Les Chrétiens d’Iraq: Confrontation ou Fuite versus Charité et Convivialité

Confrontation ou Fuite?

Au Moyen Orient l’émigration forcée est devenue la norme. Il est désormais impossible pour un nombre croissant de Chrétiens – devenus désormais minoritaires dans un Moyen Orient plus déstabilisé et tourmenté que jamais – de vivre sainement, ou de vivre tout court dans leur pays d’origine. Dans plusieurs pays du Levant la définition du terme « Chrétien » se rapproche plus que jamais du martyrisme, de la survie et de l’émigration.

Dans cette région du monde les Chrétiens sont continuellement soumis de maintes manières a de diverses pressions et violences de toutes sortes qui les obligent a quitter leurs patrie pour pouvoir survivre et sauvegarder le restant de d’une dignité qu’ils sont souvent forcés à subjuguer à des idéologies politico-religieuses futiles imposées pour éviter d’être expatriés. Ceux qui choisissent de rester le font à leurs risques et périls. C’est ce qui arrive en Iraq. Que faire? Confronter contre les principes de la foi chrétienne ou fuir? Y-a-t-il d’autres alternatives?

Les Chrétiens d’Iraq : Question de vie ou de mort

“ L’Iraq, pays de la Mésopotamie, pays des civilisations, où Abraham est né, où se trouvent Ur, Babel et Ninive, pays d’écriture sainte, pays de la foi et des martyrs… Depuis que le christianisme s’y est répandu, dans les siècles qui se réalisent malgré la persécution des Perses, le sang des martyrs y a coulé et le flux islamique l’a couvert.
Aujourd’hui et depuis la Révolution d’Abd el Karim Kassem, l’Iraq ne cesse de vivre une situation d’instabilité, d’épreuves et de guerres, la dernière en date étant l’occupation américaine. Les chrétiens ont toujours eu leur part dans les sacrifices et les épreuves avec les martyrs dans les guerres et toutes sortes de différentes épreuves.

Depuis l’année 2003, les chrétiens sont les victimes d’une situation meurtrière qui a provoqué une grande émigration hors d’Iraq… Il n’y a pas de statistiques certaines, mais les indicateurs soulignent que la moitié des chrétiens ont abandonné l’Iraq et que sans doute ils ne reste plus qu’environ 400 000 chrétiens sur les 800 000 qui y vivaient. L’envahissement de l’Iraq par l’Amérique et ses alliés a entraîné sur l’Iraq en général, et sur les chrétiens en particulier, destruction et ruine à tous les niveaux. On a fait exploser des églises, des évêques, des prêtres et des laïcs ont été massacrés, plusieurs ont été agressés. Des médecins et des hommes d’affaire ont été enlevés, d’autres ont été menacés, des magasins et des maisons ont été pillés…” de dire S. Exc. Mgr Athanase Matti Shaba Matoka, Archevêque de Babylone des Syriens (Iraq) lors de son intervention durant le Synode. Cela fait 7 ans déjà que les Chrétiens d’Iraq sont systémiquement ciblés et que ce pays souffre d’une « hémorragie continue » d’ajouter Mgr Matoka. Pour un grand nombre de chrétiens d’Iraq, il est souvent question de survie ou de mort.

Cela fait 7 ans déjà que les Chrétiens d’Irak sont systémiquement ciblés et que ce pays souffre d’une « hémorragie continue » d’ajouter Mgr Absi. Pour un grand nombre de Chrétiens d’Iraq il est souvent question de survie ou de mort.

L’avenir des Chrétiens de l’Iraq est en péril et leur hémorragie forcée ainsi que leur persécution est au cœur des préoccupations des Pères synodaux. Monseigneur Sako, Archevêque de Kirkouk, a exprimé sa grande inquiétude de l’exode mortel qui détruit leurs communautés. Mgr Sako et Mgr Casmoussa, Archevêque de Mossoul on tout deux insisté particulièrement sur le désir profond des Chrétiens iraquiens de vivre dans leur pays en liberté au lieu d’avoir à survivre. C’est également l’avis de Monseigneur Casmoussa, archevêque de Mossoul, ainsi que de tous les Pères synodaux.

Message final de compassion et d’espoir de la part de l’Assemblée synodale

Les pères synodaux prêtent une attention particulière dans le message final du Synode aux Chrétiens de l’Iraq. Ce message est une reconnaissance des souffrances des Chrétiens d’Iraq et une réaffirmation de leur solidarité avec le peuple et les Églises iraqiennes :

«Nous avons réfléchi, dans nos réunions et nos prières, aux souffrances sanglâtes du peuple irakien. Nous avons fait mémoire des chrétiens assassinés en Irak, des souffrances permanentes de l’Église de l’Irak et de ces fils déplacés et dispersés de par le monde, qui portent avec eux les soucis de leur terre et de leur patrie. Les Peres synodaux ont exprimé leur solidarité avec le peuple et l’Église en Irak et ont exprimé le vœu que les émigrés, forcés à quitter leur pays, puissent trouver la ou ils arrivent les secours nécessaires, afin de pouvoir retourner dans leurs pays et y vivre en sécurité. (…) Notre mission, basée sur notre foi et notre devoir envers nos patries, nous oblige à contribuer à la construction de nos pays avec tous les citoyens, musulmans, juifs et chrétiens.» [Cf. « L’Église au Moyen-Orient : Communion et témoignage a travers l’histoire, Défis et attentes, in MessagioPopolo di Dio , I. 3.2, 25 – 25.10.2010 – 3]

Ce message est aussi une invitation au monde entier d’être en solidarité avec les Églises iraqiennes et les Chrétiens d’Irak les invitant à prier pour elles et les soutenir dans cette dure épreuve afin qu’ils puissent retourner dans leur pays et y vivre en dignité.

Charité et Convivialité

La solution n’est au contraire pas de confronter, car cela ne dérive pas du principe de charité sur lequel est fondée la foi chrétienne. La réponse n’est pas non plus de fuir, car il ne devrait pas y avoir de raison pour quitter sa patrie qu’il est également un droit et une responsabilité de sauvegarder. La solution réside dans charité entre frères et sœurs Chrétiens, Musulmans et Juifs, qui ont un unique privilège à ne pas rater, celui de vivre en convivialité comme gardiens de la paix en Terre Sainte.