Une déclaration officielle de la CECC sur l’euthanasie à l’issue de la plénière 2015

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Cette semaine, les évêques de partout au Canada se sont rencontrés à Cornwall pour l’Assemblée plénière annuelle de la Conférence des évêques catholiques du Canada. Lors de cette rencontre fraternelle, les évêques ont pu non seulement échanger entre eux sur leur expérience de pasteurs de leurs églises particulières mais également prendre des décisions sur les orientations de la CECC pour la prochaine année.

Une première annonce importante de l’assemblée fut la nomination de Mgr Douglas Crosby, évêque du diocèse d’Hamilton en Ontario, au poste de président. Il succèdera, dès vendredi, à Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau, qui termine ainsi un mandat de deux ans.

La première journée a débuté par un message du Saint-Père François remerciant les évêques canadiens pour leur travail, le soutien de leurs prières et leurs efforts dans leur engagement envers laCO4TndyUcAE3YUt mission au Canada. Ensuite, les évêques ont écouté une spécialiste de la médecine gériatrique, la docteure Catherine Ferrier, invitée pour parler de la question de l’euthanasie. C’est un cri du cœur qui fut lancé ce jour-là! Pour la docteure Ferrier l’adoption de la loi 52 légalisant l’euthanasie au Québec est une grave atteinte à la dignité humaine. Manifestant les conséquences qu’une telle pratique aura sur la relation de confiance entre le médecin et son patient, on comprend que c’est toute la conception que nous avons des soins de santé qui changera. Rappelant que le système de santé devrait plutôt miser à améliorer les soins palliatifs, Dr Ferrier a montré que ce changement radical que la loi 52 produit, porte déjà atteinte à la liberté de conscience des médecins. En effet, selon la conférencière, « l’obligation de référer un patient désirant l’euthanasie à un autre médecin acceptant de le faire est déjà une forme de coopération et de complicité» à cet acte considéré par beaucoup de médecins comme abominable.

Quelle action pourrait-on mettre de l’avant maintenant que la loi a été adoptée au Québec et que la Cour Suprême a décriminalisé cette pratique ? Pour Dr. Ferrier, la question se pose à plusieurs niveaux. Dans un premier temps, sans aucun doute, la loi doit être combattue par tous les citoyens à l’occasion de la consultation publique mise en place par le Gouvernement actuel. Du côté des médecins, la question se pose à savoir s’il est moralement acceptable de travailler à encadrer le plus possible cette loi intrinsèquement mauvaise pour la rendre la moins efficace possible (faisant ainsi appel au no 73 de l’encyclique Evangelium Vitae de saint Jean-Paul II). Cela pourrait faire en sorte de réduire le plus possible le nombre d’euthanasies. Enfin, il est clair que les médecins devront s’organiser le plus vite possible afin de pouvoir garder et pratiquer entièrement leur droit fondamental à l’objection de conscience. Ce dernier étant déjà mis en péril, comme nous l’avons vu, par l’obligation des médecins à référer un patient désirant l’euthanasie à un autre prêt à le faire.

Demain vendredi le 17 septembre, les évêques s’exprimeront en conférence de presse à l’issue de l’Assemblée plénière 2015. Nous pouvons donc nous attendre à une déclaration officielle de la Conférence des évêques du Canada sur cette question. Syntonisez S+L demain à 13h00 pour écouter en direct cette conférence de presse historique.