Consistoire pour la création de nouveaux cardinaux en 2023

Le pape François a officialisé, en août 2022, la tenue d’un prochain consistoire pour la création de nouveaux cardinaux. Ainsi, le Saint-Père créera 21 nouveaux cardinaux lors d’un consistoire qui aura lieu le 30 septembre 2023.

 

Le 30 septembre, le pape François tiendra un consistoire pour la création de nouveaux cardinaux. 

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Samedi, le 30 septembre 2023
11h30 HE | 8h30 HP

 

Qu’est-ce qu’un consistoire ?

Un consistoire est une réunion officielle de tous les cardinaux ou d’une partie d’entre eux, convoquée par le Pape. Les cardinaux, en tant que groupe, agissent comme conseillers du Saint-Père, qui peut les rassembler pour les consulter sur des questions majeures concernant l’Église. En outre, pour créer de nouveaux cardinaux, il doit publier un décret public en présence des autres cardinaux. Il s’agira du neuvième consistoire du pape François pour la création de nouveaux cardinaux. 

 

Que se passera-t-il pendant l’événement ?

 Le pape François, les cardinaux et ceux qui sont élus se réuniront dans la basilique Saint-Pierre pour la cérémonie. Après les mots de bienvenue, une prière, la lecture d’un passage de l’Évangile et l’homélie du pape François ; le Saint-Père va proclamer les noms des nouveaux cardinaux. C’est à partir de ce moment qu’ils deviennent effectivement cardinaux. Ils feront alors une profession de foi et prêteront serment de fidélité à l’Église et au Pape. Ils s’agenouillent ensuite devant le Pape, l’un après l’autre, pour recevoir de ses mains la barrette (chapeau rouge) et l’anneau cardinalices. Ils se verront également attribuer une église à Rome, ce qui constitue leur « titre » ou leur « diaconie ». Cela représente leur rôle dans l’assistance au Pape, qui est le principal pasteur de la ville de Rome. Après que les cardinaux auront échangé le signe de paix avec le Pape et entre eux, la cérémonie se terminera par le Notre Père. Ils se joindront au Pape lors de la messe du 4 octobre, le jour de la fête de saint François d’Assise et l’ouverture de la première Assemblée générale du synode sur la synodalité.

 

Qui sont les nouveaux cardinaux ?

Samedi, le pape François nommera vingt-et-un nouveaux cardinaux venus du monde entier. Conformément à l’engagement du Pape de construire une Église qui « va vers les marges », de nombreux cardinaux élus occupent des postes diplomatiques au Vatican, ou proviennent de diocèses et de pays qui reçoivent rarement le chapeau rouge.

Parmi les nouveaux cardinaux, dix-huit sont âgés de moins de quatre-vingts ans et peuvent donc voter lors du prochain conclave :

Exc. Mgr Robert Francis Prevost, o. s. a., préfet du dicastère pour les évêques,
S. Exc. Mgr Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales,
S. Exc. Mgr Víctor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la doctrine de la foi,
S. Exc. Mgr Emil Paul Tscherrig, nonce apostolique de l’Italie et de Saint- Marin
S. Exc. Mgr Christophe Louis Yves Georges Pierre, nonce apostolique des États-Unis,
B. Mgr Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem,
S. Exc. Mgr Stephen Brislin, archevêque du Cap (Kaapstad),
Exc. Mgr Angel Sixto Rossi, s. j., archevêque de Córdoba,
S. Exc. Mgr Luis José Rueda Aparicio, archevêque de Bogotá,
S. Exc. Mgr Grzegorz Ryś, archevêque de Łódź,
S. Exc. Mgr Stephen Ameyu Martin Mulla, archevêque de Juba, qui a reçu le pape François lors de son pèlerinage de paix au Soudan du Sud,
Exc. Mgr José Cobo Cano, archevêque de Madrid,
S. Exc. Mgr Protase Rugambwa, archevêque coadjuteur de Tabora,
Exc. Mgr Sebastian Francis, évêque de Penang,
S. Exc. Mgr Stephen Chow Sau-Yan, s. j., évêque de Hong Kong,
S. Exc. Mgr François-Xavier Bustillo, o. f. m. Conv., évêque d’Ajaccio,
S. Exc. Mgr Américo Manuel Alves Aguiar, évêque auxiliaire de Lisbonne qui, a dirigé  l’équipe organisatrice des JMJ de 2023,
Le père Angel Fernández Artime, s. d. b., recteur majeur des salésiens.

Le pape François nommera également trois cardinaux en l’honneur de leur long service au sein de l’Église. Ils ont dépassé l’âge du droit de vote.

Exc. Mgr Agostino Marchetto, secrétaire émérite du Dicastère pour la promotion du développement humain intégral. Il a été nonce apostolique dans plusieurs pays.
Exc. Mgr Diego Rafael Padrón Sánchez, Archevêque émérite de Cumaná,
Le père Luis Pascual Dri, o. f. m. Cap., confesseur au sanctuaire de Notre-Dame de Pompéi, à Buenos Aires ; le « confesseur qui a trop pardonné ».

Après le consistoire du samedi, il y aura 137 cardinaux élus (même si l’un d’entre eux aura 80 ans le lendemain), soit 242 au total.

Homélie du Pape François aux 17 nouveaux cardinaux

Le pape François a créé 17 nouveaux cardinaux au Vatican le samedi 19 novembre 2016. À la basilique Saint-Pierre de Rome, le Pape a présidé la Messe et leur a livré l’homélie suivante:

Le passage de l’Évangile que nous venons d’entendre (cf. Lc 6, 27-36), beaucoup l’ont appelé ‘‘ le discours de la plaine’’. Après l’institution des Douze, Jésus est descendu avec ses disciples là où une multitude l’attendait pour l’écouter et pour se faire guérir. L’appel des Apôtres est accompagné par ce ‘‘se mettre en route’’ vers la plaine, pour la rencontre avec une multitude qui, comme le dit le texte de l’Évangile, était ‘‘tourmentée’’ (cf. v. 18). L’élection, au lieu de les maintenir en haut sur la montagne, au sommet, les conduit au cœur de la foule, les met au milieu de ses tourments, au niveau de leur vie. De cette manière, le Seigneur leur révèle ainsi qu’à nous que le vrai sommet s’atteint dans la plaine, et la plaine nous rappelle que le sommet se trouve dans un regard et spécialement dans un appel : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (v. 36).

Une invitation accompagnée de quatre impératifs, nous pourrions dire de quatre exhortations, que le Seigneur leur adresse pour modeler leur vocation concrètement, dans le quotidien de l’existence. Ce sont quatre actions qui donneront forme, qui donneront chair et rendront tangible le chemin du disciple. Nous pourrions dire que ce sont quatre étapes de la mystagogie de la miséricorde : aimez, faites du bien, bénissez et priez. Je pense que nous pouvons être d’accord sur ces quatre aspects et qu’ils nous paraissent également raisonnables. Ce sont quatre actions que nous réalisons facilement avec nos amis, avec les personnes plus ou moins proches, proches par l’affection, par les goûts, par les habitudes.

Le problème surgit lorsque Jésus nous présente les destinataires de ces actions, et en cela il est très clair, il n’utilise pas des figures de style ni des euphémismes. Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous traitent mal (cf. vv. 27-28).

Et ce ne sont pas des actions qui viennent spontanément envers des personnes qui sont devant nous comme adversaires, comme ennemis. Face à elles, notre attitude première et instinctive, c’est de les disqualifier, de les discréditer, de les maudire : dans beaucoup de cas, nous cherchons à les ‘‘diaboliser’’, en vue d’avoir une ‘‘sainte’’ justification pour nous débarrasser d’elles. Au contraire, en ce qui concerne l’ennemi, celui qui te hait, qui te maudit ou te diffame, Jésus nous dit : aime-le, fais-lui du bien, bénis-le et prie pour lui.

Nous nous trouvons face à l’une des caractéristiques propres du message de Jésus, là où se cache sa force et son secret ; de là proviennent la source de notre joie, la puissance de notre mission et l’annonce de la Bonne Nouvelle. L’ennemi est quelqu’un que je dois aimer. Dans le cœur de Dieu, il n’y a pas d’ennemis, Dieu n’a que des enfants. Nous élevons des murs, nous construisons des barrières et nous classons les personnes. Dieu a des enfants et pas précisément pour s’en débarrasser. L’amour de Dieu a la saveur de la fidélité envers les personnes, car c’est un amour viscéral, un amour maternel/paternel qui ne les laisse pas dans l’abandon, même lorsqu’elles ont commis des fautes. Notre Père n’attend pas que nous soyons bons pour aimer notre monde, il n’attend pas que nous soyons moins injustes ou parfaits pour nous aimer ; il nous aime parce qu’il a choisi de nous aimer, il nous aime parce qu’il nous a donné le statut de fils. Il nous a aimés même lorsque nous étions ses ennemis (cf. Rm 5, 10). L’amour inconditionnel du Père envers tous a été et est une vraie exigence de conversion pour notre pauvre cœur qui tend à juger, à diviser, à opposer et à condamner. Savoir que Dieu continue d’aimer même celui le rejette est une source illimitée de confiance et un encouragement pour la mission. Aucune main sale ne peut empêcher que Dieu y mette la Vie qu’il désire nous offrir.

Notre époque est caractérisée par de grandes problématiques et interrogations à l’échelle mondiale. Il nous arrive de traverser un temps où émergent de nouveau de manière épidémique, dans nos sociétés, la polarisation et l’exclusion comme l’unique façon possible de résoudre les conflits. Nous voyons, par exemple, comment rapidement celui qui est à côté de nous non seulement possède le statut d’inconnu ou d’immigré ou de réfugié, mais [encore] devient une menace, acquiert le statut d’ennemi. Ennemi parce qu’il vient d’un pays lointain ou parce qu’il a d’autres coutumes. Ennemi par la couleur de sa peau, par sa langue ou par sa condition sociale, ennemi parce qu’il pense différemment et aussi parce qu’il a une autre foi. Ennemi par… Et, sans que nous ne nous en rendions compte, cette logique s’installe dans notre manière de vivre, d’agir et de procéder. Donc, tout et tous commencent à avoir une saveur d’inimitié. Peu à peu, les différences sont transformées en symptômes d’hostilité, de menace et de violence. Que de blessures s’élargissent à cause de cette épidémie d’inimitié et de violence, qui s’imprime dans la chair de beaucoup de sans-voix, parce que leur cri s’est affaibli et est réduit au silence à cause de cette pathologie de l’indifférence ! Que de situations de précarité et de souffrance sont semées à travers cette prolifération de l’inimitié entre les peuples, entre nous ! Oui, entre nous, dans nos communautés, dans nos presbytères, dans nos réunions. Le virus de la polarisation et de l’inimitié imprègne nos façons de penser, de sentir et d’agir. Nous ne sommes pas immunisés contre cela et nous devons être attentifs afin que cette attitude n’occupe pas notre cœur, car cela serait contre la richesse et l’universalité de l’Église que nous pouvons toucher de la main dans ce Collège Cardinalice. Nous provenons de pays lointains, nous avons des coutumes, des couleurs de peau, des langues et des conditions sociales différents ; nous pensons de manières différentes et nous célébrons aussi la foi par des rites différents. Et rien de tout cela ne nous rend ennemis, au contraire, c’est l’une de nos plus grandes richesses.

Chers frères, Jésus ne cesse de ‘‘descendre de la montagne’’, il ne cesse de vouloir nous insérer au carrefour de notre histoire pour annoncer l’Évangile de la Miséricorde. Jésus continue de nous appeler et de nous envoyer dans la ‘‘plaine’’ de nos peuples, il continue de nous inviter à passer notre vie en soutenant l’espérance de nos gens, comme signes de réconciliation. Comme Église, nous continuons à être envoyés pour ouvrir nos yeux afin de regarder les blessures de tant de frères et sœurs privés de leur dignité, privés dans leur dignité.

Cher frère nouveau Cardinal, le chemin vers le ciel commence dans la plaine, dans le quotidien de la vie rompue et partagée, d’une vie dépensée et donnée. Dans le don quotidien et silencieux de ce que nous sommes. Notre sommet est cette qualité de l’amour : notre but et notre aspiration c’est de chercher dans la plaine de la vie, avec le peuple de Dieu, à nous transformer en personnes capables de pardon et de réconciliation.

Cher frère, aujourd’hui, on te demande de garder dans ton cœur et dans celui de l’Église cette invitation à être miséricordieux comme le Père, en sachant que « si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 49).

La totale pour le cardinal…

Le cardinal Turcotte et Edgar Fruitier à TLMEPVenu présenter le coffret des Grands classiques d’Edgar sur la musique sacrée, le cardinal Jean-Claude Turcotte s’attendait sûrement à quelques questions classiques de la part de gens qui croient que l’Église vit encore en 1950. Et il a eu la totale… le « mariage des prêtres, » la place des femmes, l’homosexualité, l’avortement… tout y est passé. Et notre éminence s’en est très bien tiré, surtout lorsque l’on sait que le bloc d’une quinzaine de minutes diffusé hier est un montage d’une entrevue qui a probablement durée le triple – ce qui est à peu près la règle. Il était un peu triste que l’on se serve de questions à M. Fruitier pour ensuite poser la question voulue au cardinal du genre: «M. Fruitier, quelle est la meilleure musique pour un mariage? (…) Parlant de mariage Mgr Turcotte…»

On reprochera au cardinal Turcotte de n’avoir rien dit de nouveau… ce fut bien difficile avec la cassette du Québécois libéré qui jouait à fond. Pourtant, l’archevêque de Montréal est parvenu a laisser un message d’amour et d’ouverture, celui que le Seigneur a apporté. Ce fut le cas lorsque le cardinal a parlé de toutes les oeuvres de charité, à Montréal et ailleurs, qui ont été fondées ou dans lesquelles sont impliquées des personnes de foi.

Quelques répliques de notre éminence ont pu rallier la foule: «Je reconnais que la religion catholique a des progrès à faire de ce côté-là [sur la place des femmes en Église ndlr]. On s’y emploie, mais c’est une grosse institution», admettait le cardinal avant de se tourner vers Guy A. Lepage et lancer: «Oui, l’église a beaucoup changé. Il faudrait peut-être sortir un peu pis y aller de temps en temps pour voir!»

Le cardinal Turcotte savait bien ce qui l’attendait. Il avait d’ailleurs dit à quel point il avait de la difficulté avec les médias qui cherchaient simplement la confrontation et le punch, lors de l’émission Témoin avec le père Thomas Rosica.

Le prétexte du coffret d’Edgar était certainement l’occasion idéale pour que notre éminence de Montréal accepte de participer à la ‘grand mess’ de la télé québécoise. C’est fait. L’excellent coffret de musique sacrée d’Edgar Fruitier se retrouvera sous bien des sapins de Noël et nos cardinaux recueilleront une petite redevance qui ira à leurs oeuvres. Puissent ces hymnes et ces morceaux de musique sacrés élever les âmes de tous ceux et celles qui l’écouteront.

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