Suivre Jésus, c’est accepter la souffrance et la croix

Vingt-deuxième dimanche du temps ordinaire, Année A – 3 septembre 2017

Jérémie 20,7-9
Romains 12,1-2
Matthieu 16,21-27

L’Évangile d’aujourd’hui, Matthieu 1, 21-27, nous présente la première annonce de la passion de Jésus. La scène suit le récit rapporté en Marc 8,31-33 et vient corriger une conception de la mission messianique qui ne serait que glorieuse et triomphale. Le récit que donne Matthieu de la première annonce de la passion aborde les souffrances du Fils de l’Homme. Dans le texte grec du Nouveau Testament, la formulation de Matthieu est presque identique au fragment pré-paulinien du kérygme qu’on trouve en 1 Co 15,4 et au texte d’Osée 6,2, dans lequel plusieurs voient la référence vétérotestamentaire à la confession de la résurrection de Jésus le troisième jour.

En ajoutant les mots « à partir de ce moment » (16,21), Matthieu souligne que la révélation faite par Jésus de la souffrance et de la mort qui l’attendent ouvre une nouvelle étape de l’évangile. Tout de suite après la confession de Pierre à Césarée de Philippe, Jésus « commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter » (16,21). On nous dit qu’en réponse à la déclaration de Jésus, Pierre le prit à part et se mit à lui faire des reproches. « Dieu t’en garde, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas. » « Mais lui, se retournant, dit à Pierre : Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route, tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (v. 22-23).

Le refus de Pierre

Le refus qu’oppose Pierre à la souffrance et à la mort annoncées (v. 22-23) est interprété comme une tentative satanique pour détourner Jésus de la mission que Dieu lui a confiée, et les paroles adressées au disciple rappellent la réponse de Jésus au diable dans le récit des tentations (Mt 4,10: « Retire-toi, Satan ! »). L’objectif satanique est souligné par les mots que Matthieu ajoute à sa source marcienne : « tu es un obstacle sur ma route ». Le vrai disciple doit être prêt à suivre Jésus et même à donner sa vie pour lui; cela lui sera rendu au jugement dernier (v. 24-28)

Qu’est-ce qui se cache derrière le refus de Pierre d’accepter la souffrance et la mort de Jésus ? Pierre exprime le désarroi et la consternation des autres apôtres à qui Jésus vient d’annoncer sa souffrance et sa mort imminentes. « Non, Seigneur, c’est pas possible ! C’est pas juste ! » Pareille réaction reflète l’incapacité de Pierre et la nôtre à comprendre le mystère de Dieu à l’œuvre en Jésus et dans nos vies. Pierre et les autres sont placés devant la dure réalité des desseins de Dieu, qui sont complètement inacceptables du point de vue de la logique humaine. Subir de grandes souffrances de la part des autorités religieuses, être chargé de la croix, être exécuté – est-ce que tout cela fait partie du contrat, du projet Jésus ? N’y a-t-il pas d’incitatifs ou d’avantages sociaux ? Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux biffer du contrat la croix et la souffrance ? Est-ce vraiment nécessaire ? Quand il raconte des choses pareilles, n’est-il pas en proie à une forme quelconque de dépression ?

De « rocher » à « scandale »

La semaine dernière encore, à Césarée de Philippe, Pierre était qualifié de « rocher ». Il se fait maintenant traiter de « scandalon », de pierre d’achoppement ! Jésus rappelle à Pierre qu’il ne comprend rien de la réalité et du mystère du dessein de Dieu sur lui et sur nous !

Jésus dit à ses disciples que s’ils veulent marcher à sa suite, ils doivent se renier, prendre leur croix et le suivre. Qu’est-ce qu’on veut dire quand on parle de « se renier » ? Renier quelqu’un (v. 24), c’est le désavouer et se renier soi-même, c’est cesser de faire de soi-même le centre de son existence. Songez un peu à Pierre qui en viendra un jour à renier son ami et Seigneur : « Je ne le connais pas ! ». Même chose pour nous. Me renier, c’est ne plus me connaître; je ne tiens plus compte de ma propre vie. Je ne suis plus le centre de mon univers. Mais l’action ne s’arrête pas là : toute la force de cette injonction repose en fait sur l’invitation que lance Jésus : « Suis-moi. » Tout ce qui précède et tout ce qui suit, ce ne sont que les conditions indispensables pour aimer Jésus et rester avec lui, et pour continuer de rester avec lui.

Suivre Jésus

L’enseignement que donne Jésus au petit groupe des Douze peut se résumer comme suit : « quiconque a accepté l’appel personnel à me suivre doit m’accepter comme je suis. » Suivre Jésus, c’est accepter la souffrance et la croix ! Le signe du Messie va devenir celui de ses disciples ! Ils doivent se mettre derrière lui et le suivre dans sa montée vers Jérusalem.

Ce qui donne tout son sens à la croix, c’est de la porter derrière Jésus, non pas dans un itinéraire de solitude angoissée, d’errance ou de rébellion désespérée, mais bien plutôt dans un cheminement soutenu et alimenté par la présence du Seigneur. Jésus nous demande d’avoir le courage de choisir une vie semblable à la sienne. Ceux et celles qui veulent suivre Jésus ne peuvent éviter la souffrance. Les voies de Dieu ne sont pas les nôtres – aujourd’hui, nous sommes invités à conformer nos voies à celles de Dieu.

Discerner la volonté de Dieu

Puisque le Christ marque la fin de la loi mosaïque comme premier point de repère pour le peuple de Dieu, l’apôtre Paul explique dans sa lettre aux Romains (12, 1-2) comment peuvent fonctionner les chrétiens, à la lumière du don de la justification par la foi, dans leurs relations entre eux et avec l’État. La loi mosaïque contenait des dispositions détaillées sur les sacrifices et d’autres observances cultuelles. L’évangile, par contre, invite les croyants à présenter leur propre vie en sacrifice vivant (12,1). Au lieu d’être contraints par des maximes légales précises, les chrétiens sont libérés : ils doivent faire preuve de bon jugement quand se présentent les multiples décisions de toutes sortes qu’impose la vie quotidienne. Paul invite les chrétiens à « se transformer en renouvelant leur façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait » (v. 2).

Saisir le mystère du Christ

Dans son homélie à la messe de clôture de la Journée mondiale de la Jeunesse, à l’aéroport militaire des Cuatro Vientos près de Madrid, en Espagne, le dimanche 21 août 2011, le pape Benoît XVI a parlé de notre foi en Jésus Christ.

La foi va au-delà des simples données empiriques ou historiques ; elle est la capacité de saisir le mystère de la personne du Christ dans sa profondeur. Mais, la foi n’est pas le fruit de l’effort de l’homme, de sa raison, mais elle est un don de Dieu : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». Elle a son origine dans l’initiative de Dieu, qui nous dévoile son intimité et nous invite à participer à sa vie divine même. La foi ne fournit pas seulement des informations sur l’identité du Christ, mais elle suppose une relation personnelle avec Lui, l’adhésion de toute la personne, avec son intelligence, sa volonté et ses sentiments, à la manifestation que Dieu fait de lui-même. Ainsi, la demande de Jésus : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? », pousse en fin de compte les disciples à prendre une décision personnelle par rapport à Lui. La foi et la suite (sequela) du Christ sont étroitement liées. Et, comme elle suppose suivre le Maître, la foi doit se consolider et croître, devenir profonde et mûre, à mesure qu’elle s’intensifie et que se fortifie la relation avec Jésus, l’intimité avec Lui. Même Pierre et les autres apôtres ont eu à avancer sur cette voie, jusqu’à ce que leur rencontre avec le Seigneur ressuscité leur ouvre les yeux sur une foi plénière.

Chers jeunes, aujourd’hui, le Christ vous pose également la même demande qu’il a faite aux apôtres : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Répondez-lui avec générosité et courage comme il convient à un cœur jeune tel que le vôtre. Dites-lui : Jésus, je sais que tu es le Fils de Dieu, que tu as donné ta vie pour moi. Je veux te suivre avec fidélité et me laisser guider par ta parole. Tu me connais et tu m’aimes. J’ai confiance en toi et je remets ma vie entre tes mains. Je veux que tu sois la force qui me soutienne, la joie qui ne me quitte jamais.

La mission fondamentale de l’Église

Continuons de lire les Lineamenta (document préparatoire) du Synode des évêques sur la Nouvelle Évangélisation. Les deux paragraphes que voici sont tirés de la section 10, intitulée « Première évangélisation, sollicitude pastorale, nouvelle évangélisation » ; ils prolongent naturellement notre réflexion sur l’Évangile d’aujourd’hui.

La nouvelle évangélisation est le nom qui est donné à cette nouvelle attention de l’Église à sa mission fondamentale, à son identité et à sa raison d’être. Aussi est-elle une réalité qui ne touche pas seulement des régions bien définies ; elle est le chemin qui permet d’expliquer et de traduire dans la pratique l’héritage apostolique dans notre temps, et pour notre temps. Avec le programme de la nouvelle évangélisation, l’Église veut introduire son thème le plus originel et spécifique dans le monde contemporain et dans la discussion actuelle: l’annonce du Royaume de Dieu, qui a commencé en Jésus-Christ. Aucune situation ecclésiale ne peut se sentir exclue d’un tel programme: les Églises chrétiennes d’ancienne fondation, avec le problème de l’abandon pratique de la foi chez nombre de personnes; et les Églises nouvelles, aux prises avec des itinéraires d’inculturation qui exigent d’être vérifiés en permanence pour parvenir non seulement à introduire l’Évangile – qui purifie et élève ces cultures – mais surtout à les ouvrir à sa nouveauté. De façon plus générale, toutes les communautés chrétiennes, engagées dans la pratique d’une pastorale qui semble toujours plus difficile à gérer et court le risque de devenir une routine peu capable de communiquer les raisons pour lesquelles elle est née.

Nouvelle évangélisation signifie alors mission ; elle demande d’être capable de repartir, de dépasser les frontières, d’élargir les horizons. La nouvelle évangélisation est le contraire de se suffire à soi-même et du repli sur soi, de la mentalité du statu quo et d’une conception pastorale selon laquelle il suffit de faire comme on a toujours fait. Aujourd’hui, le « business as usual » ne suffit plus. Comme certaines Églises locales se sont engagées à l’affirmer, il est temps que l’Église appelle ses communautés chrétiennes à une conversion pastorale au sens missionnaire de leur action et de leurs structures.

Questions pour la réflexion cette semaine

1) Quels sont les principaux obstacles à surmonter et les efforts les plus difficiles à faire pour poser la question de Dieu dans le monde d’aujourd’hui ? Le fait de poser cette question donne-t-il des fruits ?

2) Ai-je déjà « fait des reproches » au Seigneur pour un résultat ou pour une situation auxquels je ne m’attendais pas ? Au bout du compte, qu’ai-je appris de cette expérience ? M’a-t-elle fait grandir ?

3) Est-ce que mes attentes face à l’identité de Jésus et à ce qu’il veut de moi m’amènent à me refermer et à résister à tout ce qui déborde de leurs limites ? Comment est-ce que je me fais une idée du Christ et de sa volonté ? Sur quoi se fonde mon idée : sur les vérités transmises par l’Église catholique ou sur autre chose ?

4) M’arrive-t-il de faire des sacrifices pour ma foi, pour ma famille, pour les autres ? Est-ce que je les fais à contrecœur ou dans une attitude de joie ?

Message du Pape pour la JMJ 2012 « Soyez toujours dans la joie du Seigneur« 

Dimanche prochain c’est le dimanche des Rameaux. C’est donc la Journée mondiale de la Jeunesse à Rome et dans tous les diocèses du monde. Le message du pape cette année porte sur la joie donnée par le Christ, commentaire de la lettre de St Paul aux Philippiens. « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ! » (Ph 4, 4)
Voici le message de Benoît XVI:

« Chers jeunes,

Je suis heureux de pouvoir à nouveau m’adresser à vous à l’occasion de la XXVIIème Journée Mondiale de la Jeunesse. Le souvenir de la rencontre de Madrid, en août dernier, reste très présent à mon esprit. Ce fut un temps de grâce exceptionnel au cours duquel Dieu a béni les jeunes présents, venus du monde entier. Je rends grâce à Dieu pour tout ce qu’il a fait naître lors de ces journées, et qui ne manquera pas de porter du fruit à l’avenir pour les jeunes et pour les communautés auxquelles ils appartiennent. A présent nous sommes déjà orientés vers le prochain rendez-vous de Rio de Janeiro en 2013, qui aura pour thème « Allez, de toutes les nations faites des disciples ! » (cf. Mt 28, 19)

Cette année, le thème de la Journée Mondiale de la Jeunesse nous est donné par une exhortation de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ! » (Ph 4, 4). La joie, en effet, est un élément central de l’expérience chrétienne. Et au cours de chaque Journée Mondiale de la Jeunesse, nous faisons l’expérience d’une joie intense, la joie de la communion, la joie d’être chrétiens, la joie de la foi. C’est une des caractéristiques de ces rencontres. Et nous voyons combien cette joie attire fortement : dans un monde souvent marqué par la tristesse et les inquiétudes, la joie est un témoignage important de la beauté de la foi chrétienne et du fait qu’elle est digne de confiance. [Read more…]

Diffusion en DIRECT de l’assemblée plénière de la CECC

Pour la première fois, Télévision Sel + Lumière retransmet en direct l’assemblée plénière de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), réunis à Cornwall.

Lundi 17 octobre

9h Prière du matin et messe

10h 15 Rapport annuel du Président de la CECC,  Mgr Pierre Morrissette, évêque de Saint Jérôme

14h Intervention de Mgr Robert Le Gall, osb, archevêque de Toulouse en France au sujet de l’ exhortation apostolique Sacramentum Caritatis sur l’Eucharistie.

mardi 18 octobre

7h30 Prière du matin et la messe

9h30 Intervention de Mgr Robert Le Gall, sur l’exhortation apostolique Verbum Domini sur la parole de Dieu

Du mardi 18 octobre et jusqu’au 21 octobre la prière du matin et la messe seront retransmises en direct à 7h30.

 

Suivre Jésus, c’est accepter la souffrance et la croix – Réflexion biblique pour le vingt-deuxième dimanche du Temps ordinaire A

L’Évangile d’aujourd’hui, Matthieu 1, 21-27, nous présente la première annonce de la passion de Jésus. La scène suit le récit rapporté en Marc 8,31-33 et vient corriger une conception de la mission messianique qui ne serait que glorieuse et triomphale. Le récit que donne Matthieu de la première annonce de la passion aborde les souffrances du Fils de l’Homme. Dans le texte grec du Nouveau Testament, la formulation de Matthieu est presque identique au fragment pré-paulinien du kérygme qu’on trouve en 1 Co 15,4 et au texte d’Osée 6,2, dans lequel plusieurs voient la référence vétérotestamentaire à la confession de la résurrection de Jésus le troisième jour.

En ajoutant les mots « à partir de ce moment » (16,21), Matthieu souligne que la révélation faite par Jésus de la souffrance et de la mort qui l’attendent ouvre une nouvelle étape de l’évangile. Tout de suite après la confession de Pierre à Césarée de Philippe, Jésus « commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter » (16,21). On nous dit qu’en réponse à la déclaration de Jésus, Pierre le prit à part et se mit à lui faire des reproches. « Dieu t’en garde, Seigneur! Cela ne t’arrivera pas. » « Mais lui, se retournant, dit à Pierre : Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route, tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (v. 22-23).

Le refus de Pierre

Le refus qu’oppose Pierre à la souffrance et à la mort annoncées (v. 22-23) est interprété comme une tentative satanique pour détourner Jésus de la mission que Dieu lui a confiée, et les paroles adressées au disciple rappellent la réponse de Jésus au diable dans le récit des tentations (Mt 4,10: « Retire-toi, Satan! »). L’objectif satanique est souligné par les mots que Matthieu ajoute à sa source marcienne : « tu es un obstacle sur ma route ». Le vrai disciple doit être prêt à suivre Jésus et même à donner sa vie pour lui; cela lui sera rendu au jugement dernier (v. 24-28). [Read more…]

Chants, Joie, Chaos et Silence…. Pourquoi avons-nous tous afflués à Madrid cet été

Chers amis de Sel + Lumière,

Cela me prendrait une bonne semaine pour répondre à tous vos lettres, e-mails, appels et messages que nous avons reçus au cours des deux dernières semaines, comme Télévision Sel + Lumière nous avons essayé de notre mieux pour vous apporter les Journées Mondiales de la Jeunesse 2011. Merci pour vos très sympathiques messages d’encouragement. La ligne qui revient dans les messages est: “Nous nous sentions comme si nous étions là avec vous!”

Notre signal était transmis non seulement à travers le Canada, mais aussi aux États-Unis et en Australie, et à de nombreuses personnes qui ont rejoint nos émissions radio sur le canal catholique de Sirius Radio aux États-Unis, ainsi que sur Radio Maria Europe. Des centaines de milliers de personnes à travers le monde ont regardé les JMJ grâce à Télévision Sel + Lumière au Canada.

C’est le jour après la messe de clôture de la Journée Mondiale de la Jeunesse 2011 en Espagne à Madrid. Des centaines de milliers de “pèlerins” errent encore dans les rues de Madrid avec leurs drapeaux et leurs chansons. Des pèlerins fatigués montent à bord de centaines de bus qui sont en train d’être chargés avec leurs bagages, pour qu’ils repartent dans différentes destinations de l’Europe. L’aéroport de Madrid Barajas expérimente probablement la journée la plus achalandée de son histoire car les pèlerins décollent pour les quatre coins du monde. Ceux d’entre nous qui ont travaillé sur l’événement, et l’ont couvert à travers les médias du monde entier (plus de 6000 journalistes étaient formellement accrédités à l’événement!) ont pu dormir un peu ce matin! Beaucoup d’entre nous ont attrapé un rhume avec l’extrême chaleur dehors et l’air trop climatisé des chambres d’hôtel! [Read more…]

Emission spéciale JMJ Madrid avec le père Thomas Rosica et des jeunes

A ne pas manquer.
Lundi à 19h05 émission spéciale JMJ Madrid avec le père Thomas Rosica et  Francis Denis, séminariste de Québec.  Cyprien Fusco reviendra sur les grands moments de cette JMJ.

Transmettez aux autres la joie de votre foi

Dans une ambiance à la fois  joyeuse et recueillie, la JMJ de Madrid a pris fin par la messe présidée par le Pape devant près de 2 millions de fidèles. A la fin de la messe il a annoncé que la prochaine JMJ aurait lieu à Rio de Janeiro au Brésil en 2013.
Benoit XVI les a encouragés à rencontrer le Christ personnellement et à partager cette joie en Eglise en la transmettant aux autres. Voici son homélie:

« Chers jeunes,

Avec la célébration de l’Eucharistie, nous arrivons au moment culminant de ces Journées Mondiales de la Jeunesse. En vous voyant ici, venus en grand nombre de tous les horizons, mon cœur est plein de joie, pensant à l’affection spéciale avec laquelle Jésus vous regarde. Oui, le Seigneur vous aime et il vous appelle ses amis (cf. Jn 15, 15). Il vient à votre rencontre et il désire vous accompagner dans votre cheminement pour vous ouvrir les portes d’une vie pleine et vous faire participants de sa relation intime avec le Père. Pour notre part, conscients de la grandeur de son amour, nous désirons répondre avec grande générosité à cette marque de prédilection par la résolution de partager aussi avec les autres la joie que nous avons reçue. Certes ! Ils sont nombreux de nos jours, ceux qui se sentent attirés par la figure du Christ et désirent mieux le connaître. Ils perçoivent qu’Il est la réponse à leurs multiples inquiétudes personnelles. Cependant, qui est-Il réellement ? Comment est-il possible que quelqu’un qui a vécu sur la terre il y a tant d’années, ait quelque chose à voir avec moi aujourd’hui ?

Dans l’Évangile que nous avons écouté (cf. Mt 16, 13-20), il y a comme deux manières distinctes de connaître le Christ qui nous sont présentées. La première consiste dans une connaissance externe caractérisée par l’opinion commune. À la demande de Jésus : « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? », les disciples répondent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste, pour d’autres, Elie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes ». C’est-à-dire qu’on considère le Christ comme un personnage religieux supplémentaire qui s’ajoute à ceux connus. S’adressant ensuite personnellement aux disciples, Jésus leur demande : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre répond avec des paroles qui sont la première profession de foi : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » La foi va au-delà des simples données empiriques ou historiques ; elle est la capacité de saisir le mystère de la personne du Christ dans sa profondeur. [Read more…]

Conseils du Pape aux séminaristes

Ce matin, Benoit XVI a célébré la messe avec des milliers de séminaristes. Il leur a dit sa sollicitude et prodigué quelques conseils. Voici son homélie:

 « Monsieur le Cardinal Archevêque de Madrid,
Vénérés frères dans l’Épiscopat,
Chers prêtres et religieux,
Chers recteurs et formateurs,
Chers séminaristes,
Chers amis,

C’est avec une joie profonde que je célèbre la sainte Messe en votre présence, vous qui aspirez à être prêtres du Christ pour le service de l’Église et des hommes, et je reçois avec reconnaissance les aimables paroles par lesquelles vous m’avez accueilli. Cette sainte cathédrale Sainte Marie la Royale de la Almudena est aujourd’hui comme un immense cénacle où le Seigneur célèbre sa Pâque avec un ardent désir, en compagnie de ceux qui désirent présider un jour en son nom les mystères du salut. À dire vrai, je constate une nouvelle fois que le Christ appelle à Lui de jeunes disciples pour qu’ils soient ses apôtres, en poursuivant ainsi la mission de l’Église et le don de l’Évangile au monde. Comme s [Read more…]

Méditation du Chemin de croix

Lors de la méditation du chemin du Croix,   Benoît XVI et les jeunes ont pu contempler la Passion du Christ devant de magnifiques statues de bois peint.
A chaque étape la croix des JMJ était portée par des Jeunes de pays différents. A la fin de cette méditation du chemin de croix, célébrée dans un grand climat d’intériorité, le Pape s’est adressé aux jeunes. Il a évoqué Ste Thérèse d’Avila dont le cœur s’est transformé devant une représentation du Christ blessé et a interpellé les jeunes.

 » Chers jeunes,
Nous avons célébré avec piété et ferveur ce chemin de croix en accompagnant le Christ dans sa passion et sa mort. Les commentaires des Hermanitas de la Cruz, qui servent les plus pauvres et ceux qui sont dans le besoin, nous ont permis d’entrer dans le mystère de la croix glorieuse du Christ, qui renferme la vraie sagesse de Dieu, celle qui juge le monde et ceux qui se croient sages (cf. 1 Cor 1, 17-19). La contemplation des extraordinaires imágenes provenant du patrimoine religieux des diocèses espagnols, nous a aidé également dans cet itinéraire vers le calvaire. Ce sont des imágenes où la foi et l’art s’harmonisent pour arriver au cœur de l’homme et pour l’inviter à la conversion. Quand le regard de la foi est limpide et authentique, la beauté se met à son service et elle est capable de représenter les mystères de notre salut jusqu’à nous émouvoir profondément, et de transformer notre cœur, comme cela est arrivé à sainte Thérèse d’Avila en contemplant une représentation du Christ blessé (cf. Libro de la vida 9, 1).
Pendant que nous avancions avec Jésus pour arriver au sommet du don de lui-même au calvaire, les paroles de saint Paul nous sont venus en mémoire : « Le Christ m’a aimé et il s’est livré pour moi » (Ga 2, 20). Devant un tel amour si désintéressé, pleins d’étonnement et de gratitude, nous nous demandons maintenant : Que ferons-nous nous-autres pour lui ? Quelle réponse lui donnerons-nous ? Saint Jean le dit clairement : « À ceci nous avons connu l’amour : celui-là a donné sa vie pour nous. Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3 , 16). La passion du Christ nous pousse à charger sur nos épaules la souffrance du monde, avec la certitude que Dieu n’est pas quelqu’un qui est distant ou lointain de l’homme et de ses vicissitudes. Au contraire, il s’est fait l’un d’entre nous « pour pouvoir compatir avec l’homme de manière très réelle, dans la chair et le sang … De là, dans toute souffrance humaine est entré quelqu’un qui partage la souffrance et la patience; de là se répand dans toute souffrance la con-solatio; la consolation de l’amour qui vient de Dieu et ainsi surgit l’étoile de l’espérance » (Spes salvi, 39).
Chers jeunes, que l’amour du Christ pour nous augmente votre joie et vous aide à être proches de ceux qui sont dans le besoin. Vous qui êtes très sensibles à l’idée de partager la vie avec les autres, ne passez pas à côté de la souffrance humaine, où Dieu espère en vous afin que vous puissiez donner le meilleur de vous-mêmes : votre capacité d’aimer et de compatir. Les diverses formes de souffrance qui, tout au long du chemin de croix, ont défilé devant vos yeux, sont des appels du Seigneur pour édifier nos vies en suivant ses traces et pour faire de nous des signes de sa consolation et de son salut : « Souffrir avec l’autre, pour les autres; souffrir par amour de la vérité et de la justice; souffrir à cause de l’amour et pour devenir une personne qui aime vraiment – ce sont des éléments fondamentaux d’humanité; leur abandon détruirait l’homme lui-même » (ibid.).

Sachons recevoir ces leçons et les mettre en pratique ! Pour cela, regardons vers le Christ, cloué sur un bois rude, et demandons-lui qu’il nous montre cette sagesse mystérieuse de la croix par laquelle l’homme vit. La croix n’a pas été le développement d’un échec, sinon la manière d’exprimer le don aimant qui arrive jusqu’à un don plus grand : celui de sa propre vie. Le Père a désiré aimer les hommes dans l’accolade de son Fils crucifié par amour. Par sa forme et sa signification, la croix représente cet amour du Père et du Christ pour les hommes. En elle, nous reconnaissons l’image de l’amour suprême, où nous apprenons à aimer ce que Dieu aime et comme il le fait : c’est elle la Bonne Nouvelle qui redonne l’espérance au monde.

Tournons maintenant nos yeux vers la Vierge Marie qui nous fut donnée pour mère au calvaire, et supplions-la de nous soutenir par sa protection aimante sur le chemin de la vie, en particulier quand nous passons à travers la nuit de la souffrance, afin que nous réussissions comme elle à demeurer fermes dans la foi au pied de la croix. »

N.B Ce chemin de croix  sera rediffusé aujourd’hui à 16h30 et 20h

Pour la première fois au cours d’une JMJ, le Pape rencontre des jeunes universitaires

Toujours ce matin, au Monastère de l’Escurial et pour la première fois au cours des JMJ, le pape a rencontré 1 600 universitaires.
Sa fibre d’ancien universitaire est ressortie. Benoît XVI s’est adressé à ces derniers avec enthousiasme redisant l’importance de ce métier qui est « une magnifique collaboration à la diffusion de la vérité ».

 

« Chers frères dans l’Épiscopat,
Chers Pères Augustins,
Chers Professeurs,
Autorités,
Chers amis,

J’attendais avec joie cette rencontre avec vous, jeunes professeurs des universités espagnoles, vous qui prêtez une magnifique collaboration à la diffusion de la vérité, dans des circonstances qui ne sont pas toujours faciles. Je vous salue cordialement et je vous remercie pour les aimables paroles de bienvenue, ainsi que pour la musique exécutée, qui a résonné de façon merveilleuse dans ce monastère d’une grande beauté artistique, témoignage éloquent pour les siècles d’une vie de prière et d’étude. En ce lieu significatif la foi et la raison se sont fondues harmonieusement dans la pierre austère pour modeler l’un des monuments les plus renommés d’Espagne.
Je salue aussi avec une affection particulière ceux qui, ces jours-ci, ont participé à Avila au Congrès mondial des universités catholiques, sur le thème : « Identité et mission de l’université catholique ». 

En étant parmi vous, me reviennent à l’esprit mes premiers pas comme professeur à l’université de Bonn. Quand on constatait encore les blessures de la guerre et que les carences matérielles étaient nombreuses, tout était remplacé par un vif désir d’une activité passionnante, le contact avec des collègues des diverses disciplines et le souhait de répondre aux inquiétudes ultimes et fondamentales des étudiants. Cette « universitas », que j’ai vécue alors, de professeurs et d’étudiants qui ensemble cherchent la vérité dans tous les savoirs, ou, comme aurait dit Alphonse X le Sage, cette « union de maîtres et d’étudiants avec la volonté et l’objectif d’apprendre les savoirs » (Siete partidas, partida II, tit. XXXI), rend clair le projet jusqu’à la définition de l’Université.
Dans le thème des présentes Journées Mondiales de la Jeunesse «Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi » (Col 2, 7), vous pourrez trouver aussi la lumière pour mieux comprendre votre être et ce que vous devez faire. Avec cette pensée, et comme je l’ai déjà écrit dans le Message aux jeunes en préparation à ces journées, les mots « enracinés, fondés et affermis » orientent vers des fondements solides pour la vie (cf. n. 2).

Mais, où les jeunes trouveront-ils ces points de référence dans une société émiettée et instable ? Parfois on estime que la mission d’un professeur universitaire est aujourd’hui exclusivement de former des professionnels compétents et efficaces qui puissent satisfaire la demande du marché du travail à tout moment précis. On affirme également que l’unique chose que l’on doit privilégier dans la conjoncture actuelle est la pure capacité technique. Certainement, cette vision utilitaire de l’éducation, même universitaire, répandue spécialement dans des milieux extra-universitaires, s’installe aujourd’hui. Sans aucun doute, vous qui avez vécu comme moi l’université, et qui la vivez maintenant comme enseignants, vous sentez sans doute le désir de quelque chose d’autre de plus élevé qui corresponde à toutes les dimensions qui constituent l’homme. Nous savons que quand la seule utilité et le pragmatisme immédiat s’érigent en critère principal, les pertes peuvent être dramatiques : des abus d’une science sans limites, bien au-delà d’elle-même, jusqu’au totalitarisme politique qui se ravive facilement quand on élimine toute référence supérieure au simple calcul de pouvoir. Au contraire, l’idée authentique d’université est précisément celle qui nous préserve de cette vision réductrice et détachée de l’humain.
[Read more…]