L’histoire nous dira…

par Sébastien Lacroix

Nous avons vécu une semaine incroyable. Une semaine intense qui nous a élevés, revigorés, réanimés pour ainsi continuer à porter le Message de Jésus-Christ. Ce message, nous le transmettons par ce que nous sommes, ce que nous devons être.

Le 49e Congrès eucharistique international qui s’est conclu dimanche est un succès. Malgré le déluge, tout le monde peut dire mission accomplie. Le temps est venu de se pencher sur les retombées et l’impact du CEI 2008 sur l’Église catholique au Canada et sur le Québec en particulier.

Samedi soir dernier, plus de 1000 jeunes se sont retrouvés au Pavillon François de Laval pour une veillée de prière en compagnie des cardinaux Tomko et Ouellet. Malgré la foule peu nombreuse, l’atmosphère était électrique et les jeunes, animés d’un feu brûlant. Après un accueil digne d’un héros, le Cardinal Marc Ouellet s’est confié aux jeunes:  « Je me sens comme le Christ ressuscité, a affirmé l’archevêque. » Sans se prendre pour quelqu’un d’autre, il a fait comprendre à quel point cette semaine lui avait permis de reprendre vie, sans faire allusion aux quelques mois de grandes couvertures médiatiques à la suite de son passage à la Commission Bouchard-Taylor ni à sa lettre ouverte aux Québécois et ses suites. Sauf que les jeunes avaient compris. Et leur ovation démontrait bien leur soutien au cardinal.

Marc Ouellet a poursuivi sur une note audacieuse en affirmant que le Congrès eucharistique marquait un tournant dans l’histoire du Québec. Qu’a-t-il voulu dire? Je n’ai malheureusement pas eu la chance de lui demander. Deux visions semblent possibles.

1- Le « tournant historique » auquel réfère le cardinal porte sur un retour du religieux au Québec, un retour à la pratique religieuse et à une certaine place, une crédibilité accrue de l’Église sur la place publique.  

2- Ce tournant historique réfère à l’Église de demain, formée de jeunes convaincus qui n’ont pas peur d’afficher leur foi. Cette Église de demain ne formera pas la majorité, elle sera un peu plus conservatrice qu’auparavant.  Elle sera animée d’une joie réelle et d’un feu pour la mission.

J’ose croire que le cardinal faisait référence à cette seconde vision. L’Église d’aujourd’hui et de demain  était présente au Congrès eucharistique. Ce sont ces douze prêtres ordonnées vendredi dernier, dont plusieurs doivent leur vocation à Jean-Paul II et aux JMJ. Ce sont ces jeunes engagés dans le Service jeunesse du CEI 2008 qui ont proclamé l’annonce du Congrès dans les rues de Québec et qui ont travaillé jour et nuit tout au long de l’événement. Enfin ce sont ces centaines de jeunes venus rendre hommage à Marc Ouellet mais surtout, venus adorer Dieu présent dans le Saint-Sacrement.

Oui, si l’on se fie à ce qui s’est passé à Québec, l’avenir de l’Église catholique au Québec et au Canada est assuré. Comme le disait le ministre fédéral du Multiculturalisme, Jason Kenney, qui affirmait que l’Église catholique est la seule institution qui oeuvre au Canada depuis le début de la Nouvelle-France, et qui est toujours active aujourd’hui.

Mgr Anthony Mancini le disait bien sur nos ondes la semaine dernière: ce n’est pas parce que les médias ne parlent pas de l’Église que cette dernière n’est pas vivante et active.

L’Église était réunie à Québec la semaine dernière et elle trouvera certainement dans les fruits de cette célébration ce qu’il faut pour relever les défis à venir avec l’audace et la foi requises. Quant à savoir s’il s’agissait d’un tournant historique pour le Québec et le Canada, l’histoire nous le dira.

Photo: Richard Valenti, Télévision Sel + Lumière