(1/2) Sur la route du diocèse de Bathurst

Situé dans la province du Nouveau-Brunswick, le diocèse de Bathurst s’inscrit dans l’histoire longue de l’Église en Amérique. Ayant des racines remontant à la présence des Récollets en 1619, la présence catholique dans ce coin de pays a accompagné l’ensemble du développement de la société acadienne jusqu’à nos jours. Comptant aujourd’hui quelques 80 000 catholiques, l’Église à Bathurst s’étend de Campbellton à l’île Miscou, en passant par Tracadie-Sheila, Caraquet et Paquetville. Nommé par le pape Benoît XVI et ordonné évêque le 25 avril 2015 en la cathédrale de Bathurst, Mgr Daniel Jodoin a fait de « l’Amour dans la vérité » le moteur de son action pastorale. Cherchant sans relâche à dynamiser la présence de l’Église dans tous les milieux, sa démarche s’inscrit en continuité avec l’ardeur des communautés religieuses qui ont profondément marqué l’histoire du diocèse. Le diocèse de Bathurst est également un exemple d’une soif inextinguible de proximité avec le Seigneur présent dans le cœur des pauvres et des malades. Que ce soit par le dévouement de l’ensemble des personnes consacrée à leur service ou bien par leur souci constant pour la formation et l’éducation de la jeunesse, l’Église envoyée sur la péninsule acadienne rayonne de par son « histoire de sacrifices, d’espérance et de lutte quotidienne » (EG 96) par amour de Dieu et du prochain. Dans cet épisode de « Sur la route des diocèses » nous amorçons notre parcours du diocèse de Bathurst, à la rencontre des différents visages de cette Église au Nouveau-Brunswick. Dans cet épisode de « Sur la route des diocèses » nous partons donc à la rencontre de cette Église qui, reconnaissante de son histoire, « enfonce ses racines dans la terre fertile et dans l’histoire de son propre lieu – de cet héritage reconnu comme- don de Dieu » (EG, 235).

Memramcook, N.-B.: berceau de plusieurs naissances…

Les funérailles du Très Hon. Roméo Leblanc ce matin ont été l’occasion de tourner les projecteurs sur le berceau de l’Acadie. C’est là en effet que le peuple acadien s’est retrouvé après le « Grand Dérangement », pour se rebâtir et se disperser aux quatre coins des Maritimes. Ce territoire vallonné dont le clocher de l’église domine le village est en fait la plus vieille paroisse de cette Nouvelle Acadie.

Berceau de l’Acadie, Memramcook fut aussi une terre fertile pour l’Église catholique au Canada français. Le collège St-Joseph, où le défunt gouverneur général a étudié et où il reposait en chapelle ardente, était un haut lieu d’instruction des pères de Sainte-Croix (CSC).  C’est là qu’avec l’appui du père Camille Lefebvre, la bienheureuse Marie-Léonie Paradis fonda l’Institut des Petites Sœurs de la Sainte-Famille, une communauté vouée au service du clergé. Après le décès du père Lefebvre en 1895, Mère Léonie déménagera la Maison-Mère de la communauté à Sherbrooke au Québec. Avant de mourir en mai 1912, elle avait fondé 38 missions répandues en Amérique du Nord et comptaient sur plus de 600 religieuses pour poursuivre ce charisme au service du Christ-Prêtre et de son Église.

Les choses ont certainement changé depuis, les charismes des communautés nouvelles sont différents, mais les vocations, qui paraissent moins nombreuses, n’en sont pas moins vraies, au contraire.

Ce qui ne changera jamais, c’est la fierté d’un peuple pour ces bâtisseurs, qu’ils eussent été Ministre des pêches, Gouverneur général ou fondateur de communauté religieuse. Par sa présence unanime à la célébration de ce matin, l’épiscopat du Nouveau-Brunswick nous rappelait l’attachement d’un peuple pour la foi qui l’a gardé vivant au moment des grandes épreuves.

L’étoile jaune illuminant le tricolore bleu-blanc-rouge est aussi ce rappel, aux Acadiens et au monde, de la filiation avec Marie. Plus qu’un appel à la mémoire, cette «étoile qui a guidé les matelots» saurait-elle encore inspirer les descendants d’Évangéline?

Il est encore possible de rendre hommage à Roméo LeBlanc sur le site de la SRC.