L’humanisme intégral du pape François (2e partie)

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Image: Courtoisie de CNS

Comme nous le disions hier, notre monde doit construire une culture de la rencontre et, donc, combattre les forces hostiles à la paix et la réconciliation. Pour accomplir une telle mission, toutes les institutions sans exception doivent s’impliquer à respecter les principes éthiques fondamentaux de cette culture que l’on pourrait qualifier « d’humanisme intégral » (Maritain). Heureusement, les principes moraux de l’Église catholique sont déjà parfaitement adaptés et orientés vers ce but. À ce niveau, le voyage du Pape au Sri Lanka, en cours ces jours-ci, est un bon exemple de ce rôle de premier plan que joue l’Église.

En effet, l’Église peut servir d’interlocuteur ou de médiateur diplomatique au service de la réconciliation comme on l’a vu dans les rapprochements entre Cuba et les États-Unis. Toutefois, en tant que religion, elle est aussi en mesure d’accéder à une autre sphère de la société un peu négligée chez nous mais qui, de plus en plus, tend à s’imposer comme la force motrice de ce monde globalisé : le monde des religions. En ce sens, je voudrais attirer votre attention sur le discours prononcé par le pape François à Colombo lors de la Rencontre interreligieuse et œcuménique.

Dans un premier temps, le pape a manifesté au monde que les religions sont officiellement engagées dans cette entreprise de dialogue multilatéral rendu nécessaire par la globalisation actuelle. De fait, les religions montrent leur leadership dans la construction de la paix. De plus, et peut-être d’une manière plus mystérieuse encore, le mystère théologique entourant le rôle du successeur de Pierre sur la terre s’en trouve accru. Il serait intéressant d’effectuer des études sur ce rôle unificateur du Pape au sein des religions du monde. Avis aux théologiens !

Deuxièmement, nous trouvons dans ce discours un modèle de dialogue authentique c’est-à-dire véritablement au service de la justice et de la solidarité. En effet, on y trouve d’abord la posture et la clarification de la personne qui parle qui, dans ce cas, est un croyant au Christ. Ensuite viennent les bases communes partagées par tous les acteurs engagés dans ce dialogue que sont : « le désir de sagesse, de vérité et de sainteté ». C’est donc parce que toutes les religions s’entendent sur ces fondements que des actions conjointes et des collaborations sont possibles. Enfin, à partir de ce fondement, le Pape a exhorté les représentants des religions qui « font partie intégrante de la vie du Sri Lanka : Bouddhisme, Hindouisme, Islam et Christianisme »[2] à s’impliquer dans ces missions communes et, surtout, concrètes que sont le service aux pauvres, à ceux qui sont dans le besoin et, finalement, l’engagement à condamner les actes de violences de ceux qui trahissent la religion pour leur profit personnel, qui prennent ce qu’il y a de plus noble en l’homme pour en faire un déchet nuisible.

La construction d’un monde plus juste et digne de cette très haute vocation présente en chacun de nous est une responsabilité à laquelle personne n’échappe. Dans le climat actuel, le rôle central des religions doit être de combattre la culture du déchet et de promouvoir la culture de la rencontre. En ce sens, les catholiques peuvent être fiers d’être, en un sens, en avance de quelques siècles sur ce monde de plus en plus globalisé. Prions pour que le message de paix véritable du pape François soit de plus en plus entendu et convainque ceux qui ont toujours de la haine dans le cœur et qui sont incapable d’accepter la miséricorde de Dieu envers eux et leurs prochains.