Persévérer dans l’annonce de la Vérité

Des milliers de Canadiens ont défilés le 13 mai sur la colline parlementaire à Ottawa pour la Marche nationale pour la Vie. Alors que 12 ooo personnes avaient convergé vers la capitale en 2009, les organisateurs en espérant 20 000 cette année. Ce rendez-vous annuel des partisans du mouvement pro-vie veut sensibiliser la population et les politiciens à la dignité de la personne humaine, de sa conception à sa mort naturelle. Le sujet demeure d’actualité avec la récente mort aux feuilletons du projet de loi C-384 sur le suicide assisté. Un autre projet est présentement à l’étude et propose de criminaliser le fait de forcer une femme à subir un avortement. Le gouvernement canadien veut aussi cesser de financer tout projet humanitaire qui comprendrait l’accès à l’avortement. Cette liste non exhaustive et hautement simplifiée des enjeux actuels révèlent que les militants pro-vie ont beaucoup à faire pour percer le mur de l’indifférence des médias de masse, de la plupart des politiciens et de la population en général.

L’Église catholique est l’une des dernières boussoles morales qui existent. Il ne faut donc pas s’étonner si les militants pro-vie sont pour beaucoup des catholiques pratiquants. Il ne faut toutefois pas généraliser trop vite. Cet enjeu, comme bien d’autres, en est un éthique et les arguments pour la protection de la vie et la définition de la dignité humaine ne sont pas que religieux. L’enjeu concerne tous les Canadiens.

Tout de même, ce 13 mai, des centaines de militants ont lancé la journée en participant à la messe célébré par l’archevêque d’Ottawa, Mgr Terrence Prendergast. Ce dernier est devenu en quelque sorte l’un des hôtes de cette marche et une voix forte et crédible du mouvement pro-vie. Nous publions ici l’intégrale de l’homélie de Mgr Prendergast, prononcée ce matin en la cathédrale Notre-Dame à Ottawa.

HOMÉLIE DU 13 MAI 2010 – MARCHE POUR LA VIE

Cathédrale-basilique Notre-Dame d’Ottawa

[Textes : Actes 18, 1-18; Psaume 112 (113); Jean 16, 16-20]

Éminence Cardinal Ouellet, confrères évêques, frères prêtres, fidèles diacres, religieux et religieuses, autres distingués invités, collègues « Ouvriers pour la vie »  –  chers frères et sœurs dans le Christ,

Quand nous lisons ou entendons proclamer les Actes des Apôtres, en particulier pendant cette saison pascale, nous avons tendance à condenser tous les événements de ces braves hommes et femmes et à croire qu’ils se sont déroulés en peu de temps. L’opposé est plus exact.

Saint Paul a travaillé dur au service du Seigneur Jésus pendant des décennies. Il a foulé les routes poussiéreuses pendant des années, il a été battu, lapidé, il a été victime de naufrage, il a subi l’emprisonnement, l’opposition et l’indifférence.

Immédiatement avant le passage lu ce matin, Paul était à Athènes où il a livré une brillante défense de la Foi aux plus importants philosophes et penseurs de son temps –  et on a ri de lui. Il a prêché dans les synagogues dans différentes villes –  il a été jeté dehors.

L’Apôtre tente de parler aux gens de son temps et, de toute évidence, il ne reçoit qu’une faible réponse positive ou très peu d’attention. La même chose se produit aujourd’hui.

Mais Paul persévère dans son entreprise missionnaire. Certains écoutent et deviennent eux-mêmes hérauts, tels Priscilla et Aquila. Le nombre des disciples grandit et la Lumière d’une nouvelle Réalité commence à lancer ses rayons sur un monde enténébré.

Que le message soit livré aux Juifs ou aux Gentils, la puissance de la vérité touche et enflamme les cœurs des croyants. Oui, ils ont tous devant eux une tâche longue et ardue.

La puissance de la vérité n’est pas immédiatement évidente à tous ceux et celles qui l’entendent. Mais la puissance de la vérité triomphe de la déception, des mensonges, de l’ignorance et du mal, comme « le Christ est sorti triomphant du tombeau ».

Aujourd’hui, je vous appelle une fois encore à marcher avec le Christ pour la Vérité. Que notre message soit accueilli ou pas, nous marchons avec le Christ.

Même si nous sommes bloqués hors du courant de pensée majoritaire, nous marchons avec le Christ. Dans les débats ardus ou lors de longues veilles à répondre aux appels téléphoniques pour demander de l’aide, nous marchons avec le Christ.

Et sur la Colline Parlementaire, et dans les rues, non seulement à Ottawa, mais dans plusieurs capitales provinciales aujourd’hui, nous marchons avec le Christ, témoins de l’humanité de toute personne, née ou non née, malade ou bien portante, vieille ou jeune.

Nous sommes réunis comme signe vivant du nombre grandissant de ceux et celles qui proclament que la Vérité ne peut pas être compartimentée et mise de côté de façon commode.

Nous sommes réunis pour clamer que les crimes contre l’humanité que sont l’avortement et l’euthanasie réclament la justice. Nous sommes ici – et nous serons là sur la Colline (pointant vers la Colline Parlementaire) – pour aller de l’avant sur le long chemin de la construction d’une nouvelle Culture de la Vie en notre temps, tant dans notre pays, le Canada, que dans notre monde du vingt-et-unième siècle.

Jésus lui-même nous met au défi par son enseignement prophétique : « Vous allez pleurer et vous lamenter, mais le monde se réjouira. Vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie ».

Nous tous, présents aujourd’hui, nous le savons. Nous avons entrepris un travail difficile, mais déjà des signes montrent que notre société devient de plus en plus consciente.

Réfléchissez à la défaite écrasante du projet de loi C-384 sur l’euthanasie. Ou encore au refus d’utiliser l’argent des impôts pour payer pour la mort des non nés dans les pays en voie de développement. Souvenez-vous du travail constant et vaillant des membres du Parlement et des sénateurs pour que dans notre pays les questions pro-vie demeurent à l’avant-plan. Ce sont là autant de réussites.

Regardez autour de vous ce matin, et voyez le nombre grandissant de jeunes venus témoigner, par leur présence, de la ténacité de la Vérité.

Souvenez-vous des bébés qui sont sauvés chaque année lors des 40 Jours pour la Vie ou du témoignage silencieux à l’extérieur des cliniques d’avortement. Souvenez-vous que des vies sont maintenant chéries!

Considérez le travail ardu pour construire cette Nouvelle Culture de la Vie que vous tous accomplissez et pour lequel les évêques du Canada et moi-même vous exprimons notre vive gratitude.

Je vous demande de continuer, de persévérer avec courage et force d’âme pour la cause de la vie, de continuer de marcher avec le Christ et de porter son message de Vie et de vérité : sur la Colline Parlementaire, dans vos écoles et sur vos campus, dans vos foyers et dans les hôpitaux.

Continuez de parler dans les Nouveaux Médias, sur vos places publiques et dans vos rencontres.

Chers amis, « Le Seigneur a fait des merveilles » et il continuera de faire des choses merveilleuses en notre temps.