Par Benoît Lévêque à Québec
Vendredi matin le cardinal Télésphore Placidus Toppo, Archevêque de Ranchi en Inde est intervenu lors d’une conférence sur l`Eucharistie et la mission. Le cardinal s’est consacré à soulager la misère de son peuple par son important travail social dans les états du Jharkhand et du Bihar : programme de désintoxication pour les drogués, d’éducation des pauvres, de réhabilitation des lépreux.
Dans l’introduction de sa conférence il a déclaré : “Quand nous célébrons l’Eucharistie, nous proclamons l’acte de rédemption du Christ et nous nous engageons à continuer nous-mêmes son oeuvre dans le monde en vivant une vie d’amour et de partage. C’est ce que les premiers chrétiens faisaient pour montrer leur identité.”
Ensuite, il a présenté les débuts de l’évangélisation en Inde à partir de 1845. L’exemple et la fécondité de ces missionnaires qui ont porté l’Évangile aux quatre coins du monde a certainement permis aux congressistes présents de reprendre conscience que rien n’est impossible à Dieu. Pour le cardinal, c’est bien l’Eucharistie vécue et célébrée qui est la source de cette fécondité extraordinaire. Il a aussi témoigné de l’oeuvre hors du commun des Missionnaires de la Charité avec celle qui les représente si bien : “Mère Teresa est un exemple qui montre combien la Mission de l’Église est nourrie et conduite par l’Eucharistie.” Cet enseignement qui a porté sur la mission de l’Église était éclairé par le regard d’un pasteur venant d’un pays où les chrétiens sont minoritaires. Cet éclairage était particulièrement pertinent pour les congressistes du monde occidental où le muticulturalisme est de plus en plus présent. Après cette invitation à mettre l’Eucharistie au centre de la Mission, Monsieur José H. Prado Flores Directeur et Fondateur de l’École d’évangélisation Saint-André a donné un témoignage personnel très applaudi. Il a su expliquer avec beaucoup d’humour comment il a rencontré le Christ. Il a aussi utilisé quelques symboles très parlants (comme un steak congelé qu’il avait apporté) pour débusquer “Les péchés des gens bien”. En témoignant de sa conversion il a expliqué que lorsqu’il était passé de la connaissance intellectuelle de Dieu à la connaissance du coeur tout a changé pour lui. La vie de ce professeur d’Écriture sainte fut complètement transformée en 1971 qnand il a découvert sa vocation d’évangélisateur comme laïc dans l’Église. Ce témoignage était surtout une provocation pour les bons chrétiens, invités à laisser le Christ prendre les commandes de leurs vies.
Enfin la matinée s’est terminée avec une eucharistie présidée par le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, S.D.B., évêque de Hong Kong en Chine en présence de plus de 11 000 personnes au Colisée Pepsi. Une belle matinée ensoleillée qui contribue bien à transformer les congressistes en missionnaires nourris de l’Eucharistie.


Nous avons tous été bouleversés par les propos de Mgr Henri Tessier, archevêque d’Alger, Algérie, qui a partagé l’expérience de son petit groupe de catholiques dans une ville musulmane de trois millions d’habitants. Il a raconté, la voix étranglée par l’émotion, la tragique histoire de ce journaliste musulman qui a écrit un article dénonçant, à mots voilés, l’assassinat de deux religieuses espagnoles qui se rendaient à la messe. En guise de réponse, des terroristes ont assassiné le journaliste quelques jours après la parution de son article. L’eucharistie est martyre au milieu des nations, a affirmé Mgr Tessier. Pendant les années terroristes (90), chaque eucharistie prenait donc un sens très fort… Dans son encyclique Deus Caritas Est, Benoît XVI affirme ainsi que l’union avec le Christ est aussi l’union avec tous ceux à qui il s’est offert.
Le mois de juin est traditionnellement pour les catholiques le “mois du Sacré Coeur”. Faisons un “pèlerinage aux sources” de cette tradition, à Paray le Monial, en France, lieu des révélations du Coeur du Christ à sainte Marguerite Marie Alacoque au XVIIe siècle. C’est en effet dans cette petite ville de Bourgogne que le Christ est apparu à Sainte Marguerite-Marie (1647-1690), religieuse de la Visitation, et lui a révélé l’amour miséricordieux de son Coeur pour les hommes.
Encore aujourd’hui, le Christ vivant nous aime et nous présente son cœur comme la source de notre rédemption. A chaque instant, nous sommes enveloppés, le monde entier est enveloppé, dans l’amour de ce cœur “qui a tant aimé les hommes et qui en est si peu aimé”. Ce mystère de l’amour du Christ, nous ne sommes pas appelés à le méditer et à le contempler seulement; nous sommes appelés à y prendre part. C’est le mystère de la Sainte Eucharistie, centre de notre foi, centre du culte que nous rendons à l’amour miséricordieux du Christ manifesté dans son Sacré-Cœur.