Mont Thabor, Paul VI et la fête de la Transfiguration de Notre Seigneur

Par le père Thomas Rosica, C.S.B. 

Chaque année, le 6 août est consacré à la fête de la Transfiguration du Seigneur. C’est un très grand mystère que nous sommes amenés à contempler à la suite des trois apôtres que Jésus prit avec lui sur la montagne : Pierre, Jacques, et Jean. Mais c’est surtout à la suite de Pierre que nous allons assister à cet événement unique dans la vie de Jésus. Car s’il y a quelqu’un qui a osé se manifester ce jour-là, c’est bien Pierre: la Transfiguration du Seigneur a tellement marqué l’esprit de cet apôtre qu’il en a parlé longuement dans sa deuxième épître (cf. 2 P. 1, 16-18). Avec Pierre, et à sa suite, voyons ce qui s’est passé en ce 6 août avant la mort de Jésus…

Le mystère de la Transfiguration consiste, pour Jésus, à manifester tout l’éclat et toute la gloire de sa divinité. Jésus, qui est homme, veut montrer le plus clairement possible qu’il est aussi et d’abord Dieu. Aussi, ce qui est humain en lui, tout en demeurant véritablement humain, prend un aspect et une apparence qui dépasse en plénitude tout ce que l’esprit de l’homme peut concevoir en lui : en se transfigurant devant ses apôtres, Jésus se présente à eux comme un homme qui, à la limite, ne serait plus homme, mais Dieu.

 

Sur la sainte montagne, Pierre est heureux! Jacques et Jean le sont aussi, mais il n’y a que Pierre qui ose le dire à Jésus. Vraiment, l’enthousiasme de Pierre fait de lui le témoin privilégié de cet événement. Et il veut que cela dure, longtemps, longtemps ! Si longtemps qu’il veut dresser des abris, des sortes de tentes, afin que Jésus, Moïse et Elie puissent demeurer là, devant lui, dans l’éclat et la splendeur de la Gloire !

 

Vraiment, la Transfiguration du Christ a marqué l’esprit de Pierre : c’est cela qu’il veut avoir devant les yeux, toujours, toujours, toujours… Et Pierre s’en souviendra encore longtemps, racontant l’événement dans sa deuxième épître, ainsi que je l’ai déjà dit. Ne serait-ce pas ce souvenir qu’il eut devant les yeux lorsqu’il mourut quelque trente ans plus tard, crucifié, non pas comme son Maître, mais la tête en bas ?

 

Rappelons-nous la mort du Pape Paul VI (qui, un jour, sera déclaré bienheureux) survenue le dimanche 6 août 1978, fête de la Transfiguration. Fidèle imitateur de son Seigneur, il portait dans son cœur la lumière du Mont Thabor, et avec cette lumière, il marcha jusqu’à la fin, portant sa croix avec une joie évangélique.  Sans doute, Pierre, le premier Pape, et son Successeur, le Pape Paul VI, sont-ils tous deux entrés dans la Gloire du Seigneur ayant dans l’esprit le souvenir de la Transfiguration de Jésus…

 

La Transfiguration de Jésus n’est qu’une étape, un chemin vers la Gloire du Ciel, une anticipation et un commencement d’éternité, si on peut ainsi parler. Le Chrétien vit déjà dans le Ciel par la foi, l’espérance, et la charité, mais il demeure toujours sur terre, obligé de suivre fidèlement la Loi de Dieu et les inspirations de l’Esprit du Seigneur. A la suite de Pierre, de Jacques et de Jean, nous devons tous écouter le Christ, notre Maître : dans le Ciel de notre âme, le Fils de Dieu nous rassasie de sa Parole, et dans notre corps, nous portons les marques de sa Passion par notre obéissance de la foi.

Génération JPII

Stefano Cascio

[NDLR:  Stefano est séminariste pour le diocèse de Rome, en stage pastoral à Télévision Sel + Lumière pour six semaines. Il sera un collaborateur régulier de ce blogue.]

J’entends souvent dire que les JMJ sont uniquement une façon pour l’Eglise Catholique de démontrer au monde et aux medias sa force en rassemblant, comme à Manille, plus de 4 millions de personnes. Ces réticences existent également à l’intérieur de l’Eglise où beaucoup ne croient pas que Dieu puisse parler au millieu d’une telle « masse umaine ». Pourtant nombreux sont les témoignages de jeunes qui ont découvert leur vocation durant ces rencontres et je l’avoue: je suis l’un d’eux. Né trois semaines avant l’élection de Jean-Paul II, je ne manquais jamais de dire si l’on me questionnait sur mon age : « comme le pape », ma vie, ma foi, sont marquées par Jean Paul II qui au début de son pontificat et donc de ma vie a appelé les chrétiens et le monde à ne pas avoir peur d’ouvrir sa porte au Christ. Je suis fier d’être de cette générations surnommée « Jean Paul II oun JMJ » qui vie sa foi de manière courageuse et pleine d’ardeur. Ma vocation est fruit des intuitions de cet homme en blanc … 

Mes parents ne sont pas catholiques pratiquants,  je n’avais donc aucun lien avec les « jeunes cathos ». A 16 ans, ayant la liberté de me déplacer grace à mon scooter… J’allais, sans savoir pourquoi, assister à la messe le dimanche matin, mais sans participer à la vie paroissiale où les jeunes semblaient absents.  En 1997, alors que je venais de commencer ma première année de Droit, un  ami me donne un bulletin d’inscription pour participer aux JMJ de Paris. Cette nouvelle expérience fut pour moi essentielle : la découverte de l’Eglise comme lieu d’union et de communion. 

Il y avait d’autres jeunes qui, comme moi, croyaient en Dieu et cette foi dans le Christ touchait non seulement toutes les cultures (je m’y attendais étant moi-même de sang plus européen que français), mais toute la société (millieux populaires, bourgeois…) et tous les styles (cheveux longs, boucles d’oreilles, trad., etc) ! Cette diversité, cette richesse m’a frappé. J’ai alors pris conscience que la société était toujours receptive, au vue de l’assemblée hétéroclytes de Longchamps, au message que porte l’Eglise et qu’il ne fallait pas hésiter à se donner. L’après JMJ a donc été une riche périodes associatives, dans la vie ecclesiales : Hospitalier à Lourdes ou scoutisme mais ègalement à l’extérieur de l’Eglise avec l’APF ou en faisant partie du conseil municipal des jeunes de ma ville. 

Mais Dieu me préparer à un don plus grand, plus complet. Il désirait un don totale. L’homelie de la messe du dimanche à Tor Vergata durant les JMJ de Rome en 2000 fut la révélation de son projet.  Ce jour là ces paroles du Pape m’ont frappé : 

Si l’un ou l’une de vous, chers garçons et filles, entend l’appel du Seigneur à se donner totalement à lui pour l’aimer « d’un coeur sans partage » (1 Co 35), qu’il ne se laisse pas arrêter par le doute ou par la peur ! Qu’il dise avec courage son « oui » sans reserve, en se confiant à Celui qui est fidèle en toutes ses promesses ! N’a-t-il pas promis le centuple ici-bas et ensuite la vie éternelle (Cf Mc 10, 29-30) ?

Ma réaction fut celle de Marie qui devant le chant des anges et l’adoration des bergers « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son coeur » (Lc 2,19). Ce n’est qu’à partir du mois de décembre que ces paroles me reviennent en mémoire et que le doute sur ma vocation s’installe.  Une véritable « révolution de velour » est en train de se dérouler en moi. L’adoration du Saint Sacrement devient le moment indispensable et privilégié de dialogue à coeur ouvert avec le Christ. Et peu à peu, le doute fait place à la certitude. L’appel à la prêtrise devient clair. Ma réponse ne se fait pas attendre.  

En Septembre 2001, un an après les JMJ de Rome j’entrais au séminaire. Bientôt prêtre, je pourrai participer aux JMJ de Sydney en accompagnant d’autres jeunes et leur faire vivre une expérience inoubliable comme celle de Paris, Rome, Toronto et Cologne…

L’Église et l’humanité compte sur vous

Par Sébastien Lacroix 

Benoît XVI a signé vendredi dernier son message aux jeunes du monde à l’occasion de la XVIIIe JMJ qui aura lieu à Sydney en juillet 2008. Bien que plusieurs textes pontificaux portent les traces de plusieurs rédacteurs, il apparaît que le Saint-Père a profité de ses vacances pour compléter lui-même la lettre de six pages qui porte sur le thème de la JMJ de l’an prochain : Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins (Ac 1, 8).  On reconnaît le professeur qu’était Benoît XVI dans la didactique de ce message. Très dense, il présente d’abord la promesse de l’Esprit Saint dans la Bible avant d’expliquer que la Pentecôte est le point de départ de la mission de l’Église. Le Saint-Père s’adresse ainsi aux jeunes en tant que missionnaires du troisième millénaire.

N’oubliez jamais que l’Église, et même l’humanité qui vous entoure et qui vous attend dans l’avenir, compte beaucoup sur vous les jeunes, parce que vous avez en vous le don suprême du Père, l’Esprit de Jésus.

Comment nous laisser renouveler par l’Esprit Saint, demande Benoît XVI? La clé se trouve dans les sacrements de l’initiation chrétienne que sont le baptême, l’eucharistie et la confirmation. Le pape est au courant que bien des jeunes abandonnent la foi après avoir reçu les premiers sacrements. Il nous rappelle qu’en recevant le baptême et la confirmation, nous sommes devenus «temple de l’Esprit».

La Confirmation nous donne une force spéciale pour témoigner de Dieu et pour le glorifier par toute notre vie (cf. Rm 12, 1); elle nous rend intimement conscients de notre appartenance à l’Église, «Corps du Christ», dont nous sommes tous des membres vivants, solidaires les uns des autres (cf. 1 Co 12,12-25).

Après avoir lu ces mots sur le sacrement de la Confirmation, on peut imaginer que le comité organisateur des JMJ 2008 songe déjà à ce que Benoît XVI confirme des jeunes au cours de la vigile en juillet prochain…  Le Saint-Père termine son message en soulignant l’urgence de la mission. C’est pourquoi il invite les jeunes à aller vers d’autres jeunes, puisqu’ils sont les mieux placés pour les comprendre et les interpeller. Pour succéder,  la recette est simple :

Mais pour atteindre ce but, chers amis, soyez saints, soyez missionnaires, parce qu’on ne peut jamais séparer la sainteté de la mission (cf. Redemptoris missio, n. 90). N’ayez pas peur de devenir des saints missionnaires comme saint François-Xavier, qui a parcouru l’Extrême Orient en annonçant la Bonne Nouvelle jusqu’à l’extrémité des ses forces, ou comme sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui fut missionnaire sans avoir quitté son Carmel: l’un comme l’autre sont «Patrons des Missions». Soyez prêts à mettre en jeu votre vie pour illuminer le monde avec la vérité du Christ; pour répondre avec amour à la haine et au mépris de la vie; pour proclamer l’espérance du Christ ressuscité en tout point de la terre.

À moins d’un an de ce grand rassemblement,  les groupes qui se préparent ne manqueront certainement pas de matière à approfondir…   

Nous nous sommes sentis bien sous la commune lumière… Les JMJ 2002 cinq ans plus tard

Père Thomas Rosica, C.S.B.,
Président-directeur général de la Fondation catholique Sel et Lumière et ancien directeur général et national des JMJ 2002

Quand je repense aux Journées mondiales de la Jeunesse de 2002, et quand je laisse cet événement prendre sa véritable dimension dans mes souvenirs, une image s’impose: celle d’un vent violent, d’une tempête qui a frappé le parc Downsview le dimanche 28 juillet au matin.  J’y ai vu, comme bien d’autres personnes présentes, le vent de la Pentecôte. Les nations de la terre étaient rassemblées autour du successeur de Pierre, ce matin-là, il y a maintenant cinq ans. C’est ce vent-là qui avait porté la croix des JMJ d’un océan à l’autre. Ce matin-là, je crois que l’Église canadienne est née de nouveau, près du lac Ontario.

Nous avons ressenti les effets des Journées mondiales de la Jeunesse de 2002 dans tout le pays au cours des cinq dernières années – depuis le programme dynamique de l’archidiocèse de Vancouver sur la pastorale des jeunes, jusqu’aux soirées de réflexions bibliques avec des jeunes organisées à Edmonton.  La cathédrale de Kingston s’est animée à l’occasion de séances de catéchèse destinées aux jeunes et à un grand nombre de personnes plus âgées!  Nous avons été témoins de nouveaux élans de pastorale jeunesse à St. Catharines, London, Toronto, Cornwall, et nous sommes réjouis des manifestations de l’énergie des jeunes dans l’Archidiocèse de Montréal. Dans les provinces maritimes, nous avons assisté à une véritable explosion d’activités jeunesse à Halifax, où les JMJ ont inspiré la création d’un centre de médias Jean-Paul II, un projet médiatique dirigé par des jeunes. À Québec, berceau de l’Église en Amérique du Nord, dans le sillage des Journées mondiales de la Jeunesse de 2002, les jeunes et l’Église diocésaine préparent le grand Congrès eucharistique de juin 2008.

L’énergie des Journées mondiales de la Jeunesse s’est répandue dans tout le Canada, et s’est concrétisée dans des mouvements dynamiques, enracinés dans l’Évangile. C’est dans ce sillage qu’est né le réseau de télévision catholique Sel et Lumière, l’un des plus beaux fruits des JMJ. Le phénomène des Journées mondiales de la Jeunesse est devenu un terreau fertile de vocations à la prêtrise, à la vie consacrée, au mariage et à des ministères laïcs dans l’Église. Pendant l’Angélus, au parc Downsview, le dimanche 28 juillet 2002, le pape Jean-Paul II a résumé par une très belle formule les sentiments des millions de personnes qui ont été touchées d’une façon ou d’une autre par les Journées mondiales de la Jeunesse de 2002:

«Alors que nous nous apprêtons à rentrer chez nous, je vous dis, avec saint Augustin : « Nous nous sommes sentis bien sous la commune lumière. Nous nous sommes réjouis et nous avons exulté de joie ensemble. Maintenant que nous devons nous séparer, essayons de ne pas nous détacher de Lui, le Christ. » Que ces mêmes jeunes trouvent dans l’Église canadienne un roc, un refuge, un port, un foyer et possiblement une vie au service de l’Église et du monde d’aujourd’hui.

Une liturgie, deux modes

Par Sébastien Lacroix

C’est maintenant chose faite. Le Saint-Père a, de son initiative personnelle, établi de nouvelles règles quant à l’usage de la liturgie dite ‘tridentine’ datant d’avant 1970. Le Motu Proprio Summum Pontificum établie que la liturgie romaine comporte deux modes :

a) Un mode ordinaire correspondant à la réforme de 1970 selon les livres promulgués par Paul VI, dont l’édition officielle latine peut être utilisée partout et en toute circonstance dans les traductions vernaculaires établies par les Conférences épiscopales.

b) Un mode extraordinaire correspondant aux livres liturgiques édités par Jean XXIII en 1962.

Le paragraphe 8 précise que tout ordinaire peut ériger dans son diocèse une paroisse personnelle s’il existe un nombre suffisant de fidèles réclamant la liturgie antérieure à la réforme. Il faudra que ce nombre soit consistant même s’il ne saurait être semblable à celui des autres paroisses.

Le pape a également écrit une lettre adressée aux évêques du monde afin d’expliquer les raisons qui l’ont motivées à faire ce choix. Il souhaite ainsi apaiser les craintes exprimées au cours des derniers mois par des prêtres et des évêques, particulièrement en France, là où se trouve le noyau des membres de la Société Saint-Pie X, que le Saint-Père souhaite ramener au sein de la communion de l’Église catholique. Au-delà de la liturgie, certains points d’ordre théologique empêchent toujours le rétablissement du groupe.

Quoi qu’on en dise, les motifs évoqués par le Saint-Père sont louables. Il s’agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Église, de dire Benoît XVI, qui n’est pas sans souligner que des abus dans la liturgie post-Vatican II ont blessé de nombreuses gens qui souhaitent rester fidèles à l’Église et qui appréciaient la messe de 1962.

Il est trop facile de se replier sur les vieilles catégories conservateurs/libéraux pour défendre ou critiquer une telle décision du Saint-Père. Les premiers disent que l’Église revient enfin au bon sens, alors que les seconds affirment que l’Institution a entrepris un virage à droite. Cela n’a rien à voir. Le décret papal ne changera rien à la pratique de la grande majorité des catholiques dans le monde. Et si cela favorise, ne serait-ce qu’un peu, le rapprochement avec des chrétiens qui avait tourné le dos à l’Église, pourquoi pas!

Ceux qui souhaiteraient une messe selon le Missel Jean XXIII (la messe tridentine) peuvent le demander à leur curé ou à l’évêque de leur diocèse. Pour les autres, il ne faut pas s’inquiéter: il n’est pas question que l’autel retourne au fond du sanctuaire.

Journal de Compostelle

Après cinq jours de marche, Mgr Paul André Durocher nous a envoyé un premier journal de bord. Avec son compagnon de route, Mgr Lionel Gendron, l’évêque d’Alexandria-Cornwall a entrepris une marche de 30 jours sur le camino frances vers Saint-Jacques de Compostelle. Nous espérons avoir d’autres nouvelles bientôt. D’ici là, gardons les deux pèlerins dans nos prières.

Le vrai sens du sermon de Jésus sur la montage de Galilée… Fête du Bienheureux Pier Giorgio Frassati

Par le père Thomas Rosica, C.S.B. 

Pier Giorgio FrassatiLe 4 juillet, l’Église se souvient du Bienheureux Pier Giorgio Frassati, un des patrons que le pape Jean-Paul II a donnés aux Journées mondiales de la jeunesse.  En béatifiant Pier Giorgio Frassati le 20 mai 1990, le pape Jean-Paul II offrit à l’Eglise, et plus spécialement aux jeunes adultes catholiques, un merveilleux artisan de l’Évangile, quelqu’un qui posait sur le monde un regard critique fondé sur des données, des informations et des connaissances singulières. Les principes de Pier Giorgio s’appuyaient sur les Béatitudes, et il a tenté, à son époque et d’une façon unique, de transposer sur le monde cette extraordinaire vision évangélique. 

Pier Giorgio est né à Turin, en Italie, le 6 avril 1901. Sa mère, Adélaïde Ametis, était peintre. Son père, Alfredo, était un agnostique. Il avait fondé et dirigeait le journal libéral La Stampa. Il exerçait une influence sur la politique italienne, ayant été sénateur et ambassadeur en Allemagne. Pier Giorgio fit ses premières études à la maison avec sa sœur Luciana, puis il alla à l’école publique et finalement dans une école dirigée par des Jésuites, ou il s’inscrivit à l’Apostolat de la prière et obtint la permission de communier quotidiennement (ce qui était rare à cette époque). 

Il cultiva une intense vie spirituelle, qu’il partageait sans hésitation avec ses amis. L’Eucharistie et le Vierge Marie étaient les deux pôles de sa prière. A 17 ans, en 1918, il devint membre de la Société Saint-Vincent de Paul et consacra la plus grande partie de son temps libre à servir les pauvres et les nécessiteux, à prendre soin des orphelins et à aider les soldats revenant de la Première Guerre mondiale. Pour Pier Giorgio, il ne s’agissait pas seulement de donner quelque chose aux gens seuls, aux pauvres, aux malades, mais plutôt de se donner lui-même. Il voyait Jésus en eux. À un ami qui lui demandait comment il pouvait supporter la saleté et les odeurs des maisons des pauvres, il répondit:«Rappelle-toi toujours que tu vas vers Jésus. Autour de l’infirme, de l’indigent, autour du malheureux, je vois une lumière particulière, une lumière que nous n’avons pas.» 

Amateur de plein airAthlétique, plein de vie, toujours entouré d’amis pour qui il était une inspiration, Pier Giorgio décida de ne pas devenir prêtre ou religieux car il préféra témoigner de l’Evangile en temps que laïc. 

Peu de temps avant de recevoir son diplôme d’ingénieur des mines, il fut frappé par la poliomyélite, qu’il contracta peut être – pensèrent plus tard les médecins – en visitant les malades dont il prenait soin. Ne tenant pas compte de son état de santé parce que sa grand-mère bien-aimée se mourait, il succomba le 4 juillet 1925, à l’âge de 24 ans, après six jours d’atroces souffrances. Sa dernière pensée sur terre fut pour les pauvres. La veille de sa mort il écrivit d’une main paralysée un message à un ami, lui demandant d’acheter et de porter à son compte les médicaments nécessaires aux injections destinées à un homme pauvre et malade qu’il visitait. 

Les funérailles de Pier Giorgio furent un triomphe. Le cortège funèbre, constitué d’une multitude de personnes étrangères à la famille, emplissait les rues de Turin. Il y avait des membres du clergé, des étudiants, et aussi les pauvres et les nécessiteux qu’il avait servis si généreusement pendant sept ans. 

L'ami de tousLes jeunes adultes peuvent se reconnaître dans ce beau jeune homme amateur de plein air. Comme eux, il connut tous les problèmes auxquels les jeunes doivent faire face, encore aujourd’hui: les études, les examens de fin d’année, l’engagement politique, les importantes décisions à prendre concernant sa vie, la fidélité de son engagement à la prière quotidienne, la souffrance découlant d’un amour éperdu, un père et une mère qui se débattaient dans leur propre relation : Combien de jeunes vivent ces mêmes combats chaque jours! En fait, la vie de Pier Giorgio rejoint profondément la réalité contemporaine du ministère pastoral universitaire. 

Merci, Pier Giorgio, d’avoir écouté les paroles de Jésus et de les avoir fait tiennes. Merci de t’être levé, d’avoir fait quelque chose, d’avoir bougé… pour Dieu et pour les autres. Merci d’avoir incarné le message des Béatitudes.  Pour cette raison, je te demande d’aider tous les participant à la Journée mondiale de la jeunesse 2008 à Sydney en Australie à en faire une grande expérience de véritable bénédiction et d’espérance, de joie et de paix.   

Prie pour nous et aide-nous à comprendre le vrai sens du sermon de Jésus sur la montage de Galilée. Aide-nous à devenir l’artisan de l’Evangile que tu étais pendant ta vie.

Le pallium: symbole de la mission de nos pasteurs

Par le père Thomas Rosica, C.S.B.

Directeur général, Télévision Sel + Lumière 

Le 29 juin, fête des saints Pierre et Paul, cinq nouveaux archevêques canadiens prendront part à une cérémonie liturgique ancienne en la basilique Saint-Pierre de Rome. Les nouveaux archevêques, tous nommés par le Pape Benoît XVI au cours des sept derniers mois, sont Gérard Pettipas, CSSR (Grouard-McLennan, Alberta) ; Thomas Collin (Toronto) ; Richard Smith (Edmonton) ; Terrence Prendergast, S.J. (Ottawa) et Brendan O’Brien (Kingston). Après avoir prononcé l’homélie au cours d’une des messes les plus significatives de l’année, les archevêques s’approchent pour recevoir le pallium (pluriel latin, pallia) des mains de l’évêque de Rome, le Saint-Père. Cet insigne ancien, revêtu par les évêques de Rome depuis le quatrième siècle, représente le joug du Christ que l’évêque prend sur ses épaules. 

Source: WikipédiaLe pallium est une sorte de large collier de laine. Orné de six croix noires, il comporte trois longues pièces lestées de morceaux de plomb dont deux pendent sur la poitrine et l’autre dans le dos.

La laine utilisée pour confectionner le pallium vient de deux agneaux offerts chaque année au Pape en la fête de sainte Agnès, le 21 janvier. Les agneaux sont d’abord conduits à l’église Ste-Agnès où ils sont bénis. Ils arrivent coiffés de deux couronnes de fleurs, l’une blanche et l’autre rouge. Celles-ci représentent la pureté d’Agnès, que les archevêques doivent tendre à imiter, et le martyre d’Agnès, que les archevêques doivent être prêts à subir. 

Les agneaux sont ensuite tondus et les pallia confectionnés. La veille de la solennité des grands apôtres Pierre et Paul (le 28 juin), les pallia sont déposés pour la nuit dans le cercueil d’argent qui siège au-dessus de la tombe de Pierre dans la crypte vaticane. Le lendemain (29 juin), les pallia sont remis aux nouveaux archevêques métropolitains. Cette cérémonie est la seule occasion où plus d’un évêque peut revêtir le pallium en même temps. De façon symbolique, le Pape partage avec les archevêques sa mission de « nourrir mes agneaux et mes brebis » confiée par Jésus à Pierre (voir Jean 21, 15-19). La laine sur les épaules évoque l’image de la brebis que le Bon Pasteur prend sur ses épaules. Elle rappelle également aux archevêques le poids de leurs fonctions. En conférant le pallium à chaque nouvel archevêque, le Saint-Père lui impose une part du poids et des responsabilités qu’il porte lui-même. 

Lors de sa propre installation dans le ministère de Pierre comme évêque de Rome, le 24 avril 2005, le Pape Benoît XVI a prononcé des paroles touchantes à propos du pallium qu’il venait tout juste de recevoir : « En réalité, le symbolisme du pallium est encore plus concret : la laine d’agneau entend représenter la brebis perdue ou encore celle qui est malade ou faible que le pasteur met sur ses épaules et qu’il mène aux sources de la vie. (…) Ainsi, le Pallium devient le symbole de la mission du pasteur. (…) L’ardeur sacrée du Christ doit animer tout pasteur : il n’est pas indifférent au fait que tant de personnes vivent dans le désert. Et il y a tant de formes de désert. Il y a le désert de la pauvreté, le désert de la faim et de la soif; il y a le désert de l’abandon, de la solitude, de l’amour détruit. Il y a le désert des ténèbres de Dieu, du vide des âmes qui n’ont pas conscience de leur dignité ni du but de la vie humaine. Les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus trop grands. 

Voilà pourquoi les trésors de la terre ne sont plus au service de l’édification du jardin de Dieu où tous peuvent vivre, mais au contraire sont asservis par les puissances d’exploitation et de destruction. L’Église dans son ensemble, et les Pasteurs en son sein, doivent, comme le Christ, se mettre en route pour guider les hommes hors du désert, vers le lieu de la vie, vers l’amitié avec le Fils de Dieu, vers Celui qui nous donne la vie, la vie en plénitude. » 

Ottawa accueille son nouveau pasteur

Photo: Wayne Cuttington, courtoisie du Ottawa Citizen, Canwest News 

Par Sébastien Lacroix 

Toc. Toc. Toc. Les portes s’ouvrent. Le nouvel archevêque entre. Hier en la basilique-cathédrale Notre-Dame d’Ottawa a été installé Mgr Terrence Prendergast. La chaleur était bien sûr au rendez vous dans une cathédrale remplie à capacité.

 Le jésuite est le premier anglophone à la tête de l’archidiocèse dont le nombre de pratiquants francophones a chuté au cours des dernières années. Né à Montréal, Mgr Prendergast est parfaitement bilingue. Il a d’ailleurs accordé plusieurs entrevues aux médias au cours des derniers jours. Celle du journal Le Droit laisse présager un accueil chaleureux au nouvel archevêque.  

Dans son homélie, le nouvel archevêque a exprimé son intention de marcher avec ses diocésains :

Nous voulons tous suivre le Christ, mais chacun de nous pourrait sans doute trouver des aspects qui sont encore inachevés, une partie où l’autre qui n’a pas encore été totalement remise entre les mains de l’auteur de la vie, de celui qui annonce la bonne nouvelle à ceux et celles qui sont tenus en esclavage, de celui qui proclame que le but de sa venue parmi nous est de nous libérer de toute forme d’esclavage, car il est le Sauveur et notre rédempteur, le Sauveur qui nous offre ici et maintenant dans cette Eucharistie, un avant-goût de la vie éternelle que nous goûterons pleinement dans le Royaume des cieux. 

Au terme de ma marche [dans le centre-ville d’Ottawa, NDLR], j’ai remarqué des gens qui sortaient de la basilique Notre Dame à la fin de la messe du dimanche soir. Plusieurs m’ont reconnu et m’ont présenté à leurs voisins : l’accueil chaleureux d’Ottawa envers son nouveau pasteur était commencé! 

Cette église basilique est appelée cathédrale parce qu’elle contient la cathèdre, le siège de l’enseignement, que l’évêque occupe en tant que successeur des apôtres – uni au successeur de Pierre à Rome et à tous les évêques orthodoxes (dont l’enseignement est conforme au dogme) du monde en communion avec lui. Unis non pas pour une quelconque gloire personnelle ou un honneur, mais pour s’assurer que l’enseignement de Jésus garde sa vitalité pour nourrir les brebis parmi nous, pour aiguillonner, pour déranger, et pour consoler les brebis du troupeau du Christ. 

Je vous demande de prier avec moi afin que cette portion de la vigne du Seigneur, l’Église dynamique et vivante d’Ottawa, soit témoin non pas seulement dans cette cathédrale, mais dans toutes les églises paroissiales, les missions et les oratoires situés sur son territoire, de prier donc pour qu’elle se voie toujours comme une Église servante. Puisse-t-elle être une Église dans laquelle les disciples actuels de Jésus luttent, de semaine en semaine, pour se laisser convertir par la manière de vivre et les enseignements de notre Seigneur Jésus Christ. Nous ferons alors l’expérience de l’accomplissement des paroles finales du texte d’Isaïe entendu plus tôt, soit que l’alliance éternelle de Dieu habite parmi nous et que tous ceux qui nous voient proclament que nous sommes « un peuple que le Seigneur a béni ». 

Que Dieu vous bénisse tous et toutes!

Les Nouvelles Pentecôtes pour l’Église en nos jours

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Dimanche 27 mai, l’Église fête la Pentecôte. Cette fête rappelle le jour où l’Esprit Saint a été répandu sur Marie et les apôtres, rassemblés au Cénacle. À la Pentecôte, pour un moment, les nations ont interrompu leurs querelles et fait l’expérience d’une communauté rassemblée par Dieu. À la Pentecôte se lève une espérance neuve: pourrions-nous enfin vivre sans divisions?

En juillet 2002, les activités de la Journée mondiale de la Jeunesse 2002 qui se sont déroulés un peu partout le Canada ont été pour notre Église canadienne une nouvelle Pentecôte. Autant de visages, de langues, de races, de cultures, de façons de prier, et une joie sans bornes, autant de signes vivants que l’Esprit de Dieu a été répandu à nouveau sur les jeunes du monde et sur l’Église. Notre pays, et particulièrement Toronto, est devenu un nouveau Cénacle.

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Pourquoi les jeunes ont-ils répondu à l’invitation de Jean-Paul II? Pourquoi sont-ils venus célébrer la 17e Journée mondiale de la Jeunesse à Toronto? Pourquoi la croix de la JMJ a-t-elle touché des centaines de milliers de personnes au cours de l’année qui précédait la JMJ? Comment expliquer le profond sentiment d’unité et de paix qui a habité les jeunes et les moins jeunes qui sont restés jeunes? Il me semble que l’Esprit Saint nous a préparé à la Journée mondiale de la Jeunesse de plusieurs manières au cours de l’année avant juilet 2002.

Premièrement, par la proclamation claire et sans ambiguïté de la personne qui est au coeur de la Journée mondiale de la Jeunesse 2002: le Christ. Le Christ, éternellement jeune et rayonnant, qui se révèle à ses jeunes disciples et à toute l’Église; le Christ Seigneur, Rédempteur, Maître et Sauveur; le Christ, Ami exigeant. Tel est le Christ que cherchent les jeunes. Tel est le Christ qui ne les lâchera jamais.

Deuxièmement, la présence de l’Esprit à la Journée mondiale de la Jeunesse 2002 se manifeste par l’invitation: de grands rassemblements, de grandes foules, un grand appel. Tous et toutes ont été invités à la fête. Dans le Nouveau Testament, Jésus se fait présent aux foules, à la multiplication des pains, sur le mont des Béatitudes. Dans les paraboles, Jésus parle de noces et de banquets pour expliquer le salut offert à tous. À la Journée mondiale de la Jeunesse, la Bonne Nouvelle est offerte à toute personne.

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Troisièmement, le Saint-Esprit agit au milieu de nous par attraction. Même avant d’envoyer des missionnaires, la première communauté de Jérusalem a vu des foules des villes voisines converger vers Jérusalem parce que la Bonne Nouvelle s’était rendue jusqu’à elles. Les gens de cette communauté avaient quelque chose d’unique: ils s’aimaient les uns les autres, réellement. Ils étaient heureux. La bonté, l’authenticité et la joie ne peuvent qu’inspirer et attirer les autres.

En quatrième lieu, l’Esprit agit par contagion. Une petite flamme peut en allumer une autre. Un sourire en engendre un autre. Une petite bougie dissipe la nuit. Un geste d’accueil et de gentillesse en suscite d’autres. La nouvelle se répand, et nous n’y pouvons rien! Jésus Christ est venu allumer un grand feu sur la terre; la Journée mondiale de la Jeunesse en témoigne aujourd’hui chez nous.

Cinquièmement, à la JMJ, l’Esprit travaille à la manière d’un ferment, comme le levain dans la pâte. Un travail lent, caché, comme la levure dans la pâte qui deviendra pain, comme le grain que l’on sème avec soin, dans l’attente des fruits. Tout au long de la JMJ, nous avons semé, nous avons planté des désirs, nous avons permis à des personnes de rêver, nous avons aidé des jeunes à rencontrer le Seigneur, à l’aimer et à le servir chaque jour de leur vie.

La Journée mondiale de la Jeunesse a été une expérience de Pentecôte vraiment catholique, une experience d’ouverture sur le monde – non seulement le Canada, l’Amérique du Nord ou un petit coin connu du globe ou de la société, mais une ouverture à chaque être humain.

Comme Église, nous portons l’Évangile, nous sommes remplis de l’Esprit quand nous permettons à l’Esprit de mettre en nous la joie, la paix, la sainteté. Vivifiée par l’Esprit et par l’expérience de la Journée mondiale de la Jeunesse 2002, l’Église de chez nous ne sera plus jamais la même.

Quand l’Esprit nous habite, nous devenons créatifs, imaginatifs. Il y a longtemps, le prophète Joël le disait de façon éloquente: «Je répandrai mon Esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles seront prophètes, vos vieillards auront des songes, vos jeunes gens auront des visions» (Joël 2, 28; Actes 2, 17).

Quels mots pourraient mieux exprimer ce que nous avons vécus profondément pendant la Journée mondiale de la Jeunesse 2002?

Père Thomas Rosica, c.s.b.