La conférence de Bali sur le climat peut-elle faire une différence?

Par Jasmin Lemieux-Lefebvre

Paver la voie à la prochaine ronde de négociations sur les changements climatiques, tout un défi.

On ne doit pas à s’attendre à grand chose de cet exercice, si ce n’est beaucoup de voeux pieux…

Sommes-nous vraiment prêts à faire des sacrifices d’importance pour l’avenir de notre planète?

Oui, des choix difficiles nous attendent, car la façon numéro un de réduire notre impact sur l’environnement, c’est de réduire notre consommation.

Réduire notre consommation, ça rime avec ralentir notre économie. Bou! Jouer avec notre porte-monnaie, ça fait peur à bien des gens.

Moi ce qui me fait peur, c’est tous ceux qui encore aujourd’hui pensent que le réchauffement de la planète causé par l’activité humaine est un mythe.

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Pour suivre cette conférence, visitez le site officiel.

Le site est principalement en anglais, mais une section est en français.

Les chrétiens ont souvent le dos large…

Avec tout le dossier sur la laïcité faisant rage au Québec, il arrive que certains analystes du dimanche en mènent large… Prenez par exemple le plus récent blogue de Patrick Lagacé sur le site de cyberpresse…

Au nom de l'”humeur”, peut-on dire et écrire n’importe quoi?

Voici mon commentaire laissé sur son blogue:

“Cette amertume face à la croix et au Christ est déconcertante.

Comment un « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés? » peut-il attirer tant de haine?

Vous ne partagez peut-être pas une vision chrétienne du monde, mais cette vision est-elle si déraisonnable?

L’enseignement de l’Église catholique, inspiré du message évangélique, peut être argumenté de façon raisonnable autour d’une table, même en laissant de côté la foi en Dieu. Mais quel bonheur d’y croire au nom de Dieu.

Cette foi en Dieu, en Jésus ressuscité, n’est pas l’apanage des ignorants et des cons. Quels croyants côtoyez-vous?

Une grande majorité des Québécois se retrouve dans notre héritage chrétien. C’est tant mieux. Un jour, nous serons peut-être une minorité à y adhérer. J’ose espérer que la société respectera ce patrimoine spirituel qui fait que nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui.

Le jour viendra où de vrais hurluberlus, pas des blogueurs moqueurs, feront échos à vos idées de destruction.

Heureusement pour nous, la sagesse populaire des Québécois veillera au grain.”

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Qu’en pensez-vous? Avons-nous le dos trop large?

Jasmin

Votre chance de faire partie d’une comédie musicale sur une bienheureuse québécoise…

Les Productions Dina-Bélanger préparent déjà depuis quelques semaines la comédie musicale Dina, une création de Louis-Martin Lanthier.

Vous voulez en faire partie? Visitez le site web de la salle Dina-Bélanger pour l’info sur les auditions et le synopsis de la comédie musicale.

Grand merci à nos séminaristes!

Nos séminaristes

Comme à chaque année, Télévision Sel + Lumière accueille des séminaristes en stage pour une partie de l’été. Nous avons été encore choyés cette saison avec 4 futurs prêtres nous provenant de la Colombie-Britannique, de l’Ontario et de Rome.

John, Stefano, Bryan et Pio (dans l’ordre sur la photo) nous ont donné un bon coup de main, mais ils sont surtout une inspiration pour toute l’équipe. Les vocations ne pleuvent pas de nos jours, mais ces jeunes qui entreprennent le chemin du sacerdoce ont la flamme. Nous sommes privilégiés d’avoir pu les croiser sur notre chemin et nous vous invitons à les garder dans vos prières.

Un merci tout spécial à Stefano qui a travaillé au secteur francophone tout le mois d’août. Tous les chemins mènent à Rome, nous nous reverrons donc bientôt cher Stefano!
(En fait, les abonnés de Sel + lumière auront l’occasion de le revoir au mois d’octobre, car nous avons enregistré avec lui cette semaine un Focus catholique sur la nouvelle évangélisation…).

Un beau cadeau pour l’Église que ces séminaristes à la foi contagieuse!

Merci!

Jasmin

La fêtes des tentes sur l’Île d’Orléans

Cette fin de semaine, allez faire un tour à cette belle activité organisée pour les 18-30 ans par la famille franciscaine. Les frais : avec une tente 25.00 $ en dortoir 50 $ (payable sur place) incluant 2 déjeuners, 2 dîners et 1 souper.
Pour renseignements, 3 numéros (514) 762-5092, (418) 524-8534, (613) 728-4310 ou par courriel : fetedestentes@hotmail.com.

La foi qui informe… DUC IN ALTUM !

Par Stefano Cascio

Voici la conclusion de notre étude qui chaque jour a cherché de mieux définir le rôle des chrétiens grace à l’article 43 de la constitution pastorale “Gaudium et Spes” du concile Vatican II

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“Nimis optimiscum” (trop optimiste), c’est ainsi que certains Pères ont jugé la vision du monde contenu dans Gaudium et Spes. Face à un monde en pleine mutation, où la conquête de l’espace et du temps mais aussi de l’homme lui-même se développe sans limite, où les moyens de communication contribuent à une accélération de l’histoire et à un mouvement d’unification (la mondialisation) en diffusant une information engendrant des réactions immédiates et universelles, le Concile Vatican II a voulu donner des réponses aux inquiétudes naissantes. La modification des structures sociales (la disparition des familles stables : premières cellules de socialisation), la prédominance de la société industrielle et de la civilisation urbaine qui engendre une société de consommation, les changements psychologiques, moraux, religieux, la remise en cause des valeurs traditionnelles, l’expansion de la culture scientifico-technique, provoquent un essor de l’esprit critique et un matérialisme pratique. L’athéisme ou l’agnosticisme ne se cantonnent plus au monde philosophique, mais à la littérature, l’art, les sciences humaines, l’histoire et le droit. L’humanisme actuel considère que pour que l’homme soit, il faut nier ou ignorer Dieu. De plus, la misère et l’abrutissement empêchent l’homme d’avoir une claire perception de la situation.
Pourtant, il y a un accroissement du désarroi d’un grand nombre dans un monde qui n’a plus de sens, des déséquilibres et des tensions au cœur même de la personne déchirée. La situation actuelle du monde, jette un défi à l’homme (GS n°4 §5). l’Eglise veut aider l’homme a répondre à ce défi car elle est engagée, comme l’humanité, dans le monde et l’histoire. “l’homme prend conscience que de lui dépend la bonne orientation des forces qu’il a mises en mouvement et qui peuvent l’écraser ou le sauver.” C’est pourquoi il s’interroge lui-même (GS n°9). La requête de sens ne peut trouver de réponse dans un univers d’incertitudes, plus que jamais des repères sont nécessaires. La crise morale actuelle est une absence de goût et une perte du sens de la vérité. La vérité n’a plus d’existence publique, elle ne sert plus à vivre ensemble. Ce sont les conséquences des grandes idéologies du XXème siècle. Puisque la vérité dans sa dimension publique et sa capacité à réaliser la communion était devenue irréelle, on a conclu que la vérité se contentait du seul assentiment intérieur de l’esprit et que sa manifestation par des signes était tout à fait accessoire, voire dangereuse. Le problème est donc la question de la possibilité d’un discours de vérité concernant l’existence religieuse de l’homme et qui ait une portée publique, c’est-à-dire qui dépasse les convictions intimes. La fin des idéologies contraint le chrétien à remettre au centre de sa foi le mystère de la croix et la résurrection du Christ comme lumière nécessaire à la compréhension de ce monde et de son déchirement. Ce numéro 43 de Gaudium et Spes cerne le problème majeur de notre époque, celui de l’insertion des chrétiens dans le monde et le témoignage qu’ils doivent y porter. Le titre même du numéro situe bien le problème : aide que l’Eglise, par les chrétiens, cherche à apporter à l’activité humaine. La sympathie pour ce monde n’exclut d’ailleurs pas la critique et c’est cet équilibre qui donne au texte son objectivité. Les Pères condamnent fortement “l’opposition artificielle entre les activités professionnelles et sociales d’une part, de la vie religieuse d’autre part”. Il ne peut donc pas y avoir dissociation de l’Eglise et des hommes, divorce de la foi et des activités terrestres. Dans ce texte, le concile redit avec force au chrétien de prendre l’exemple du Christ vrai Dieu et…vrai homme. Le Christ est venu au monde au nom de l’alliance de l’homme avec la sagesse éternelle. L’homme doit croître et se développer à partir du fondement divin de son humanité comme image et ressemblance de Dieu. Il est fils de l’adoption divine. Le message traduit une relation si étroite de l’homme avec son créateur qu’il valorise tous les aspects de la vie. Et Cela s’adresse “au monde où l’homme à peur de l’homme, peur de la vie tout autant et peut-être plus encore que de la mort” comme l’écrit Frossard 1. Ce numéro est en quelque sorte la charte du laïc témoin de l’Eglise dans le monde de ce temps. Il donne une définition positive des laïcs qui sont liés par essence au caractère séculier. Les Pères considèrent que les activités terrestres ont une valeur propre et encouragent les laïcs à être actifs pour imprégner le monde d’esprit chrétien. Il y a trois orientations fondamentales à suivre : respecter les règles qui régissent ces activités et acquérir une compétence dans son domaine pour la promotion personnelle, collaborer sur des projets communs et enfin, prendre des initiatives en les conduisant jusqu’à leur terme. Maîtrisant son corps et dominant la terre, la personne déploie des capacités à leur tour “ créatrices ”. Cela a contribué au développement des sciences et de la technique. La conception biblique de l’homme a permis aux Européens de soutenir une haute notion de la dignité de la personne. La démarche du fidèle est donc active. Il a une véritable responsabilité pour “préparer le champ de la semence”. L’Eglise affirme qu’il est en l’homme une conscience capable de connaître sa dignité propre et de l’ouvrir à l’absolu, une conscience qui est le lieu d’une liberté responsable. La conscience de chaque chrétien joue un rôle essentiel dans leur mission : “l’inscription de la loi divine dans la vie temporelle”. Mais cette conscience doit être “préalablement formée” par l’Eglise et ses pasteurs pour la dignité humaine et le projet de Dieu. Il faut être témoin du Christ en vivant selon sa conscience, en suivant l’éclairage de la Sagesse qui illumine et soutient la façon dont il faut se conduire dans la recherche de solutions concrètes. Ce numéro est aussi un appel au dialogue et au respect de l’opinion et donc de la conscience individuelle mais distingue fortement l’opinion personnelle et l’autorité de l’Eglise qu’aucun laïc ne peut s’approprier “d’une manière exclusive”.
Les chrétiens ont toujours conçu leur existence comme une authentique catéchèse (Vous êtes la lumière du monde.” Mt 5,14). La vérité publique de l’Evangile ne peut pas être manifestée autrement que par des signes qui en constituent la manifestation et l’attestation. “Au milieu de la communauté humaine” les laïcs sont appelés à être des “coopérateurs de vérité” comme l’écrit l’apôtre Jean. Leur apostolat est destiné à évangéliser et sanctifier. L’existence chrétienne sert alors de témoignages de vie qui attirera les hommes à Dieu. Les laïcs doivent approfondir, appliquer, défendre les principes chrétiens, en annonçant le Christ. Il est impossible de dissocier la vérité elle-même des signes (témoignages) par lesquels et dans lesquels elle se manifeste. La foi ne divise pas l’homme, bien au contraire elle l’unifie. C’est l’affirmation de l’homme tout entier dans sa constitution spirituelle et corporelle. Le Concile Vatican II aura parfaitement suivi l’orientation donnée par le pape Jean XXIII qui, le 11 septembre 1962 (un mois avant l’ouverture du Concile ), dans un “message au monde entier” déclarait :
La raison d’être du Concile, ce pourquoi on le salue, on le prépare, on l’attend, c’est qu’il continuera, ou mieux, qu’il reprendra avec plus de forces la réponse du monde entier, du monde moderne au testament que le Seigneur, les mains étendues vers les extrémités du monde, formula en ces mots empreints de solennité divine : “Allez donc! De toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tous les commandements que je vous ai donnés”.

C’est aussi dans cette perspective que le Pape Jean-Paul II au début de son pontificat exhorte les chrétiens à ne pas avoir peur de mettre le Christ au centre de leur vie. Saint Pierre lui-même, dans sa première lettre ne considère-t-il pas que l’on “doit être prêt à défendre la foi et à rendre compte de l’espérance qui vit en nous” ?
Ce numéro 43 en définissant la mission, qui découle de la foi, invite le chrétien, et en particulier le fidèle laïc, à entendre les paroles du Christ : “suis-moi”. Après la souffrance, les larmes, l’angoisse de la passion, la croix, Jésus est là, ressuscité, et sa joie embrase le monde. Le Concile Vatican II nous dit que “contempler la vie des hommes qui ont suivi fidèlement le Christ est un nouveau stimulant à rechercher la Cité à venir, et en même temps nous apprenons par là à connaître le chemin très sûr par lequel, à travers les vicissitudes du monde et selon l’état et la condition propre à chacun, il nous sera possible de parvenir à l’union parfaite avec le Christ, c’est à dire la sainteté”. Les chrétiens sont appelés à se laisser envahir par l’Esprit de Pentecôte pour réveiller la flamme intérieure et “avancer vers le large”.
Duc in Altum !

La foi qui informe… “au millieu de la communauté humaine”. (Suite 6)

par stefano Cascio

Les laïcs, qui ont un rôle actif à jouer dans l’ensemble de la vie de l’Eglise, sont non seulement tenus d’imprégner le monde d’esprit chrétien, mais ils sont appelés à être en tout, justement “au milieu de la communauté humaine”, les témoins du Christ.

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B / “Au milieu de la communauté humaine”

Le Concile rappelle aux laïcs le rôle de témoignage qui leur appartient. Un témoignage qui comme le montre ce numéro est actif et qui a été repris et développé dans Apostolicam Actuositatem. Les laïcs sont des coopérateurs de la vérité et des évangélisateurs.

“Coopérateurs de la vérité” (3 Jn8)

Le numéro 6 de Apostolicam Actuositatem, parle de la complémentarité entre les pasteurs et les laïcs. Tous les membres de l’Eglise doivent annoncer le message du Christ. C’est un apostolat d’évangélisation et de sanctification. Le témoignage d’une vie chrétienne et les œuvres faites dans “ un esprit surnaturel, attirent les hommes à la foi et à Dieu ”. mais cela ne suffit pas et les Pères insistent sur l’insuffisance d’un tel témoignage s’il n’y a pas annonce du Christ.

“Malheur à moi si je n’évangélise pas” (1Co 9, 16)

Ce témoignage et cette annonce doivent être fait non seulement aux croyants pour les fortifier, les encourager dans une constante conversion, mais également aux incroyants pour qu’ils puissent rencontrer le Christ et son Eglise. Le Concile “ exhorte ” les laïcs selon leurs charismes à l’approfondissement, la défense et l’application contemporaine des principes chrétiens dans la société.
La mission du laïc n’est donc pas simplement d’être une image du Christ, mais de vivre dans une unité intérieure ce témoignage. C’est à la fois, être à l’écoute de la sagesse divine qui habite en l’homme, et jouer son rôle dans la société : Etre à la fois exemple et propagateur du message chrétien.

suite et fin demain…

La foi qui informe… Témoin du Christ (suite 5)

Les laïcs […] sont aussi appelés à être en tout, justement au milieu de la communauté humaine, témoin du Christ.
Etre témoin du Christ c’est vivre guidé par sa conscience chrétienne et pour les laïcs, au milieu de la communauté humaine

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Témoin du Christ
A / Vivre selon sa conscience

Que les laïcs attendent des prêtres lumière et force spirituelle.
Les Pères conciliaires mettent en relief l’attitude du laïc face aux prêtres et son attente légitime. Le pasteur est là pour donner un conseil ou un encouragement spirituel mais n’est pas pourvoyeur de solutions précises. Les Pères considèrent, comme primordial, l’éclairage de Dieu et le respect de la diversité d’opinion.

1 Éclairage de la sagesse de Dieu

Cependant, qu’ils ne pensent pas que leurs pasteurs ont toujours assez de compétence pour pouvoir fournir une solution concrète et toute prête pour toute question, même grave, qui se pose, ou qu’ils ont été envoyés pour cela ; mais qu’eux-mêmes, éclairés par la sagesse chrétienne et apportant une soigneuse attention à la doctrine du Magistère, assument la part qui leur est propre.

Ceci semble signifier que les laïcs sont libres de leurs actions. c’est à eux de trouver des solutions pratiques aux problèmes rencontrés. Le Concile les responsabilise en les invitant à rechercher les solutions appropriées par l’éclairage apporté par l’enseignement du magistère ou d’un pasteur. Mais surtout en étant à l’écoute de la “sagesse chrétienne” qui comme nous le rappelle le numéro 15 de GS, invite l’esprit de l’homme “à rechercher et à aimer le vrai et le bien”, à parfaire son intelligence, le laïc doit demander la sagesse à Dieu : le don de sagesse (LG 35). L’homme reçoit, alors des clartés nouvelles de cette éternelle sagesse qui depuis toujours était auprès de Dieu (GS 57) et qui doit imprégner toute conscience chrétienne. En effet, la conscience nous fait connaître la loi inscrite par Dieu, au cœur de l’homme (GS 16). Et le numéro 36 de Lumen Gentium considère que “dans n’importe quelle affaire temporelle, (les laïcs) doivent se laisser guider par leur conscience chrétienne car aucune activité humaine ne peut être soustraite à la souveraineté de Dieu”.
Les Pères vont inévitablement faire le constat de la diversité d’opinions qui existe entre chrétiens dans le choix des solutions à apporter.

2 Respect de l’opinion (de la conscience individuelle)

Assez souvent la vision chrétienne des choses les inclinera à une solution déterminée dans certaines situations. Mais d’autres fidèles, poussés par une sincérité non moins grande, pourront en juger autrement, comme cela arrive assez fréquemment et d’ailleurs à bon droit.

Le Concile reconnaît non seulement qu’il existe une diversité d’opinions pour un même problème et ajoute, en montrant qu’il fait preuve de réalisme, “assez fréquemment “, mais en plus, considère cette disparité dans la proposition de solutions comme légitime. Il ne s’agit donc pas ici de se croire porteur d’une solution suprême ou de vouloir imposer d’une manière despotique une solution. Le texte précise : “Il peut se faire que les solutions proposées par les uns et les autres soient facilement mises en rapport par beaucoup avec le message évangélique”. Il peut donc exister un lien entre la position du chrétien et le message évangélique, ce qui soulève le problème de la distinction entre l’opinion personnelle et l’autorité de l’Eglise.

(…) même contre la volonté des intéressés, il faut se rappeler que personne n’a le droit, dans de tels cas de revendiquer de manière exclusive pour son opinion l’autorité de l’Eglise.

Il est évident que dans une telle affirmation les Pères ont pris soin de peser chaque mot.. L’Eglise donne une orientation qui sera suivie dans la pratique ; mais la résolution concrète des problèmes peut faire naître une diversité de solutions. Aucune de ces solutions ne peut être prise pour elle-même comme la pensée de l’Eglise. Les Pères réaffirment la grande autorité de la voix de l’Eglise et la responsabilité qui en dépend.
Ce paragraphe se termine sur une exhortation à accepter ces différences dans la charité, “le dialogue sincère”, “en ayant avant tout le souci du bien commun.” Les Pères encouragent une fois de plus, l’esprit de communion et invitent les hommes à oublier leurs intérêts particuliers.
Les laïcs sont appelés à être, en tout, témoins du Christ dans la société.

à suivre…

La foi qui informe… La responsabilité du laïcs (suite 4)

par stefano Cascio

Les trois règles vues précedemment sont la mise en pratique des thèmes développés au numéro 36 de Lumen Gentium. Selon ce numéro, les laïcs doivent s’entraider pour vivre saintement et “que le monde soit imprégné de l’esprit de Dieu”. Ils doivent apporter une “contribution efficace” afin que l’activité humaine soit accomplie pour l’homme. Les fidèles doivent s’unir pour “assainir les institutions” et les conditions de vie dans le monde. Cela préparera le monde à recevoir la Parole de Dieu qui pourrait être rejetée, et permettre à l’Eglise de faire parvenir son message de paix.
Le laïc est l’éclaireur, dégageant le chemin à la vérité. L’inscription de la loi divine dans le monde ne peut se faire sans son action : action unie et compétente.
Le fidèle laïc a donc une véritable responsabilité mais son action doit se faire de concert avec sa conscience qui le guide.

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L’action du chrétien n’est rien s’il n’agit pas selon sa conscience. Bien que son rôle soit primordial, les Pères ont ajouté qu’elle devait être “préalablement formée”.

Il appartient à leur conscience, préalablement formée de façon appropriée, d’inscrire la loi divine dans la vie terrestre.

1 Le rôle de la conscience
LG 36 précise “que dans n’importe quelle affaire temporelle [ les chrétiens ] doivent se laisser guider par la conscience chrétienne “. Bien que s’inspirant de ce numéro, les Pères ont préféré dans le cas présent utiliser un adjectif possessif (“il revient à leur conscience”), pour marquer la liberté du chrétien auquel on demande d’agir selon sa conscience (respect de la conscience individuelle).
Son rôle est donc essentiel dans l’action chrétienne.
L’homme perçoit, dans l’intimité de son cœur, des directives qui lui indiquent le bien à faire. A la lumière de sa conscience il peut juger de l’orientation de son action et rechercher des solutions concrètes aux problèmes qui pourront surgir.
La médiation de la conscience étant incontournable, dans l’action du fidèle, il est nécessaire qu’elle soit préalablement bien formée.

2 “préalablement formée de façon appropriée”

Cette formation préalable n’est pas un endoctrinement, mais un éclairage pour le respect de la dignité humaine et le projet de Dieu
Pour la dignité de l’homme :
Il est évident, ici, que cette formation se fera au sein de l’Eglise. L’aide que l’Eglise peut apporter au monde se précise. Le numéro 41 affirme qu’il n’y a pas d’opposition entre la loi divine et les droits de la personne sinon “la dignité de la personne humaine […] se perd” Le numéro 42 exprime la capacité de l’Eglise de renforcer, “d’affermir la communauté des hommes selon la loi divine”. C’est donc, dans le numéro 43, une Eglise qui connaît la vocation de l’homme, grâce à la Révélation, qui va intervenir dans le monde.
Pour le projet de Dieu :
l’Eglise est présente pour que le monde corresponde au projet de Dieu. Dans ce numéro, le Concile précise la mission du laïc appuyée et suscitée par l’Eglise. Le laïc concrétise l’action de l’Eglise en transformant le monde en vue d’accomplir sa vocation propre et véritable. Mais le Concile a considéré que si la préparation et le soutien de l’Eglise était nécessaire, il reste une liberté individuelle qui permet au chrétien d’incarner ou non sa mission.
Les laïcs ne sont pas uniquement missionnaires par leurs actes, ils le sont également par leur vie. Ils doivent être les témoins du Christ au milieu des hommes.

La foi qui informe…”Imprégner le monde d’esprit chrétien (suite 3)

par Stefano Cascio

Nous continuons notre étude du chapitre 43 de “Gaudium et Spes”, et en particulier le devoir du chrétien dans le monde. Le pape dernièrement lors d’une audience a invité de jeunes espagnols à porter à leurs contemporains “le bonheur indescriptible de se savoir aimé par Dieu, l’unique amour qui ne déçoit pas”… une invitation pour les jeunes et les moins jeunes…

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Chapitre II “Imprégner le monde d’esprit chrétien”

Les laïcs, qui ont un rôle actif à jouer dans l’ensemble de la vie de l’Eglise, sont […] tenus d’imprégner le monde d’esprit chrétien
” Le Concile a revalorisé la place et le rôle du laïc dans l’Eglise. Lumen Gentium présente de manière positive la mission des baptisés. En effet les fidèles participent à l’unique mission de l’Eglise, aucun ne peut se dégager de cette mission, mais chacun la vit selon son Charisme. Ainsi, la mission des laïcs se trouve essentiellement dans les activités séculières. Ces activités ont une valeur propre, une “autonomie légitime” comme le souligne le numéro 36 de GS
“Si, par autonomie des réalités terrestres, on veut dire que les choses créées et les sociétés elles-mêmes ont leurs lois et leurs valeurs propres, que l’homme doit peu à peu apprendre à connaître, à utiliser et à organiser, une telle exigence d’autonomie est pleinement légitime : non seulement elle est revendiquée par les hommes de notre temps, mais elle correspond à la volonté du Créateur”.
C’est sur cette valeur propre que nous allons, tout d’abord, centré notre attention.

A / Valeur propre des activités séculières

Aux laïcs reviennent en propre, quoique de façon non exhaustive, les charges et les activités séculières.

Le laïc n’est donc pas défini comme n’étant ni un clerc ni un religieux mais de manière positive chargé d’une mission qui lui est propre (mais non exclusive) dans le monde séculier. Le numéro 36 de Lumen Gentium décrit déjà le rôle des fidèles laïcs :
Le Seigneur désire étendre son royaume également grâce au concours des fidèles laïcs […] par leurs activités même séculières ils doivent s’aider mutuellement en vue d’une vie plus sainte, de façon que le monde soit imprégné de l’esprit du Christ et atteigne plus efficacement sa fin dans la justice, la charité et la paix. Pour l’accomplissement de ce devoir dans son universalité, les laïcs occupent une place privilégiée
Le rôle du laïc est primordial dans la construction du monde. L’orientation pour agir d’une manière prioritaire dans les tâches séculières est nettement affirmée, et semble constitutive de l’identité du laïc.
Trois repères sont donnés aux laïcs dans ces activités.

1 Les trois règles fondamentales :

En tant que “citoyens du monde”, les fidèles laïcs doivent dans leurs actions avoir trois exigences :
Respect et compétence :
Lorsqu’ils agissent, soit individuellement soit en étant associés, en tant que citoyens du monde, non seulement ils observeront les lois propres à chacune des disciplines, mais ils s’efforceront d’acquérir une véritable compétence dans ces domaines.
Le Concile demande de développer les compétences liées aux diverses disciplines et de respecter la juste “autonomie des réalités terrestre” par la reconnaissance des lois qui régissent l’activité. Il faut donc une connaissance de ces lois et tendre vers une maîtrise de la matière avant d’agir dans un domaine particulier. Mais cette intervention ne doit pas se faire seule.
Collaboration :
Ils collaboreront volontiers avec les hommes qui poursuivent les mêmes objectifs.
Les Pères vont par la suite souvent insister sur la collaboration qui est ouverture à l’autre, union dans le travail et donc force supplémentaire. Cela doit être “volontaire”, c’est-à-dire franc et sincère, venant de la libre volonté de la personne et permettant ainsi d’être un vrai projet commun. Cette collaboration est précise, il faut poursuivre un objectif commun. Le chrétien ne s’engagera qu’à la condition que le projet soit défini, le but de cette union clarifié. il faut donc à la base de cette collaboration un désir commun de réaliser un objectif particulier.
Initiatives et réalisation
Conscients des exigences de la foi et revêtus de sa force, ils prendront sans hésiter de nouvelles initiatives et, si besoin est, en assureront la réalisation.
C’est la force de la foi qui va éclairer le fidèle dans son action. Le Concile veut faire prendre conscience que cet engagement est actif. Le chrétien est appelé à être un moteur dans son champ d’action, il doit, s’il le peut, innover et porter jusqu’à son terme le projet.
Le laïc a un rôle important qui ne peut se faire sans la grâce, force reçue dans la foi qui impose une vraie responsabilité.

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