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Télévision Sel + Lumière http://seletlumieretv.org/blogue Pensées et réflexions de votre chaîne catholique Tue, 28 Mar 2017 20:47:13 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.7.3 Échos du Vatican http://seletlumieretv.org/blogue/divers/echos-du-vatican-85 http://seletlumieretv.org/blogue/divers/echos-du-vatican-85#respond Tue, 28 Mar 2017 20:47:13 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19348

Revivez dans cette émission la visite pastorale du Pape à Milan, et retour également sur le message du Saint-Père lors de sa rencontre avec les leaders des pays de l’Union Européenne.

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« Je vais ouvrir vos tombeaux, et je vous en ferai sortir. » http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/je-vais-ouvrir-vos-tombeaux-et-je-vous-en-ferai-sortir-2 http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/je-vais-ouvrir-vos-tombeaux-et-je-vous-en-ferai-sortir-2#respond Tue, 28 Mar 2017 01:00:02 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19323

Cinquième dimanche du Carême, Année A – 2 avril 2017

Ézéchiel 37,12-14
Romains 8,8-11
Jean 11,1-45

La vision dramatique d’Ézéchiel et la nôtre

La première lecture d’aujourd’hui, tirée d’Ézéchiel 37, 12-14, est la grande vision de la vallée des ossements desséchés, l’un des tableaux les plus spectaculaires de toute la littérature biblique. En voici le contexte historique : elle remonte au début du sixième siècle avant Jésus Christ, quand la main du Seigneur vint sur Ézéchiel alors que les Juifs étaient en captivité à Babylone. Depuis environ 150 ans, la situation politique du peuple juif déclinait. Le point tournant survint en 587 avant J.C. avec la catastrophe finale de la défaite et le début du grand exil du peuple juif, désespéré et impuissant face au sort qui s’abattait sur lui. C’est dans le cadre de ces événements que se déploie la vision dramatique d’Ézéchiel : on y voit les ossements blanchis d’une armée que les oiseaux de proie ont fini de décharner. Incroyable champ de batille, couvert de cadavres laissés à l’abandon ! Imaginez l’odeur de mort et de putréfaction !

Réticent, le prophète Ézéchiel reçoit de Dieu l’ordre de prophétiser sur ces ossements, de les ramener à la vie. Avec le secours d’un puissant tremblement de terre, les os se rejoignent l’un à l’autre dans une immense rumeur. Les tendons se reconnectent, la chair puis la peau viennent revêtir les cadavres. Le souffle, « ruah », l’Esprit de Dieu vient des quatre extrémités de la terre et les corps flasques « reprennent vie, se dressent sur leurs pieds – c’est une immense armée ». Alors qu’aujourd’hui, nous voyons dans cette scène la préfiguration de la résurrection des morts, les Juifs du temps d’Ézéchiel ne croyaient pas à une telle conception de l’au-delà. Pour eux, l’immense armée ressuscitée représentait l’ensemble du peuple juif : les survivants du royaume du Nord qui avaient cherché refuge en Assyrie, les paysans qui étaient encore sur place et les exilés de Babylone. Ils allaient se regrouper, former de nouveau un peuple, habiter leur propre pays, et ils sauraient dorénavant que c’était là l’œuvre du seul vrai Dieu.

Au fil des siècles, les chrétiens ont proclamé ce texte pendant la liturgie de la nuit pascale en accueillant de nouveaux membres dans l’Église. Le témoignage puissant d’Ézéchiel offre une image bouleversante de la force de régénération, de restauration et de renouveau du Dieu d’Israël, en cette vie et pour toute l’éternité. À travers les siècles, les croyantes et les croyants au Dieu et Père d’Abraham, d’Isaac et de Jésus ont repris courage grâce à la vision d’Ézéchiel; c’est que nous croyons qu’elle raconte aussi notre histoire à nous. Nous croyons en la puissance du pardon de Dieu, en la capacité du Christ et de la tradition catholique de nous redonner la vie et de nous conduire à la vie alors même que tout autour de nous semble annoncer la nuit, les ténèbres, la mort, la dissolution et le désespoir.

La vie chrétienne est un défi constant

Nous apprenons, écrit saint Paul à la communauté de Rome (8, 8-11), que par la croix de Jésus Christ Dieu a brisé le pouvoir du péché et prononcé sur lui le jugement (v. 3). Les chrétiens n’échappent pas à la chair mais celle-ci est devenue étrangère à leur être nouveau, qui est la vie dans l’esprit : moi nouveau gouverné par l’Esprit Saint. Sous la direction de l’Esprit Saint, les chrétiens peuvent accomplir la volonté divine, qui s’exprimait jusque-là dans la loi (Romains 8,4). Le même Esprit qui redonne vie aux chrétiens pour la sainteté ressuscitera aussi leur corps au dernier jour (v. 11) La vie chrétienne est donc l’expérience d’un défi constant car il s’agit de tuer les désordres du corps grâce à la vie de l’esprit (v. 13).

Le don que fait Jésus de la vie entraîne sa propre mort

Texte riche en émotions que l’Évangile d’aujourd’hui. La résurrection de Lazare, le récit le plus long de tout l’Évangile de Jean (11, 1-44) en dehors du texte de la passion, représente le point culminant des signes de Jésus. L’épisode se situe peu avant que Jésus ne soit capturé, jugé et crucifié. C’est l’événement qui influence le plus directement sa condamnation par ceux qui cherchent à le tuer. L’ironie johannique souligne que c’est le don que fait Jésus de la vie qui entraîne sa propre mort. Jésus savait que son ami Lazare était malade mais il n’est pas venu faire de guérison. En fait, il a attendu plusieurs jours après la mort de Lazare; entre-temps il donnait à ses disciples un enseignement sur la lumière – doctrine incompréhensible devant la maladie grave et la mort mais qui prend tout son sens à la lumière de la résurrection de Lazare et de celle du Christ.

Jésus déclare à Marthe : « Je suis la résurrection et la vie; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (v. 25). Et il ajoute : « Crois-tu cela ? » (v. 26) Le Seigneur nous presse de répondre, comme l’a fait Marthe : « Oui, Seigneur, nous aussi, nous croyons, malgré nos doutes et nos ténèbres; nous croyons en toi, parce que tu as les paroles de la vie éternelle; nous voulons croire en toi, qui nous donnes une espérance crédible en la vie après la vie, en une vie pleine et authentique dans ton royaume de lumière et de paix. »

Seigneur, si seulement tu avais été là …

Combien de fois, comme Marthe et Marie, nous avons murmuré ces mêmes paroles de douleur et de désespoir : Seigneur, si seulement tu avais été là (v. 32), mon frère… ma sœur, ma mère, mon père ou mon ami ne serait pas mort. » Mais le récit débordant d’émotions de l’Évangile de Jean nous dit quel Dieu nous avons… un Dieu « bouleversé d’une émotion profonde ». Le mot grec employé ici pour décrire la réaction instinctive de Jésus, au verset 33, signifie qu’il a la gorge serrée. C’est une expression étonnante en grec qui se traduit littéralement : « il râle, il grogne en esprit », peut-être de colère en présence du mal (la mort). Nous voyons le Seigneur pleurer au tombeau de son ami Lazare; un Sauveur profondément ému de voir la douleur et le deuil de tant d’amis de Marthe, de Marie et de Lazare. La phrase la plus courte de toute la Bible se trouve dans ce passage : alors Jésus pleura (v. 35).

Jésus nous révèle un Dieu qui fait un avec nous dans la souffrance, le deuil et la mort… un Dieu qui pleure avec nous. Dieu n’intervient pas pour prévenir les tragédies et les souffrances de la vie. Si nous avions un dieu parachuté, sorte de « deus ex machina » survenant au dernier moment pour empêcher la tragédie et le péché, la religion et la foi ne seraient plus qu’une sorte de magie ou de fatalité et nous ne serions que des pions sans ressources sur l’échiquier d’un dieu capricieux. Où est Dieu au milieu des tragédies humaines ? Dieu est là, en plein dedans, et il pleure. C’est notre Dieu, profondément, humainement solidaire, qui dans la gloire de l’Incarnation embrasse totalement notre condition humaine.

La mort du cœur et de l’esprit

Le récit de la résurrection de Lazare nous parle aussi d’un autre genre de mort. Nous pouvons être morts même avant de mourir, alors que nous sommes encore en cette vie. Je ne parle pas ici de la mort de l’âme causée par le péché mais plutôt d’une mort qui prend la forme d’une absence d’énergie, d’espoir, d’envie de se battre et de continuer à vivre. Nous qualifions souvent cette réalité de mort du cœur ou de mort spirituelle. Bien des gens sont enchaînés par cette sorte de mort, jour après jour, à cause des circonstances tragiques et affligeantes de leur vie. Qui pourra jamais renverser cette situation et nous rappeler à la vie, nous redonner l’énergie, nous libérer des tombeaux qui nous enchaînent ? Qui pourra opérer cette réanimation cardio-respiratoire et nous arracher au désespoir ?

Pour certaines afflictions, il n’existe pas de remède humain. Les paroles d’encouragement échouent très souvent à provoquer le moindre changement. Dans bien des cas, les personnes qui se retrouvent dans cet état sont incapables de faire quoi que ce soit; elles ne peuvent même pas prier. Elles sont comme Lazare au tombeau. Il faut que d’autres fassent quelque chose pour elles. Jésus dit un jour à ses disciples : « guérissez les malades, ressuscitez les morts » (Matthieu 10,8). Les sept œuvres de miséricorde corporelle consistent à nourrir les affamés, donner à boire aux assoiffés, vêtir les dénudés, héberger les sans-logis, visiter les prisonniers, visiter les malades et ensevelir les morts. Mais l’Évangile d’aujourd’hui nous dit qu’il nous faut, en plus, « ressusciter les morts ».

Seul celui qui a pénétré dans le royaume de la mort pour affronter la mort elle-même en combat singulier peut donner la vie à ceux qui sont morts. En racontant la résurrection de Lazare, Jean en fait un signe qui transforme la tragédie en espérance. La maladie et la mort de Lazare sont pour la gloire de Dieu l’occasion de se manifester. Comme chrétiens, nous ne nous attendons pas à échapper à la mort; mais nous l’approchons avec la foi en la résurrection.

Les conséquences de la foi en la résurrection

Faisant allusion à l’histoire de Lazare dans son Message du Carême 2011, le pape Benoît a écrit :

Lorsque l’évangile du cinquième dimanche proclame la résurrection de Lazare, nous nous trouvons face au mystère ultime de notre existence: « Je suis la résurrection et la vie… le crois-tu ? » (Jean 11, 25-26). A la suite de Marthe, le temps est venu pour la communauté chrétienne de placer, à nouveau et en conscience, toute son espérance en Jésus de Nazareth: « Oui Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde » (v.27).

La communion avec le Christ, en cette vie, nous prépare à franchir l’obstacle de la mort pour vivre éternellement en Lui. La foi en la résurrection des morts et l’espérance en la vie éternelle ouvrent notre intelligence au sens ultime de notre existence: Dieu a créé l’homme pour la résurrection et la vie; cette vérité confère une dimension authentique et définitive à l’histoire humaine, à l’existence personnelle, à la vie sociale, à la culture, à la politique, à l’économie. Privé de la lumière de la foi, l’univers entier périt, prisonnier d’un sépulcre sans avenir ni espérance.

Vivre le Carême cette semaine

1. C’est immédiatement avant sa propre mort et résurrection que Jésus proclame les paroles qui sont au cœur de l’Évangile d’aujourd’hui : « Je suis la résurrection et la vie » (Jean 11, 25). Un évêque du quatrième siècle, Grégoire de Nazianze (328-389), commentait ainsi le miracle de Béthanie qui préfigure la mort et la résurrection de Jésus. Méditez sur ces paroles touchantes de saint Grégoire.

Il prie mais il entend la prière. Il pleure mais il sèche les larmes.
Il demande où on a déposé Lazare parce qu’il était un être humain;
et il ressuscite Lazare parce qu’Il est Dieu.
Tel un agneau, il est conduit à l’abattoir,
mais il est le Pasteur d’Israël et maintenant du monde entier.
Il est meurtri et blessé,
mais il guérit toutes les maladies et les infirmités.
Il est dressé, cloué au bois de l’arbre,
mais par l’arbre de vie il nous restaure…
Il donne sa vie,
mais il a le pouvoir de la reprendre;
et le voile se déchire, car les portes mystérieuses du paradis se sont ouvertes;
et les rochers se fendent et les morts se relèvent.
Il meurt mais il donne la vie, et sa mort détruit la mort.
Il est enseveli mais il ressuscite.

2. Regardez autour de vous et trouvez une ou deux personnes aux prises avec la mort, en particulier la mort du cœur et de l’esprit, des gens qui ont perdu la volonté et le goût de vivre par suite des épreuves qu’elles ont subies. Allez à elles, et que votre parole ranime leur esprit, réveille leur âme, brise leurs liens et les libère.

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Église en sortie 24 mars 2017 http://seletlumieretv.org/blogue/vie-consacree/eglise-en-sortie-24-mars-2017 http://seletlumieretv.org/blogue/vie-consacree/eglise-en-sortie-24-mars-2017#respond Fri, 24 Mar 2017 23:39:37 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19335 Cette semaine à Église en sortie, nous vous présentons une entrevue avec le père Timothy Scott c.s.b. sur l’implication de la Conférence religieuse dans les relations de l’Église avec les peuples autochtones du Canada. On vous présente un reportage sur la Journée de rencontre avec les premières nations organisée à l’Institut pastoral des dominicains de Montréal. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis s’entretient avec Josianne Gauthier, directrice des programmes à Développement et paix sur l’engagement de l’organisme dans le cercle Notre-Dame-de-Guadalupe.

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Homélie du père supérieur George Smith c.s.b. lors de sa visite au studio de S+L à Toronto http://seletlumieretv.org/blogue/divers/homelie-du-pere-superieur-george-smith-c-s-b-lors-de-sa-visite-au-studio-de-sl-a-toronto http://seletlumieretv.org/blogue/divers/homelie-du-pere-superieur-george-smith-c-s-b-lors-de-sa-visite-au-studio-de-sl-a-toronto#respond Fri, 24 Mar 2017 18:45:24 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19328

Messe au studio de Télévision S+L
Jeudi de la troisième semaine du carême 

« Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. » Luc 11,17

L’une des réalités de la vie dans cette première partie du XXIe siècle est la prévalence de la polarisation. Ce manque d’unité existe à de nombreux niveaux : en politique bien sûr de la manière peut-être la plus dramatique. Cette division existe aussi en terme de disparité sociale entre les pays développés et les pays en voie de développement. On note aussi des grandes fractures entre les grandes religions : entre chrétiens et musulmans certainement mais également au sein d’une même religion comme c’est le cas dans le christianisme. Nous connaissons que trop bien les divisions qui existent parmi nous. Même dans notre propre Église, on distingue cette attitude qui ressemble à ces Israélites de vision étroite qui ont rejeté les prophètes de Yahvé, comme Jérémie les décrit dans notre première lecture.

À la lumière de ces divisions, les enseignements de Jésus dans l’Évangile d’aujourd’hui prend un sens de mauvais augure. Pour combattre ces divisions, nous devons regarder vers les personnes et organisations qui font la promotion de l’unité et qui nous donnent de l’espoir.

Dans mon esprit, l’un des plus importants charismes de Sel et Lumière est celui de ministère au service de l’unité. Il s’agit, bien sûr, d’un apostolat de nouvelle évangélisation. Nous ne devons pas perdre de vue ce dynamisme initial même s’il émanait davantage des pontificats de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI. Rallumer la flamme de la foi qui a été atténuée au sein du Peuple de Dieu et l’apporter à ceux qui n’en ont pas fait encore l’expérience reste toujours un élément central de la mission de Sel et Lumière. Voilà le cœur de la nouvelle évangélisation ! D’un point de vue plus fondamental, il s’agit d’un apostolat d’éducation et d’évangélisation. C’est pourquoi S+L mérite et reçoit toute la reconnaissance et l’admiration des pères Basiliens. Étant nous-mêmes au service de l’éducation et de l’évangélisation, les pères Basiliens dont je fais partie, sont émerveillés devant la myriades d’initiatives et de possibilités que permet l’utilisation des médias comme la télévision et les réseaux sociaux lorsqu’ils sont utilisés au profit de nos instruments d’éducation et d’évangélisation plus traditionnels. Votre créativité qui se manifeste dans vos émissions et documentaires est pour nous une source de joie intense.

Comme je le mentionnais plus tôt, le contexte de l’évangile d’aujourd’hui nous amène à contempler votre charisme d’unité de votre ministère. C’est cette dimension qui m’a porté à avoir une appréciation encore plus profonde de la télévision S+L. Cette unité trouve sa force à de nombreuses sources : d’abord, c’est une conséquence des racines spirituelles qui sont au cœur de votre ministère. Nous connaissons tous la passion du père Tom pour les Écritures Saintes et nous voyons à quel point elle fut transmise à tous les niveaux de son entreprise apostolique. Une autre source de cette unité qui vous habite est la tradition vivante du Concile Vatican II qui imprègne virtuellement toutes vos émissions. Vous avez tellement donné pour stimuler ce désir d’une ecclésiologie toute conciliaire et, ce, spécialement chez les jeunes ! Une autre source d’unité,  qui est présente au sein de S+L depuis le commencement,  c’est la vie de saints et saintes, aujourd’hui vivants ou décédés, habités que nous sommes de cette conviction extraordinaire que nous pouvons tous être saints. Que, par la Grâce, cette sainteté est à notre portée, même si nous luttons quotidiennement avec nos faiblesses et nos péchés. Malgré tout cela, Dieu nous appelle à la sainteté et c’est cette même conviction qui nous permet de vivre saintement et, ainsi, d’être témoins de la foi de ceux qui nous ont précédés. La dernière source de l’unité est, selon moi, la force unificatrice du pape François. Évidemment, il s’agit de la première mission du ministère pétrinien. Toutefois, nous sentons que cet esprit est particulièrement perceptible dans la programmation de S+L. Programmation qui, soit dit en passant, est appréciée du pape François lui-même ! En effet, nous chérissons tous cette photo du pape François fixant l’écran d’ordinateur souriant et, ce, entouré de l’équipe de S+L. Ce sourire du pape François révèle une joie authentique et bellement partagée.

Nous ne devrions pas oublier l’importante contribution qu’apporte l’aspect plurilingue de la programmation qui favorise l’unité dont nous venons de parler.

L’Écriture Sainte, les enseignements du Concile Vatican II, la vie de saints hommes et femmes, le pape François, la pluralité de langues, voilà les grands socles qui apportent de l’unité non seulement à notre Église canadienne mais également à l’Église universelle. Je le répète, je ne connais aucun autre apostolat qui apporte davantage d’unité que la Télévision Sel et Lumière.

Pour tout cela, nous, les pères Basiliens, nous remercions Dieu de tout cœur.

Père George T. Smith, c.s.b.
Supérieur général
Congrégation de Saint-Basile
23 mars 2017

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Agnus Dei ou l’évangélisation par la beauté http://seletlumieretv.org/blogue/divers/agnus-dei-ou-levangelisation-par-la-beaute http://seletlumieretv.org/blogue/divers/agnus-dei-ou-levangelisation-par-la-beaute#respond Fri, 24 Mar 2017 17:46:28 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19310

Ce mercredi matin, 22 mars 2017,  avait lieu le lancement montréalais du plus récent album de Mario Pelchat intitulé « Agnus Dei ». Enregistré avec la collaboration de trois séminaristes, quatre prêtres et un évêque de l’archidiocèse de Québec, ce disque original nous fait revisiter une tradition musicale aussi riche qu’enracinée dans la culture québécoise. Je ne suis ni un spécialiste, ni un habitué de la critique culturelle et musicale. Je prends toutefois l’initiative de recommander ce que je perçois comme un excellent album. Il est, selon moi, un instrument pouvant nous faire voyager dans l’une des dimensions les plus accessibles de notre histoire catholique. Outre le plaisir inhérent à l’expérience musicale, l’écoute d’Agnus Dei de Mario Pelchat m’a procuré un sentiment de fierté. En effet, j’y ai perçu la conviction, à la fois, de l’immensité de notre héritage ecclésial ainsi que de la nécessité de l’implication des catholiques dans toutes les sphères de la société. Ce que nous appelons avec saint Paul « l’urgence missionnaire »(2 Cor 5:14).

Évangéliser par la beauté

La nouvelle évangélisation est évidemment la mission à laquelle nous sommes tous conviés. Or, bien que cette mission  n’ait pas d’abord pour but de préserver des « pierres » ( Mc 13,2) mais bien de présenter d’une manière renouvelée l’Alliance gratuite à laquelle Dieu nous convie en Jésus-Christ, nos églises, elles sont encore les lieux privilégiés de cette annonce. Pourquoi ? Pour la même raison qui a poussé et soutenu les « bâtisseurs de cathédrale » de chez nous, c’est-à-dire l’amour d’un Dieu Bon et Beau !

Bien que nos constructeurs d’aujourd’hui feront davantage dans la rénovation plutôt que dans la fondation, il n’en demeure pas moins que nous sommes invités à nous mettre à l’écoute de ceux qui nous regardent aujourd’hui du ciel. En effet, la meilleure garantie de nos aïeuls sur leurs églises fut de mettre tous leur cœur dans leurs constructions en y mettant ce qu’ils avaient de plus beau et de plus riche. Dostoïevski (L’idiot) disait : « La beauté sauvera le monde ». J’ajouterai à cela : « C’est la beauté qui sauvera nos églises ». Quel génie ils ont eu ! De fait, qui oserait détruire des œuvres d’art aussi inestimables ? Encore faudra-t-il être en mesure de reconnaître le beau. En sommes-nous encore capables ?  Je me le demande parfois lorsque je vois des églises être détruites…

Ainsi, comme l’enseigne le Concile Vatican II :

Dans la formation musicale des missionnaires, on veillera avec soin à ce que, dans la mesure du possible, ils soient capables de promouvoir la musique traditionnelle de ces peuples, tant à l’école que dans les actions sacrées. (No119)

Nul n’est moins au courant de l’importance du patrimoine religieux que les catholiques du Québec. Toutefois, personne n’est heureux de voir la destruction d’une église comme trop souvent nous en sommes témoins. L’évangélisation demande donc la préservation puisque la beauté des églises du Québec sera encore le lieu de cette rencontre d’un Amour qui bouleverse. Ainsi, puisque ce patrimoine demande l’implication de toute la société, cet album est une contribution non négligeable à cette éducation au beau dont nous avons grandement besoin.

Évangélisation exige préservation

Loin de se contenter de cela, Mario Pelchat a voulu témoigner concrètement de l’importance de la préservation de notre patrimoine qui incombe principalement aux laïcs. En effet, une grande partie des profits de cet album ira au transfert de l’Orgue Casavant de l’église Saint-François d’Assise de Limoilou vers la cathédrale de Baie-Comeau. En cela, il répond encore aux intuitions de Vatican II :

« On estimera hautement, dans l’Église latine, l’orgue à tuyaux comme l’instrument traditionnel dont le son peut ajouter un éclat admirable aux cérémonies de l’Église et élever puissamment les âmes vers Dieu et le ciel. » (no120)

L’orgue et les mélodies qui parsèment nos célébrations liturgiques demeurent encore pour nous et nos enfants l’instrument par excellence. Un moyen culturellement approprié et qui nous rend capable de sentir physiquement le Mystère auquel nous assistons et dont nous n’épuiserons jamais la richesse.

La nouvelle évangélisation par la beauté passe donc par l’implication de tous à la préservation de notre patrimoine. Suivons l’exemple de Mario Pelchat et des prêtres qui, de par leur témoignage, nous invite à suivre cette inspiration qui nous habite tous.

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Discours du pape François lors de l’audience avec les chefs d’États et de gouvernement de l’Union Européenne http://seletlumieretv.org/blogue/divers/discours-du-pape-francois-lors-de-laudience-avec-les-chefs-detats-et-de-gouvernement-de-lunion-europeenne http://seletlumieretv.org/blogue/divers/discours-du-pape-francois-lors-de-laudience-avec-les-chefs-detats-et-de-gouvernement-de-lunion-europeenne#respond Fri, 24 Mar 2017 17:42:48 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19302

Honorables hôtes,
Je vous remercie de votre présence, ce soir, à la veille du 60ème anniversaire de la signature des Traités fondateurs de la Communauté Economique Européenne et de la Communauté Européenne de l’Energie Atomique. Je désire signifier à chacun l’affection que le Saint Siège nourrit pour vos pays respectifs et pour toute l’Europe, aux destins desquels il est indissolublement lié, par disposition de la Providence divine. J’exprime une gratitude particulière à Monsieur Paolo Gentiloni, Président du Conseil des Ministres de la République italienne, pour les aimables paroles qu’il a adressées au nom de tous et pour l’engagement que l’Italie a prodigué pour préparer cette rencontre ; de même qu’à Monsieur Antonio Tajani, Président du Parlement européen, qui a exprimé les attentes des peuples de l’Union en cette occasion.

Revenir à Rome 60 ans après ne peut être seulement un voyage dans les souvenirs, mais bien plutôt le désir de redécouvrir la mémoire vivante de cet évènement pour en comprendre la portée dans le présent. Il faut se resituer dans les défis de l’époque pour affronter ceux d’aujourd’hui et de demain. Avec ses récits pleins d’évocations, la Bible nous offre une méthode pédagogique fondamentale : on ne peut pas comprendre le temps que nous vivons sans le passé, compris non pas comme un ensemble de faits lointains, mais comme la sève vitale qui irrigue le présent. Sans une telle conscience la réalité perd son unité, l’histoire son fil logique et l’humanité perd le sens de ses actions et la direction de son avenir.

Le 25 mars 1957 fut une journée chargée d’attentes et d’espérances, d’enthousiasme et d’anxiété, et seul un événement exceptionnel, par sa portée et ses conséquences historiques, pouvait la rendre unique dans l’histoire. La mémoire de ce jour s’unit aux espérances d’aujourd’hui et aux attentes des peuples européens qui demandent de discerner le présent afin de poursuivre, avec un élan renouvelé et avec confiance, le chemin commencé.

Les Pères fondateurs et les Responsables étaient bien conscients que, apposant leur signature sur les deux Traités, ils donnaient vie à cette réalité politique, économique, culturelle, mais surtout humaine, que nous appelons aujourd’hui l’Union Européenne. D’autre part, comme le disait le Ministre des Affaires Etrangères belge Spaak, il s’agissait, « c’est vrai, du bien-être matériel de nos peuples, de l’expansion de nos économies, du progrès social, de possibilités industrielles et commerciales totalement nouvelles, mais avant tout […] [d’] une conception de la vie à la mesure de l’homme fraternel et juste »[1].

Après les années sombres et cruelles de la Seconde Guerre Mondiale, les Responsables de l’époque ont eu foi en la possibilité d’un avenir meilleur, ils « n’ont pas manqué d’audace et n’ont pas agi trop tard. Le souvenir de leurs malheurs et peut-être aussi de leurs fautes semble les avoir inspirés, leur a donné le courage nécessaire pour oublier les vieilles querelles, […] penser et agir de manière vraiment nouvelle et pour réaliser la plus grande transformation […] de l’Europe »[2].

Les Pères fondateurs nous rappellent que l’Europe n’est pas un ensemble de règles à observer, elle n’est pas un recueil de protocoles et de procédures à suivre. Elle est une vie, une manière de concevoir l’homme à partir de sa dignité transcendante et inaliénable, et non pas seulement comme un ensemble de droits à défendre, ou de prétentions à revendiquer. A l’origine de l’idée d’Europe il y a « la figure et la responsabilité de la personne humaine avec son ferment de fraternité évangélique, […] avec sa volonté de vérité et de justice aiguisée par une expérience millénaire »[3]. Rome, avec sa vocation à l’universalité[4], est le symbole de cette expérience et pour cette raison fut choisie comme lieu de la signature des Traités, puisque ici – comme le rappela le Ministre des Affaires Etrangères Hollandais Luns – « furent jetées […] les bases politiques, juridiques et sociales de notre civilisation »[5].

S’il fut clair dès le début que le cœur palpitant du projet politique européen ne pouvait qu’être l’homme, le risque que les Traités restent lettre morte fut aussi évident. Ceux-ci devaient être remplis d’esprit vital. Et le premier élément de la vitalité européenne est la solidarité. «La Communauté économique européenne – a affirmé le Premier Ministre luxembourgeois Bech – ne vivra et ne réussira que si, tout au long de son existence, elle reste fidèle à l’esprit de solidarité européenne qui l’a fait naître et si la volonté commune de l’Europe en gestation est plus puissante que les volontés nationales »[6]. Cet esprit est d’autant plus nécessaire aujourd’hui devant les poussées centrifuges comme aussi devant la tentation de réduire les idéaux fondateurs de l’Union aux nécessités productives, économiques et financières.

La capacité de s’ouvrir aux autres naît de la solidarité. « Nos plans ne sont pas égoïstes »[7], a dit le Chancelier allemand Adenauer. Le Ministre des Affaires Etrangères français Pineau lui faisait écho: « Sans doute, les pays en s’unissant […] n’entendent pas s’isoler du reste du monde et dresser autour d’eux des barrières infranchissables »[8]. Dans un monde qui connaissait bien le drame des murs et des divisions, l’importance de travailler pour une Europe unie et ouverte était bien claire, ainsi que la volonté commune d’œuvrer pour supprimer cette barrière artificielle qui, de la Mer Baltique à l’Adriatique divisait le continent. Comme on a peiné pour faire tomber ce mur ! Et cependant aujourd’hui le souvenir de cette peine s’est perdu. S’est perdue aussi la conscience du drame des familles séparées, de la pauvreté et de la misère que cette division avait provoquées. Là où des générations aspiraient à voir tomber les signes d’une inimitié forcée, on se demande maintenant comment laisser au dehors les « dangers » de notre époque : en commençant par la longue file des femmes, hommes et enfants qui fuient la guerre et la pauvreté, qui demandent seulement la possibilité d’un avenir pour soi et pour leurs familles.

Dans l’absence de mémoire qui caractérise notre temps, on oublie souvent une autre grande conquête, fruit de la solidarité ratifiée le 25 mars 1957 : le temps de paix le plus long des derniers siècles. Des « peuples qui si souvent au cours des temps se sont trouvés dans des camps opposés, dressés les uns contre les autres sur le champ de bataille, […] se rejoignent et s’unissent à travers la richesse de leur diversité »[9]. La paix se construit toujours avec la participation libre et consciente de chacun. Cependant, « pour beaucoup aujourd’hui la paix semble [être], de quelque manière, un bien établi »[10] et il est ainsi facile de finir par la considérer superflue. Au contraire, la paix est un bien précieux et essentiel puisque sans elle on ne peut construire un avenir pour personne et on finit par “vivre au jour le jour”.

L’Europe unie naît, en effet, d’un projet clair, bien défini, correctement réfléchi, bien qu’au début seulement embryonnaire. Tout bon projet regarde vers l’avenir et l’avenir ce sont les jeunes, appelés à réaliser les promesses de l’avenir[11]. Il y avait donc chez les Pères fondateurs la claire conscience de faire partie d’une œuvre commune qui ne traverse pas seulement les frontières des Etats mais traverse aussi celles du temps de manière à lier les générations entre elles, toutes également participantes de la construction de la maison commune.

Honorables hôtes,
J’ai consacré cette première partie de mon intervention aux Pères de l’Europe, pour que nous nous laissions provoquer par leurs paroles, par l’actualité de leur pensée, par l’engagement passionné pour le bien commun qui les a caractérisés, par la certitude de faire partie d’une œuvre plus grande que leurs personnes et par la grandeur de l’idéal qui les animait. Leur dénominateur commun était l’esprit de service, uni à la passion politique et à la conscience qu’ « à l’origine de [cette] civilisation européenne se trouve le christianisme »[12], sans lequel les valeurs occidentales de dignité, de liberté, et de justice deviennent complètement incompréhensibles. « Et encore aujourd’hui – a affirmé saint Jean-Paul II – l’âme de l’Europe demeure unie, parce que, au-delà de ses origines communes, elle vit les mêmes valeurs chrétiennes et humaines, comme celles de la dignité de la personne humaine, du profond sentiment de la justice et de la liberté, du travail, de l’esprit d’initiative, de l’amour de la famille, du respect de la vie, de la tolérance, du désir de coopération et de paix, qui sont les notes qui la caractérisent »[13]. Dans notre monde multiculturel ces valeurs continueront à trouver plein droit de cité si elles savent maintenir leur lien vital avec la racine qui les a fait naître. Dans la fécondité d’un tel lien se trouve la possibilité de construire des sociétés authentiquement laïques, exemptes d’oppositions idéologiques, où trouvent également place le natif et l’autochtone, le croyant et le non croyant.

Au cours de ces dernières 60 années le monde a beaucoup changé. Si les Pères fondateurs, qui avaient survécu à un conflit dévastateur, étaient animés par l’espérance d’un avenir meilleur et déterminés par la volonté de le poursuivre, en évitant que surgissent de nouveaux conflits, notre époque est davantage dominée par l’idée de crise. Il y a la crise économique, qui a caractérisé les 10 dernières années, il y a la crise de la famille et des modèles sociaux consolidés, il y a une diffuse “crise des institutions” et la crise des migrants : beaucoup de crises, qui cachent la peur et le désarroi profond de l’homme contemporain, qui demande une nouvelle herméneutique pour l’avenir. Cependant, le terme “crise” n’a pas en soi une connotation négative. Il n’indique pas seulement un mauvais moment à dépasser. Le mot crise a pour origine le verbe grec crino (κρίνω), qui signifie examiner, évaluer, juger. Notre temps est donc un temps de discernement, qui nous invite à évaluer l’essentiel et à construire sur lui : c’est donc un temps de défis et d’opportunités.

Quelle est alors l’herméneutique, la clef d’interprétation avec laquelle nous pouvons lire les difficultés du présent et trouver des réponses pour l’avenir ? Le rappel de la pensée des Pères serait, en effet, stérile s’il ne servait pas à nous indiquer un chemin, s’il ne se faisait pas stimulation pour l’avenir et source d’espérance. Tout corps qui perd le sens de son chemin, tout corps à qui vient à manquer ce regard en avant, souffre d’abord d’une régression et finalement risque de mourir. Quel est donc l’héritage des Pères fondateurs ? Quelles perspectives nous indiquent-ils pour affronter les défis qui nous attendent? Quelle espérance pour l’Europe d’aujourd’hui et de demain ?

Nous trouvons les réponses précisément dans les piliers sur lesquels ils ont voulu édifier la Communauté économique européenne et que j’ai déjà rappelés : la centralité de l’homme, une solidarité effective, l’ouverture au monde, la poursuite de la paix et du développement, l’ouverture à l’avenir. Il revient à celui qui gouverne de discerner les voies de l’espérance, d’identifier les parcours concrets pour faire en sorte que les pas significatifs accomplis jusqu’ici ne se perdent pas, mais soient le gage d’un long et fructueux chemin.

L’Europe retrouve l’espérance lorsque l’homme est le centre et le cœur de ses institutions. J’estime que cela implique l’écoute attentive et confiante des requêtes qui proviennent aussi bien des individus que de la société et des peuples qui composent l’Union. Malheureusement, on a souvent l’impression qu’est en cours un ‘‘décrochage affectif’’ entre les citoyens et les institutions européennes, souvent considérées comme lointaines et pas attentives aux diverses sensibilités qui constituent l’Union. Affirmer la centralité de l’homme signifie aussi retrouver l’esprit de famille, dans lequel chacun contribue librement selon ses propres capacités et talents à [l’édification de] la maison commune. Il est opportun de se souvenir que l’Europe est une famille de peuples[14], que – comme dans chaque famille – il y a des susceptibilités différentes, mais que tous peuvent grandir dans la mesure où on est unis. L’Union Européenne naît comme unité des différences et unité dans les différences. Les particularités ne doivent donc pas effrayer, et on ne peut penser que l’unité soit préservée par l’uniformité. Elle est plutôt l’harmonie d’une communauté. Les Pères fondateurs ont choisi justement ce terme comme le pivot des entités qui naissaient des Traités, en mettant l’accent sur le fait qu’on mettait en commun les ressources et les talents de chacun. Aujourd’hui, l’Union Européenne a besoin de redécouvrir le sens d’être avant tout une ‘‘communauté’’ de personnes et de peuples conscients que « le tout est plus que la partie, et plus aussi que la simple somme de celles-ci »[15] et que donc « il faut toujours élargir le regard pour reconnaître un bien plus grand qui sera bénéfique à tous »[16]. Les Pères fondateurs cherchaient cette harmonie dans laquelle le tout est dans chacune des parties, et les parties sont – chacune avec sa propre originalité – dans le tout.

L’Europe retrouve l’espérance dans la solidarité qui est aussi le plus efficace antidote contre les populismes modernes. La solidarité comporte la conscience de faire partie d’un seul corps et en même temps implique la capacité que chaque membre a de ‘‘sympathiser’’ avec l’autre et avec l’ensemble. Si l’un souffre, tous souffrent (cf. 1 Co 12, 26). Ainsi, nous aussi, aujourd’hui, nous pleurons avec le Royaume-Uni les victimes de l’attentat qui a touché Londres il y a deux jours. La solidarité n’est pas une bonne intention : elle est caractérisée par des faits et des gestes concrets, qui rapprochent du prochain, indépendamment de la condition dans laquelle il se trouve. Au contraire, les populismes prospèrent précisément à partir de l’égoïsme, qui enferme dans un cercle restreint et étouffant et qui ne permet pas de surmonter l’étroitesse de ses propres pensées et de ‘‘regarder au- delà’’. Il faut recommencer à penser de manière européenne, pour conjurer le danger opposé d’une uniformité grise, c’est-à-dire le triomphe des particularismes. C’est à la politique que revient ce leadership d’idéaux qui évite de se servir des émotions pour gagner le consentement, mais qui élabore plutôt, dans un esprit de solidarité et de subsidiarité, des politiques faisant grandir toute l’Union dans un développement harmonieux, en sorte que celui qui réussit à courir plus vite puisse tendre la main à celui qui va plus lentement et qui a plus de difficultés à atteindre celui qui est en tête.

L’Europe retrouve l’espérance lorsqu’elle ne s’enferme pas dans la peur et dans de fausses sécurités. Au contraire, son histoire est fortement déterminée par la rencontre avec d’autres peuples et cultures et son identité « est, et a toujours été, une identité dynamique et multiculturelle »[17]. Le monde nourrit un intérêt pour le projet européen. Cet intérêt existe depuis le premier jour, à travers la foule amassée sur la place du Capitole et à travers les messages de félicitations qui arrivèrent des autres États. Il y en a encore plus aujourd’hui, à partir de ces pays qui demandent à entrer pour faire partie de l’Union, comme de ces États qui reçoivent des aides qui, grâce à une vive générosité, leur sont offertes pour faire face aux conséquences de la pauvreté, des maladies et des guerres. L’ouverture au monde implique la capacité de « dialogue comme forme de rencontre »[18] à tous les niveaux, à commencer par celui des États membres et des Institutions ainsi que des citoyens jusqu’à celui des nombreux immigrés qui abordent les côtes de l’Union. On ne peut pas se contenter de gérer la grave crise migratoire de ces années comme si elle n’était qu’un problème numérique, économique ou de sécurité. La question migratoire pose un problème plus profond, qui est d’abord culturel. Quelle culture propose l’Europe aujourd’hui ? La peur, souvent visible, trouve, en effet, dans la perte d’idéaux sa plus radicale cause. Sans une vraie perspective d’idéaux, on finit par être dominé par la crainte que l’autre nous arrache à nos habitudes consolidées, nous prive des conforts acquis, mette en quelque sorte en cause un style de vie trop souvent fait uniquement de bien-être matériel. Au contraire, la richesse de l’Europe a toujours été son ouverture spirituelle et la capacité à se poser des questions fondamentales sur le sens de l’existence. À l’ouverture envers le sens de l’éternel a correspondu également une ouverture positive, bien que non dénuée de tensions et d’erreurs, envers le monde. Le bien-être acquis semble, par contre, lui avoir rogné les ailes, et fait abaisser le regard. L’Europe a un patrimoine d’idéaux et de spiritualité unique au monde qui mérite d’être proposé à nouveau avec passion et avec une fraîcheur renouvelée et qui est le meilleur antidote contre le vide de valeurs de notre temps, terrain fertile pour toute forme d’extrémisme. Ce sont ces idéaux qui ont rendu Europe, cette ‘‘péninsule de l’Asie’’ qui depuis l’Oural arrive à l’Atlantique.

L’Europe retrouve l’espérance lorsqu’elle investit dans le développement et dans la paix. Le développement n’est pas assuré par un ensemble de techniques productives. Il concerne tout l’être humain : la dignité de son travail, des conditions de vie adéquates, la possibilité d’accéder à l’instruction et aux soins médicaux nécessaires. « Le développement est le nouveau nom de la paix »[19], a affirmé Paul VI, puisqu’il n’y a pas de vraie paix lorsqu’il y a des personnes marginalisées et contraintes à vivre dans la misère. Il n’y a pas de paix là où manquent le travail et la perspective d’un salaire digne. Il n’y a pas de paix dans les périphéries de nos villes, où se répandent drogue et violence.

L’Europe retrouve l’espérance lorsqu’elle s’ouvre à l’avenir. Lorsqu’elle s’ouvre aux jeunes, en leur offrant de sérieuses perspectives d’éducation, de réelles possibilités d’insertion dans le monde du travail. Lorsqu’elle investit dans la famille, qui est la première et fondamentale cellule de la société. Lorsqu’elle respecte la conscience et les idéaux de ses citoyens. Lorsqu’elle garantit la possibilité d’avoir des enfants, sans la peur de ne pas pouvoir les entretenir. Lorsqu’elle défend la vie dans toute sa sacralité.

Honorables hôtes,
Vu l’allongement général de l’espérance de vie, soixante ans sont aujourd’hui considérés comme le temps de la pleine maturité. Un âge crucial où encore une fois on est appelé à se remettre en cause. L’Union Européenne est aujourd’hui appelée à se remettre en cause, à soigner les inévitables ennuis de santé qui surviennent avec les années et à trouver de nouveaux parcours pour poursuivre son chemin. Cependant, à la différence d’un être humain de soixante ans, l’Union Européenne n’a pas devant elle une vieillesse inévitable, mais la possibilité d’une nouvelle jeunesse. Son succès dépendra de la volonté de travailler une fois encore ensemble et de la volonté de parier sur l’avenir. Il vous reviendra, en tant que dirigeants, de discerner la voie d’un « nouvel humanisme européen »[20], fait d’idéaux et de choses concrètes. Cela signifie ne pas avoir peur de prendre des décisions efficaces, en mesure de répondre aux problèmes réels des personnes et de résister à l’épreuve du temps.

De mon côté, je ne peux qu’assurer de la proximité du Saint-Siège et de l’Église à l’Europe entière, à l’édification de laquelle elle a depuis toujours contribué et contribuera toujours, en invoquant sur elle la bénédiction du Seigneur, afin qu’il la protège et lui donne la paix et le progrès. C’est pourquoi, je fais miennes les paroles que Joseph Bech a prononcées au Capitole : Ceterum censeo Europam esse ædificandam, d’ailleurs je pense que l’Europe mérite d’être construite.

Merci !

[1] P.H. Spaak, Ministre des Affaires Etrangères de la Belgique, Discours prononcé à l’occasion de la signature des Traités de Rome, 25 mars 1957.
[2] P.H. Spaak, Discours, cit.
[3] A. de Gasperi, Notre patrie l’Europe. Discours à la Conférence Parlementaire Européenne, 21 avril 1954, in : Alcide De Gasperi e la politica internazionale, Cinque Lune, Roma 1990, vol.III, 437-440.
[4] Cf. P.H. Spaak, Discours, cit.
[5] J. Luns, Ministre des Affaires Etrangères des Pays Bas, Discours prononcé à l’occasion de la signature des Traités de Rome, 25 mars 1957.
[6] J. Bech, Premier Ministre du Luxembourg, Discours prononcé à l’occasion de la signature des Traités de Rome, 25 mars 1957.
[7] K. Adenauer, Chancelier fédéral de la République Fédérale d’Allemagne, Discours prononcé à l’occasion de la signature des Traités de Rome, 25 mars 1957.
[8] C. Pineau, Ministre des Affaires Etrangères de la France, Discours prononcé à l’occasion de la signature des Traités de Rome, 25 mars 19857.
[9] P.H. Spaak, Discours, cit.
[10] Discours aux membres du Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège, 9 janvier 2017.[11] Cf. P.H. Spaak, Discours, cit.
[12] A. de Gasperi, Notre Patrie Europe, cit.
[13] Jean-Paul II, Acte européen, Saint Jacques de Compostelle, 9 novembre 1982 : AAS 75/I (1983), 329.
[14] Cf. Discours au Parlement Européen, Strasbourg, 25 novembre 2014 : AAS 106 (2014), 1000
[15] Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 235
[16] Ibid.
[17] Discours lors de la remise du Prix Charlemagne, 6 mai 2016, Osservatore Ramano Édition française (12 mai 2016), p. 10.
[18] Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 239.
[19] Paul VI, Lett.enc. Populorum progressio, 26 mars 1967, n. 87 : AAS 59 (1967), p. 299.
[20] Discours lors de la remise du Prix Charlemagne, 6 mai 2016. Osservatore Romano, Edition française (12 mai 2016), p. 10.[00420-FR.01] [Texte original: Français]

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Chasser l’aveuglement : retrouver la vue dans la lumière du Christ http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/chasser-laveuglement-retrouver-la-vue-dans-la-lumiere-du-christ http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/chasser-laveuglement-retrouver-la-vue-dans-la-lumiere-du-christ#respond Fri, 24 Mar 2017 17:28:55 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19317

Une réflexion pour le quatrième dimanche du Carême

Il est difficile d’imaginer à quel point la vie serait différente si nous étions nés aveugles. Comment fonctionnerions-nous ? Comment percevrions-nous le monde ? Mais est-ce que la cécité physique est la seule sorte d’aveuglement ? S’agit-il du pire type d’aveuglement ?

Le quatrième dimanche du Carême nous montre que ce n’est pas le cas. Il nous est présenté l’Évangile du mendiant aveugle de naissance (Jean 9,1-41). Le récit commence lorsque Jésus arrive sur les lieux avec Ses disciples. Tout de suite, ils Lui demandent : « Qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ». « Ni lui, ni ses parents », réplique Jésus. C’était plutôt pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Jésus termine : « Je suis la lumière du monde. » Puis, Il crache à terre, Il fait de la boue, Il la met sur les yeux du mendiant, et Il l’envoie se laver à la piscine de Siloé. Miraculeusement, quand l’homme revient, il voit.

Les voisins de l’aveugle-né sont sceptiques : « Comment est-ce possible ? ». Celui-ci répond simplement : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : ‘Va à Siloé et lave-toi.’ J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. ». Incrédules, ils l’amènent aux Pharisiens. Là, il raconte une deuxième fois ce que Jésus a fait pour lui. La stratégie des Pharisiens est de discréditer Jésus en en faisant un pécheur. Dans l’échange qui suit, même les parents de l’homme sont interrogés pour confirmer qu’il était véritablement né aveugle. Doute sur doute sur doute.

Jésus revient à l’homme, qui proclame sa foi toute simple, pas du tout affectée par le cynisme qui l’entoure : « Je crois, Seigneur ! ». Les Pharisiens inquisiteurs reviennent une fois encore. Ils demandent à Jésus : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? ». La réponse de Jésus met un point final qui résume tout l’événement : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais à partir du moment où vous dites : ‘Nous voyons !’, votre péché demeure. »

Que tirons-nous de tout cela ?

Dès le début, les disciples, les voisins, et les Pharisiens nous révèlent quelque chose sur notre nature humaine. Les disciples pointent leurs doigts accusateurs. Sûrement, ce doit être la faute de quelqu’un dans le cas d’un homme né aveugle. Alors, qui est coupable ? – Le mendiant ou ses parents ? Ses voisins se joignent au cynisme des disciples. Au lieu de se réjouir du fait que leur voisin peut finalement voir, ils sont méfiants. Ne trouvant aucune autre façon d’expliquer la situation, les Pharisiens ont recours à une accusation contre Jésus, et Lui trouvent comme une fraude.

Comme il est facile de tomber dans le même piège ! Quand nous ne comprenons pas, quand nous ne maitrisons pas une situation, nous nous sentons menacés ! Alors nous devenons méfiants, nous accusons les autres, nous fabriquons des histoires. Nous sommes alors absorbés par notre propre perspective et nous perdons de vue l’ensemble. Nous pensons seulement à notre propre bien au détriment du bien des autres. Pourquoi est-il si difficile de se réjouir et d’apprécier les bonnes choses qui arrivent aux autres ? Pourquoi est-ce que les hommages et les succès qui arrivent aux autres nous rendent-ils malheureux ou mal-à-l’aise ? Quel aveuglement nous empêche de voir la bonté qui nous entoure ? Et comment sortir de cet aveuglement ?

Jésus donne à Ses disciples le secret pour guérir leur aveuglement même avant qu’Il commence à guérir l’homme né aveugle. Il leur dit : « Je suis la lumière du monde. ». Voilà le remède à leur aveuglement. L’homme aveugle de naissance manifeste la puissance de Dieu en révélant le remède à notre aveuglement. Le remède qui nous rend capable de voir véritablement : c’est Jésus !

L’aveuglement des Pharisiens prend racine dans leur manque d’assurance. Ils ne peuvent pas accepter que Jésus fasse du bien de peur que cela mette en péril leur statut dans la société. Leur vision était si obscurcie par leur volonté d’avoir raison qu’ils étaient incapables de se réjouir lorsque l’homme né aveugle fut définitivement guéri. Ils étaient à ce point absorbés par leurs tentatives de prouver leur supériorité face aux autres que leurs manigances les ont empêchés de voir la puissance de la bonté de Dieu. Leur attachement à leur propre perspective a brouillé leur vision les empêchant de voir les choses à partir de la perspective de Dieu.

Jésus est la vraie lumière par laquelle nous sommes capables de nous voir nous-même et notre voisin. Dieu voit les choses comme elles sont véritablement. Jésus nous révèle la perspective de Dieu. Il est l’antidote à notre cynisme, notre doute, et notre méfiance qui nous empêchent de voir clairement la réalité. Ils obscurcissent notre vision et nous portent à trébucher. Si nous doutons de la bonté de Dieu, nous aussi, nous devenons insécures. Nous pouvons faire passer notre manque d’assurance sur les autres, et nous pouvons être tentés de les rabaisser afin de réussir. Nous pouvons les ignorer afin de nous rassurer. Nous pouvons échouer à voir notre vraie valeur. L’orgueil et l’égoïsme s’installent quand nous ne nous voyons pas comme Dieu nous voit. Alors, nous essayons de compenser en prétendant être meilleurs que les autres, en les rabaissant pour nous sentir mieux. Comme dans le cas des Pharisiens, notre aveuglement face à la vérité sur les autres vient de notre aveuglement face à la vérité sur nous-même.

La cure c’est de croire avec la foi simple de l’homme né aveugle : « Je crois, Seigneur ! ». Cette cure nous permet de voir la vérité sur nous-mêmes, de nous voir à travers la lumière de Jésus. Dans Sa lumière, nous nous voyons tels que nous sommes véritablement. Nous nous voyons comme Dieu nous voit. Nous voyons que Dieu nous aime vraiment, nous voyons que Dieu nous a créés, et nous voyons qu’en Jésus, Dieu est venu pour racheter nos péchés. Nous voyons ainsi que Dieu est vraiment miséricordieux, qu’Il se réjouit de nous pardonner. Nous voyons que le pardon de Dieu n’est pas seulement pour toute l’humanité globalement, mais aussi pour chacun de nous, pour moi personnellement. Nous voyons que Dieu veut ce qui est véritablement bon pour nous, et qu’Il ne se fatigue jamais de nous accueillir encore et encore, les bras ouverts. Nous voyons que nous sommes bons à Ses yeux. Lorsque nous voyons par la lumière du Christ, nous commençons à voir véritablement.

Quelle menace est-ce que l’homme né aveugle représentait pour les Pharisiens ? Pourquoi est-ce que ses voisins n’ont pas accepté qu’il soit guéri ? La guérison de cet aveugle menaçait l’aveuglement des Pharisiens. Leur aveuglement les a empêchés de voir la lumière qui vient de Jésus. Leurs yeux sont restés fermés à la vérité sur eux-mêmes, et donc ils n’ont pas pu accepter la vérité sur Dieu et sur les autres. Jésus vient illuminer notre vision afin que nous puissions voir la bonté de Dieu – à l’œuvre dans notre vie et la vie de nos voisins. Il ouvre nos yeux afin que nous puissions voir véritablement.

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Échos du Vatican http://seletlumieretv.org/blogue/divers/echos-du-vatican-84 http://seletlumieretv.org/blogue/divers/echos-du-vatican-84#respond Wed, 22 Mar 2017 14:16:31 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19298

Éclairage dans cette émission sur le rôle de l’Église durant la seconde guerre mondiale, dans le contexte de le béatification, le 18 mars dernier, d’un opposant au nazisme.

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Les Sept dernières paroles du Christ: 4e réflexion de carême http://seletlumieretv.org/blogue/divers/les-sept-dernieres-paroles-du-christ-4e-reflexion-de-careme http://seletlumieretv.org/blogue/divers/les-sept-dernieres-paroles-du-christ-4e-reflexion-de-careme#respond Wed, 22 Mar 2017 13:39:37 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19294

Quatrième parole
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Matthieu 27, 45-46

1. Nous nous concentrons sur les trois dernières heures de Jésus sur la croix. Marc met l’accent sur le fait qu’Il fut cloué à la croix à 9 heures du matin. Il y a beaucoup de différences dans les récits des Évangiles de Mathieu, Marc, Luc et Jean même en ce qui a trait aux dernières paroles de Jésus. Cette semaine, prenez le temps de lire ces différents récits. Lequel de ces récits vous touche davantage ?

2. Dans l’Évangile de Mathieu, Jésus prononce la « quatrième parole » tirée du Psaume 22. Lisez le Psaume 22 cette semaine. Comment vous adressez-vous à Dieu ?

3. Dans ce cheminement de carême, êtes-vous conscient de la Présence de Dieu à tout moment? Qu’est-ce qui vous aide à garder cette Présence constante à votre conscience ?

4. Une question brûlante nous hante toujours : comment le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob peut-il être au milieu d’une telle destruction, d’une telle perte et d’une telle horreur ?

5. « Jésus ne nous apporte pas la délivrance de la mort mais la délivrance à travers elle. » Qu’est- ce que cela signi e pour vous ?

6. « Nous sommes-nous sentis abandonnés dans nos souffrances, ou avons-nous abandonné nos proches à leurs douleurs et à leurs souffrances ? Est-ce que je fais parfois mienne cette prière du psalmiste et de Jésus : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » ?

Vous pouvez vous procurer le livre « Les Sept dernières paroles du Christ » du père Thomas Rosica c.s.b. en ligne:
Vous pouvez également consulter le guide d’étude du carême 2017 au lien suivant:
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Message du pape François pour la 32e Journée mondiale de la jeunesse (Panama 2019) http://seletlumieretv.org/blogue/divers/message-du-pape-francois-pour-la-32e-journee-mondiale-de-la-jeunesse-9-avril-2017 http://seletlumieretv.org/blogue/divers/message-du-pape-francois-pour-la-32e-journee-mondiale-de-la-jeunesse-9-avril-2017#respond Tue, 21 Mar 2017 13:08:40 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19285

« Le Puissant fit pour moi des merveilles » (Lc 1, 49)

Chers jeunes,
Nous voici de nouveau en chemin après notre merveilleuse rencontre à Cracovie, où nous avons célébré les XXXIèmes Journées Mondiales de la Jeunesse et le Jubilé des jeunes, dans le cadre de l’Année Sainte de la Miséricorde. Nous nous sommes laissés guider par saint Jean-Paul II et par sainte Faustine Kowalska, apôtres de la miséricorde divine, pour donner une réponse concrète aux défis de notre temps. Nous avons vécu une forte expérience de fraternité et de joie, et nous avons donné au monde un signe d’espérance ; les divers drapeaux et langues n’étaient pas un motif de conflit et de division, mais une occasion afin d’ouvrir les portes des cœurs, de construire des ponts.

Au terme des Journées Mondiales de Cracovie, j’ai indiqué la prochaine destination de notre pèlerinage qui, par la grâce de Dieu, nous conduira au Panama en 2019. La Vierge Marie nous accompagnera sur ce chemin, elle que toutes les générations disent bienheureuse (cf. Lc 1, 48). Le nouveau tronçon de notre itinéraire se relie au précédent, qui était centré sur les Béatitudes, mais nous pousse à aller de l’avant. J’ai en effet à cœur que vous les jeunes vous puissiez marcher non seulement en faisant mémoire du passé, mais en ayant également le courage dans le présent et l’espérance pour l’avenir. Ces attitudes, toujours vivantes dans la jeune Femme de Nazareth, sont exprimées clairement dans les thèmes choisis pour les trois prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse. Cette année (2017), nous réfléchirons sur la foi de Marie lorsqu’elle a déclaré dans le Magnificat : « Le Puissant fit pour moi des merveilles » (Lc 1, 49). Le thème de l’année prochaine (2018) – « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1, 30) – nous fera méditer sur la charité pleine de courage avec laquelle la Vierge a accueilli l’annonce de l’ange. Les Journées Mondiales de la Jeunesse 2019 s’inspireront des paroles « Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 30), réponse de Marie à l’ange, pleine d’espérance.

En octobre 2018, l’Église célèbrera le Synode des Évêques sur le thème : « Les jeunes, la foi et le discernement des vocations ». Nous nous interrogerons sur la manière dont vous les jeunes, vous vivez l’expérience de la foi au milieu des défis de notre temps. Et nous affronterons aussi la question de la façon dont vous pourrez faire mûrir un projet de vie, en discernant votre vocation, entendue au sens large, c’est-à-dire au mariage, dans l’environnement laïc et professionnel, ou à la vie consacrée et au sacerdoce. Je voudrais qu’il y ait une grande syntonie entre le parcours vers les Journées Mondiales de la Jeunesse du Panama et le cheminement synodal.

Notre temps n’a pas besoin de ‘‘jeunes-divan’’
Selon l’Évangile de Luc, après avoir accueilli l’annonce de l’ange et après avoir dit son ‘‘oui’’ à l’appel à devenir mère du Sauveur, Marie se lève et va en toute hâte visiter sa cousine Elisabeth, qui est à son sixième mois de grossesse (cf. 1, 36.39). Marie est très jeune ; ce qui lui a été annoncé est un don immense, mais comporte aussi des défis très grands ; le Seigneur l’a assurée de sa présence et de son soutien, mais beaucoup de choses demeurent encore obscures dans son esprit et dans son cœur. Pourtant Marie ne s’enferme pas chez elle, elle ne se laisse pas paralyser par la peur ou par l’orgueil. Marie n’est pas le genre de personne qui, pour être à l’aise, a besoin d’un bon divan où se sentir bien installée et à l’abri. Elle n’est pas une jeune-divan ! (cf. Discours à l’occasion de la Veillée, Cracovie, 30 juillet 2016). Si sa cousine âgée a besoin d’une aide, elle ne tarde pas et se met immédiatement en route.

Le chemin pour rejoindre la maison d’Elisabeth est long : 150 kilomètres environ. Mais la jeune de Nazareth, poussée par l’Esprit Saint, ne connaît pas d’obstacles. Sûrement, les journées de marche l’ont aidée à méditer sur l’événement merveilleux dans lequel elle était impliquée. Il en est de même avec nous également lorsque nous nous mettons en pèlerinage : au long du chemin, nous reviennent à l’esprit les faits de la vie, et nous pouvons en mûrir le sens et approfondir notre vocation, révélée ensuite dans la rencontre avec Dieu et dans le service des autres.

Le Puissant fit pour moi des merveilles
La rencontre entre les deux femmes, l’une jeune et l’autre âgée, est pleine de la présence de l’Esprit Saint, et chargée de joie ainsi que d’émerveillement (cf. Lc 1, 40-45). Les deux mamans, tout comme les enfants qu’elles portent dans leur sein, dansent presque de joie. Elisabeth , touchée par la foi de Marie, s’exclame : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (v. 45). Oui, l’un des grands dons que la Vierge a reçu est celui de la foi. Croire en Dieu est un don inestimable, mais qui demande aussi à être reçu ; et Elisabeth bénit Marie pour cela. À son tour, elle répond par le chant du Magnificat (cf. Lc 1, 46-55), où nous trouvons l’expression : « Le Puissant fit pour moi des merveilles » (v. 49).

C’est une prière révolutionnaire, celle de Marie, le chant d’une jeune pleine de foi, consciente de ses limites mais confiante en la miséricorde divine. Cette petite femme courageuse rend grâce à Dieu parce qu’il a regardé sa petitesse et pour l’œuvre de salut qu’il a accomplie en faveur de son peuple, des pauvres et des humbles. La foi est le cœur de toute l’histoire de Marie. Son cantique nous aide à comprendre la miséricorde du Seigneur comme moteur de l’histoire, aussi bien de l’histoire personnelle de chacun de nous que de l’humanité entière.

Lorsque Dieu touche le cœur d’un jeune, d’une jeune, ceux-ci deviennent capables d’actions vraiment grandioses. Les ‘‘merveilles’’ que le Puissant a faites dans l’existence de Marie nous parlent aussi de notre voyage dans la vie, qui n’est pas un vagabondage sans signification, mais un pèlerinage qui, même avec toutes ses incertitudes et ses souffrances, peut trouver en Dieu sa plénitude (cf. Angelus, 15 août 2015). Vous me direz : ‘‘Père, mais je suis très limité, je suis pécheur, que puis-je faire ?’’. Quand le Seigneur nous appelle, il ne s’arrête pas à ce que nous sommes ou à ce que nous avons fait. Au contraire, au moment où il nous appelle, il regarde tout ce que nous pourrions faire, tout l’amour que nous sommes capables de libérer. Comme la jeune Marie, vous pouvez faire en sorte que votre vie devienne un instrument pour améliorer le monde. Jésus vous appelle à laisser votre empreinte dans la vie, une empreinte qui marque l’histoire, votre histoire et l’histoire de beaucoup (cf. Discours à l’occasion de la veillée, Cracovie 30 juillet 2016).

Être des jeunes ne veut pas dire être déconnectés du passé
Marie a à peine dépassé l’âge de l’adolescence, comme beaucoup d’entre vous. Pourtant, dans le Magnificat, elle prête une voix de louange à son peuple, à son histoire. Cela nous montre qu’être jeune ne veut pas dire être déconnecté du passé. Notre histoire personnelle s’insère dans une longue suite, dans un cheminement communautaire qui nous a précédés dans les siècles. Comme Marie, nous appartenons à un peuple. Et l’histoire de l’Église nous enseigne que, même lorsqu’elle doit traverser des mers agitées, la main de Dieu la guide, lui fait surmonter des moments difficiles. L’expérience authentique de l’Église n’est pas comme un flashmob, où on se donne rendez-vous, se réalise une performance et puis chacun va son chemin. L’Église porte en elle une longue tradition, qui se transmet de génération en génération, en s’enrichissant en même temps de l’expérience de chacun. Votre histoire a aussi sa place dans l’histoire de l’Église.

Faire mémoire du passé sert également à accueillir les interventions inédites que Dieu veut réaliser en nous et à travers nous. Et cela nous invite à nous ouvrir pour être choisis comme ses instruments, collaborateurs de ses projets de salut. Vous aussi, jeunes, vous pouvez faire de grandes choses, assumer de grandes responsabilités, si vous reconnaissez l’action miséricordieuse et toute puissante de Dieu dans votre vie.

Je voudrais vous poser quelques questions : comment ‘‘sauvez-vous’’ dans votre mémoire les événements, les expériences de votre vie ? Comment traitez-vous les faits et les images imprimés dans vos souvenirs ? Certains, particulièrement blessés par les circonstances de la vie, auraient envie de ‘‘reconfigurer’’ leur passé, de se servir du droit à l’oubli. Mais je voudrais vous rappeler qu’il n’y a pas de saint sans passé, ni de pécheur sans avenir. La perle naît d’une blessure de l’huître ! Jésus, par son amour, peut guérir nos cœurs, en transformant nos blessures en d’authentiques perles. Comme disait saint Paul, le Seigneur peut manifester sa force à travers nos faiblesses (cf. 2 Co 12, 9).

Cependant, nos souvenirs ne doivent pas demeurer tous entassés, comme dans la mémoire d’un disque dur. Et il n’est pas possible d’archiver tout dans un ‘‘nuage’’ virtuel. Il faut apprendre à faire de manière à ce que les faits du passé deviennent une réalité dynamique, sur laquelle réfléchir et dont tirer un enseignement et un sens pour notre présent et notre avenir. Découvrir le fil rouge de l’amour de Dieu qui relie toute notre existence est une tâche ardue, mais nécessaire.

Beaucoup de personnes disent que vous les jeunes, vous êtes sans mémoire et superficiels. Je ne suis pas du tout d’accord ! Il faut cependant reconnaître que ces temps-ci il est nécessaire de récupérer la capacité de réfléchir sur sa propre vie et de la projeter vers l’avenir. Avoir un passé, ce n’est pas la même chose que d’avoir une histoire. Dans notre vie, nous pouvons avoir de nombreux souvenirs, mais combien de souvenirs construisent vraiment notre mémoire? Combien sont significatifs pour nos cœurs et aident à donner un sens à notre existence ? Les visages des jeunes, dans les ‘‘social’’, apparaissent dans de nombreuses photographies qui relatent des événements plus ou moins réels, mais nous ne savons pas dans tout cela ce qui est une ‘‘histoire’’, une expérience qui puisse être racontée, ayant un objectif et un sens. Les programmes de télévision sont remplis de ce qu’on appelle ‘‘reality show’’, mais ils ne sont pas des histoires réelles, ce ne sont que des minutes qui s’écoulent devant un écran, durant lesquelles les personnages vivent au jour le jour, sans un projet. Ne vous laissez pas égarer par cette fausse image de la réalité ! Soyez protagonistes de votre histoire, décidez de votre avenir !

Comment rester connecté, en suivant l’exemple de Marie
On dit de Marie qu’elle gardait toutes les choses en les méditant dans son cœur (cf. Lc 2,19.51). Cette humble jeune fille de Nazareth nous enseigne par son exemple à conserver la mémoire des événements de la vie, mais aussi à les assembler, en reconstruisant l’unité des fragments, qui ensemble peuvent composer une mosaïque. Comment pouvons-nous nous exercer concrètement en ce sens ? Je vous fais quelques suggestions.

À la fin de chaque journée, nous pouvons nous arrêter pendant quelques minutes pour nous rappeler les beaux moments, les défis, ce qui a bien marché et ce qui est allé de travers. Ainsi, devant Dieu et nous-mêmes, nous pouvons manifester les sentiments de gratitude, de repentir et de confiance, si vous le voulez, en les écrivant dans un carnet, une espèce de journal spirituel. Cela signifie prier dans la vie, avec la vie et sur la vie, et sûrement cela vous aidera à percevoir mieux les merveilles que le Seigneur fait pour chacun d’entre vous. Comme disait saint Augustin, nous pouvons trouver Dieu dans les vastes champs de notre mémoire (cf. Les confessions, Livre X, 8, 12).

En lisant le Magnificat, nous voyons combien Marie connaissait la Parole de Dieu. Chaque verset de ce cantique a son parallèle dans l’Ancien Testament. La jeune mère de Jésus connaissait bien les prières de son peuple. Sûrement, ses parents, ses grands-parents les lui ont enseignées. Combien la transmission de la foi d’une génération à l’autre est importante ! Il y a un trésor caché dans les prières que nous enseignent nos anciens, dans cette spiritualité vécue dans la culture des humbles que nous appelons piété populaire. Marie recueille le patrimoine de foi de son peuple et le recompose dans un chant complètement sien, mais qui est en même temps un chant de l’Église entière. Et toute l’Église le chante avec elle. Pour que, vous aussi jeunes, vous puissiez chanter un Magnificat complètement vôtre et faire de votre vie un don à l’humanité entière, il est fondamental de vous relier à la tradition historique et à la prière de ceux qui vous ont précédés. D’où l’importance de bien connaître la Bible, la Parole de Dieu, de la lire chaque jour en la confrontant avec votre vie, en lisant les événements quotidiens à la lumière de ce que le Seigneur vous dit dans les Saintes Écritures. Dans la prière et dans la lecture priante de la Bible (ce qu’on appelle la lectio divina), Jésus réchauffera vos cœurs, éclairera vos pas, également dans les moments sombres de votre existence (cf. Lc 24, 13-35).

Marie nous enseigne aussi à vivre dans une attitude eucharistique, c’est-à-dire à rendre grâce, à cultiver la louange, à ne pas nous fixer uniquement sur les problèmes et sur les difficultés. Dans la dynamique de la vie, les supplications d’aujourd’hui deviendront des motifs d’action de grâce de demain. Ainsi, votre participation à la Sainte Messe et les moments où vous célébrez le sacrement de la Réconciliation seront en même temps sommet et point de départ : vos vies se renouvèleront chaque jour dans le pardon, en devenant une louange permanente au Tout-Puissant : « Fiez-vous au souvenir de Dieu : […] sa mémoire est un cœur tendre de compassion, qui se plaît à effacer définitivement toutes nos traces de mal. » (Homélie lors de la Sainte Messe des Journées Mondiales de la Jeunesse, Cracovie, 31 juillet 2016).

Nous avons vu que le Magnificat jaillit du cœur de Marie au moment où elle rencontre Elisabeth, sa cousine âgée. Celle-ci, par sa foi, par son regard avisé et par ses paroles, aide la Vierge à mieux comprendre la grandeur de l’action de Dieu en elle, de la mission qu’il lui a confiée. Et vous, vous rendez-vous compte de la source extraordinaire de richesse qu’est la rencontre entre les jeunes et les personnes âgées ? Quelle importance accordez-vous aux personnes âgées, à vos grands-parents ? Justement, vous aspirez à ‘‘prendre l’envol’’, vous portez dans vos cœurs de nombreux rêves, mais vous avez besoin de la sagesse et de la vision des personnes âgées. Tandis que vous ouvrez vos ailes au vent, il est important que vous découvriez vos racines et que vous recueilliez le témoignage des personnes qui vous ont précédés. Pour construire un avenir qui ait du sens, il faut connaître les événements passés et prendre position face à eux (cf. Exhort. ap. postsyn. Amoris laetitia, nn. 191.193). Vous, jeunes, vous avez la force, les personnes âgées ont la mémoire et la sagesse. Comme Marie face à Elisabeth, dirigez votre regard vers les personnes âgées, vers vos grands-parents. Ils vous diront des choses qui passionneront votre esprit et toucheront votre cœur.

Fidélité créatrice pour construire des temps nouveaux
Certes, vous avez peu d’années sur vos épaules et pour cela il peut vous sembler difficile d’accorder la valeur due à la tradition. Ayez bien présent à l’esprit que cela ne veut pas dire être traditionaliste. Non ! Quand Marie, dans l’Évangile, dit « le Puissant fit pour moi des merveilles », elle entend que ces ‘‘merveilles’’ ne sont pas finies, mais continuent à se réaliser dans le présent. Il ne s’agit pas d’un passé lointain. Savoir faire mémoire du passé ne signifie pas être nostalgique ou rester attaché à une période déterminée de l’histoire, mais savoir reconnaître ses propres origines, pour retourner toujours à l’essentiel et se lancer avec une fidélité créatrice dans la construction des temps nouveaux. Ce serait un malheur et cela ne servirait à personne de cultiver une mémoire paralysante, qui fait faire toujours les mêmes choses de la même manière. C’est un don du ciel de pouvoir voir que beaucoup d’entre vous, avec vos interrogations, rêves et questions, s’opposent à ceux qui disent que les choses ne peuvent pas être différentes.

Une société qui ne valorise que le présent tend aussi à dévaluer tout ce qui est hérité du passé, comme par exemple les institutions du mariage, de la vie consacrée, de la mission sacerdotale. Celles-ci finissent par être vues comme dénuées de sens, comme des modèles dépassés. On pense vivre mieux dans des situations dites ‘‘ouvertes’’, en se comportant dans la vie comme dans un reality show, sans objectif et sans but. Ne vous laissez pas tromper ! Dieu est venu élargir les horizons de notre vie, dans toutes les directions. Il nous aide à accorder la valeur due au passé, pour mieux projeter un avenir de bonheur : mais cela n’est possible que si l’on vit d’authentiques expériences d’amour, qui se concrétisent dans la découverte de l’appel du Seigneur et dans l’adhésion à cet appel. Et c’est l’unique chose qui nous rend vraiment heureux.

Chers jeunes, je confie votre cheminement vers Panama, ainsi que l’itinéraire de préparation du prochain Synode des Évêques, à la maternelle intercession de la Bienheureuse Vierge Marie. Je vous invite à vous souvenir de deux événements importants de 2017 : les trois cents ans de la redécouverte de l’image de la Vierge Aparecida, au Brésil ; et le centenaire des apparitions de Fatima, au Portugal, où, par la grâce de Dieu, je me rendrai, en tant que pèlerin, en mai prochain. Saint Martin de Porres, l’un des saints patrons de l’Amérique Latine et des Journées Mondiales de la Jeunesse 2019, dans son humble service quotidien, avait l’habitude d’offrir les meilleures fleurs à Marie, comme signe de son amour filial. Cultivez, vous aussi, comme lui, une relation de familiarité et d’amitié avec la Vierge, en lui confiant vos joies, vos inquiétudes et vos préoccupations. Je vous assure que vous ne le regretterez pas.

Que la jeune de Nazareth, qui dans le monde entier a pris mille visages et noms pour se rendre proche de ses enfants, intercède pour chacun de nous et nous aide à chanter les merveilles que le Seigneur accomplit en nous et par nous.

Du Vatican, 27 février 2017
Mémoire de Saint Gabriel de l’Addolorata

[00396-FR.01] [Texte original: Français]

FRANÇOIS

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Quatrième dimanche du Carême, Année A – 26 mars 2017

1 Samuel 16,1.6-7.10-13a
Éphésiens 5,8-14
Jean 9,1-41

Le très beau récit tiré aujourd’hui de l’Évangile de Jean (Jean 9,1-41) nous parle de fixer le visage de Jésus, de laisser les écailles de l’aveuglement tomber de nos yeux, de faire l’expérience de son pouvoir de guérison et de reconnaître Jésus pour ce qu’il est vraiment : le Seigneur et le Sauveur venu dans le monde. Dès le début du texte de Jean, la question de l’origine donne le ton au récit. D’où vient Jésus ? Qui l’a envoyé ? Quelle école rabbinique a fréquenté cet homme originaire de Nazareth ? Où a-t-il pris tout ça ? Où a-t-il appris à enfreindre la loi de Dieu ? Ces questions hantent le récit provocant de la guérison de l’aveugle-né dans l’Évangile de Jean.

Hautement symbolique, le récit de la guérison, le jour du sabbat, d’un homme aveugle de naissance est unique parce que la seule guérison de la cécité dans l’Ancien Testament se trouve dans le livre de Tobie (7,7; 11,7-13; 14,1-2), mais Tobie n’était pas né aveugle. Le texte d’aujourd’hui, le sixième signe du Quatrième Évangile, vient illustrer la parole de Jésus : « Je suis la lumière du monde » (Jean 8,12; 9,5). La description de la dispute au sujet de Jésus oppose Jésus (la lumière) aux Juifs (aveugles, Jean 9,39-41). Le thème de l’eau est réintroduit avec la piscine de Siloé. L’ironie, c’est que Jésus est jugé par les Juifs tandis que les Juifs sont jugés par Lumière du monde fait chair ! (Jean 3,19-21)

La controverse

L’histoire de la guérison de l’aveugle prend exactement deux versets; la controverse qui entoure le miracle en occupe trente-neuf. La controverse fait pratiquement toute l’histoire ! En réponse aux questions qu’on lui pose sur l’origine de Jésus, celui qui avait été aveugle répond : « il m’a rendu la vue. D’où croyez-vous qu’il vienne ? » L’aveugle passe des ténèbres à la lumière : il voit d’abord en Jésus un homme, puis un prophète; finalement, il confesse qu’il est le Fils de Dieu. Les Pharisiens semblent d’abord accepter la guérison de l’aveugle puis ils la mettent doute et finissent par nier l’origine céleste de Jésus. La simplicité de l’aveugle confond les sages. Ceux-ci en arrivent à refuser de voir : ils s’aveuglent. Mais on éprouve facilement de la sympathie pour les Pharisiens. Après tout, ils s’efforçaient simplement de faire ce que nous sommes nombreux à avoir appris à faire : observer, analyser, décrire et expliquer les phénomènes d’une situation donnée. L’approche vous est familière ? N’est-ce pas ce à quoi plusieurs d’entre nous passent leur temps tous les jours ?

Les antécédents de l’aveugle

L’ancien aveugle ne connaissait pas toutes les expressions religieuses susceptibles d’expliquer son salut. Ce n’était pas un homme pieux au sens traditionnel du terme et il n’avait pas de respect particulier pour les anciens. Tout ce qu’il savait, c’est qu’avant il était prisonnier des ténèbres et que maintenant le monde entier baignait pour lui dans la lumière. Et il était prêt à en témoigner. « Il y a une chose que je sais. » Le détail insignifiant qu’il se trouve savoir, c’est l’identité de celui qui lui a sauvé la vie !

L’homme qui a recouvré la vue ne part pas de connaissances poussées; il reconnaît un fait. Jésus est celui qui lui donne la vie, qui le sauve, qui fait disparaître sa cécité, qui lui rend courage et espérance. Jésus – c’est lui ! C’est de lui qu’il s’agit ! Nous savons que l’aveugle n’est pas le seul à admettre que « c’est de Jésus qu’il s’agit ». Les descendants spirituels de l’aveugle sont légion à travers l’histoire ! Espérons que nous sommes du nombre !

La question de la souffrance

Les tentatives pour résoudre la question de la souffrance et de la mort ont souvent provoqué plus de mal que la douleur et l’angoisse initiales de celui ou celle qui souffre. « Pourquoi moi ? » « Pourquoi faut-il qu’il y ait de la souffrance ? » « À qui la faute si je suis aveugle, sourd, muet, pauvre, différent de quelqu’un d’autre ? » « La souffrance peut-elle avoir un sens ? » « Une valeur ? » « Qui provoque cela ? » « Pourquoi ce mal existe-t-il ? » « Pourquoi me punit-on de la sorte ? » Nous recourons souvent à la métaphore de la cécité pour exprimer notre incapacité de trouver un sens à la souffrance que nous subissons.

Si nous nous contentons de voir dans l’Évangile d’aujourd’hui une comédie ironique sans plus, nous passons à côté du moment de solitude de la scène finale dans laquelle Jésus et l’homme conversent à l’extérieur de la synagogue. La profession de foi de l’homme a de terribles conséquences pour lui comme pour chacun de nous. Il est rejeté de la synagogue. Coupé de la Torah, de sa famille, du sabbat du vendredi soir célébré avec les siens, de la certitude de la Loi – tout cela parce qu’il a regardé la Lumière en face. Or c’est ce regard constant et profond qui lui a apporté une forme étrange de guérison, une étrange qualité de vision.

Notre cécité aujourd’hui

Bien des gens aujourd’hui sont très réticents à accepter de reconnaître la source de notre salut, celui qui nous apporte l’espérance et cause notre joie. Nous avons peur de le nommer par crainte de ce que diront les autres. Ou est-ce que nous hésitons parce que nous ne sommes pas convaincus que c’est de lui, Jésus, qu’il s’agit ? Nous décrivons parfois notre cécité en disant que les arbres nous cachent la forêt, mais c’est là une analyse plutôt simpliste. Ce qui est plus inquiétant, c’est l’aveuglement héréditaire qui nous fait croire qu’il n’y a plus rien à apprendre. Il y a souvent de l’arrogance à l’origine de notre cécité. Combien de fois ne nous comportons-nous pas comme ceux qui voulaient empêcher Bartimée (Marc 10,46-52) de voir et de rencontrer le Seigneur ? Face aux cris des railleurs et des cyniques parmi nous, osons-nous mettre en présence du Seigneur nos amis, nos collègues et nos proches ? Pourquoi hésiter puisque nous savons bien ce que donne une vie vécue sans le Christ ?

Dans son message de Carême pour 2011, le pape Benoît a écrit au sujet de l’Évangile d’aujourd’hui :

L’Évangile interpelle chacun de nous: « Crois-tu au Fils de l’homme ? – Oui, je crois Seigneur ! » (Jean 9, 35-38), répond joyeusement l’aveugle-né qui parle au nom de tout croyant. Le miracle de cette guérison est le signe que le Christ, en rendant la vue, veut ouvrir également notre regard intérieur afin que notre foi soit de plus en plus profonde et que nous puissions reconnaître en lui notre unique Sauveur. Le Christ illumine toutes les ténèbres de la vie et donne à l’homme de vivre en « enfant de lumière ».

Rencontrer les vedettes des Évangiles du Carême

Le récit de la guérison de l’aveugle dans l’Évangile d’aujourd’hui comme, dans l’Évangile de Marc, les récits de guérison de l’aveugle de Bethsaïde (8,22-26) et de Bartimée, l’aveugle sur la route de Jéricho (10,46-52), ont sûrement été très populaires dans l’Église primitive et restent très importants pour l’Église contemporaine. Ces miracles m’ont toujours fasciné parce que mon père était ophtalmologiste, spécialiste des problèmes de vue et de lecture chez les jeunes enfants. Combien de fois nous avons parlé à la table familiale de déficience oculaire, de maladie des yeux, d’astigmatisme, de cataracte ou de vision 20/20 !

Mon père faisait partie de nombreuses associations de bienfaisance et de groupes qui venaient en aide aux aveugles. Je me rappelle, tout jeune, être allé donner un coup de main à mon père et à ses collègues médecins qui organisaient des fêtes de Noël mémorables pour les aveugles. Je n’oublierai jamais la joie qui caractérisait ces réceptions. Mon père est mort assez jeune, à la fin de la soixantaine, de complications d’un diabète qui lui avait fait perdre la vue. Ce fut une terrible épreuve pour lui et pour nous pendant ses dernières années. Peu avant son décès en 1997, nous avons eu un long entretien et il a tenu à me parler de ses funérailles. « Quel Évangile voudrais-tu prendre pour la messe ? » m’a-t-il demandé ? Quand j’ai suggéré la guérison de l’aveugle Bartimée sur la route de Jéricho, dans l’Évangile de Marc, papa a rétorqué : « Mais qu’est-ce que cette histoire a à voir avec moi ? » Nous avons bien ri. C’est donc sur ce texte que j’ai prêché à sa messe de funérailles.

Si jamais j’ai l’occasion un jour de pousser la porte du ciel, j’ai l’intention d’avoir une bonne longue conversation avec les vedettes des Évangiles des dimanches du Carême : la Samaritaine (Jean 4), l’aveugle-né (Jean 9), et Lazare (Jean 11). Ils ont eu la chance et la grâce de reprendre vie grâce à l’intervention personnelle de Jésus, grâce à son toucher réconfortant, à son regard aimant, à ses paroles de compassion. Je voudrais bien leur poser à chacun quatre questions: « D’où venait ce type ? Qu’est-ce que vous avez ressenti quand vous l’avez regardé dans les yeux ? Qu’avez-vous éprouvé quand il vous a parlé ? Comment avez-vous su que c’était bien Lui ? »

N’hésitons pas, aujourd’hui, à rejeter les ténèbres et les ombres qui pèsent sur le monde et sur l’Église; refusons de nous en satisfaire. Ne perdons jamais de vue la seule demande réellement importante : « voir Jésus »… non pas seulement l’entrevoir mais le regarder longuement, le contempler amoureusement, lui qui est notre réconciliation, notre espérance, notre lumière et notre paix.

Vivre le Carême cette semaine

1. Vous demander : De quelle sorte de cécité êtes-vous affligé(e) aujourd’hui ?

2. Réfléchir à ces paroles de l’écrivain américain Samuel Langhorne Clemens, aussi connu sous le nom de Mark Twain (1835 – 1910): « La bonté est un message que les sourds peuvent entendre et que les aveugles peuvent voir. » Lire lentement les propos de l’écrivaine et militante américaine Helen Keller (1880 – 1968), première personne sourde et aveugle à obtenir un baccalauréat ès-arts. Helen est arrivée à briser l’isolement que lui imposait l’absence quasi complète de langage; la jeune fille qu’elle était s’est épanouie en apprenant à communiquer. « Que l’amour rende aveugle, c’est possible, je ne sais pas. Mais que l’amour puisse aider quelqu’un à voir, j’en ai fait l’expérience avec d’autres des milliers de fois. »

3. Quels sont les recoins de l’Église, de la société et de notre culture qui ont sérieusement besoin de guérison, de restauration et de réforme à notre époque ? Quels sont nos angles morts ? Quels sont nos plus graves problèmes de myopie et de presbytie ? Combien de fois préférons-nous le monologue au dialogue, renonçant ainsi à apprendre de ceux et celles qui ne sont pas d’accord avec nous; refusant de nous ouvrir à la culture autour de nous pour nous cantonner dans un mode de vie étroit, entêté et amer ? La convoitise ou la cupidité m’empêchent-elles de traiter les autres équitablement ? Suis-je impoli ou discourtois dans mes rapports à autrui ? Est-ce que j’exige des gens plus que ce qui est raisonnable ? Est-ce que je regarde les gens avec qui j’ai des relations professionnelles comme des personnes ou comme des objets à utiliser ?

4. Lire le numéro 106, intitulé « L’annonce de la Parole de Dieu et les personnes qui souffrent », dans l’Exhortation post-synodale Verbum Domini.

Durant les travaux synodaux, l’attention des Pères s’est souvent portée sur la nécessité d’annoncer la Parole de Dieu à tous ceux qui se trouvent également dans un état de souffrance physique, psychique ou spirituelle. En effet, c’est lorsqu’il connaît la douleur que naissent de manière plus aiguë dans le cœur de l’homme les questions ultimes sur le sens de sa propre vie. Si la parole de l’homme semble devenir muette devant le Mystère du mal et de la souffrance et si notre société semble n’accorder de valeur à l’existence que si elle correspond à certains niveaux d’efficacité et de bien-être, la Parole nous révèle que ces circonstances sont aussi mystérieusement « embrassées » par la tendresse de Dieu. La foi, qui naît de la rencontre avec la Parole divine, nous aide à considérer la vie humaine comme digne d’être pleinement vécue même lorsqu’elle est brisée par le mal. Dieu a créé l’homme pour le bonheur et pour la vie, tandis que la maladie et la mort sont entrées dans le monde comme conséquence du péché (cf. Sagesse 2, 23-24). Mais le Père de la vie est le médecin par excellence de l’homme et il ne cesse de se pencher avec tendresse sur l’humanité souffrante. Nous contemplons le sommet de la proximité de Dieu avec la souffrance de l’homme en Jésus lui-même qui est la « Parole incarnée. Il a souffert avec nous et il est mort. Par sa passion et sa mort, il a assumé en lui et a transformé jusqu’au bout notre faiblesse ».

La proximité de Jésus à l’égard des personnes qui souffrent ne s’est pas interrompue: elle se prolonge dans le temps grâce à l’action de l’Esprit Saint dans la mission de l’Église, dans la Parole et dans les Sacrements, dans les hommes de bonne volonté, dans les activités d’assistance que les communautés promeuvent dans la charité fraternelle, en dévoilant ainsi le vrai visage de Dieu et son amour. Le Synode rend grâce à Dieu pour le témoignage lumineux, et souvent caché, de nombreux Chrétiens – prêtres, religieux et laïcs – qui ont prêté et continuent de prêter leurs mains, leurs yeux et leur cœur au Christ, véritable médecin des corps et des âmes ! Il exhorte encore à continuer à avoir soin des personnes malades en leur apportant la présence vivifiante du Seigneur Jésus, dans la Parole et dans l’Eucharistie. Qu’elles soient aidées à lire l’Écriture et à découvrir que, dans leur condition, elles peuvent participer d’une façon particulière aux souffrances rédemptrices du Christ pour le salut du monde (cf. 2 Corinthiens 4, 8-11.14) !

5. Réciter la « prière pour demander la vue » composée par Origène (185-253), théologien et savant chrétien africain et l’un des plus grands écrivains de l’Église des premiers siècles.

Que le Seigneur Jésus touche nos yeux, comme ceux de l’aveugle.
Alors, nous commencerons à voir dans les choses visibles celles qui sont invisibles.
Qu’il nous ouvre les yeux pour que nous regardions, non pas les réalités actuelles, mais les grâces à venir.
Qu’il ouvre les yeux de notre cœur pour que nous puissions contempler Dieu en Esprit, par Jésus Christ le Seigneur, à qui appartiennent la puissance et la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

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La maison de Joseph, le Juste de Nazareth http://seletlumieretv.org/blogue/divers/la-maison-de-joseph-le-juste-de-nazareth http://seletlumieretv.org/blogue/divers/la-maison-de-joseph-le-juste-de-nazareth#respond Mon, 20 Mar 2017 16:27:12 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=16855 Nutrition

Une réflexion du père Thomas Rosica c.s.b. pour la fête de Saint Joseph, 20 mars 2017 (Traduction: Francis Denis)

Un des événements les plus marquants de notre récent pèlerinage en Terre Sainte fut le temps que nous avons passé à Nazareth et la visite des fouilles archéologiques sous le couvent des sœurs de Nazareth. Bien que la ville de Nazareth soit connue pour son imposante Basilique de l’Annonciation, construite au-dessus de la grotte où eut lieu l’Annonciation à Marie et dont l’entretien est entre les mains des Franciscains de la Custodie de Terre Sainte, les excavations sous le couvent des sœurs de Nazareth qui se trouve de l’autre côté de la rue face à la Basilique sont tout aussi fascinantes. Ce site relativement peu connu permet de voir une maison datant du premier siècle. Aujourd’hui, on croit qu’il s’agit de l’endroit où Jésus a été élevé par Marie et Joseph. La maison est faite de murs en pierre et en mortier partiellement encastrée dans une colline rocheuse. Ces fouilles commencent tranquillement à être reconnues comme la « maison et l’église de la nutrition » (endroit ou la Sainte Famille s’est installée et a vécu) ainsi qu’un lieu à proximité de la tombe du Juste de Nazareth, saint Joseph.

Les premières excavations au couvent datent de 1984. À cette époque, les sœurs faisaient des réparations dans une citerne de leur cellier lorsqu’elles découvrirent d’anciennes pierres travaillées qui s’avérèrent être une chambre dotée d’une voute. Les sœurs et des jeunes filles de leur école, avec quelques hommes de construction, creusèrent plus profondément et tirèrent de la terre d’autres structures de pierre, incluant deux tombeaux taillées dans la pierre. En 1936, le père jésuite Henri Senès, qui était architecte avant de devenir prêtre, a visité le site et a enregistré les détails des structures découvertes par les sœurs dans leur sous-sol. Son travail n’avait jamais été publié et, donc, personne ne connaissait ce lieu sinon les sœurs et les personnes qui avaient visité ce couvent. L’archéologue franciscain italien bien connu, p. Bellarmino Bagatti (1905-1990), qui avait fait une enquête sur place en 1937, pensait que tout le complexe était une tombe. C’était l’opinion de la plupart des experts de l’époque. Or, il était impensable qu’une tombe ait pu être construite à proximité d’une maison juive puisque les lois juives sur la pureté l’auraient formellement interdit.

En 2006, les sœurs ont permis au groupe Projet archéologique Nazareth le plein accès au site et mirent également à sa disposition les dessins et les notes du père Senès qu’elles avaient précieusement gardés. Dirigée par Ken Dark, professeur à l’Université de Reading au Royaume-Unis, une équipe d’archéologues étudia le site. Combinant les analyses du père Senès, les notes des excavations précédentes des sœurs, avec leurs propres recherches, cette équipe reconstitua l’historique du développement du site depuis le premier siècle jusqu’à nos jours. Ainsi, les archéologues datèrent la maison au premier siècle et l’identifièrent comme étant un endroit où des gens qui, bien qu’ayant vécu des siècles après le temps de Jésus, croyaient qu’il s’agissait de la maison où Jésus avait grandi avec Joseph et Marie. « Était-ce la maison où Jésus a grandi ? Scientifiquement parlant c’est impossible à affirmer » déclarait le professeur Dark dans son article écrit dans le magazine Biblical Archaeology Review. Toutefois, ajoutait-il, « il n’y pas non plus de raison archéologique pour qu’une telle affirmation soit complètement écartée ».

Le professeur Dark et son équipe ont découvert des preuves de l’existence d’une église de l’époque des croisades ainsi qu’une autre de l’ère Bizantine, toutes deux construites sur cette structure de pierre du premier siècle. Ils découvrirent que, des siècles après la vie de Jésus, l’église de la Nutrition fut construite autour de cette maison et des deux tombes adjacentes, mais elle cessa d’être utilisée au 8e siècle. Elle fut reconstruite au 12e siècle lorsque les croisés contrôlaient la région mais elle fut brûlée au 13e siècle. Les tombes ainsi que la maison ont été décorées par des mosaïques durant la période byzantine, suggérant qu’elles étaient d’une importance particulière et possiblement vénérées par des pèlerins.

Le professeur Dark est convaincu que cette structure était vénérée comme la maison de la Sainte Famille. Il découvrit également que les tombes étaient taillées dans les murs de la maison et ont été construites après avoir été abandonnées. Cette pratique ne serait donc pas entrée en conflit avec les lois juives. En effet, Dark a trouvé que les tombes de pierre de chaque côté de la structure s’harmonisaient particulièrement avec le récit d’Arculf, un évêque français qui, lors d’un pèlerinage, avait visité l’église de la Nutrition aux alentours de 670. Dans son récit, il fait mention d’une église « bâtie sur le lieu de la maison où le Seigneur avait été nourri durant son enfance ». Cela a mené Dark à croire qu’il s’agissait de la même église que dans le récit de Arculf.

Tomb

La tombe adjacente à la maison du premier siècle est aujourd’hui communément appelée « la tombe du Juste » et certainement vénérée à l’époque des Croisades. Peut-être croyaient-ils qu’il s’agissait de la tombe de saint Joseph.

À l’occasion de sa fête le 19 mars, j’aimerais emprunter un terme de ma nouvelle profession de producteur de télévision et faire un « zoom » sur la vie de saint Joseph. « Zoomer » sur le père adoptif du Seigneur nous donne plusieurs détails sur la famille de notre Sauveur et sur l’environnement où il a possiblement été élevé à Nazareth. Joseph est souvent resté dans l’ombre de la gloire du Christ et de la pureté de Marie. Toutefois, lui aussi attendait de Dieu une parole à laquelle il pourrait obéir. Luc et Matthieu manifestent que Joseph était de la descendance de David, le plus grand roi d’Israël (Matthieu 1, 1-16 ; Luc 3, 23-38). L’Écriture nous a également laissé l’information la plus importante : Joseph était « un homme juste » (Mt 1, 18).

Joseph était une personne compatissante, un homme soucieux du bonheur des autres. Lorsqu’il découvrit que Marie était enceinte après leurs fiançailles, il savait que l’enfant n’était pas de lui mais il ne savait pas encore que Marie portait le Fils de Dieu. Il avait planifié de se séparer de Marie en accord avec la loi mais il craignait pour sa sécurité ainsi que pour les souffrances qu’elle aurait à subir. Joseph était un homme de foi, obéissant à tout ce que Dieu lui demandait même sans en connaître le dénouement. Lorsque l’ange apparut à Joseph dans un rêve lui révélant la vérité à propos de l’enfant que Marie portait, Joseph prit immédiatement Marie comme femme sans se soucier des calomnies et sans poser de questions. Lorsque l’ange réapparut par la suite pour lui dire que sa famille était en danger, il laissa immédiatement tout ce qu’il possédait, ses amis et sa famille, et fuit dans un pays étranger avec sa jeune femme et l’enfant. Il attendit en Égypte jusqu’à ce que l’ange lui dise qu’il pouvait retourner en toute sécurité (Mc 2, 13-23).

Nous avons appris que Joseph était un charpentier (il serait plus juste de dire un constructeur), un homme qui travaille pour s’occuper de sa famille. Joseph n’était pas un homme riche. Nous le savons puisque lorsqu’il amena Jésus et Marie au Temple pour la circoncision et la purification, il offrit le sacrifice réservé Holy-Family-Statue-Nazareth-200x300aux gens peu fortunés qui ne pouvaient se payer un agneau, c’est-à-dire deux tourterelles et deux pigeons.

Joseph révélait, par son humilité, le rôle unique des pères de proclamer la vérité de Dieu en paroles et en actes. De par sa situation paradoxale de « père adoptif de Jésus », Joseph fixe notre attention sur la vérité de la paternité, laquelle est plus que la simple généalogie biologique. Un homme est un père lorsqu’il s’implique dans la formation morale et spirituelle de ses enfants. Il était très conscient, comme tout père devrait l’être, qu’il était le représentant de Dieu le Père.

Joseph protégeait et pourvoyait aux besoins de Jésus et de Marie. Il nomma Jésus, lui apprit comment prier, comment travailler, comment être un homme. Même si aucune parole ou texte ne lui sont attribués, nous pouvons être sûrs que Joseph a dit les deux mots les plus importants jamais prononcés lorsqu’il appela son fils « Jésus », « l’Emmanuel ». Lorsque l’enfant resta derrière au Temple, on nous dit que Joseph et Marie à ses côtés le cherchèrent avec grande anxiété pendant trois jours (Luc 2, 48).

La vie de Joseph nous rappelle que la maison ou la communauté n’est pas construite sur la puissance et les possessions mais plutôt sur la bonté, non pas sur les richesses mais plutôt sur la foi, la fidélité, la pureté et l’amour mutuel.

En visitant les excavations extraordinaires du couvent des sœurs de Nazareth, je ne pouvais m’empêcher de penser au rôle clef de Joseph dans l’histoire du salut, de la manière dont il aimait sa femme Marie et comment il a enseigné plusieurs choses à son fils. Toutes les circonstances qui entourent la découverte des excavations de Nazareth, révélant ce qui pourrait être la maison de la Sainte famille ainsi que l’endroit du repos final de saint Joseph, est une expérience émouvante et une occasion de se souvenir de cet humble et calme servant du Seigneur qui peut encore nous apprendre beaucoup aujourd’hui.

Les défis actuels de la paternité et de la masculinité ne peuvent être compris isolément de la culture dans laquelle nous vivons. Combien de jeunes aujourd’hui ont été affectés par la crise de la paternité ! Combien ont été privés de père ou de grand-père dans leur vie ? Ce n’est pas pour rien que saint Joseph est le patron de l’Église universelle et patron principal du Canada. S’il est une époque où nous avons besoin d’un fort et saint modèle masculin de père c’est bien aujourd’hui ! De plus, la fête de saint Joseph est une merveilleuse occasion d’aller vers lui pour lui demander de nous envoyer de bons pères pour prendre la tête des familles. Joseph et Marie, plus que tout autre, furent les premiers à voir la gloire de leur Unique Fils qui provenait du Père, plein de grâce et de vérité (Jean 1, 14).

Prions pour que nous puissions imiter l’humble travailleur de Nazareth, qui a écouté le Seigneur, gardé un trésor qui n’était pas le sien alors même qu’il allait servir d’exemple à Jésus dont les paroles doivent de nouveau prendre chaire en nous chaque jour de notre vie. De cette dernière découverte provenant de Nazareth, apprenons, à l’exemple de Joseph, à transformer nos maisons et nos communautés en maisons et centres de « nutrition » où nous ne nourrissons pas uniquement le corps mais également l’âme de chaque personne qui vient à nous.

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Un marathon de 4 ans pour le développement intégral http://seletlumieretv.org/blogue/divers/un-marathon-de-4-ans-pour-le-developpement-integral http://seletlumieretv.org/blogue/divers/un-marathon-de-4-ans-pour-le-developpement-integral#respond Fri, 17 Mar 2017 22:38:46 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19258

CNS/Paul Haring

Cette semaine, l’Église entière célébrait le quatrième anniversaire du pontificat de notre bien-aimé pape François. Son élection et son style original auront très certainement attiré l’attention du monde entier. Du côté de celui qui était à l’époque le Cardinal Bergoglio, nous pouvons imaginer l’aspect colossal de la charge de travail qui lui incombait à lui qui avait atteint l’âge où la majorité des évêques prennent leur retraite ! Parmi les caractéristiques de ce pontificat argentin, on a souvent souligné, et à juste titre, sa capacité à faire des gestes qui touchent, sa proximité avec les plus démunis, sa volonté de rejoindre les périphéries de l’existence, son horreur de la corruption et de l’hypocrisie et sa volonté de réforme sans compter son esprit de prière et sa grande dévotion à la Sainte Vierge. Par contre, on tend parfois à négliger la richesse intellectuelle de ces quatre années du pontificat de François.

Une première encyclique sur la foi

Malheureusement restée inexplorée par beaucoup de commentateurs, la première encyclique Lumen Fidei du pape François recèle une myriade d’enseignements précieux sur la foi et ses incidences sur la vie spirituelle et communautaire.

Pour le pape François, l’image la plus à même d’exprimer la foi est celle de la lumière, une lumière qui éclaire, illumine et clarifie notre compréhension de nous-même et des réalités qui nous entourent. Pour ne rappeler que quelques idées de cette encyclique qui vaut le détour, rappelons que pour le Pape, parce qu’éclairant l’intelligence humaine, la foi est ce qui nous permet d’entrer en relation avec Jésus. Comment être en relation avec une personne que je ne connais pas ? Par la foi que nous offre gratuitement Dieu, par l’entremise de l’Église, le chrétien est en mesure de cheminer avec confiance sur ce chemin du don total qu’est la vie chrétienne. Parce qu’animés par l’Amour en personne, nous sommes en mesure de connaître et d’accepter dans notre vie la Vérité qui se révèle au quotidien. Comme il le dit si bien :

« Amour et vérité ne peuvent pas se séparer. Sans amour, la vérité se refroidit, devient impersonnelle et opprime la vie concrète de la personne » [Par contre] « Celui qui aime comprend que l’amour est une expérience de vérité, qu’il ouvre lui-même nos yeux pour voir toute la réalité de manière nouvelle, en union avec la personne aimée » (no.27).

Je crois que cette complémentarité entre amour et vérité est l’une des clés pour interpréter ces quatre années de pontificat.

Héritier de Dieu, héritier d’une maison commune

Publié le 24 mai 2015, l’encyclique Laudato Sì a, si l’on peut dire, élevé le concept « d’écologie intégrale » au titre d’enseignement magistériel. Adaptant la célèbre formule « d’humanisme intégral » du philosophe Jacques Maritain, cette expression assume le sens ordinaire de l’expression tout en soulignant la centralité de l’être humain dans l’environnement. Cette volonté d’inclusion, souvent à contre-courant de l’écologisme « officiel », cherche à manifester que les désordres environnementaux ont des liens directs avec les désordres humains et sociaux. Une écologie sans œillères idéologiques, c’est ce que nous propose ce Pape révolutionnaire à plusieurs égards.

Célébrer le quatrième anniversaire de l’élection de Jorge Bergoglio implique que l’on redouble d’efforts pour assimiler ses enseignements aussi profonds que dérangeants. En effet, puisque se mettre à l’école du pape François demande de prendre part de manière efficace à cette révolution de la tendresse contre la mondialisation de l’indifférence, engageons-nous pleinement sur ce chemin qu’il nous propose du haut de son humilité!

 

]]> http://seletlumieretv.org/blogue/divers/un-marathon-de-4-ans-pour-le-developpement-integral/feed 0 Il y a 4 ans arrivait le pape François http://seletlumieretv.org/blogue/divers/il-y-a-4-ans-arrivait-le-pape-francois http://seletlumieretv.org/blogue/divers/il-y-a-4-ans-arrivait-le-pape-francois#respond Fri, 17 Mar 2017 18:50:25 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19263

Le 13 mars 2013, la pluie tombait sur la place Saint-Pierre lorsque la sacro-sainte fumée blanche annonçait à la ville et au monde l’élection du 265ème successeur de Pierre. Jose Mario Bergoglio, alors âgé de 77 ans, devenait le premier Pape jésuite, et le premier Pape sud-américain. Venu du bout du monde, l’ancien archevêque de Buenos Aires a su imposer son style au Vatican, et ses priorités sont très claires.

Au cœur de son pontificat, la miséricorde apparait comme un fil conducteur. Elle constitue, selon François,  l’existence même de l’Église, et il en a fait sa devise. Car la miséricorde, dit-il, « change le monde » en le rendant « moins froid et plus juste ». Alors, pour que tous puisse faire l’expérience de cette miséricorde, l’évêque de Rome a lancé une année jubilaire consacrée à ce thème. Un moyen, écrivait-il en ouverture de ce jubilé, « de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté et de pénétrer toujours davantage le cœur de l’Évangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine. »

Dans cette logique d’option préférentielle pour les pauvres, le successeur de Benoît XVI n’a eu de cesse de dénoncer la mondialisation de l’indifférence et la culture du rejet, avec en particulier un regard de compassion à l’endroit des migrants et des refugiés qui « ne sont pas des pions sur l’échiquier de l’humanité », mais le reflet « de l’image du Christ ». Et pour illustrer cette préoccupation, en passant des paroles aux actes, en avril 2016 le Pape avait quitté l’île grecque de Lesbos où il était en voyage, en ramenant avec lui 12 réfugiés syriens, pris en charge par le Vatican.

Non content d’appeler à la solidarité, le Pape argentin veut bâtir une culture de la rencontre dans un monde qu’il considère « en guerre par morceaux. » « Il y a une guerre des intérêts, pour l’argent, pour les ressources de la nature, il y a des guerres pour la domination des peuples » lançait-il dans l’avion qui l’emmenait à Cracovie pour les JMJ en juillet 2016. A travers ses nombreux déplacements, le Saint-Père ne cesse d‘affirmer la nécessité du dialogue en exhortant à construire la paix , entre les personnes, les peuples, les cultures et les religions. Le rôle du Souverain Pontife dans le rapprochement diplomatique entre Cuba et les États-Unis est un exemple parmi d’autres qui montre sa volonté de passer des paroles aux actes.

Les questions familiales demeurent elles aussi au centre de l’attention du Pape qui a convoqué au Vatican un double synode sur la famille, en octobre 2014 et octobre 2015. Et comme il l’a lui-même affirmé en conclusion du second synode, même si les débats n’ont pas permis de trouver « des solutions exhaustives à toutes les difficultés qui menacent la famille », ils ont au moins permis de rappeler « l’importance  de l’institution de la famille et du mariage entre un homme et une femme, fondée sur l’unité et l’indissolubilité du mariage » comme « base fondamentale de la société et de la vie humaine. » Quant aux cardinaux qui dénoncent des ouvertures pastorales qui remettraient en cause le principe d’indissolubilité du mariage, le cardinal Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, affirme au micro de Radio Vatican que le Pape reconnait l’utilité des « critiques sincères, qui veulent construire et servent alors pour progresser, et trouver ensemble la manière de connaitre toujours mieux la volonté de Dieu et de l’appliquer. »

Ces résistances que rencontre parfois le Pape s’étendent jusqu’à la réforme de la Curie romaine, qu’il a engagée dès le début de son pontificat. Un chantier qui vise à dépoussiérer l’organisation de l’Église, à rendre sa gestion financière plus rigoureuse, et à renforcer la collégialité en son sein. En d’autres termes, François veut à la fois plus de modernité et plus de sobriété dans le gouvernement de l’Église. Il appelle de ses vœux une Curie plus fonctionnelle, avec des dicastères plus « conformes aux nécessités du temps. » Des changements qui ne sont pas du goût de tous et qui provoquent des « résistances malveillantes » que dénonce le Saint-Père. « Même si elles sont meilleures que l’absence de réaction qui est un signe de mort », même si elles « méritent d’être entendues », il regrette qu’elles se forment dans des « cœurs appauvris » qui « veulent que tout reste comme avant. »

Dans le cadre de cette réforme de la Curie, la prochaine réunion du Conseil des cardinaux se tiendra fin avril au Vatican. Le calendrier pontifical annonce par ailleurs une visite du Pape à Fatima, au Portugal, en mai prochain pour célébrer le centenaire des apparitions de la Vierge. Le Souverain Pontife se rendra également en Colombie en septembre prochain, pour manifester son engagement dans le processus de paix en cours dans le pays entre le gouvernement et les forces armées révolutionnaires. En 2018 le Saint-Père convoquera un synode des évêques sur les jeunes, avant de les rencontrer à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse à Panama en 2019. Force est de constater que quatre ans après son élection le Pape argentin, aujourd’hui âgé de 80 ans, n’a pas l’intention de ralentir la cadence.

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Le don de Dieu : la rencontre qui désaltère http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/le-don-de-dieu-la-rencontre-qui-desaltere http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/le-don-de-dieu-la-rencontre-qui-desaltere#respond Thu, 16 Mar 2017 18:20:55 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19245

Une réflexion pour le troisième dimanche du carême

Nous avons tous un aspect de nous-mêmes que nous souhaiterions différent. Quelque chose en nous que nous souhaitons autre. Souvent cet aspect est une source de honte, de peur, de regret ou d’embarras. C’est quelque chose qui nous rend malheureux et que nous aimerions voir disparaître. Nous souhaitons que ça change mais rien n’y fait ! Que peut-on faire de plus?

L’Évangile de ce troisième dimanche du carême (Jean 4,5-42) commence avec un curieuse précision de temps : « C’était la sixième heure, environ midi ». Jésus atteint une ville de Samarie où il y a un puits construit par Jacob le patriarche, celui qui a donné sa tunique de plusieurs couleurs à son fils Joseph. Jésus arrive vers midi. S’agit-il simplement d’une précision pour mieux définir les lieux ? Justement non ! À l’époque de Jésus, personne n’allait au puits au milieu du jour. Tout le monde s’abritait du soleil de midi. Personne ne voulait s’aventurer au puits, avec une cruche en plus, pour ensuite la ramener pleine à ras bord chez soi. Juste y penser nous fait transpirer !

Mais Jésus arrive à midi quand même. Le puits est désert. Il est fatigué et Il s’assoit. Une femme arrive seule pour puiser de l’eau. Elle ne s’attendait pas à rencontrer quelqu’un au puits. C’est précisément pour cette raison qu’elle a choisi de venir à cette heure-là. Quelle surprise de trouver un homme assis en pleine chaleur à midi ! Jésus lui demande une gorgée d’eau. La question la met mal à l’aise : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » Aucun Juif qui se respectait ne voulait avoir affaire avec un Samaritain au temps de Jésus. Cependant Jésus réplique : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire,” c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive ».

La conversation qui suivra dépasse toutes les attentes de la femme. La voilà l’eau qu’elle cherchait ! Jésus sait qu’elle a eu cinq maris. Jésus sait que celui avec qui elle vit maintenant n’est pas l’un d’eux. La rencontre est si forte que, là sous le soleil de midi, la femme qui un moment avant voulait rester cachée et passer inaperçue, laisse sa cruche et se hâte vers la ville en s’exclamant : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » Son témoignage est si lumineux que les gens de sa ville accueillent Jésus chez eux et croient en Lui.

Que tirons-nous d’une telle rencontre ? Quel impact a-t-elle sur notre chemin de carême et notre chemin de vie ? Nous aussi, nous avons soif. Nous aussi, nous avons des aspects de nos vies qui nous font honte et peur, qui nous rendent malheureux. Nous avons soif. Jésus vient à nous dans notre soif, dans les aspects de nos vies où nous avons le plus grand besoin de Lui. Il connaît ces aspects de nous avant même que nous disions un mot. Il sait que nous avons soif et Il lui tarde de nous désaltérer. Jésus vient essuyer la buée qui brouille le pare-brise de nos vies. Il est venu laver les taches que nous cherchons à dissimuler. Il est venu enlever notre péché et nous remplir de l’eau qui désaltère. Jésus est l’eau qui désaltère !

Jésus nous apporte quelque chose qui ne rentre pas dans une cruche. Jésus nous apporte l’amour de Dieu. Cet Amour vient à la rencontre de la femme au puits. Il connaissait déjà toutes sa vie et son histoire. Il a voulu la libérer de ce qui l’enchaînait le plus. C’est un Amour qui désire nous pardonner et nous rendre libres. Jésus nous parle non pas comme un juge impatient, mais comme un ami qui s’assoit à nos côtés sous le soleil de midi. Cet Ami a les réponses que nous cherchons. Il est Lui-même l’eau vive qui nous désaltère. Nous pouvons nous confier à Lui. Nous pouvons Lui parler comme à un ami, comme à quelqu’un qui nous connaît et qui nous veut du bien.

L’Évangile de la femme samaritaine nous lance un défi. Nous sommes appelés à l’imiter. Allez vers Jésus. Parlez avec Lui à cœur ouvert. Permettez-Lui d’entrer vos peurs, vos hontes, vos inquiétudes, et vos incertitudes. N’ayons pas peur. Il n’est pas venu nous juger. Il nous apporte l’amour de Dieu. Jésus vient à nous à midi. Il nous rencontre dans la chaleur, en plein midi, pour nous désaltérer. Jésus sait que nous avons soif. Il veut nous désaltérer. Jésus est l’eau vive qui nous désaltère !

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Les Sept dernières paroles du Christ: 3e réflexion de carême http://seletlumieretv.org/blogue/divers/les-sept-dernieres-paroles-du-christ-3e-reflexion-de-careme http://seletlumieretv.org/blogue/divers/les-sept-dernieres-paroles-du-christ-3e-reflexion-de-careme#respond Thu, 16 Mar 2017 18:02:05 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19239

Troisième parole
« Femme, voici ton ls. » […] « Voici ta mère. »
Jean 19, 25-27

1. Marie, la Mère de Dieu, est parmi les cinq personnes qui se trouvent au pied de la croix, avec le « disciple bien-aimé ». Qui est ce disciple bien-aimé ?

2. À l’Annonciation, Marie répond à l’Ange, messager de Dieu, :« Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole » (Luc 1, 26-38). Comment ce « oui » de Marie fut-il pleinement accompli au pied de la croix ?

3. De quelle manière cette parole du Christ à sa mère et au disciple bien-aimé a-t-elle contribué à donner naissance à l’Église, au Peuple de Dieu ?

4. La Communion des Saints est décrite de nombreuses manières à travers l’Écriture. Comment faites-vous l’expérience de cette communion avec les autres croyants d’aujourd’hui ?

5. Lorsque des personnes participent à la Semaine Sainte, plus particulièrement les différents services du Triduum pascal dans votre paroisse, celles-ci se sentent-elles accueillies par une communauté chaleureuse et pleine de bonté ?

6. Le Jeudi Saint 2016, le pape François, qui a lavé les pieds de réfugiés à Rome, a été décrit ainsi : « L’évêque de Rome a parlé du pouvoir communicatif des actions concrètes, disant que ces gestes de fraternité, de tendresse, de concorde et de paix […] sont un puissant témoignage dans un monde qui a besoin désespérément de tels signes et gestes ». Identi ez une action concrète que vous pouvez faire cette semaine pour être un signe de paix et de tendresse en ce monde ?

 

Vous pouvez vous procurer le livre « Les Sept dernières paroles du Christ » du père Thomas Rosica c.s.b. en ligne:
Vous pouvez également consulter le guide d’étude du carême 2017 au lien suivant:

http://saltandlighttv.org/seven-last-words/pdf/seven_last_words_studyguide_fr.pdf

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Église en sortie avec Mario Pelchat http://seletlumieretv.org/blogue/divers/eglise-en-sortie-avec-mario-pelchat http://seletlumieretv.org/blogue/divers/eglise-en-sortie-avec-mario-pelchat#respond Thu, 16 Mar 2017 14:10:47 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19224

À NE PAS MANQUER cette semaine à Église en sortie, nous recevons le chanteur, auteur et producteur de disques Mario Pelchat qui s’entretient avec Francis Denis sur sa démarche personnelle de foi et sur son plus récent album intitulé Agnus Dei, réalisé avec la collaboration de huit prêtres du Québec. Aussi, nous vous présentons un reportage sur l’enregistrement de cet album unique ! Tout cela et beaucoup plus sur nos ondes ce vendredi 19h30 ainsi qu’en rediffusion lundi à 20h30.

[include:../egliseensortie/gallery-mario-pelchat.php][/include]

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Échos du Vatican http://seletlumieretv.org/blogue/divers/echos-du-vatican-83 http://seletlumieretv.org/blogue/divers/echos-du-vatican-83#respond Wed, 15 Mar 2017 13:55:17 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19219

Retour dans cette émission sur 4 années de pontificat avec le pape François, et sur le calendrier qui vient pour l’Église et le Saint-Père.

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“Une citoyenneté franciscaine” Réflexion sur quatre ans de pontificat http://seletlumieretv.org/blogue/divers/une-citoyennete-franciscaine-reflexion-sur-les-quatre-premieres-annees http://seletlumieretv.org/blogue/divers/une-citoyennete-franciscaine-reflexion-sur-les-quatre-premieres-annees#respond Wed, 15 Mar 2017 13:52:51 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19209

Nous savons tous à quel point la citoyenneté, l’engagement social et le souci du Bien commun sont importants et nécessaires pour notre société. La citoyenneté est au cœur des actualités depuis quelques années déjà, et spécialement durant les derniers mois. Nous entendons souvent parler des questions liées à la citoyenneté comme les frontières, les murs, nos passeports, etc. Nous voyons des personnes fuir des régimes oppressifs et d’autres touchées par la pauvreté au Moyen-Orient, en Afrique et ailleurs fuir dans des embarcations de fortune pour se retrouver souvent au milieu de drames horribles causant de nombreuses victimes en Méditerrannée. Les fermetures de frontières et des histoires de déportation remplissent les chaînes de nouvelles. Les leaders du monde enclenchent la sonnette d’alarme en votant des législations favorisant l’extradition des non-citoyens ou en empêchant tout simplement leur entrée dans leur pays. Des chefs d’État construisent des murs au lieu d’ériger des ponts. La crise mondiale des réfugiés  qui nous affecte tous est une histoire troublante d’un désir de citoyenneté, de justice et de rêve de liberté. En ce moment même, la citoyenneté est au premier plan dans l’esprit de nombreuses personnes à travers le monde. Le cri du pape François selon lequel « nous sommes tombés dans une globalisation de l’indifférence » a résonné en 2013 dans la baie de Lampedusa ainsi qu’à de nombreux autres lieux de par le monde.

Quels sont les devoirs et les obligations d’une bonne citoyenneté ? Qu’est-ce que ce Pape jésuite a enseigné au monde à propos de la citoyenneté durant ces quatre années de pontificat ? D’abord, il nous rappelle qu’en ce monde, nous n’avons pas de cité qui perdure. Nous serons toujours des pèlerins, des étrangers sur le chemin de la Nouvelle Jérusalem. Nous aurons toujours ce sentiment d’inconfort en nous à mesure que nous constatons que nous ne correspondons pas à de nombreuses « voies de ce monde ». Le pape François nous enseigne également que la citoyenneté du ciel ne nous enlève pas nos responsabilités, nos devoirs et nos obligations inhérentes à notre séjour sur terre. N’est-ce pas ce que le président des États-Unis John F. Kennedy avait en tête lorsqu’il affirmait dans son discours inaugural « Avec une bonne conscience notre seule récompense sûre, avec l’histoire qui est juge final de nos actions, avançons [] en demandant Sa bénédiction, Son aide tout en sachant qu’ici sur terre, le travail de Dieu doit être vraiment le nôtre » ?

Durant les quatre dernières années, le pape François nous a donné trois bons manuels qui nous aiderons à vivre comme bons citoyens sur la terre alors même que nous nous préparons à nous rendre à notre maison du ciel. Nous en connaissons les titres : Evangelii Gaudium, Laudato Si, Amoris Laetitia. Evangelii Gaudium est le livre de lecture du « comment vivre dans notre monde ? » en nous offrant le cadre de notre relation avec Dieu et avec les autres tout en nous enseignant quelles doivent être nos priorités. Laudato Sì est la maison que Dieu nous a donné : la terre, ses ressources et ses richesses. Nous sommes responsables de cette maison. Amoris Laetitia nous offre un manuel important sur comment vivre nos vies à l’intérieur de cette maison dans nos relations avec les autres.

Jusqu’à quel point avons-nous pris au sérieux la question cruciale du pape François dans son encyclique sur le soin à donner à notre maison commune : « Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèderons, aux enfants qui grandissent ? » (No 160). Cette question de l’environnement ne peut être considérée seule et isolément. Elle ne peut être abordée de façon fragmentaire. Cette question nous mène à nous poser la question du sens de notre existence et des valeurs fondamentales de notre vie sociale : « Quelle est la raison d’être de notre vie en ce monde ? Quel est le but de notre travail et de nos efforts ? Qu’est-ce que le monde attend de nous? »  Si nous n’examinons pas continuellement nos consciences avec ces questions, nous ne serons pas de bons citoyens.

François nous rappelle constamment que nous ne pouvons pas vivre dans nos propres cocons, nous retirant dans l’isolement de nos projets personnels en ignorant ce qui se passe autour de nous. Ce pape argentin a souvent insisté sur le fait que, plus que jamais, nous avons besoin « d’une Église qui est de nouveau capable de restaurer la citoyenneté de tant de ses enfants qui marchent comme en exode. La citoyenneté chrétienne est avant tout une conséquence de la miséricorde de Dieu. Le Pape veut que l’Église soit un instrument de réconciliation et d’accueil, une Église capable de réchauffer les cœurs, une Église qui n’est pas centrée sur elle-même mais toujours à la recherche de ceux qui sont dans les périphéries et ceux qui sont perdus, une Église capable d’amener les personnes à la maison ».

Comment oublier le discours émouvant du pape François, premier Pontife en provenance de l’Amérique latine, au Congrès américain le 24 septembre 2015. Ce fut un moment électrisant et une leçon fascinante sur ce qu’est une citoyenneté authentique.  En exaltant les différentes vertus et qualités du peuple américain, François a voulu incarné son discours en présentant quatre exemples tirés de l’histoire américaine : Abraham Lincoln, Martin Luther King, Dorothy Day et Thomas Merton. Selon François, Lincoln était « le gardien de la liberté, qui a travaillé sans relâche de sorte que ‘‘cette nation, sous Dieu, [puisse] avoir une nouvelle naissance de liberté’’. Bâtir un avenir de liberté demande l’amour du bien commun et la coopération dans un esprit de subsidiarité et de solidarité.

De son côté, Dr. Martin Luther King représente ce « besoin de vivre unis, en vue de bâtir comme un tout le plus grand bien commun : celui de la communauté qui sacrifie ses intérêts particuliers pour partager, dans la justice et dans la paix, ses biens, ses intérêts, sa vie sociale.

À la surprise de plusieurs, le Pape a ensuite fait référence à Dorothy Day, fondatrice du Mouvement des travailleurs catholiques. De cette grande dame il a dit : « Son activisme social, sa passion pour la justice et pour la cause des opprimés étaient inspirés par l’Évangile, par sa foi et par l’exemple des saints ».

Pour compléter ce quattuor de héros, le pape François a offert aux puissants politiciens réunis ce matin-là au Capitole un portrait de Thomas Merton comme étant celui qui « demeure la source d’une inspiration spirituelle et un guide pour beaucoup […] Merton était avant tout un homme de prière, un penseur qui a défié les certitudes de son temps et ouvert de nouveaux horizons pour les âmes et pour l’Église. Il était aussi un homme de dialogue, un promoteur de paix entre les peuples et les religions ».

« Trois fils et une fille de ce pays, quatre personnes et quatre rêves : Lincoln, la liberté ; Martin Luther King, la liberté dans la pluralité et la non-exclusion ; Dorothée Day, la justice sociale et les droits des personnes ; et Thomas Merton, la capacité de dialoguer et l’ouverture à Dieu. Quatre représentants du peuple américain. »

Le pape François a conclu ce discours enlevant par ces mots : « Une nation peut être considérée comme grande quand elle défend la liberté comme Lincoln l’a fait, quand elle promeut une culture qui permet aux personnes de ‘‘rêver’’ de droits pléniers pour tous ses frères et sœurs, comme Martin Luther King a cherché à le faire ; quand elle consent des efforts pour la justice et la cause des opprimés, comme Dorothée Day l’a fait par son travail inlassable, fruit d’une foi devenue dialogue et semence de paix dans le style contemplatif de Thomas Merton. »

Pour François, ce discours fut l’équivalent du « I have a dream » du Dr. Martin Luther King. Un message aux chefs d’une nation puissante du monde divisée par des tensions politiques et idéologiques. Il est bon de se rappeler ces paroles prophétiques qui doivent encore résonner à travers l’Amérique et le monde en ce moment où nous faisons mémoire des quatre premières années de pontificat de François : « Nous sommes tous conscients de l’inquiétante situation sociale et politique du monde aujourd’hui, et nous en sommes préoccupés. Notre monde devient de plus en plus un lieu de violents conflits, de haine et d’atrocités brutales, perpétrées même au nom de Dieu et de la religion. […] Le monde contemporain, avec ses blessures ouvertes qui affectent tant de nos frères et sœurs, exige que nous affrontions toute forme de polarisation qui le diviserait en deux camps. Nous savons qu’en nous efforçant de nous libérer de l’ennemi extérieur, nous pouvons être tentés de nourrir l’ennemi intérieur. Imiter la haine et la violence des tyrans et des meurtriers est la meilleure façon de prendre leur place. C’est quelque chose qu’en tant que peuple vous rejetez. »

Prions afin que nous puissions prendre au sérieux l’enseignement du pape François sur la citoyenneté en imitant la vie des hommes et de la femme qu’il nous a laissés ce matin de septembre 2015. Ce fut un moment important des quatre années de son ministère pétrinien. Nous avons beaucoup à apprendre de la vie d’Abraham Lincoln, Martin Luther King, Dorothy Day, Thomas Merton mais également de Jorge Mario Bergoglio a.k.a Francis. Ils sont tous d’important modèles de citoyenneté authentique qui nous guident dans notre pèlerinage vers la Jérusalem céleste.

Le père Thomas Rosica c.s.b. est PDG de la Fondation catholique Sel et Lumière média au Canada. Il a notamment servi comme attaché de presse de langue anglaise de la Salle de Presse du Saint-Siège de 2013 à 2017.

 

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Catéchèse intensive en plein midi http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/catechese-intensive-en-plein-midi-3 http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/catechese-intensive-en-plein-midi-3#respond Tue, 14 Mar 2017 01:00:36 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19204

Troisième dimanche de Carême, Année A – 19 mars 2017

Exode 17,3-7
Romains 5,1-2.5-8
Jean 4,5-42

Pour bien saisir le sens de la première lecture d’aujourd’hui (Exode 17, 3-7), il faut se rappeler les événements du chapitre précédent. Le petit troupeau de Dieu connaît la disette et proteste auprès de Moïse. De même que le Seigneur avait entendu le cri de son peuple opprimé dans la servitude (Exode 3,7), Dieu entend maintenant le cri des affamés et leur fournit de la nourriture : la manne et les cailles. Si on a pu ainsi remédier à la pénurie de nourriture au chapitre 16, le passage que nous lisons aujourd’hui évoque un nouveau danger, non moins menaçant : le manque d’eau potable.

En 17,1, le narrateur rapporte simplement les faits pour annoncer le différend entre le peuple et Moïse. Peut-être sous l’influence de l’expérience précédente, Moïse interprète la querelle du peuple avec lui comme une mise en accusation de Dieu (17,2). Il a fait la même chose en Exode 16,8 : « Nous (Aaron et moi), que sommes-nous ? Ce n’est pas nous mais bien le Seigneur que vos murmures atteignent. » Tandis que Moïse réagit au conflit, la réaction de Dieu est toute sous le signe de la compassion. Le Dieu d’Israël ne condamne jamais les Hébreux qui récriminent; il demande simplement à Moïse de réunir les anciens, de les conduire à un rocher du mont Horeb, qu’il frappera avec le bâton dont il s’est servi pour opérer tant d’autres miracles en Égypte. Dieu donne à Moïse l’assurance de la Présence divine : « Moi, je serai là devant toi » (v. 6). Par le don de la manne, pain venu du ciel, précédemment, et maintenant par le don de l’eau (jaillie d’un rocher terrestre), Dieu pourvoit aux besoins de son peuple et manifeste son pouvoir sur la création.

Les deux noms de Massa et de Mériba seront désormais synonymes de mise à l’épreuve du Dieu d’Israël : « Vous ne mettrez pas le Seigneur votre Dieu à l’épreuve comme vous l’avez mis à l’épreuve à Massa » (Deutéronome 6,16; Psaume 81,7). Quand le peuple met Dieu à l’épreuve, il faut comprendre qu’il a besoin de sa présence tangible à ses côtés. Le geste du peuple qui met Dieu à l’épreuve est interprété au verset 7b comme un manque de foi en la présence de Dieu avec lui. Dès que la situation devient difficile, le peuple réagit en mettant en doute la présence de Dieu.

Une rencontre ironique

Le thème de la soif et de l’eau revient dans le récit fascinant et évocateur de l’Évangile d’aujourd’hui : celui de la rencontre en plein midi entre la Samaritaine et Jésus (Jean 4,5-42) ! La Samaritaine fait l’objet de la catéchèse la plus soignée et la plus intense de tout l’Évangile de Jean. Le récit d’aujourd’hui comporte plusieurs pointes d’ironie et on relève plusieurs éléments déplacés dans cette scène au puits de Jacob en plein cœur du pays samaritain. Tout d’abord, le puits est un espace public accessible aux hommes comme aux femmes mais ils ne sont pas censés s’y retrouver en même temps. Pourquoi cette femme vient-elle au puits en plein midi ? Probablement parce que les femmes de l’endroit l’évitent à cause de son comportement éhonté. Elle a eu cinq maris et l’homme avec lequel elle vit maintenant n’est pas son mari (v. 16-18). On se croirait à Hollywood !

Il était déjà très louche pour un homme d’adresser la parole à une femme qui n’était pas chaperonnée. En outre, les Juifs tenaient les Samaritaines pour rituellement impures; il était donc interdit aux Juifs de boire d’un récipient qu’auraient touché ces femmes. Les disciples sont renversés (encore une fois) par le comportement de Jésus.

Surprise, la femme demande à Jésus s’il se croit plus grand « que notre père Jacob qui nous a donné ce puits et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes » (v. 12). La pause comique dans le récit se termine abruptement avec le deuxième ordre que donne Jésus : « Va, appelle ton mari. » Dans la suite du dialogue avec la Samaritaine, Jésus se révèle plus grand que le patriarche Jacob : Jésus inaugure en effet une nouvelle alliance, un culte nouveau et une révélation nouvelle.

Quand Jésus offre à la femme « de l’eau vive », elle répond qu’il n’a même pas de seau pour puiser. Elle pense à l’eau de source, qui est tellement plus désirable que l’eau stagnante d’une citerne. Mais quand elle entend parler d’une eau qui deviendra source jaillissante pour la vie éternelle, elle en sait assez pour demander : « Seigneur, donne-la moi, cette eau… » C’est l’eau de la vie, l’eau vive, c’est-à-dire la révélation qu’apporte Jésus. Jésus invite son interlocutrice à voir la réalité à un tout autre niveau : il y a l’eau et l’eau vive, le pain et la nourriture qu’est la volonté de Dieu; Jacob et Jésus; le Messie promis et Jésus; les idées sur le culte et le culte véritable; et on pourrait prolonger la liste. Le culte de Jésus « en esprit et en vérité » (v. 23) ne fait pas référence à un culte que chacun célébrerait en son for intérieur, dans son esprit à lui ou à elle. L’Esprit dont il s’agit est l’Esprit donné par Dieu, qui révèle la vérité et permet de rendre à Dieu le culte qui convient (Jean 14, 16-17).

La femme à qui Jésus révèle la vérité de sa vie, laisse là sa cruche et retourne à la ville chercher les gens pour qu’ils viennent voir Jésus : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Messie ? » N’est-ce pas une attitude qui nous convienne à nous aussi, qui sentons notre foi vaciller, de temps à autre, quoi que nous fassions pour persuader les autres d’aller à Lui, d’aller à la Source ?

Qui sont aujourd’hui les Samaritaines ?

Permettez-moi de reprendre le récit de la Samaritaine et de l’appliquer à quelques situations concrètes de notre temps. Dans l’évangile provocant d’aujourd’hui, Jésus renverse les barrières culturelles pour traiter en égale une Samaritaine anonyme. Les femmes comme elle sont marginalisées dans plusieurs sociétés patriarcales. Des femmes comme elle continuent de faire ce travail harassant qui consiste à aller chercher l’eau pour leur famille et pour leurs bêtes. Nous les voyons si souvent, aux informations, sur des photos et des illustrations qui nous lancent un cri depuis le tiers-monde. Ces femmes portent la responsabilité d’un dur travail domestique.

D’une certaine façon, la requête que présente la Samaritaine en demandant de l’eau vive, dans l’Évangile d’aujourd’hui, peut aussi être interprétée de manière symbolique comme exprimant une soif, une aridité, un sentiment de vide à combler. L’échange profond qu’a la Samaritaine avec Jésus transforme complètement sa vie. À la fin, elle laisse sa cruche – le vide, l’aridité, la soif – et va trouver les gens dont elle se cachait. Elle leur partage sa rencontre libératrice avec Jésus le messie. Marginalisée, exclue peut-être, elle a soif d’inclusion et d’acceptation. Elle a trouvé en Jésus l’acceptation et, du même coup, le sens de sa vie et la dignité qu’elle recherchait depuis si longtemps !

Il y a aujourd’hui bien des « Samaritaines » qui de diverses façons aspirent à être libérées du fardeau de leur existence. Elles ont soif de compréhension, elles ont soif d’être acceptées pour ce qu’elles sont dans la société. Pensons aux victimes de la traite des personnes, en particulier aux femmes et aux petites filles, qui ont besoin de gens comme Jésus pour les écouter, leur parler et les décriminaliser. Nombreux sont ceux qui voient en elles des criminelles, des parias; elles sont marginalisées parce qu’elles se font immigrantes illégales en quête d’un bon emploi à l’étranger pour pouvoir faire vivre leur famille au pays. Quelle sorte de situation à la maison les oblige à partir ainsi à l’aventure ? Quels sacrifices acceptent-elles pour ceux qu’elles aiment ? Il faut les aider à reconquérir la dignité que Dieu leur a donnée.

L’histoire de la Samaritaine est une métaphore de notre propre vie : vécue souvent dans l’aridité de l’aliénation, du péché, du désespoir. Pendant le Carême, en particulier, nous languissons après les eaux désaltérantes du repentir, du pardon et de l’intégrité. Nous repentir, c’est reconnaître notre besoin de vie au milieu du désert, le besoin que nous avons d’abattre les barrières qui nous séparent, le besoin que nous avons de l’eau vive qui apaisera vraiment notre soif. Le Carême nous invite à nous unir à la Samaritaine de l’Évangile d’aujourd’hui et à toutes les Samaritaines de notre monde qui ont désespérément besoin de vie. Que le Seigneur nous donne le courage de leur tendre la main, de les écouter, de les nourrir et de partager avec elles les eaux vives.

Dans son Message pour le Carême 2011, le pape Benoît a écrit:

« Donne-moi à boire » (Jn 4,7). Cette demande de Jésus à la Samaritaine, qui nous est rapportée dans la liturgie du troisième dimanche, exprime la passion de Dieu pour tout homme et veut susciter en notre cœur le désir du don de « l’eau jaillissant en vie éternelle » (v.14): C’est le don de l’Esprit Saint qui fait des chrétiens de « vrais adorateurs », capables de prier le Père « en esprit et en vérité » (v.23). Seule cette eau peut assouvir notre soif de bien, de vérité et de beauté ! Seule cette eau, qui nous est donnée par le Fils, peut irriguer les déserts de l’âme inquiète et insatisfaite « tant qu’elle ne repose en Dieu », selon la célèbre expression de saint Augustin.

Vivre le Carême cette semaine

1. Vous demandez la question : de quoi avez-vous soif en ce temps du Carême ? Qui cherchez-vous ?

2. Réfléchissez à ces paroles de Jean Vanier, à la lumière de l’Évangile de la Samaritaine:

Nous sommes brisés. Par cette blessure la pleine puissance de Dieu peut pénétrer notre être et nous transfigurer en Dieu. La solitude n’est pas quelque chose qu’il faut fuir mais plutôt le lieu d’où nous pouvons crier vers Dieu, le lieu où Dieu nous trouvera et où nous trouverons Dieu. Oui, c’est par nos blessures que la puissance de Dieu peut nous pénétrer et se faire fleuves d’eau vive pour irriguer la terre aride en nous. Ainsi pourrons-nous à notre tour irriguer la terre aride chez d’autres personnes afin que renaissent l’espérance et l’amour.

3. Lisez les paragraphes #97-98, « Parole de Dieu et témoignage chrétien », dans l’Exhortation post-synodale Verbum Domini :

  1. Les horizons immenses de la mission ecclésiale, la complexité de la situation présente demandent aujourd’hui des modalités nouvelles pour communiquer de façon efficace la Parole de Dieu. L’Esprit Saint, premier agent de toute évangélisation, ne manquera jamais de guider l’Église du Christ dans cette action. Il est important toutefois que chaque forme d’annonce soit structurée par la relation intrinsèque entre communication de la Parole de Dieu et témoignage chrétien. De cela dépend la crédibilité même de l’annonce. D’une part, la Parole est nécessaire pour communiquer ce que le Seigneur lui-même nous a dit ; d’autre part, il est indispensable de donner crédibilité à cette parole par le témoignage afin qu’elle n’apparaisse pas comme une belle philosophie ou une utopie, mais plutôt comme une réalité que l’on peut vivre et qui fait vivre. Cette réciprocité entre Parole et témoignage rappelle la manière par laquelle Dieu lui-même s’est communiqué dans l’incarnation de son Verbe. La Parole de Dieu rejoint les hommes « à travers la rencontre avec des témoins qui la rendent présente et vivante ». En particulier, les nouvelles générations ont besoin d’être initiées à la Parole de Dieu « à travers la rencontre et le témoignage authentique de l’adulte, l’influence positive des amis et la grande compagnie de la communauté ecclésiale ».Il y a un rapport étroit entre le témoignage de l’Écriture, comme attestation que la Parole de Dieu donne d’elle-même, et le témoignage de vie des croyants. L’un implique l’autre et y conduit. Le témoignage chrétien communique la Parole attestée dans les Écritures. Les Écritures, à leur tour, expliquent le témoignage que les chrétiens sont appelés à donner dans leur propre vie. Ceux qui rencontrent des témoins crédibles de l’Évangile sont ainsi amenés à constater l’efficacité de la Parole de Dieu chez ceux qui l’accueillent.
  1. Dans ce va-et-vient entre le témoignage et la Parole, nous comprenons l’affirmation du Pape Paul VI dans l’Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi. Notre responsabilité ne se limite pas à proposer au monde des valeurs communes ; il faut arriver à l’annonce explicite de la Parole de Dieu. C’est seulement ainsi que nous serons fidèles à la mission du Christ : « La Bonne Nouvelle, proclamée par le témoignage de la vie, devra donc être tôt ou tard proclamée par la Parole de vie. Il n’y a pas d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, ne sont pas annoncés ».Le fait que l’annonce de la Parole de Dieu demande le témoignage de la vie personnelle est bien présent dans la conscience chrétienne depuis l’origine. Le Christ lui-même est le témoin fidèle et vrai (cf. Ap 1, 5 ; 3, 14), témoin de la Vérité (cf. Jn 18, 37). Je voudrais ici me faire le porte-parole des innombrables témoignages que nous avons eu la grâce d’entendre durant l’Assemblée synodale. Nous avons été profondément touchés par les récits de ceux qui ont su vivre leur foi et donner un témoignage lumineux de l’Évangile y compris sous des régimes hostiles au Christianisme ou dans des situations de persécution.Tout ceci ne doit pas nous faire peur. Jésus a dit lui-même à ses disciples « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi » (Jn 15, 20). Je désire donc élever vers Dieu avec toute l’Église un hymne de louange pour le témoignage de tant de frères et sœurs qui, encore à notre époque, ont donné leur vie pour communiquer la vérité de l’amour de Dieu révélé dans le Christ crucifié et ressuscité. J’exprime également la gratitude de toute l’Église aux chrétiens qui ne capitulent pas devant les obstacles et les persécutions à cause de l’Évangile. En même temps, nous nous tournons avec une affection profonde et solidaire vers les fidèles de toutes ces communautés chrétiennes, en Asie et en Afrique en particulier, qui, aujourd’hui, risquent leur vie ou la marginalisation sociale à cause de la foi. Nous voyons ainsi réalisé l’esprit des Béatitudes de l’Évangile pour ceux qui sont persécutés à cause du Seigneur Jésus (cf. Mt 5, 11). En même temps, nous ne cessons pas d’élever notre voix pour que les gouvernants des nations garantissent à tous la liberté de conscience et de religion, tout comme celle de pouvoir témoigner publiquement de sa propre foi.

4. Cette semaine, en plein midi, tendez la main à quelqu’un qui vit dans la marge; peut-être pas à un puits mais dans un café, en prenant un verre, à votre table de cuisine, ou alors dans un centre commercial ou sur une place publique. Écoutez l’histoire de blessure, de souffrance, d’aliénation ou de peur que cette personne a besoin de raconter. Laissez l’eau vive de la compassion du Christ couler à travers vous pour irriguer le désert de la vie de quelqu’un d’autre.

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Cinquième dimanche du Carême, Année A – 2 avril 2017 Ézéchiel 37,12-14 Romains 8,8-11 Jean 11,1-45 La vision dramatique d’Ézéchiel et la nôtre La première lecture d’aujourd’hui, tirée d’Ézéchiel 37, 12-14, est la grande vision de la vallée des ossements desséchés, l’un des tableaux les plus spectaculaires de toute la littérature biblique. En voici le ...lire la suite
Cette semaine à Église en sortie, nous vous présentons une entrevue avec le père Timothy Scott c.s.b. sur l’implication de la Conférence religieuse dans les relations de l’Église avec les peuples autochtones du Canada. On vous présente un reportage sur la Journée de rencontre avec les premières nations organisée à l’Institut pastoral des dominicains de ...lire la suite
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Messe au studio de Télévision S+L Jeudi de la troisième semaine du carême  « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. » Luc 11,17 L’une des réalités de la vie dans cette première partie du XXIe siècle est la prévalence de la polarisation. Ce manque d’unité existe à de ...lire la suite
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Ce mercredi matin, 22 mars 2017,  avait lieu le lancement montréalais du plus récent album de Mario Pelchat intitulé « Agnus Dei ». Enregistré avec la collaboration de trois séminaristes, quatre prêtres et un évêque de l’archidiocèse de Québec, ce disque original nous fait revisiter une tradition musicale aussi riche qu’enracinée dans la culture québécoise. Je ne ...lire la suite
- S+L Features -
Mgr Philippe Bordeyne
Témoin : Mgr Philippe Bordeyne
Philippe Bordeyne, né le 21 décembre 1959 à Paris, est un prêtre, universitaire et théologien moraliste français, doyen du Theologicum de 200... lire la suite
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Charité sans frontières
NOUVEAUCharité sans frontières - L'Église aujourd'hui comme hier est largement engagée auprès des plus fragiles sur tous les continents. Pour montrer comment elle agit quotidiennement et concrètement sur le terrain,... lire la suite
Église en Sortie avec Francis Denis
NOUVEAU
Église en Sortie avec Francis Denis - Gardant une perspective missionnaire, cette production vise à informer les catholiques et tous les francophones du Québec et du Canada sur les différentes initiatives apostoliques... lire la suite
Messe quotienne à L'Oratoire Saint-Joseph
NOUVEAU
Messe quotienne à L'Oratoire Saint-Joseph - Le 19 octobre 1904, une première messe était célébrée dans le petit oratoire dédié à saint Joseph, fondé par le frère André. Un siècle plus tard, le 19 octobre 2010, Télévision Sel + Lumière lance la diffusion de la messe quotidienne en direct de la crypte de l’Oratoire Saint-Joseph.... lire la suite
François, apôtre de l'Amérique
François, apôtre de l'Amérique - Découvrez dans ce documentaire François de Laval, premier évêque de Québec et fondateur de l'Église en Amérique du Nord. Un saint du XVIIème siècle canonisé en avril dernier par le pape François.... lire la suite
Pour Toi Seigneur
Pour Toi Seigneur - Cette série porte sur différents aspects de la vie consacrée. « Pour Toi Seigneur » se décompose en sept épisodes de 26 minutes, et résulte d’un tournage de deux mois au sein de plus de 20 communautés. Le but était de rencontrer des gens de tout âge, de les laisser parler, les laisser expliquer et raconter leur vie.... lire la suite
Focus catholique - La paix au coeur de la guerre
Focus catholique - La paix au coeur de la guerre - La Maison de la paix (House of Peace) est un organisme, et partenaire de Développement et Paix, qui travaille sur le terrain au Liban et en Syrie pour inviter les réfugiés au dialogue entre eux et à la réconciliation.... lire la suite
Échos du Vatican
Échos du Vatican - Charles Le Bourgeois est diplômé d'une école de journalisme de France avec une spécificité européenne. Il a effectué des stages dans différents médias : presse écrite... lire la suite
Surs Ses Traces - L'histoire de Kateri Tekakwitha
Surs Ses Traces - L'histoire de Kateri Tekakwitha - Béatifiée par le bienheureux Jean-Paul II en 1980, Kateri Tekakwitha a été proclamée première sainte autochtone nord-américaine par le pape Benoît XVI le 21 octobre 2012. Ce documentaire émouvant nous emmène du nord de l'état de New York à Montréal et Kahnawake; ... lire la suite
Portier de Dieu - Saint André de Montrèal
Portier de Dieu - Saint André de Montrèal - Le 6 janvier 1937, la mort d\'un humble portier attire plus d\'un million de personnes. Pendant 40 ans, le frère André Bessette, religieux de la Congrégation de Sainte-Croix, accueille tous ceux et celles qui frappent à la porte du Collège Notre-Dame à Montréal.... lire la suite
Synode sur la famille
Synode sur la famille - Du 4 au 25 octobre, le monde sera fixé sur Rome alors que la XIVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques à la basilique vaticane... lire la suite
Réflexions du Père Rosica
NOUVEAU
Réflexions du Père Rosica - Le père Rosica a signé de nombreux articles et chroniques dans plusieurs langues pour diverses publications, et un cycle de trois ans de réflexions bibliques hebdomadaires pour l'Agence de presse Zenit...... lire la suite
Revue S+L
NOUVEAU Revue S+L 2016/17 - Au sein de son apostolat, la Fondation catholique Sel et Lumière media produit une revue annuelle. La revue comprend des informations sur les programmes, l’équipe et les nombreux... lire la suite
Bénévoles Recherchés
NOUVEAU
Bénévoles Recherchés - Nous recherchons des bénévoles en tant qu'agents de communication auprès des paroisses du diocèse de Montréal. Ces derniers veilleront à établir et à maintenir une bonne relation avec les paroisses. Ils feront la promotion de l'apostolat offert par Sel et lumière... lire la suite