8 mars – dignité et vocation

Le monde célèbre aujourd’hui la Journée internationale de la femme. Célébrer est un bien grand mot, car il n’ y a pas de quoi se réjouir. On apprend cette semaine que la violence envers les femmes a augmenté dans plusieurs pays. Répression, violence, abus: sommes-nous bien en 2007? Un article sur Les femmes afghanes dans la revue Relations de ce mois-ci décrit la situation tragique de milliers de veuves qui se trouvent au bord du gouffre – situation intenable et inacceptable alors que le Canada poursuit sa mission là-bas. Pour que celle-ci soit un succès, il faudrait peut-être s’aligner « sur les besoins et les désirs du peuple afghans »  et cesser de négocier avec « les Seigneurs de guerre et les éléments ignorants au sein du système ».

Vendredi dernier, l’observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, Mgr Celestino Migliore, a dénoncé la violence faite aux femmes. Devant la Commission sur le statut de la femme, l’archevêque a déclaré que « la promotion de la femme se fera non seulement par la revendication de ses droits mais aussi par la reconnaissance des valeurs féminines par nos sociétés. » C’est un appel à la reconnaissance de la dignité de la femme en tant que personne humaine ayant une vocation extraordinaire, comme l’exprime Jean-Paul II dans sa lettre apostolique Mulieris Dignitatem (sur la dignité et la vocation de la femme):

Si la dignité de la femme témoigne de l’amour qu’elle recoit pour aimer à son tour, le paradigme biblique de la «femme» semble montrer aussi que c’est le véritable ordre de l’amour qui définit la vocation de la femme elle-même. Il s’agit ici de la vocation dans son sens fondamental, on peut dire universel, qui se réalise et s’exprime par les «vocations» multiples de la femme dans l’Eglise et dans le monde.

La force morale de la femme, sa force spirituelle, rejoint la conscience du fait que Dieu lui confie l’homme, l’être humain, d’une manière spécifique. Naturellement, Dieu confie tout homme à tous et à chacun. Toutefois cela concerne la femme d’une façon spécifique – précisément en raison de sa féminité – et cela détermine en particulier sa vocation. (MD 30)

Jean-Paul II rend ainsi hommage aux femmes en rendant grâce au Seigneur:

L’Eglise rend grâce pour toutes les manifestations du «génie» féminin apparues au cours de l’histoire, dans tous les peuples et dans toutes les nations; elle rend grâce pour tous les charismes dont l’Esprit Saint a doté les femmes dans l’histoire du Peuple de Dieu, pour toutes les victoires remportées grâce à leur foi, à leur espérance et à leur amour: elle rend grâce pour tous les fruits de la sainteté féminine.

L’Eglise demande en même temps que ces inestimables «manifestations de l’Esprit» (cf. 1 Co 12, 4 ss.), données avec une grande générosité aux «filles» de la Jérusalem éternelle, soient attentivement reconnues, mises en valeur, afin qu’elles concourent au bien commun de l’Eglise et de l’humanité, spécialement à notre époque. Méditant le mystère biblique de la «femme», l’Eglise prie pour que toutes les femmes se retrouvent elles-mêmes dans ce mystère, pour qu’elles retrouvent leur «vocation suprême». (MD 31)

Sébastien

L’espérance du Québec vue par « l’autre »

En venant vivre en Ontario, je ne savais pas que j’allais découvrir un autre visage de l’Église catholique au Canada. J’ai toujours eu un regard critique sur la manière dont la foi était vécue et célébrée dans le Haut-Canada, à tort ou à raison.  Ce soir, mon collègue Kris Dmytrenko y va d’un aperçu historique de la foi catholique au Québec dans le cadre de Catholic Focus (en anglais donc). Pour aborder ce thème, il est allé chercher le sociologue canadien Reginald Bibby (grand spécialiste de l’impact de l’Église catholique au Canada) et du père Jacques Monet, S.J., historien à Regis College à Toronto. D’origine québécoise, le père Monet a marqué des milliers d’étudiants en théologie et en histoire de l’Église, dont l’auteur de ces lignes. Un « must see » pour les étudiants de l’École de théologie de Toronto.

Je lève mon chapeau à Kris pour ce documentaire et je vous invite à le regarder ce soir sur nos ondes à 19h05. Il est bon de se faire raconter notre histoire à partir d’une perspective différente. Les catholiques québécois sont peut-être différents de part leurs origines, leur langue et leur culture, mais ils sont tout de même catholiques et ne font qu’un seul corps dans le Christ. Les catholiques de l’extérieur du Québec qui verront ce Catholic Focus percevront certainement cela.

Sébastien

Les sceptiques seront confondus

Si vous ne le saviez pas il me fait plaisir de vous l’apprendre: le capitaine Bonhomme est de retour. Mieux: il a découvert le tombeau de Jésus, sa femme et son fils. Quelle nouvelle!

Blague à part, vous avez tous vu le tapage médiatique autour de ce documentaire « Le tombeau perdu de Jésus » et cette découverte d’un tombeau à Jérusalem en 1980. James Cameron, le producteur de Titanic qui est derrière ce documentaire, affirmait ce matin qu’en tant que documentariste, il n’avait pas peur de chercher la vérité. De quelle vérité parle-t-il? Celle que Jésus a existé? Ainsi, il prétend que ceux qui ne croit pas que Jésus de Nazareth a bel et bien existé seront maintenant illuminés par cette preuve combien tangible.

Ce qui m’attriste, c’est qu’on risque de semer la confusion chez ceux et celles qui ne peuvent distinguer la valeur de la source à laquelle ils puisent leur information. Il est bon de s’informer à diverses sources sauf que lorsqu’on parle de vérité, il n’y a qu’une source véritable à laquelle nous pouvons puiser: Jésus-Christ. Il a parlé par ses disciples, à travers l’Église, par les hommes et les femmes qui, à travers les âges, savaient bien que les distractions du présent ne devaient pas les détourner de leur objectif. Deux milles ans plus tard, nous commençons à peine à connaître le Jésus de l’histoire. Nous connaissons toutefois l’Emmanuel, le Fils de Dieu qui s’est révélé à nous. Voilà la vérité qui importe.

Sébastien

Cendres électorales

Ce mercredi marquait pour les mille millions de catholiques le début du carême. Lors de sa catéchèse d’hier, Benoît XVI affirmait que le

Mercredi des Cendres, que nous célébrons aujourd’hui, est pour nous, chrétiens, un jour particulier de recueillement et de réflexion. Nous entreprenons, en effet le chemin du Carême, fait d’écoute de la Parole de Dieu, de prière et de pénitence.

Le recueillement a fait place à l’euphorie hier au Québec alors que les cendres prenaient une couleur électorale. Le premier ministre Jean Charest a déclenché une campagne de 33 jours qui, espère-t-il lui donnera un deuxième mandat.

Les enjeux de cette campagne sont nombreux et complexes. Il faut souhaiter un débat de fond, un débat d’idée. Pour les catholiques, cela pourrait dire d’exiger que l’on parle de l’enseignement religieux à l’école…

Certes la question semble réglée et le débat terminé. Le programme d’enseignement des religions débutera partout en 2008 et est déjà testé dans certaines écoles. Les québécois ont l’impression d’inventer quelque chose de nouveau et de meilleur et il semble difficile de renverser la vapeur – la revue L’Actualité du 1er mars fait d’ailleurs les louanges du programme. Il reste tout de même un enjeu qui pourrait être soulevé au cours de cette campagne, j’ai nommé l’enseignement religieux confessionnelle dans les écoles privées. Au Ministère de l’Éducation, on explique que les écoles privées pourront offrir des cours de catéchèse, mais en dehors des heures de cours prescrites par le MEQ. L’enseignement religieux n’a rien à voir avec le parascolaire et ne devrait pas être poussé dans un coin. Il revient aux parents de choisir quel genre d’enseignement religieux devraient recevoir leurs enfants. Et puisque plus de 80% des Québécois sont toujours catholiques, que 75% des élèves du primaire et 63% des élèves du secondaire étaient inscrits à des cours d’enseignement religieux protestant ou catholique en 2005-2006 (L’Actualité, 1er mars 2007), les écoles privées devraient avoir le droit d’offrir cet enseignement sans qu’on leur retire ce qui leur permet de former les leaders de demain.

Sans nous empêtrer dans un débat vide sur les accommodements, nous pouvons poser des questions aux candidats de notre comté et exprimer ce que nous considérons important pour nous et notre avenir. À nous la parole…

Sébastien

Les ambassadeurs de Dieu ou l’art de la diplomatie

Le 10 septembre 2001, le pape Jean-Paul II envoyait son nouveau représentant au Canada, sans se douter des terribles événements qui surviendraient le lendemain. Un jeune ambassadeur qui serait très vite qualifié d’il nuncio della GMG, le nonce de la JMJ. Suite aux événements sombres de ce début de millénaire, les Journées mondiale de la jeunesse de Toronto en 2002 ont témoigné du désir des jeunes d’oeuvrer pour un monde de paix et de vérité. Mgr Luigi Ventura a rencontré et écouté les jeunes dès son arrivée au pays. Il a supporté les JMJ et moult initiatives dans le but de ravivé la foi et le désir des jeunes pour un monde de paix et de vérité. Désormais, ils l’appellent amicalement « Luigi ». Ayant répondu à l’appel du Seigneur de devenir prêtre, il se destinait au service pastorale et à l’enseignement au séminaire de son diocèse. Sauf qu’à l’époque, Paul VI demanda à l’évêque de son diocèse d’origine s’il ne pouvait pas libérer un prêtre pour le servicie du ministère du pape. C’est ainsi que le jeune prêtre italien commença un ministère unique au sein de l’Église catholique.

L’histoire de l’abbé Frank Leo est semblable à celle de Mgr Ventura. Prêtre de Montréal, il reçu l’été dernier un appel du cardinal Jean–Claude Turcotte à l’effet qu’il était pressenti pour entrer dans le service diplomatique du Saint-Siège. L’abbé Leo poursuit présentement un programme d’études intenses à Rome. Ce soir à Focus catholique, ces hommes nous parlent de ce ministère particulier du Saint-Siège à l’échelle internationale et du tournant qu’a pris leur vocation sacerdotale. Sur nos ondes ce lundi 19 février à 19h, en rappel vendredi le 23 à 19h30.

Sébastien

Une année pour Dieu… et pour soi!

Début de semaine occupé à la station hier avec une délégation du comité organisateur du Congrès eucharistique international de 2008 (CEI 2008) à Québec de passage pour quelques heures pour partager et visiter nos studios. Avec l’abbé Julien Guillot, soeur Marie Théberge et le frère Michel Grenier, o.p., le groupe avait suivi l’Arche de la nouvelle alliance pendant quelques jours dans le diocèse de Hamilton et célébré avec les diocésains qui s’étaient rassemblés en masse pour l’occasion. J’ai pu interviewer trois membres de la délégation de Québec, trois jeunes dans la vingtaine qui ont décidé de prendre une année pour Dieu. Le programme établi par le diocèse de Québec et le comité du CEI 2008 invite les jeunes de 18-35 ans à s’engager pour une année au sein de l’organisation du congrès et à vivre une expérience d’Église en plus d’offrir une expérience de travail incroyable. Ceux et celles qui s’engagent recevront une formation et un support spirituels solides. Vie communautaire, prière, eucharistie, rencontres avec un tas de gens…

J’ai rencontré Alexandre, Charles et Sarah donc et fus à même de constater à quel point ils vivent une expérience intense. Cette entrevue sera présentée sur nos ondes bientôt. D’ici là, visitez le www.cei2008.ca sous le volet jeunesse. Il n’est jamais trop tard pour prendre une année de recul…

Sébastien

La sérénité de mon grand-père

C’était au début de l’été 2004, je n’avais pu terminer ma session d’été et retournai dans ma famille pour cause de maladie – la mono – ou maladie du baisé. Je suis rentré à temps, puisque grand-papa n’allait pas bien du tout – cancer du poumon et lui savait que ses jours étaient comptés. Même si tout le monde me disait de me reposer – de rester au lit – mais pas question pour moi – je voulais être chez mes grands-parents. Finalement, j’ai fait du gardiennage: j’ai gardé mon grand-père, quelques heures que je n’oublierai jamais. Malgré sa souffrance à lui, il me demandait comment j’allais, ce que j’allais faire plus tard. Puis, fatigué, il fermait les yeux et penchait sa tête. C’était le vendredi. Il est parti le mercredi suivant. Jusqu’à la fin, il est demeuré serein, en paix. Homme de foi, il savait que ses souffrances n’étaient pas veines. Il savait aussi qui il allait retrouver.

Dans son message à l’occasion de la Journée mondiale du malade que l’on célèbre aujourd’hui, Benoît XVI nous rappelle que notre vie est entre les mains de Dieu. Voici ce qu’il écrit aux malades:

Je vous encourage à contempler les souffrances du Christ crucifié et, en union avec Lui, à vous adresser au Père avec une confiance totale dans le fait que toute la vie, et la vôtre en particulier, est entre ses mains. Sachez que vos souffrances, unies à celles du Christ, se révéleront fécondes pour les besoins de l’Eglise et du monde. Je demande au Seigneur de renforcer votre foi dans Son amour, en particulier au cours de ces épreuves que vous affrontez. Je forme le voeu que, partout où vous êtes, vous trouverez toujours l’encouragement et la force spirituelle nécessaires pour nourrir votre foi et vous conduire plus près du Père de la Vie.

En ce dimanche, prions pour les malades et pour tous ceux et celles qui souffrent. Qu’ils trouvent la paix et la sérénité que Dieu nous offre.

Sébastien

Changer de nom ou effacer l’histoire

Le maire de Montréal a annoncé qu’il renonçait à changer le nom de l’Avenue du Parc pour celui de Robert Bourassa. Il répond ainsi aux protestations de nombreux citoyens qui refusaient que l’on élimine une référence toponymique qui a traversé les époques.

Des centaines de rues ont dû être rebaptisées suite aux fusions municipales. Soit, mais est-ce que le choix est tellement restreint qu’il nous oblige à rebaptiser des artères à la mémoire de conseillers municipaux ou de fonctionnaires qui se sont donnés – et c’est tout à leur honneur – au service de leurs concitoyens? C’est que parfois, cela se fait au détriment d’une référence à notre histoire, notre passé et notre influence chrétienne. Je pense au marais Saint-François à Sherbrooke qui a été rebaptisé marais Réal D. Carbonneau. Ce dernier était certes un leader dans la région de l’Estrie, investie de l’Ordre de Saint-François… mais justement, pourquoi ne pas avoir laissé à l’auteur du Cantique des créatures l’honneur de veiller sur ce bijou vert?

Une question semblable se pose à-propos des écoles du Québec. Certaines ont changé de nom, pour des raisons diverses, pour adopter des noms comme: École des Quatre-vents, des Allizées…

D’un autre côté, est-ce de la fausse représentation si l’école Immaculée-Conception ou Saint-Esprit garde son nom alors qu’il n’y aura plus d’enseignement religieux catholique à partir de l’an prochain?

Chose certaine, on ne peut écrire l’histoire d’une main et l’effacer de l’autre.

Sébastien

Servantes du Seigneur

J’ai connu les P’tites soeurs j’avais onze ans. Biscuits, gâteaux et jus de pêche : elles ont su me séduire dès le début. Lorsque nous étions allés les visiter, j’étais en 5ième, nous avions écouté attentivement, et avec stupéfaction par moment, l’histoire de sœur Monique. Elle était passée à deux doigts de se marier. Puis, d’un coup sec, changement de cap. Aujourd’hui, sœur Monique demeure une très bonne amie. Soixante ans après avoir donné sa vie au Seigneur et à son Église, elle demeure l’une des femmes les plus heureuses que je connaisse. La communauté qu’elle a embrassé a pour ministère d’aider les prêtres, de les servir aurait-on dit à une époque. Il s’agit bien là d’une forme de service – et non de servitude comme le croient certaines gens. Il s’agit de servir à l’image de Celui qui a donné sa vie pour nous. Cela, nous sommes tous appelés à le faire, à notre façon, selon notre charisme. Je vous invite à regarder Focus catholique ce vendredi et dimanche à 19h30 sur nos ondes – et à vous laisser charmer par le sourire et le bonheur de ces femmes…

Sébastien

Sur le chemin d’Emmaüs

Depuis le reportage à propos de Sel et Lumière à TVA, j’ai lu divers commentaires de téléspectateurs sur la pertinence de la foi dans nos vies. Simpliste, dépassée disent certains. Essentielle moteur pour les autres. Pourtant, nous n’avons qu’à nous tourner  pour voir ces témoins qui, par leurs œuvres, nous montrent le chemin. L’abbé Pierre est l’un de ceux-là. Le cardinal Barbarin l’a affirmé d’une manière éloquente dans son homélie prononcée lors des funérailles de l’insurgé des pauvres:
« On ne peut pas s’engager dans le service des pauvres et aller au devant de toutes les misères avec un tel enthousiasme, jusqu’à quatre vingt quatorze ans, si l’on ne va pas chercher cette force venue d’ailleurs. Que de fois, quand le fardeau se faisait trop lourd, ses proches l’ont entendu dire : « Laissez-moi ». Il entrait alors dans un dialogue dont il ne nous a livré que quelques mots : « O Dieu, toi qui es, sois ! ». Ce Dieu auquel il s’adressait avec une confiance d’enfant, Jésus lui révélait qu’Il est amour. L’appel était là ; il fallait donc repartir sur les routes, témoigner de cet amour et le partager avec les autres. »
Cet appel, il est le nôtre. Habités par cet Amour, nous reprenons notre route après une rencontre extraordinaire dont nous gardons l’essentiel.  Sébastien

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