Le 29 août, c’est la Décollation de saint Jean-Baptiste. Que de souvenirs …

Le 29 août, c’est la Décollation de saint Jean-Baptiste. Que de souvenirs …

Peinture représentant la décollation de saint Jean-Baptiste, dont la tête est présentée sur un plateau par deux femmes.

Onorio Marinari, « Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste ». Minneapolis Institute of Arts. Wikimédia Commons.

Le 29 août, les Églises catholique et orthodoxe commémorent la Décollation, la mise à mort par décapitation, de saint Jean-Baptiste, appelé aussi Jean le Baptiste. C’est une fête chrétienne qui célèbre le martyre de Jean-Baptiste : la Décollation et la mort par décapitation d’un ascète du désert, baptiste et prophète. D’ailleurs les Évangiles de Marc et de Matthieu mentionnent que Jean le Baptiste fut exécuté sur l’ordre d’Hérode Antipas, le tétrarque à l’époque ; et ce, à la demande d’Hérodiade la femme de son frère et de sa fille Salomé.

Jean le Baptiste est alors emprisonné par le roi Hérode pour avoir dénoncé son mariage avec Hérodiade. Et c’est à l’occasion de l’anniversaire d’Hérode que Salomé, la fille d’Hérodiade, interprète une danse provocatrice « des sept voiles ». Elle envoûte Hérode, le roi ivre, et le fait tomber sous son charme. Il s’engage donc à lui donner tout ce qu’elle demande. Elle réclame d’avoir la tête de Jean le Baptiste sur un plateau. Et, Jean est condamné à mort par décollation.

Cet épisode du Nouveau Testament alimente abondamment l’iconographie chrétienne et continue pendant la Renaissance. Plusieurs artistes et peintres y trouvent matière pour créer leurs œuvres, à l’exemple du peintre Gustave Moreau qui, au XIXe siècle, représente Salomé dans des tableaux captivants. Hedwig Lachmann à son tour, traduit la pièce en allemand et l’adapte pour le livret de l’opéra en un acte de Richard Strauss, Salomé, créé en 1905. Dans cette œuvre, Hérode convoite Salomé tandis que celle-ci a jeté son dévolu sur Jean le Baptiste. Elle peut enfin satisfaire son désir corrompu en posant un baiser sur les lèvres de la tête coupée du prophète qui l’a éconduite. Elle devient ainsi un symbole érotique dans l’art, et sans doute le public ne retient-il d’elle que la danse provocatrice « des sept voiles » de l’opéra, alors que les Évangiles ne mentionnent pas une danse de ce genre. Réf Universalis. Et Musée Moreau France.

Dans l’encyclopédie Universalis, nous pouvons lire : « Jean, dit le Baptiste, nous est connu à travers la présentation interprétative, très diversifiée selon les livres, des Évangiles et des Actes des Apôtres. Si sa parenté avec Jésus, sa conception miraculeuse, sa naissance du prêtre Zacharie et de la stérile Élisabeth sont laissées à la seule responsabilité des sources de Luc, par contre, bien des traits évangéliques du personnage concordent avec le témoignage plus neutre de l’historien juif Flavius Josèphe, qui a écrit à son sujet : « Hérode l’avait mis à mort (cf. Marc, vi, et Matthieu, xiv), bien qu’il fût un honnête homme et qu’il eût exhorté les Juifs à mener une vie vertueuse, à pratiquer la justice envers leurs semblables et la piété envers Dieu ; et cela pour s’unir par le baptême. Ainsi c’était là un préliminaire nécessaire pour que le baptême soit agréable à Dieu. Ils ne devaient pas l’employer pour obtenir le pardon des péchés commis, mais comme une purification du corps supposant que l’âme était déjà complètement purifiée par une conduite droite » (Antiquités judaïques, XVIII ; cf. Marc, i ; Matthieu, iii ; Luc, iii, et Jean, i). » 

Les ateliers de la Sainte-Chapelle dans les environs de Tours influencent grandement l’évolution de l’art du vitrail en France. Voici un panneau de l’atelier de la Sainte-Chapelle.

L’historien juif Flavius Josèphe nous montre que Salomé, « princesse juive morte vers 72 après J.-C., est la fille d’Hérodiade et la belle-fille d’Hérode Antipas (21 av. J.-C. env.-3 apr. J.-C.), tétrarque de Galilée et de Pérée, fils d’Hérode Ier le Grand. Elle se marie deux fois, tout d’abord avec le tétrarque Hérode Philippe Ier (le demi-frère d’Hérode Antipas) puis avec Aristobule, fils d’Hérode Agrippa II, roi de Chalcis. Il ne faut pas la confondre avec Salomé, sœur d’Hérode Ier le Grand. »

Selon les Évangiles de Marc (vi, 14-29) et de Matthieu (xiv, 1-12) : « Hérode Antipas emprisonne Jean le Baptiste, qui a condamné son mariage avec Hérodiade. Il hésite cependant à faire exécuter un prophète aimé du peuple. Le jour de l’anniversaire d’Hérode Antipas, Salomé exécute une danse devant lui et ses convives et il lui promet de lui offrir ce qu’elle demande. Poussée par Hérodiade, que la condamnation de son mariage a indignée, Salomé demande la tête de Jean le Baptiste sur un plateau. Hérode Antipas, pour respecter son serment, fait décapiter le prophète. Salomé prend le plateau qui porte la tête de Jean le Baptiste et le remet à sa mère. » Réf. Universalis.

La tradition chrétienne précoce, reflétée par les Évangiles, a vu en Jean le prophète unique des temps nouveaux. C’est Jean en personne qui administre le baptême. Ce détail, retenu par Josèphe et par les évangélistes, lui a valu son nom, le Baptiste. Son geste baptismal s’inscrit dans le cadre des gestes prophétiques significatifs (I Rois, xxii, 11 ; Isaïe, xx, 2 ; Jérémie, xix, 10 ; etc.) Un geste d’initiation lié à l’entrée dans la fraternité, tel qu’on le pratiquait à Qumrān. C’était plutôt l’entrée dans l’ensemble du groupe des croyants disposés ainsi à l’attente du Messie.

Plusieurs récits et discours se confrontent aux Évangiles en ce qui a trait aux données de l’histoire contemporaine qui a permis une approche assez précise du personnage de Jean, comme on le connaît : ascète du désert, baptiste et prophète.

En parallèle, vous êtes-vous demandé …

Quelle est la relation entre la Décollation de saint Jean-Baptiste et la tradition de déposer une pastèque (ou un melon d’eau) sous le lit des enfants ? Il m’a suffi de chercher sur Google.com : Quelle est la relation … ? 

Pour obtenir ce qui suit : Une pratique folklorique et magico-religieuse présente dans certaines régions d’Europe du Sud (notamment en Italie et en Grèce) et au Proche-Orient. Cette coutume de longue date est directement liée au calendrier liturgique chrétien et aux analogies visuelles populaires.

 En général, que représente la date du 29 août ?

C’est une fête chrétienne où l’Église commémore la Décollation (la mise à mort par décapitation) de saint Jean-Baptiste. 

La saison des récoltes (des pastèques) : vers la fin du mois d’août, la saison des pastèques bat son plein. 

La coïncidence de la fête religieuse de saint Jean-Baptiste et de la récolte de ce fruit rouge et plein de jus a favorisé l’association entre les deux.

Pour ma famille et moi-même, chaque 29 août, nous avons le cœur bien gros ! Depuis plusieurs dizaines d’années, nous expérimentons un fort serrement de cœur et nous élevons nos prières au Seigneur pour le repos de l’âme de notre cher frère Pierre, âgé de 26 ans, décédé à pareille date à la suite d’un violent accident de voiture. Le coup a été fatal.   

L’analogie visuelle de la tête coupée de saint Jean-Baptiste

« Dans l’imaginaire populaire, la pastèque (ronde, lourde, verte à l’extérieur et rouge sang à l’intérieur) sert de métaphore visuelle à la tête tranchée du saint.

  • Découper une pastèque à cette date rappelle le martyre du prophète (la tête présentée sur un plateau).
  • Dans plusieurs traditions régionales, il était d’ailleurs d’usage de ne pas utiliser de couteau le 29 août pour ne pas reproduire le geste du bourreau, ou au contraire, de fendre une pastèque rouge pour symboliser le sang versé. »  Réf. Musée des beaux-arts de Montréal

Pourquoi ma grand-mère et par la suite ma mère plaçaient une pastèque sous le lit de leurs enfants …?

Plusieurs sources montrent que le fait de placer une pastèque sous le lit des enfants durant la nuit du 28 au 29 août répondrait à une triple fonction traditionnelle, nous citons les suivantes :

  • « Un rite de protection spirituelle : Saint Jean-Baptiste est considéré comme un puissant protecteur contre les forces du mal. La pastèque, associée à sa tête sacrée, agit comme un talisman ou une relique symbolique pour repousser les cauchemars et les mauvais esprits durant le sommeil des petits. 
  • La recherche de fraîcheur : Placer la pastèque sous le lit (l’endroit le plus frais de la pièce au sol) permettait historiquement de la conserver à température idéale avant de la consommer en famille le jour de la fête.
  • Le « mûrissement » magique : Une croyance voulait que la bénédiction de saint Jean passe à travers la maison cette nuit-là, rendant le fruit sous le lit plus sucré, gorgé de bienfaits et protecteur pour la santé de celui qui le mangerait le lendemain. »

Il est évident que la signification de ces fonctions traditionnelles mentionnées varie de force selon les années. Nous les avons décrites ici, pour faire la lumière sur des traditions passées qui continuent d’exister peut-être dans les villes et villages éloignés. Le tout servira la fête de la Décollation de Jean-Baptiste, durant laquelle nous revisitons la vie d’un personnage qui par sa spiritualité du désert, n’hésitait pas à dénoncer avec conviction fervente l’inconduite et le mal commis contre Dieu ; même si cela lui a coûté d’être décapité par des impénitents.

Ce qui a amené saint Bède le Vénérable, lors d’une de ses homélies à citer : « Lui qui avait annoncé la bonne nouvelle de la liberté d’une paix supérieure, est jeté en prison par des impies. Il est enfermé dans l’obscurité d’un cachot, lui qui était venu rendre témoignage à la lumière. Par son propre sang est baptisé celui à qui fut donné de baptiser le rédempteur du monde. » 

Le 29 août, les Églises catholique et orthodoxe commémorent la Décollation, la mise à mort par décapitation, de saint Jean-Baptiste, appelé aussi Jean le Baptiste. C’est une fête chrétienne qui célèbre le martyre de Jean-Baptiste : la Décollation et la mort par décapitation d’un ascète du désert, baptiste et prophète. D’ailleurs les Évangiles de Marc et de Matthieu mentionnent que Jean le Baptiste fut exécuté sur l'ordre d'Hérode Antipas, le tétrarque à l’époque ; et ce, à la demande d'Hérodiade la veuve de son frère, et de sa fille Salomé. Secured By miniOrange