par Marie-Noëlle Chaumette, x.m.c.j.
Hier, quelle belle journée autour du thème “L’Eucharistie, vie du Christ dans nos vies”.
Conférence de Mgr Luis Antonio G. Tagle, évêque de Imus aux Philippines, très percutante. Il a partagé comment une femme qui gagnait difficilement sa vie, l’avait interpellé dans sa mission d’évêque, lui rappelant la priorité de donner du temps à Dieu au lieu de gagner plus d’argent. Puis, témoignage très émouvant de Mme Elizabeth Nguyen Thi Thu Hong, soeur du cardinal Nguyen van Thuan dont la cause de béatification est ouverte ; ce dernier a vécu son ministère d’évêque principalement en prison au Viet Nam sous le régime communiste et l’eucharistie célébrée en secret lui a permis de vivre en communion avec l’église. Ses nombreux écrits témoignent de sa foi inébranlable.
Célébration bouleversante pour se préparer au sacrement de la réconciliation: écoute de l’épisode de la mort d’Abel par Cain puis mise en scène audacieuse de la parabole du Fils Prodigue avec des dialogues intenses de vérité entre les deux frères.
Cette journée déjà très ressourçante s’est terminée après la messe, par un événement exceptionnel: la procession du Saint Sacrement dans les rues de Québec durant 3 heures ; des milliers de gens ont marché durant 5 kms en priant et chantant. Il y eut plusieurs arrêts dont le premier à l’église St Francois d’Assise, plus précisément au sanctuaire de la Vierge de Roc-Amadour, où l’abbé Ronan de Gouvello, prêtre de Rocamadour, lieu de pèlerinage en France, a remis un bateau au curé de cette paroisse en signe de fraternité et de lien entre les deux sanctuaires ; puis, le deuxième arrêt à l’église St Roch, lieu du baptême de Dina Belanger, où le cardinal Josef Tomko, légat du pape au Congrès, accompagné par le cardinal Marc Ouellet, a porté le Saint Sacrement à l’intérieur de l’église pour vivre un court temps de prière et pour demander au Christ présent dans l’eucharistie de bénir des malades. Sur la place devant cette église, beaucoup de monde s’était rassemblé, tenant un lumignon ; la nuit tombait peu à peu ; quand le Thabor, lieu où reposait le Saint Sacrement est arrivé, précédé par les immenses figurines des premiers missionnaires arrivés d’Europe, un silence rempli de recueillement régnait. De nombreuses personnes qui ne pouvaient pas assister au congrès étaient présentes, plusieurs évoquaient d’autres processions, vécues il y a plus de 40 ans. Malgré une averse de pluie, la procession a repris sa route accompagnée par des chants magnifiques et méditatifs pour se rendre à l’Agora. Reprenons les mots de Mère Julienne du Rosaire, fondatrice des Dominicaines missionnaires adoratrices “Amour et Gloire à la Trinité par le coeur eucharistique de Jésus”
Photo: ECDQ.tv


Nous avons tous été bouleversés par les propos de Mgr Henri Tessier, archevêque d’Alger, Algérie, qui a partagé l’expérience de son petit groupe de catholiques dans une ville musulmane de trois millions d’habitants. Il a raconté, la voix étranglée par l’émotion, la tragique histoire de ce journaliste musulman qui a écrit un article dénonçant, à mots voilés, l’assassinat de deux religieuses espagnoles qui se rendaient à la messe. En guise de réponse, des terroristes ont assassiné le journaliste quelques jours après la parution de son article. L’eucharistie est martyre au milieu des nations, a affirmé Mgr Tessier. Pendant les années terroristes (90), chaque eucharistie prenait donc un sens très fort… Dans son encyclique Deus Caritas Est, Benoît XVI affirme ainsi que l’union avec le Christ est aussi l’union avec tous ceux à qui il s’est offert.
Le mois de juin est traditionnellement pour les catholiques le “mois du Sacré Coeur”. Faisons un “pèlerinage aux sources” de cette tradition, à Paray le Monial, en France, lieu des révélations du Coeur du Christ à sainte Marguerite Marie Alacoque au XVIIe siècle. C’est en effet dans cette petite ville de Bourgogne que le Christ est apparu à Sainte Marguerite-Marie (1647-1690), religieuse de la Visitation, et lui a révélé l’amour miséricordieux de son Coeur pour les hommes.
Encore aujourd’hui, le Christ vivant nous aime et nous présente son cœur comme la source de notre rédemption. A chaque instant, nous sommes enveloppés, le monde entier est enveloppé, dans l’amour de ce cœur “qui a tant aimé les hommes et qui en est si peu aimé”. Ce mystère de l’amour du Christ, nous ne sommes pas appelés à le méditer et à le contempler seulement; nous sommes appelés à y prendre part. C’est le mystère de la Sainte Eucharistie, centre de notre foi, centre du culte que nous rendons à l’amour miséricordieux du Christ manifesté dans son Sacré-Cœur.