Prendre sa croix avec générosité

Treizième dimanche du Temps ordinaire, Année A – 2 juillet 2017

2 Rois 4,8-12a.14-16
Romains 6,3-4.8-11
Matthieu 10,37-42

À la lumière de l’histoire imagée de la première lecture du deuxième livre des Rois, voici quelques réflexions sur la vertu de l’hospitalité. Quelles leçons d’hospitalité peut-on tirer de la femme sunamite et de son mari ? Plusieurs récits des livres des Rois parlent de l’hospitalité. Chacun des quatre récits du quatrième chapitre décrit d’une certaine manière la puissance de Dieu, à travers le prophète Élisée, qui fait face à des situations désespérées et les transforme par une parole de vie. L’un de ces récits concerne un couple du village de Sunem (une petite ville séparée par une colline de la ville de Naïm dans le nord d’Israël) qui, fournissant nourriture et logement au prophète Élisée, celui-ci leur promet un fils en retour, alors qu’ils étaient mariés depuis longtemps mais sans enfant. Le récit mentionne donc un couple prenant soin d’un étranger qui les impressionne par son attachement à Dieu, par sa prière et ses soucis pour la communauté. Ils interrompent leurs activités de la vie quotidienne, pour lui fournir la nourriture de leur table et lui aménager un abri pour la nuit. En donnant à Élisée, ils reçoivent beaucoup – la promesse d’une vie nouvelle, malgré leurs années amères de stérilité. Ils recevaient donc au-delà de leur compréhension et du don qu’ils avaient fait au prophète de Dieu !

Le mot grec pour hospitalité est philanthropia, ce qui signifie l’amour des êtres humains, la gentillesse. La vertu d’hospitalité est louée par le Nouveau Testament et compte parmi les œuvres de charité pour lesquelles nous serons jugés (Mt 25,35ff). Jésus en souligne l’importance dans ses paraboles. Il n’avait pas de maison et était donc fréquemment invité tout au long de son chemin. Il était dans l’habitude de Paul, aussi, sur la route, de visiter les Juifs et de rester chez eux, ou de rester chez les païens si les Juifs lui refusaient le gîte.

Avec la croissance rapide et l’expansion de l’Église, une certaine organisation est devenue nécessaire, et on nous dit qu’à Antioche au IV ième siècle, 3 000 veuves, malades et étrangers recevaient de l’aide quotidiennement. Les évêques et les veuves étaient particulièrement sollicités pour offrir l’hospitalité en privé et également officiellement. Les églises et sanctuaires plus grands ont éventuellement servi d’hospices où les soins principalement médicaux en faisaient de véritables hôpitaux.

Jusqu’ici nous avons considéré des aspects plutôt positifs, des éléments et des manifestations de l’hospitalité. Mais l’hospitalité a aussi un ennemi : l’égoïsme et l’orgueil. Lorsque nous sommes tellement préoccupés par nous-mêmes, nos propres problèmes, nos difficultés, ou que nous souhaitons préserver jalousement ce que nous avons en excluant des étrangers de nos vies et de nos richesses, nous ne sommes pas hospitaliers ! La femme sunamite nous donne une leçon importante pour notre époque ! Par la pratique de l’hospitalité, nous faisons de la place pour des invités, peu importe la grandeur ou la petitesse de notre maison ! N’oublions jamais que le Royaume que Jésus a proclamé donne une espérance particulière aux pauvres et aux affamés du monde, à ceux qui n’ont pas de chambre d’hôte dans leur maison car ils n’ont pas même de maison !

La générosité de Dieu

Dans la deuxième lecture de la lettre de Paul aux Romains (6,3-4.8-11), la générosité ou la grâce manifestée par Dieu n’est pas provoquée par le péché mais il est plutôt l’expression de l’amour de Dieu, de cet amour qui promet la vie éternelle à tous ceux qui croient. Par le baptême, les fidèles partagent la mort du Christ et ainsi échappent à l’emprise du péché. Par la résurrection du Christ, la puissance de la vie nouvelle devient une réalité pour eux ici et maintenant tout en gardant à l’esprit que la plénitude de la participation à la résurrection du Christ se trouve dans l’au-delà. Ainsi, la vie qui est consacrée à Dieu fait désormais partie de cet avenir. Quiconque donc s’intéresse sincèrement à cet avenir ne pourrait pas dire : « Péchons afin que la grâce puisse prospérer ».

Un message de renonciation

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, nous entendons la première mention de la croix dans l’Évangile de Saint Matthieu – et c’est en référence à la croix qui sera portée par les disciples de Jésus. Ceux qui renient Jésus afin de sauver leur vie seront condamnés à la destruction éternelle, mais la perte de la vie pour l’amour de Jésus sera récompensée par la vie éternelle dans le Royaume de Dieu. Jésus prêchait un message de renonciation totale pour le Royaume. Rien et personne ne doit les dissuader de leur dévouement au Christ et à sa mission. Jésus savait parfaitement que tout le monde n’accepterait pas l’Évangile proclamée par ses disciples. Même les membres d’une même famille pourront devenir des adversaires. Ceux qui souhaitaient suivre les pas de Jésus devaient être prêts à mettre l’Évangile comme priorité dans leur propre vie. En contre partie, en choisissant ce chemin difficile, ils pouvaient être sûrs qu’ils partageraient le destin de Jésus : celui de la persécution et de la souffrance. Ceux qui refusent de « prendre leur croix » et de suivre le Christ ne sont pas « dignes » d’être ses disciples (Mt 10,28). Comme les prophètes de l’Ancien Testament, ils doivent être prêts à souffrir à cause de leur proclamation de la Parole de Dieu. Quiconque a offert l’hospitalité aux messagers de Dieu reçoit Jésus lui-même, et Dieu qui l’a envoyé, et il sera récompensé pour sa générosité.

Jésus nous dit que toutes les fois que nous faisons des œuvres de miséricorde, de pardon, d’hospitalité, nous faisons cela pour lui. Il s’identifie complètement à ceux qui sont dans le besoin, avec les marginalisés et les dépendants : ceux qui ont faim, ceux qui ont soif, les étrangers, les personnes nues, les malades et les prisonniers. Le règne de Jésus renverse complètement nos notions terrestres de la royauté. La royauté de Jésus consiste à servir sans compter, jusqu’à perdre sa vie pour autrui.

Lorsque je lis l’Évangile d’aujourd’hui (Mt10, 37-42) tirée de saint Mathieu et que je réfléchis au commandement de Jésus de porter sa croix, je me rappelle les paroles puissantes d’un grand prêtre et théologien jésuite canadien, le Père Bernard Lonergan. Dans une lettre aux jeunes Jésuites traitant de leur rôle comme « Prêtres et apôtres dans le monde moderne », P. Lonergan écrit :

« Si je suis correct dans mon interprétation que les Jésuites du XXe siècle, comme ceux du XVI ième, existent pour faire face aux crises, alors ils doivent accepter les gains de la modernité dans les sciences naturelles, dans la philosophie, dans la théologie, lorsqu’elles proposent également des stratégies pour répondre aux visions sécularistes de la religion et aux distorsions sur la notion de l’homme, de la connaissance humaine, dans sa compréhension de la réalité ou bien dans l’organisation des affaires humaines. Comment de telles stratégies seront-elles trouvées, est, bien sûr, une question énorme, et je dois me contenter d’offrir une proposition tout à fait brève.

« D’abord, une telle stratégie n’est pas une conclusion provenant de prémisses mais un projet créatif qui émerge d’une compréhension complète de la situation ainsi que d’une compréhension des éventuelles réponses possibles. Deuxièmement, ce n’est pas un projet statique, établi une fois pour toute, mais au contraire un projet continu, constamment révisé à la lumière du rétrocontrôle qui vient de son application. Troisièmement, ce n’est pas un seul projet, mais un ensemble des projets, sans cesse rapporté à un centre qui a deux fonctions : (i) de porter l’attention sur les conflits entre les parties séparées et (ii) de bien renseigner toutes les diverses parties de ce qui s’est achevé ailleurs et ce qui fut essayé et reconnu inefficace. Finalement, tous ces projets doivent être dans le Christ Jésus, l’œuvre de ceux qui prennent leur croix quotidiennement, qui vivent par l’Esprit de la Parole, qui se consacrent à l’amour, qui bannissent toute tendance à la haine, à la violence, à la destruction »[1]

Les paroles du P. Lonergan ne s’appliquent pas seulement aux membres de la Compagnie de Jésus, mais à chacun d’entre nous. Que toutes nos actions et nos stratégies soient dans le Christ Jésus, l’œuvre de ceux qui prennent leur croix quotidiennement, et vivent par l’Esprit de la Parole. Que nous aussi, nous nous consacrions à l’amour, et bannissions toute tendance à la haine, à la violence et à la destruction.

[1]  [Traduit de « The Response of the Jesuit, as Priest and Apostle, in the Modern World » par Bernard J. F. Lonergan, s.j. Publié par « American Assistancy Seminar on Jesuit Spirituality, especially for American Jesuits working out their aggiornamento in the spirit of Vatican Council II », vol. II, septembre 1970, no. 3.]

Accepter le Christ, c’est accepter Sa croix

Newman cropped

Vingt-troisième dimanche du temps ordinaire, Année C – 4 septembre 2016

Sagesse 9,13-18b
Philémon 1,9-10.12-17
Luc 14,25-33

Le passage de l’évangile de ce dimanche (Luc 14, v. 25 à 33) présente une série de dictons, ce qui est unique au style de Luc. Ce dernier fait parler Jésus au sujet des exigences d’être un disciple. L’évangéliste rassemble trois dictons (v. 26, 27 et 33) et deux paraboles (v. 28 à 32) pour illustrer l’entièreté du dévouement d’un disciple de Jésus. Aucun attachement à la famille (v. 26) ni à des possessions matérielles (v. 33) ne doit entraver l’engagement total attendu du disciple. Accepter l’appel à être disciple, c’est être prêt à accepter aussi la persécution et les souffrances (v. 27); c’est également évaluer de façon réaliste les difficultés et les coûts (v. 28 à 32) inhérents.

Les deux paraboles intégrées dans le passage d’évangile d’aujourd’hui racontent à leur façon ce que Jésus dit dans les versets précédents : « Êtes-vous bien certains de vouloir me suivre ? Le prix en est-il plus élevé que ce que vous êtes prêts à payer ? » La première parabole évoque la construction sur un vignoble d’une tour de guet d’où le vigneron pourra monter la garde contre les voleurs et les animaux fourrageurs. La seconde dépeint la maison royale où de grands enjeux politiques se résolvent. Que l’on soit riche ou pauvre, de souche royale ou de la gente paysanne, tous nous avons essentiellement la même décision à prendre lorsque confrontés à une dépense considérable en temps, en biens : ce prix est-il plus élevé que ce que je suis prêt à débourser ? La décision ne diffère aucunement lorsqu’on entend l’appel à être disciple : l’enthousiasme des débuts y est, certes, mais ai-je les ressources nécessaires pour persévérer jusqu’au bout ?

Les deux paraboles mettent en évidence l’importance d’évaluer sagement le coût d’une vie de disciple. Le bâtisseur de la tour de guet et le roi va-t-en-guerre doivent tous deux calculer le coût de leur projet et en étudier attentivement les risques avant de prendre une décision finale. Le disciple qui choisit de suivre le Christ doit comprendre que cette allégeance aura toujours préséance sur toutes autres choses. Accepter la personne du Christ, c’est accepter Sa croix également. 

La source de notre joie

Dans la première lecture d’aujourd’hui, tirée du livre de la Sagesse (Sg 9, v. 13 à 18), l’auteur ne cherche pas à établir la distinction séculaire entre ce qui relève du corps et ce qui relève de l’âme (une distinction souvent présentée comme du dualisme). Dans les Écritures hébraïques, la nature humaine n’est pas perçue comme étant dualiste, même si l’on y reconnaît que les limites de celle-ci nous rendent impossible la pleine compréhension des mystères de Dieu. En tant que chrétiens, ne nous opposons pas au progrès humain, ne rejetons pas le confort ni les plaisirs. Plutôt, le croyant doit examiner ceux-ci à la lumière du délicat équilibre entre la sagesse et la vie. La première lecture d’aujourd’hui nous invite à une remise en question : notre joie provient-elle de la seule acquisition de possessions diverses ou du partage et de l’interaction avec Dieu et avec son prochain ? 

Choisir le Christ au-delà de tout

Au milieu des nombreuses voix qui réclament notre temps, notre argent, notre allégeance et notre attention, nous sommes appelés à choisir le Christ jusqu’au dépouillement complet de toutes autres choses. C’est une grande épreuve pour chacun de nous, particulièrement à notre époque. Si souvent nous définissons la notion de choix non pas comme la liberté de choisir tel geste plutôt que tel autre, mais comme la liberté de choisir tout en même temps. La liberté de choisir s’est métamorphosée en un « maintenons toutes nos possibilités ouvertes ». Ce qu’il y a de tragique dans cette situation, c’est qu’il est impossible de se garder toutes les portes ouvertes et, en même temps, de vivre des vies porteuses de sens et de pertinence.

L’un des aspects les plus difficiles de mon enseignement et de mon ministère pastoral auprès des jeunes adultes dans les vingt dernières années est leur réticence à s’engager dans quoi que ce soit, à prendre des risques ou à mener à terme les engagements auxquels ils ont déjà consenti. La difficulté évidente, c’est qu’il est impossible de faire un quelconque choix sans que ses conséquences n’éliminent d’autres possibilités. Chaque choix que nous faisons exclut automatiquement d’autres choix. Pourtant, choisir est essentiel et même désirable pour vivre une vie significative.

« Une mission vaut mieux que milles possibilités »

Le cardinal australien George Pell a offert l’un des enseignements les plus clairs à ce sujet dans sa remarquable homélie de la messe d’ouverture des Journées mondiales de la jeunesse 2008 à Sydney, le 15 juillet 2008.

Le cardinal Pell s’est adressé à la foule de plus de 150 000 jeunes adultes venus du monde entier au sujet de leur mission de vie :

Ne vivez pas votre vie sans prendre position, mais posez des choix car seulement l’engagement apporte la plénitude. Nous parvenons au bonheur en répondant à nos obligations, en faisant notre devoir, en particulier en nous engageant dans les petites choses régulièrement afin de relever les défis plus grands. Beaucoup ont trouvé l’appel de leur vie aux Journées Mondiales de la Jeunesse.

Les paroles vibrantes du cardinal Pell résonnent encore à mes oreilles deux ans plus tard : « une mission vaut mieux que mille possibilités ». 

Sagesse et liberté véritables

Au milieu de nos vies chaotiques, Jésus s’arrête et nous dit : « Vous devez poser un choix. » L’appel Christ à une authentique vie de disciple remet en question nos plus précieuses loyautés. Tout comme il ne peut y avoir aucune autre divinité que le Dieu d’Israël, il ne peut y avoir aucun autre amour au-dessus de l’amour du Christ. Il y a donc un coût à suivre Jésus; les simples curieux et les cœurs tièdes devraient en prendre bonne note. La vie de disciple peut nous coûter tout, mais elle nous obtiendra tout ce qui a une authentique valeur. Nous serons alors véritablement sages et véritablement libres.

L’appel du Christ et de l’Évangile

L’évangéliste Luc fait valoir que Jésus affectionne peu les compromis et demande un engagement complet de la personne, un détachement catégorique de toute nostalgie du passé, de toutes exigences familiales, de toutes possessions matérielles (réf. Lc 9, v. 57 à 62, Lc 14, v. 26 à 33). À l’invitation à porter sa croix au chapitre 9 verset 23 s’ajoute la demande presque inquiétante de haïr sa famille et sa propre vie (verset 26). « Haïr » est une expression sémitique qui signifie « se détourner de, se détacher de quelqu’un ou de quelque chose ». Elle ne fait aucunement référence à l’émotion que nous ressentons dans l’expression « Je te hais ! » Si c’était le cas, le verset 26 à lui seul annulerait tous les appels du Nouveau Testament à aimer, à prendre soin de, à nourrir sa famille en particulier. « Haïr sa propre vie » n’est pas non plus un appel au dégoût de soi ni à l’autodestruction. Ce qui est exigé du disciple cependant, c’est qu’au milieu des nombreuses loyautés que tous nous portons, l’appel du Christ et de l’Évangile ait non seulement préséance, mais qu’en fait, il redéfinisse tous les autres engagements. Cela peut et doit nécessiter du détachement, un certain détournement.

Pour Luc, être chrétien implique de suivre Jésus sur la voie qu’Il emprunte (Lc 9, v. 57; Lc 10, v. 38; Lc 13, v. 22; Lc 14, v. 25). C’est Jésus lui-même qui prend l’initiative et nous appelle à Le suivre. Il le fait d’une façon qui ne laisse place ni à l’hésitation ni au doute, révélant ainsi son extraordinaire et mystérieuse identité de Fils qui connaît le Père et nous Le révèle (Lc 10, v. 22). Jésus s’adresse à tous ceux qui marchaient avec Lui à l’époque et à tous ceux qui marchent avec Lui aujourd’hui : « Réfléchissez à ce que vous êtes en train de faire et décidez si vous voulez demeurer avec Moi jusqu’au bout. »

L’être humain sera toujours tenté d’amoindrir la radicalité des exigences de l’Évangile et de l’adapter à ses propres faiblesses, ou même d’abandonner la voie entreprise. L’authenticité et la qualité de la vie d’une communauté chrétienne dépendent néanmoins de cette radicalité. Une Église qui vit dans le compromis serait comme le sel qui a perdu son goût (Lc 14,34-35).

Une représentation des disciples emplie de compassion

Nul besoin d’être parfait pour être appelé, seulement d’être fidèle et à l’écoute de Dieu. Samuel et les prophètes d’Israël, Marthe, Marie et Lazare de Béthanie, les pêcheurs de Galilée et même les percepteurs d’impôts que Jésus appelait n’étaient certes pas appelés en raison de leurs qualifications ou de leurs accomplissements. Paul soutient que Jésus appelle « les fous » afin que les sages soient dans la honte. Le portrait du disciple que l’Évangile dépeint est empli de compassion parce qu’il fait place à ceux qui luttent pour réaliser leurs rêves, à ceux qui par moments oublient qu’ils sont appelés à une noble grandeur. Nous ne serons plus jamais les mêmes parce que Jésus nous a appelés, nous a aimés, nous a transformés et nous a rendus à Son image. Puisqu’Il nous a appelés, nous n’avons d’autre choix que d’en appeler d’autres à accepter l’Évangile et à Le suivre.

Être disciple a coûté cher au cardinal Newman

Le 19 septembre 2010 avait lieu à Birmingham en Angleterre la très attendue cérémonie de béatification du grand théologien catholique de l’époque victorienne, le cardinal John Henry Newman, l’un des catholiques anglais les plus influents du 19e siècle. Passant de l’anglicanisme au catholicisme, il a mis à contribution sa grande intelligence et sa magistrale capacité d’écriture pour gagner à Christ et à l’Église catholique romaine des milliers de personnes. Embrasser la foi catholique lui a coûté maints sacrifices. Après sa conversion, plusieurs amis ont rompu toutes relations avec lui et sa famille l’a tenu à l’écart. Il a dû démissionner de sa chaire d’enseignement, perdant ainsi son unique source de revenu. Il a connu la terrible douleur de l’incompréhension au sein de sa propre famille, de même que de la part des chefs d’Église et de ses proches. Newman a dit que la seule chose qui l’a soutenu durant cette période éprouvante fut la présence du Christ dans le Saint Sacrement.

En hommage à son travail et à sa dévotion extraordinaires, le pape Léon XIII a élevé au rang de cardinal le père John Henry Newman en 1879. Après une vie d’épreuves, Newman a accueilli la nouvelle avec joie et a déclaré : « Le nuage s’est dissipé pour toujours ». Le cardinal Newman est décédé à l’âge de 89 ans dans l’Oratory House d’Edgbaston le 11 août 1890. Le pape Jean-Paul II l’a déclaré Vénérable en 1991. Le 19 septembre 2010, Benoît XVI lui-même a honoré le cardinal John Henry Newman, un bon et fidèle serviteur qui a accepté de payer le prix fort pour être disciple de Jésus.

(Image : Bienheureux John Henry Newman)