Suivre le chemin du bon Samaritain : Une réflexion 60 ans après le concile Vatican II

À la manière du pape Jean XXIII, Vatican II a appelé l’Église à « ouvrir ses fenêtres » au dialogue avec le monde. Photo Pexels par Ksu&Eli Studio.

La fin de l’année 2025 a marqué le 60e anniversaire de la clôture du concile Vatican II, célébrée le 8 décembre 1965. Ensuite, au début de l’année 2026, le pape Léon XIV a déclaré qu’il démarrait un cycle de catéchèses sur le concile lors de ses audiences générales chaque mercredi. 

En ce moment crucial de la vie de l’Église et du monde, il est utile de rafraîchir notre mémoire collective sur l’importance et le sens du concile, dont les documents constituent une constellation d’étoiles qui continuent à briller pour guider notre chemin au XXIe siècle.   

Le concile a été lancé par le pape Jean XXIII, qui a appelé à un renouveau (en italien, aggiornamento) non pas des contenus de la foi, mais de la manière dont l’Église présente et communique la foi. Fort de ses décennies d’expérience en tant que diplomate du Vatican dans divers pays, puis archevêque de Venise, Jean XXIII rêvait d’une Église plus pastorale, mieux équipée pour mettre les gens en contact avec la réalité de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui. 

Après la mort de Jean XXIII, un an après le début du concile, c’est au pape Paul VI, nouvellement élu, que revint la décision de le poursuivre ou non. Paul VI guida le concile jusqu’à son achèvement trois ans plus tard. Par la suite, Paul VI résuma ainsi l’objectif du concile Vatican II : « rendre l’Église du XXe siècle encore plus apte à annoncer l’Évangile à l’humanité du XXe siècle » (Evangelii nuntiandi, no 2).

Au milieu du XXe siècle, Paul VI soulignait le besoin d’approfondir le dialogue entre l’Église et le monde moderne. Il comprenait qu’il ne suffisait pas de réitérer les énoncés de la doctrine ; l’Église devait s’engager dans un dialogue mutuel avec le monde moderne, avec ses diverses cultures et religions, ses joies et ses espoirs, ses angoisses et ses défis. 

Au cours des quatre sessions du concile, de 1962 à 1965, seize documents clés ont été publiés sur des sujets cruciaux pour la vie et la mission de l’Église, notamment ses relations avec le monde moderne, avec les autres confessions chrétiennes et avec les autres religions. Le double génie du concile a été : a) de présenter la foi d’une manière plus accessible, plus fructueuse et plus significative pour les gens d’aujourd’hui ; et b) de tendre les bras de l’Église pour ouvrir un dialogue avec les différentes religions, les diverses cultures et l’ensemble de la société. 

Le dernier jour du concile, le pape Paul VI a prononcé un discours qui a donné une orientation décisive à la mise en œuvre du concile. Paul VI a déclaré que le concile avait choisi d’entrer en dialogue non seulement avec les catholiques, mais avec tous et toutes. Le concile n’est pas entré en guerre avec la modernité ; il n’a pas condamné la société contemporaine, mais a cherché plutôt à développer un esprit d’amitié et de compréhension avec les hommes et les femmes de notre époque. Conscient des forces et des faiblesses du monde, le concile a choisi de mettre l’accent sur la bonté de l’humanité au-delà de son péché. En ce sens, Paul VI a caractérisé l’esprit du concile comme étant celui du bon Samaritain : rencontrer l’humanité au creux de ses blessures, avancer ensemble avec compassion et miséricorde, et s’aimer les uns les autres comme un signe de l’amour de Dieu pour tous. 

Il y a soixante ans, le pape Paul VI et le concile Vatican II ont invité l’Église et le monde à aimer nos prochains comme la manière par excellence d’aimer Dieu. Cet appel surgit du cœur de l’Évangile, que nous sommes appelés à vivre et à mettre en pratique à chaque génération. En cette période d’incertitude, de peur, de conflit et de polarisation, il est essentiel de redécouvrir Dieu dans la manière dont nous nous aimons les uns les autres. C’est ce que Paul VI a déclaré à la fin du concile : « voilà ce que nous espérons pour l’humanité tout entière qu’ici nous avons appris à aimer davantage et à mieux servir » (Discours de clôture du concile Vatican II). Aujourd’hui, ce message est plus pressant et plus prophétique que jamais. 

Seigneur, au cœur de notre monde aujourd’hui, allume dans nos cœurs le feu de ton Évangile, comme une lumière qui nous réchauffe et qui nous éclaire sur le chemin vers ton Royaume. Amen.

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