La destination illumine le chemin

Une réflexion pour le deuxième dimanche du carême

Qu’est-ce qui nous rend plus forts dans les moments difficiles ? Qu’est-ce qui inspire notre espérance quand la situation est morne ? Qu’est-ce qui nous amène à persévérer quand il serait si facile d’abandonner ?

Dans l’Évangile du deuxième dimanche du carême, nous voyons Jésus monter le mont Thabor avec les plus proches de Ses disciples – Pierre, Jacques, et Jean. Là Il s’est transfiguré devant leurs yeux et ils Le contemplent dans toute Sa gloire. Son visage brille comme le soleil ; Ses vêtements deviennent blancs comme la lumière. Il est difficile d’imaginer combien cette vue serait merveilleuse: être témoin de la lumière de Dieu !

Quel est le sens d’un tel évènement pour nous en cette saison du carême? Quel est la signification de ce témoignage de la gloire de Jésus avant de voir Son agonie dans quelques semaines ? La transfiguration est un avant-goût de la gloire de Dieu. Elle nous donne un aperçu de la résurrection de Jésus que nous nous préparons à célébrer. Elle nous montre que Jésus est Dieu. Elle nous rappelle que lorsque nous suivons Jésus, nous ne suivons pas un homme comme les autres, ni un sage maître, ni même un grand philosophe. À la suite de Jésus, nous sommes véritablement à la suite de Dieu.

Le chemin de Dieu n’est pas toujours glorieux. Pierre, Jacques, et Jean découvriront cela lorsqu’ils vivront personnellement la crucifixion de Jésus sur le Golgotha. Prisonnier de ses peurs, Pierre reniera Jésus trois fois. Au pied de la Croix, Jean verra la mort atroce de son Seigneur. Jacques abandonnera Jésus comme les autres apôtres. Quel contraste cruel entre la lumière du Thabor et la brutalité du Golgotha. Aucun parmi eux ne se souvenait ce qu’ils avaient vécu au sommet ?

La transfiguration de Jésus nous montre qu’il y a quelque chose au-delà de la Croix. La gloire qui rayonnait sur le mont Thabor nous élève dans nos moments de ténèbres vers le destin qui nous attend. La destination illumine le chemin. Nous ne nous sentons pas pareils lorsque nous allons à des funérailles et lorsque nous accourons réclamer le montant d’un billet de loto gagnant. Ce vers quoi nous nous dirigeons a des conséquences sur notre attitude, notre perspective, et nos actions. Qu’est-ce que cela change en nous si notre destination s’agit du paradis ? Si notre destination est la gloire de Dieu que Pierre, Jacques, et Jean ont vue sur le Mont Thabor ? Si même lorsque nous vivons la Croix nous sommes faits pour la gloire ?

Parfois on peut penser que croire au paradis c’est prendre ses désirs pour des réalités. Que le paradis est quelque chose que les petits enfants apprennent au catéchisme. Mais si c’est notre vrai destin ? Si ce n’est pas seulement l’« opiat de la foule » ni un vœu pieux, mais la réalisation véritable de tous nos espoirs et de nos désirs les plus profonds – pas seulement une fantaisie que nous avons créée mais la raison pour laquelle nous avons été faits ?

Comme le soldat inspiré par l’espérance de la victoire ! Comme la maman qui souffre lors de l’accouchement avant d’accueillir dans la joie son bébé ! Comme l’athlète qui persiste à s’entraîner et persévère dans l’espoir de gagner la médaille olympique ! La victoire de la vie c’est le paradis. Le travail de la vie mène à la joie éternelle. La médaille c’est de participer à la gloire de Dieu. Comment changerait-elle nos vies si nous permettons à cette destination d’illuminer notre chemin ? À quoi ressemble le Golgotha si nous nous souvenons du Thabor ? Endurons-nous nos souffrances différemment quand nous savons qu’il y a de la lumière au bout du tunnel, et quand cette lumière brille déjà ici et maintenant ? Même lors de la journée la plus pluvieuse, le soleil rayonne brillamment au-dessus. Même lors des moments les plus noirs sur terre, la gloire du ciel brille merveilleusement.

Si nous nous dirigeons vers le ciel, le ciel imprègnera aussi ce que nous vivons ici-bas. Le Royaume de Dieu n’est pas seulement là où nous espérons l’atteindre un jour ; il est le Règne de Dieu présent dans notre vie quotidienne. C’est le règne de la paix, de la miséricorde, de la justice, de la compassion, de l’unité, et de l’amour. C’est nous tous ensemble comme frères et sœurs avec Jésus et notre Père unique. C’est le règne du soin donné aux uns et aux autres, de l’espérance donnée, de la persévérance soutenue. Notre destination éclaire les vraies épreuves que nous subissons sur le chemin de la vie. Le ciel illumine notre façon de vivre déjà ici sur terre.

La transfiguration de Jésus est la gloire de Dieu qui touche la vie de Pierre, de Jacques, et de Jean. C’est un moment qui révèle l’espérance qui survit même dans les ténèbres de la Croix. Laissons cette gloire entrer dans notre vie. Que nos combats soient illuminés par l’espérance qui nous élève. Comme il est grand de savoir, même sur nos propres golgothas, que la destination de notre chemin est la gloire de Dieu !

Gaetano Gagliano: un grand ambassadeur et communicateur

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Réflexion du père Thomas Rosica c.s.b. suite au décès de Mr. Gaetano Gagliano † 2016, fondateur de télévision Sel + Lumière média:

À une époque où la dignité et le caractère sacré de la vie humaine sont menacés, alors que le mariage et la famille sont en crise, l’histoire de la famille Gagliano, de cet amour solide vieux 70 ans entre deux personnes et qui a engendré 10 enfants, 35 petits-enfants et 16 arrière petits-enfants, rayonne de toutes parts. L’histoire légendaire de Gaetano Gagliano (1917 – 2016) décrit le trajet d’un jeune homme du petit village de Cattolica Eraclea en Sicile qui avec une scolarité de 5e année, est devenu le récipiendaire de plusieurs doctorats honorifiques, de prix prestigieux et, à 80 ans, de l’Ordre du Canada!

Après avoir servi lors de la 2e guerre mondiale, le jeune Gaetano retourne dans son village natal d’Italie pour se marier. Après la guerre, la vie à la ferme était très difficile, spécialement dans l’Italie du sud. Alors que sa femme Giuseppina était enceinte de leur 5e enfant, les Gagliano ont décidé de vendre toutes leurs possessions afin d’immigrer au Canada. Le jour suivant son arrivée au Canada, Gaetano eut la chance de trouver un travail au Canadien Pacifique comme installateur de rails. Concrètement c’est donc en fixant de rails de chemin de fer qu’il a commencé, mais en réalité, il serait plus tard appelé à installer les rails de quelque chose de totalement nouveau et audacieux. En effet, déjà à cette époque, il imprimait des invitations sur une petite imprimante qu’il avait installée dans son sous-sol.

Il y a plus de cent ans, l’architecte civil américain Daniel Burnham avait dit aux planificateurs de la ville de Chicago : « Ne faites pas de petits plans. Ils n’ont pas la magie nécessaire à remuer du sang humain ». Ainsi, Gaetano a eu une grande vision à partir d’un petit atelier d’imprimerie dans sa maison. Il allait fonder une corporation médiatique qui se répandrait partout au Canada. Dès le premier jour, il décida de nommer sa compagnie « St-Joseph » en l’honneur du père de Jésus, le saint patron des travailleurs et du Canada.

Ce qui a commencé en 1956 comme une entreprise d’imprimerie de lettres dans un sous-sol est aujourd’hui la plus grande compagnie de communication privée du Canada; un fournisseur de solutions totalement intégrées en communication de contenu et un leader en imprimerie de documents et de médias. Ce succès moderne est une histoire de travail acharné, de vision et de foi d’un immigrant italien nommé Gaetano.

Le meilleur était encore à venir lorsqu’en 2003, à l’âge de 86 ans, Gaetano fonda un nouveau moyen de communication : La Fondation Catholique Sel et Lumière Média. Née dans la foulée des Journées mondiales de la Jeunesse de Toronto en 2002, www.seletlumieretv.org allait devenir la première télévision catholique du Canada diffusant sur le câble 24 heures par jour.

Chaque fois que Gaetano Gagliano nous visitait à notre centre de diffusion au centre-ville de Toronto il nous demandait : « Comment va le bébé? » ce qui voulait dire « Comment va Sel et Lumière télévision ? ». Sel et Lumière était son rêve devenu réalité ! Il avait désiré une télévision catholique pour le Canada pendant de nombreuses années avant les Journée Mondiales de la Jeunesse qui sont devenues pour lui, à la fois, une propulsion fantastique ainsi qu’un vent qui allait soutenir ses ailes.

Plus de 13 années plus tard, cette chaîne de télévision catholique est maintenant disponible dans plus de 2.5 millions de foyers et est accessible partout dans le monde par l’entremise des médias sociaux et de l’internet sans compter le fait qu’elle diffuse en anglais, français, italien, mandarin et cantonais.

Le secret de Gaetano Gagliano était, à la fois, innovant et simple. Cela demandait de la responsabilité envers la communauté, de la décence, du respect, de l’intégrité ainsi qu’une foi chrétienne en Dieu et dans l’humanité. Il a réussi à garder cet équilibre qui a permis à sa vie et à son entreprise de porter du fruit. En fait, il avait appris jeune que la recette du succès est de servir les autres et d’être reconnaissant envers la société. Même dans ses succès, il est toujours resté fidèle à ces principes.

Il y a presque 60 ans de cela, Gaetano Gagliano n’a pas limité la grandeur de ses plans pour son rêve en communication. Je rends grâce à Dieu pour des personnes comme Gaetano et Giuseppina qui n’ont pas eu besoin d’une grande scolarité ou de nombreux titres pour apprendre au monde une leçon aussi puissante. Ils nous ont laissé en héritage des valeurs familiales exceptionnelles tandis que Gaetano a donné à la société canadienne des pratiques commerciales honnêtes, décentes et généreuses. Ils nous ont donné des leçons très importantes à propos de la foi, de la famille, de l’éthique des affaires, de la générosité et de la philanthropie. Par son témoignage de vie, Gaetano nous a appris la fidélité dans la foi, l’importance d’une vie intègre ainsi que la façon d’être de bons communicateurs.

Durant les dernières années de sa vie avant son décès survenu le 14 avril 2016, la vie de Gaetano était un témoignage qui incarnait parfaitement les mots suivants du pape François dans sa dernière exhortation apostolique Amoris Laetitia (La joie de l’Amour) :

« Les récits des personnes âgées font beaucoup de bien aux enfants et aux jeunes, car ils les relient à l’histoire vécue aussi bien de la famille que du quartier et du pays. Une famille qui ne respecte pas et ne s’occupe pas des grands-parents, qui sont sa mémoire vivante, est une famille désintégrée ; mais une famille qui se souvient est une famille qui a de l’avenir. Par conséquent, « une civilisation où il n’y a pas de place pour les personnes âgées, ou qui les met au rebut parce qu’elles créent des problèmes, est une société qui porte en elle le virus de la mort »,[218] car elle « arrache ses propres racines ».[219]

Le phénomène des orphelins contemporains, en termes de discontinuité, de déracinement et d’effondrement des certitudes qui donnent forme à la vie, nous place devant le défi de faire de nos familles un lieu où les enfants peuvent s’enraciner dans le sol d’une histoire collective. » (No 193)

Nous serons toujours reconnaissants à Gaetano, à celui qui nous a donné de la foi de l’espérance, de l’audace et du courage, des racines et des ailes. Qu’il repose en paix et qu’il intercède pour nous.

Père Thomas Rosica c.s.b.

PDG fondateur, Fondation Catholique Sel et Lumière Média

14 avril 2016

Réflexion de Terre Sainte: la Dernière Cène

L’équipe Sel + Lumière a fait un pèlerinage sur les pas de Jésus pendant le Carême. Chacun nous offre une réflexion sur un lieu saint en Terre Sainte.

Dans cette méditation on se rencontre au Cénacle à Jérusalem où Jésus a partagé un dernier repas avec ses amis. Pendant ce repas nous sommes confrontés à l’humilité du Christ. Elle pointe vers son humiliation totale à l’heure de sa Passion. Mais c’est dans cet abaissement qu’il montre le “vrai visage” de Dieu, comme l’a déjà souligné le pape François, un visage d’amour et de miséricorde.

Les béatitudes, modèle de sainteté

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Réflexion du père Thomas Rosica c.s.b. pour la Solennité de la Toussaint (dimanche 26 octobre 2015)

Les paroles de Mgr Angelo Amato, s.d.b., préfet de la Congrégation pour la cause des saints, prononcées l’année dernière lors du Synode sur La Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Église, résonnent encore dans mon esprit et mon cœur en ce jour de la Solennité de la Toussaint :

Jésus dit: “Je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes” (Mt 11, 29). Pendant deux millénaires, des hommes et des femmes, grands et petits, savants et ignorants, en Orient comme en Occident, se sont mis à l’école du Seigneur Jésus, qui a fait résonner dans leur esprit et dans leur cœur un commandement sublime : “soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait” (Mt 5, 48).

Leur savoir était composé essentiellement par la vie et par la Parole de Jésus : heureux les pauvres, heureux les affligés, heureux les doux, heureux les affamés et assoiffés de la justice, heureux les miséricordieux, heureux les cœurs purs, heureux les artisans de paix, heureux les persécutés. Les saints, comprenant que les béatitudes sont l’essence de l’Évangile et le portrait même de Jésus, l’ont ainsi imité.

Les béatitudes, modèle de sainteté

Les béatitudes énumérées par le Christ dans son Sermon sur la Montagne (Matthieu 5,1-12) sont la recette de sainteté extrême. Comme plusieurs l’ont souligné auparavant, le Mont des Béatitudes est réellement le sommet le plus élevé au monde même s’il se retrouve quelque dizaine de pieds en dessous du niveau de la mer. Sur cette montagne sacrée de la Galilée, Jésus a proclamé la nouvelle loi; une expression de la sainteté du Christ. Il faut préciser qu’il ne s’agit pas d’un code de conduite abstrait. Jésus est pauvre d’esprit, doux, persécuté et artisan de la paix. Il représente plutôt le nouveau « code de sainteté » qui doit être étampé dans nos cœurs et contemplé par les actes de l’Esprit Saint. Sa mort et sa passion sont le couronnement de sa sainteté.

La sainteté est un mode de vie qui implique l’engagement et le passage à l’acte. À l’opposé, elle n’est pas une tentative passive, mais plutôt une série de choix continus qui visent à approfondir son lien à Dieu pour ensuite permettre à cette relation de diriger nos gestes en société. La sainteté nécessite un changement radical dans sa façon de voir les choses et dans son attitude. Lorsqu’on accepte l’appel à la sainteté, Dieu devient l’objectif final de chaque aspect de notre vie.

En observant Jésus, on peut voir la définition même de ce qui est pauvreté de cœur, douceur et compassion, attristement et préoccupation pour la justice, cœur pur, artisan de paix et persécuté. C’est pourquoi il a le droit de dire à chacun, « Viens, suis-moi! » Jésus ne dit pas simplement, « Fais ce que je dis. » Il dit plutôt, « Viens, suis-moi. » 

Faire le point sur la multitude des saints

Les saints et les bienheureux sont nos compagnons de voyage sur le chemin de la vie lors des moments de joie comme ceux de misère. Ils sont des hommes et des femmes qui ont écrit une page nouvelle dans la vie de tellement de gens. Cette pensée fut au cœur du message de Jean-Paul II à l’humanité : la sainteté n’est pas un don réservé à certains. Nous pouvons tous aspirer à la sainteté, car c’est un objectif à notre portée, une grande leçon réaffirmée par le Concile Vatican II et son appel à la sainteté universelle (Lumen Gentium).

Aujourd’hui, la solennité de la Toussaint est une occasion formidable pour l’Église entière de faire le point sur la façon dont le serviteur de Dieu, le pape Jean-Paul II, a changé notre façon de voir les saints et les bienheureux. En presque 27 ans de pontificat, le pape Jean-Paul II a confié 1 338 bienheureux et 482 saints à l’Église.

Jean-Paul II nous a rappelé que les héros et les héroïnes de ce monde offerts aux jeunes d’aujourd’hui sont viciés à la base. Ils nous laissent avec un vide intérieur. Les « vedettes » réelles de son pontificat sont les saints et les bienheureux qui n’ont pas cherché à être considérés comme des héros, à choquer ou à provoquer. Si l’on veut véritablement croire que la grandeur est accessible, nous avons besoin de bons modèles à émuler. Nous avons désespérément besoin de vrais héros et héroïnes qui sont à la fois des exemples à suivre et les témoins de la foi et de la vertu. Ce sont les « vedettes » que les mondes du sport, du cinéma, des sciences et de la musique n’arrivent pas à offrir à la société.

Se placer à l’extrême centre

Plusieurs pensent que la sainteté est réservée aux privilégiés. En fait, devenir saint est la tâche de tout chrétien et on irait même jusqu’à dire la fonction de tous. Nous pensons souvent que les saints sont tout simplement des « excentriques » que le Christ élève comme modèle à émuler, c’est-à-dire plus au moins des personnes qui forment l’exception et qui ne sont pas en phase avec la réalité humaine. Ce qui est certainement le cas des hommes et des femmes qui étaient littéralement « excentriques », c’est-à-dire qu’ils déviaient du juste milieu, de la pratique habituelle, des façons de faire dites ordinaires, de la méthode usuelle. Sous un autre angle, les saints se sont placés à « l’extrême centre ».

Devenez les saints du nouveau millénaire

Jean Paul II, le serviteur de Dieu, a beaucoup parlé aux jeunes de l’appel à la sainteté et de la vocation de sainteté. Dans son message de la Journée mondiale de la jeunesse 2000 à Rome, il s’adressa aux jeunes du monde entier par ses paroles inoubliables qui sont devenues le cri de ralliement pour la plus grande célébration du jubilé:

Jeunes de tous les continents, n’ayez pas peur d’être les saints du nouveau millénaire! Soyez contemplatifs et aimant la prière, cohérents avec votre foi et généreux au service de vos frères, membres actifs de l’Église et artisans de paix. Pour réaliser cet projet de vie engageant , restez à l’écoute de sa Parole, prenez des forces dans les Sacrements, spécialement l’Eucharistie et la Pénitence. Le Seigneur vous veut apôtres intrépides de son Évangile et constructeurs d’une nouvelle humanité.

Deux ans plus tard, en 2002, lors de notre Journée mondiale de la jeunesse au Canada, Jean-Paul II a soulevé encore une fois le thème de la sainteté et des saints dans son message :

De même que le sel donne de la saveur aux aliments et que la lumière éclaire les ténèbres, de même la sainteté donne le sens plénier à la vie, en en faisant un reflet de la gloire de Dieu. Combien de saints, même parmi les jeunes, compte l’histoire de l’Église ! Dans leur amour pour Dieu, ils ont fait resplendir leurs vertus héroïques à la face du monde, devenant des modèles de vie que l’Église a présentés en vue de leur imitation par tous. Chers jeunes, par l’intercession de cette foule immense de témoins, je prie le Dieu trois fois saint de vous rendre saints, les saints du troisième millénaire. [Read more…]

Annoncer la Parole de Dieu avec autorité

Capernaum croppedRéflexion biblique pour le 4e dimanche du temps ordinaire B

Au début du récit de Marc à propos du Fils de Dieu, nous lisons le récit de vocation des premiers disciples (Marc 1, 16-20) et la confrontation avec le mal (Marc 1, 21-28). Ces appels, influencés par ceux, impérieux, des prophètes (Isaïe 6, 1-13; Jérémie 1, 14-19), sont des modèles d’attitude de disciple. Jésus n’est pas un prophète solitaire, mais un prophète qui appelle des compagnons à «  être avec lui  ». Il entre dans la vie de quatre personnes engagées dans leurs occupations ordinaires, il leur dit simplement  : «  Suis-moi  », et immédiatement, elles laissent tout pour le suivre.

Le récit de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm inaugure les premiers jours de son ministère, fait d’exorcismes et de guérisons. L’histoire reflète la pensée juive contemporaine qui soutenait que la venue du Royaume de Dieu marquerait la défaite du mal, personnifié dans un déploiement de démons et d’esprits impurs. La parole de Jésus est si puissante que les gens abandonnent leurs occupations et le suivent, et même les puissances démoniaques sont impuissantes devant sa parole. Jésus somme les gens de changer leur cœur, de jeter un nouveau regard sur leurs vies et de faire confiance à la bonne nouvelle. Ceci n’est pas seulement une histoire du passé, mais une histoire qui continue de parler puissamment et prophétiquement aux gens d’aujourd’hui.

En ce quatrième dimanche du temps ordinaire, la première lecture (Deutéronome 18, 15-20) et l’évangile (Marc 1, 21-28) soulève tous deux la question de l’autorité de ceux qui annonce la Parole de Dieu. Les prophètes authentiques enseignaient avec autorité parce que Dieu mettait ses propres mots dans leurs bouches. Dans la première lecture, Moïse dit au peuple que Dieu enverra un prophète issu de la lignée des Israélites. Dieu ordonne à tous d’écouter ce prophète, que nous reconnaissons comme étant Jésus. [Read more…]

L’univers se joue sur un verre d’eau donné aux petits

Miguel-Pro-croppedSolennité du Christ Roi de l’Univers

Ézékiel 34,11-12.15-17
1 Corinthiens 15,20-26.28
Matthieu 25,31-46

Pendant mes études de doctorat à l’Institut biblique pontifical de Rome à la fin des années 1980, j’ai eu plusieurs fois le privilège d’enseigner l’Écriture sainte aux Missionnaires de la charité, à leur maison de formation dans la banlieue romaine.  Assez souvent, alors que je travaillais avec les sœurs, Mère Teresa est venue visiter la communauté de formation. Je n’oublierai jamais  la silhouette courbée de cette petite femme d’origine albanaise assise sur le plancher de la chapelle tandis que j’animais pour les sœurs une réflexion biblique.   J’étais intimidé d’exposer l’Écriture sainte devant quelqu’un que déjà à l’époque plusieurs tenaient pour une sainte  : quelqu’un qui, sans connaître les langues anciennes ou les techniques de l’exégèse, avait de la Parole de Dieu une compréhension bien supérieure à celle que je pourrais jamais avoir.   Un soir que j’avais terminé mon exposé et que je ramassais mes papiers pour rentrer au Collège canadien, la Mère vint me parler. À la fin de notre échange, je lui demandai  : « Comment arrivez-vous à vivre tout cela jour après jour? Comment faites-vous avec les foules de gens qui essaient de vous voir dès que vous êtes en public? »  Elle leva la main et l’ouvrit devant mes yeux en écartant les doigts.  «Cinq mots, dit-elle, cinq mots  : You did it to me, c’est à moi que vous l’avez fait. »

« C’est à moi que vous l’avez fait. »

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, connu aussi sous le nom de Solennité du Christ Roi, on nous présente le grand tableau du jugement dernier (Matthieu 25, 31-46), qui ne se trouve que dans l’Évangile de Matthieu. Le jugement dernier accompagnera la parousie (la seconde venue du Christ) et il fait l’objet du dernier enseignement de Jésus avant qu’il ne monte à Jérusalem affronter sa crucifixion et sa mort. Le refrain lancinant de l’Évangile d’aujourd’hui tient précisément dans ces quelques mots  : « C’est à moi que vous l’avez fait.» [Read more…]

De la blessure de son cœur jaillit la grande vague de la miséricorde

Divine-Mercy-croppedDeuxième dimanche de Pâques

Actes 2,42-47
1 Pierre 1,3-9
Jean 20,19-31

Le nom de « Thomas » désigne encore aujourd’hui celui qui n’accepte de croire que ce qu’il a vu de ses yeux, l’incrédule, le « sceptique ». « Thomas l’incrédule » renvoie évidemment à l’un des Douze, dont le nom figure dans toutes les listes d’apôtres que donnent les évangiles. Thomas est appelé « Didyme », forme grecque d’un terme araméen qui désigne « le jumeau ». Quand Jésus annonça qu’il avait l’intention de retourner en Judée visiter Lazare, Thomas dit aux autres disciples : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui » (Jean 11,16). C’est encore Thomas qui, pendant le grand discours qui suivit la dernière Cène, souleva une objection : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas; comment pourrions-nous savoir le chemin? » (Jean 14,5)

Le Nouveau Testament ne nous en apprend pas beaucoup plus sur l’apôtre Thomas; néanmoins, à cause du passage tiré aujourd’hui de l’évangile de Jean (Jean 20,19-31), sa personnalité nous est plus familière que celle de plusieurs des Douze. Thomas aura reçu l’enseignement de Jésus et il aura sûrement été bouleversé par sa mort. Le soir de Pâques, quand le Seigneur apparut aux disciples, Thomas n’y était pas. Quand on lui dit que Jésus était vivant et qu’il s’était manifesté, Thomas déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je n’y croirai pas » (Jean 20,25). Huit jours plus tard, Thomas fit son acte de foi et se mérita une observation de Jésus : « Parce que tu m’as vu, tu crois; heureux ceux qui croiront sans avoir vu ».

Le vrai Thomas

L’apôtre Thomas est l’un des plus grands amis et l’un des plus honnêtes disciples de Jésus, non pas l’éternel sceptique, l’entêté crâneur qu’en a fait souvent la tradition chrétienne. Ce jeune apôtre s’est retrouvé devant la croix, incapable de trouver un sens à l’horreur de l’événement. Tous ses rêves, tous ses espoirs pendaient à cette croix. C’est au sein de la communauté croyante des apôtres et des disciples que Thomas a redécouvert sa foi. Voilà une chose qu’il ne faut jamais oublier, surtout à une époque où tant de gens prétendent qu’on peut arriver à la foi et à la vie spirituelle sans vivre l’expérience de la communauté ecclésiale. Nous ne croyons pas chacune, chacun pour soi, en individus isolés; non, par le baptême, nous devenons membres de la grande famille de l’Église. C’est précisément la foi professée par la communauté que nous appelons l’Église qui vient renforcer notre foi personnelle. Chaque dimanche à la messe, nous professons ensemble notre foi soit selon la formule du credo de Nicée, soit avec les mots du symbole des Apôtres. Ce faisant, nous sommes préservés du danger de croire en un dieu qui ne serait pas celui que le Christ nous a révélé. [Read more…]

L’écoute obéissante de Dieu et de Jésus

DeGelder-Abraham-croppedDeuxième dimanche de Carême

Genèse 12,1-4a
2 Timothée 1,8b-10
Matthieu 17,1-9 

Abraham, notre père dans la foi

Abraham était un homme investi d’une mission et nous pourrions fort bien voir en lui le missionnaire par excellence. Il est vénéré par les fidèles de trois grandes religions : le christianisme, le judaïsme et l’islam. Le nom du fondateur de la nation d’Israël est mentionné 308 fois dans l’Ancien et le Nouveau Testament. La vie de cet homme a changé le cours de l’histoire. Dans la première lecture d’aujourd’hui, Genèse 12, 1-4a, la parole de Dieu à Abram commence par un ordre : « Quitte ton pays, laisse ta famille et la maison de ton père. » Dieu ordonne à Abram de couper les liens avec son pays, avec le clan auquel il appartient et même avec sa famille immédiate, la maison de son père [v.1].  Dieu appelle Abram à une loyauté et à un engagement qui dépassent même ses liens familiaux, les relations les plus importantes qui soient dans le monde ancien. Mais son commandement s’accompagne d’une grande promesse. Dieu promet à Abram « le pays que je te montrerai ». Puis Dieu promet de faire de la descendance d’Abram une grande nation, ce qui suppose une longue lignée de descendants. Et troisièmement, Dieu promet de « bénir » Abram. La bénédiction comprend la fécondité, la vie, la réussite, le bien-être et une bonne réputation.

Nous apprenons de cette première lecture, comme d’ailleurs de toute l’histoire d’Abraham, que les élus de Dieu ne vivent pas dans la solitude. Ils sont appelés à une mission bien plus vaste que le seul souci de leur propre préservation. Jamais ils ne sont autorisés à s’approprier de manière exclusive la sollicitude de Dieu. Dieu reste engagé envers toute la création et envers toute l’humanité.  De son vivant, Abraham incarne la bénédiction et le secours aux autres nations : par l’aide qu’il apporte à son neveu Lot, par son intercession audacieuse en faveur des villes de Sodome et de Gomorrhe [Genèse 18,22-33] et par l’alliance qu’il conclut avec le roi Abimélek [Genèse 21,22-34].

N’oublions pas non plus le contexte de l’épisode d’aujourd’hui. Dans cette bénédiction, Dieu promet à Abram de « rendre grand son nom ». Remarquons que les constructeurs de la tour de Babel en Genèse 11, 1-9 avaient lancé leur projet pour travailler à leur renommée [v. 4].  Leur stratégie égoïste et ambitieuse a sombré dans la confusion et provoqué leur dispersion. Mais Dieu promet à Abram de lui donner un grand nom si bien, dit-il, que « tu deviendras une bénédiction » [v. 3].  Les amis d’Abraham seront bénis, et ses ennemis frappés de malédiction. [Read more…]

Paroles faites chair : Réflexions bibliques pour l’Année B

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Paroles faites chair, réflexions bibliques pour l’Année B. Volume II

Ce livre est le recueil de toutes les réflexions bibliques du Père Thomas Rosica, notre directeur et éminent spécialiste des Ecritures Saintes. Des lecteurs de partout à travers le monde ont répondu à son message positif de la foi catholique.

Cette publication est une excellente ressource pour les évêques, les prêtres et les diacres qui préparent des homélies.
Mais plus important encore, elle nourrira la foi de tous ceux qui participent à la messe, à l’église ou de la maison.
Une bonne ressource pour ceux et celles qui apportent la communion aux malades, ce livre explique la signification des lectures en utilisant souvent les écrits du pape et des saints. Un cadeau idéal !

Paroles faites chair : Réflexions bibliques pour l’Année B sera mis en vente en début d’année 2012 par le service des publications de la Conférence des évêques catholiques du Canada CECC: http://www.cccbpublications.ca/site/index.php?option=com_virtuemart&page=shop.product_details&flypage=&category_id=16&product_id=1772&Itemid=76&lang=eng

En chemin, apprendre à lire les signes d’amour

Réflexion biblique pour le quatrième dimanche de Carême C

Le chapitre 15 de l’évangile de Luc est souvent surnommé la « collection des perdus et retrouvés » du Nouveau Testament car il débute par la parabole de la brebis perdue (vv. 1-7), suivie par la parabole de la pièce perdue (vv. 8-10), atteignant son apogée dans la parabole du fils prodigue (vv. 11-32).

fils prodigueLe récit du Fils prodigue dans l’évangile de ce dimanche  est l’un de ces joyaux rares qui captive chaque auditeur, cette parabole symbolise les talents de Luc en tant que conteur, son habileté à peindre une scène avec tant d’éclat et de sensibilité dans les relations humaines que cela peut rejoindre l’expérience de chacun. La plupart d’entre nous avons joué chacun de ces rôles, à différents moments de nos vies: celui de parent aimant, apparemment trop indulgent, celui de jeune homme qui a fait ses expériences pour grandir, faible en immoralité et en orgueil, désespérément en manque de miséricorde; celui de fils aîné responsable et au dessus de tout reproche, qui est frustré par la générosité et la clémence en réponse à la faiblesse et aux péchés des autres. Il y a un peu de ces traits de tempérament en chacun de nous, l’unique et merveilleuse parabole de Fils prodigue visait les contemporains de Jésus, des bonnes gens, qui n’appréciaient guère son attitude fraternelle envers les collecteurs d’impôts et les gens de mauvaise réputation.

En 1984, dans son exhortation apostolique Reconciliatio et Pænitentia qui suit le Synode sur la Réconciliation, le pape Jean-Paul II a écrit : « La parabole du fils prodigue est avant tout l’histoire ineffable du grand amour d’un Père – Dieu – qui offre à son fils, revenu à lui, le don de la pleine réconciliation… elle rappelle donc la nécessité d’une profonde transformation des cœurs pour redécouvrir la miséricorde du Père et pour vaincre l’incompréhension et l’hostilité entre frères et sœurs ». [Read more…]

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