Église en sortie 3 novembre 2017

Cette semaine à Église en sortie, on reçoit le père Jean-Guy Vincent c.s.c. qui nous parle de la Communauté des religieux de Sainte-Croix. On vous présente un reportage sur le Musée de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis s’entretient avec le père Claude Grou c.s.c. sur le thème de l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal.

Si vous aviez la foi (et en effet, vous l’avez)…

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Vingt-septième dimanche du Temps ordinaire, Année C – 2 octobre 2016

Habacuc 1,2-3 ; 2,2-4
2 Timothée 1,6-8.13-14
Luc 17,5-10

Questionner foi et même l’objet de cela est un exercice quotidien sain ! La foi ne peut pas être mise en suspens jusqu’à ce que nous en ayons besoin, car à ce moment-là nous découvrirons qu’elle est devenue faible et démunie de désuétude et ne nous soutiendra pas. La vertu de l’intégrité requiert une foi bien exercée qui nous permettra de surmonter même des défis les plus terribles. Même le plus fort parmi nous peut être réduit à l’impuissance et le silence. Laissez-nous inspirer par l’Ancien Testament d’aujourd’hui et les lectures d’Évangile d’aujourd’hui afin que nous puissions avoir un aperçu du précieux cadeau de la foi. Je vous offrirai aussi deux exemples remarquables et contemporains de deux serviteurs et héros de notre foi : Sainte Mary MacKillop, et Saint André Bessette qui étaient canonisé le 17 octobre 2010 à Rome.

Le cri d’Habacuc

Les mots du prophète Habacuc dans la première lecture d’aujourd’hui (1,2-3 ; 2,2-4) ont été interprétés comme étant la plainte du prophète contre les maux internes de Juda; la langue utilisée est celle employée par Amos, Isaïe et Jérémie pour condamner les abus sociaux de leur époque. Dans Habacuc 1,5-7 le Seigneur répond à cette plainte en indiquant l’empire Chaldéen comme son instrument pour punir son peuple pour ces péchés. Cependant, le cri d’Habacuc n’est pas lancé en vain. Le Seigneur lui parle : « Ecris la vision, grave-la sur les tablettes pour qu’on la lise facilement. Car c’est une vision qui n’est que pour son temps : elle aspire à son terme, sans décevoir ; si elle tarde, attends-la : elle viendra sûrement, sans faillir ! (2,2-3). C’est tout ce que Habacuc obtient – et la plupart du temps il est tout ce que nous obtenons – « attend patiemment la vision. » Cela semble lamentablement insuffisant. C’est pourquoi notre foi doit constituer une partie vivante, révélatrice et toujours grandissante de qui nous sommes.

Augmente notre foi

Les paroles de Jésus dans l’Évangile de Luc (17,5-10) continuent sa réponse à la demande des apôtres pour augmenter leur foi (Luc 17,5-6) et leur rappeler que des disciples Chrétiens ne peuvent faire aucune réclamation sur la bienveillance de Dieu; dans l’accomplissement des demandes exigeantes de l’apprentissage, ils sont simplement en train d’accomplir leur devoir. Jésus adresse quatre enseignements indépendants (vv 1-2; 3-4; 5-6; 7-10) à son auditoire. Luc a tissé ces quatre enseignements dans un récit narratif concernant deux sujets: dans le premier récit Jésus donne des instructions très exigeantes concernant l’acte de pécher contre un frère ou une sœur [vv 1-2], et dans le deuxième il évoque le traitement de celui qui pèche contre vous (vv 3-4). Les enseignements sont si difficiles que les disciples demandent une plus grande foi, en réponse à quoi Jésus appelle et affirme la foi qu’ils ont (vv 5-6).

Que ce soit dans le premier ou le second enseignement, ces derniers se rapportent tout deux a la vie ensemble dans la communauté de foi. Dans la communauté Chrétienne, deux sortes de difficultés surgiront souvent, menaçant l’harmonie de la communauté. Une difficulté découle du fait que pas tous les membres sont au même niveau de maturité; il y a toujours « petits, » c’est-à-dire les nouvellement baptisés. Le discours et le comportement des membres qui sont plus mûrs pourraient mener un des nouveaux pour a trébucher et chuter. « Etre la cause de trébucher » c’est ce qui git au cœur de la « tentation a pécher » (v 1) et de la « suscitation au pécher » (v 2). Des parallèles à ce texte existent dans Mathieu (18,6-7) et Marc (9,43).

Le deuxième type de difficulté qui menace la communauté Chrétienne émane des ces instances ou les disciples pèchent l’un contre l’autre (vv 3-4). Cet enseignement est très réaliste; des membres de la communauté s’offensent mutuellement. Il n’est pas étonnant que les apôtres, en entendant les instructions (vv 1 – 4) disent à Jésus, « Augmentez notre foi ! » [v 5]. Dans son usage des termes « apôtres » et « Seigneur » dans cette phrase, Luc parle non seulement de Jésus et de ses disciples immédiats à ce moment de l’histoire, mais aussi Seigneur Ressuscité de l’Église et les apôtres ainsi que des apôtres et dirigeants de notre Église contemporaine. 

Une affirmation plutôt qu’une réprimande

Au v 5 les disciples de Jésus sentent le fardeau du leadership. La réponse de Jésus à eux appelle à un examen rigoureux de leurs responsabilités et défis : « si vous aviez la foi… » La langue grecque offre deux types de clauses pour désigner le terme « si »: celui qui exprime une condition contrairement au fait ( »Si j’étais a votre place ») et celui qui exprime une condition selon le fait ( »si Jésus est notre Seigneur »). La clause conditionnelle au v 6 est du deuxième type; nous pourrions le traduire par « si vous aviez la foi (et en effet vous l’avez). » La réponse de Jésus, alors, n’est pas une réprimande pour une absence de foi, mais plutôt une affirmation de la foi qu’ils possèdent et une invitation à vivre les possibilités absolues de cette foi. Même la petite foi qu’ils ont déjà neutralise des termes comme « impossible ».

La relation de maître-esclave

Le quatrième et dernier enseignement (vv 7-10) est en de parabole et n’a aucun parallèle chez Mathieu et Marc. Il s’ouvre d’une façon commune à un certain nombre de paraboles chez Luc: « N’importe lequel parmi vous ? » Ou « Lequel parmi vous ? » (11,5-7 ; 14,23 et 31; 15,4 et 8). La réponse assumée est « non » ou « personne. » La parabole est construite autour de la relation maître-esclave, plutôt commune dans des paraboles du Nouveau Testament, sans toutefois d’analogies claires dans notre culture.

Nous sommes seulement des serviteurs

Je suis sûr que les mots de Jésus ont continué à se répercuter dans les cœurs des apôtres lorsqu’ils sont allés proclamer l’Évangile. Ils ont voyagé d’une ville à l’autre, d’une région à la suivante, se consacrant au service du Royaume et toujours ayant à cœur la remontrance de Jésus : « quand vous avez fait tout ce que l’on vous commande, dites: ‘nous sommes des serviteurs indignes; nous avons seulement fait notre devoir’ » (17,10). Les mots de Jésus soulèvent des questions qui ne peuvent pas être évitées : Avons-nous vraiment fait notre devoir ? Et que devons-nous faire maintenant ? Quelles tâches nous attendent ? Quelles ressources et quelles forces avons-nous à portée de main ? Les questions sont complexes, et donc la réponse à ces questions doit être soigneusement méditées.

Jésus est venu parmi nous comme celui qui sert. Et c’est ainsi que font ses disciples; ils doivent être tout d’abord les serviteurs des autres, et non pas des maîtres. Dans aucun endroit ou temps le disciple peut dire : « j’ai achevé mon service, maintenant je veux être servi. » Cela s’applique particulièrement à ceux parmi nous qui avons été confiés le leadership du peuple de Dieu de n’importe quelle façon. La demande de l’augmentation de la foi (v 5) ne doit pas séduire des apôtres ou des leaders pour supposer qu’avec l’augmentation vient l’élévation du poste pour que la période de servir prenne fin. Les apôtres et les leaders sont soumis aux instructions et ceci est applicable pour tous les disciples. Peu importe où nous nous trouvons, un serviteur est un serviteur.

La première sainte d’Australie

Dimanche 17 octobre, 2010, Benoît XVI a canonisé six nouveaux saints en la Place Saint-Pierre. Ceux-ci comprennent le polonais Stanislaw Soltys, qui est mort en 1489; l’espagnole Candida Maria de Jésus, qui est morte en 1912; les italiennes Camilla Battista da Varano morte en 1524, et Giulia Salzano, morte en 1929; le canadien André Bessette, qui est mort en 1937; et l’australienne Mary de la Croix MacKillop qui est morte en 1909. MacKillop, avec le père Julian Tenison Woods, ont fondé les Sœurs de Saint Joseph du Sacré Cœur en Australie. Un aspect de la vie de Sainte Mary MacKillop s’adresse à nous à la lumière des lectures d’aujourd’hui. Lorsqu’elle fut excommuniée par l’Église, on interdit à ses propres sœurs de lui parler et beaucoup d’entre elles furent renvoyées de la congrégation. Mary s’est réfugiée chez des amis et, éventuellement, chez un homme d’affaires juif qui lui fournit une maison avec certaines des femmes qui furent expulsées de la congrégation. Les pères Jésuites se sont rendus compte qu’une injustice avait été faite et continuèrent à lui donner les sacrements. Cinq mois après l’excommunication l’évêque s’était rendu compte de son erreur, et, sur son lit de mort, envoyât un de ses prêtres pour enlever la sentence d’excommunication. Pendant le temps d’excommunication, Mary ne fera pas dire de mots hostiles contre l’évêque et continuera à prier pour lui.

Cette brave femme australienne ne s’était jamais endurcie à l’égard des dirigeants de l’Église qui se sont opposés à elle si vigoureusement. Lors de sa visite à Sydney a l’occasion de la Journée Mondiale de la Jeunesse 2008, et en évoquant la Bienheureuse Mary MacKillop Bénie, Benoit XVI dit : « Je sais que sa persévérance face à l’adversité, sa réclamation de la justice de la part de ceux qui l’ont maltraitée, et son exemple pratique de sainteté sont devenu une source d’inspiration pour tous les Australiens. »

Frère André Bessette de Montréal

Le frère de Sainte-Croix André Bessette, le fondateur de l’Oratoire Saint-Joseph à Montréal, est né 1845, au sein d’une grande famille catholique, dans le village québécois de Saint-Grégoire d’Iberville. Lorsqu’il s’était présenté pour embrasser ses vœux au sein de la Congrégation de Sainte-Croix, ses supérieurs religieux décidèrent qu’ils ne pouvaient l’accepter en assumant que sa mauvaise santé serait un obstacle à son ministère dans le futur. Alfred fut dévasté. Alfred a imploré l’Évêque local d’intercéder avec les supérieurs de Sainte-Croix, en disant : « Ma seule ambition est de servir Dieu dans les tâches les plus humbles. »

Pendant à peu près 40, le frère André a travaillé comme portier au Collège Notre-Dame dans le quartier de Côtes-des-Neiges à Montréal. En parlant de sa tâche de portier, il raillât une fois en disant : « Lorsque je suis entré en communauté, les supérieurs m’ont montré la porte et j’y suis resté 40 ans. »

Le frère André incitait les gens qui venaient le voir à prier avec confiance et persévérance. La nouvelle s’était rapidement répandue lorsque bon nombre de personnes avec lesquelles il avait prié étaient guéries. Le Frère André a insisté, « je ne suis rien … seulement un outil dans les mains de Providence, un instrument modeste au service de Saint-Joseph. » Tandis que certains l’avaient soutenu, plusieurs d’autres s’opposèrent à lui et l’avaient même considéré un danger pour le bien être de la réputation de l’école, parce qu’ils le voyaient comme un charlatan. Avec de développement des tensions au sein du collège avec le déferlement d’un grand nombre de malades venus voir le portier, les supérieurs du collège lui donnèrent la permission de recevoir les malade dans la station de tramway voisine plutôt qu’au sein du collège.

Le frère André avait une grande foi en et une dévotion fervente à saint Joseph. En 1900 il reçut la permission de se procurer de l’argent pour construire sanctuaire à Saint-Joseph. Le premier abri a été construit en 1904. Les autorités de Sainte-Croix approuvèrent l’adjonction d’une chambre à la chapelle et ils assignèrent au frère André à vivre dans cette chambre, où il pourrait recevoir des pèlerins et prier pour eux. Il passait ses jours à accueillir les malades qui lui rendaient visite et ses soirées à visiter les malades qui ne pouvaient aller à l’Oratoire. La construction de ce qui deviendra l’Oratoire Saint-Joseph a commencé en 1914. Avant les années 1920 l’Oratoire accueillait plus d’un million de pèlerins annuellement, et des centaines de guérisons ont été attribués aux prières de Frère chaque année. L’Oratoire Saint-Joseph est désormais le plus grand sanctuaire au monde dédié à Joseph.

Ces deux saints contemporains de l’Église ont su transformer en flamme le don de la foi qu’ils avaient reçu de Dieu. Ils ont souffert aux mains de l’Église, et ont malgré cela continué à aimer et croire. Quelle privation ont-ils tous deux vécue pour l’Évangile ! Ils n’ont jamais eu honte de leur témoignage au Seigneur et ils irradiaient de charité, de joie et d’espoir. Leur force est venue de Dieu. Sans aucun doute l’Esprit habitait en eux (2 Tm 1,6-8.13-14).

(Image : CNS Photo) 

Canonisation du frère André: pourquoi le miracle ne peut être dévoilé

Écoutez l’intégrale de l’entrevue accordée par le cardinal Jean-Claude Turcotte ce vendredi suite à l’annonce de la canonisation du frère André (10 min.) L’entrevue téléphonique est disponible en format MP3.

La canonisation du frère André le 17 octobre à Rome

frere_andre_cscBenoît XVI a annoncé ce vendredi au cours d’une cérémonie en latin que les canonisations auront lieu le dimanche 17 octobre 2010 au Vatican. Montréal sera en liesse ce matin, en particulier son archevêque et la famille Sainte-Croix. L’humble portier du Collège du chemin Queen Mary qui, bien malgré lui et avec tout son coeur, a accueilli les maux et misères de gens de part toute l’Amérique du Nord, se voit ainsi présenté comme modèle de vie pour l’Église entière. Il devient le premier saint natif du Canada.

Nous surveillerons ce qui se passera du côté de l’Oratoire Saint-Joseph ce matin. Un point de presse devrait avoir lieu sur le coup de 10h.

Outre le frère André, 5 autres bienheureux seront également déclarés saints:

  • La première sainte australienne, Mary MacKillop, fondatrice des Soeurs de Saint-Joseph du Sacré-Coeur;
  • le prêtre polonais des chanoines réguliers du Latran, Stanislas Soltys (1433-1489);
  • la religieuse espagnole fondatrice de la Congrégation des filles de Jésus, Candida Maria de Jesus Cipitria y Barriola (1845-1912);
  • deux religieuses italiennes, Giulia Salzano (1846-1929), fondatrice des Suore catechiste del Sacratissimo Cuore di Gesu, et Camilla Battista Varanno (1458-1524), clarisse franciscaine.

La cérémonie du 17 octobre prochain coïncidera avec le Synode des évêques du Moyen-Orient.

Un miracle pour le frère André!

L’humble portier vraisemblablement canonisé en 2010!

frereandreCe matin, Benoît XVI a autorisé la promulgation de plusieurs décrets par la Congrégation pour les causes des Saints. Un miracle attribué au bienheureux frère André a été reconnu par la Congrégation et approuvé par le Pape. Concrètement, cela signife que le frère André – Alfred Bessette – serait canonisé au cours de l’année qui vient! Quelle nouvelle pour le Canada et pour le Québec! Le miracle approuvé était à l’étude depuis un certain temps déjà et avait été reconnu par les autorités médicales en octobre dernier. Le cardinal Jean-Claude Turcotte avait d’ailleurs partagé sur nos ondes son espérance de pouvoir assister à la canonisation du bienheureux frère de Sainte-Croix avant de prendre sa retraite… souhait réalisé!

Le vice-postulateur de la cause de canonisation de frère André, le père Mario Lachapelle, c.s.c., indique: « La voie à la canonisation de frère André est maintenant ouverte! Le moment semble enfin venu. Aujourd’hui, une des plus belles pages de notre histoire collective s’écrit. »

Ce miracle est donc une étape importante vers la canonisation du frère André. Ne reste qu’une dernière étape à franchir, l’approbation des évêques membres de la Congrégation. Un décret sera vraisemblablement émis en 2010.

Parmi les autres décrets approuvés par le Pape ce matin, la CCS reconnaît un miracle attribué à la bienheureuse Mary McKillop, faisant ainsi d’elle la première sainte d’Australie. Sel + Lumière avait visité la communauté des Sœurs de Saint-Joseph du Sacré-Cœur à Sydney et le tombeau de la bienheureuse fondatrice lors des JMJ 2008 dont elle était la patronne. Mary McKillop a œuvré auprès des jeunes et des aborigènes.

La Congrégation a également reconnu ce matin :

Le martyre du père Jerzy Popieluszko, sauvagement assassiné en 1984. Le prêtre polonais a œuvré auprès des étudiants universitaires en Pologne et fut très impliqué dans le mouvement Solidarnosc.

Les vertus héroïques du Serviteur de Dieu le pape Pie XII. Télévision Sel + Lumière a réalisé en 2008 un documentaire sur celui qui fut pape lors de la Seconde guerre.

Les vertus héroïques du Serviteur de Dieu Jean-Paul II.  On se souviendra de l’appel de la foule lors des funérailles du bien aimé Pape en avril 2005 : Santo Subito! La reconnaissance des vertus nous rapproche de la béatification de celui qui a initié les JMJ, dès l’année 2010 selon la presse à Rome. Génération JPII, réjouissez-vous!

Rendons grâces à Dieu pour tous ces modèles qui intercèdent aujourd’hui pour nous. Tous les saints du Ciel, priez pour nous!

Plus de détails à Zoom ce lundi.