Le condom: LA solution!

Ah Ah… On s’y attendait bien que la question du condom rebondisse sur le Pape durant son voyage en Afrique…  Quoi ? Il ne pense pas que c’est la solution au problème du sida ? Grande nouvelle mesdames et messieurs les journalistes ! 

Benoît XVI  a raison de prôner l’idéal chrétien. Le condom ne règle pas le problème du Sida en Afrique (ou ailleurs…) Il donne une fausse sensation de sécurité quand toutes les études s’entendent pour dire qu’il est vraiment efficace à 90-95% contre le sida… Jouez à la roulette russe 1 fois sur 10 ? Est-ce vraiment la clé pour éradiquer l’épidémie ? Pas sûr, pas sûr…  

Sur le terrain, les catholiques font tout pour éduquer la population et plusieurs choisissent d’offrir des préservatifs dans certains cas. Est-ce que l’Église doit toutefois arrêter de promouvoir son idéal pour autant ? Je ne crois pas. Quand quelqu’un choisit toutefois, en toute connaissance de cause, de ne pas s’abstenir dans des relations à risque, les intervenants catholiques ne diront jamais de ne pas utiliser de préservatifs ! Voilà une approche beaucoup plus sage que la distribution aveugle de condoms…

Excommunier l’excommunication…

La tempête médiatique émanant du Brésil continue de faire des ravages. La blogosphère s’insurge contre cette excommunication dont nous vous parlions plus tôt cette semaine.

 

Pour l’évêque auxiliaire de Genève, Mgr Pierre Farine, l’excommunication est une sanction qui n’a plus sa place : « Je crois que cette arme ne doit plus être utilisée car elle n’est pas comprise » a expliqué Mgr Pierre Farine à un quotidien suisse. « Si on commence à excommunier ces personnes, pourquoi pas les exploiteurs financiers? Non, aujourd’hui cette arme a quelque chose d’anachronique ».

 

Plusieurs évêques français se sont exprimés sur cette affaire. Certains ont même écrit à l’évêque brésilien au cœur du débat. On retrouve sur le site de l’épiscopat français toutes ces lettres et commentaires.
C’est maintenant au tour des évêques québécois de s’exprimer sur la question. Voici leur message qui vient tout juste de nous être communiqué:

Avortement et excommunication au Brésil
Déclaration du président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec

Les viols d’enfants et l’inceste sont des crimes abjects qui nous inspirent horreur et dégoût.  Nous avons peine à exprimer la douleur et la tristesse que nous ressentons devant le drame épouvantable que vivent trop d’enfants et de familles confrontés à ces agressions inhumaines.
Le cas de la fillette brésilienne ainsi violée depuis des années et devenue enceinte est une tragédie sans nom.  Nous portons ce drame comme une autre manifestation du mystère du mal en ce monde et nous supplions le Seigneur de toute compassion, dans la prière, pour que cette enfant puisse être entourée de tout l’amour et de tous les soins possibles.

Nul besoin d’insister sur le fait que l’agresseur de cette petite fille doit être arrêté et jugé. Le processus judiciaire n’effacera pas toute la souffrance entourant ce drame mais il sera au moins la voix de la réprobation ressentie universellement devant une telle calamité.
La mère de l’enfant était confrontée à une situation humainement intenable. La petite était enceinte. Avec une équipe médicale, elle a décidé d’interrompre cette grossesse. On devine sans peine le calvaire qu’elle a vécu et qu’elle continue à vivre.
Bien sûr, l’avortement est aussi une tragédie et, sur le plan moral, c’est une faute très grave. Et oui, le Code de Droit canonique — le recueil des lois de l’Église catholique — prévoit l’excommunication de quiconque “procure un avortement”. Mais le même Code énumère aussi toutes les circonstances qui peuvent faire qu’une peine canonique ne s’appliquera pas ou sera atténuée. C’est notamment le cas quand une personne “a agi forcée par une crainte grave” (article 1324).
Nous invitons tous les catholiques et tous les croyants à se tourner vers le Seigneur, dans le secret de leur cœur, et à s’unir à notre prière pour toutes les personnes touchées par ce drame. En ce temps du Carême, nous prions aussi pour tous ceux et celles qui, à travers le monde,  voient leur vie déchirée quand des enfants sont maltraités et violentés. Et, à la suite du Christ, nous osons prier pour la conversion des criminels dont les actes ont des conséquences aussi affreuses.

+ Martin Veillette
Président
Assemblée des évêques catholiques du Québec

Une lettre qui permettra de calmer le jeu. Rarement ai-je vu des catholiques de tous horizons aussi horripilés par une décision d’un évêque… La place et l’usage de l’excommunication fera sûrement l’objet de débats palpitants dans les semaines à venir.

Exacerber la peur de l’inconnu

J’en avais glissé un mot dans un précédent blogue, le gouvernement québécois s’apprête à offrir sans frais à toutes les femmes enceintes le test de dépistage de la trisomie 21. Un dossier au Téléjournal de Radio-Canada en faisait état hier soir.

La peur des parents devant l’inconnu est tout à fait compréhensible. En offrant et en suggérant ce test, on exacerbe cette peur: pensez-y vraiment deux fois avant de vouloir mettre au monde un enfant différent ! Chaque enfant trisomique influence positivement un nombre incroyable de personnes dans sa courte existence. Chapeau à tous les parents qui laissent la chance au coureur… ces coureurs de fond qui chamboulent nos vies pour le mieux en nous faisant découvrir l’essentiel. La joie profonde et mystérieuse d’un enfant trisomique est bouleversante!
Avant d’avorter un tel enfant, chaque parent devrait passer une journée avec une personne trisomique. L’inconnu se transformerait soudainement en un projet familial qui bien que fou aux yeux de plusieurs est basé sur un amour inconditionnel pour l’enfant que l’on a conçu dans l’amour et qui mérite d’y goûter.

La lettre de Benoît XVI aux évêques du monde sur l’affaire Williamson…

… et la levée des excommunications contre la Fraternité St-Pie X. Beaucoup l’attendaient. La voici.

Ces précédentes réponses lors d’audiences générales et après la prière de l’Angélus du dimanche m’avaient beaucoup plu. Cette lettre pleine d’humilité m’impressionne. Un mea culpa intelligent digne de Benoît XVI qui, contrairement à d’autres figures d’autorité en Église, manie très bien la communication.

L’Église en prend plein la gueule…

Quelle incompréhension totale de l’Église dans les nombreux reportages et commentaires qui inondent les médias à la suite de l’avortement de cette jeune fille brésilienne. Quelle triste histoire. Aucune figure d’autorité dans l’Église ne s’est levée au Brésil pour excommunier l’équipe médicale et les parents de la jeune fille. L’excommunication est automatique lorsqu’il y a avortement (le terme exact est latæ sententiæ) et les médias brésiliens ont sauté sur l’occasion pour en faire des unes sensationnalistes sur le dos de cette pauvre famille qui devrait avoir toute l’intimité possible ces jours-ci.L’Église est bien sûr attristée et souffrante devant des cas extrêmes comme celui-ci. Elle ne veut pas jouer le jeu de classer ce qui est pire entre le viol et l’avortement. Les deux actes créent une immense souffrance. Mais devant un barrage de questions, le Cardinal Re a dit que le viol est un mal terrible, mais qui n’excuse pas l’avortement d’un enfant à naître. Les médias ont fait leur choux gras de cette déclaration en la dénaturant de toutes les façons inimaginables.  La question philosophique est complexe: est-ce qu’un mal excuse la création d’un autre mal? Choix difficile s’il en est un. Pour l’Église, le droit à la vie de l’enfant à naître l’emporte. Pas facile à défendre cette position dans un cas comme celui-ci, surtout quand votre position sera présentée tout de travers. Ouf ! Je vais méditer sur tout cela en ce début de neuvaine à saint Joseph…

Benoît, j’ai confiance en toi…

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Belle initiative que ce site Web lancé en ce temps de carême par de jeunes laïcs français pour soutenir le pape Benoît XVI (voir le Zoom de ce soir).

Je vous invite à y signer le manifeste, y laisser une prière ou une chanson et surtout, écouter l’excellente entrevue du trio à l’origine de ce projet sur les ondes de Radio Notre-Dame. Poursuivez l’écoute après les infos, car l’entrevue dure beaucoup plus longtemps que le segment d’ouverture. Elle vaut vraiment le déplacement!

  

Dépister l’amour

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Après un an de réflexion, le commissaire à la santé et au bien-être du Québec, M. Robert Salois, recommande que toutes les femmes doivent avoir accès gratuitement à un test de dépistage du syndrome de Down (trisomie 21). Cette gratuité est déjà offerte dans plusieurs provinces canadiennes et pour le commissaire, ce test aidera les parents à prendre des «décisions éclairées» sur leur avenir.

Le diagnostic de la trisomie 21 est offert gratuitement dans le système de santé québécois aux femmes de 35 ans et plus par amniocentèse. Ce procédé est toujours controversé, car il augmente drastiquement la possibilité d’une fausse couche.

La lecture de la consultation entourant cette décision est fort intéressante et disponible en ligne. On y parle entre autres de la quête de l’enfant parfait. Je vous partage un extrait :

Souhaiterons-nous dépister tout handicap, anomalie ou déficience aussitôt que nous le pourrons ? De poser cette question sous-entend non seulement qu’il est possible, dans notre société, de rechercher une certaine perfection, mais aussi que celle-ci peut être guidée par une conception claire de ce que représente la normalité.
La recherche d’une certaine perfection dans le domaine de la procréation se traduit par la « quête de l’enfant parfait ». Selon les acteurs consultés, cette quête est un leurre, car non seulement il est impossible de détecter tous les problèmes de santé avant la naissance, la trisomie 21 n’étant qu’un état parmi d’autres, mais même si un enfant naît bien portant, d’autres problèmes peuvent survenir plus tard pendant sa croissance.
Cette quête de l’enfant parfait est accentuée par l’apparente disponibilité de moyens pour l’atteindre, entre autres la génétique, même si ce n’est qu’à l’échelle des perceptions. Enfin, alors que l’autonomie décisionnelle parentale en matière de procréation n’est pas remise en question, il est important de réaliser que les perceptions des futurs parents sont influencées par celles de la société. Ainsi, certains contextes sociaux, qui accompagnent le dépistage et le diagnostic prénataux, pourraient favoriser l’avortement sélectif, comme le démontrent certaines études (Santé Canada, 2002, p. 5).

« Non, nous ne souhaitons pas l’avortement sélectif », répond le comité de consultation. Paradoxalement, « l’autonomie décisionnelle parentale » le permet.

De très bonnes questions sont posées dans ce document de 154 pages :

…pourquoi avoir ciblé la trisomie 21 ? Pour plusieurs, il semblait incompréhensible que cette condition ait été choisie en premier lieu pourun dépistage prénatal, alors qu’elle est viable, qu’aucune solution thérapeutique n’est suggérée pour faire suite à un résultat positif du dépistage et du diagnostic, et que l’avortement ou la poursuite de la grossesse sont les deux seules options possibles. Par ailleurs, la qualité de vie des personnes présentant la trisomie 21 est souvent bonne et, quoiqu’elles nécessitent des soins et une attention particulière, elles représentent aussi une source de joie pour leur entourage.

Avec cette prémisse, on pourrait s’attendre à remettre en question ce dépistage à n’importe quel âge, mais non. Le document prétend que l’on ne peut revenir sur des « acquis ». Si ces « acquis » sont disponibles à quelques-uns, il faut les offrir à tous.

Il faut lire le document pour voir par quelles voies le comité réussit à monter en dogme le sacro-saint droit de choisir. Un droit de choisir qui se traduit, comme des statistiques françaises nous l’apprennent, par la solution choisie chez 90% des parents qui apprennent que leur enfant aura la trisomie 21 : l’avortement.

***

Ce qui me frappe toujours avec cette question des enfants trisomiques, c’est que tous les parents qui ont perduré durant les moments plus difficiles avec ces enfants ne remettent jamais en question leur choix d’avoir mis au monde un enfant différent.

J’ai la chance d’en connaître plusieurs. Il faut les entendre nous dire leur immense joie d’avoir cet enfant qui amène une dimension nouvelle à la famille. Une capacité d’aimer incroyable. Le dépistage ouvre la porte à un choix que je ne peux comprendre: enlever la vie à un enfant qui est simplement différent et dont le potentiel est fascinant.

Prions pour donner la force aux parents qui se retrouvent devant ce choix. Une force surhumaine souvent bien difficile à trouver sans une immense foi en Dieu.

Nouvelles technologies, nouvelles relations… et une chaîne « Youtube ».

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par Jasmin Lemieux-Lefebvre

Un jour avant la fête de saint François de Sales, patron des journalistes, le Vatican a rendu public le message papal annuel pour la Journée mondiale des communications sociales qui se déroulera cette année le 24 mai prochain.

Le thème choisi, « Nouvelles technologies, nouvelles relations. Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d’amitié », a été présenté lors du lancement de la chaîne vidéo du Vatican sur le populaire site youtube.com (disponible seulement en anglais, italien, espagnol et allemand pour l’instant).

Les nouveaux gadgets technologiques ne viennent jamais avec des modes d’emploi pour encadrer leur usage. Ce message louange l’apport positif de ces nouveaux vecteurs de communication tout en proposant une sage utilisation de ces plateformes.

Les principaux défis : ne pas tomber dans un monde virtuel qui nous fait oublier nos responsabilités premières et saisir au bond l’incroyable potentiel d’Évangélisation que nous offre ces nouveaux médias.

En attendant la chaîne française sur « Youtube », je me suis tout de suite abonné à la chaîne en guise de soutien. Faut dire qu’en lisant la hargne contre l’Église catholique présente sur les blogues touchant les nouveaux médias suite à ce lancement, je me suis rappelé qu’il y a encore beaucoup à faire pour tasser cette vision dépassée et étroite qui perdure chez trop de gens, souvent blessés.

Le message évangélique, partagé par notre Église, a toujours été présent sur les grandes tribunes. Sel + Lumière fait son bout de chemin avec la télé numérique au Canada et touche de plus en plus de monde sur le Web ou avec ses DVD. Mais c’est toujours et encore dans les relations personnelles, forts de tout ce que l’on a pu accumuler dans notre vécu, notre communauté chrétienne et, pourquoi pas, nos médias catholiques, que l’on peut être de vrais témoins d’espérance.

Revisiter Familiaris Consortio

Comme mentionné dans le Zoom du jour, le Cardinal Marc Ouellet a invité les participants de la 6e rencontre des familles qui se tient présentement au Mexique à revisiter l’exhortation apostolique de Jean-Paul publiée en novembre 1981, Familiaris Consortio.

Vous pouvez la lire intégralement sur le site du Vatican.

Pour consulter la conférence de l’archevêque de Québec, visitez le site Web de Zenit.

J’en profite pour vous donner un lien vers un résumé de l’excellente conférence du prédicateur de la Maison pontificale, le père Raniero Cantalamessa.

92 % des Canadiens ne connaissent pas le vide juridique sur l’avortement. Pourquoi n’avez-vous pas entendu parler de cette nouvelle ?

Un sondage mettant en lumière l’absence de consensus national sur la question de l’avortement vient d’être encore une fois totalement ignoré par la presse.

Cette fois-ci, on ne peut blâmer ce choix sur le fait que cette étude soit faite par une obscure maison de statistiques. Selon un récent sondage de la sérieuse firme Angus-Reid, commandé par le groupe pro-vie The Signal Hill, 92% des Canadiens ne savent pas que l’avortement est disponible au pays tout au long des 9 mois de la grossesse.

Des études précédentes montraient que 46 % des Canadiens approuvaient le statu quo légal sur la question. On peut se demander si la réponse aurait été la même si l’on avait rappelé aux sondés que l’on peut avorter à n’importe quel moment de la grossesse au Canada.

Pourquoi ce silence autour d’une information si importante ?

1) L’immense majorité des médias semble avoir décidé que le débat sur l’avortement au pays est clos. Seulement un petit groupe d’extrémistes religieux tient à légiférer sur les droits du fœtus à la vie. Ils ne sont pas représentatifs de la population en général, donc on les ignore.

2) Les groupes militants pro-vie qui ont les moyens de commander des sondages de ce genre se situent presque en exclusivité au Canada anglais. La traduction systématique en français des documents de presse n’est pas monnaie courante. Faut dire qu’après avoir essayé pendant des années de communiquer en français sans succès aux médias du Québec, plusieurs ont dû se lasser.

3) Le groupe rendant public ce sondage, The Signal Hill, ne donne aucune information sur la méthodologie employée. Quand le sondage a-t-il été fait ? Combien de personnes ont été sondées ? Quelle est la marge d’erreur ? En ne répondant pas à ces simples questions, le groupe s’expose à un refus de partager la nouvelle basée sur de simples critères techniques.

Nous avons encore beaucoup à faire pour toucher les cœurs en ce qui a trait au respect de la vie. Nous avons besoin de la courroie de transmission que sont les médias pour pouvoir, petit à petit, changer les mentalités. Pour dix refus de toucher à cette question, il y a aura toujours un journaliste ou commentateur qui se mouillera. Les organisations pro-vie ont bien sûr à améliorer leur communication, mais il faut à tout le moins lever notre chapeau à tous ceux et celles qui ne tolèrent pas un silence dévastateur pour tant d’enfants à naître.

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