Nous avons besoin de l’exemple de saint Jean-Marie Vianney aujourd’hui!

Réflexion du père Thomas Rosica c.s.b pour la fête de saint Jean-Marie Vianney  – 4 août 2018:

J’ai été toujours très touché par les récits de l’entrée de Jean-Marie Vianney dans le territoire de sa nouvelle paroisse.  Le jour de son arrivée à Ars en 1818, le petit village était tellement noyé dans le brouillard que le nouveau curé a dû demander sa route à un petit paysan.  “Montre-moi le chemin d’Ars et je te montrerai le chemin du Ciel” avait-il répondu au petit berger qui lui montrait la route d’Ars, c’est-à-dire, je vais t’aider à devenir un saint.  “Là où les saints passent, Dieu passe avec eux” précisera le curé plus tard. St-Jean-Marie Vianney a été dans son temps une sentinelle pour la communauté d’Ars.

Arrivé dans ce village français en 1818, Jean-Marie réveille la foi de ses paroissiens par ses prédications mais surtout par sa prière et sa manière de vivre. Il se sent pauvre devant la mission à accomplir, mais il se laisse saisir par la miséricorde de Dieu. Très rapidement, sa réputation de confesseur lui attire de nombreux pèlerins venant chercher auprès de lui le pardon de Dieu et la paix du cœur.  Jusqu’à 17 heures par jour, rivé dans son confessionnal pour réconcilier les hommes avec Dieu et entre eux, le Curé d’Ars est un véritable martyr du confessionnal, comme a souligné le Pape Jean-Paul II lors de sa visite à Ars en 1986. Pris par l’amour de Dieu, émerveillé devant la vocation de l’homme, Jean-Marie Vianney mesurait la folie qu’il y avait à vouloir être séparé de Dieu. Il voulait que chacun fût libre de pouvoir goûter à l’amour de Dieu.

Voyant en chacun de ses frères le Seigneur présent, l’humble curé n’aura de cesse que de les secourir, les aider, apaiser les souffrances ou les blessures, permettre à chacun d’être libre et heureux. Orphelinat, écoles, attentions aux plus pauvres et aux malades, infatigable bâtisseur,… rien ne lui échappe. Il accompagne les familles et cherche à les protéger de tout ce qui peut les détruire (alcool, violence, égoïsme …). Au cœur de son village, il cherche à prendre en compte l’homme dans toutes ses dimensions: humaine, spirituelle, sociale.  C’est une vraie vocation de sentinelle qui a habité le coeur de ce grand prêtre humble et saint!

Dans la lettre de St-Paul aux Corithiens, [1,26-29], nous lisons la biographie du Saint Curé d’Ars: “Dieu a choisi ce que le monde considère comme une folie pour confondre les «sages», et il a choisi ce qui est faible pour couvrir de honte les puissants.  Dieu a porté son choix sur ce qui n’a aucune noblesse et que le monde méprise, sur ce qui est considéré comme insignifiant, pour réduire à néant ce que le monde estime important.”

Jésus nous donne l’exemple d’un amour plein de compassion, c’est-à-dire de participation sincère et effective aux souffrances et aux difficultés des frères. Il ressent de la compassion pour les foules sans berger (cf. Mt 9, 36) : aussi se préoccupe-t-il de les conduire par ses paroles de vie et il se met à leur  » enseigner beaucoup de choses  » (Mc 6, 34). En vertu de cette même compassion, il guérit de nombreux malades (Mt 14, 14), donnant le signe d’une intention de guérison spirituelle ; il multiplie les pains pour les affamés (Mt 15, 32) ; Mc 8, 2), éloquent symbole de l’Eucharistie ; il est ému devant les misères humaines (Mt 20, 34 ; Mc 1, 41) et il veut y remédier ; il participe à la douleur de ceux qui pleurent la perte d’un de leurs proches (Lc 7, 13 ; Jn 11, 33-35) ; il éprouve de la miséricorde même pour les pécheurs (cf. Lc 15, 1-2), en union avec le Père qui est plein de compassion pour son enfant prodigue (cf. Lc 15, 20) et il préfère la miséricorde au sacrifice rituel (cf. Mt 9, 10-13) ; et les cas ne manquent pas où il reproche à ses adversaires de ne pas comprendre sa miséricorde (Mt 12, 7).  Ces mots décrivent d’une façon remarquable la vie et la vocation du Saint Curé d’Ars.

Montrer le chemin du Ciel, travailler à la vigne du Seigneur pour la conversion des cœurs de ses paroissiens et de tous ceux qui lui étaient confiés: ce fut bien là le constant souci de prêtre qui était Jean-Marie Vianney.  Il n’étais pas encore ordonné qu’il confiait déjà à sa mère : « Si j’étais prêtre, je voudrais gagner beaucoup d’âmes à Dieu. »

Je me permets de citer le Pape Benoît XVI lors de sa belle homélie pour la Conclusion de l’Année Sacerdotale à Rome le 11 juin 2009:

“L’Année sacerdotale que nous avons célébrée, 150 ans après la mort du saint Curé d’Ars, modèle du ministère sacerdotal dans notre monde, arrive à son terme. Par le Curé d’Ars, nous nous sommes laissé guider, pour saisir à nouveau la grandeur et la beauté du ministère sacerdotal. Le prêtre n’est pas simplement le détenteur d’une charge, comme celles dont toute société a besoin afin qu’en son sein certaines fonctions puissent être remplies. Il fait en revanche quelque chose qu’aucun être humain ne peut faire de lui-même : il prononce au nom du Christ la parole de l’absolution de nos péchés et il transforme ainsi, à partir de Dieu, la situation de notre existence. Il prononce sur les offrandes du pain et du vin les paroles d’action de grâce du Christ qui sont paroles de transsubstantiation – des paroles qui le rendent présent, Lui, le Ressuscité, son Corps et son Sang, et transforment ainsi les éléments du monde : des paroles qui ouvrent le monde à Dieu et l’unissent à Lui.”

“Le sacerdoce n’est donc pas seulement une « charge », mais un sacrement : Dieu se sert d’un pauvre homme pour être, à travers lui, présent pour les hommes et agir en leur faveur. Cette audace de Dieu qui se confie à des êtres humains et qui, tout en connaissant nos faiblesses, considère les hommes capables d’agir et d’être présents à sa place – cette audace de Dieu est la réalité vraiment grande qui se cache dans le mot “sacerdoce”.

St-Jean-Marie Vianney, prie pour nous, pour l’Eglise, pour les prêtres, les évêques et les cardinaux en nos jours.  Protège le Pape François et guide le dans son ministère important pour l’Eglise et pour le monde.

Le Défenseur nous donne une raison d’espérer

Réflexion biblique pour le sixième dimanche de Pâques.

Les six premiers chapitres des Actes racontent l’histoire de la fondation et de la construction de l’Église à Jérusalem. Dans la première lecture d’aujourd’hui (Actes 8, 5-8.14-17) et de nouveau en Actes 10, 44-48 comme en Actes 19, 1-6, Luc distingue entre le baptême au nom du Seigneur Jésus et la réception de l’Esprit. Chaque fois, l’Esprit est conféré grâce à l’intervention de l’un des Douze (Pierre et Jean) ou de leur représentant (Paul). C’est très probablement une façon pour Luc de décrire le rôle de l’Église dans l’effusion de l’Esprit. Ailleurs dans les Actes, le baptême et l’Esprit sont associés de manière plus étroite (Actes 1,5; 11,16).
Que pouvons-nous apprendre de cette expérience ? Les écrits de Luc dans les Actes des Apôtres indiquent clairement que le don de l’Esprit n’est pas un privilège individuel. Et que la proclamation des Écritures n’est pas un processus purement cérébral qui serait affaire de théorie et d’intelligence. Il s’agit bien plutôt d’un processus qui exige une connaissance expérientielle de Jésus de Nazareth, le crucifié et le ressuscité. Aucun obstacle apparent – défaut physique, origine ethnique ou distance géographique – ne peut empêcher quelqu’un d’avoir accès à l’appel salvifique de la bonne nouvelle. Dieu travaille à accomplir ses objectifs quant au rayonnement de la mission de l’église (Luc 24,47; Actes 1,8).  Le Seigneur Jésus jette les yeux sur des témoins potentiels et fait tout ce qu’il peut pour les former, les habiliter et les lancer sur les routes de la Parole.
Reconnaissez dans vos cœurs la sainteté du Christ, le Seigneur

La deuxième lecture d’aujourd’hui, tirée de la Première Lettre de Pierre (3, 15-18), nous rappelle que la souffrance et la mort du Christ, lui qui est le juste, a sauvé les coupables (1 Pierre 3, 18) ; par sa résurrection il a reçu la vie nouvelle dans l’Esprit  et il la communique aux croyants par le bain baptismal qui purifie leur conscience du péché. De même que la famille de Noé fut sauvée par l’eau, ainsi les chrétiens sont-ils sauvés par les eaux du baptême (1 Pierre 3, 19-22). Aussi n’ont-ils pas à partager la crainte des pécheurs ; ils devraient  plutôt se réjouir dans la souffrance à cause de leur espérance dans le Christ. Leur innocence confond leurs accusateurs (1 Pierre 3, 13-16 ; cf. Matthieu 10, 28 ; Romains 8, 35-39).
Deux mille ans plus tard, les paroles que Pierre adresse à l’Église primitive continuent de retentir en nous avec force (1 Pierre 15s) : « C’est le Seigneur, le Christ, que vous devez reconnaître dans vos cœurs comme le seul saint. Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, pour faire honte à vos adversaires au moment même où ils calomnient la vie droite que vous menez dans le Christ.»
Quelle est la raison de notre espérance?  Permettez-moi de rappeler ici ce que disait le pape Benoît XVI dans son homélie pour la Solennité des saints Pierre et Paul, à Rome, le 29 juin 2009 : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/homilies/2009/documents/hf_ben-xvi_hom_20090629_pallio_fr.html
« Très brièvement, je voudrais encore rappeler l’attention sur deux autres affirmations de la Première Lettre de saint Pierre, qui nous concerne tout particulièrement, à notre époque. Il y a tout d’abord la phrase aujourd’hui nouvellement découverte, sur la base de laquelle les théologiens médiévaux comprirent leur tâche, leur tâche de théologiens: « Sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Jésus Christ, toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » (Ac 3, 15). La foi chrétienne est espérance. Elle ouvre la voie vers l’avenir. Et elle est une espérance qui est raisonnable; une espérance dont nous pouvons et nous devons exposer la raison. La foi provient de la Raison éternelle qui est entrée dans notre monde et nous a montré le vrai Dieu. Elle va au-delà de la capacité propre de notre raison, tout comme l’amour voit davantage que la simple intelligence. Mais la foi parle à la raison et dans la confrontation dialectique, elle peut tenir tête à la raison. Elle ne la contredit pas mais elle va de pair avec elle et, dans le même temps, conduit au-delà d’elle – elle introduit dans la Raison plus grande de Dieu.
En tant que pasteurs de notre temps, nous avons le devoir de comprendre nous les premiers la raison de la foi. Le devoir de ne pas la laisser demeurer simplement une tradition, mais de la reconnaître comme une réponse à nos questions. La foi exige notre participation rationnelle, qui s’approfondit et se purifie dans un partage d’amour. Cela fait partie de nos devoirs en tant que pasteurs que de pénétrer la foi avec la pensée pour être en mesure de montrer la raison de notre espérance dans le débat de notre temps. »
Le nouveau défenseur parmi nous

Dans l’Évangile de Jean, le deuil est palpable chez les apôtres au moment où Jésus se prépare à les quitter. Pierre lui demande : « Seigneur, où vas-tu ? » (Jean 13, 36) puis « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? » (Jean 13, 37). C’est à ces questions poignantes que Jésus répond : « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous » (Jean 14, 15). Et Jésus présente alors le nouveau Défenseur (Paraclet) comme l’Esprit de vérité, méconnu du monde mais présence permanente chez les disciples (Jean 14, 17).  Voilà bien le fondement de notre confiance en la direction de l’Esprit.
Le mot grec « paraclet » provient du langage juridique et désigne un avocat, le procureur de la défense. On pourrait aussi traduire  le porte-parole, le médiateur, l’intercesseur, celui qui console et réconforte, encore qu’aucune de ces expressions n’exprime tout ce que Jean veut dire. Le Paraclet chez Jean est un maître, un témoin de Jésus, et en même temps le procureur de la poursuite contre le monde; le mot lui sert à désigner celui qui assure la présence continue sur terre du Jésus qui est retourné au Père.
Jésus est le premier défenseur (paraclet) ; voyez 1 Jean 2,1, où Jésus plaide notre cause en intercédant pour nous au ciel. La venue du Paraclet dans la communauté chrétienne signale le début d’une mission mondiale qui poussera les premiers chrétiens à franchir les frontières de leur monde.  Si Jésus était le Défenseur pendant qu’il était sur terre, l’Esprit est maintenant un nouveau Défenseur, la présence de Jésus jusqu’à son retour. Ce Défenseur n’est pas un étranger mais  plutôt la garantie de la fidélité à Jésus : « le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jean 14, 26).  Et Jésus répète que le Défenseur va témoigner en son nom et mettre les disciples en mesure de témoigner, eux aussi. Pour situer ces passages, il faut se rappeler l’incertitude et la peur des disciples au début du livre des Actes. Avec la venue de l’Esprit, les disciples reçoivent la lumière et l’audace de témoigner avec clarté et avec courage.

Échapper au piège du passé

Le Défenseur ne sera pas seulement l’assurance de la fidélité et la source d’une proclamation audacieuse mais aussi le guide vers un avenir encore obscur : « J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu’il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître » (Jean 16, 12-13).  Cette assurance de la présence et de la direction de l’Esprit permet aux disciples d’avancer vers l’avenir, d’affronter de nouveaux défis et de le faire avec créativité. Les disciples authentiques, fidèles à la personne et au message de Jésus, ne se laissent pas prendre au piège du passé. C’est l’Esprit qui rend possible la flexibilité, l’apprivoisement, l’adaptation, c’est lui qui permet à la nouveauté d’émerger, toujours dans un contexte de fidélité.
La mémoire vivante de l’Église

Ce nouveau Défenseur n’est pas simplement un porteur de procuration, envoyé remplacer le Seigneur en son absence : au contraire, il assure sa présence et celle du Père. Ils vont « venir chez » celui ou celle qui reste fidèle à la parole de Jésus, et ils vont faire chez lui/elle leur demeure. Mais pas chez les autres – ceux qui n’aiment pas le Seigneur et ne gardent pas sa parole. Le Paraclet demeure en quiconque aime Jésus et garde ses commandements ; sa présence échappe donc à la limite du temps (Jean 14, 15-17). Le Paraclet est tout aussi présent chez les disciples modernes de Jésus qu’il l’était dans la première génération chrétienne. Personne ne doit penser que Jésus a abandonné son Église aujourd’hui. Jésus continue de nous envoyer l’Esprit de Dieu, l’Esprit de vérité. L’Évangile nous dit que « celui que le Père enverra nous enseignera tout et nous fera souvenir de tout ce que Jésus nous a dit » (v. 26).  Ce souvenir, ce rappel à la mémoire se trouve admirablement exprimé dans la nouvelle formulation qu’emploie le Catéchisme de l’Église catholique pour décrire le travail du Défenseur : « L’Esprit Saint est la mémoire vivante de l’Église » (n° 1099).
La venue du Paraclet signale le début d’une vision mondiale qui pousse les premiers chrétiens à dépasser leurs frontières géographiques. Comme chrétiennes et chrétiens, la personne de Jésus Christ est notre « point de départ », notre espérance et notre but. Le Christ demande à l’Église de « faire des disciples de toutes les nations » (Matthieu 28, 19). Pour guider le travail de l’Église dans cette mission, le Christ envoie l’Esprit Saint au milieu de nous.  Jésus présente le nouveau Défenseur comme « l’Esprit de vérité », méconnu du monde mais présence constante parmi les disciples (Jean 14, 17). Tel est bien le fondement de notre confiance en la direction de l’Esprit. Jésus a été le Défenseur pendant qu’il était sur terre avec les disciples. L’Esprit Saint est un nouveau Défenseur, la présence de Jésus qui guide l’Église jusqu’à son retour. Ce Défenseur n’est pas un étranger, mais bien la garantie de la fidélité à Jésus : « le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom vous enseignera tout et vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jean 14, 26).

Sur la Toile:
Le site Web de la chaîne de télé catholique Sel et Lumière: http://www.seletlumieretv.org
http://www.seletlumieretv.org/blog
Dimanche de Pâques

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/62/IQyLyOQA8D8

Deuxième dimanche de Pâques

Reste avec nous

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/95/ZpBnPekgH04

Quatrième dimanche de Pâques: Le Bon Berger http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/94/rGsGRpF3FRY

Ascension (français)

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/search/0/TmPOauZxN8A

La Pentecôte: La plus profonde assurance que l’Esprit…

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/89/oFHURxot-_4

La Fête-Dieu – « Sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/86/eRJFaSAnL9M

Fête de la Sainte Trinité

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/88/gG8VmJEC0Wk

« Là où les saints passent, Dieu passe avec eux. »

Lors de sa visite à Ars-sur-Fromans, Mgr Luigi Ventura, Nonce apostolique en France a présidé une messe mercredi 4 août dernier en la Basilique de Saint Jean-Marie Vianney, Curé d’Ars et Saint Patron de tous les curés du monde. Dans son homélie, Mgr Ventura nous illustre la splendeur de la spiritualité de Saint Jean-Marie Vianney, en soulignant l’importance de son sacerdoce exemplaire. Cette homélie est une célébration du sacerdoce, mais elle est aussi une invitation ouverte à la sainteté à travers l’exemple du Saint Curé d’Ars qui considère l’être humain « dans toutes ces dimensions: humaine, spirituelle et sociale ».

Homélie pour la Fête de saint Jean-Marie Vianney

EcussonArs

Sanctuaire d’Ars

Mercredi 4 août 2010

Monseigneur Luigi Ventura

Nonce apostolique en France

 

 

Cher Monseigneur Bagnard,

Chers Frères dans le Sacerdoce,

Chers Frères et Sœurs dans le Christ,


 

C’est avec une grande joie que je me trouve parmi vous, et je tiens à remercier de tout cœur Mgr Guy Bagnard, Evêque du diocèse de Belley-Ars, pour cette aimable invitation. Et je salue avec affection fraternelle les prêtres du diocèse et de la Société qui s’inspire du saint Curé.

J’ai l’honneur de transmettre aux Évêques, prêtres, diacres et aux fidèles ici présents la bénédiction du Saint-Père qui est spirituellement avec nous. Je suis ici en son nom pour remettre dans les mains du saint Curé cette magnifique « Année du Prêtre » ‑ intense et féconde ‑ que l’Église universelle vient de clôturer avec le successeur de saint Pierre, à Rome, en juin passé. Ce n’est pas ma première visite dans ce haut lieu de pèlerinage français : j’y suis venu séminariste pour discerner ma vocation et j’y suis retourné en février dernier avec l’Épiscopat français pendant l’Année du Prêtre. Mais cette fois-ci, j’y reviens avec un cœur comblé de gratitude, pour le torrent de bénédictions et de fruits spirituels que nous avons tous reçus pendant cette dernière année. Et je suis ici pour vénérer encore une fois celui que nous fêtons aujourd’hui : Jean-Marie Vianney, le saint Curé de cette humble paroisse cachée au cœur de la France, un curé qui appartient désormais aux paroisses du monde entier. Le Curé d’Ars est notre grand frère dans le sacerdoce, auprès de qui chaque prêtre du monde peut venir confier son ministère ou sa vie sacerdotale.

Combien sont riches et significatives les lectures bibliques pour cette fête liturgique ! La première est du prophète Ézéchiel [3, 16-21] ; l’Éternel adresse la parole au Fils d’homme : « Je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part ». La parole du prophète est une épée à double tranchant. C’est une parole qui annonce la mort pour les coupables ; une parole qui invite à l’abandon de la mauvaise conduite ; une parole qui mène au salut des personnes. Le prophète annonce aussi la vie à ceux qui ne commettent pas de faute. St Curé dArs-Vitrail-1

Le saint Curé, Jean-Marie Vianney, a été dans son temps cette sentinelle pour la communauté d’Ars. Arrivé ici en 1818, Jean-Marie réveille la foi de ses paroissiens par ses prédications mais surtout par sa prière et sa manière de vivre. Il se sent pauvre devant la mission à accomplir, mais il se laisse saisir par la miséricorde de Dieu.

Très rapidement, vous le savez, sa réputation de confesseur lui attire de nombreux pèlerins venant chercher auprès de lui le pardon de Dieu et la paix du cœur. Jusqu’à 17 heures par jour, rivé à son confessionnal pour réconcilier les hommes avec Dieu et entre eux, le Curé d’Ars est un véritable martyr du confessionnal, comme l’a souligné le Pape Jean-Paul II lors de sa visite à Ars en 1986. Pris par l’amour de Dieu, émerveillé devant la vocation de l’homme, Jean-Marie Vianney mesurait la folie qu’il y avait à vouloir être séparé de Dieu. Il voulait que chacun fût libre de pouvoir goûter à l’amour de Dieu. [Read more…]

Prêtre par amour, malgré ses faiblesses

[NDLR: dans l’intérêt de nos lecteurs, nous publions l’homélie du Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, prononcée le 26 juin à l’occasion de la messe d’ordination de nouveaux prêtres à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Plus de 10 000 personnes ont pris part à la célébration qui s’est déroulée à la fois sur le parvis et à l’intérieur de la basilique.]

Frères et Sœurs,

Le parvis de Notre-Dame de Paris le 26 juin 2010Cette année notre célébration de l’ordination des nouveaux prêtres du
 diocèse de Paris prend une dimension exceptionnelle. D’abord elle marque
 la clôture de l’année sacerdotale pour le cent cinquantième anniversaire
 de la mort de saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars. D’autre part, j’ai 
aussi souhaité que cette ordination soit l’occasion d’un rassemblement
 diocésain qui associe toutes les paroisses et les communautés au terme
 de notre première année de « Paroisses en mission ».
Bien sûr, nous savons que nous ne sommes ici qu’une petite partie de
 l’immense peuple de Dieu qui constitue le diocèse de Paris. Nous avons
 bien conscience de n’être que les représentants visibles de ces
 assemblées dominicales que j’ai appelées cette année à s’investir 
davantage dans la mission de l’Église.

Nous sommes d’autant plus heureux de nous retrouver dans et autour de la
cathédrale, l’église mère, représentant les différents quartiers de 
Paris et toutes les générations. Notre joie est encore accrue par la 
présence de Mgr Joseph Nguyen Chi Linh, évêque de Thanh-hoa au Vietnam
 qui vient participer à l’ordination de Joseph Nam, prêtre de son
 diocèse. Nous lui souhaitons cordialement la bienvenue à Paris et nous 
lui exprimons notre communion avec l’Église au Vietnam. 
Nous sommes aussi heureux d’accueillir Mgr Matthias N’Gartéri Mayadi,
 archevêque de N’Djaména au Tchad.

Thomas, Nicolas, Grégoire, Nathanaël, Thierry, Thierry, Joseph, Luc et 
Sébastien, 

célébrer votre ordination sacerdotale au cours de ce rassemblement
 diocésain n’est pas une manière de relativiser l’événement exceptionnel 
que vous vivez aujourd’hui, au contraire. C’est au cœur de ces 
communautés que votre vocation personnelle a pris corps, c’est pour le 
service de ces communautés que vous êtes ordonnés et que le Christ 
appelle chacun d’entre vous et vous consacre. La magnifique figure de 
notre Église assemblée vous donne visiblement le cadre de votre vie de 
prêtres qui commence aujourd’hui. [Read more…]

PH: Dans la foulée de l’année sacerdotale

Invités :
Serge Comeau, prêtre du diocèse de Bathurst au Nouveau-Brunswick
Alain Faubert, prêtre du diocèse de Montréal

Quel bilan peut-on dresser de l’année sacerdotale qui s’est terminée le 11 juin ? Quelles images des prêtres nous a-t-elle laissé ? Quels fruits pour l’avenir ?

Portageur et prêtre

Grzegorz Ciszek ordonné prêtre  par le cardinal J.-C. Turcotte pour conclure l’année sacerdotale

Greg CisekJ’ai connu Greg en mars 2002, alors que nous étions à la recherche de Portageurs qui, à l’image des premiers missionnaires en Amérique, ont porté la Parole de Dieu et la croix du Christ aux confins de cette terre.

Faut-il être fou pour partir à pied 43 jours ?  Ce ne l’était pas pour Greg et pour la vingtaine de jeunes, et quelques jeunes de cœur qui se sont alors connus. Le 28 avril 2002 à la cathédrale Marie-Reine du Monde, le cardinal Jean-Claude Turcotte envoyait en mission les Portageurs de cette croix, signe de l’amour de Dieu pour l’humanité.

Huit ans plus tard, le même cardinal imposera ses mains sur Greg et invoquera le Seigneur afin que Greg ait la grâce d’être l’un de ses serviteurs, à travers le sacerdoce.

S’il m’est impossible d’être à Montréal pour l’ordination de mon ami, je sais que plusieurs Portageurs y seront. Certains d’entre nous avons vécu ensemble les étés suivant les JMJ  à Strawberry Island, là-même où Jean-Paul II avait pris quelques jours de repos en 2002. La vie communautaire de ces mois d’été nous ont laissé non seulement de très beaux souvenirs, ils m’ont pour ma part, redonné une certaine discipline dans la prière. À ce niveau, Greg était un modèle. Loin d’être aussi ‘assidu’ que mon ami, j’admirais sa quête intérieure et son désir d’écouter ce que Dieu lui soufflait dans le silence de son coeur.

Portageurs JPIILa prière et l’oraison sont des piliers importants de la vie de Greg et le seront encore dans sa vie de prêtre. Les tâches quotidiennes peuvent parfois nous détourner de cette quête. Tel n’était pas le cas de Greg à Strawberry Island. Les tâches les plus simples, nécessitant javel et gants de caoutchouc ne l’effraient jamais. Son esprit de service étant contagieux et l’attrait d’une discussion sur un sujet théologique faisaient que nous ne pouvions que mettre la main à la pâte avec lui.

« La vocation est un appel de Dieu, de dire le cardinal Turcotte dans son message hebdomadaire du 9 juin dernier. Pour être entendu, cet appel doit être reçu dans une âme ouverte et accueillante. Comme nul n’est une île,  tout un réseau de personnes et de relations concourt à ce que l’appel du Seigneur soit entendu. »

Nous tous, parfois à notre insu, pouvons être des instruments dans la vigne du Seigneur.

Merci Greg pour ton engagement et ton témoignage. Nos prières t’accompagnent.

L’ordination sacerdotale de Grzegorz Ciszek a eu lieu à la paroisse Notre-Dame de Pompéi à Montréal, vendredi le 11juin.

Benoît XVI demande pardon pour les scandales de pédophilie

Une messe rassemblant plus de 15 000 prêtres a conclu l’année sacerdotale ce matin à Rome. Il s’agissait du plus grand nombre de concélébrants jamais réunis en la Place Saint-Pierre pour une même célébration.

Au cours de son homélie, le Pape est revenue sur le scandale des abus sexuels qui a marqué cette année du prêtre:

[I]l est ainsi arrivé que, proprement au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres – en particulier l’abus à l’égard des petits, où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu à l’égard de l’homme se trouve retourné en son contraire. Nous aussi nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir ; promettre que dans l’admission au ministère sacerdotal et dans la formation délivrée au cours du parcours qui y prépare, nous ferons tout ce qui est possible pour examiner attentivement l’authenticité de la vocation et que nous voulons mieux encore accompagner les prêtres sur leur chemin, afin que le Seigneur les protège et les garde dans les situations difficiles et face aux dangers de la vie.

Aux yeux du Pape, l’année sacerdotale ne fut pas pour autant un échec, car elle nous a poussé de reconnaître notre faiblesse humaine:

Si l’Année sacerdotale avait du être une glorification de notre prestation humaine personnelle, elle aurait été détruite par ces événements. Mais il s’agissait pour nous exactement du contraire : devenir reconnaissant pour le don de Dieu, un don qui se cache « dans des vases d’argile » et qui toujours de nouveau, à travers toute la faiblesse humaine, rend concret son amour en ce monde. Nous considérons ainsi que ce qui est arrivé est un devoir de purification, un devoir qui nous porte vers l’avenir et qui, d’autant plus, nous fait reconnaître et aimer le grand don de Dieu. De cette façon, le don devient l’engagement de répondre au courage et à l’humilité de Dieu par notre courage et notre humilité. La parole du Christ, que nous avons chanté comme chant d’entrée dans la liturgie de ce jour, peut nous suggérer en cette heure ce que signifie devenir et être prêtre : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29).

Malgré cette faiblesse donc, Dieu a besoin de nous tous, et besoin d’hommes pour le servir à travers le sacerdoce:

Le sacerdoce n’est donc pas seulement une « charge », mais un sacrement : Dieu se sert d’un pauvre homme pour être, à travers lui, présent pour les hommes et agir en leur faveur. Cette audace de Dieu qui se confie à des êtres humains et qui, tout en connaissant nos faiblesses, considère les hommes capables d’agir et d’être présents à sa place – cette audace de Dieu est la réalité vraiment grande qui se cache dans le mot « sacerdoce ». Que Dieu nous considère capables de cela, que de cette manière il appelle les hommes à son service et qu’ainsi de l’intérieur il se lie à eux : c’est ce que, en cette année, nous voulions considérer et comprendre à nouveau. Nous voulions réveiller la joie que Dieu nous soit si proche, et la gratitude pour le fait qu’il se confie à notre faiblesse ; qu’il nous conduise et nous soutienne jour après jour. Nous voulions aussi ainsi montrer à nouveau aux jeunes que cette vocation, cette communion de service pour Dieu et avec Dieu, existe – et plus encore, que Dieu est en attente de notre « oui ».

Télévision Sel + Lumière a présenté en direct la messe de clôture de l’année sacerdotale et la représentera à 15h30HE en français.

Abus sexuels: ce que l’Église fait et ce qu’elle devrait faire

Perspective hebdo – spéciale de Pâques, avec Mgr Paul-André Durocher, évêque d’Alexandria-Cornwall

Le passage mort-résurrection s’apparente-t-il à la crise que traverse l’Église présentement ? Comment envisager la résurrection ? L’évêque d’Alexandria-Cornwall aborde de front la délicate question des abus sexuels et les moyens qu’il faut se donner pour prévenir d’autres blessures. Selon lui, on ne peut laisser à chaque diocèse la liberté d’adopter un protocole lorsque des allégations d’abus sexuels à l’endroit d’un membre du clergé ou d’un agent de pastorale sont transmises à l’Église. Une entaille à l’autorité de l’évêque sur son diocèse serait donc nécessaire.

Au-delà de la crise, Mgr Durocher aborde la question de la maturité affective du prêtre et des grands défis auxquels sont confrontés ces hommes d’Église. De la mort sur la Croix surgit la Vie donnée par Amour. C’est dans cette optique qu’a été réalisée cette entrevue.


Vendetta et chemin de Croix

 

Ce midi le diocèse de Québec a émis un communiqué rappelant les mesures du diocèse de Québec pour les cas d’abus sexuels par des prêtres. On peut également lire un message du cardinal Marc Ouellet:

La question des abus sexuels commis par des prêtres est un drame innommable qui affecte tous les catholiques. Je suis moi-même profondément troublé à la confirmation de chaque cas.  Tel qu’étayé dans ce communiqué, je tiens fort à notre politique de tolérance zéro sur la question.

Je dénonce toutefois le procès d’intention véhiculé présentement par plusieurs médias visant à mêler le pape Benoît XVI à la dissimulation de cas d’abus sexuels. Le Saint-Père a toujours témoigné du même esprit de tolérance zéro à ce sujet, et ce lors de chacune de ses responsabilités menant à son pontificat. Prétendre le contraire, c’est se tromper profondément sur cet homme de compassion et de justice.

À l’aube de la Semaine sainte de cette Année sacerdotale, ma prière va à toutes les victimes de cas d’abus sexuels pour qui l’actualité rappelle de douloureux souvenirs. « Plus jamais », voilà mon plus grand souhait pour elles et notre Église.

Il y a une semaine, Mgr Pierre Morissette, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada et évêque de Saint-Jérôme, dénonçait déjà le procès d’intention fait à l’endroit de Benoît XVI. Sept jours plus tard, la situation ne s’est guère apaisée, au contraire. Si les propos du cardinal Ouellet sont d’abord pour les victimes d’abus par des prêtres, il prend clairement la défense du Pape qui, selon lui, aurait toujours été guidé par une politique de ‘tolérance zéro’. Tolérance zéro est la nouvelle politique des croyants en Église qui attendent que leurs évêques et leurs prêtres aient le leadership et l’intégrité qu’exige leur position.

La tempête médiatique aux allures de vendetta lancée par le New York Time depuis deux jours rend très difficile tout discernement ou toute réflexion.  Si l’Église institution se replie sur elle-même, qu’en sera-t-il de la confiance des croyants envers elle et les hommes qui la dirigent ? Il importe que l’institution, tout en étant la plus transparente possible, n’adopte pas une attitude défensive, même si elle est attaquée de toutes parts. Elle doit demeurer à l’écoute des signes des temps, à l’écoute des homme et des femmes qui, bien qu’ébranlés, cherchent toujours le chemin du bonheur et de la vie. Ce chemin, le Christ nous l’a montré par sa croix et continue de le faire à travers sa Parole.

À la veille de la Semaine Sainte, nous sommes appelés à accepter nos torts, demander pardon, pardonner, aller de l’avant et devenir meilleurs. Cela vaut pour chacun de nous. Cela vaut pour l’Église.

Lettre pastorale de Benoît XVI aux catholiques d’Irlande

(NDLR: Nous publions l’intégral de la lettre de Benoît XVI aux catholiques d’Irlande signée le 19 mars et rendue publique à Rome à midi samedi. Nous publions ici la version officielle en français. Le Vatican a également colligé des ressources et autres documents pontificaux liés au sujet des abus sexuels sur une page spéciale.)

Lettre pastorale du Saint-Père Benoît XVI aux catholiques d’Irlande

1. CHERS FRERES ET SŒURS DE L’EGLISE EN IRLANDE, c’est avec une profonde préoccupation que je vous écris en tant que Pasteur de l’Eglise universelle. Comme vous, j’ai été profondément bouleversé par les nouvelles apparues concernant l’abus d’enfants et de jeunes vulnérables par des membres de l’Eglise en Irlande, en particulier par des prêtres et des religieux. Je ne peux que partager le désarroi et le sentiment de trahison que nombre d’entre vous ont ressenti en prenant connaissance de ces actes scandaleux et criminels et de la façon dont les autorités de l’Eglise en Irlande les ont affrontés.

Comme vous le savez, j’ai récemment invité les évêques irlandais à une rencontre ici, à Rome, pour rendre compte de la façon dont ils ont affronté ces questions par le passé et indiquer les mesures qu’ils ont prises pour répondre à cette grave situation. Avec certains prélats de la Curie romaine, j’ai écouté ce qu’ils avaient à dire, tant individuellement qu’en groupe, tandis qu’ils présentaient une analyse des erreurs commises et des leçons apprises, et une description des programmes et des protocoles aujourd’hui mis en place. Nos réflexions ont été franches et constructives. Je nourris l’espoir que, par conséquent, les évêques se trouvent à présent dans une position plus forte pour accomplir le devoir de réparer les injustices du passé et pour affronter les thèmes plus vastes liés à l’abus des mineurs selon des modalités conformes aux exigences de la justice et aux enseignements de l’Evangile.

2. Pour ma part, compte tenu de la gravité de ces fautes, et de la réponse souvent inadéquate qui leur a été réservée de la part des autorités ecclésiastiques dans votre pays, j’ai décidé d’écrire cette Lettre pastorale pour vous exprimer ma proximité et vous proposer un chemin de guérison, de renouveau et de réparation.

En réalité, comme de nombreuses personnes dans votre pays l’ont observé, le problème de l’abus des mineurs n’est pas propre à l’Irlande, ni à l’Eglise. Toutefois, le devoir qui se présente désormais à vous est celui d’affronter le problème des abus qui ont lieu au sein de la communauté catholique irlandaise et de le faire avec courage et détermination. Personne ne peut imaginer que cette situation douloureuse sera résolue dans de brefs délais. Des progrès positifs ont été accomplis, mais il reste encore beaucoup à faire. La persévérance et la prière sont nécessaires, ainsi qu’une grande confiance dans la force de guérison de la grâce de Dieu. [Read more…]