Chrétiens, Juifs, Musulmans du Moyen-Orient: Un meilleur avenir ensemble

Les Messages des représentants Musulmans

Le cri de S.O.S. de certaines communautés comme celle des Chrétiens d’Iraq chrétiens, de Palestine victimes d’atrocités fondamentalistes, et celles des chrétiens asiatiques émigrés au Golfe souvent victimes d’abus des droits humains, pose problème aussi bien chez les chrétiens que chez les Musulmans, ces derniers étant majoritairement modérés. Pourtant la violence et le terrorisme son un réalité vécue au quotidien surtout dans certaine régions conflictuelles comme l’Iraq actuel.

« Je ne peux pas vivre mon arabité sans le chrétien arabe du Moyen-Orient. » attesta Muhammad Al-Sammak, Conseiller du Mufti sunnite du Liban, qui fit part lors de son intervention de sa préoccupation quant a la disparition des chrétiens, partie intégrante originelle du tissu culturel oriental. « Conserver la présence chrétienne est un devoir islamique commun autant qu’un devoir chrétien commun », de conclure Mr. Al-Sammak aux applaudissements de l’assemblée. Ayatollah Mohaghegh Ahmadabadi qui lui succéda a la tribune décrivit le statut des chrétiens en Iran comme étant très privilégiés : « Les chrétiens vivent côte à côte et en paix avec leurs frères musulmans, ils jouissent de tous les droits juridiques des autres citoyens et exercent librement leurs pratiques religieuses.» conclut-il a une assemblée refroidie.

Nul ne peut nier les persécutions et massacres des Chrétiens – comme l’atroce massacre des fideles de l’Eglise syriaque catholique en Iraq hier dimanche, les inégalités de droits qui sont privilégient les musulmans dans certains pays. Les lois doivent être reformées pour assurer aux chrétiens une citoyenneté égale, comme par exemple le droit d’accès a la propriété qui est réservé aux musulmans dans plusieurs pays comme ceux du Golfe par exemple. D’autre part, le changement de mesures prises officieusement qui empêchent les chrétiens d’avancer dans la société, comme par exemple en Egypte ou un grand nombre de chrétiens compétents sont discrètement écartés des postes élevés de la fonction publique.

Cependant, la présence des chrétiens du Moyen-Orient et leur droit et responsabilité de sauvegarder leur héritage religieux dans leur patrie sont incontestables. Leur message est avant tout et par dessus tout autre un message d’amour, de respect, et d’invitation a une vie conviviale avec leur concitoyens musulmans et juifs.

Le message du représentant Juif

“Aujourd’hui, les rapports entre l’Église catholique et le peuple juif connaissent une heureuse transformation qui a lieu à notre époque et qui n’a sans doute pas d’égal dans l’histoire.

(…) l’Église catholique est largement perçue comme une amie authentique ayant des valeurs profondes et des intérêts communs.” affirma le rabbin David Rosen, conseiller du Grand Rabbinat d’Israël, directeur du département pour les affaires interreligieuses de l’American Jewish committee et de l’Institut Heilbrunn pour l’accord international interreligieux (Israël).

Toutefois, un des problèmes qu’il a évoqué concerne l’isolement de chacune des deux communautés juive et chrétiennes qui ne se connaissent pas profondément. “la plupart des Israéliens juifs ne rencontrent pas les chrétiens contemporains; et même quand ils voyagent à l’étranger, ils ont tendance à rencontrer les non-juifs en tant que tels, et non pas en tant que chrétiens modernes. Par conséquent, jusqu’à ces derniers temps, une grande partie de la société israélienne ignoraient les changements profonds qui ont eu lieu dans les relations catholiques-juives. Or, la situation a commencé à changer considérablement ces dix dernières années pour diverses raisons, dont deux en particulier méritent d’être mentionnées.La première, ce sont les effets de la visite de feu Jean-Paul II en l’an 2000, à la suite de l’établissement des relations bilatérales à part entière entre Israël et le Saint-Siège six ans plus tôt.”

Rabbi Rosen qui est fondateur d’une des organisations des droits de l’homme (Rabbins pour les Droits de l’Homme) exprima sa désolation a l’égard de la souffrance des Palestinien en général, et des Chrétiens palestiniens en particuliers: « (…) la détresse des Palestiniens en général, et des Chrétiens palestiniens en particulier, devrait constituer une préoccupation profonde pour les Juifs, tant d’Israël que de la Diaspora. D’abord, le Judaïsme a fait connaître au monde que chaque personne humaine a été créée à l’image de Dieu; et que par conséquent, comme les sages du Talmud l’enseignent, tout manque de respect à l’égard d’une autre personne, est un acte de non respect envers le Créateur lui-même; nous avons une responsabilité spéciale tout particulièrement pour nos voisins qui souffrent. Cette responsabilité est encore plus grande quand la souffrance provient d’un conflit dans lequel nous avons une part et, paradoxalement, précisément là où nous avons le devoir moral et religieux de nous protéger et de nous défendre.

Pour moi, personnellement, en tant qu’Israélien de Jérusalem, la situation douloureuse en Terre Sainte et la souffrance de tant de personnes des différents côtés du fossé politique, est une source de grande douleur;”

Rabbi Rosen de réaffirmer l’intention juive : « Effectivement, la responsabilité juive pour s’assurer que les communautés chrétiennes s’épanouissent parmi nous, en respectant la réalité que la Terre Sainte est la terre de la naissance du Christianisme et des lieux saints, est renforcée par notre fraternité de plus en plus redécouverte.”

Il conclut par un verset du Palmiste: “ »Que Yahvé te bénisse de Sion! Puisses-tu voir Jérusalem dans le bonheur tous les jours de ta vie » (Ps 128,5).” Puisse cette invitation biblique se s’actualiser sans qu’il y ait des barrages et des restrictions pour les pèlerins des pays avoisinants qui désirent visiter la cité céleste pour s’unir en prière avec leurs frères et sœurs dans la foi.

Message des pères synodaux aux confrères musulmans et juifs : Charité et convivialité

L’intention des pères synodaux est claire, et c’est leur « vision chrétienne » basée sur la charité et le respect mutuel qui devraient gouverner ces relations : « Dieu veut que nous soyons chrétiens dans et pour nos sociétés moyen-orientales. C’est le plan de Dieu sur nous, et c’est notre mission et notre vocation que de vivre ensemble chrétiens et musulmans. Nous nous comporterons dans ce domaine guidés par le commandement de l’amour et par la force de l’Esprit en nous. (…) Nous sommes partie intégrante de nos sociétés. Notre mission basée sur notre foi et notre devoir envers nos patries nous oblige a contribuer a la construction de nos pays avec tous les citoyens, musulmans, juifs et musulmans. » [cf. Messagio al popolo di Dio – I. L’Eglise au Moyen-Orient : communion et témoignage a travers l’histoire : Défis et attentes, 3.4 ; 23 – 23.10.2010 – 3] Le Synode débute réellement maintenant et ces trois confessions soeurs doivent désormais oeuvrer pour trouver des moyens concrets pour assurer leur convivialité, a travers des initiatives communes et des partenariats entre elles qui puissent assurer un meilleur futur a tous.

Il ne faut surtout pas céder au désespoir, ni a la violence, face aux massacres commis par des personnes ou des groupes lâches et égares – comme celui commis hier a l’église Saydet Al-Najat a Baghdad. Plus on avance vers une communion concrete et plus on est mis a l’épreuve. Le seul ennemis a tous, Chrétiens, Juifs et Musulmans c’est la violence: le radicalisme, le fondamentalisme et le terrorisme. Il est imperatif que les communautes s’entraident et se soutiennent mutuellement surtout dans les situations d’ultime urgence comme celle de l’attaque de la communaute civile qui etait reunie pour celebrer la messe a l’occasion de la Toussaint hier a Baghdad. Les mouvements terroristes laches  essayent de semer la haine et « cherchent la destabilisation, [afin de] raviver les conflits confessionnels et a inciter les Iraqiens a quitter leur pays » disait le Premier Ministre Iraqien Nouri -al-Maliki en denoncant ce « crime lache ». C’est dans des cas urgents comme celui-ci que les Musulmans et les Juifs doivent collaborer ensemble pour aider leur frères et soeurs en Iraq et de manières concrètes afin qu’ils puissent vivre tous pleinement cette communion et récolter ses fruits de paix et de coexistence conviviale.