Par Sébastien Lacroix
Où étiez-vous il y a 23 ans? Jean-Paul II effectuait alors ce qui sera la plus longue visite apostolique de son pontificat, ici au Canada. Arrivé à Québec le 9 septembre, le Saint-Père sillona le pays pendant 12 jours, allant à la rencontre des centaine de milliers de personnes qui l’attendaient. (On peut d’ailleurs revoir en ligne les hauts moments de cette visite, entre autres sur LCN) Le 11 septembre, des milliers de personnes se trouvaient au Parc Jarry à Montréal pour assister à la toute première béatification à se déroulé en sol américain: celle de la bienheureuse Marie-Léonie Paradis, fondatrice de l’Institut des Petites Soeurs de la Sainte-Famille.
Ce jour là, Jean-Paul II a évoqué l’humilité et l’esprit de service de la bienheureuse:
Sœur Marie-Léonie Paradis ne craignait pas les diverses formes du travail manuel qui est le lot de tant de gens aujourd’hui, qui a été à l’honneur dans la Sainte Famille, dans la vie même de Jésus à Nazareth. C’est là qu’elle a vu la volonté de Dieu sur sa vie. C’est en accomplissant ces tâches qu’elle a trouvé Dieu. Avec les sacrifices inhérents à ce travail, mais offerts par amour, elle y a connu une joie et une paix profondes. Elle savait qu’elle rejoignait l’attitude foncière du Christ, “venu non pour être servi mais pour servir.” Elle était toute pénétrée de la grandeur de l’Eucharistie, et de la grandeur du sacerdoce. Oui, Dieu a jeté les yeux sur la sainteté de son humble servante, Marie-Léonie, qui s’est inspirée de la disponibilité de Marie. Et désormais sa Congrégation et l’Eglise la diront, d’âge en âge, bienheureuse (cf. Lc 1, 84).
Vingt-trois ans plus tard, les gens se souviennent. Mère Léonie a inspiré beaucoup de jeunes femmes à prendre la tenue de service. La mission de cette communauté vouée au service du clergé doit être prise dans le contexte de l’Église du XIXe et XXe siècle. Il n’en demeure pas moins que Marie-Léonie et ses filles continuent d’inspirer beaucoup de gens.
La communauté fut fondé à Memramcook, N.-B. en 1880. Faute de la reconnaissance de l’évêque du lieu, Marie-Léonie accepta l’invitation de Mgr Paul Laroque qui propose à la communauté de s’installer dans son diocèse, Sherbrooke. Avec regret, les habitants de Memramcook ont vu partir Mère Léonie et ses filles. Aujourd’hui encore, ils se souviennent de ce pilier de leur communauté. Un monument à la mémoire de la fondatrice se tient devant le collège où elle a travaillé. Le cimetière demeure toujours le lieu de repos des premières religieuses ainsi que du père Camille Lefebvre, qui a soutenu Marie-Léonie dès son arrivée au Nouveau-Brunswick.
Être pénétré de la grandeur de l’Eucharistie et, par cela, adopter la tenue de service, à l’image de Christ, voilà comment cette femme peut nous inspirer et nous servir de modèle encore aujourd’hui.
Bienheureuse Marie-Léonie, priez pour nous.
La vie de Mère Teresa n’était pas un cliché. Nous vivons à l’ère des manchettes chocs. Alors que tout va très vite, on répond aux grands enjeux de notre époque sans réfléchir, comme des poules sans tête. La vie de Mère Térésa était une métaphore de dévouement désintéressé et de sainteté. C’est pourquoi tant de jeunes femmes de presque partout et de tant d’origines continuent d’entrer chez les Missionnaires de la Charité. Mère Teresa fonda un ordre qui compte désormais plus de 4500 femmes qui oeuvrent dans plus de cent pays. Elles gèrent plus de 500 maisons, hospices et refuges pour des milliers de mourants et de délaissés, en plus de centaines d’écoles, cliniques mobiles, maisons pour les lépreux et les sidéens. Bien que la chanteuse soit partie, le chant de l’amour, de la charité et de l’espérance continue d’être chanté par ces anges de la miséricorde qui découvre Jésus dans la détresse du pauvre.
Dieu merci pour des saints comme Teresa de Calcutta et ses disciples comme S. Nirmala Joshi qui continuent de nous rappeler que la sainteté, la bonté, la joie, la générosité et la paix demeurent possibles dans un monde si compliqué. De son vivant, Mère Teresa a dû faire face aux ombres du doute, à l’angoisse et à la nuit profonde de sa foi. Ces expériences l’ont purifiée et lui ont permis de rejoindre la multitude des saints, mystiques et bienheureux qui ont vécu des expériences similaires sur leurs chemins vers la sainteté. 


