Avortement: le cardinal Ouellet en conférence de presse mercredi après-midi

L’archevêque de Québec sera accompagné de l’archevêque d’Ottawa, Mgr Terrence Prendergast

D’aucuns seront perplexes d’apprendre que le cardinal Marc Ouellet veut « recentrer la question de l’avortement » et effectuer une « mise au point », selon les termes utilisés par l’avis envoyé par le diocèse de Québec.

Il sera possible de regarder la chose en direct à 13h30 sur le portail de l’Église catholique de Québec (www.ecdq.tv). Les grandes chaînes nationales ne manqueront pas d’être sur place.

Sel + Lumière reviendra sur cette conférence à Perspectives ce soir.

L’Assemblée des évêques du Québec lance un appel au calme et au dialogue respectueux

Toute femme enceinte doit être accompagnée, aidée et aimée, affirme Mgr Veillette.

Nous publions le communiqué du président des évêques catholiques du Québec:

Lundi 17 mai 2010

La question de l’avortement est une des plus difficiles et des plus douloureuses que notre société ait à affronter. Elle évoque tellement de drames humains et de déchirements des consciences que les passions se déchaînent très rapidement dès que le sujet est évoqué. L’actualité récente l’a de nouveau illustré.  L’âpreté des échanges sur cette question, comme sur celle de l’euthanasie, montre à l’évidence qu’il y a chez nous des divergences profondes sur la façon de concevoir l’être humain.

Il faut de toute urgence recréer un climat de sérénité et de respect pour un dialogue public rationnel. Il serait extrêmement dommageable pour notre collectivité de laisser perdurer une ambiance où dominent la malveillance et le jugement à l’emporte-pièce.

Là où tous devraient s’entendre, « pro-vie » comme « pro-choix », c’est sur la nécessité absolue de mettre en place des mesures pour que toute femme enceinte en détresse puisse être accompagnée, aidée, entourée et aimée. Il ne faut jamais que ce soient la détresse, la misère ou le désespoir qui acculent des femmes à considérer  une option aussi grave que l’avortement. De fait, à nos yeux, aucun vrai choix n’est possible, en conscience, s’il n’y a pas vraiment deux options possibles et si l’avortement est la seule voie envisagée ou envisageable.

La conviction fondamentale de l’Église catholique dans ce domaine est bien connue. Jean-Paul II l’avait clairement rappelée  en 1995 dans son encyclique L’Évangile de la vie: dès notre conception dans le sein de notre mère, nous sommes déjà tous et toutes un être personnel, infiniment précieux, qui est l’objet de l’amour inconditionnel de Dieu.  Mais nous savons bien que cette conviction n’est pas partagée par tous nos concitoyens et concitoyennes. Il nous faut donc, comme société, trouver le moyen de vivre et de cheminer dans l’écoute et le respect mutuels.

+ Martin Veillette
Évêque de Trois-Rivières
Président, Assemblée des évêques catholiques du Québec

Les évêques canadiens passent au web 2.0

ceccweb2La conférence des évêques catholiques du Canada a lancé vendredi son nouveau site internet. Plus attrayant sur le plan visuel, le site se veut aussi beaucoup plus fonctionnel. La CECC lance du même coup le blogue des évêques. Ceux-ci pourront en tout temps alimenter ce blogue de leurs réflexions et leurs points de vue. Seront-ils pour autant plus accessibles? Espérons qu’un grand nombre d’entre eux y contribuent.

L’archevêque d’Ottawa, Mgr Terrence Prendergast, est l’un des plus redoutables blogueurs de l’Église catholique au Canada. The Journey of a bishop (Parcours d’un évêque) est constamment mis à jour par son auteur, surtout dans la langue de Shakespeare.

À la veille de la 44e Journée mondiale des communications sociales, le président de la CECC, Mgr Pierre Morissette, y va d’un message vidéo pour présenter le nouveau site. Fait à noter, les évêques du Canada furent les premiers à avoir un site web. C’était en 1996.  www.cecc.ca

Persévérer dans l’annonce de la Vérité

Des milliers de Canadiens ont défilés le 13 mai sur la colline parlementaire à Ottawa pour la Marche nationale pour la Vie. Alors que 12 ooo personnes avaient convergé vers la capitale en 2009, les organisateurs en espérant 20 000 cette année. Ce rendez-vous annuel des partisans du mouvement pro-vie veut sensibiliser la population et les politiciens à la dignité de la personne humaine, de sa conception à sa mort naturelle. Le sujet demeure d’actualité avec la récente mort aux feuilletons du projet de loi C-384 sur le suicide assisté. Un autre projet est présentement à l’étude et propose de criminaliser le fait de forcer une femme à subir un avortement. Le gouvernement canadien veut aussi cesser de financer tout projet humanitaire qui comprendrait l’accès à l’avortement. Cette liste non exhaustive et hautement simplifiée des enjeux actuels révèlent que les militants pro-vie ont beaucoup à faire pour percer le mur de l’indifférence des médias de masse, de la plupart des politiciens et de la population en général.

L’Église catholique est l’une des dernières boussoles morales qui existent. Il ne faut donc pas s’étonner si les militants pro-vie sont pour beaucoup des catholiques pratiquants. Il ne faut toutefois pas généraliser trop vite. Cet enjeu, comme bien d’autres, en est un éthique et les arguments pour la protection de la vie et la définition de la dignité humaine ne sont pas que religieux. L’enjeu concerne tous les Canadiens.

Tout de même, ce 13 mai, des centaines de militants ont lancé la journée en participant à la messe célébré par l’archevêque d’Ottawa, Mgr Terrence Prendergast. Ce dernier est devenu en quelque sorte l’un des hôtes de cette marche et une voix forte et crédible du mouvement pro-vie. Nous publions ici l’intégrale de l’homélie de Mgr Prendergast, prononcée ce matin en la cathédrale Notre-Dame à Ottawa. [Read more…]

Un nouveau Conseil pour une jeune communauté

Nouveau Conseil GénéralAu cours du week-end, le père Nicolas FAVART a été élu Serviteur général de la Famille Marie Jeunesse pour un mandat de quatre ans. Il succède au Père Martin Proulx qui a occupé ce poste durant deux mandats consécutifs. Ce dernier pilotait l’offre d’achat de l’Abbaye d’Oka, un dossier toujours ouvert.

Le P. Nicolas, originaire de Belgique, est âgé de 38 ans et il est membre de la Famille Marie-Jeunesse depuis 1998.  Il a étudié en droit à l’Université catholique de Louvain et il a pratiqué la profession d’avocat pendant deux ans. Il a fait ses études théologiques avec l’Université Laval et le Grand Séminaire de Montréal avant d’être ordonné prêtre lors du Congrès Eucharistique de Québec en 2008.

Le jeune supérieur sera aidé de Francis Gadoury, autre prêtre de la communauté, de Marise Landry et Annie Laberge, tous des ‘anciens’ au sein de la communauté.

La Famille Marie-Jeunesse compte 130 membres dans le monde répartis dans ses cinq maisons. Plus de la moitié d’entre eux sont à Sherbrooke. La jeune communauté vouée à l’évangélisation connaît une croissance soutenue depuis plusieurs années.

Guy Paiement, sj (1935-2010): l’Église dans sa diversité…

Guy Paiement, jésuite depuis 55 ans, est décédé à l’âge de 75 ans, le soir de Pâques et enterré le 10 avril à Montréal.

Prêtre au service du monde populaire, il fut profondément engagé dans la pastorale sociale, promoteur au Québec des communautés de base, initiateur et animateur des Journées sociales du Québec.

Il fut témoin de la résurrection du Christ pour de nombreux chrétiens.

Un de ses écrits peut être en quelque sorte son testament en ce temps de Pâques :

Père Guy Paiement, sjL’essentiel n’est plus, pour l’Église, de sauver un imaginaire religieux. Il est d’apprendre à lire les signes que nous fait le Souffle de Jésus-Christ dans notre histoire et de chercher comment y répondre. Ces signes sont assez nombreux, de nos jours, pour comprendre que nos fragiles réponses demeurent toujours une participation à la croix de notre frère et Seigneur car la libération de tous et de toutes est à ce prix. Mais il y a aussi cet étonnement de retrouver sans cesse le goût de se remettre debout, ce que veut dire ressusciter, et d’aider nos compagnons et nos compagnes de route à en faire autant. Il fut un temps où nous pensions glorifier Dieu en humiliant tout ce qui était humain. Le concile vient nous rappeler qu’il s’agit désormais  de sauver l’humanité qui nous est commune car elle est lourde d’une promesse qui nous dépasse.

Soupçons, accusations et réflexion

Journaux, radio, télévision et internet. Tous les jours. Ce qui ressemble à une croisade journalistique fait ressortir des faits troublants, des agissements qui aujourd’hui soulèvent de très nombreuses questions.

Mais voilà : est-ce que le catholique moyen se préoccupe vraiment de toutes ces histoires, la plupart remontant à une vingtaine d’années et plus? Pas sûr. Plusieurs gens nous ont fait part de leur ras-le-bol au cours de la semaine. Pourtant, on en remet. Les dix minutes d’entrevue avec Mgr Gaillot sur RDI vendredi soir étaient en elles mêmes un sommet : pénible!

De deux choses l’une : une seule victime d’abus sexuels, c’est une victime de trop. Benoît XVI le mentionne dans sa lettre aux catholiques irlandais. Tous s’entendent pour condamner les pédophiles, des prêtres dans le cas qui nous concerne, et soutenir les victimes.

Le problème beaucoup plus vaste que fait ressortir cette crise est l’apparence de camouflage, le fait que des évêques auraient mis le couvercle sur une marmite bouillante. Certaines de ces histoires sont bien réelles. Elles sont préoccupantes. Il faut s’attendre à d’autres récits, d’autres révélations dans les semaines et les mois à venir. Le couvercle a sauté. [Read more…]

St-Catharines ON: une démission inattendue

winglesmlCe matin, Benoît XVI a accepté la démission de Mgr James Wingle comme évêque de St Catharines en Ontario. Dans une lettre adressée à ses diocésains, Mgr Wingle explique avoir soumis sa démission après une longue démarche de prière et de réflexion. Il affirme ne plus avoir l’énergie nécessaire pour assurer comme il se doit le leadership du diocèse. « Ma démission, écrit-il, sera non seulement une bonne chose pour mon bien être spirituel et personnel, mais aussi pour le bien du diocèse et de l’Église. » Mgr Wingle n’est âgé que de 63 ans. Il était évêque de St.Catharines depuis le 24 janvier 2002.

Abus sexuels: ce que l’Église fait et ce qu’elle devrait faire

Perspective hebdo – spéciale de Pâques, avec Mgr Paul-André Durocher, évêque d’Alexandria-Cornwall

Le passage mort-résurrection s’apparente-t-il à la crise que traverse l’Église présentement ? Comment envisager la résurrection ? L’évêque d’Alexandria-Cornwall aborde de front la délicate question des abus sexuels et les moyens qu’il faut se donner pour prévenir d’autres blessures. Selon lui, on ne peut laisser à chaque diocèse la liberté d’adopter un protocole lorsque des allégations d’abus sexuels à l’endroit d’un membre du clergé ou d’un agent de pastorale sont transmises à l’Église. Une entaille à l’autorité de l’évêque sur son diocèse serait donc nécessaire.

Au-delà de la crise, Mgr Durocher aborde la question de la maturité affective du prêtre et des grands défis auxquels sont confrontés ces hommes d’Église. De la mort sur la Croix surgit la Vie donnée par Amour. C’est dans cette optique qu’a été réalisée cette entrevue.


Porter les marques de nos souffrances, ensemble, avec le Christ

Rendu public ce matin, le message de pâques du président de la CECC parle de la souffrance et des défis qui se posent à l’Église. Mgr Pierre Morissette appelle les catholiques et les chrétiens au Canada à s’unir aux souffrances de leurs frères et sœurs. «Le Christ qui apporte une vie nouvelle et une nouvelle espérance porte toujours les marques de sa souffrance et de sa mort.» C’est avec Lui que l’on fait route, ensemble. Un message à la fois lucide et rempli d’espérance. Nous le publions ici dans son intégralité.

La célébration pascale, comme chaque instant de la vie chrétienne, est marquée par notre foi dans le Dieu trinitaire.

Nous acceptons, dans la confiance et l’action de grâces, le don de la vie qui nous vient du Père, même s’il nous arrive mêlé de larmes et de joies, de souffrance et de gloire, de douleur et de consolation.

Unis dans l’amour de Jésus Christ aux souffrances de nos frères et de nos sœurs, nous les encourageons et nous les soutenons dans leurs difficultés, et nous célébrons avec eux les signes de Sa victoire parmi nous sur le péché et sur la mort.

Après avoir reçu de Jésus crucifié et ressuscité le souffle de l’Esprit de Dieu, notre communauté croyante se tourne vers toute la création pour en recevoir des sources et des signes d’espérance et de guérison, témoignages de vérité et de réconciliation.

Pâques me met sous les yeux, cette année, deux défis qui se posent à notre Église. Le premier, c’est le soutien à donner à nos frères et sœurs chrétiens de Terre sainte, qui s’efforcent de préserver leur identité tout en respectant les besoins de tous les Israéliens et de tous les Palestiniens, en incluant les juifs et les musulmans, dans la recherche de la paix et de la justice. Évidemment, les problèmes en Terre sainte concernent toute la société mais les chrétiens, là-bas comme ici, se doivent de contribuer d’une manière spéciale à cette douloureuse recherche de la paix.

Le second défi tient au nouvel accent mis sur les violences sexuelles. Comment prévenir le mieux possible ce crime et ce péché, comment préserver la vie des enfants, des familles et des collectivités ? Les médias concentrent largement leur attention sur l’Église et se demandent si nous, ses pasteurs, avons agi de manière avisée et responsable. Une fois de plus cependant, il est difficile de mesurer l’efficacité d’une réponse tant qu’on n’admettra pas que la violence sexuelle et sa prévention concernent toute notre société. En même temps, les chrétiens et catholiques doivent, ici aussi, devenir de véritables agents de guérison et de protection.

Dans les deux cas – qu’il s’agisse des souffrances en Terre sainte ou des souffrances provoquées par la violence sexuelle – les chrétiens et les catholiques s’unissent dans la compassion et la miséricorde envers toutes les victimes d’agression et de mauvais traitements, de méfiance et de suspicion, d’exploitation sous toutes ses formes.

Nous sommes toutefois aussi appelés à être des témoins et des agents de la guérison, de la vérité et de la réconciliation. En aucun cas les solutions ne pourront être que superficielles ou instantanées. La condition humaine et les problèmes humains sont complexes. Se contenter de jeter la pierre, de critiquer un point de vue ou de blâmer l’autre ne favorise pas l’examen honnête et sincère des erreurs du passé ; cela n’aide ni à panser les blessures ni à trouver des façons efficaces d’accompagner la famille humaine qui cherche à aller de l’avant.

Le Christ qui apporte une vie nouvelle et une nouvelle espérance porte toujours les marques de sa souffrance et de sa mort. En célébrant la résurrection, la communauté chrétienne honore et vénère les blessures de tout le Corps du Christ. Ce n’est qu’avec nos frères et sœurs que nous pouvons participer au mystère pascal et le proclamer.

Nos sœurs et nos frères ne sont pas seuls dans leurs souffrances et leurs espoirs, et nous non plus, car celui qui a été crucifié est ressuscité des morts. Oui, le Christ est vraiment ressuscité ! Joyeuses Pâques !

† Pierre Morissette
Évêque de Saint-Jérôme
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada
31 mars 2010