Discours du pape François aux prêtres, religieux et séminaristes en Ouganda

Voici la traduction complète du discours improvisé du pape François aux prêtres, religieux et séminaristes de l’Ouganda le 28 novembre 2015. Traduction par ZENIT l’agence d’information internationale. 

Je veux vous dire trois choses.

Dans le livre deutéronome Moïse rappelle à son peuple : “N’oubliez pas!”

Et il le répète plusieurs fois dans le Livre: « N’oubliez pas! N’oubliez pas tout ce que Dieu a fait pour son peuple ! »

La première chose que je veux vous dire, c’est que vous ayez, que vous demandiez la grâce de la mémoire.

Comme je l’ai dit aux jeunes: au sang des catholiques ougandais, est mêlé le sang des martyrs.

Ne perdez pas la mémoire de cette semence, pour qu’ainsi elle continue de grandir.

Le grand ennemi de la mémoire c’est l’oubli, mais ce n’est pas le plus dangereux ! Le plus dangereux ennemi de la mémoire, c’est de s’accoutumer à hériter les biens des anciens.

L’Eglise de l’Ouganda ne peut pas s’habituer, jamais, au souvenir au souvenir lointain de ses martyrs.

Martyr veut dire témoin, pour être fidèles à cette mémoire, l’Eglise de l’Ouganda doit continuer d’être témoin.  Elle ne doit pas vivre de ses rentes.

La gloire passée a été  au début, mais vous devez construire la gloire future.

Et c’est la charge que l’Eglise vous donne, c’est d’être des témoins  comme ont été des témoins les martyrs qui ont donné leur vie pour l’Evangile.

Pour être des témoins – deuxième mot que je veux vous dire – : la fidélité est nécessaire. La fidélité à la mémoire. Fidélité à la vocation propre. Fidélité au zèle apostolique.

Fidélité signifie suivre le chemin de la sainteté. Fidélité signifie faire ce qu’on fait les témoins d’autrefois, être missionnaire.

Peut-être y a-t-il ici en Ouganda des diocèses qui ont de nombreux prêtres et des diocèses qui en ont peu. La fidélité, cela veut dire s’offrir à l’évêque pour aller dans un autre diocèse qui a besoin de missionnaires (applaudissements). Et ce n’est pas facile.

Fidélité cela veut dire persévérance dans la vocation. Ici je remercier d’une façon spéciale l’exemple de fidélité que m’ont donné les sœurs de la Maison de la miséricorde. Fidélité aux pauvres, fidélité aux malades, aux plus nécessiteux, parce que le Christ est là.

L’Ouganda a été arrosé par le sang des martyrs, aujourd’hui il est nécessaire de continuer de l’arroser et pour cela nouveaux défis, nouveaux témoins, nouvelles missions ! Sinon, vous allez perdre la grande richesse que vous avez, et la perle de l’Afrique, on finira par la regarder dans un musée. Parce que le démon attaque ainsi, peu à peu.

Je suis en train de parler pas seulement pour les prêtres mais aussi pour les religieux.

Aux prêtres je veux dire de façon spéciale à propos du problème de la « missionarité », que les diocèses avec beaucoup de clergé s’offrent à ceux qui ont moins de clergé. De façon à ce que l’Ouganda continue d’être missionnaire.

Mémoire, qui signifie fidélité, et fidélité, qui est seulement possible par la prière.

Si un religieux, une religieuse ou un prêtre cesse de prier ou prie peu, parce qu’il dit qu’il a beaucoup de travail, il a commencé à perdre la mémoire. Il a déjà commencé à perdre la fidélité.

Prière qui signifie aussi humiliation. L’humiliation d’aller avec régularité au confesseur, pour dire ses propres péchés. On ne peut pas boiter des deux pieds. Les religieux, les religieuses, les prêtres, nous ne pouvons pas mener une double vie. Si je suis pécheur, si je suis pécheresse, je demande pardon. Mais ne tenez pas caché ce que Dieu ne veut pas. Ne tenez pas caché le manque de fidélité.

N’enfermez pas la mémoire dans une armoire.

Mémoire, nouveaux défis, fidélité à la mémoire et prière. La prière commence toujours en se reconnaissant pécheur.

Avec ces trois colonnes la perle de l’Afrique continuera d’être une perle et pas seulement un mot du dictionnaire (applaudissements).

Que les martyrs qui ont donné de la force à cette Eglise nous aident à aller de l’avant dans la mémoire, dans la fidélité, et dans la prière.

Et, je vous en prie, n’oubliez pas de prier pour moi.
Merci beaucoup.

Maintenant je vous invite à prier tous ensemble un Ave Maria à la Vierge.

Que Dieu vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Discours du pape François aux jeunes en Ouganda

Voici la traduction complète du discours improvisé du pape Francois aux jeunes en Ouganda. Traduction par ZENIT l’agence d’information internationale. 

[en anglais]

Merci beaucoup pour le Rosaire que vous avez prié pour moi: merci, merci beaucoup!
Merci de votre présence, de votre présence enthousiaste!
Merci à Linette et merci à Manuel pour vos réflexions.

[en espagnol]

Il y a une question à la base de toutes les questions que Linette et Manuel m’ont posées: Pourquoi y a-t-il des divisions, des luttes, des guerres, des morts, des fanatismes, des destructions entre jeunes? Pourquoi y-a-t-il ce désir de nous détruire? Dans les premières pages de la Bible, après toutes ces merveilles que Dieu a faites, un frère tue un autre frère. L’esprit du mal nous porte à la destruction; et l’esprit du mal nous porte à la désunion, il nous porte au tribalisme, à la corruption, à la dépendance de la drogue; il nous porte à la destruction par les fanatismes.

Manuel demandait: Que faire pour qu’un fanatisme idéologique ne nous vole pas un frère, ne nous vole pas un ami? Il y a un mot qui peut paraître gênant, mais je ne veux pas l’éviter parce que vous l’avez employé avant moi: vous l’avez employé quand vous m’avez apporté les rosaires, en comptant les rosaires que vous avez prié pour moi; l’Évêque l’a employé aussi quand il a présenté ceux qui se sont préparés à cette visite par la prière. La première chose que je répondrai c’est qu’un homme perd le meilleur de son être humain, une femme perd le meilleur de son être humain, quand ils oublient de prier, parce qu’ils se sentent tout-puissants, parce qu’ils ne sentent pas le besoin de demander de l’aide devant tant de tragédies.

La vie est pleine de difficultés, mais il y a deux manières de voir les difficultés: ou bien tu les vois comme quelque chose qui te bloque, qui te détruit, qui t’immobilise, ou bien tu les vois comme une opportunité. A toi de choisir. Pour moi, une difficulté est-elle un chemin de destruction, ou bien est-elle une opportunité, afin de surmonter en vue de mon bien, celui de ma famille, de mes amis, de mon pays?

Jeunes, garçons ou filles, nous ne vivons pas au Ciel, nous vivons sur la terre. Et la terre est pleine de difficultés. La terre est pleine, non seulement de difficultés, mais aussi d’invitations à dévier vers le mal. Mais il y a une chose que vous tous, les jeunes, vous avez, qui dure un temps plus ou moins long: la capacité de choisir. Quel chemin je veux choisir? Laquelle de ces deux choses je veux choisir: me laisser vaincre par la difficulté, ou bien transformer la difficulté en une opportunité pour vaincre, moi?

Certaines des difficultés que vous avez mentionnées sont de vrais défis. Et donc, d’abord une question: Voulez-vous remporter les défis, ou bien vous laisser vaincre par les défis? Etes-vous comme ces sportifs qui, lorsqu’ils viennent jouer au stade,veulent gagner, ou bien êtes-vous comme ceux qui ont déjà vendu la victoire aux autres et se sont mis l’argent dans la poche? A vous de choisir!

Un défi que Linette a mentionné est celui du tribalisme. Le tribalisme détruit une nation; le tribalisme c’est avoir les mains cachées derrière le dos et avoir une pierre dans chaque main pour la lancer contre l’autre. Le tribalisme se vainc seulement avec l’oreille, avec le cœur, et avec la main. Avec l’oreille: Quelle est ta culture? Pourquoi es tu comme ça? Pourquoi ta tribu a-t-elle cette coutume? Ta tribu se sent-elle supérieure ou inférieure? Avec le cœur: une fois que tu as écouté avec les oreilles, la réponse: j’ouvre le cœur et je tends la main pour continuer à dialoguer. Si vous ne dialoguez pas et ne vous écoutez pas entre vous, alors il y aura toujours du tribalisme qui est comme un ver qui ronge la société. Aujourd’hui – ou plutôt hier, mais pour vous nous le faisons aujourd’hui – une journée de prière et de réconciliation a été déclarée. Je veux vous inviter maintenant, vous les jeunes – que Linette et Manuel viennent –, et tous nous nous tenons la main en signe contre le tribalisme. Nous sommes tous une nation! Nous sommes tous une nation! [la même phrase en anglais] Il faut que nos cœurs soient ainsi. Le tribalisme ce n’est pas seulement lever la main aujourd’hui – cela c’est le désir, c’est la décision –, mais le tribalisme est un travail de tous les jours. Vaincre le tribalisme est un travail de tous les jours; c’est un travail de l’oreille: écouter l’autre; un travail du cœur: ouvrir mon cœur à l’autre; un travail des mains: se donner la main l’un l’autre. Et maintenant donnons-nous la main les uns les autres.

Une autre question que Linette a posée porte sur la corruption. Et, dans le fond, elle me demandait:Peut-on justifier la corruption, le péché, par le seul fait que tous pèchent et sont corrompus? Comment pouvons-nous être chrétiens et combattre le mal de la corruption?

Je me rappelle que dans mon pays un jeune de 20-22 ans voulait se consacrer à la politique; il étudiait avec enthousiasme, il allait de ci de là, et il a trouvé un travail dans un ministère. Un jour il a dû décider d’une chose qu’il fallait acheter; alors il a demandé trois devis, il les a étudiés et il a choisi le plus économique, le plus avantageux. Puis il est allé au bureau de son chef pour qu’il signe. Pourquoi as-tu choisi cela? – Parce qu’il faut choisir le plus avantageux pour les finances du pays.– Non! Il faut choisir celui qui t’en met le plus dans la poche. Alors le jeune a répondu à son chef: Je suis venu faire de la politique pour faire grandirle pays. Et le chef lui a répondu: Et moi je fais de la politique pour voler! C’est un exemple, rien de plus. Mais il y a des cas de corruption, non seulement dans la politique, mais dans toutes les institutions, y compris le Vatican. La corruption est quelque chose qui nous rentre à l’intérieur. Elle est comme le sucre: il est doux, il plait, il est facile, et après on finit mal! Avec beaucoup de sucre facile, on finit diabétique et notre pays aussi devient diabétique!

Chaque fois que nous acceptons un «dessous-de-table» et que nous le mettons dans la poche, nous détruisons notre cœur, nous détruisons notre personnalité et nous détruisons notre pays. S’il vous plait, ne prenez pas goût à ce «sucre» qui s’appelle corruption. «Père, mais je vois que tous sont corrompus, je vois beaucoup de gens qui se vendent pour un peu d’argent, sans se préoccuper de la vie des autres…» Comme en tout chose, il faut commencer. Si tu ne veux pas de corruption dans ton cœur, dans ta vie, dans ton pays, toi commence ! Si toi tu ne commences pas, le voisin ne commencera pas non plus. La corruption nous vole aussi la joie, elle nous vole la paix. La personne corrompue ne vit pas en paix.

Un jour – est c’est un fait historique, ce que je vous raconte maintenant – un homme est mort dans ma ville. Nous savions tous qu’il était un grand corrompu. J’ai demandé, quelques jours après, comment ont été les funérailles. Et une femme, avec beaucoup d’humour, m’a répondu: «Père, ils ne réussissaient pas à fermer la bière, le cercueil, parce qu’il voulait emporter tout l’argent qu’il avait volé». Ce que vous volez par la corruption, restera ici, et un autre en fera usage. Mais cela restera aussi – et gravons bien cela dans le cœur – dans le cœur de beaucoup d’hommes et de femmes qui sont restés blessés par ton exemple de corruption. Cela restera dans le manque de bien que tu aurais pu faire et que tu n’as pas fait. Cela restera dans les enfants malades, affamés, parce que l’argent qui était pour eux, tu l’as gardé pour toi, à cause de ta corruption. Jeunes, la corruption n’est pas un chemin de vie: elle est un chemin de mort!

Il y avait une question sur la manière d’utiliser les moyens de communication pour répandre le message d’espérance du Christ, et promouvoir des initiatives justes afin que se voit la différence. Le premier moyen de communication c’est la parole, c’est le geste, c’est le sourire. Le premier geste de communication, c’est la proximité. Le premier geste de communication, c’est chercher l’amitié. Si vous parlez bien entre vous, si vous vous souriez, si vous vous rapprochez comme des frères; si vous êtes proches les uns des autres, même si vous appartenez à des tribus différentes; et si vous êtes proches de ceux qui en ont besoin, de celui qui est pauvre, le malade, l’abandonné, la personne âgée que personne ne visite, ces gestes de communication sont plus contagieux que n’importe quelle chaîne de télévision.

A ces trois questions, je crois que j’ai dit quelque chose qui pourra vous aider. Mais demandez beaucoup à Jésus, priez le Seigneur pour qu’il vous donne la force de détruire le tribalisme: tous frères; pour qu’il vous donne le courage de ne pas vous laisser corrompre, pour qu’il vous donne le désir de pouvoir communiquer entre vous comme des frères, par un sourire, par une bonne parole, par un geste d’aide et par la proximité.

Manuel aussi a posé des questions incisives. Je m’intéresse à la première qu’il a posée : Que pouvons-nous faire pour empêcher le recrutement des personnes qui nous sont chères? Que pouvons-nous faire pour les faire revenir? Pour répondre à cela nous devons savoir pourquoi un jeune, plein d’illusions, se laisse recruter ou bien cherche à être recruté: il se détache de sa famille, de ses amis, de sa tribu, de son pays; il se détache de la vie, pour apprendre à tuer. Et c’est une question que vous devez adresser à toutes les autorités. Si un jeune, garçon ou fille, n’a pas de travail, ne peut pas étudier, que peut-il faire? Il peut être délinquant, ou bien tomber dans une forme de dépendance, ou bien se suicider – en Europe, les statistiques des suicides ne sont pas publiées –, ou bien s’enrôler dans une activité qui lui donne un but dans la vie, en le trompant, en le séduisant.

La première chose que nous devons faire pour éviter qu’un jeune soit recruté ou cherche à se faire recruter c’est l’instruction et le travail. Si un jeune n’a pas de travail, quel avenir l’attend? De là vient l’idée de se laisser recruter. Si un jeune n’a pas la possibilité de recevoir une éducation, même une éducation d’urgence, de petits métiers, que peut-il faire? Là se trouve le danger! C’est un danger social, qui nous dépasse, et qui dépasse aussi le pays, parce qu’il dépend d’un système international qui est injuste, qui met au centre de l’économie non pas la personne, mais le dieu argent. Que puis-je faire pour l’aider ou pour le faire revenir? Avant tout prier pour lui, mais prier fort. Dieu est plus fort que toute campagne de recrutement. Et ensuite, lui parler avec affection, avec sympathie, avec amour et avec patience. L’inviter a voir une partie de football, l’inviter à faire une promenade, l’inviter à rester ensemble dans le groupe, ne pas le laisser seul. C’est ce qui me vient à l’esprit maintenant.

Il y a certainement – c’est ta seconde question – des comportements qui font du tort, des comportements qui cherchent un bonheur passager, et qui finissent par te faire du tort. La question que tu m’as posée, Manuel, est une question de professeur de théologie: Comment pouvons-nous comprendre que Dieu est notre Père? Comment pouvons-nous voir la main de Dieu dans les tragédies de la vie? Comment pouvons-nous trouver la paix de Dieu? Écoute, cette question, des hommes et des femmes de partout dans le monde se la posent, d’une manière ou d’une autre; et ils ne trouvent pas d’explication. Il y a des questions pour lesquelles tu auras beau te casser la tête, tu ne trouveras pas d’explication.

Comment je peux voir la main de Dieu dans une tragédie de la vie? Il y a une seule… j’allais dire une seule réponse. Non, ce n’est pas une réponse; il n’y a qu’un seul chemin: regarder le Fils de Dieu. Dieu l’a livré pour nous sauver tous. Dieu lui-même s’est fait tragédie. Dieu lui-même s’est laissé détruire sur la croix. Et quand tu ne comprends pas quelque chose, quand tu es désespéré, quand le monde te tombe dessus, regarde la croix! Là se trouve l’échec de Dieu; là se trouve la destruction de Dieu. Mais là se trouve aussi le défi à notre foi: l’espérance. Parce que l’histoire ne se termine pas par cet échec,mais par la Résurrection qui nous a tous renouvelés.

Je vais vous faire une confidence – Il est midi… Avez-vous faim? – Alors je vais vous faire une confidence. Dans mes poches j’ai toujours deux choses: un rosaire pour prier; et une chose qui semble étrange, qui est ceci; et ceci c’est l’histoire de l’échec de Dieu, c’est une Via Crucis, une petite Via Crucis montrant comment Jésus a souffert depuis le moment où il a été condamné à mort, jusqu’au moment où il a été enseveli. Et avec ces deux choses je cherche à faire de mon mieux. Mais grâce à ces deux choses je ne perds pas l’espérance.

Une dernière question du théologien Manuel:Quelles paroles avez-vous pour les jeunes qui ne connaissent pas l’amour de leurs familles? Est-il possible de sortir de cette expérience? Il y a partout des enfants abandonnés, ou bien parce qu’ils ont été abandonnés à la naissance, ou bien parce que la vie les a abandonnés – la famille, les parents – et ils ne sentent pas l’affection de la famille. C’est pourquoi la famille est si importante. Défendez la famille! Défendez-la toujours. Partout il y a, non seulement des enfants abandonnés, mais aussi des personnes âgées abandonnées, qui sont là sans que personne ne les visite, sans personne qui les aime… Comment sortir de cette expérience négative d’abandon, de manque d’amour? Il y a un seul remède pour sortir de ces expériences: faire ce que moi je n’ai pas reçu. Si vous n’avez pas reçu de compréhension, soyez compréhensifs avec les autres; si vous n’avez pas reçu d’amour, aimez les autres. Si vous avez senti la douleur de la solitude, approchez-vous de ceux qui sont seuls. La chair se soigne avec la chair! Et Dieu s’est fait chair pour nous soigner. Nous aussi faisons de même avec les autres.

Bien, je crois qu’avant que l’arbitre ne siffle la fin, c’est le moment de terminer. Je vous remercie de tout cœur d’être venus, de m’avoir permis de parler dans ma langue maternelle… Je vous remercie d’avoir prier beaucoup de rosaires pour moi. Et, s’il vous plait, je vous demande de prié pour moi, parce que moi aussi j’en ai besoin, et beaucoup! Je compte sur les prières de tous. Et avant de nous en aller, je vous demande de vous mettre debout et prions ensemble notre Père du Ciel, qui a un seul défaut: il ne peut cesser d’être Père!

Discours du Pape à la Maison de la Charité

Le samedi 28 novembre, le pape François a rendu visite à la Maison de la Charité pour les personnes âgées et atteintes d’un handicap à Kampala en Ouganda. Voici le discours qu’il a prononcé:

 

Discours de Sa Sainteté le Pape François

Visite à la Maison de la Charité

Kampala, Nalukolongo

Samedi 28 novembre 2015

Chers amis,

Je vous remercie de votre accueil chaleureux. J’ai beaucoup désiré visiter cette Maison de la Charité, que le Cardinal Nsubuga a fondée ici à Nalukolongo. Ce lieu a toujours été lié à l’engagement de l’Église envers les pauvres, les handicapés et les malades. Ici, dans les premiers temps, des enfants ont été rachetés de l’esclavage et des femmes ont reçu une éducation religieuse. Je salue les Sœurs du Bon Samaritain, qui poursuivent cette œuvre excellente et je les remercie pour leurs années de service silencieux et joyeux dans l’apostolat.

Je salue aussi les représentants de nombreux autres groupes d’apostolat qui prennent soin des besoins de nos frères et de nos sœurs en Ouganda. Je pense en particulier au grand et fructueux travail  réalisé avec les malades du SIDA. Surtout, je salue ceux qui habitent dans cette Maison et dans d’autres semblables, et tous ceux qui bénéficient des œuvres de la charité chrétienne. Parce que cette maison est vraiment une maison ! Ici vous pouvez trouver affection et attention ; ici vous pouvez sentir la présence de Jésus notre frère, qui aime chacun de nous avec l’amour qui est le propre de Dieu.

Aujourd’hui, de cette Maison, je voudrais adresser un appel à toutes les paroisses et communautés présentes en Ouganda – et dans le reste de l’Afrique – à ne pas oublier les pauvres. L’Évangile nous impose de sortir vers les périphéries de la société et de trouver le Christ dans celui qui souffre et dans celui qui se trouve dans le besoin. Le Seigneur nous dit, avec des paroles qui sont sans équivoques, qu’il nous jugera sur cela ! Il est triste que nos sociétés permettent que les personnes âgées soient rejetées ou oubliées ! Il est déplorable que les jeunes soient exploités par l’esclavage actuel du trafic d’êtres humains ! Si nous regardons attentivement le monde qui nous entoure il semble qu’en de nombreux endroits l’égoïsme et l’indifférence se répandent. Combien de nos frères et sœurs sont victimes de la culture actuelle de l’ « utilise et jette », que génère le mépris surtout vis-à-vis des enfants qui ne sont pas encore nés, des jeunes et des personnes âgées !

En tant que chrétiens, nous ne pouvons pas simplement rester à regarder. Quelque chose doit changer ! Nos familles doivent devenir des signes encore plus évidents de l’amour patient et miséricordieux de Dieu, non seulement pour nos enfants et nos personnes âgées, mais aussi pour tous ceux qui se trouvent dans le besoin. Nos paroisses ne doivent pas fermer les portes et les oreilles au cri des pauvres. Il s’agit de la voie maitresse du disciple chrétien. C’est de cette manière que nous rendons témoignage au Seigneur, qui est venu non pour être servi mais pour servir. Nous montrons ainsi que les personnes comptent plus que les choses et que ce que nous sommes est plus important que ce que nous possédons. En effet, précisément en ceux que nous servons, le Christ se révèle lui-même chaque jour et prépare l’accueil que nous espérons recevoir un jour dans son Royaume éternel.

Chers amis, à travers des gestes simples, à travers des actes simples et dévoués qui honorent le Christ dans ses frères et sœurs les plus petits, nous faisons entrer la force de son amour dans le monde et nous le changeons réellement. Encore une fois je vous remercie pour votre générosité et pour votre charité. Je me souviendrai de vous dans mes prières et je vous demande, s’il vous plait de prier pour moi. Je vous confie tous à la tendre protection de Marie notre Mère et je vous donne ma Bénédiction.

Omukama Abakuume !  [Que Dieu vous protège]

Discours du Saint-Père lors de la rencontre avec les catéchistes et les enseignants Kampala, Ouganda

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Vous trouverez le discours du  Saint-Père à l’occasion de la rencontre avec les catéchistes et les enseignants de Kampala, Ouganda (Vendredi, 27 novembre 2015)

Chers catéchistes et enseignants,
Chers amis,

Je vous salue tous avec affection au nom de Jésus-Christ, notre Seigneur et Maître.

‘‘Maître’’. Quel beau titre ! Jésus est notre premier et plus grand maître. Saint Paul nous dit que Jésus a donné à son Eglise non seulement des apôtres et des pasteurs, mais aussi des maîtres, pour édifier le Corps entier dans la foi et dans l’amour. Avec les évêques, les prêtres et les diacres, qui ont été ordonnés pour prêcher l’Evangile et prendre soin du troupeau du Seigneur, en tant que catéchistes, vous avez une part importante dans l’annonce de la Bonne Nouvelle à chaque village et hameau de votre pays.

Je voudrais, avant tout, vous remercier pour les sacrifices que vous, ainsi que vos familles, vous faites, comme pour le zèle et le dévouement avec lesquels vous accomplissez votre importante charge. Vous enseignez ce que Jésus a enseigné, vous instruisez les adultes et vous aidez les parents à faire grandir leurs enfants dans la foi et vous portez à tous la joie et l’espérance de la vie éternelle. Merci pour votre dévouement, pour l’exemple que vous donnez, pour la proximité au peuple de Dieu dans sa vie quotidienne et pour toutes les manières dont vous semez et cultivez la foi sur cette immense terre. Merci spécialement d’enseigner aux enfants et aux jeunes comment prier.

Je sais que votre travail, bien que gratifiant, n’est pas facile. Je vous encourage, par conséquent, à persévérer, et je demande aux évêques et aux prêtres de vous aider par une formation doctrinale, spirituelle et pastorale, en mesure de vous rendre toujours plus efficaces dans votre œuvre. Même lorsque la charge semble lourde, que les ressources sont insuffisantes et les obstacles trop grands, il faut vous souvenir que votre œuvre est une œuvre sainte. L’Esprit-Saint est présent là où le nom du Christ est proclamé. Il est au milieu de nous chaque fois que nous élevons nos cœurs et notre esprit vers Dieu dans la prière. Il vous donnera la lumière et la force dont vous avez besoin ! Le message que vous portez s’enracinera d’autant plus Capture d’écran 2015-11-27 à 12.48.53profondément dans les cœurs des personnes que vous serez non seulement des maîtres, mais aussi des témoins. Que votre exemple fasse voir à tous la beauté de la prière, le pouvoir de la miséricorde et du pardon, la joie de partager l’Eucharistie avec tous les frères et sœurs !

La communauté chrétienne en Ouganda s’est accrue de façon remarquable grâce au témoignage des martyrs. Ils ont rendu témoignage à la vérité qui rend libre ; ils ont été disposés à verser leur sang pour demeurer fidèles à ce qu’ils savaient être bon, beau et vrai. Nous sommes aujourd’hui ici à Munyonyo, à l’endroit où le Roi Mwanga a décidé d’éliminer les disciples du Christ. Il n’a pas réussi dans cette tentative, comme le Roi Hérode n’a pas réussi à tuer Jésus. La lumière a brillé dans les ténèbres et les ténèbres n’ont pas prévalu (cf. Jn 1, 5). Après avoir vu le témoignage courageux de saint André Kaggwa et de ses compagnons, les chrétiens en Ouganda sont devenus encore plus convaincus des promesses du Christ.

Puisse saint André, votre Patron, et puissent tous les catéchistes ougandais martyrs obtenir pour vous la grâce d’être de sages maîtres, des hommes et des femmes dont les paroles soient pleines de grâce, d’un témoignage convainquant de la splendeur de la vérité de Dieu et de la joie d’Evangile ! Allez sans peur dans chaque ville et village de ce pays répandre la bonne semence de la Parole de Dieu, et ayez confiance dans sa promesse que vous retournerez joyeux, avec des gerbes plantureuses d’une récolte abondante !

Omukama Abawe Omukisa ! ( Que Dieu vous bénisse !)

Pape en Ouganda: Discours du Saint-Père aux autorités et au Corps Diplomatique

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Vous trouverez ci-dessous le discours officiel du Saint-Père aux Autorités et au Corps Diplomatique Entebbe au Palais de l’Etat d’Ouganda (Vendredi, 27 novembre 2015)

Monsieur le Président,
Honorables membres du Gouvernement,
Distingués Membres du Corps diplomatique,
Chers frères Evêques,
Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie pour votre accueil chaleureux, et je suis heureux d’être en Ouganda. Ma visite dans votre pays vise avant tout à commémorer le 50ème anniversaire de la canonisation des Martyrs de l’Ouganda par mon prédécesseur, le Pape Paul VI. Mais j’espère que ma présence ici sera aussi vue comme un signe d’amitié, d’estime et d’encouragement à tous les citoyens de cette grande nation.

Les Martyrs, catholiques et anglicans, sont de véritables héros nationaux. Ils rendent témoignage aux principes-guides exprimés dans la devise de l’Ouganda – Pour Dieu et pour mon Pays. Ils nous rappellent le rôle important que la foi, la rectitude morale et l’engagement pour le bien commun ont joué, et continuent de jouer  dans la vie culturelle, économique et politique de ce pays. Ils nous rappellent aussi que, malgré nos différentes croyances et convictions, nous sommes tous appelés à rechercher la vérité, à travailler pour la justice et la réconciliation, comme à nous respecter, nous protéger et à nous aider mutuellement en tant que membres de la même famille humaine. Ces hauts idéaux sont particulièrement requis chez des hommes et des femmes comme vous, qui sont chargés d’assurer la bonne et transparente  gestion, le développement humain intégral, une large participation à la vie nationale, ainsi qu’une distribution sage et juste des biens dont le Créateur a si généreusement doté cette terre.

Ma visite vise aussi à attirer l’attention sur l’Afrique dans son ensemble, sur sa promesse, ses espérances, ses luttes et ses succès. Le monde regarde l’Afrique comme le continent de l’espérance. L’Ouganda a été, en effet, béni par Dieu à travers d’abondantes ressources naturelles, que vous êtes appelés à administrer en tant que des gestionnaires responsables. Mais surtout, la nation a été bénie à travers ses habitants : ses familles fortes, ses jeunes, et ses personnes âgées. J’attends impatiemment la rencontre de demain avec les jeunes, à l’endroit desquels j’aurai des mots d’encouragement et d’exhortation. Qu’il est important qu’on leur donne de l’espérance, des opportunités d’éducation et d’un travail rémunéré, et surtout l’opportunité de partager pleinement la vie de la société ! Mais je voudrais aussi mentionner la bénédiction qui est la vôtre à travers les personnes âgées. Elles sont la mémoire vivante de chaque peuple. Leur sagesse et leur expérience devraient toujours être considérées comme une boussole qui peut aider la société à trouver la bonne direction face aux défis du présent, avec intégrité, sagesse et vision.

Ici, en Afrique de l’Est, l’Ouganda a fait montre d’un extraordinaire souci de l’accueil des réfugiés, en les aidant à rebâtir leurs vies dans la sécurité et dans le sens de la dignité dérivant d’une vie gagnée par un travail honnête. Notre monde, en proie aux guerres, à la violence et à de diverses formes d’injustice, expérimente un mouvement sans précédent de peuples. La façon dont nous les traitons est un test de notre humanité, de notre respect de la dignité humaine et surtout de notre solidarité envers nos frères et sœurs dans le besoin.

Bien que ma visite soit brève, j’espère encourager les nombreux efforts en cours pour prendre soin des pauvres, des malades et de ceux qui sont, de quelque manière, en difficulté. C’est par ces petits signes que nous voyons la vraie âme d’un peuple. De tant de manières, notre monde devient de plus en plus petit, cependant au même moment nous voyons avec préoccupation la globalisation d’une ‘‘culture de rejet’’ qui nous rend aveugles par rapport aux valeurs spirituelles, endurcit nos cœurs face aux besoins des pauvres, et prive nos jeunes d’espérance.

Heureux de vous rencontrer et de passer ce temps avec vous, je prie pour que vous vous révéliez, ainsi que tous les chers Ougandais, toujours dignes des valeurs qui ont forgé l’âme de votre nation. Sur vous tous, j’invoque l’abondance des bénédictions du Seigneur.

Mungu awabariki ! (Que Dieu vous bénisse !)