Contre la traite des personnes

À l’approche de l’ouverture des Jeux Olympiques qui se dérouleront à Vancouver, dès le 12 février prochain,  la commission épiscopale pour la justice et la paix des évêques catholiques du Canada vient de publier une lettre pastorale sur la traite des personnes, nous alertant sur ce sujet très préoccupant et mal connu.

À l’occasion de certains événements sportifs d’envergure, des structures sont souvent mises en place pour satisfaire la «demande» de divertissements sexuels. Cela risque d’être malheureusement le cas lors des Jeux olympiques d’hiver de Vancouver.

Comme pasteurs de l’Église catholique du Canada, nous dénonçons la traite des personnes sous toutes ses formes, qu’elle soit organisée pour le travail forcé (travail domestique, travail agricole ou dans les usines) ou pour l’exploitation sexuelle (prostitution, pornographie, mariages forcés, bar de danseuses, etc.). Nous invitons les croyants et les croyantes à prendre conscience de cette violation des droits humains et de la banalisation du discours qui entoure la prostitution dans notre pays. À la suite de Jésus qui est venu dans le monde pour apporter la vie et la vie en abondance (Jn 10,10), nous pouvons ensemble compatir aux souffrances des victimes et changer des comportements et des mentalités qui entretiennent la violence institutionnalisée dans cette nouvelle forme d’esclavage qu’est la traite des personnes. Jésus ne proclame-t-il pas la libération des captifs comme signe de sa présence parmi nous? (Lc 4,18-19).

Au nom de la dignité de la personne humaine, nos pasteurs invitent les croyants à prendre conscience de cette violation des droits humains et de la banalisation du discours qui entoure la prostitution dans notre pays.

Comme pistes de solution pour combattre ce problème ils proposent de soutenir les organisations déjà engagées avec les victimes de la traite et de demander à nos gouvernements un programme d’éducation et de prévention de la violence envers les femmes.

Ils renvoient aussi pour plus d’information au site de la conférence religieuse canadienne www.crc-canada.org/ qui a préparé une trousse, en janvier 2009,  afin de relancer le débat public au sujet de la traite des femmes et des enfants et de mettre en lumière l’exploitation pour le profit sous ses différentes formes.

Cette trousse s’adresse aux étudiantes et étudiants du secondaire et pour les enseignants, responsables de la pastorale ou du cours d’éthique et de culture religieuse, parents, soit les responsables de l’éducation à la vie chrétienne dans notre diocèse, etc.
 
Vous trouverez la lettre dans son intégralité sur le site de la CECC Elle est à faire connaître autour de vous.

Nous vous en reparlerons très prochainement.

D&P lavé de tout soupçon – Le rapport des évêques rendu public

Après quelques jours de suspense, la CECC vient de mettre en ligne le rapport du Comité d’enquête qui a vérifié les allégations de LifeSiteNews à l’effet que Développement et Paix serait venu en aide à des partenaires qui œuvrent des projets reliés à la promotion de l’avortement.  Le Comité d’enquête était composé de Mgr Martin W. Currie, archevêque de St. John’s et évêque de Grand Falls, à Terre-Neuve et Labrador, et de Mgr François Lapierre. P.M.É., évêque de Saint-Hyacinthe, au Québec. Ils ont été assistés dans leur travail par le directeur général de D&P, Michael Casey, le directeur adjoint Paul Cliche et André Charlebois, chargé de programmes pour l’Amérique latine.

Les allégations graves faites par le site pro-vie anglophone ont fait mal à l’organisme de solidarité des évêques canadiens. Elles avaient été lancées en pleine campagne « Carême de partage » la levée de fonds annuelle de l’organisme.

De passage dans nos studios le 19 juin dernier, le président de la CECC, Mgr James Weisgerber, avait déjà annoncé que D&P n’était pas coupable. Il annonçait également que le Comité faisait des recommandations afin qu’une telle situation ne se répète pas. Sur les 7 recommandations présentées, nous pouvons retenir les 4 suivantes :

  • que Développement et Paix exerce davantage de vigilance en exigeant  plus d’information sur d’éventuels partenaires et en entretenant des liens plus étroits avec les évêques qui siègent à son Conseil national ; 
  •  que des liens étroits soient tissés entre les partenaires de Développement et Paix et l’Épiscopat des pays où ils se trouvent ;
  • qu’une compréhension juste et saine de la doctrine sociale de l’Église soit favorisée auprès du personnel de Développement et Paix ; et
  • que s’établisse un dialogue ouvert et fructueux entre LifeSiteNews et les évêques du Canada.

Le Comité souligne également trois éléments-clés du fonctionnement de Développement et Paix, qui demeurent donc valides et sont suivis avec rigueur :

  1. Développement et Paix respecte les enseignements de l’Église catholique sur la dignité de toute vie humaine.
  2. Développement et Paix n’appuie aucun projet lié à l’avortement.
  3. Développement et Paix n’appuie financièrement aucun groupe ou organisme ; il finance plutôt des projets précis, qui doivent être approuvés sur une base individuelle.

Bien sûr, le dépôt du rapport d’enquête et de ses recommandations ne marque pas la fin de ce feuilleton. Il faudra voir si LifeSiteNews acceptera le rapport et la main tendue par la conférence des évêques. Plus importants encore, les évêques canadiens qui retenaient la contribution de leur diocèse à D&P seront-ils convaincus par les conclusions du Comité?  Leur décision aura un impact majeur sur la mesure de l’aide apporté par l’organisme à divers projets qui viennent en aide à nos frères et sœurs qui ont besoin de notre soutien.

S’il est une chose, les allégations de LifeSite et l’enquête de la CECC qui a suivie auront permis de réaffirmer que Développement et Paix relève des évêques catholiques du Canada et est donc redevable à ces derniers. Aux yeux de certains, ce lien aurait été omis, voire abandonné, au cours des dernières années. Les résultats de l’enquête et les recommandations faites aujourd’hui confirment la crédibilité et la catholicité de l’organisme. Il faudra maintenant tourner la page et permettre à D&P de poursuivre l’engagement pris par nos pasteurs, il y a plus de 40 ans : donner des pieds et des mains à l’évangile dans des régions du monde qui en ont grandement besoin.

Gauche, droite, conservateur ou libéral, pro-vie ou pro justice sociale: il est temps de sortir de ces catégories qui nous divisent. Soyons catholiques. Soyons le levain dans la pâte!