Que fait Dieu face au mal ?

Une réflexion pour le cinquième dimanche du Carême

La question est souvent posée : « Si Dieu est bon, pourquoi le mal existe-il dans le monde ? ». Souvent ce dilemme est même employé comme un preuve que Dieu n’existe pas – si Dieu est infiniment bon et tout-puissant, ne peut-il pas empêcher tout ce qui est mauvais ?

L’Évangile du cinquième dimanche de Carême (Jean 11,1-45) éclaire cette question qui hante l’humanité depuis des siècles. Que fait Dieu face au mal ? Quelle est Sa réaction face à la souffrance ?

Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus vient de fuir la Judée où les juifs ont tenté de Le lapider à mort. Là, sur l’autre côté du Jourdain, Il reçoit des nouvelles de Marie et Marthe de Béthanie, deux milles à peine de Jérusalem au cœur de la Judée. Elles font passer un mot à propos de leur frère Lazare, ami intime de Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade ». Jésus rassure Ses disciples en disant : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu… » Après deux jours, Jésus leur dit : « Revenons en Judée… Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil ». Les disciples protestent et répliquent que si Lazare est simplement endormi, tout va bien. Jésus précise : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! »

Arrivé à Béthanie, Jésus apprend que Lazare est déjà au tombeau depuis quatre jours. Marie et Marthe sont tout naturellement désemparées et dévastées. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ». Jésus lui dit, « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répond : « Oui, Seigneur, je le crois ». Puis elle appelle Marie, qui adresse à Jésus les mêmes paroles que celles dites par sa sœur : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ». Ensuite, elle se met à pleurer aux pieds de Jésus. Ceux qui sont venus avec elle pleurent aussi. L’Évangile nous raconte que Jésus « en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé ». Il demande : « Où l’avez-vous déposé ? » Puis, Jésus se mit à pleurer.

Jésus les accompagne au tombeau. Il donne l’ordre d’enlever la pierre. L’Évangile dit qu’il sentait déjà ; le corps de Lazare avait déjà commencé à se décomposer. Jésus crie d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Lazare sortit, les mains et les pieds liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller ».

Que voyons-nous dans la réaction de Jésus à cette situation ?

Jésus est informé que Lazare est malade. Jésus dit que cette maladie ne conduit pas à la mort. Deux jours après, sans aucune autre nouvelle de Marie et Marthe, Jésus sait que Lazare est mort et se met en route afin de le tirer de ce sommeil. Au début  Jésus a-t-il sous-estimé la maladie de Lazare? Sûrement pas. Jésus sait que Lazare mourra de cette maladie, mais Il dit quand même, « cette maladie ne conduit pas à la mort ».

Que signifie cela pour nous ? Jésus sait que Lazare mourra, mais Il sait aussi que la mort n’aura pas le dernier mot. Il y a quelque chose de plus grand que sa maladie. Cette maladie ne conduit pas à la mort, mais à la résurrection.

Jésus se risque en Judée avec l’intention formelle de ressusciter Lazare. Il n’a aucun doute. Arrivé à Béthanie, Il proclame à Marthe : « Moi, je suis la résurrection et la vie. » Jésus sait qu’Il ressuscitera Lazare. Tout de suite après, Jésus rencontre Marie, et Il pleure. Pourquoi ?

Jésus ne se met pas à pleurer parce qu’Il a perdu toute espérance. Il ne se met pas à pleurer parce que Lazare est éternellement perdu. Il ne se met pas à pleurer parce qu’ Il ne verra plus Son ami. Jésus sait que Lazare sera ressuscité.

Au contraire, Jésus se met à pleurer à cause de la souffrance de Marie et de Marthe. Il ne se met pas à pleurer parce que leur souffrance est désespérée ni parce que leur souffrance n’a aucun sens. Jésus sait que leur tristesse se transformera en joie lorsqu’Il ressuscitera leur frère de la mort. Pourtant Jésus pleure quand même. Il est saisi d’émotion, Il est bouleversé et Il pleure.

Dieu n’est pas aveugle à notre souffrance. Il voit notre douleur, notre chagrin, et nos soucis. Il voit le mal dans le monde. Il voit les enfants qui n’ont rien à manger. Il voit les familles brisées par la haine et la discorde. Il voit les bébés nés avec des graves maladies. Il voit les personnes prises par la dépendance. Il voit les personnes qui sont abusées et maltraitées. Il voit notre tristesse à la perte d’êtres chers. Et Il pleure. Dieu pleure face à notre souffrance. Il nous aime comme Jésus a aimé Lazare. Il est saisi d’émotion et Il est bouleversé. Mais Sa réponse ne se termine pas par Ses larmes. Sinon, la souffrance, le mal, la mort auraient le dernier mot.

Au contraire, Dieu veut nous faire sortir des tombeaux qui nous étouffent. Il veut nous délier et nous rendre libres. Et c’est justement cela qu’Il fait. C’est la raison pour laquelle Jésus est venu. Non seulement du Jourdain jusqu’à la Judée, mais aussi du ciel jusqu’à la terre. Et cela non seulement pour ramener Lazare à la vie et le sortir du tombeau après quatre jours, mais aussi pour nous ramener à la vie, nous sortir de notre souffrance, de notre tristesse, de nos douleurs, et finalement pour nous ressusciter nous aussi de la mort à la vie éternelle. Jésus est la résurrection et la vie. Il vient nous ressusciter et nous donner la vie éternellement.

Peu importe combien de temps nous avons été enfermés dans le tombeau, peu importe à quel point la situation est grave ou le problème sérieux – peu importe même si ça sent –, Dieu aura toujours le dernier mot. Cela peut nous paraître peu clair. Cela peut nous conduire à dire avec Marthe et Marie : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. ». Il est possible que la peine dure ou que la blessure demeure. Mais Dieu voit. Dieu sait. Notre peine ne Lui est pas étrangère. Il pleure avec nous. Il nous donne l’espérance face à nos blessures. Il dit à notre sujet ce qu’Il a dit aux disciples à propos de Lazare : « Allons auprès de lui ! », « Allons auprès d’elle ! ». Il vient et Il se tient debout aux pieds de notre tombeau afin de nous ressusciter. Écoutons Sa voix lorsqu’Il crie fortement notre nom ! Alors, nous aussi, nous ressusciterons de la profondeur de la mort. Face au mal, face à la souffrance, Dieu pleure et Il vient nous ramener de la mort à la vie.

L’art de l’hospitalité biblique

Mary and Martha cropped

Seizième dimanche du temps ordinaire, Année C – 17 juillet 2016

Genèse 18,1-10a
Colossiens 1,24-28
Luc 10,38-42

Que signifie être hospitalier ? Les histoires bibliques prônent l’hospitalité à la fois en tant que devoir et œuvre de compassion. L’hospitalité « bédouine » du désert est une nécessité pour la survie ; et puisque cette nécessité concerne tout le monde à titre égal, n’importe quel invité a droit à cette hospitalité de la part de tout hôte. L’invité, une foi accueilli par l’hôte, est sacré, et doit être protégé de tout danger même au détriment de la vie des membres de la famille.

Un bon hôte prépare un festin pour son invité, qu’il n’a même pas préparé pour sa propre famille. Le devoir de l’hôte de protéger son invité est illustré par les récits de Lot à Sodome [Genèse 19,1.8] et l’homme de Gibéa [Juges 19,16-24]. Job se vante de son hospitalité [Job 31,23]. Dieu est sans aucun doute l’hôte généreux [Psaumes 15,1 ; 23,5].

Plusieurs récits des Livres des Rois évoquent l’hospitalité. Chacun des quatre récits décrit, d’une manière la puissance de Dieu, à travers le prophète Elisée, qui s’effondrât face aux situations désespérées en les anéantissant avec une parole de vie. Une de ces chroniques relate l’histoire d’un couple du village de Shunem [situé sur la butte de Nain au nord d’Israël, mentionnée dans le Nouveau Testament] qui offrent de la nourriture et un logement au prophète Elisée ; à son tour, le prophète leur promet un fils, même après tant d’années de mariage où ils sont restés sans enfants.

Le couple a pris soin d’un étranger qui les a impressionné par son dévouement à Dieu, à la prière et aux préoccupations. De premier abord les actions du couple semblent simples – après tout, ils semblent être des gens influents. Cependant, ils interrompent leurs activités quotidiennes et leur vie privée pour être aux soins d’Elisée, tout d’abord en préparant un festin et en préparant la table, ensuite en l’hébergeant une nuitée. Et c’est en lui donnant qu’ils avaient reçus autant et bien plus en contrepartie – ne serait-ce que la promesse d’une nouvelle vie, et ceci en dépit des années d’amertume et de stérilité. Leur propre don a Elisée a été multiplié au-delà des bornes de leur compréhension.

Abraham et Sarah accueillent le monde

La première lecture d’aujourd’hui extraite du Livre de la Genèse [18,1-10], présente Abraham en tant que modèle, que personne généreuse et qu’hôte aimable. Dans cette captivante histoire biblique, Abraham et Sarah accueillirent les messagers de Dieu au gîte des chênes de Mamré, avec des bras ouverts. Abraham est hôte, apportant de l’eau pour laver leurs pieds et assurant l’ombre d’un arbre pour les abriter du soleil et pour leur assurer le repos. Le repas est en banquet, décrit de manière humoristique par « morceau de pain » : « prends vite trois boisseaux de farine, de fleur de farine, pétris et fais des galettes. » Sarah reste dans la tente; les coutumes sociales l’empêchaient d’interagir avec les invités mâles. Elle s’occupe de la cuisine, et neuf mois plus tard la promesse s’accomplit avec la naissance de son fils Isaac.

Lors du repas en plein air aux chênes de Mamré, la parole de Dieu fut partagée à travers une pièce théâtrale soigneusement scénarisée ! Les étrangers a Mamré (qui, nous le savons, sont Dieu et des anges) figurent au diner afin de livrer un message: Dieu promet à Abraham et Sarah que la femme stérile se réjouira.

L’hospitalité d’Abraham pourrait nous sembler un peu trop fastueuse et excessive, mais nous ne devons jamais oublier la tradition exigeante du Moyen Orient de laquelle émane la conviction chrétienne concernant l’hospitalité : c’est dans la personne de l’invité que le Christ est perçu. Dans chacune de nos conversations silencieuses, il est l’auditeur silencieux.

L’hospitalité dans le Nouveau Testament

La désignation grecque du terme « hospitalité » est « philanthropia » qui se definit par l’amour des êtres humains, et la bonté. La vertu de l’hospitalité est louée dans le Nouveau Testament et énumérée parmi les œuvres de charité par lesquels nous serons jugés [Mathieu 25,35ss.]. Jésus en dépend [Marc 1,29ss., etc.] Il la considère très importante dans les paraboles [Luc 10,34-35 ; 25,35ss.]. L’hospitalité de Dieu est une partie essentielle de son message [cf. la divine générosité dans Luc 14,16ss. ; 12,37 ; 13,29]. Jésus n’avait pas de demeure et était souvent un invité [Luc 7,36ss. ; 9,51ss. ; 10,38ss. ; 14,1ss.].

C’était l’habitude de Paul qui visitait les Juifs de demeurer chez eux au cours de ses voyages, et de ne demeurer chez les Gentils qu’en cas d’inhospitalité de la part des Juifs [Actes 14,28 ; 15,33 ; 16,15.34 ; 17,1ss ; 18,3.27 ; 21,16]. Avec la croissance et l’expansion rapides de l’Église, une organisation était nécessaire, et l’on nous raconte qu’Antioche assurait un service quotidien pour 3000 veuves, malades, et étrangers. Les évêques et les veuves en particulier se devaient d’être hospitaliers aussi bien officieusement qu’officiellement. Par la suite, les grandes églises établirent des hospices, et se sont spécialisées dans les soins de santé, se transformant ultérieurement en hôpitaux.

Hospitalité à la Béthanie

L’Évangile d’aujourd’hui est une histoire merveilleuse de Marthe et de sa sœur Marie en Béthanie [Luc 10,38-42]. Elle illustre l’importance d’être attentif aux paroles du Seigneur et de la préoccupation à l’égard des femmes dans l’Évangile de Luc. Ce récit évangélique sur Marie et Marthe a souvent été utilisé pour présenter des directives concernant le comportement attendu des femmes. Il relève le fait que Dieu ne s’intéresse pas uniquement à la qualité dont nous achevons nos tâches. Aucune femme/aucun homme ne doit se perdre dans ses charges. Marie de Béthanie a bien compris cela.

Marthe est tellement prise par les nombreuses tâches qui lui sont imposées par les règles de la tradition et la culture concernant l’hospitalité envers les visiteurs. Pourtant, en réalité, peu de choses, voire une seule chose est requise. L’anxiété et la préoccupation de Marthe dans son service, se conforment, pour la plupart, aux demandes de la société ou au désir de l’hôte d’impressionner en tant que modèle parfait de générosité et d’hospitalité.

Le verset 39 nous présente une image singulière: Marie s’assoyant aux pieds du maître. Contre cette toile de fond du Judaïsme palestinien de la première ère, cette femme assumant la posture d’un disciple aux pieds du maitre est très remarquable [cf. aussi Luc 8,35 ; Actes 22,3] ! Elle révèle une attitude caractéristique de Jésus envers les femmes dans le troisième Évangile de Luc [Luc 8,2-3].

Activité, Passivité ou Réceptivité ?

Marie de Béthanie, disciple du Seigneur, a choisi la tâche la plus importante en accueillant les autres – sa présence et son attention non divisée – afin que ses invités rayonnent. Marthe et Marie restent toujours d’actualité en tant que symboles des deux modes de vie entre lesquels nous oscillons continuellement. L’activité peut devenir un blindage contre le la nécessité de faire face aux problèmes, aux questions et aux vérités qui doivent émerger pour assurer notre survie. Il existe des instances où nous devons simplement contempler, avoir du recul, penser, si nous envisageons de devenir capables de retourner au mode d’activité significative.

La clé de l’histoire de l’évangile ne se trouve pas dans la tension du couple antagoniste activité-passivité, mais elle réside dans la réceptivité. La seule nécessité, en accueillant les autres dans notre propre demeure ou communauté, est d’être présents pour eux – d’être à l’écoute de ce qu’ils ont à dire, comme le fait Marie dans l’Évangile d’aujourd’hui.

L’ennemi de l’hospitalité

Jusqu’à présent nous avons considéré les aspects, ainsi que les éléments et manifestations positifs de l’hospitalité. Pourtant, l’hospitalité possède un ennemi : l’égoïsme et l’orgueil. Lorsque nous sommes trop préoccupés par nous-mêmes, nos propres problèmes et défis, ou lorsque nous désirons jalousement préserver ce que nous avons et que nous excluons les étrangers et les inconnus de nos vies et de nos richesses, nous sommes inhospitaliers. Un excès d’introspection et d’introversion nous empêchera d’être vraiment présents pour les autres. Ou alors, nous sommes tellement préoccupés par nos apparences extérieures, et tellement pris par les détails et les activités, que nous n’avons pas le temps pour écouter et accueillir.

À la célébration du repas à Béthanie, Marthe apprit une leçon profonde: peut-être un simple pain pita aurait pu être mieux qu’un banquet moyen-oriental parfait, s’il lui aurait permis de sortir de la cuisine et d’être en compagnie d’un invité d’un calibre pareil à celui qui était assis dans la salle de séjour avec sa sœur Marie. Peut-être Marthe était-elle finalement parvenue à s’asseoir et à saisir l’intégralité de l’impact de ce qui se déroulait dans sa demeure, que sa propre sœur était une vraie disciple de cet homme appelé Jésus. Et on espère que Marthe ait découvert que le repas tenait lieu uniquement de décor, non pas du script du scénario !

L’hospitalité à la Cardinal Newman

Le 19 Septembre, 2010, à Birmingham en Angleterre, avait lieu la cérémonie de béatification tant attendue pour célébrer le grand théologien victorien catholique tant aimé, John Henry Cardinal Newman. Le Cardinal Newman vit le jour dans une période de tumultes, qui connût des bouleversements politiques et militaires ainsi qu’une turbulence spirituelle. Il est passé de l’anglicanisme au catholicisme et a utilisé son grand intellect ainsi que sa maîtrise magistrale de l’expression écrite pour convertir des milliers de personnes au christianisme et pour les conduire dans l’Église catholique romaine. Il était un modèle exemplaire de bienveillance et d’hospitalité, spécialement pour les jeunes hommes et femmes à l’université. Il est le saint patron des aumôneries des universités catholiques dans le monde entier, appelés « les Centres Newman ».

En guise de préparation pour la béatification du Cardinal Newman, je m’étais mis à relire ses homélies basées sur les Évangiles du dimanche. J’étais tombé sur ses réflexions portant sur l’Evangile d’aujourd’hui de Marthe et Marie et de leur invité révéré en Béthanie.

Voici ce qu’a écrit Newman à propos du sujet de la scène évangélique d’aujourd’hui :

Il y a des hommes préoccupés et des hommes de loisirs, qui n’ont aucune part en Lui ; il y a d’autres, qui ne sont pas sans fautes, qui sacrifient complètement le loisir au détriment des affaires, ou les affaires au détriment des loisirs. Mais hormis le faux et l’extravagant, il y persiste en fin du compte deux classes de Chrétiens, ceux qui sont comme Marthe, [et] ceux qui sont comme Marie; et tout deux Le glorifient à leur propre manière, que se soit par le travail ou le silence, dans l’un ou l’autre cas se démontrant de ne pas s’appartenir eux-mêmes, mais achetés à un prix, assignés à obéir, et constants en obéissant Sa volonté. S’ils travaillent, c’est dans Son intérêt ; et s’ils adorent, c’est encore pour l’amour de Lui [Son amour]. »

« De surplus, ces deux classes de Ses disciples ne se choisissent pas leur propre cours de service, mais il [ce dernier] leur est attribué par Lui. Marthe peut bien être l’aînée, Marie la plus jeune. Je ne dis pas qu’il n’est jamais laissé au Chrétien le soin de choisir son propre chemin, qu’Il serve avec les Anges ou qu’Il adore les Séraphins ; souvent c’est le cas : Eh bien qu’il bénisse Dieu s’il peut de par son propre pouvoir de choisir en liberté cette bonne portion que notre Sauveur loue spécialement. Mais, pour la plupart, Chacun a sa propre place marquée pour lui, s’il la prend, au cours de Sa providence ; au moins il ne peut y avoir de doute sur ceux qui sont désignés pour des occupations mondaines. La nécessité de se procurer un moyen de subsistance, l’appel d’une famille, les responsabilités de statut et d’office, ce sont les signes de Dieu, qui tracent le parcours de Marthe pour de nombreuses personnes. 

Questions de réflexion

Voici quelques questions pour méditer cette semaine, en tant qu’individus et que communauté paroissiale.

  1. Comment est-ce que je pratique (nous pratiquons) l’hospitalité ?
  2. Quels sont les signes d’une communauté hospitalière ?
  3. Quels sont les ennemis de l’hospitalité ?
  4. Comment pourra-t-on devenir hospitaliers ?
  5. Est-ce que j’aime (nous aimons) les autres êtres humains réellement ?