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Télévision Sel + Lumière http://seletlumieretv.org/blogue Pensées et réflexions de votre chaîne catholique Wed, 19 Jul 2017 17:12:31 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.7.5 « Ô Canada », un hymne à redécouvrir ! http://seletlumieretv.org/blogue/divers/o-canada-un-hymne-a-redecouvrir http://seletlumieretv.org/blogue/divers/o-canada-un-hymne-a-redecouvrir#respond Wed, 19 Jul 2017 12:19:14 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=20034

Les étrangers s’étonnent parfois d’entendre l’hymne de notre pays chanté dans deux langues différentes, l’anglais et le français. Ils seraient sans doute encore plus surpris de savoir que les paroles de l’un et de l’autre ne correspondent pas.  En effet, l’hymne canadien, le maintenant très connu « Ô Canada », est bien connu en sa qualité de composition musicale par Calixa Lavallée. Il l’est un peu moins en ce qui a trait aux paroliers.

Fruit d’une commande du Lieutenant-gouverneur du Québec de l’époque, Son honneur Théodore Robitaille, ce chant fut entonné pour la première fois lors du Congrès catholique canadien-français, le 24 juin 1880.  Composé par le juge et poète Adophe-Basile Routhier, l’hymne fut écrit avec la ferme intention de devenir l’hymne officiel du Canada français. Avec, comme le dit Brian Christopher Thompson, l’intention « de créer un chant national qui avait la dignité du « God Save the Queen », l’hymne était alors entonné lors de tous les événements publics au Canada à l’époque ». Contrairement à la version anglophone dont les paroles reçurent plusieurs moutures au cours de l’histoire, la version française est toujours restée la même. Suivant un parcours sinueux, l’hymne « Ô Canada » reçut finalement la sanction royale le 27 juin 1980, presque cent ans après son écriture !

Si ce n’est de certaines formulations dont le langage nous apparaît quelque peu étranger, l’intégralité de l’hymne Canadien mérite d’être médité et chanté encore aujourd’hui.

Le « Ô Canada, Terre de nos aïeuls » est d’une beauté sublime et peut être une grande source de fierté, spécialement pour nous catholiques puisqu’il fait directement écho à notre foi. En effet, l’hymne national nous invite à faire mémoire de ceux qui nous précédés, de « nos aïeux » qui ont su bâtir ce pays. Loin de se laisser décourager par les nombreux obstacles qu’ils ont rencontrés sur leur route, nos ancêtres ont su manifester un courage et une ferveur semblables à toute grande nation. Du récit de ce passé aux principes ayant dirigé son histoire, l’hymne ne saurait être complet sans cet appel à l’engagement, à la mission que représente la construction d’un si jeune pays.

Dans son discours lors de la cérémonie de bienvenue à Toronto pour la 17e journée mondiale de la Jeunesse le 23
juillet 2002, saint Jean-Paul II s’exprimait en ces termes:

«3. Dans la version francophone de votre hymne national «Ô Canada», vous chantez: «Car ton bras sait porter l’épée, il sait porter la croix». Les Canadiens sont les héritiers d’un humanisme extraordinairement riche, grâce à l’association de nombreux éléments culturels divers. Mais le noyau de votre héritage, c’est la conception spirituelle et transcendante de la vie, fondée sur la Révélation chrétienne, qui a donné une impulsion vitale à votre développement comme société libre, démocratique et solidaire, reconnue dans le monde entier comme un chantre des droits de la personne humaine et de sa dignité.»

Commémorer le 150e du Canada n’est pas seulement un devoir de citoyen. C’est aussi la possibilité d’avoir accès à des témoins et des modèles pour nous qui sommes héritiers de ce patrimoine. À ces personnes qui, de par leur vie même, furent les instruments de Dieu, et envers lesquelles nous sommes infiniment redevables encore aujourd’hui.

-1-

Ô Canada! Terre de nos aïeux,
Ton front est ceint de fleurons glorieux!
Car ton bras sait porter l’épée,
Il sait porter la croix!
Ton histoire est une épopée
Des plus brillants exploits.
Et ta valeur, de foi trempée,
Protègera nos foyers et nos droits.
Protègera nos foyers et nos droits.

-2-

Sous l’œil de Dieu, près du fleuve géant,
Le Canadien grandit en espérant.
Il est d’une race fière,
Béni fut son berceau.
Le ciel a marqué sa carrière
Dans ce monde nouveau.
Toujours guidé par sa lumière,
Il gardera l’honneur de son drapeau,
Il gardera l’honneur de son drapeau.

-3-

De son patron, précurseur du vrai Dieu,
Il porte au front l’auréole de feu.
Ennemi de la tyrannie Mais plein de loyauté.
Il veut garder dans l’harmonie,
Sa fière liberté;
Et par l’effort de son génie,
Sur notre sol asseoir la vérité.
Sur notre sol asseoir la vérité.

-4-

Amour sacré du trône et de l’autel,
Remplis nos cœurs de ton souffle immortel!
Parmi les races étrangères,
Notre guide est la loi;
Sachons être un peuple de frères,
Sous le joug de la foi.
Et répétons, comme nos pères
Le cri vainqueur : Pour le Christ et le roi,
Le cri vainqueur : Pour le Christ et le roi.

 

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« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson… » http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/laissez-les-pousser-ensemble-jusqua-la-moisson-2 http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/laissez-les-pousser-ensemble-jusqua-la-moisson-2#respond Tue, 18 Jul 2017 01:00:28 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19986

Seizième dimanche du temps ordinaire, Année A – 23 juillet 2017

Sagesse 12,13.16-19
Romains 8,26-27
Matthieu 13,24-43

Encore une fois, dans l’Évangile de cette semaine, des images d’arbres, d’arbustes et de plantes potagères en croissance nous offrent de profondes intuitions sur la lenteur et la discrétion de l’action du Royaume de Dieu parmi nous et en nous. L’Évangile d’aujourd’hui est propre à Matthieu (13, 24-33). Au cœur de la parabole du bon grain et de l’ivraie, il y a tout le prix qu’on attache au blé. Le propriétaire du champ refuse d’en perdre même un tout petit peu pour se débarrasser des mauvaises herbes.

L’ivraie qui apparaît au verset 25 est un herbacé toxique qui, à ses premières étapes de croissance, ressemble au blé. Une tige d’ivraie peut pousser juste à côté d’une tige de blé et rêver du même sort alors qu’en fait elle est vouée à la destruction. L’ivraie est dangereuse pour le blé parce que ses racines tentent d’affamer la céréale en la coupant de ses nutriments. Le refus du propriétaire d’autoriser ses esclaves à séparer le bon grain de l’ivraie alors que les deux plantes sont encore en croissance est en fait un avertissement destiné aux disciples : ils ne doivent pas essayer de prévenir le jugement final de Dieu en excluant définitivement les pécheurs du Royaume. Celui-ci, dans son état actuel, comprend des bons et des méchants, les fils du Royaume et les fils du Mauvais. Seul le jugement de Dieu éliminera les pécheurs. Jusque-là, il s’agit d’être patient et de prêcher le repentir. Nous avons beaucoup à apprendre de la patience de Dieu que nous voyons laisser les bons et les méchants grandir ensemble.

Comme il est important de nous rappeler cela quand nous manquons de patience face au rôle de Dieu dans l’histoire humaine. Souvent nous nous demandons : « Mais quand Dieu nous donnera-t-il raison comme il nous l’a promis ? » Combien de temps encore, Seigneur, avant que tu nous montres ta force et ta puissance et que tu disperses nos ennemis ? Combien de temps encore avant que tu nous montres ton visage ? Mais plus nous nous enlisons dans ces ornières, plus nous devenons obsédés par la persistance du mal et plus nous oublions le bien qui émerge et grandit lentement. Dieu aime davantage le bien qu’il ne déteste le mal.

La moisson dont parle le verset 30 est une métaphore fréquente dans la Bible pour évoquer le jugement de Dieu (Jérémie 51, 33; Joël 4, 13; Osée 6, 11). Tout comme le semeur qui répand la semence même là où il y a peu de chances qu’elle pousse, Jésus garde ouvertes les lignes de communication avec les personnes qui ont fermé leur cœur, leurs oreilles et leurs yeux à sa parole.

La grande réussite du Royaume

Les paraboles de la graine de moutarde (Marc 4, 30-32; Luc 13, 18-21) et du levain dans la pâte illustrent la même idée : le contraste étonnant entre les humbles débuts du Royaume et son expansion merveilleuse. Jésus exagère et la petitesse du grain de sénevé et la taille de l’arbuste. La semence dans la main de Jésus est toute petite, toute simple et nullement impressionnante. Mais Jésus affirme que le Royaume de Dieu lui ressemble. La parabole de Jésus était certainement destinée à encourager l’Église primitive au moment où sa croissance paraissait lente ou freinée par la persécution. De ces petites semences naîtra le grand succès du Royaume de Dieu et de la Parole de Dieu. À l’heure des humbles débuts, la patience est de mise. Jésus rassure la foule : la croissance viendra; le propriétaire du champ ne reparaît qu’au moment de la moisson. La croissance du Royaume de Dieu est le fruit de la puissance de Dieu, pas de la nôtre. Comme la minuscule graine de moutarde, le Royaume de Dieu commence très petitement.

Endurer avec patience, attendre avec persévérance

Dans le passage d’aujourd’hui de la lettre de saint Paul aux chrétiens de Rome, l’Apôtre des nations nous rappelle que la gloire que les croyants sont destinés à partager avec le Christ dépasse de beaucoup les souffrances de la vie présente. Paul estime que le destin de l’univers créé est lié à l’avenir qui appartient aux croyants. De même que la création a eu part au châtiment de la corruption provoquée par le péché, elle participera aux bienfaits de la rédemption et de la gloire à venir, qui forment la libération ultime du peuple de Dieu. Ce n’est qu’après avoir enduré avec patience et attendu avec persévérance que nous verrons s’accomplir la pleine moisson de la présence de l’Esprit.

Reconnaître le Royaume

Jésus inaugure son ministère en proclamant : « Le Royaume de Dieu est proche ». Mais ses disciples, de temps à autre, lui reposent la question : « Quand le Royaume va-t-il advenir ? Comment allons-nous le reconnaître ? » La réponse habituelle de Jésus consiste à signaler qu’il est difficile de voir le Royaume quand on est aveuglé par des images terrestres. Jésus disait que le Royaume était proche, « imminent » et qu’il arriverait à l’improviste. Il révélait le Royaume de deux façons : ses miracles manifestaient la présence d’une puissance plus forte que le mal; ses paraboles contenaient des messages sur ce que le Royaume pourrait et devrait être. Pour nombre de gens, le Royaume est un endroit où il n’y aura ni mal ni péché ni tensions ni angoisse ni crainte. Ne rêvons-nous pas tous profondément d’une moisson sans ivraie, d’un monde sans guerre, d’une personnalité exempte des mauvaises herbes de l’anxiété ou de la jalousie, de la peur, de l’apathie, du cynisme et du désespoir ? Loin d’être un endroit apparemment irréel, la vie quotidienne peut devenir un champ de bataille… le lieu d’un combat acharné pour survivre au milieu de l’ivraie et de la paille qui tentent de nous étouffer et de nous arracher notre vie. En Jésus, Dieu a brisé le pouvoir et la domination du mal.

Je me représente souvent Jésus faisant glisser entre ses doigts de petites graines noires de moutarde pendant qu’il parlait aux foules et au petit groupe de ses disciples en Galilée. Un jour, il aura pris conscience de son geste au moment où il parlait du Royaume de Dieu et il a indiqué à ses auditeurs l’arbre qui naîtrait de ces toutes petites graines. La semence dans la main de Jésus est toute petite, toute simple et nullement impressionnante. Mais, dit-il, ainsi en va-t-il du Royaume de Dieu. Il a bien plus de chances de commencer simplement que d’éclater de manière spectaculaire et dramatique.

Le Royaume de Dieu est advenu et il est entré sur la scène humaine en la personne de Jésus de Nazareth. Il faut un long processus pour que le Royaume arrive à son plein achèvement. Nous aspirons à une société qui soit libre des mauvaises herbes de l’injustice, de la peur du nucléaire, des guerres de toutes sortes et du gaspillage de nos ressources. Mais nous savons aussi que ces aspirations ne seront jamais pleinement satisfaites ici-bas. La distance qui sépare nos aspirations de la pleine réalisation de ce royaume nous le fait désirer encore davantage. L’espérance que traduisent nos aspirations est essentielle à la vie humaine car sans elle nous serions des esclaves sans espoir, en proie à la désespérance.

L’opposition et l’indifférence au monde

La Parole de Dieu ne prend pas racine sans difficulté car il faut compter avec la présence et l’action d’un « ennemi » qui « a semé de l’ivraie au milieu du blé ». Dans une homélie prononcée lors de l’audience générale du 25 septembre 1991, Saint Jean-Paul II a traité précisément de cette question.

Cette parabole explique la coexistence et le mélange fréquent entre le bien et le mal dans le monde, dans notre vie et jusque dans l’histoire de l’Église. Jésus nous enseigne à voir ces choses avec le réalisme de la foi chrétienne et à aborder chaque problème avec des principes clairs mais aussi avec prudence et patience. Cela suppose une vision transcendante de l’histoire, qui nous apprend que tout appartient à Dieu et que le résultat final est toujours l’œuvre de sa Providence. Cependant la destinée ultime du bien et du mal, dans sa dimension eschatologique, n’est pas cachée. Elle est symbolisée par le stockage du blé dans le grenier et par le feu où sera jetée l’ivraie.

Il y a de l’ivraie dans l’Église

Lors de la Journée mondiale de la Jeunesse 2005 à Cologne, en Allemagne, le pape Benoît s’est écrié devant la foule où se mêlaient jeunes chrétiens et curieux :

Ici à Cologne nous découvrons la joie d’appartenir à une famille aussi vaste que le monde, qui comprend le ciel et la terre, le passé, le présent, l’avenir. On peut critiquer l’Église, ajouta-t-il, parce qu’elle contient du bon grain et de l’ivraie mais, en réalité, il est consolant de prendre conscience qu’il y a de l’ivraie dans l’Église. Cela nous montre que, malgré tous nos défauts, nous pouvons encore espérer faire partie des disciples de Jésus, qui est venu appeler les pécheurs.

Cinq ans plus tard, le 9 octobre 2010, le pape Benoît est revenu sur cette parabole lors d’une audience générale hebdomadaire où il traitait de la spiritualité de saint Jean Leonardi. Leonardi (1541-1609) et saint Philippe Néri (1515-1595) étaient deux humbles prêtres voués à la réforme du clergé à la fin du seizième et au début du dix-septième siècle. Néri a fondé « l’Oratoire », une communauté de prêtres, et Leonardi a fondé un ordre religieux et un séminaire dans le seul but de réformer le clergé. Les deux hommes exerçaient le ministère à Rome à une époque où il y avait souvent des épidémies de peste et d’influenza. Alors que Néri a survécu à ces épidémies, Leonardi est mort d’influenza en 1609.

Dans son allocution, Benoît XVI a rappelé que l’ivraie et le bon grain vivent tout près l’un de l’autre:

Il existe un autre aspect de la spiritualité de saint Jean Leonardi qu’il me plaît de souligner. En diverses circonstances, il réaffirma que la rencontre vivante avec le Christ se réalise dans son Église, sainte mais fragile, enracinée dans l’histoire et dans son devenir parfois obscur, où le blé et l’ivraie croissent ensemble (cf. Mt 13, 30), mais toutefois toujours Sacrement de salut. Ayant clairement conscience du fait que l’Église est le champ de Dieu (cf. Mt 13, 24), il ne se scandalisa pas de ses faiblesses humaines. Pour faire obstacle à l’ivraie, il choisit d’être le bon grain: c’est-à-dire qu’il décida d’aimer le Christ dans l’Église et de contribuer à la rendre toujours davantage un signe transparent de sa personne. Avec un grand réalisme, il vit l’Église, sa fragilité humaine, mais également sa manière d’être « champ de Dieu », instrument de Dieu pour le salut de l’humanité.

Pas seulement. Par amour du Christ, il travailla avec zèle pour purifier l’Église, pour la rendre plus belle et sainte. Il comprit que toute réforme doit être faite dans l’Église et jamais contre l’Église. En cela, saint Jean Leonardi a vraiment été extraordinaire et son exemple reste toujours actuel. Chaque réforme concerne assurément les structures, mais elle doit tout d’abord toucher le cœur des croyants. Seuls les saints, les hommes et les femmes qui se laissent guider par l’Esprit divin, prêts à accomplir des choix radicaux et courageux à la lumière de l’Évangile, renouvellent l’Église et contribuent, de manière déterminante, à construire un monde meilleur.

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Marie de l’Incarnation : « Mère de l’Église au Canada » http://seletlumieretv.org/blogue/canada-150/marie-de-lincarnation-mere-de-leglise-au-canada http://seletlumieretv.org/blogue/canada-150/marie-de-lincarnation-mere-de-leglise-au-canada#respond Mon, 17 Jul 2017 20:13:11 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=20004

Le 150ème anniversaire du Canada invite chacun à s’interroger sur l’identité du pays, et à se replonger dans son histoire. Si la Constitution canadienne est entrée en vigueur il y a 150 ans, le 1er juillet 1867, l’histoire du Canada est bien plus ancienne, comme en témoignent les peuples autochtones qui habitent ce territoire depuis des milliers d’années.

Progressivement, des hommes et des femmes sont venus habiter ces terres en construisant ce pays qui n’a cessé d’évoluer au gré des vagues d’immigration. Au XVIème siècle, ce sont les français qui ont commencé à coloniser les rives du Saint-Laurent, sur un territoire qu’ils ont nommé la Nouvelle-France.

Parmi les missionnaires arrivés sur ces terres depuis la France, on peut mentionner deux figures importantes canonisées en 2014 par le pape François : François de Laval, dont nous avons déjà parlé dans un précédent article, et Marie de l’Incarnation, dont la vie est intimement liée à l’histoire de la Nouvelle-France.

Née à Tours (France) en 1599, mariée et mère d’un enfant,  Marie devient veuve après la mort prématurée de son époux alors qu’elle n’avait que 19 ans. Tout en veillant à donner à son fils une éducation solide elle ressent un appel à devenir religieuse. Elle rentre alors au couvent des Ursulines, à Tours, et prononce ses vœux à 34 ans, sous le nom de Marie de l’incarnation. Un nom qui déjà en dit long sur sa mission et sa spiritualité.

A la veille de ses 40 ans, après avoir lu les Relations des Jésuites sur le Canada, la religieuse ressent un vif désir de venir en Nouvelle-France. En  débarquant à Québec, accompagnée de deux autres sœurs ursulines, elle devient ici la première religieuse missionnaire, et fonde en 1639 un couvent, fruit de nombreux sacrifices. La demeure brûle 12 ans plus tard et c’est un véritable coup dur pour les sœurs, qui dans un acte de foi à la divine Providence, parviennent à le reconstruire.

Malgré le poids des responsabilités de cette fondation mère Marie s’engage corps et âme dans l’éducation auprès des filles françaises et des autochtones dont elle apprend les langues. Elle compose des dictionnaires en différentes langues et rédige notamment un catéchisme en iroquois.

Son dévouement dans l’éducation des jeunes filles la rend très populaire et de nombreux visiteurs lui rendent visite pour lui demander des conseils. Si bien qu’à l’époque on disait que sans Marie de l’Incarnation, et ses sœurs ursulines, la ville de Québec et la Nouvelle-France auraient difficilement tenu le coup.

Avant de mourir, Marie de l’Incarnation a pu  donner l’habit religieux à plusieurs canadiennes de naissance venues prendre la relève. Elle meurt à Québec, à 72 ans, en laissant à ce pays et cette Église l’héritage que nous connaissons aujourd’hui. Elle est proclamée par Jean-Paul II,  lors de sa béatification en 1980, Mère de l’Église au Canada.

Voyez plus de vidéos sur le 150ème anniversaire du Canada ici 

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La Parole de Dieu n’est jamais dite en vain http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/la-parole-de-dieu-nest-jamais-dite-en-vain-2 http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/la-parole-de-dieu-nest-jamais-dite-en-vain-2#respond Tue, 11 Jul 2017 01:00:04 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19982

Quinzième dimanche du temps ordinaire, Année A – 16 juillet 2017

Isaïe 55,10-11
Romains 8,18-23
Matthieu 13,1-23

Au verset 10 de la première lecture d’aujourd’hui, tirée du chapitre 55 du prophète Isaïe, nous lisons : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange. » En effet, la pluie peut sembler perdue quand elle tombe dans le désert mais elle répond à un dessein de Dieu. Ainsi la parole de l’Évangile tombée dans un cœur endurci; elle suscite parfois un changement de vie. Et si ce n’est pas le cas, elle laisse l’auditeur sans excuse.

Non seulement Isaïe compare-t-il la Parole de Dieu à la pluie mais il la compare aussi à la neige – un autre météore qu’on n’apprécie pas assez pour ce qu’il fait vraiment. La neige n’a pas seulement pour but de recouvrir les pentes de ski, d’offrir des pistes aux motoneiges ou de permettre aux enfants de confectionner des bonshommes de neige. Son but premier, comme pour la pluie, consiste à fournir la terre en eau et en humidité pour que les plantes et les arbres puissent vivre et grandir.

Chaque fois que tombent la neige ou la pluie, elles fournissent un élément essentiel : l’humidité qui fait germer et se développer les semences plantées dans le sol. La neige et la pluie s’acquittent toujours de leur mission. Au verset 11, nous voyons que la Parole de Dieu, comme la pluie et la neige venues du ciel, remplit toujours la mission que Dieu lui a confiée : « ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission. » Quelle foi, quelle patience et quelle persévérance il faut pour accepter cette vérité !

Attendre et endurer dans la patience et la constance

Dans la deuxième lecture d’aujourd’hui, tirée de la lettre de Paul aux Romains (8, 18-23), l’Apôtre considère la création dont la destinée est désormais liée à l’avenir réservé aux croyants. De même que la création subit sa part du châtiment que constitue la corruption provoquée par le péché, elle participera aussi aux bienfaits de la rédemption et à la gloire à venir, qui constituent la libération ultime du peuple de Dieu (v. 19-22). Après un temps d’attente dans la patience et la constance, la pleine moisson de la présence de l’Esprit s’accomplira. Sur terre, les croyants goûtent déjà les prémices, les premiers fruits de l’Esprit : c’est le gage de la délivrance totale de leur corps, libéré de l’influence l’ancien moi rebelle (v. 23).

Le sens du mot « parabole »

Le mot « parabole » est employé dans la Septante grecque pour traduire l’hébreu « mashal », terme qui désigne une large palette de formes littéraires dont les axiomes, les proverbes, les analogies et les allégories. Dans le Nouveau Testament, la « parabole » désigne avant tout un récit qui propose une comparaison éclairante entre des vérités chrétiennes et des événements de la vie quotidienne. Parfois, l’événement raconté comporte un élément étrange, en rupture avec l’expérience courante (ainsi, en Matthieu 13,3, l’énorme quantité de pâte dans la parabole du levain); le trait a pour but de piquer la curiosité de l’auditeur. Discours au figuré, la parabole demande réflexion. La comprendre, c’est un don de Dieu : il est accordé aux disciples mais pas aux foules. Dans la pensée sémitique, l’intelligence des disciples et la stupidité de la foule sont l’une et l’autre attribuées à Dieu. La part de responsabilité humaine pour la stupidité n’est pas traitée, même si Matthieu en fait état en 13,13.

La structure de la parabole du semeur chez Matthieu

Regardons de plus près la structure du Discours parabolique de Matthieu (13, 1-52) qui occupe le centre de son Évangile. Les paraboles que propose Matthieu lui servent à commenter le rejet de Jésus par les Pharisiens dans les deux chapitres précédents. Le discours parabolique est le troisième grand discours de Jésus dans le récit matthéen et il forme la deuxième partie du troisième livre de l’Évangile. Matthieu suit le plan de Marc (4, 1-35), dont il ne reprend que deux des paraboles. Les deux autres sont probablement tirées de la source Q et du recueil de récits propre à Matthieu. En plus des sept paraboles, le discours donne la raison pour laquelle Jésus recourt à ce mode de langage (v. 10-15), déclare bienheureux ceux qui comprennent cet enseignement (v. 16-17), explique le sens de la parabole du semeur (v. 18-23) et de celle de l’ivraie (v. 36-43) et se termine par une conclusion adressée aux disciples (v. 51-52).

Une générosité extravagante

Les auditeurs galiléens de Jésus étaient proches de la terre et l’image de la semence (Matthieu 13, 1-23) évoquait pour eux une réalité familière. La parabole d’aujourd’hui avait de quoi les surprendre : elle met en scène un semeur apparemment négligent. Il semble jeter la semence à la légère et de manière désinvolte même là où elle n’a virtuellement aucune chance de pousser. Les premiers grains, répandus au bord du chemin, seront aussitôt dévorés. Les deuxièmes, tombés sur un sol pierreux, lèveront rapidement mais mourront presque tout de suite. Les troisièmes, lancés dans les ronces, seront étouffés par une force supérieure. Enfin, les quatrièmes tombent dans la bonne terre et produiront du fruit dans des proportions étonnantes, inouïes, invraisemblables. Quand la saison est bonne, une récolte normale donne du sept pour un, mais jamais trente, soixante-dix voire cent pour un ! Le rendement final est renversant. En fin de compte, la parabole met en scène un semeur qui est beaucoup moins étourdi et gaspilleur que d’une prodigalité extravagante.

L’explication de la parabole (v. 18-23) met l’accent sur les divers types de sol qui reçoivent la semence, c’est-à-dire sur les dispositions de l’auditeur qui entend la prédication de Jésus (voir les parallèles en Marc 4, 14-20 et en Luc 8, 11-15). Les deuxième et troisième types notamment sont expliqués d’une façon qui semble donner raison à plusieurs exégètes qui estiment que l’explication remonte moins à Jésus qu’à la réflexion de la première communauté chrétienne sur l’apostasie : celle-ci résulterait des persécutions ou des soucis du monde. Mais d’autres commentateurs croient que l’explication peut remonter à Jésus pour l’essentiel même si elle aura été développée plus tard à la lumière de l’expérience de la communauté. Les quatre types de personnes mises en cause sont (1) celles qui ne peuvent ni comprendre ni accepter la parole du royaume (Matthieu 13,19); (2) celles qui croient pour un temps mais tombent à cause de la persécution (v. 20-21); (3) celles qui croient mais chez qui la parole est étouffée par les soucis du monde et les séductions de la richesse (v. 22); et (4) celles qui accueillent la parole et produisent du fruit en abondance (v. 23).

On ne trouve pas dans l’Évangile d’autre exemple de parabole que Jésus prenne la peine d’expliquer comme celle-ci. On a trop souvent utilisé ce texte pour montrer ce qui arrive à la semence – emportée par le diable, incapable de prendre racine, étouffée par les richesses et les plaisirs. Nous sommes-nous jamais arrêtés à contempler la prodigalité et la générosité de Dieu – qui sème à tout vent ? Dans l’explication qu’il donne, Jésus détourne l’attention de la semence (la parole), qui était au cœur de la parabole, pour s’arrêter à la personne qui entend la parole (le sol). Ce faisant, il met en lumière la générosité extravagante de Dieu avec la parole.

La Parole de Dieu s’accomplira

Quel que soit le dessein de Dieu en nous donnant l’Évangile, il s’accomplira. La parole de Dieu n’est jamais prononcée en vain et ne manque jamais de réaliser sa mission. Même s’il peut sembler que l’Évangile tombe sur un sol aride ou pierreux; sur de vastes plaines sans cultures ou dans le désert « où il n’y a pas d’humain » et où il nous paraît futile de semer, nous savons que ce n’est pas le cas. Les paroles de l’Évangile tombent souvent dans des cœurs humains endurcis et desséchés.

Le message de Jésus s’adresse aux orgueilleux, aux insensés, aux avares et aux sceptiques, il semble avoir été prononcé en vain et revenir à Dieu sans avoir rien donné. Mais il n’en est rien. Il est investi d’un projet, projet qui va s’accomplir. Il est porteur de la plénitude de sa miséricorde. Il enlève aux gens toute excuse et se justifie lui-même. Ou alors, quand il semble avoir été proposé en vain… il finit par réussir et les pécheurs sont finalement amenés à renoncer à leurs péchés pour revenir à Dieu.

L’Évangile est souvent rejeté et méprisé. Il tombe dans l’oreille de certaines personnes comme la pluie sur les rochers; il y a, pour ainsi dire, de vastes champs où l’évangile est prêché mais qui semblent aussi dénudés et stériles que le désert; et on semble prêcher l’évangile à des collectivités entières sans obtenir d’autre résultat que la pluie qui tombe sur les grand déserts arides. En dépit de certains échecs dus à l’opposition et à l’indifférence, le message de Jésus sur l’avènement du royaume finira par remporter un énorme succès. Même si l’Évangile ne donne pas tout de suite tous les bons résultats que nous pouvons en attendre, il finira par réussir bien au-delà de nos vœux et de nos aspirations, et le monde entier sera comblé de la connaissance et de l’amour de Dieu.

Laisser la Parole prendre racine dans notre vie

Cette semaine, laissons la Parole prendre racine dans notre vie. En la laissant pénétrer sous la surface, nous commencerons à nous retrouver et à mettre au jour ces régions de nous-mêmes qui semblent perdues ou brisées, abandonnées ou oubliées, « éteintes » ou « débranchées » du courant transformateur de Dieu. Nous pourrions faire nôtre cette prière de saint Albert le Grand :

Fais que j’abandonne mon ancienne vie afin que la semence de ta Parole ne soit pas dévorée par les oiseaux de la pensée frivole, ou étouffée par les rondes des soucis. Donne-moi un cœur tendre, débordant d’humilité et de joie, pour que je sois une bonne terre et que je donne du fruit patiemment.

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Les évêques présentent le Québec au pape François http://seletlumieretv.org/blogue/divers/les-eveques-presentent-le-quebec-au-pape-francois http://seletlumieretv.org/blogue/divers/les-eveques-presentent-le-quebec-au-pape-francois#respond Sat, 08 Jul 2017 03:09:39 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19973

Au mois de mai dernier, 28 évêques du Québec se sont rendus à Rome pour leur pèlerinage ad limina apostolorum. Réunissant l’ensemble de l’épiscopat québécois, cette visite leur a permis de prier, de réfléchir et de discuter sur l’état de l’Église au Québec. Les trois rencontres avec le Saint-Père furent certainement parmi les moments forts alors que les évêques ont pu échanger sur leur expérience de pasteur en cette terre francophone d’Amérique du Nord. Plusieurs évêques ont pu s’exprimer sur leur impression de ces échanges avec le pape François. Ainsi, vous pouvez revoir le dernier épisode d’Église en sortie dans lequel Mgr Christian Lépine s’exprime sur cette expérience unique. En plus de chacun des rapports individuels des évêques sur l’état de leur diocèse respectif, l’AECQ a remis un rapport collectif présentant leur vision de l’Église dans le contexte de la société québécoise.

Divisé en trois chapitres, ce rapport d’une trentaine de pages, précédé d’une allocution de Mgr Paul Lortie, président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec présente non seulement les nouvelles ouvertures envers l’Église mais également les défis propres à la transmission de l’Évangile du Christ en ce coin de pays.

Un Québec diversifié

L’Église catholique est universelle depuis sa fondation. Rien de plus naturel pour elle que de garder une perspective globale. Sachant qu’elle se trouve dans tous les pays de la terre, l’Église regarde d’un très bon œil la transformation de la dynamique sociale du Québec. Soucieuse de faire le pont entre les fidèles « canadiens français » et les nouveaux arrivants catholiques ou non, ce rapport manifeste bien la lucidité de l’épiscopat du Québec de jouer un rôle de plus en plus important sur la scène publique. Consciente de son expertise en humanité, elle voit combien ce « point tournant » (p1.12) du Québec est un grand défi pour la société québécoise dont elle fait partie.

Un Québec sécularisé

C’est un secret pour personne, l’Église au Québec fut pendant de nombreux siècles l’institution la plus importante. Celle dont on ne pouvait absolument pas faire abstraction pour comprendre l’existence de ce peuple francophone dans l’océan anglophone qu’est l’Amérique du Nord. Or, ce n’est plus le cas aujourd’hui; Réduite qu’elle est au titre d’acteur marginal dans des domaines qui étaient, encore récemment, principalement de sa compétence comme l’éducation et les soins de santé.

En ce sens, on note dans le rapport un certain ressentiment devant la déconfessionnalisation du système d’éducation perçue comme « rapide et radicale » (1.6) et dans laquelle l’Église n’a pas vraiment eu droit au chapitre : « les interventions des évêques dans ce domaine n’ont pas eu de poids devant un tel rouleau compresseur, autre signe éloquent de la transformation totale des rapports des Québécois avec l’Église » (1.6).

Comment transmettre la foi aux nouvelles générations sans accès aux écoles, en dehors des institutions de transmission du savoir tel sera le défi propre aux évêques du Québec pour les décennies à venir, étant pratiquement les seuls en Occident à ne plus disposer de cet instrument essentiel.

Une souffrance identitaire

Les évêques n’ont cependant pas limité leur analyse qu’à l’aspect institutionnel de la sécularisation, manifestant quelques-unes des raisons philosophiques (1.8) sous-jacentes à un certain athéisme pratiqué par beaucoup de Québécois.

Or ce refus de nombreux de nos concitoyens à puiser aux sources spirituelles du Québec ne peut qu’avoir dans leur accès à leur propre culture et, donc, des conséquences psychologiques et sociales. Citant l’Observatoire Justice et Paix, les évêques du Québec ont donc présenté au Pape ce problème culturel lié au rejet du religieux :

« Pour un peuple qui a vécu dans un rapport étroit entre la foi et la culture pendant près de quatre siècles, une telle mutation n’a-t-elle pas des conséquences préoccupantes pour son avenir ? »

Devant ce constat, j’oserais ajouter la question suivante : Cette incertitude identitaire des Québécois ayant rejeté leur religion traditionnelle est-elle un obstacle à la création d’une société saine et à l’accueil des nouveaux arrivants qui ne semblent pas partager cette méfiance envers ces systèmes de croyances que l’on nomme religions ?

Ainsi, les évêques du Québec se posent une question primordiale :

Tout en étant pasteurs pour le petit nombre — ce « petit troupeau » qui demeure attaché à l’Église d’une façon ou d’une autre — comment être à la fois apôtres et missionnaires dans ce Québec devenu sécularisé, diversifié, pluriel et pluraliste, qui a pour une bonne part rompu ses liens avec la tradition et l’héritage catholiques, qui cherche et choisit ses repères ailleurs que dans l’Évangile et pour qui la parole de l’Église est discréditée tant par les terribles scandales de nature sexuelle que par des enseignements qui lui paraissent dépassés, déconnectés et rétrogrades ? (i) 

Dans les prochaines semaines, nous explorerons plus en profondeur ce rapport des évêques du Québec au pape François en examinant les différentes pistes de solutions qui s’offrent à l’Église au Québec pour répondre à l’invitation du pape François d’être une « Église en sortie » (i).

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François de Laval : un « géant » de la foi http://seletlumieretv.org/blogue/canada-150/francois-de-laval-un-geant-de-la-foi http://seletlumieretv.org/blogue/canada-150/francois-de-laval-un-geant-de-la-foi#respond Fri, 07 Jul 2017 19:57:10 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19964

Dans le contexte 150ème anniversaire du Canada, nous avons l’occasion de nous arrêter sur celles et ceux qui ont façonné ce grand pays tout au long de l’histoire.

Parmi ces grandes figures on retiendra ici saint François de Laval, car il est le premier évêque de Québec, et plus largement le fondateur de l’Église en Amérique du Nord.

Envoyé en Nouvelle-France au XVIIème siècle comme vicaire apostolique, ce missionnaire français arrive à Québec en 1659. Il participe activement au développement de la Nouvelle-France, notamment dans les domaines religieux et politiques.

Héritier du Concile de Trente dont il s’inspire ardemment, Mgr de Laval entreprend de grands travaux, en faveur notamment de l’instruction des jeunes et de la formation des prêtres. Il créé le séminaire de Québec, une communauté de prêtres chargés de la formation des futurs clercs afin d’assurer l’évangélisation de ce nouveau pays. Il fonde la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, église mère de toutes les autres dans cette région du monde, première paroisse américaine au nord des colonies espagnoles.

Attaché aux peuples amérindiens, il défend courageusement leur dignité en s’opposant au commerce de l’eau-de-vie, vendue aux autochtones pour mieux les exploiter. Détaché des biens matériels, il donne aux pauvres tout ce qu’il possède. Voyageur infatigable, il revient quatre fois en France pour y trouver des ressources humaines et financières. Il parcourt son diocèse à pied, en raquette, et en canot pour visiter ses fidèles aux périphéries.

Moderne, Mgr de Laval a fondé une Église nouvelle dans un pays neuf, en adaptant l’organisation ecclésiale à un contexte de mission et d’évangélisation. Ses œuvres sont nombreuses et son héritage est précieux.

Sa vie est un don total à Dieu et un abandon à la divine providence. Pour lui, la désappropriation n’est autre chose que l’Évangile vécue dans toute sa radicalité.

Saint François de Laval, ce « géant de la foi », selon son successeur le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, actuel archevêque de Québec, meurt à l’âge de 85 ans dans son propre diocèse à Québec.

Il a été canonisé par le pape François en avril 2014, et l’Église universelle célèbre sa fête le 6 mai.

 

Voyez plus de vidéos sur le 150ème anniversaire du Canada ici 

]]> http://seletlumieretv.org/blogue/canada-150/francois-de-laval-un-geant-de-la-foi/feed 0 Intentions de prière du Pape François pour le mois de Juillet 2017 http://seletlumieretv.org/blogue/nouvelle-evangelisation/intentions-de-priere-du-pape-francois-pour-le-mois-de-juillet-2017 http://seletlumieretv.org/blogue/nouvelle-evangelisation/intentions-de-priere-du-pape-francois-pour-le-mois-de-juillet-2017#respond Fri, 07 Jul 2017 12:27:56 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19961 Vous trouverez ci-dessus la vidéo des intentions de prière du pape François pour le mois de juillet 2017 : Les personnes éloignées de la foi chrétienne »:

N’oublions jamais que notre joie est en Jésus Christ, que son amour est fidèle et inépuisable. Car, lorsqu’un chrétien est triste, cela veut dire qu’il s’est éloigné de Jésus. En ces moments-là, il ne faut pas le laisser seul. Nous devons lui offrir l’espérance chrétienne ; par la parole certes, mais plus encore par notre témoignage, par notre liberté, par notre joie.

Prions pour nos frères et sœurs qui se sont éloignés de la foi, afin qu’ils redécouvrent, par notre prière et notre témoignage évangélique, la beauté de la vie chrétienne. N’oublions jamais que notre joie est en Jésus Christ, que son amour est fidèle et inépuisable. Car, lorsqu’un chrétien est triste, cela veut dire qu’il s’est éloigné de Jésus. En ces moments-là, il ne faut pas le laisser seul. Nous devons lui offrir l’espérance chrétienne ; par la parole certes, mais plus encore par notre témoignage, par notre liberté, par notre joie. Prions pour nos frères et sœurs qui se sont éloignés de la foi, afin qu’ils redécouvrent, par notre prière et notre témoignage évangélique, la beauté de la vie chrétienne.

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Canada 150 : Sous le regard de Marie http://seletlumieretv.org/blogue/cecc/canada-150-sous-le-regard-de-marie http://seletlumieretv.org/blogue/cecc/canada-150-sous-le-regard-de-marie#respond Thu, 06 Jul 2017 17:19:38 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19950

« À l’homme d’aujourd’hui souvent tiraillé entre l’angoisse et l’espérance, prostré par le sentiment de ses limites et assailli par des aspirations sans bornes, troublé dans son âme et déchiré dans son cœur, l’esprit obsédé par l’énigme de la mort, oppressé par la solitude alors qu’il tend vers la communion, en proie à la nausée et à l’ennui, la Vierge Marie, contemplée dans sa vie terrestre et dans la réalité qu’elle possède déjà dans la Cité de Dieu, offre une vision sereine et une parole rassurante : la victoire de l’espérance sur l’angoisse, de la communion sur la solitude, de la paix sur le trouble, de la joie et de la beauté sur le dégoût et la nausée, des perspectives éternelles sur les perspectives temporelles, de la vie sur la mort » (Bienheureux Paul VI, Exhortation apostolique Marialis Cultus, 57).

À l’occasion du 150e anniversaire du Canada, des évêques canadiens ont consacré chacun de leur diocèse au Cœur immaculé de la Vierge Marie, le 1er juillet. Ils consacreront, tous ensemble, le pays en entier lors de leur Assemblée Plénière en septembre prochain.

Mais le Canada a déjà été consacré à la Vierge à deux reprises. C’est arrivé pour la première fois en 1947 pendant le Congrès Marial à Ottawa. C’était d’ailleurs l’un des plus grands rassemblements religieux en Amérique du nord à l’époque. C’est arrivé une deuxième fois en 1954 lors de l’Année Mariale, ouverte le 8 décembre, soulignant le centenaire du dogme de l’Immaculée Conception.

C’est mystérieux, quand même, toute cette affaire de consécration ! Elle ne concerne pas que les évêques. En réalité, la consécration du pays à Marie est un cadeau pour toute l’Église canadienne, pour tous les fidèles, et une invitation qui nous est lancée d’y prendre part ! La Conférence des évêques catholiques du Canada a préparé une ressource précieuse pour comprendre en quoi consiste cette consécration au Cœur immaculé de Marie.

CONSACRÉS

Avant de parler de Marie ou d’une consécration à Marie, il faut comprendre ce que signifie « être consacrer ». Et cela veut dire, retourner à la base. En tant que baptisé, chacun de nous est consacré du point de vue de Dieu. C’est Lui qui nous consacre, qui nous adopte comme ses enfants et nous « confère sa sainteté de vie et d’amour » (CEC 1266). Nous sommes aussi consacrés en choisissant de participer à cette vie d’amour. « Un acte personnel de consécration est un moyen de mieux nous approprier notre appel chrétien et de continuer de demeurer dans la grâce de Dieu » (CECC, Consécration du Canada à la Bienheureuse Vierge Marie, Suggestions de catéchèse des adultes, p.2).

POURQUOI MARIE?

Elle est modèle de sainteté. Marie a une place essentielle dans la tradition chrétienne, et a joué un rôle décisif dans l’histoire du salut. Par son « oui » inconditionnel, elle a répondu librement à la volonté de Dieu, de porter en elle et de donner au monde Jésus, Seigneur et Sauveur de l’humanité. Par son « oui », elle a continué tout au long de sa vie de « marcher sur les traces du Christ ». Marie est devenue non seulement la Mère de Dieu, elle est aussi devenue la première disciple et la Mère de toute l’Église.

En 1954, lors de la dernière consécration du pays à la Vierge Marie, les évêques du Canada ont expliqué que « la vraie dévotion à Marie exalte ‘la bassesse d’une servante’ (Luc 1, 48), et propose l’idéal d’une humanité librement et filialement soumise à l’action divine. C’est pourquoi notre génération qui assiste à la révolte de l’homme contre Dieu, se tourne vers la sainte Vierge avec une si ardente inclination » (CECC, Consécration du Canada à la Bienheureuse Vierge Marie, Suggestions de catéchèse des adultes, p.3).

Alors, en tant que Mère de l’Église, elle intercède pour nous. Elle ne cesse de participer à l’action salvifique de Jésus dans le monde. C’est pourquoi nous pouvons lui présenter nos demandes personnelles ainsi que celles de notre pays.

DES GRÂCES POUR LE PAYS

Consacrer le Canada à la Vierge Marie est donc un engagement de la part de l’Église au Canada et de ses membres, remis à Dieu, afin de plus lui appartenir et d’être davantage ouvert à sa grâce.

Les évêques veulent particulièrement confier au Cœur immaculé de la Vierge, la protection du pays, des familles canadiennes et de la vie humaine. Ils souhaitent aussi la grâce de pouvoir répondre de manière juste aux changements sociaux et, pour que ce pays soit disposé à entendre, accueillir et répondre au message de l’Évangile.

PRIÈRE DE CONSÉCRATION DU CANADA AU CŒUR IMMACULÉ

Marie notre Mère, puisse la Croix de ton Fils, plantée en sol canadien et dans les cœurs des Canadiens et Canadiennes, être reconnue comme l’Arbre de vie, dont les fruits sont visibles et accessibles à chacune et à chacun dans le jardin de ce monde.

Nous plaçons notre pays, le Canada, dans le sanctuaire de ton Saint Cœur parce que nous savons que nous y trouverons Jésus, qui vit et règne avec le Père dans l’unité du Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

Amen.

La carte de prière personnelle pour la consécration au Cœur immaculé de la bienheureuse Vierge Marie peut être commandée auprès des Éditions de la CECC.

POUR APPROFONDIR

Consultez ce document en format PDF de la CECC pour plus d’informations  et approfondir votre réflexion.

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Lettre du Président de la CECC à la ministre des Affaires étrangères concernant la politique étrangère canadienne http://seletlumieretv.org/blogue/divers/lettre-du-president-de-la-cecc-a-la-ministre-des-affaires-etrangeres-concernant-la-politique-etrangere-canadienne http://seletlumieretv.org/blogue/divers/lettre-du-president-de-la-cecc-a-la-ministre-des-affaires-etrangeres-concernant-la-politique-etrangere-canadienne#respond Tue, 04 Jul 2017 22:24:08 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19944

Vous trouverez ci-dessous le texte complet de la Lettre du Président de la CECC à la ministre des Affaires étrangères concernant la politique étrangère canadienne telle que publiée le 4 juillet 2017:

Mgr Douglas Crosby, O.M.I., évêque de Hamilton et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a écrit à l’honorable Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères, concernant son discours du 6 juin 2017 sur la politique étrangère canadienne. Dans son discours à la Chambre des communes, la Ministre avait associé les droits des femmes au droit à l’avortement et aux « droits en matière de sexualité et de santé reproductive » en déclarant que « ces droits sont au cœur de notre politique étrangère ». Dans sa lettre, Mgr Crosby exprime sa profonde inquiétude et son désaccord  affirmant que cette déclaration est « erronée, troublante et malavisée ». Il rappelle que « plusieurs enjeux féminins qui auraient dû être soulevés parce qu’ils justifient un engagement international… ont été passés sous silence. Mentionnons entre autres les ententes économiques du Canada avec des pays où les fillettes sont tuées à la naissance parce qu’elles ne sont pas des garçons; où les femmes gagnent moins que les hommes pour le même travail ou ne peuvent bénéficier des mêmes privilèges de la loi, y compris le droit à l’éducation ou à la protection contre le viol, la violence physique, ou autre forme d’abus. »

Mgr Crosby fait ressortir qu’une « partie importante de la population (tant au Canada qu’à l’étranger) estime que l’enfant à naître est un être humain créé par Dieu, qui mérite de vivre et d’être aimé », alors que la Cour suprême du Canada a unanimement reconnu dans sa décision de la cause Morgentaler en 1988 que l’État a un intérêt légitime à protéger l’enfant à naître. Le Président de la CECC insiste que « dans un contexte d’incertitude où la voix et le leadership du Canada ont du poids sur de nombreux sujets, du changement climatique à la paix mondiale, une idéologie politique ne devrait pas dicter la politique étrangère et l’emporter sur le bon sens et sur nos obligations humanitaires envers ceux et celles en grand besoin. »

Une copie de la lettre de trois pages a également été envoyée au Premier ministre, le très honorable Justin Trudeau; à la ministre du Développement international et de la Francophonie, l’honorable Marie-Claude Bibeau, au chef de l’Opposition officielle, l’honorable Andrew Scheer; au porte-parole de l’Opposition officielle sur les Affaires étrangères, l’honorable Tony Clement, et au porte-parole de l’Opposition pour les droits de la personne et la liberté de religion, l’honorable David Anderson.

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Le joug léger et le sourire d’un Maître bienveillant http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/le-joug-leger-et-le-sourire-dun-maitre-bienveillant-2 http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/le-joug-leger-et-le-sourire-dun-maitre-bienveillant-2#respond Tue, 04 Jul 2017 01:26:36 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19939

Quatorzième dimanche du temps ordinaire, Année A – 9 juillet 2017

Zacharie 9,9-10
Romains 8,9.11-13
Matthieu 11,25-30

Lors d’une session d’été en France pendant mes études de premier cycle, je me rappelle avoir visité l’Abbaye de Saint-Honorat dans les îles de Lérins, dans le Midi. J’y ai été particulièrement frappé par une figure médiévale du Christ en croix dans l’église abbatiale. Le crucifié, pendu à la croix, les yeux fermés et la tête penchée vers la droite, avait un visage souriant. Le vieux moine qui nous faisait visiter ce jour-là nous expliqua que c’était le « Christ souriant ». Plusieurs de mes confrères de différents pays, notamment les fidèles d’autres confessions religieuses, étaient médusés de voir le Christ crucifié afficher un sourire paisible et demandèrent au moine comment la chose pouvait être possible.

Je me suis souvent demandé pourquoi, de nos jours, nous ne représentons pas Jésus en train de sourire ou de rire. Oui, je sais qu’il y a quelques gravures et quelques représentations bien connues d’un Christ souriant, mais elles sont peu nombreuses et assez rares. J’oserais dire que plusieurs de nos portraits du Christ choisissent d’en évoquer des images plutôt sombres, graves et tristes qui nous viennent de la fin du Moyen Âge, époque où la peste et la danse macabre hantaient l’Europe.

S’il est vrai que le Nouveau Testament ne nous parle pas d’un Jésus souriant, riant aux éclats ou en train d’avoir du plaisir en compagnie des personnes de son entourage, les Écritures ne craignent pas de nous dire qu’il a ressenti et exprimé d’autres émotions. Nous savons qu’il a pleuré amèrement à la mort de son ami Lazare. Il n’a pas hésité à manifester sa colère au Temple quand les gens en firent un centre commercial. Il s’est montré irrité des pièges que lui tendaient certains chefs religieux de son temps. Combien de fois aura-t-il été frustré de voir ses disciples incapables de comprendre la situation et le sens de ses paroles, ses paraboles, les annonces qu’il leur fit de sa passion et de son départ imminent ? Il vaut la peine de nous demander comment il se fait que les Écritures ne disent rien d’un Jésus souriant ou de l’humour avec lequel il dut bien réagir à la lenteur de ses disciples ? Il ne pouvait manquer de rire et de sourire quand il était entouré d’enfants qui, de toute évidence, recherchaient sa compagnie !

Quel regard avait Jésus quand il aperçut Zachée juché dans son sycomore à Jéricho ? Je suis sûr que cette rencontre a provoqué beaucoup de sourires, de rires et d’humour. Et quand la foule a quitté cette colline de Galilée où elle avait mangé tout son soûl… comment Jésus n’aurait-il pas laissé échapper un sourire de soulagement ? Quand Jésus parle de la mine défaite que se composent les hypocrites, dans l’Évangile de Matthieu, il nous dit quelque chose de lui-même. Il y a bien des gens dans l’Église d’aujourd’hui qui ont peine à accepter l’image d’un Jésus heureux et souriant. Ils préfèrent un personnage sévère, austère, marqué par la tragédie, qui ne semble pas avoir beaucoup d’espérance à offrir !

La prière d’exultation de Jésus

Toute sa vie, Jésus a vu que les humbles de cœur trouvaient plus facile d’accepter sa doctrine révolutionnaire que ceux qui étaient pleins d’eux-mêmes. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, le Jésus de Matthieu formule une prière d’exultation et de louange qui nous fait mieux comprendre qui il est et à qui il souhaite s’identifier (11, 25-30).

On observe un triple mouvement dans ce passage. Dans un premier temps, Jésus s’adresse à son Père et se réjouit de ce que la prédilection du Père pour les pauvres et les petits transparaisse dans son ministère. Dans le deuxième temps, Jésus parle de lui-même et en vient presque à se définir. Jésus est le Fils à qui a été donnée la pleine connaissance du Père. Le cœur de la mission du Fils, c’est de nous révéler le Père. Enfin, dans le troisième temps, Jésus s’adresse directement à toutes les personnes qui cherchent du secours, de la consolation et du repos. Je ne peux m’empêcher de penser qu’à chacun de ces trois énoncés, Jésus souriait, qu’il prenait une profonde respiration et qu’il était comblé de joie en voyant ce qui se produisait dans les rangs de ses disciples. Il souriait de compassion en invitant les malheureux et les petits à trouver la paix.

La priorité de Jésus

Même si ce message particulier offre aux opprimés repos et encouragement, l’Évangile de Matthieu dans son ensemble n’est pas toujours aussi consolant ou facile à accueillir. En 10, 37 nous lisons : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. » Jésus doit passer même avant les liens qui unissent les enfants à leurs parents ! Il faut replacer ces mots dans leur contexte original : celui des deuils que durent vivre les chrétiens du premier siècle quand ils adhéraient au mouvement et qu’ils devaient renoncer à tout ce qui avait été pour eux jusque-là source de réconfort et de force – les parents, les frères et sœurs, les enfants, en fait toutes leurs relations familiales et toutes leurs possessions, si abondantes ou si maigres qu’elles aient été.

L’Évangile d’aujourd’hui répond directement à ceux et celles qui ont tout perdu ou qui ont tout donné : c’est Jésus, le grand consolateur, celui qui ouvre les bras pour accueillir les victimes de la vie, ceux et celles qui se voient ostracisés et rejetés, accablés et écrasés. Cette parole de Matthieu 11, 25-26 est identique à celle qu’on retrouve en Luc 10, 21-22 sauf pour des variantes mineures, et elle introduit une note de joie dans une section qui est plutôt dominée par le thème de l’incroyance. Alors que les sages et les savants, les scribes et les Pharisiens ont rejeté la prédication de Jésus et la signification de ses prodiges, les tout-petits et ceux qui leur ressemblent les ont acceptés.

Accepter le joug du Seigneur

Accepter de porter le joug du Christ, c’est pouvoir compter sur un maître doux et humble; le fardeau donné et accepté dans l’amour mutuel semblera léger. L’Évangile d’aujourd’hui est l’un des passages les plus connus et les plus populaires des Écritures chrétiennes. Qui peut rester insensible à la consolation qu’offre Jésus quand il dit [v. 28-30] :

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos.
Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger.

Le mot joug est pris au sens figuré pour décrire les choses qui contrôlent la vie des gens. Les paysans étaient toujours sous le joug. En général, leur vie de fermiers était régie par la volonté et les caprices des propriétaires terriens. Leur existence était contrôlée par les chefs religieux qui percevaient la dîme et qui en accumulaient la recette au Temple au lieu de la redistribuer aux nécessiteux. Les Pharisiens imposaient le joug de leurs 613 commandements aux fidèles et à quiconque leur demandait comment être agréables à Dieu. Pour tous les Israélites, le fait de réciter et de mettre en pratique le passage de Deutéronome 6,4ss – « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur… » – c’était « porter le fardeau du règne de Dieu ».

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus invite ses auditeurs à « apprendre de moi; je suis votre modèle ». Son invitation fait écho à celle du livre de la sagesse de Ben Sirac [51, 23,26]: « Approchez-vous de moi, vous qui n’êtes pas instruits, mettez-vous à l’école… Mettez votre cou sous le joug, que vos âmes reçoivent l’instruction. » Au lieu du joug de la loi, compliquée par les commentaires et l’interprétation des scribes, Jésus invite les accablés à prendre le joug de l’obéissance à sa parole, sous lequel ils trouveront le repos (cf. Jérémie 6, 16).

Jésus donne l’exemple d’un mode de vie, d’un joug, qui est très différent de celui que proposent les autres leaders religieux de son temps. Il promet un joug facile à porter et un fardeau léger. Pas étonnant que nombre de pauvres aient trouvé sa parole extrêmement séduisante ! L’élitisme spirituel repousse bien plus de gens qu’il n’en attire. Les meilleurs guides sont ceux qui pratiquent ce qu’ils prêchent. Jésus vivait ce qu’il enseignait et il nous donne un exemple formidable et interpellant, à accueillir et à imiter chaque jour. Et je ne peux m’empêcher de me représenter Jésus prononçant des paroles de consolation avec un doux sourire.

Pourquoi Jésus continue de séduire aujourd’hui

Jésus attirait alors et il continue d’attirer à lui aujourd’hui des millions et des millions de personnes. Le Messie est venu parmi nous non pas comme un guerrier et un conquérant mais dans l’humilité et la paix. Ce n’est pas comme les derniers rois de Juda, qui paradaient à cheval ou sur leurs chariots (Jérémie 17,25; 22,4) mais comme les princes d’autrefois (Genèse 49,11; Juges 5,10; 10,4), que le Messie fait son entrée, monté sur un âne. Les Évangélistes voient l’accomplissement littéral de cette prophétie de la première lecture, tirée du livre de Zacharie, dans l’entrée triomphale du Sauveur à Jérusalem (Matthieu 21,4-5; Jean 12,14-15).

Jésus de Nazareth attirait les gens des villes et des campagnes, les pauvres et les riches, les pêcheurs et les collecteurs d’impôts, les femmes comme Marie-Madeleine et ses compagnes qui l’ont toujours appuyé et tant d’autres personnes. Il avait le don de séduire les cœurs simples et les âmes raffinées. Je suis sûr qu’il le faisait par la puissance de sa parole mais aussi par la douceur de son sourire, par son sens de l’humour, par sa bonté et à force d’amour. Ses origines divines, malgré la gravité d’une mission qui le conduisait à la Croix et à la Résurrection, faisaient de lui un être humain extraordinaire, capable de créer des liens avec les autres. Comment n’aurait-il pas souri en prononçant les mots que nous rapporte l’Évangile d’aujourd’hui : « Venez à moi. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples. Car mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » Ce ne sont pas là des remontrances qui appellent un regard sévère et une grosse voix ! Ce sont des paroles qui coulent de la bouche d’un amant et d’un ami.

Le défi constant de la vie chrétienne

Après avoir mis en garde les Romains contre la mauvaise route à suivre pour atteindre l’objectif de la sainteté présenté en Romains 6,22, Paul indique à ses correspondants le chemin qu’ils doivent prendre. Les chrétiens vivent encore dans la chair mais celle-ci est étrangère à leur être nouveau, qui est la vie dans l’esprit, en d’autres mots, le moi nouveau placé sous l’emprise de l’Esprit Saint (Romains 8, 9.11-13). Sous la direction de l’Esprit Saint, les chrétiens sont en mesure d’accomplir la volonté divine qui s’était autrefois exprimée dans la loi (Romains 8,4). Le même Esprit qui donne aux chrétiens la vie de la sainteté ressuscitera aussi leur corps au dernier jour (v. 11). La vie chrétienne est donc l’expérience d’un défi constant, qui consiste à faire mourir les œuvres mauvaises du corps grâce à la vie de l’esprit (v. 13).

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« Verso l’Alto » par le Bienheureux Pier Giorgio Frassati http://seletlumieretv.org/blogue/fete-liturgique/verso-lalto-par-le-bienheureux-pier-giorgio-frassati http://seletlumieretv.org/blogue/fete-liturgique/verso-lalto-par-le-bienheureux-pier-giorgio-frassati#comments Mon, 03 Jul 2017 19:00:18 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=5349

Le 4 juillet est la fête (mémoire) du Bienheureux Pier Giorgio Frassati. Le texte qui suit est l’homélie du Père Thomas Rosica csb. telle que prononcée le lundi 14 juillet 2008 à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse de Sydney. Elle fut prononcée durant la vigile de prière et d’adoration eucharistique où était présent le corps de Pier Giorgio Frassati dans la cathédrale St. Mary’s de Sydney en Australie.

Comme à Sydney, la dépouille de Pier Giorgio Frassati a été transportée de Turin à Rio de Janeiro pour les JMJs au Brésil.

« Chers amis,

Chères Wanda et Giovanna,

Nièces du bienheureux Pier Giorgio Frassati.

Quel honneur et quel privilège d’être avec vous ici ce soir à la cathédrale St. Mary de Sydney en Australie ! Conduits par un groupe de jeunes canadiens de CCO (Catholic Christian Outreach), l’un des mouvements étudiants catholiques les plus remarquables de notre nation, nous nous sommes rassemblés pour adorer Jésus, don de Dieu pour la vie du monde. Des jeunes du monde entier viennent aussi ici pour prier autour de la dépouille mortelle du bienheureux Pier Giorgio Frassati au cours des Journées mondiales de la jeunesse 2008.

Nous venons d’entendre quel est le projet pour le christianisme dans ce magnifique texte des Béatitudes de l’Évangile de Matthieu (5, 1-12). Les Béatitudes dans le sermon du Christ sur la montagne sont une recette pour la sainteté extrême. Chaque crise que l’Église affronte, chaque crise à laquelle le monde doit faire face, est une crise de la sainteté, est une crise de saints.

S’il y a une époque où les jeunes hommes et femmes ont besoin d’authentiques héros, c’est la nôtre. L’Église croit que les saints et les bienheureux, leurs prières et leurs vies, sont pour les personnes sur la terre; que la sainteté, comme un honneur terrestre n’est pas convoitée par les saints et les bienheureux eux-mêmes.

Qu’est-ce qui fait que le bienheureux Pier Giorgio Frassati est si unique et si spécial ? Il est né en 1901, au tournant du siècle dernier à Turin, en Italie. Le 4 juillet 2008 a marqué le 83ème anniversaire de l’entrée de Pier Giorgio Frassati dans la vie éternelle. Athlétique, plein de vie, toujours entouré d’amis qu’il inspirait par sa vie, Pier Giorgio n’a pas choisi de devenir prêtre ou religieux, préférant donner témoignage à l’évangile comme laïc. Il n’a jamais fondé un ordre religieux ou initié un nouveau mouvement ecclésial. Il n’a pas dirigé d’armée et n’a jamais été élu à un poste public. La mort est venue avant qu’il ait pu recevoir son diplôme universitaire. (Le diplôme lui a été remis à titre posthume en 2001). Il n’a jamais eu la chance de commencer une carrière ; en fait, il n’avait pas même découvert ce que sa vocation pouvait être. C’était simplement un jeune homme amoureux de sa famille et de ses amis, amoureux des montagnes et de la mer, mais surtout amoureux de Dieu.

Grâce aux Journées mondiales de la jeunesse, Pier Giorgio est devenu un saint patron pour des millions de jeunes à travers le monde, et plus spécialement pour le mouvement « Catholic Christian Outreach » au Canada.

Regardons trois points saillants de la vie de ce jeune bienheureux qui combinent de manière remarquable l’engagement politique, la solidarité, le travail pour la justice sociale, la piété et la dévotion, l’humanité et la bonté, la sainteté et la simplicité, la foi et la vie.

La vie de prière de Pier Giorgio et son amour de l’Eucharistie

Pier Giorgio Frassati a développé une vie spirituelle profonde qu’il n’a jamais hésité à partager avec ses amis. Ses amis se souviennent qu’il disait : «Vivre sans Foi, sans un héritage à défendre, sans constamment lutter pour la vérité, n’est pas vivre, mais « vivoter » ; nous ne devons jamais juste « vivoter ».

L’Eucharistie et la Vierge Marie étaient les deux pôles de sa vie spirituelle. Il a ressenti mystérieusement un grand désir d’être près du Saint-Sacrement. Il l’a suivi dans les processions et pris part avec enthousiasme aux congrès eucharistiques. Mais par-dessus tout, il aimait passer de longues heures en adoration nocturne. Et sa joie était tellement plus grande quand il réussissait à amener devant le Saint-Sacrement, ses amis, les jeunes qu’il connaissait, et les pauvres dont il s’occupait. Au cours des veillées eucharistiques, le visage de Pier Giogio pouvait être transfiguré par la joie et la consolation de voir des centaines de jeunes hommes et femmes qui étaient venus à la communion.

Sa vie spirituelle, comme la nôtre, était fondée sur les sacrements. Mais il est allé au-delà de ce qui était simplement « demandé » : messe dominicale, la confession avant Noël et/ou Pâques, et probablement une petite pénitence de carême comme le renoncement aux bonbons.

Le chapelet, la liturgie des heures, la lectio divina et les retraites annuelles faisaient autant partie de sa vie que le ski, l’escalade en montagne et le vélo. Sa vie de prière était son «pain quotidien», comme elle devrait l’être pour tous ceux qui désirent devenir des saints. C’était un athlète et il savait bien que pour «atteindre l’objectif», comme il aimait à le dire, il devait se pousser lui-même au-delà de l’ordinaire s’il voulait être un champion.

Dans une lettre qu’il a écrite (le 29 juillet 1923) aux membres de « la Jeunesse Catholique » de Pollone, un village de montagne au nord de Turin, Pier Giogio dit :

« …Je vous exhorte avec toute la force de mon âme à vous approcher de la Table eucharistique aussi souvent que possible. Nourris de ce Pain des anges duquel vous tirerez la force de vaincre dans les luttes contre les passions et contre toutes adversités, parce que Jésus-Christ a promis à ceux qui se nourrissent de la très Sainte Eucharistie, la vie éternelle et les grâces nécessaires pour l’obtenir.

Et quand vous deviendrez totalement consumés par ce Feu eucharistique, vous serez capables de remercier avec une plus grande reconnaissance le Seigneur Dieu qui vous a appelés à faire partie de son troupeau, et vous allez recevoir une paix que ceux qui sont heureux selon le monde n’ont jamais goûtée. Parce que le vrai bonheur, jeunes gens, ne consiste pas dans les plaisirs du monde et les réalités de la terre, mais dans la paix de la conscience, que nous avons seulement si nous sommes purs dans le cœur et dans l’esprit. »

Ces mots démontrent une maturité spirituelle remarquable et un grand amour pour l’Eucharistie, en particulier compte tenu du fait qu’ils viennent d’un jeune homme qui avait seulement vingt-deux ans.

Le respect de Pier Giogio pour la vie et son sens de la justice sociale 

À son époque, durant sa vie, Pier Giogio a affronté plusieurs de nos défis et de nos problèmes contemporains. Son amour de Dieu et son formidable sens de la solidarité l’ont rapproché des pauvres, des nécessiteux, des malades, des affamés et des sans-abris. Pier Giorgio Frassati avait un immense respect pour la vie humaine : toute la vie, depuis les premiers moments jusqu’aux derniers. Il défendait constamment la vie là où elle était diminuée ou en état de siège.

À l’âge de 17 ans, en 1918, il a rejoint la Société Saint-Vincent-de-Paul et a consacré une grande partie de son temps libre pour servir les malades et les nécessiteux, les orphelins, aidant les militaires démobilisés qui revenaient de la Première guerre mondiale. Le peu qu’il avait, Pier Giorgio l’a donné pour aider les pauvres, en donnant même le montant de son billet de bus par charité et courant ensuite pour retourner chez lui afin d’être à l’heure pour les repas. Les pauvres et les souffrants étaient ses maîtres et il était littéralement leur serviteur, ce qu’il considérait comme un privilège. Il a souvent sacrifié ses vacances à la résidence d’été des Frassati à Pollone parce que, comme il disait, « si tout le monde quitte Turin, qui va prendre soin des pauvres ? »

Pier Giogio aimait les pauvres. Il ne s’agissait pas simplement de donner quelque chose aux personnes isolées, pauvres, malades – mais plutôt en se donnant tout entier. Il voyait Jésus en eux, et à un ami qui lui demandait comment il pouvait supporter d’entrer dans les lieux sales et malodorants où les pauvres vivaient, il répondit : « Rappelle-toi toujours que c’est à Jésus que tu vas : je vois une lumière spéciale que nous ne devrions pas avoir autour des malades, des pauvres, des malheureux. »

Un journaliste allemand qui a observé le jeune Frassati à l’ambassade italienne a écrit, « Un soir à Berlin, avec une température de –12 °C, il a donné son manteau à un vieil homme pauvre frigorifié. Son père, l’ambassadeur, l’a réprimandé, et lui a répondu simplement, « Mais tu vois Papa, il faisait froid. »

Dans la même lettre adressée aux membres de « la Jeunesse Catholique » de Pollone, Pier Giorgio a exhorté ses pairs en ces termes :

« L’apôtre saint Paul dit, « la charité du Christ a besoin de nous », et sans ce feu, qui petit à petit détruit notre personnalité jusqu’à ce que notre cœur ne batte que pour la peine des autres, nous ne serions pas chrétiens, et encore moins catholiques.

Enfin il y a l’apostolat de la persuasion. C’est l’un des plus beaux et des plus nécessaires. Vous les jeunes, approchez vos collègues de travail qui vivent leurs vies loin de l’Église et qui occupent leur temps libre non pas avec des passe-temps bénéfiques, mais dans le vice. Persuadez ces gens malheureux de suivre les voies de Dieu, parsemées d’épines, mais aussi avec beaucoup de roses.

Mais si chacun de vous possédait ces dons au plus haut degré, et n’avait pas l’esprit de sacrifice dans l’abondance, vous ne seriez pas de bons catholiques. Nous devons tout sacrifier: nos ambitions et vraiment l’ensemble de nous-même, pour la cause de la Foi. »

Derrière le sourire extérieur de ce jeune homme énergique était dissimulée la vie extraordinaire d’un mystique. L’amour de Jésus motivait ses actions.

La souffrance de Pier Giorgio et sa mort

Juste avant de recevoir son diplôme universitaire en génie minier, il a contracté la poliomyélite, dont les médecins ont diagnostiqué par la suite qu’il l’avait attrapé auprès des pauvres qu’il soignait. Sa maladie n’était pas connue. Ses parents, totalement pris par l’agonie, la mort et l’enterrement de sa grand-mère, n’avaient pas même soupçonné la paralysie. Deux jours avant la fin, sa mère lui a même reproché de ne pas l’aider dans ces moments difficiles. 

Pas même ses derniers jours désespérant ne lui ont fait oublier ses amis les plus proches, les pauvres. Bien que couché sur son lit de mort, il a voulu leur apporter l’assistance matérielle habituelle. C’était le vendredi, le jour où il les visitait. Le 3 juillet 1925, un jour avant sa mort, la main déjà paralysée par la polio, Pier Giorgio a demandé à sa sœur Luciana de prendre un petit paquet dans sa veste et avec une main à moitié paralysée il a écrit cette note pour Grimaldi : « Il y a ici les injections pour Converso. Le billet est pour Sappa. Je l’avais oublié; renouvelle-le en mon nom ».

Nous savons que Pier Giorgio voulait tant voir Jésus qu’il disait : « Le jour de ma mort sera le plus beau jour de ma vie ». Le sacrifice de Pier Giorgio fut accompli à sept heures du soir le 4 juillet 1925. Ses funérailles furent un triomphe. Les rues de Turin étaient remplies d’une multitude de personnes qui pleuraient et qui étaient inconnues de sa famille : le clergé et les étudiants, les pauvres et les nécessiteux qu’il avait servis généreusement pendant sept ans.

Dieu a donné à Pier Giorgio tous les attributs extérieurs qui auraient pu l’entraîner à faire les mauvais choix : une famille fortunée, une très belle allure, la virilité, la santé, être le seul héritier d’une famille puissante. Mais Pier Giorgio a entendu l’appel du Christ : «Viens et suis-moi» Il a anticipé de presque 50 ans la nouvelle compréhension et la nouvelle direction de l’Église quant au rôle des laïcs.

En béatifiant Pier Giorgio Frassati seul, place Saint-Pierre le 20 mai 1990, le pape Jean-Paul II l’a décrit comme « l’homme des huit Béatitudes » et il a dit dans son homélie :

« Par son exemple, il proclame qu’une vie vécue dans l’Esprit du Christ, l’Esprit des Béatitudes, est  » bénie « , et que seul celui qui devient un  » homme ou une femme des Béatitudes  » réussit à communiquer l’amour et la paix aux autres. Il répète qu’il faut vraiment renoncer à tout pour servir le Seigneur. Il témoigne que la sainteté est possible pour tous, et que seule la révolution de la charité peut susciter l’espoir d’un avenir meilleur dans le cœur des hommes. (…) Il a quitté ce monde plutôt jeune, mais il a laissé une marque sur tout notre siècle, et pas seulement sur notre siècle. »

Conclusion 

Ce soir, avec le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, le jeune alpiniste de Pollone est à la fenêtre de la maison du Père et nous sourit, comme il intercède pour nous et pour les jeunes du monde qui sont venus à Sydney pour découvrir le Seigneur et ses saints dans la vaste communion des saints et la communauté de l’Église. Permettez-moi de conclure en parlant directement quelques instants à Pier Giorgio en votre nom.

Carissimo Pier Giorgio,

Je n’ai jamais eu le privilège de te rencontrer en personne. Celui qui t’a rencontré sait que dans tes yeux, dans tes gestes et dans tes actions, tu as toujours porté un morceau du ciel. Tu as partagé cela avec ceux qui te connaissaient à ton époque, et maintenant avec ceux d’entre nous qui t’ont connu durant ce dernier siècle.

Depuis 1925 quand tu as quitté cette terre pour retourner à la maison de ton Père, tu as continué ton œuvre en notre nom « dall’alto », d’en haut! Quand tu étais en vie tu n’as jamais eu le privilège de venir à une Journée mondiale de la jeunesse. Tu les as regardées de loin, et bénies d’innombrables grâces.

Pendant de nombreuses années, ton corps est resté caché dans la tombe familiale à Pollone, et ensuite il a été placé dans un coin sombre de la Cathédrale de Turin. Beaucoup de visiteurs n’ont même pas su que tu étais là! J’étais l’un de ces visiteurs, il y a quelques années. Je ne pouvais simplement pas trouver où ils avaient laissé ton corps! Un témoin si puissant et lumineux ne devrait jamais être caché, mais élevé pour qu’il inspire et qu’il soit imité.

Nous, chrétiens catholiques, croyons que le corps est le temple du Saint-Esprit, l’instrument de l’œuvre de Dieu, le cadre de la maison de Dieu en nous. Et nous savons, avec saint Paul, que « le corps, qui est notre demeure terrestre, qui n’est qu’une tente, se détruit, nous avons un édifice, œuvre de Dieu, une demeure éternelle fans les cieux, qui n’est pas faite de mains d’hommes. Et nous gémissons, dans le désir ardent de revêtir, par-dessus l’autre, notre habitation céleste, pourvu que nous soyons trouver vêtus et non pas nus. Car nous qui sommes dans cette tente, nous gémissions, accablés; c’est un fait, nous ne voulons pas nous dévêtir, mais revêtir un vêtement sur l’autre, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie.
(2 Corinthien 5, 2-4)

Ta présence parmi nous ce soir, à la fois aux cieux depuis ton point de vue à la fenêtre de la maison du Père et par l’intermédiaire de ta dépouille mortelle dans cette cathédrale, témoigne de ta mortalité qui a été engloutie par la vie nouvelle. Pier Giorgio, tu as failli ne pas être à Sydney! Grâce à Dieu, l’Église d’Australie, avec l’aide de l’Esprit-Saint, l’a emporté sur toutes les forces qui ont tenté de t’empêcher d’assister à tes premières Journées mondiales de la jeunesse!

Comme nous vénérons ta dépouille mortelle, nous remercions le Seigneur Jésus qui t’a donné la vie, l’inspiration, la force, l’espérance et la couronne de gloire. Alors que nous réfléchissons sur ta jeunesse, ta simplicité, ta beauté, ta bonté et ton humanité, nous reconnaissons l’appel adressé à chacun de nous : être des hommes et des femmes des Béatitudes.

Merci Pier Giorgio d’avoir entendu les mots de Jésus et de les avoir fait tiens. Ton exemple m’a ému ainsi que des centaines de milliers d’autres et il nous a conduits à traduire les Béatitudes en Bonne Nouvelle dans nos propres vies. Sois avec nous pour cette grande expédition vers le ciel !

Pier Giorgio, aide-nous à œuvrer pour les cœurs simples, attentifs aux besoins des autres, et avec des liens d’amitié basés sur ce pacte qui ne connaît pas de frontières terrestres ou de limites dans le temps : l’union dans la prière. Si nous ne connaissons pas la route, et si nous abandonnons souvent le chemin, montre nous la voie « verso l’alto» qui monte vers le ciel !

Si en étant superficiels nous n’avons pas dans notre sac-à-dos tout ce dont nous avons besoin pour grimper, et si nous ne levons jamais notre regard parce que nous ne voulons pas franchir les premières étapes exigeantes pour rester sur le chemin, montre nous la voie « verso l’alto » qui monte vers le ciel !

S’il nous manque la force pour surmonter les passes les plus difficiles, ou si nous avons la force mais que nous préférons l’utiliser pour revenir en arrière, montre nous la voie « verso l’alto » qui monte vers le ciel !

Si nous ne nous arrêtons jamais pour nous nourrir du pain de la vie éternelle, et si nous n’épanchons pas notre soif à la fontaine de la prière, montre nous la voie «verso l’alto» qui monte vers le ciel !

Quand nous ne savons pas comment contempler la beauté des dons que nous avons reçus, et quand nous ne savons pas comment nous offrir nous-même aux autres, montre nous la voie « verso l’alto » qui monte vers le ciel !

Si nous avons commis de nombreux péchés, montre nous la voie « verso l’alto » qui monte vers le ciel !

Si nous manquons d’espérance, montre nous la voie « verso l’alto » qui monte vers le ciel !

Il y a trois ans, lors de la cérémonie d’ouverture des Journées mondiales de la jeunesse 2005 à Cologne en Allemagne, le pape Benoît XVI s’est adressé à la foule de jeunes du monde entier :

« Chers jeunes, l’Église a besoin de témoins authentiques pour la nouvelle évangélisation: des hommes et des femmes dont la vie a été transformée par la rencontre avec Jésus; des hommes et des femmes capables de communiquer cette expérience aux autres. L’Église a besoin de saints. Nous sommes tous appelés à la sainteté et seuls les saints peuvent rénover l’humanité. Beaucoup nous ont précédés sur ce chemin d’héroïsme évangélique et je vous exhorte à recourir souvent à leur intercession. »

C’est pourquoi nous sommes réunis dans cette grande cathédrale! Que tous les jeunes qui ont voyagé à Sydney, et ceux d’entre nous qui ont été jeunes un certain temps, trouvent dans le bienheureux Pier Giorgio Frassati ce que le sermon de Jésus sur la colline de Galilée signifie véritablement.

Prie pour nous Pier Giorgio Frassati. Montre nous le chemin « verso l’alto », qui monte vers le ciel et au plus profond du cœur de Dieu. Apprends nous à être des saints pour l’Église et pour le monde !

Amen. »

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Le saint patron du Canada: un héritage caché http://seletlumieretv.org/blogue/saints-et-bienheureux/le-saint-patron-du-canada-un-heritage-cache http://seletlumieretv.org/blogue/saints-et-bienheureux/le-saint-patron-du-canada-un-heritage-cache#respond Fri, 30 Jun 2017 21:23:20 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19906 Saint Joseph avec l’Enfant Jésus de Guido Reni (1640). Source : le Musée des beaux-arts de Houston, la Collection Renzi, cadeau de M. et Mme Harris Masterson III.

Le Canada célèbre ses 150 ans ! Mais qu’est-ce que nous célébrons au juste pour ce 150e anniversaire ? Quelles histoires devrions-nous raviver ? Le pape François nous dirait : « L’absence de mémoire historique est un sérieux défaut de notre société. Il s’agit de la mentalité immature du « c’est du passé ». Connaître et pouvoir prendre position face aux événements passés est l’unique possibilité de construire un avenir qui a un sens. On ne peut éduquer sans mémoire » (Amoris Laetitia, 193).

En tant qu’organisation catholique canadienne, nous nous rappelons le jour heureux où nous sommes devenus la première télévision catholique au Canada en 2002, née du souffle des  Journées mondiales de la jeunesse, à Toronto avec la bénédiction du pape Jean Paul II. Nous nous tenions sur les épaules d’un géant, Gaetano Gagliano, canadien d’origine italienne et,  père fondateur de l’une des plus grandes entreprises au Canada, St. Joseph Communications, qui porte le nom du saint patron de notre pays.

Mais qu’est-ce que tout cela a à voir avec le 150e du Canada ? Pour TV Sel + Lumière, voilà où se trouve la clé pour comprendre une partie de notre histoire. Au cœur de nos bureaux se dresse une chapelle consacrée à la mémoire de Gaetano et de son épouse Giuseppina. Et à l’intérieur de cette même chapelle, une statue de saint Joseph, cadeau de Gaetano… qui était un homme d’affaires dévoué, un mari et un père fidèle. Homme d’une grande vision, il s’est consacré à trouver un moyen de communiquer sa foi de manière efficace.

En se rappelant Gaetano, on se souvient de ce qui lui tenait le plus à cœur : la transmission de la foi catholique, la famille, l’aide aux personnes dans le besoin et, un regard tourné vers l’avenir avec espoir. Certes, plusieurs choses peuvent être attribuées aux principes de base de la vie de Gaetano, mais il semble qu’ils pourraient trouver leur racine dans sa profonde dévotion pour saint Joseph.

Saint Joseph, en tant que saint patron du Canada, est connu comme le gardien de Jésus, de Marie et de la Sainte Famille. Il est aussi connu comme un homme qui craignait Dieu, un homme passionné par son travail, un époux et père de toute tendresse. En 1984, quand le pape Jean Paul II a visité l’Oratoire St-Joseph, il s’est adressé aux membres du clergé. À la fin de son discours, il leur a dit: « Tous ici, dans cet Oratoire où tant de grâces ont été obtenues, nous demandons l’intercession de saint Joseph. Il a eu aux côtés de Jésus et de Marie un rôle humble de serviteur, vivant continuellement dans l’intimité avec le Fils de Dieu. Nous sommes avant tout des serviteurs du Fils de Dieu ».  

Cet Oratoire, aujourd’hui le plus grand sanctuaire dédié au père terrestre de Jésus dans le monde, a été construit grâce à l’inspiration et aux prières de saint frère André Bessette. Sa dévotion de toute une vie au charpentier pourrait se résumer à ce qu’il a dit, un jour, concernant les miracles et les guérisons qui se manifestaient à cause de son intercession : « Je ne suis rien… qu’un simple instrument entre les mains de la Providence, un humble instrument au service de saint Joseph ».

La piété populaire entourant saint Joseph s’est accrue au fil des années et ce n’est pas surprenant de voir des hommes et des femmes, à l’image de Gaetano, lui confier leur travail et leur famille. Mais si nous retrouvons saint Joseph au sein de la piété catholique au Canada, cela remonte aux premiers missionnaires qui se sont établis en Nouvelle-France.

En 1624, le père Joseph Le Caron, un Récollet, est l’un des premiers à y mettre les pieds. Son premier réflexe est de confier la Nouvelle-France à la protection de saint Joseph. Dans une lettre adressée à son supérieur en France, il explique : « Nous avons fait une grande solennité où tous les habitants se sont trouvés… par un voeu que nous avons fait à saint Joseph, que nous avons choisi pour notre patron du pays et protecteur de cette église naissante ».

Cette fête a été soulignée le 19 mars 1624. À cette époque la dévotion à saint Joseph était encore à ses débuts. En confiant ce nouveau pays à saint Joseph, les missionnaires n’avaient qu’un seul espoir : faire connaître Jésus et rendre la foi catholique accessible à tous.  

Nous nous appuyons sur les épaules de ses grands de notre histoire ! Ainsi, Sel + Lumière veut répondre à l’appel du Pape Jean Paul II de devenir des « servants du Fils de Dieu », d’être gardiens de notre foi catholique et, faire en sorte qu’elle soit partagée de manière efficace partout au Canada.

Prière à Saint Joseph, protecteur de l’Église 

Brave Joseph, associé au projet de Dieu sur notre humanité, votre tendresse entoure la nouvelle Église naissante. Tout comme Marie et Jésus reconnaissent en vous la protection du Père, ainsi la communauté de foi se place sous votre garde.

Soutenez-nous par l’Esprit qui anime le foyer de Nazareth et conduisez nos pas sur la route vers le Royaume. Accompagnez-nous dans notre mission. Faites que nous soyons lumière du monde afin que, de l’humanité transfigurée dans le Christ, jaillisse la famille de Dieu.

Communiquez-nous la force de poursuivre l’option de Dieu en faveur des pauvres et des faibles. Guidez-nous dans nos actions pastorales afin que nos gestes s’ajustent à la Bonne Nouvelle.

Amen.

Source: L’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal

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Célébrer l’histoire du Canada http://seletlumieretv.org/blogue/eglise-au-canada/celebrer-lhistoire-du-canada http://seletlumieretv.org/blogue/eglise-au-canada/celebrer-lhistoire-du-canada#respond Fri, 30 Jun 2017 19:41:32 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19891

CNS photo/Philippe Vaillancourt, Presence

Alors que les festivités battent leur plein à l’occasion du 150ème anniversaire du Canada, le pays se souvient. Il se rappelle d’où il vient, depuis ses origines autochtones, jusqu’aux vagues d’immigrations qui font du Canada une des sociétés les plus diversifiées au monde.
Malgré les défis liés à la cohabitation de diverses langues et cultures, le Canada reste un pays ouvert et accueillant, et cet anniversaire est l’occasion de célébrer son unité. C’est notamment ce que souligne le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec.
Le primat du Canada est fier de ce pays qui s’étend d’un océan à l’autre, et où règne la liberté. Liberté de culte, et liberté de conscience « même si elle est fragile«  admet-il en soulignant qu’il faut « travailler pour ne pas la perdre. »
Insistant aussi sur le rôle qu’a joué l’Église dans la construction du Pays, Mgr Lacroix rend hommage aux saints, aux saintes, et aux missionnaires. Des hommes et des femmes « d’une grande valeur spirituelle »qui ont fondé le Canada et à qui l’on doit beaucoup en matière notamment de soin et d’éducation.

Car l’archevêque de Québec prend soin de rappeler que jusqu’au début des années 1960 l’Église veillait sur la population, en éduquant des générations et des générations, depuis le début de la colonie.

Célébrer les 150 ans du Canada c’est aussi réveiller sa mémoire et faire action de grâce pour tous les dons reçus.

Voyez plus de vidéos sur le 150ème anniversaire du Canada ici 

]]> http://seletlumieretv.org/blogue/eglise-au-canada/celebrer-lhistoire-du-canada/feed 0 Une semaine à Québec pour les communicateurs catholiques http://seletlumieretv.org/blogue/divers/une-semaine-a-quebec-pour-les-communicateurs-catholiques http://seletlumieretv.org/blogue/divers/une-semaine-a-quebec-pour-les-communicateurs-catholiques#respond Fri, 30 Jun 2017 00:18:19 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19882

CNS photo/Chaz Muth

Mercredi, le 21 juin, prenait fin à Québec, le congrès Signis/CPA 2017. Réunissant des panélistes et participants des cinq continents, cette rencontre internationale a permis à tous de faire le point sur les communications de l’Église aujourd’hui. Parmi les nombreuses activités de ces journées, quelques éléments se distinguent particulièrement.

Doit d’abord être soulignée la présence de Mgr. Lucio Adrian Ruiz, de la nouvelle Secrétairerie pour les communications du Vatican, actuellement occupé à la réforme de l’ensemble des communications du Vatican . Cherchant à réunir les différents moyens de communication que sont Radio Vatican, l’Osservatore Romano, la librairie et Filmoteca vaticanes en une seule entité, cette réforme en profondeur soulève plusieurs questionnements qui furent abordés lors d’une conférence suivie d’une période de questions.

La présentation du producteur et scénariste québécois Rock Demers, reconnu internationalement pour sa contribution à de nombreux longs métrages pour enfants, fut également très appréciée. Tous les jeunes de ma génération ont été marqués par ses films dont Bach et Bottine, La Grenouille et la baleine, Opération Beurre de peanottes, sans oublier La guerre des tuques. Parmi les éléments abordés lors de sa conférence furent soulignées les lacunes actuelles dont souffre le cinéma pour enfants. Comment présenter au grand écran une perspective spécifiquement enfantine dans le bon sens du terme ? Comment, par exemple, suivre une trame narrative s’adaptant à la place immense que joue l’imagination dans la vie d’un enfant. Pas évident à trouver de nos jours! En effet, l’immense succès de la série Netflix « Stranger things » n’est malheureusement pas, selon moi, un signe du désir du grand public de renouer avec le style cinématographique développé par monsieur Demers.

Troisièmement la présence du réalisateur Martin Scorsese figure parmi les évènements importants de cette conférence. Après le visionnement de son dernier film « Silence » qui fait le récit de la vie de missionnaires jésuites sous les persécutions au Japon au XVIIème siècle, le cinéaste italo-américain a pu offrir un témoignage de son traitement cinématographique de la foi chrétienne. Notons également que lui fut remis le prix Signis 2017 lors d’une soirée gala.

La Messe en la basilique cathédrale Notre-Dame de Québec figure comme le quatrième point à souligner concernant cette conférence. Présidée par le Cardinal, Primat du Canada, Gérald Cyprien Lacroix, cette célébration aura permis de célébrer le mystère à la source et au sommet de toute communication de l’Église. Dans son homélie, le cardinal Archevêque de Québec est notamment revenu sur le thème du Congrès en demandant aux communicateurs catholiques : « Restez connectés à la Parole de Dieu pour dire au monde l’espérance qui nous habite ».

Finalement, il serait injuste de passer sous silence le travail de Sel et Lumière durant cette semaine intense. Que ce soit par la captation et diffusion livestream des conférences, Messe ou par les nombreuses prises de parole du père Thomas Rosica c.s.b ainsi celle de notre journaliste du secteur anglophone Sébastian Gomes, Sel et Lumière a sans aucun doute montré au monde entier le dynamisme et le leadership de l’Église canadienne dans le domaine des communications.

Grâce aux nombreuses interventions ou rencontres que le Congrès Signis 2017 a suscitées, les participants, dont je suis, retourneront certainement dans leur pays respectif remplis d’une énergie nouvelle pour continuer leur mission propre, cette œuvre qu’est l’évangélisation par les médias.

]]> http://seletlumieretv.org/blogue/divers/une-semaine-a-quebec-pour-les-communicateurs-catholiques/feed 0 Homélie du pape François pour la Solennité des saints Pierre et Paul http://seletlumieretv.org/blogue/divers/homelie-du-pape-francois-pour-la-solennite-des-saints-pierre-et-paul http://seletlumieretv.org/blogue/divers/homelie-du-pape-francois-pour-la-solennite-des-saints-pierre-et-paul#respond Thu, 29 Jun 2017 13:26:36 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19873

Vous trouverez ci-dessous l’homélie du pape François telle que prononcée ce matin sur la Place Saint-Pierre pour la Solennité des saints Pierre et Paul:

La liturgie de ce jour nous offre trois mots essentiels pour la vie de l’Apôtre : confession, persécution, prière.

La confession est celle de Pierre dans l’Evangile, quand la question du Seigneur, de générale devient particulière. En effet, Jésus demande d’abord : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » (Mt 16, 13). Chez la plupart des gens, il émerge de ce “sondage” que le peuple considère Jésus comme un prophète. Alors le Maître pose aux disciples la question vraiment décisive : « Et vous ? Que dites-vous? Pour vous qui suis-je ? » (v.15). A ce moment seul Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (v. 16). Voilà la confession: reconnaître en Jésus le Messie attendu, le Dieu vivant, le Seigneur de sa propre vie.

Cette question vitale, Jésus l’adresse aujourd’hui à nous, à nous tous, en particulier à nous pasteurs. C’est la question décisive, devant laquelle il n’y a pas de réponses de circonstance, parce que la vie est en jeu : et la question de la vie demande une réponse de vie. Car si l’on ne confesse pas Jésus Seigneur par sa propre vie, connaître les articles de foi sert à peu de choses. Aujourd’hui il nous regarde dans les yeux et demande : « Qui suis-je pour toi ? » Comme pour dire : « Suis-je encore, moi, le Seigneur de ta vie, la direction de ton cœur, la raison de ton espérance, ta confiance indestructible ? » Avec saint Pierre, renouvelons aujourd’hui, nous aussi, notre choix de vie comme disciples et apôtres. Passons de nouveau de la première à la seconde question de Jésus, pour être « à lui » non seulement en paroles, mais dans les faits et dans la vie.

Demandons-nous si nous sommes des chrétiens de salon, qui bavardent sur la manière dont vont les choses dans l’Eglise et dans le monde, ou plutôt des apôtres en chemin, qui confessent Jésus par la vie parce qu’ils l’ont dans le cœur. Celui qui confesse Jésus sait qu’il est tenu non seulement de donner son opinion mais de donner la vie ; il sait qu’il ne peut pas croire de manière tiède mais qu’il est appelé à “brûler” d’amour ; il sait que dans la vie il ne peut “se laisser vivre” ou s’installer dans le bien être, mais qu’il doit risquer de prendre le large, renouvelant chaque jour le don de soi. Celui qui confesse Jésus fait comme Pierre et Paul : il le suit jusqu’à la fin ; non jusqu’à un certain point, mais jusqu’à la fin, et il le suit sur son chemin, non pas sur nos chemins. Son chemin est le chemin de la vie nouvelle, de la joie et de la résurrection, le chemin qui passe aussi par la croix et par les persécutions.

Voilà le second mot, persécutions. Ce ne sont pas seulement Pierre et Paul qui ont donné le sang pour le Christ, mais toute la communauté, au début, a été persécutée, comme le rappelle le Livre des Actes des Apôtres (cf. 12, 1). Aujourd’hui aussi, en diverses parties du monde, parfois dans un climat de silence – un silence souvent complice -, beaucoup de chrétiens sont marginalisés, calomniés, discriminés, faits l’objet de violences même mortelles, souvent en l’absence d’engagement de la part de ceux qui pourraient faire respecter leurs droits sacrosaints.

Mais je voudrais surtout souligner ce que l’Apôtre Paul affirme avant d’« être – comme il écrit – offert en sacrifice » (2Tm 4, 6). Pour lui, vivre c’était le Christ (cf. Ph 1, 21), et le Christ crucifié (cf. 1Co 2, 1), qui a donné sa vie pour lui (cf. Ga 2, 20). Ainsi, fidèle disciple, Paul a suivi le Maître en offrant lui aussi sa vie. Sans la croix il n’y a pas de Christ, mais sans la croix il n’y a pas non plus de chrétien. En effet, « c’est le propre de la vertu chrétienne, non seulement de faire le bien, mais aussi de savoir supporter les maux » (Augustin, Disc. 46, 13), comme Jésus. Supporter le mal, ce n’est pas seulement avoir de la patience et aller de l’avant avec résignation ; supporter, c’est imiter Jésus : c’est porter le poids, le porter sur ses épaules pour lui et pour les autres. C’est accepter la croix, allant de l’avant avec confiance parce que nous ne sommes pas seuls : le Seigneur crucifié et ressuscité est avec nous. Ainsi, avec Paul nous pouvons dire qu’ « en toute circonstance nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés » (2Co 4, 8-9).

Supporter, c’est savoir vaincre avec Jésus à la manière de Jésus, non pas à la manière du monde. Voilà pourquoi Paul – nous l’avons entendu – se considère comme un vainqueur qui va recevoir la couronne (cf. 2Tm 4, 8) et il écrit : « J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi » (v. 7). L’unique conduite de son bon combat a été de vivre pour : non pour lui-même mais pour Jésus et pour les autres. Il a vécu “en courant”, c’est-à-dire sans s’épargner, mais au contraire en se consumant. Il dit avoir gardé une chose : non pas la santé, mais la foi, c’est-à-dire la confession du Christ. Par amour pour lui, il a vécu les épreuves, les humiliations et les souffrances, qu’il ne faut jamais rechercher mais accepter. Et ainsi, dans le mystère de la souffrance offerte par amour, en ce mystère que tant de frères persécutés, pauvres et malades incarnent encore aujourd’hui, resplendit la force salvifique de la croix de Jésus.

Le troisième mot est prière. La vie de l’Apôtre, qui jaillit de la confession et débouche en offrande, se déroule tous les jours dans la prière. La prière est l’eau indispensable qui nourrit l’espérance et fait grandir la confiance. La prière fait que nous nous sentons aimés et nous permet d’aimer. Elle nous fait aller de l’avant dans les moments sombres, car elle allume la lumière de Dieu. Dans l’Eglise c’est la prière qui nous soutient tous et nous fait surmonter les épreuves. Nous le voyons encore dans la première lecture : « Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Eglise priait Dieu pour lui avec insistance » (Ac 12, 5). Une Eglise qui prie est gardée par le Seigneur et marche en sa compagnie. Prier c’est lui confier le chemin pour qu’il en prenne soin. La prière est la force qui nous unit et nous soutient, le remède contre l’isolement et l’autosuffisance qui conduisent à la mort spirituelle. Car l’Esprit de vie ne souffle pas si l’on ne prie pas, et sans prière les prisons intérieures qui nous retiennent captifs ne s’ouvrent pas.

Que les saints Apôtres nous obtiennent un cœur comme le leur, fatigué et pacifié par la prière : fatigué parce qu’il demande, frappe et intercède, chargé de beaucoup de personnes et de situations à confier ; mais en même temps pacifié, parce que l’Esprit apporte consolation et force quand on prie. Combien il est urgent dans l’Eglise d’avoir des maîtres de prière, mais avant tout d’être des hommes et des femmes de prière, qui vivent la prière !

Le Seigneur intervient quand nous prions, lui qui est fidèle à l’amour que nous lui avons confessé et qui nous est proche dans les épreuves. Il a accompagné le chemin des Apôtres et il vous accompagnera vous aussi, chers frères Cardinaux, ici réunis dans la charité des Apôtres qui ont confessé la foi par le sang. Il sera aussi proche de vous, chers frères Archevêques qui, en recevant le Pallium, serez confirmés à vivre pour le troupeau, en imitant le Bon Pasteur qui vous soutient en vous portant sur ses épaules. Que le Seigneur lui-même, qui désire ardemment voir tout son troupeau réuni, bénisse et garde aussi la Délégation du Patriarche Œcuménique, et le cher frère Bartholomée, qui l’a envoyée en signe de communion apostolique.

[01027-FR.01] [Texte original: Italien]

Le pallium est une sorte de large collier de laine. Orné de six croix noires, il comporte trois longues pièces lestées de morceaux de plomb dont deux pendent sur la poitrine et l’autre dans le dos.

La laine utilisée pour confectionner le pallium vient de deux agneaux offerts chaque année au Pape en la fête de sainte Agnès, le 21 janvier. Les agneaux sont d’abord conduits à l’église Ste-Agnès où ils sont bénis. Ils arrivent coiffés de deux couronnes de fleurs, l’une blanche et l’autre rouge. Celles-ci représentent la pureté d’Agnès, que les archevêques doivent tendre à imiter, et le martyre d’Agnès, que les archevêques doivent être prêts à subir. Les agneaux sont ensuite tondus et les pallia confectionnés. La veille de la solennité des grands apôtres Pierreet Paul (le 28 juin), les palliums sont déposés pour la nuit dans le cercueil d’argent qui siège au-dessus de la tombe de Pierre dans la crypte vaticane. Le lendemain (29 juin), les palliums sont remis aux nouveaux archevêques métropolitains. Cette cérémonie est la seule occasion où plus d’un évêque peut revêtir le pallium en même temps. De façon symbolique, le Pape partage avec les archevêques sa mission de « nourrir mes agneaux et mes brebis » confiée par Jésus à Pierre (voir Jean 21, 15-19). La laine sur les épaules évoque l’image de la brebis que le Bon Pasteur prend sur ses épaules. Elle rappelle également aux archevêques le poids de leurs fonctions. En conférant le pallium à chaque nouvel archevêque, le Saint-Père lui impose une part du poids et des responsabilités qu’il porte lui-même.

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Homélie du pape François lors du Consistoire pour la création de 5 nouveaux cardinaux http://seletlumieretv.org/blogue/divers/homelie-du-pape-francois-lors-du-concistoire-pour-la-creation-de-5-nouveaux-cardinaux http://seletlumieretv.org/blogue/divers/homelie-du-pape-francois-lors-du-concistoire-pour-la-creation-de-5-nouveaux-cardinaux#respond Wed, 28 Jun 2017 14:28:20 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19864

Aujourd’hui à 16 heures en la basilique Saint-Pierre de Rome, le pape François a tenu un Consistoire ordinaire public en vue de la création de cinq nouveaux cardinaux. La partie essentielle de cette cérémonie comprend l’imposition de la barrette, la présentation de l’anneau ainsi que l’assignement d’un titre de diaconie qui signifie service. La célébration a débuté par  des prières, entre autres d’action de grâce, et la lecture d’un passage de l’Évangile selon saint Marc (10, 32-45).

Par la suite, le Saint-Père a lu la formule de création des cardinaux et prononcé solennellement le nom des nouveaux cardinaux, proclamant ainsi leur ordre officiel. Le rite s’est poursuivi avec la profession de foi des nouveaux cardinaux devant le Peuple de Dieu ainsi que le serment de fidélité et d’obéissance au pape François et à ses successeurs.

Finalement, les nouveaux cardinaux, selon l’ordre de leur création, se mettent à genoux devant le Saint-Père qui leur impose le zucchetto et la barrette cardinalice et leur remet l’anneau de cardinal. Le Pape assigne à chaque cardinal une église de Rome en signe de participation à la charge pastorale du Pape dans son diocèse de Rome. Cette partie de la célébration se termine par l’échange de la paix entre le Pape et les nouveaux cardinaux.

Vous trouverez ci-dessous le texte de l’homélie du pape François telle que prononcée lors de ce consistoire :

«Jésus marchait devant eux». C’est l’image qui nous vient de l’Évangile que nous avons entendu (Mc 10, 32-45), et qui constitue aussi l’arrière-fond de l’acte que nous accomplissons: un Consistoire pour la création de nouveaux Cardinaux.

Jésus marche résolument vers Jérusalem. Il sait bien ce qui l’attend et il en a parlé plusieurs fois à ses disciples. Mais entre le cœur de Jésus et le cœur des disciples, il y a une distance, que seul l’Esprit Saint pourra combler. Jésus le sait; c’est pourquoi, il est patient avec eux, il leur parle avec franchise, et surtout il les précède, il marche devant eux.

Le long du chemin, les disciples eux-mêmes sont distraits par des intérêts non cohérents avec la “direction” de Jésus, avec sa volonté qui ne fait qu’un avec la volonté du Père. Par exemple – nous l’avons entendu – les deux frères Jacques et Jean pensent qu’il serait beau de s’asseoir à la droite et la gauche du roi d’Israël (cf. v. 37). Ils ne regardent pas la réalité! Ils croient voir et ne voient pas, savoir et ne savent pas, comprendre mieux que les autres et ne comprennent pas…

La réalité au contraire est tout autre, c’est celle que Jésus garde présente à l’esprit et qui guide ses pas. La réalité, c’est la croix, c’est le péché du monde qu’il est venu prendre sur lui et déraciner de la terre des hommes et des femmes. La réalité, ce sont les innocents qui souffrent et meurent à cause des guerres et du terrorisme; ce sont les esclavages qui ne cessent pas de nier la dignité, même à l’époque des droits humains; la réalité, ce sont les camps de réfugiés qui parfois ressemblent plus à un enfer qu’à un purgatoire; la réalité, c’est le rejet systématique de tout ce qui ne sert plus, y compris les personnes.

C’est cela que Jésus voit, tandis qu’il marche vers Jérusalem. Durant sa vie publique, il a manifesté la tendresse du Père, guérissant tous ceux qui étaient sous l’emprise du malin (cf. Ac 10, 38). Maintenant il sait qu’est venu le moment d’aller au bout, d’arracher la racine du mal, et pour cela, il va résolument vers la croix.

Nous aussi, frères et sœurs, nous sommes en chemin avec Jésus sur cette route. En particulier, je m’adresse à vous, très chers nouveaux Cardinaux. Jésus « marche devant vous » et il vous demande de le suivre résolument sur son chemin. Il vous appelle à regarder la réalité, à ne pas vous laisser distraire par d’autres intérêts, par d’autres perspectives. Il ne vous a pas appelés à devenir “des princes” de l’Église, à “être assis à sa droite ou à sa gauche”. Il vous appelle à servir comme lui et avec lui. A servir le Père et les frères. Il vous appelle à affronter, avec la même attitude que lui, le péché du monde et ses conséquences dans l’humanité d’aujourd’hui. En le suivant, Lui, vous marchez vous aussi devant le peuple saint de Dieu, gardant le regard fixé sur la croix et sur la résurrection du Seigneur.

Et alors, par l’intercession de la Vierge Mère, invoquons avec foi l’Esprit Saint, pour qu’il comble toute distance entre nos cœurs et le cœur du Christ, et que toute notre vie devienne un service à Dieu et à nos frères.

[01026-FR.01] [Texte original: Italien]

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Échos du Vatican http://seletlumieretv.org/blogue/divers/echos-du-vatican-96 http://seletlumieretv.org/blogue/divers/echos-du-vatican-96#respond Wed, 28 Jun 2017 14:06:50 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19862

Pour cette dernière émission de la saison nous revenons notamment sur le congrès mondial de SIGNIS, et nous vous partageons le programme du Pape et du Vatican pour la saison estivale, jusqu’au mois de septembre.

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Prendre sa croix avec générosité http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/prendre-sa-croix-avec-generosite http://seletlumieretv.org/blogue/reflexion-biblique/prendre-sa-croix-avec-generosite#respond Tue, 27 Jun 2017 01:00:39 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19854

Treizième dimanche du Temps ordinaire, Année A – 2 juillet 2017

2 Rois 4,8-12a.14-16
Romains 6,3-4.8-11
Matthieu 10,37-42

À la lumière de l’histoire imagée de la première lecture du deuxième livre des Rois, voici quelques réflexions sur la vertu de l’hospitalité. Quelles leçons d’hospitalité peut-on tirer de la femme sunamite et de son mari ? Plusieurs récits des livres des Rois parlent de l’hospitalité. Chacun des quatre récits du quatrième chapitre décrit d’une certaine manière la puissance de Dieu, à travers le prophète Élisée, qui fait face à des situations désespérées et les transforme par une parole de vie. L’un de ces récits concerne un couple du village de Sunem (une petite ville séparée par une colline de la ville de Naïm dans le nord d’Israël) qui, fournissant nourriture et logement au prophète Élisée, celui-ci leur promet un fils en retour, alors qu’ils étaient mariés depuis longtemps mais sans enfant. Le récit mentionne donc un couple prenant soin d’un étranger qui les impressionne par son attachement à Dieu, par sa prière et ses soucis pour la communauté. Ils interrompent leurs activités de la vie quotidienne, pour lui fournir la nourriture de leur table et lui aménager un abri pour la nuit. En donnant à Élisée, ils reçoivent beaucoup – la promesse d’une vie nouvelle, malgré leurs années amères de stérilité. Ils recevaient donc au-delà de leur compréhension et du don qu’ils avaient fait au prophète de Dieu !

Le mot grec pour hospitalité est philanthropia, ce qui signifie l’amour des êtres humains, la gentillesse. La vertu d’hospitalité est louée par le Nouveau Testament et compte parmi les œuvres de charité pour lesquelles nous serons jugés (Mt 25,35ff). Jésus en souligne l’importance dans ses paraboles. Il n’avait pas de maison et était donc fréquemment invité tout au long de son chemin. Il était dans l’habitude de Paul, aussi, sur la route, de visiter les Juifs et de rester chez eux, ou de rester chez les païens si les Juifs lui refusaient le gîte.

Avec la croissance rapide et l’expansion de l’Église, une certaine organisation est devenue nécessaire, et on nous dit qu’à Antioche au IV ième siècle, 3 000 veuves, malades et étrangers recevaient de l’aide quotidiennement. Les évêques et les veuves étaient particulièrement sollicités pour offrir l’hospitalité en privé et également officiellement. Les églises et sanctuaires plus grands ont éventuellement servi d’hospices où les soins principalement médicaux en faisaient de véritables hôpitaux.

Jusqu’ici nous avons considéré des aspects plutôt positifs, des éléments et des manifestations de l’hospitalité. Mais l’hospitalité a aussi un ennemi : l’égoïsme et l’orgueil. Lorsque nous sommes tellement préoccupés par nous-mêmes, nos propres problèmes, nos difficultés, ou que nous souhaitons préserver jalousement ce que nous avons en excluant des étrangers de nos vies et de nos richesses, nous ne sommes pas hospitaliers ! La femme sunamite nous donne une leçon importante pour notre époque ! Par la pratique de l’hospitalité, nous faisons de la place pour des invités, peu importe la grandeur ou la petitesse de notre maison ! N’oublions jamais que le Royaume que Jésus a proclamé donne une espérance particulière aux pauvres et aux affamés du monde, à ceux qui n’ont pas de chambre d’hôte dans leur maison car ils n’ont pas même de maison !

La générosité de Dieu

Dans la deuxième lecture de la lettre de Paul aux Romains (6,3-4.8-11), la générosité ou la grâce manifestée par Dieu n’est pas provoquée par le péché mais il est plutôt l’expression de l’amour de Dieu, de cet amour qui promet la vie éternelle à tous ceux qui croient. Par le baptême, les fidèles partagent la mort du Christ et ainsi échappent à l’emprise du péché. Par la résurrection du Christ, la puissance de la vie nouvelle devient une réalité pour eux ici et maintenant tout en gardant à l’esprit que la plénitude de la participation à la résurrection du Christ se trouve dans l’au-delà. Ainsi, la vie qui est consacrée à Dieu fait désormais partie de cet avenir. Quiconque donc s’intéresse sincèrement à cet avenir ne pourrait pas dire : « Péchons afin que la grâce puisse prospérer ».

Un message de renonciation

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, nous entendons la première mention de la croix dans l’Évangile de Saint Matthieu – et c’est en référence à la croix qui sera portée par les disciples de Jésus. Ceux qui renient Jésus afin de sauver leur vie seront condamnés à la destruction éternelle, mais la perte de la vie pour l’amour de Jésus sera récompensée par la vie éternelle dans le Royaume de Dieu. Jésus prêchait un message de renonciation totale pour le Royaume. Rien et personne ne doit les dissuader de leur dévouement au Christ et à sa mission. Jésus savait parfaitement que tout le monde n’accepterait pas l’Évangile proclamée par ses disciples. Même les membres d’une même famille pourront devenir des adversaires. Ceux qui souhaitaient suivre les pas de Jésus devaient être prêts à mettre l’Évangile comme priorité dans leur propre vie. En contre partie, en choisissant ce chemin difficile, ils pouvaient être sûrs qu’ils partageraient le destin de Jésus : celui de la persécution et de la souffrance. Ceux qui refusent de « prendre leur croix » et de suivre le Christ ne sont pas « dignes » d’être ses disciples (Mt 10,28). Comme les prophètes de l’Ancien Testament, ils doivent être prêts à souffrir à cause de leur proclamation de la Parole de Dieu. Quiconque a offert l’hospitalité aux messagers de Dieu reçoit Jésus lui-même, et Dieu qui l’a envoyé, et il sera récompensé pour sa générosité.

Jésus nous dit que toutes les fois que nous faisons des œuvres de miséricorde, de pardon, d’hospitalité, nous faisons cela pour lui. Il s’identifie complètement à ceux qui sont dans le besoin, avec les marginalisés et les dépendants : ceux qui ont faim, ceux qui ont soif, les étrangers, les personnes nues, les malades et les prisonniers. Le règne de Jésus renverse complètement nos notions terrestres de la royauté. La royauté de Jésus consiste à servir sans compter, jusqu’à perdre sa vie pour autrui.

Lorsque je lis l’Évangile d’aujourd’hui (Mt10, 37-42) tirée de saint Mathieu et que je réfléchis au commandement de Jésus de porter sa croix, je me rappelle les paroles puissantes d’un grand prêtre et théologien jésuite canadien, le Père Bernard Lonergan. Dans une lettre aux jeunes Jésuites traitant de leur rôle comme « Prêtres et apôtres dans le monde moderne », P. Lonergan écrit :

« Si je suis correct dans mon interprétation que les Jésuites du XXe siècle, comme ceux du XVI ième, existent pour faire face aux crises, alors ils doivent accepter les gains de la modernité dans les sciences naturelles, dans la philosophie, dans la théologie, lorsqu’elles proposent également des stratégies pour répondre aux visions sécularistes de la religion et aux distorsions sur la notion de l’homme, de la connaissance humaine, dans sa compréhension de la réalité ou bien dans l’organisation des affaires humaines. Comment de telles stratégies seront-elles trouvées, est, bien sûr, une question énorme, et je dois me contenter d’offrir une proposition tout à fait brève.

« D’abord, une telle stratégie n’est pas une conclusion provenant de prémisses mais un projet créatif qui émerge d’une compréhension complète de la situation ainsi que d’une compréhension des éventuelles réponses possibles. Deuxièmement, ce n’est pas un projet statique, établi une fois pour toute, mais au contraire un projet continu, constamment révisé à la lumière du rétrocontrôle qui vient de son application. Troisièmement, ce n’est pas un seul projet, mais un ensemble des projets, sans cesse rapporté à un centre qui a deux fonctions : (i) de porter l’attention sur les conflits entre les parties séparées et (ii) de bien renseigner toutes les diverses parties de ce qui s’est achevé ailleurs et ce qui fut essayé et reconnu inefficace. Finalement, tous ces projets doivent être dans le Christ Jésus, l’œuvre de ceux qui prennent leur croix quotidiennement, qui vivent par l’Esprit de la Parole, qui se consacrent à l’amour, qui bannissent toute tendance à la haine, à la violence, à la destruction »[1]

Les paroles du P. Lonergan ne s’appliquent pas seulement aux membres de la Compagnie de Jésus, mais à chacun d’entre nous. Que toutes nos actions et nos stratégies soient dans le Christ Jésus, l’œuvre de ceux qui prennent leur croix quotidiennement, et vivent par l’Esprit de la Parole. Que nous aussi, nous nous consacrions à l’amour, et bannissions toute tendance à la haine, à la violence et à la destruction.

[1]  [Traduit de « The Response of the Jesuit, as Priest and Apostle, in the Modern World » par Bernard J. F. Lonergan, s.j. Publié par « American Assistancy Seminar on Jesuit Spirituality, especially for American Jesuits working out their aggiornamento in the spirit of Vatican Council II », vol. II, septembre 1970, no. 3.]

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Église en sortie 23 juin 2017 http://seletlumieretv.org/blogue/eglises-du-monde/eglise-en-sortie-23-juin-2017 http://seletlumieretv.org/blogue/eglises-du-monde/eglise-en-sortie-23-juin-2017#respond Sat, 24 Jun 2017 03:04:44 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19851

Cette semaine à Église en sortie, nous recevons M. Denis Lapointe, Député d’État des Chevaliers de Colomb du Québec qui nous parle de la mission et de l’implication de cet ordre comptant quelque 80 000 membres dans la province. On vous présente un reportage sur le 118e Congrès annuel des Chevaliers de Colomb du Québec. Puis en troisième partie, Francis Denis s’entretient avec Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, sur la plus récente visite ad limita des évêques du Québec.

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Homélie du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix pour le Congrès SIGNIS 2017 http://seletlumieretv.org/blogue/divers/homelie-du-cardinal-gerald-cyprien-lacroix-pour-le-congres-signis-2017 http://seletlumieretv.org/blogue/divers/homelie-du-cardinal-gerald-cyprien-lacroix-pour-le-congres-signis-2017#respond Fri, 23 Jun 2017 17:28:29 +0000 http://seletlumieretv.org/blogue/?p=19844

Vous trouverez ci-dessous le texte de l’homélie du Cardinal de Monsieur le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, Archevêque de Québec et Primat du Canada telle que prononcée lors de la Messe pour le Congrès mondial de Signis 2017 en la Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, Québec, 21 juin 2017:

« Restons connectés pour dire l’espérance »

Très chers frères et sœurs,

Chères communicatrices, chers communicateurs venus de toutes les régions du monde,

Vous avez sûrement remarqué que la Parole de Dieu qui vient de nous être proclamée parle essentiellement de semence, de croissance et de fécondité. Des thèmes bibliques riches et fort signifiants pour notre réflexion au cœur de votre Congrès mondial.

Dans les récits de la création dans le livre de la Genèse, on nous présente un jardin créé par Dieu, un jardin très fécond où tout pousse, où tout est bon et généreux. Un jardin qui dépeint l’explosion de la Vie, semence de Dieu sur cette terre, notre maison commune. La création est sans contredit une manifestation exubérante de cette vie divine et de sa fécondité. Mais Dieu n’avait pas encore dit son dernier mot.

Le Seigneur n’a pas seulement créé ce monde, créé l’homme et la femme pour qu’ils y vivent en les laissant seuls. Dès le début, il entre en relation et propose une grande amitié, une Alliance avec les humains que nous sommes. Du jamais vu, de l’inédit. Notre Dieu n’est pas un grand silencieux qui nous regarde passivement du haut du ciel. Il parle, il prend l’initiative d’entrer en dialogue avec nous. Et petit à petit, nous découvrons que sa Parole est bienfaisante, pleine de vie. Elle libère et remet debout, elle met en marche. Elle produit des fruits. Il n’y a pas seulement que les semences du jardin qui produisent du fruit, la Parole en produit aussi.

La Palabra de Dios es vida y produce frutos abundantes. Nos lo recordó el profeta Isaías : “Así dice el Señor: como bajan la lluvia y la nieve de los cielos y no vuelven allá sin haber empapado la tierra, sin haberla fecundado y haberla hecho germinar, para que dé la simiente para sembrar y el pan para comer, así será la palabra que salga de mi boca. No volverá a mí con las manos vacías sino después de haber hecho lo que yo quería, y haber llevado a cabo lo que le encargué”.

Ustedes que obran en los medios de comunicación, siembran a diario la semilla de la Palabra a través de sus artículos, programas, reportajes, entrevistas, testimonios. Siembran con fe y audacia porque bien saben que esa divina semilla es fecunda y pronto o tarde producirá frutos en los corazones. En décadas pasadas, el jardín de los medios de comunicación era bien definido; un periódico o una revista llegaba a sus suscriptores ; un programa de televisión a los que tenían antena sobre su techo. Hoy en día, gracias a internet y a las nuevas tecnologías, su jardín se ha ampliado a las dimensiones del mundo. ¡Qué bendición y a la vez, qué responsabilidad! Ustedes tienen una oportunidad sin precedentes de proclamar y hacer llegar la Palabra de Dios a tantas personas, de entrar en lugares que nosotros no logramos acceder. Tengan fe que lo que ustedes siembran a diario a través de su trabajo no retorna a Dios sin haber producido lo que Él quiere.

Saint John, in his first Letter, shares a vibrant expression of his faith: “We declare to you what was from the beginning, what we have heard, what we have seen with our eyes, what we have looked at and touched with our hands, concerning the word of life — this life was revealed, and we have seen it and testify to it…”.  John’s personal encounter, his experience with Jesus Christ transforms him into a great communicator, a missionary able to spread the Good News of the death and resurrection of Christ to the world.

No Facebook account yet, no Tweets, no printing presses or 4K Pro video cameras, no internet or optical fiber were anywhere to be seen, and yet the Gospel spread all over the world and has reached all of us, who represent close to 50 countries.

I’m not a specialist in communications, but my humble conclusion when I hear this and listen to the Gospel is that the strength, the vigor is not in the means or the apostle, but in the seed, in the Word of God, in the Word of God made flesh, Jesus Christ. Pope Francis put it well in this year’s Message for World Communications Day: “Confidence in the seed of God’s Kingdom and in the mystery of Easter should also shape the way we communicate. This confidence enables us to carry out our work – in all the different ways that communication takes place nowadays – with the conviction that it is possible to recognize and highlight the good news present in every story and in the face of each person”.

That is where we find Hope to pursue our mission. Of course, we continue to strive to put to use the most modern means of communication, the best technologies and prepare ourselves to be as professional as we can, but we do not forget that the power, the strength, the Life, is in the seed. the Word of God, the Incarnate Word who gave His Life so we may have abundant life and eternal life. What a humbling and exciting experience for all of you communicators who are called to exercise this vital mission in today’s world.

 Nous sommes familiers avec la parabole du semeur. Je ne suis pas sûr que votre chef de pupitre aurait accepté autant de répétition dans une même phrase : « Le Semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin ». Semeur, semer, semence, semait… ce n’est pas fort en composition si on regarde ça d’un point de vue littéraire. Cependant, la parabole de Jésus nous laisse bien entrevoir la générosité de Dieu qui, comme ce semeur, sème la Parole partout généreusement, même sur des terrains qui à première vue sont stériles. Il est vrai que les chances sont meilleures pour la semence lorsqu’elle tombe dans une bonne terre, une terre accueillante et dégagée de tout obstacle.

Rappelons-nous toutes les fois où Jésus s’est approché des pécheurs qui à prime abord semblaient fermés, endurcis ou très souffrants. Ils ont pourtant accueilli la Parole du Sauveur et leur vie en a été transformée. Pensons encore à Zachée, au démoniaque de Gérasa, à la femme adultère, à Marie-Madeleine, au bon larron. Frères et sœurs, restons connectés à la puissance de la Parole pour dire l’espérance à un monde qui a un profond besoin de lumière et de Vie.

Je me souviens alors que j’étais jeune prêtre, d’un matin où l’on sonne à ma porte à six heures. Je réponds et un homme demande à me rencontrer. Je ne le connais pas. Il m’avoue arriver d’un motel où il a passé la nuit avec une femme qui n’est pas la sienne. Elle est partie vers deux heures du matin. Il décide alors de regarder la télévision dans sa chambre, seul. En faisant le tour des chaînes, il tombe sur un programme de la télévision communautaire qui présente un extrait de conférence de Jean Vanier. Il est bouleversé par les propos qu’il vient d’entendre et se sent appelé à changer de vie par l’Évangile proclamé dans cette conférence. Ne sachant plus quoi faire, il décide de rencontrer un prêtre. Ce moment fut l’occasion d’une conversion profonde et toute sa vie a changé de direction. Par la suite, il a souvent témoigné publiquement de sa conversion. La Parole qui touche le cœur et produit des fruits de conversion et de vie l’a rejoint là où il se trouvait. Ne l’oublions jamais !

Nos saints fondateurs et fondatrices à Québec nous ont laissé le témoignage d’une foi profondément enracinée dans le Christ et sa Parole. Sainte Marie de l’Incarnation et la bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin sont arrivées en Nouvelle-France au début du 17e siècle, alors que tout était à construire. Les défis étaient de taille et les dangers omniprésents. Les longs hivers québécois à l’époque – ils le sont encore aujourd’hui – et la précarité de la communauté naissante présentaient des obstacles majeurs à surmonter. Et pourtant, ces femmes n’y ont pas seulement survécu, elles y ont vécu leur mission respective dans l’éducation et la santé avec brio. C’était des femmes d’espérance, connectées à la Source qu’est la Parole de Dieu et à une relation intime avec lui; des missionnaires habitées par un zèle apostolique qui a produit de grands fruits. Leur vie nous inspire encore aujourd’hui.

Un journaliste du journal Le Soleil, Louis-Guy Lemieux a écrit ces lignes qui en disent long sur Marie de l’Incarnation : « Plus que Champlain, le fondateur, plus que Louis Hébert, le premier habitant enraciné, plus que Jean Talon, le solide intendant, plus que Louis Jolliet, l’explorateur et découvreur du Mississippi, plus que ces aventuriers de robe ou d’épée, flamboyants ou profiteurs, c’est elle, Marie Guyart qui incarne le mieux le courage et la ténacité des premiers Canadiens. Ses contemporains se reconnaissent en elle. Sans quitter son couvent, elle aura été le ciment de la Nouvelle-France[1]. » Marie de l’Incarnation et Marie-Catherine de Saint-Augustin furent de grandes communicatrices de l’espérance et de l’Évangile, par le don de leur vie au service de la mission. Des femmes connectées qui ont su vivre et dire l’espérance qui les habitaient.

Notre premier évêque, saint François de Laval, canonisé par le pape François en 2014, a su soutenir la communauté naissante en Nouvelle-France malgré les nombreux obstacles et tempêtes qu’il a rencontrés. Il ne s’est pas laissé effrayer ou démotiver car son cœur était empreint de confiance en Dieu. Il aimait dire : « Il nous faut mettre toute notre confiance et notre force en Dieu… Il faut se laisser conduire par la Providence. » Ou encore : « Que les missionnaires se souviennent que la semence de la Parole de Dieu porte son fruit dans la patience. » Soyons, nous aussi, habités par cette confiance en Dieu et sa en Parole et ayons la patience de laisser croître ce qui est semé dans les cœurs par notre travail quotidien.

On this shared day that brings together delegates from the SIGNIS World Congress and the Catholic Press Association of the United States and Canada, may the Lord bless you and all you do so that His Word of Life and Hope may reach the ends of the world. May he sustain you and your colleagues in the mission we all share in the Church through our different vocations and charisms, to proclaim what we have seen with our eyes and heard with our ears, what we have touched: Jesus Christ, the Living One, who is with us and who sends us out to share His Good News.

 Señor, Padre nuestro, que tu Palabra cumpla su obra en nuestras palabras y obras para que muchos y muchos lleguen a conocerte, amarte y servirte.

Restons connectés pour dire l’espérance !

[1] Le Soleil, 16 mars 1997.

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