Chrétiens d’Orient : encore combien de morts avant que nous ne réagissions ?

SYRIAN REFUGEES FLEEING VIOLENCE WALK ALONG BORDER IN JORDAN

Dernière horreur en date : l’enlèvement, le 23 février dernier, de centaines de chrétiens dans le nord-est de la Syrie par les djihadistes de l’État Islamique. Quelques jours plus tôt, 21 coptes d’Égypte ont été égorgés en Libye par le même groupe terroriste. Avant eux, d’autres chrétiens ont été crucifiés en Syrie. Et en Irak ils ont été contraints de quitter leur maison, de mourir ou de se convertir à l’Islam.

La situation est alarmante pour les chrétiens d’Orient, et « on peut parler de génocide » estime l’écrivain français et académicien Jean d’Ormesson, pour qui « nous avons un devoir de solidarité avec ces chrétiens qui doivent avoir le sentiment d’être un peu abandonnés ». Invité mercredi dernier sur le plateau de BFMTV, il dénonçait « une volonté de détruire le christianisme en Orient ».

Mardi 24 février, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme a affirmé que des djihadistes du groupe État Islamique ont attaqué des villages chrétiens sous contrôle des forces kurdes dans le nord est de la Syrie, non loin de la ville d’Hassaké. Ils seraient « plus de 350 à avoir été capturés » dans cette région selon le dernier bilan de l’Archimandrite Youkhana, en contact avec la ville d’Hassaké. D’après la même source, relayée par l’Aide à l’Église en Détresse, « environ 15 jeunes Assyriens ont été martyrisés » alors qu’ils se battaient pour défendre et protéger leurs villages et leurs familles. 1200 familles seraient actuellement déplacées, soit au total plus de 5000 personnes.

« Nous sommes vraiment très inquiets et nous sommes toujours dans cette atmosphère-là de peur, de menace, pour nos fidèles et nos communautés dans cette province » confie à Radio Vatican Mgr Ignace Joseph III Younan, patriarche de l’Église catholique syriaque. « L’attaque, explique-t-il, a été exécutée de bonne heure, à l’aube, et les gens ont été pris de panique, ont eu peur. Ils ont tout essayé pour s’échapper ».

Ceux qui sont parvenus à s’enfuir sont maintenant installés à Hassaké, dans des salles ou des églises, non adaptées. Ils manquent de nourritures, de vêtements, de chauffage et de soins…Quant à ceux qui ont été pris en otage « on ne sait pas ce qui leur est arrivé » déplore le patriarche.

« Cela fait 80 ans que ces familles chrétiennes essaient de survivre à des massacres, et visiblement leur chemin de croix n’est pas terminé ! Combien de morts faudra-t-il encore avant que nous ne réagissions ?  » s’interroge Marc Fromager, directeur en France de l’Aide à l’Église en Détresse.

Et l’écrivain Jean d’Ormesson de conclure : « nous avons tous été des juifs allemands, nous avons tous été des Charlie, nous devons tous être des chrétiens d’Orient ».