résidant à Rome s’est encore accru. Il s’agit d’une indication significative de l’attention avec laquelle la Communauté internationale suit l’activité diplomatique du Saint-Siège. Les Accords internationaux souscrits ou ratifiés au cours de l’année qui vient de s’achever en sont une preuve supplémentaire. Je désire, en particulier, citer ici les ententes spécifiques en matière fiscale signées avec l’Italie et les États-Unis d’Amérique, qui témoignent de l’engagement accru du Saint-Siège en faveur d’une plus grande transparence dans les questions économiques. Non moins importants sont les accords de caractère général, en vue de réguler des aspects essentiels de la vie et de l’activité de l’Église dans les différents pays, comme l’entente signée à Díli avec la République du Timor-Oriental.

Je désire également rappeler l’échange des Instruments de ratification de l’Accord avec le Tchad sur l’état juridique de l’Église catholique dans le pays, comme aussi l’Accord signé et ratifié avec la Palestine. Il s’agit de deux accords qui, avec le Mémorandum d’Entente entre la Secrétairerie d’État et le Ministère des Affaires étrangères du Koweït, montrent, entre autre, comment le vivre-ensemble pacifique entre des personnes appartenant à des religions différentes est possible, là où la liberté religieuse est reconnue et où la possibilité effective de collaborer à l’édification du bien commun, dans le respect réciproque de l’identité culturelle de chacun, est garantie.

D’autre part, chaque expérience religieuse authentiquement vécue ne peut que promouvoir la paix. Noël, que nous venons de célébrer et où nous avons contemplé la naissance d’un enfant sans défense, « appelé : Conseiller merveilleux, Dieu-fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix » (cf. Is 9, 5), nous le rappelle. Le mystère de l’Incarnation nous montre le vrai visage de Dieu, pour qui puissance ne signifie pas force et destruction, mais bien amour ; justice ne signifie pas vengeance, mais bien miséricorde. C’est dans cette perspective que j’ai voulu proclamer le Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, inauguré exceptionnellement à Bangui au cours de mon voyage apostolique au Kenya, en Ouganda et en République Centrafricaine. Dans un pays longuement éprouvé par la faim, la pauvreté et les conflits, où la violence fratricide des dernières années a laissé des blessures profondes dans les âmes, déchirant la communauté nationale et engendrant misère matérielle et morale, l’ouverture de la Porte Sainte de la Cathédrale de Bangui a voulu être un signe d’encouragement à élever le regard, à reprendre la route et à retrouver les raisons du dialogue. Là où l’on a abusé du nom de Dieu pour commettre l’injustice, j’ai voulu rappeler, avec la communauté musulmane de la République Centrafricaine, que « celui qui dit croire en Dieu doit être aussi un homme, une femme de paix » [1], et donc de miséricorde, puisqu’on ne peut jamais tuer au nom de Dieu. Seule une Capture d’écran 2016-01-11 à 09.57.35forme idéologique et déviée de la religion peut penser rendre justice au nom du Tout-Puissant, en massacrant délibérément des personnes sans défense, comme cela est arrivé dans les attentats terroristes sanglants des mois derniers en Afrique, en Europe et au Moyen-Orient.

La miséricorde a été comme le “fil conducteur” qui a guidé mes voyages apostoliques déjà au cours de l’année passée. Je me réfère surtout à la visite à Sarajevo, ville profondément blessée par la guerre dans les Balkans et capitale d’un pays, la Bosnie Herzégovine, qui revêt une signification spéciale pour l’Europe et pour le monde entier. Un tel carrefour de cultures, nations et religions s’efforce, avec des résultats positifs, de construire toujours de nouveaux ponts, de valoriser ce qui unit et de regarder les différences comme des opportunités de croissance dans le respect de tous. Cela est possible grâce au dialogue patient et confiant, qui sait faire siennes les valeurs de la culture de chacun et accueillir le bien provenant des expériences d’autrui [2].

Ma pensée va ensuite au voyage en Bolivie, en Équateur et au Paraguay, où j’ai rencontré des peuples qui ne se rendent pas face aux difficultés et affrontent avec courage, détermination et esprit de fraternité les nombreux défis qui les tourmentent, à commencer par la pauvreté diffuse et les inégalités sociales. Au cours du voyage à Cuba et aux États-Unis d’Amérique, j’ai pu embrasser deux pays qui ont été longuement divisés et qui ont décidé d’écrire une nouvelle page de l’histoire, en entreprenant un chemin de rapprochement et de réconciliation.

À Philadelphie, à l’occasion de la Rencontre mondiale des familles, comme aussi au cours du voyage au Sri Lanka et aux Philippines et avec le récent Synode des Évêques, j’ai rappelé l’importance de la famille, qui est la première et la plus importante école de miséricorde, où l’on apprend à découvrir le visage affectueux de Dieu et où notre humanité grandit et se développe. Malheureusement, nous connaissons les nombreux défis que la famille doit affronter en ce temps, où elle est « menacée par les efforts croissants de certains pour redéfinir l’institution-même du mariage à travers le relativisme, la culture de l’éphémère et un manque d’ouverture à la vie » [3]. Il y a aujourd’hui une peur diffuse face au caractère définitif que la famille exige et en font les frais surtout les plus jeunes, souvent fragiles et désorientés, et les personnes âgées qui finissent par être oubliées et abandonnées. Au contraire, « de la fraternité vécue en famille, naît (…) la solidarité dans la société » [4], qui nous porte à être responsable les uns des autres. Cela est possible seulement si dans nos maisons, de même que dans nos sociétés, nous ne laissons pas se sédimenter les peines et les ressentiments, mais donnons place au dialogue, qui est le meilleur antidote à l’individualisme si largement répandu dans la culture de notre temps.

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“Faits pour plus” : une entrevue avec Leah Darrow

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Il y a une semaine, j’étais présent lors de la conférence Rise up 2015 de CCO/Mission Campus à l’hôtel Le Reine Élizabeth de Montréal. Lors de cette conférence, j’ai eu la chance de rencontrer l’auteure et conférencière Leah Darrow qui s’était déplacée pour l’occasion. J’ai eu l’opportunité de la rencontrer pour parler avec elle du thème de sa conférence intitulée « Made for more », littéralement en français « Faits pour plus » et qui retraçait son expérience de conversion à Dieu alors qu’elle était mannequin pour les plus grandes agences de mode de New York. Voici la traduction française de l’entrevue que vous pourrez visionner bientôt sur nos ondes.

Pouvez-vous nous parler de vous, de votre parcours et nous faire un résumé de la conférence que vous avez prononcée ici au Congrès national Rise Up 2015 à Montréal?

Leah Darrow : Et bien, je suis né et j’ai grandi dans la religion catholique. Lorsque j’ai eu quinze ans et que j’étais à l’école secondaire, j’ai commencé à m’éloigner peu à peu de ma foi et ça m’a amenée à regarder plutôt vers ce que le monde pouvait m’offrir et ce qu’il me promettait pour me combler. J’ai donc commencé à considérer ce qu’il pouvait m’enseigner sur l’amour, les relations, sur la beauté et la féminité. Malheureusement, le monde m’a donné des réponses qui n’étaient pas très saines mais je les ai suivies quand même et cela m’a menée jusqu’au point où après avoir auditionné à l’émission « America Next Top Model », j’ai pu y participer. J’habitais donc à New York et je vivais la vie de mannequin. Un jour, j’ai eu un contrat avec un magazine international de mode et, lors d’une séance de photos, croyez-le ou non mais j’ai eu un moment de conversion. Dieu a vraiment touché mon cœur d’une manière très forte et profonde. Pour résumer, je crois qu’à ce moment-là, j’ai réalisé que j’étais faite pour plus; que j’étais faite pour plus que pour cette revue et le type de relations dans lesquelles j’étais engagée avec les hommes. J’en suis venue à comprendre que le mode de vie que je vivais jusque là n’était ni le plus sain, ni le meilleur. Ce fut donc un moment dans ma vie où j’ai pu revenir vers Dieu et où je lui ai demandé de revenir dans ma vie et de la Capture d’écran 2016-01-07 à 10.46.39changer. J’ai donc commencé cette nouvelle vie avec le sacrement de la réconciliation. Ce changement a pris plusieurs années mais une fois que j’ai été remise sur pied s’est présentée l’opportunité de partager mon histoire. Et c’est ce que je continue de faire.

Ce soir, j’ai partagé mon histoire de conversion ici à la conférence Rise Up avec tous les jeunes adultes présents et j’ai insisté sur le fait que nous avons été créés pour plus que ce que le monde nous propose. Je crois que c’est le message central de ma conférence : la miséricorde de Dieu est abondante et généreuse. Dieu peut nous aider à voir que nous avons été faits pour davantage lorsque nous Lui donnons notre cœur et notre vie.


Vous faites cela depuis combien de temps et quelles sont les réactions des gens que vous rencontrez lors de vos conférences?

Leah Darrow : Je fais des conférences depuis 2008. Je fais donc cela depuis quelques années maintenant. C’est véritablement une grâce puisque c’est définitivement pas quelques chose que j’avais prévu! Je n’ai jamais pensé que j’allais raconter mon histoire aux gens… J’ai eu ce moment extraordinaire de conversion au Christ et je vivais une vie de chrétienne normale en essayant d’être de jour en jour plus proche de Lui mais je ne pensais pas qu’Il voulait que je parle de mon expérience. Pour être franche, je ne voulais pas vraiment en parler mais parfois vient un moment où une opportunité apparaît. À ce moment-là, je me suis sentie appelée par Dieu à livrer mon histoire afin que d’autres puissent savoir qu’ils ne sont pas seuls. J’ai donc finalement dit « oui » au Seigneur à le servir de cette manière.

Capture d’écran 2016-01-07 à 10.46.47J’aime vraiment les rencontres et les témoignages que je reçois des personnes qui m’ont entendue. Très souvent des personnes viennent me voir et me disent : «moi aussi », peut-être pas de la même manière mais eux aussi sont tombés et ont fait des erreurs. Pour eux, c’est encourageant d’entendre quelqu’un leur dire : « vous n’êtes pas vos péchés » et qu’ils peuvent revenir même s’ils ont un passé dont ils ne sont pas fiers. C’est ce que Dieu a fait avec moi. Nos vies sont vraiment importantes. Nous serons peut-être le seul exemplaire de l’Évangile que bien des personnes pourront lire! C’est pour cela que nous devons absolument faire en sorte que nos vies soient centrées sur le Christ, sur sa Grâce et son Amour et de les partager avec les autres avec joie et un sourire.

Je peux témoigner de l’engouement des jeunes ce soir pour ce que vous avez dit durant votre conférence. Quelles sont vos réactions à vous suite à la conférence de ce soir à Montréal?

Leah Darrow : C’est une bénédiction et un honneur parce que j’ai accès aux premières loges d’où je peux assister au travail de l’Esprit Saint! En effet, je peux voir directement ce que l’Esprit Saint fait dans le cœur des personnes et c’est très beau. J’aime livrer mon témoignage mais la meilleure partie de mon histoire c’est le Christ. Vous savez, si vous preniez mon histoire et que vous y enleviez Dieu, ce serait une histoire très triste. Cependant, lorsque je montre comment Dieu est entré dans ma vie, c’est vraiment ce qui rend mon histoire fantastique parce qu’elle est centrée sur la miséricorde et la conversion. Je crois que les personnes aiment beaucoup cette histoire parce cela permet de réaliser qu’eux aussi n’ont plus à vivre de cette manière. Qu’ils peuvent vivre une meilleure vie et qu’eux aussi ont été créés pour davantage. Les réponses que j’ai eues de la part des jeunes de ce soir étaient exceptionnelles. C’était beau de voir comment Dieu travaille dans leurs cœurs. Plusieurs personnes sont venues me voir pour me dire qu’elles allaient aller à la confession pour la première fois depuis des années parce qu’ils ont senti que Dieu les avaient touchés à ce moment-là. Quelle bénédiction de pouvoir être témoin de cela! De voir que Dieu utilise tout le monde. Des gens brisés comme moi peuvent travailler à sa mission et je me considère honorée et bénie de pouvoir faire partie de cette œuvre.

Intentions de prière du pape François – Janvier 2016

Voici les intentions de prière du pape François pour le mois de janvier 2016, confiées au Réseau mondial de prière du Pape (Apostolat de la prière).

Intention de prière universelle : Pour que le dialogue sincère entre les hommes et les femmes de différentes religions porte des fruits de paix et de justice.

Intention de prière pour l’évangélisation : Pour qu’avec la grâce de l’Esprit Saint, les divisions entre chrétiens soient surmontées par le dialogue et la charité chrétienne.

Échos du Vatican

Revivez dans cette émission le passage à la nouvelle année au Vatican, et l’ouverture de la quatrième et dernière porte sainte à Rome.

Homélie du pape François lors de la Messe de la Sainte Famille

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Vous trouverez ci-dessous le texte de l’homélie du pape François lors de la Messe de la solennité de la sainte famille.

Les lectures bibliques que nous avons écoutées nous ont présenté l’image de deux familles qui accomplissent leur pèlerinage vers la maison de Dieu. Elkana et Anne portent leur fils Samuel au temple de Silo et le consacrent au Seigneur (cf. 1 Sam 1, 20-22.24-28). De la même manière, Joseph et Marie, pour la fête de la Pâque, se font pèlerins à Jérusalem avec Jésus (cf. Lc 2, 41-52).

Nous avons souvent sous les yeux les pèlerins qui se rendent aux sanctuaires et aux lieux chers à la piété populaire. En ces jours, beaucoup se sont mis en chemin pour rejoindre la Porte Sainte ouverte dans toutes les cathédrales du monde et aussi dans de nombreux sanctuaires. Mais la chose la plus belle mise en relief aujourd’hui par la Parole de Dieu est que toute la famille accomplit le pèlerinage. Papa, maman et les enfants, ensemble, se rendent à la maison du Seigneur pour sanctifier la fête par la prière. C’est un enseignement important qui est offert aussi à nos familles. Nous pouvons même dire que la vie de la famille est un ensemble de petits et de grands pèlerinages.

Par exemple, comme cela nous fait du bien de penser que Marie et Joseph ont enseigné à Jésus à réciter les prières ! Et cela est un pèlerinage, le pèlerinage de l’éducation à la prière. Et cela nous fait aussi du bien de savoir que durant la journée ils priaient ensemble ; et qu’ensuite le samedi, ils allaient ensemble à la synagogue pour écouter les Écritures de la Loi et des Prophètes et louer le Seigneur avec tout le peuple. Et certainement durant le pèlerinage vers Jérusalem, ils ont prié en chantant avec les paroles du Psaume : « Quelle joie quand on m’a dit : “Nous irons à la maison du Seigneur!”. Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! » (122, 1- 2).

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Comme il est important pour nos familles de marcher ensemble et d’avoir un même but à atteindre ! Nous savons que nous avons un parcours commun à accomplir ; une route où nous rencontrons des difficultés mais aussi des moments de joie et de consolation. Dans ce pèlerinage de la vie, nous partageons aussi le moment de la prière. Qu’y-a-t-il de plus beau pour un papa et une maman que de bénir leurs enfants au début de la journée et à sa conclusion ? Tracer sur leur front le signe de la croix comme le jour du Baptême. N’est-ce pas peut-être la prière la plus simple des parents pour leurs enfants ? Les bénir, c’est-à-dire les confier au Seigneur, comme l’ont fait Elkana et Anne, Joseph et Marie, pour qu’il soit leur protection et leur soutien dans les différents moments de la journée. Comme il est important pour la famille de se retrouver aussi pour un bref moment de prière avant de prendre ensemble les repas, pour remercier le Seigneur de ces dons, et pour apprendre à partager ce qui est reçu avec celui qui est davantage dans le besoin. Ce sont de tout- petits gestes qui expriment cependant le rôle de formation que possède la famille dans le pèlerinage de tous les jours.

Au terme de ce pèlerinage, Jésus retourne à Nazareth et il était soumis à ses parents (cf. Lc 2, 51). Cette image contient aussi un bel enseignement pour nos familles. Le pèlerinage, en effet, ne finit pas quand on arrive au but du sanctuaire, mais quand on revient à la maison et qu’on reprend la vie de tous les jours, mettant en acte les fruits spirituels de l’expérience vécue. Nous savons ce que Jésus avait fait cette fois. AuChild Jesus in Temple lieu de revenir à la maison avec les siens, il s’était arrêté à Jérusalem dans le Temple, causant une grande peine à Marie et à Joseph qui ne le trouvaient plus. Pour cette “escapade”, Jésus a dû aussi probablement faire des excuses à ses parents. L’Évangile ne le dit pas, mais je crois que nous pouvons le supposer. La question de Marie, d’ailleurs, manifeste une certaine réprobation, rendant évidente sa préoccupation et son angoisse ainsi que celle de Joseph. Revenant à la maison, Jésus s’est certainement soumis à eux pour montrer toute son affection et son obéissance. Ces moments qui, avec le Seigneur, se transforment en opportunité de croissance, en occasion de demander pardon et de le recevoir, de montrer l’amour et de l’obéissance, font aussi partie du pèlerinage de la famille.

Au cours de l’Année de la Miséricorde, que chaque famille chrétienne puisse devenir un lieu privilégié de ce pèlerinage où s’expérimente la joie du pardon. Le pardon est l’essence de l’amour qui sait comprendre l’erreur et y porter remède. Pauvres de nous si Dieu ne nous pardonnait pas ! C’est à l’intérieur de la famille qu’on s’éduque au pardon, parce qu’on a la certitude d’être compris et soutenus malgré les erreurs qui peuvent se commettre.

Ne perdons pas confiance dans la famille ! C’est beau de s’ouvrir toujours le cœur les uns aux autres, sans rien cacher. Là où il y a l’amour, là aussi il y a compréhension et pardon. Je confie à vous toutes, chères familles, ce pèlerinage domestique de tous les jours, cette mission si importante, dont le monde et l’Église ont plus que jamais besoin.

[02282-FR.01] [Texte original: Italien]

François et la miséricorde

POPE GENERAL AUDIENCE

« La miséricorde change le monde. Elle le rend moins froid et plus juste » annonçait déjà le pape François au début de son pontificat en mars 2013, lors de son premier angélus. Depuis, il n’a cessé de nous exhorter à la miséricorde, de la proclamer ici et là, à Rome et aux 4 coins du monde durant ses voyages apostoliques. Aujourd’hui, il consacre une année jubilaire sur ce thème.

C’est un des points centraux de son pontificat : une Église miséricordieuse qui sort d’elle-même pour rejoindre les périphéries à la rencontre des plus nécessiteux, en leur portant la tendresse de Dieu. Une Église à l’image d’un hôpital de campagne aux portes grandes ouvertes pour accueillir et soigner, comme une mère, les blessures de ses enfants blessés, avec l’huile de la miséricorde. Une Église en sortie, attentive aux cris des plus petits pour donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers. Pour conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

C’est par ces gestes et ces petites attentions que le Pape nous exhorte à répandre l’huile de la Miséricorde. Pour ne pas tomber dans l’indifférence humiliante, le souverain Pontife nous appelle à sortir de notre confort, et à ouvrir nos yeux pour voir les misères du monde, les blessures de nos frères privés de dignité. « Que le cri de ces frères devienne le nôtre, et qu’ensemble nous puissions briser la barrière d’indifférence qui règne souvent en souveraine pour cacher l’hypocrisie et l’égoïsme » implore le souverain pontife qui désire « que les lieux où l’Église se manifeste deviennent des îles de miséricorde au milieu de cette mer d’indifférence ».

Pour le pape, cette année de la miséricorde est « le moment d’écouter pleurer les innocents dépouillés de leurs biens, de leur dignité, de leur affection, et même de leur vie ». Il voit même en ce jubilé un « moment favorable pour changer de vie ».

Avant même d’être Pape, Bergoglio avait choisi la miséricorde comme programme de vie. Il en fit l’expérience dès l’âge de 17 ans, lors d’une confession à travers laquelle il ressentit l’appel à la vie religieuse. En devenant archevêque de Buenos Aires il avait alors choisi pour devise épiscopale « Miserando atque eligendo » (Misericorde et élection).

Échos du Vatican

À Rome, à Québec et à travers le monde, les portes saintes s’ouvrent pour l’année jubilaire de la Miséricorde.

Échos du Vatican

Revivez dans cette émission l’inauguration de l’année jubilaire de la Miséricorde avec l’ouverture de la porte sainte de la basilique Saint-Pierre au Vatican, et la célébration de l’Immaculée Conception à Rome avec le pape François.

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