Les Journées Mondiales de la Jeunesse: devenir le peuple des Béatitudes

par le père Thomas Rosica, c.s.b.,
Directeur général de la Fondation catholique Sel et Lumière Média
Ancien directeur général des Journées Mondiale de la Jeunesse 2002 wyd-jpii-cologne.jpg

Le pape Jean-Paul II a joui d’une formidable popularité auprès des jeunes catholiques au cours de ses 26 ans de pontificat. Le plus grand symbole de l’importance qu’il accordait à ce lien avec les jeunes est sans aucun doute les Journées mondiales de la jeunesse. Il n’y a rien de particulier dans le fait que le pape voyait en ses jeunes amis les signes du renouveau et de l’espérance; ce qui est particulier, c’est que les jeunes gens se voyaient et se considéraient eux-mêmes de cette manière.

Lors de ces rassemblements, Jean-Paul II fut clair: les jeunes ne sont pas seulement l’avenir de l’Église, ils sont aussi son présent. Les JMJ 2002 furent pour l’Église canadienne un moment privilégié de renouvellement de l’engagement envers les valeurs profondément chrétiennes qui sont au cœur de l’identité canadienne. Ces valeurs, aujourd’hui souvent ignorées ou cachées, révèlent qui nous sommes réellement: des agents évangéliques du sel et de la lumière dans le monde d’aujourd’hui.

L’expérience des Journées mondiales de la jeunesse en Argentine, en Espagne, en Pologne, à Denver, à Manille, à Paris, à Rome, à Toronto, à Cologne et cette semaine à Sydney, a apporté un élan de vie nouvelle en chacun des pays où le grand événement a eu lieu. Pendant que nous célébrons les JMJ à Sydney en Australie, nous avons besoin de faire le bilan des dons que nous avons reçus et de nous demander comment la vision et l’espérance de Jean-Paul II ont influencé nos propres efforts dans le ministère pastoral auprès des jeunes et des jeunes adultes partout le monde où les Journées Mondiales de la Jeunesse ont eu lieu du Canada. Qu’est-ce que la joie, l’enthousiasme, l’exubérance et la créativité des Journées mondiales de la jeunesse nous ont-ils appris? Comment ont-ils transformé le ministère auprès des jeunes et des jeunes adultes dans l’Église? Avons-nous amorcé une «option préférentielle» pour les jeunes dans l’Église d’aujourd’hui?

Les éléments fondateurs des Journées mondiales de la jeunesse contribuent grandement à une pastorale efficace auprès des jeunes et des jeunes adultes. Ces éléments — le Christ, les Saintes Écritures, la catéchèse, les sacrements (spécialement la Réconciliation et l’Eucharistie), la piété, la dévotion, la Croix de la Journée mondiale de la jeunesse, les saints, en même temps que le pèlerinage, le Festival de la jeunesse, les projets de service social, les vocations — doivent trouver une place centrale dans nos efforts pastoraux avec les jeunes.

La Nouvelle Évangélisation au cœur de l’enseignement de Jean-Paul II consiste à insuffler de l’espérance et de l’énergie à l’Église de façon à combattre le cynisme, le désespoir et le sentiment d’absurdité qui prévalent dans le monde actuel. Jean-Paul II savait bien que le monde est en proie à la division, à la fragmentation, à la solitude, à l’aliénation et à une mondialisation effrénée qui exploite les pauvres. À travers les Journées mondiales de la jeunesse, Jean-Paul II nous a offert des occasions exceptionnelles de devenir des porteurs d’espérance, des agents du rapprochement communautaire, des voisins pour ceux et celles qui nous entourent et les instruments d’une mondialisation morale qui doit accompagner tous nos efforts internationaux.

À l’Angélus, dans son discours de clôture de la 17e Journée mondiale de la jeunesse à Toronto, le Saint-Père disait:

Puisse notre rencontre être le signe d’un réveil de la pastorale des jeunes au Canada! Que l’enthousiasme suscité au cours de ces journées soit l’étincelle qui lance une nouvelle saison d’un dynamique témoignage évangélique! (…) À vous tous et toutes qui avez participé à ces journées de foi et de fête, je souhaite que les résolutions qui en ont jailli mûrissent en fruits abondants de témoignage et de service. Que le souvenir de Toronto fasse partie du trésor de votre vie!

Les Journées mondiales de la jeunesse sont des célébrations de Jésus Christ et de la foi catholique. Lors de la cérémonie d’ouverture de la Journée mondiale de la jeunesse 2002 à Toronto, le pape Jean-Paul II a dit: «Avec le regard fixé sur [Jésus], vous pouvez découvrir le chemin du pardon et de la réconciliation dans un monde souvent en proie à la violence et à la terreur.» La personne de Jésus Christ doit être au cœur de nos efforts auprès des jeunes adultes. Pour être d’authentiques croyants, nous devons avoir une relation profonde et personnelle avec Jésus Christ. Comment le Christ est-il au cœur de nos efforts auprès des jeunes? Qu’y a-t-il d’unique dans la foi catholique?

Les éléments fondamentaux des Journées mondiales de la jeunesse — le Christ, les Saintes Écritures, la catéchèse, les sacrements (surtout la Réconciliation et l’Eucharistie), la piété, la dévotion, la Croix de la Journée mondiale de la jeunesse, les saints, en même temps que le pèlerinage, le Festival de la jeunesse, les projets de service social, les vocations — doivent trouver une place centrale dans nos efforts pastoraux auprès des jeunes.

Le thème biblique de la JMJ 2002, «Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde» (Matthieu 5, 13-14), convenait tout à fait à la société et au monde actuels qui baignent souvent dans la médiocrité et la noirceur. Quelles sont les histoires et les images bibliques qui sous-tendent notre ministère pastoral auprès des jeunes?

Durant la JMJ 2002 à Toronto, plus de 100 000 jeunes ont célébré le sacrement de la Réconciliation. À travers ce sacrement, le Christ nous laisse le rencontrer et fait ressortir ce qu’il y a de meilleur en nous. Dans notre travail pastoral auprès des jeunes, présentons-nous ce sacrement comme une rencontre privilégiée avec le Christ qui nous guérit, nous pardonne et nous libère?

À travers les préparatifs des JMJ, nous avons vécu des moments uniques où nous avons pu approfondir notre piété et notre dévotion chrétiennes. Au Canada, le pèlerinage historique de 43 000 km de la Croix des JMJ et la superbe présentation du chemin de croix furent aussi des occasions d’offrir un témoignage audacieux et significatif de l’histoire de la foi chrétienne en plein cœur d’une ville moderne. Comment avons-nous poursuivi cette tradition du pèlerinage et du chemin de croix dans nos communautés paroissiales et nos activités auprès des jeunes? Reconnaissons-nous l’importance d’une piété et d’une dévotion chrétiennes authentiques et enracinées dans la Bible pour les jeunes d’aujourd’hui?

croix JPII

Durant son pontificat, Jean Paul II a proclamé 1 338 bienheureux et 482 saints. Les jeunes adultes ont grand besoin de héros et d’héroïnes et le pape nous a donné des modèles exceptionnels de sainteté et d’humanité. Neuf jeunes bienheureux et saints furent les patrons des JMJ 2002 et les JMJ 2005 en comptaient encore davantage. Présentons-nous encore ces saints et bienheureux comme d’authentiques modèles pour les jeunes d’aujourd’hui?

Avons-nous fait nôtre l’invitation de Jean-Paul II aux jeunes à réfléchir à la possibilité d’une vie de service consacrée dans l’Église? «Pensez à la grande majorité des prêtres et des religieux qui vivent généreusement leur engagement, et dont l’unique désir est de servir et de faire le bien! Aujourd’hui, il y a ici beaucoup de prêtres, de séminaristes et de personnes consacrées: soyez proches d’eux et soutenez-les! Et si, au plus profond de votre cœur, vous entendez résonner le même appel au sacerdoce ou à la vie consacrée, n’ayez pas peur de suivre le Christ sur la voie royale de la Croix! Dans les moments difficiles de l’histoire de l’Église, le devoir de la sainteté devient encore plus urgent.»

Combien de gens ont vu en Jean-Paul II un exemple de courage qui leur a permis de surmonter leurs propres peurs? Combien de jeunes séminaristes et de religieux ont répondu à l’appel de la vocation grâce à lui? Combien de jeunes hommes et de jeunes femmes ont découvert une voie à suivre dans la théologie de Jean-Paul II sur le corps et sont entrés dans le mariage avec une foi et une conviction profondes? Combien de gens ordinaires ont accompli des choses extraordinaires à cause de son influence, de son enseignement et de ses actions?

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Remercions Dieu pour le pape Jean-Paul II qui croyait en les jeunes. Nous avons maintenant pour berger le pape Benoît XVI qui est profondément engagé à conduire les jeunes vers le Christ. Le matin après son élection, à la fin de sa première messe en tant que pape, Benoît XVI s’est adressé aux cardinaux en ces termes: «Je pense en particulier aux jeunes. À eux, les interlocuteurs privilégiés du Pape Jean-Paul II, va mon étreinte affectueuse dans l’attente, si Dieu le veut, de les rencontrer à Cologne à l’occasion de la prochaine Journée mondiale de la Jeunesse. Je continuerai à dialoguer avec vous, chers jeunes, avenir et espérance de l’Église et de l’humanité, en écoutant vos attentes dans l’intention de vous aider à rencontrer toujours plus en profondeur le Christ vivant, celui qui est éternellement jeune.» Dans une homélie, quelques jours plus tard, il disait encore: «Je voudrais, avec une grande force et une grande conviction, à partir d’une longue expérience de vie personnelle, vous dire, à vous les jeunes: n’ayez pas peur du Christ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ — et vous trouverez la vraie vie.»