Message du Pape François pour la 50e Journée Mondiale des Communications Sociales

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Communication et miséricorde : une rencontre féconde

Solennité de l’Ascension

Chers frères et sœurs,

L’Année Sainte de la Miséricorde nous invite à réfléchir sur le rapport entre communication et miséricorde. En effet l’Église, unie au Christ, incarnation vivante de Dieu Miséricordieux, est appelée à vivre la miséricorde comme un trait distinctif de tout son être et de tout son agir. Ce que nous disons et la manière dont nous le disons, chaque parole et chaque geste, devrait pouvoir exprimer la compassion, la tendresse et le pardon de Dieu pour tous. L’amour, par nature, est communication, il conduit à s’ouvrir et non pas à s’isoler. Et si notre cœur et nos gestes sont animés par la charité, par l’amour divin, notre communication sera porteuse de la force de Dieu.

En tant qu’enfants de Dieu, nous sommes appelés à communiquer avec tous, sans exclusion. En particulier, c’est le propre du langage et des actions de l’Église que de transmettre la miséricorde, en sorte de toucher les cœurs des personnes et de les soutenir sur le chemin vers la plénitude de la vie que Jésus Christ, envoyé par le Père, est venu apporter à tous. Il s’agit d’accueillir en nous et de répandre autour de nous la chaleur de l’Église Mère, pour que Jésus soit connu et aimé ; cette chaleur qui donne consistance aux paroles de la foi et qui allume dans la prédication et dans le témoignage l’ « étincelle » qui les rend vivantes.

La communication a le pouvoir de créer des ponts, de favoriser la rencontre et l’inclusion, enrichissant ainsi la société. Comme il est beau de voir des personnes engagées à choisir avec soin des paroles et des gestes pour dépasser les incompréhensions, guérir la mémoire blessée et construire la paix et l’harmonie. Les paroles peuvent jeter des ponts entre les personnes, les familles, les groupes sociaux, les peuples ; que ce soit dans le domaine physique ou dans le domaine numérique. Que les paroles et les actions soient donc telles qu’elles nous aident à sortir des cercles vicieux des condamnations et des vengeances, qui continuent à piéger les individus et les nations, et qui conduisent à s’exprimer avec des messages de haine. La parole du chrétien, au contraire, se propose de faire grandir la communion et, même quand il faut condamner le mal avec fermeté, elle cherche à ne jamais briser la relation et la communication.

Je voudrais donc inviter toutes les personnes de bonne volonté à redécouvrir le pouvoir de la miséricorde de guérir les relations déchirées, et de ramener la paix et l’harmonie entre les familles et dans les communautés. Nous savons tous de quelle manière les vieilles blessures et les ressentiments peuvent piéger les personnes et les empêcher de communiquer et de se réconcilier. Et ceci vaut aussi pour les relations entre les peuples. Dans tous ces cas, la miséricorde est capable de créer une nouvelle manière de parler et de dialoguer, comme l’a ainsi très bien exprimé Shakespeare : « La miséricorde n’est pas une obligation. Elle descend du ciel comme la fraîcheur de la pluie sur la terre. Elle est une double bénédiction : elle bénit celui qui la donne et celui qui la reçoit » (Le Marchand de Venise, Acte 4, Scène 1).

Il est souhaitable que le langage de la politique et de la diplomatie se laisse aussi inspirer par la miséricorde, qui ne donne jamais rien pour perdu. Je fais appel surtout à tous ceux qui ont des responsabilités institutionnelles, politiques et dans la formation de l’opinion publique, pour qu’ils soient toujours vigilants sur la manière de s’exprimer envers celui qui pense ou agit autrement, et aussi envers celui qui peut s’être trompé. Il est facile de céder à la tentation d’exploiter de semblables situations et d’alimenter ainsi les flammes de la défiance, de la peur, de la haine. Il faut au contraire du courage pour orienter les personnes dans des processus de réconciliation ; et c’est justement cette audace positive et créative qui offre de vraies solutions à de vieux conflits, et l’occasion de réaliser une paix durable. « Bienheureux les miséricordieux, parce qu’ils obtiendront miséricorde […] Bienheureux les artisans de paix, parce qu’ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 7.9).

Comme je voudrais que notre manière de communiquer, et aussi notre service de pasteurs dans l’Église, n’exprime jamais l’orgueil fier du triomphe sur un ennemi, ni n’humilie ceux que la mentalité du monde considère comme perdants et à rejeter ! La miséricorde peut aider à tempérer les adversités de la vie et à offrir de la chaleur à tous ceux qui ont seulement connu la froideur du jugement. Que le style de notre communication soit en mesure de dépasser la logique qui sépare nettement les pécheurs des justes. Nous pouvons et devons juger des situations de péché – violence, corruption, exploitation, etc. – mais nous ne pouvons pas juger les personnes, parce que seul Dieu peut lire en profondeur dans leur cœur. C’est notre devoir d’avertir celui qui se trompe, en dénonçant la méchanceté et l’injustice de certains comportements, afin de libérer les victimes et de soulager celui qui est tombé. L’Évangile de Jean nous rappelle que « La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). Cette vérité est, en définitive, le Christ lui-même, dont la douce miséricorde est la mesure de notre manière d’annoncer la vérité et de condamner l’injustice. C’est notre principal devoir d’affirmer la vérité avec amour (Cf. Ep 4, 15). Seules les paroles prononcées avec amour et accompagnées de douceur et de miséricorde touchent les cœurs des pécheurs que nous sommes. Des paroles et des gestes durs ou moralisants risquent d’aliéner plus tard ceux que nous voudrions conduire à la conversion et à la liberté, en renforçant leur sens du refus et de la défense.

Certains pensent qu’une vision de la société enracinée dans la miséricorde serait de façon injustifiée idéaliste ou excessivement indulgente. Mais essayons de repenser à nos premières expériences de relations au sein de la famille. Nos parents nous ont aimés et appréciés pour ce que nous sommes, plus que pour nos capacités et nos succès. Les parents veulent naturellement le meilleur pour leurs enfants, mais leur amour n’est jamais conditionné par le fait d’atteindre des objectifs. La maison paternelle est le lieu où tu es toujours accueilli (Cf. Lc 15, 11-32). Je voudrais vous encourager tous à penser la société humaine non comme un espace où des étrangers rivalisent et cherchent à dominer, mais plutôt comme une maison ou une famille, où la porte est toujours ouverte et où l’on cherche à s’accueillir réciproquement.

C’est pourquoi il est fondamental d’écouter. Communiquer signifie partager, et le partage exige l’écoute, l’accueil. Écouter est beaucoup plus qu’entendre. Entendre concerne le domaine de l’information ; écouter, en revanche, renvoie à celui de la communication, et exige la proximité. L’écoute nous permet d’avoir l’attitude juste, en sortant de la condition tranquille de spectateurs, d’auditeurs, de consommateurs. Écouter signifie aussi être capable de partager des questions et des doutes, de faire un chemin côte à côte, de s’affranchir de toute présomption de toute-puissance et de mettre humblement ses capacités et ses dons au service du bien commun.

Écouter n’est jamais facile. Parfois il est plus confortable de faire le sourd. Écouter signifie prêter attention, avoir le désir de comprendre, de valoriser, respecter, garder la parole de l’autre. Dans l’écoute une sorte de martyre se consume, un sacrifice de soi-même dans lequel le geste sacré accompli par Moïse devant le buisson ardent se renouvelle : retirer ses sandales sur la « terre sainte » de la rencontre avec l’autre qui me parle (Cf. Ex 3, 5). Savoir écouter est une grâce immense, c’est un don qu’il faut invoquer pour ensuite s’exercer à le pratiquer.

Les e-mail, sms, réseaux sociaux, chat peuvent, eux aussi, être des formes de communication pleinement humaines. Ce n’est pas la technologie qui décide si la communication est authentique ou non, mais le cœur de l’homme et sa capacité de bien user des moyens mis à sa disposition. Les réseaux sociaux sont capables de favoriser les relations et de promouvoir le bien de la société, mais ils peuvent aussi conduire plus tard à des polarisations et des divisions entre les personnes et les groupes. Le domaine numérique est une place, un lieu de rencontre, où l’on peut caresser ou blesser, avoir une discussion profitable ou faire un  lynchage moral. Je prie pour que l’Année jubilaire vécue dans la miséricorde « nous rende plus ouverts au dialogue pour mieux nous connaître et nous comprendre. Qu’elle chasse toute forme de fermeture et de mépris. Qu’elle repousse toute forme de violence et de discrimination » (Misericordiae vultus, n. 23). Une véritable citoyenneté se construit aussi en réseau. L’accès aux réseaux numériques comporte une responsabilité pour l’autre, que nous ne voyons pas mais qui est réel, il a sa dignité qui doit être respectée. Le réseau peut être bien utilisé pour faire grandir une société saine et ouverte au partage.

La communication, ses lieux et ses instruments, ont comporté un élargissement des horizons pour beaucoup de personnes. C’est un don de Dieu, et c’est aussi une grande responsabilité. J’aime définir ce pouvoir de la communication comme « proximité ». La rencontre entre la communication et la miséricorde est féconde dans la mesure où elle génère une proximité qui prend soin, réconforte, guérit, accompagne et fait la fête. Dans un monde divisé, fragmenté, polarisé, communiquer avec miséricorde signifie contribuer à la bonne, libre et solide proximité entre les enfants de Dieu et les frères en humanité.

FRANÇOIS

Du Vatican, le 24 janvier 2016

(CNS photo/Paul Haring)

La Vie Humaine est sacrée et inviolable

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Réflexions pour nous guider lorsque nous marchons et travaillons pour la vie

Le 11 avril 2014, le Pape François s’est adressé au mouvement italien pour la vie avec des paroles provocantes :

« Nous le savons, la vie humaine est sacrée et inviolable. Tout droit civil repose sur la reconnaissance du premier droit fondamental, le droit à la vie, qui n’est subordonné à aucune condition, ni qualitative ni économique, et encore moins idéologique. « De même que le commandement de “ne pas tuer” pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd’hui, nous devons dire “non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale”. Une telle économie tue… On considère l’être humain en lui-même comme un bien de consommation, qu’on peut utiliser et ensuite jeter. Nous avons mis en route la culture du “déchet” qui est même promue» (Exhort. apost. Evangelii gaudium, n. 53). Et ainsi, la vie elle aussi est mise au rebut. Un des risques les plus graves auxquels notre époque est exposée, est le divorce entre l’économie et la morale, entre les possibilités offertes par un marché pourvu de toutes les nouveautés technologiques et les normes éthiques élémentaires de la nature humaine, toujours plus négligées. Il faut donc réaffirmer la plus ferme opposition à tout attentat dirigé contre la vie, en particulier innocente et sans défense, et l’enfant à naître dans le sein de sa mère est l’innocent par antonomase. Rappelons les paroles du Concile Vatican ii : « La vie doit donc être sauvegardée avec un soin extrême dès la conception : l’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables » (Const. Gaudium et spes, n. 51). »

Aujourd’hui, nous vivons au milieu d’une culture qui renie la solidarité et qui prend la forme d’une « culture de la mort. » Cette culture est activement favorisée par de puissants courants culturels, économiques, et politiques qui encouragent l’idée d’une société concentrée exclusivement sur l’efficacité.

C’est une guerre des puissants contre les faibles. En effet, il n’y a pas de place dans notre monde pour certains, comme les bébés à naître ou les mourants. Beaucoup de ceux et celles qui constituent les éléments faibles de notre structure sociale, qui sont radicalement dépendants, qui se trouvent complètement à la merci des autres et qui, souvent, ne peuvent communiquer que par le langage silencieux d’une affection profonde son exclu a priori.

L’avortement est la blessure la plus sérieuse infligée, non seulement aux personnes et à leurs familles sensées fournir un sanctuaire pour la vie, mais aussi à la société et à sa culture, par les mêmes personnes qui sont sensées être ses promoteurs et ses défendeurs. Comment pourrions-nous oublier les paroles du Pape Benoit XVI à la cérémonie d’ouverture des Journées Mondiales de la Jeunesse 2008 à Sydney, Australie le 17 juillet 2008 ?

« C’est ainsi que nous sommes amenés à réfléchir sur la place qu’occupent dans nos sociétés les indigents, les personnes âgées, les immigrés, les sans voix. Comment se fait-il que la violence domestique afflige tant de mères et d’enfants ? Comment se fait-il que l’espace humain, le plus beau et le plus sacré qu’est le sein maternel, soit devenu un lieu de violence indicible ? »

De même, pouvons-nous oublier ce que le Pape François a écrit dans son exhortation apostolique Evangelii gaudium (no. 214) :

« Ce n’est pas un progrès de prétendre résoudre les problèmes en éliminant une vie humaine. Mais il est vrai aussi que nous avons peu fait pour accompagner comme il convient les femmes qui se trouvent dans des situations très difficiles, où l’avortement se présente à elles comme une solution rapide à leur profonde angoisse, en particulier quand la vie qui croît en elles est la conséquence de violence, ou vécue dans un milieu d’extrême pauvreté. Qui peut ne pas comprendre ces situations si douloureuses ? »

L’éthique cohérente de la vie de l’Église Catholique

L’éthique de la vie de l’Église catholique romaine est cohérente et intégrale. L’Église offre un enseignement sur l’inviolabilité, la sacralité et la dignité de la personne humaine. Cependant, l’opposition à l’avortement et à l’euthanasie n’excuse pas l’indifférence envers ceux et celles qui souffrent de la pauvreté, des la violence, et de l’injustice. Toute pratique opposée à la vie elle-même, y compris toutes les sortes de meurtres, les génocides, l’avortement, l’euthanasie ou le suicide assisté, mais également toute violation de la dignité de la personne humaine, y compris la mutilation, les blessures infligées au corps ou à l’esprit, les tentatives de contraindre la volonté elle-même, quiconque insulte la dignité humaine y compris les conditions de vie moins qu’humaines, l’emprisonnement arbitraire, la déportation, l’esclavage, la prostitution, le trafic des femmes et des enfants, des conditions de travail honteuses où les gens sont traités comme des instruments de revenus plutôt que comme des personnes libres et responsables – toutes ces pratiques et beaucoup d’autres encore empoisonnent la société humaine. Dans les pays développés économiquement, les lois qui menacent la vie sont très répandues, et elles ont déjà façonnées les attitudes morales et les pratiques, contribuant à la propagation d’une mentalité antinataliste. De plus, de nombreuses tentatives sont faites afin d’exporter cette mentalité dans d’autres états en la présentant comme une sorte de progrès culturel.

« L’ouverture à la vie est au centre du vrai développement » a écrit le Pape Benoit dans son encyclique Caritas in veritate. « Quand une société s’oriente vers le refus et la suppression de la vie, elle finit par ne plus trouver les motivations et les énergies nécessaires pour œuvrer au service du vrai bien de l’homme. Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil d’une nouvelle vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent » (no. 28). Le Saint Père a résumé globalement la crise économique actuelle d’une manière remarquable avec ces paroles : « Les coûts humains sont toujours aussi des coûts économiques et les dysfonctionnements économiques entraînent toujours des coûts humains » (no. 32).

Les problèmes brûlants d’actualité que sont la promotion de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle, doivent être placés au haut des priorités de l’agenda de toutes les responsables politiques, peu importe leur parti ou leur situation sur l’échiquier politique. Il ne faut pas croire qu’il ne s’agisse ici que des préoccupations de l’extrême droite ! Plusieurs personnes, aveuglées par leur sens de la justice et leur propre zèle, ont entaché la cause que nous devons tous défendre avec chaque once de notre énergie.

L’élan économique vers l’euthanasie

Si nous regardons attentivement les grands drames du siècle dernier nous voyons que, tandis que le libre marché a renversé le communisme, le consumérisme à outrance et le matérialisme ont infiltré nos sociétés et nos cultures. Aujourd’hui, les populations vieillissantes, surtout en occident, avec la conséquence d’une réduction importante de la population active, créent un élan économique vers l’euthanasie. Comme le disait saint Jean-Paul II: « le droit de mourir conduira inévitablement à l’obligation de mourir. »

La plupart des gens qui pensent que l’euthanasie et le suicide assisté devraient être légalisés n’ont pas considéré le problème dans sa complexité. Ils considèrent d’abord l’autonomie et le choix personnel. Ils pensent à la possibilité de devenir impotent et considèrent qu’une telle vie est indigne et sans valeur. Peut-être considèrent-ils les personnes sévèrement handicapées comme n’ayant aucune qualité de vie ? Notre dignité et notre qualité de vie ne viennent pas de nos capacités ou de nos incapacités. La dignité et la qualité de vie n’est ni une question d’efficacité, ni une question de productivité. Elles viennent d’un lieu plus profond, celui de notre identité de personne et de notre capacité relationnelle. La vraie compassion nous amène à partager la peine de l’un et de l’autre, pas à tuer la personne dont nous ne pouvons pas supporter la souffrance.

Dans son exhortation apostolique le plus récente, Amoris Laetitia, le Pape François a écrit (no. 48) :

« La fragilité et la dépendance de la personne âgée sont parfois exploitées de façon inique pour de purs avantages économiques. De nombreuses familles nous enseignent qu’il est possible d’affronter les dernières étapes de la vie en mettant en valeur le sens de l’accomplissement et de l’intégration de l’existence tout entière dans le mystère pascal. Un grand nombre de personnes âgées sont accueillies dans des structures ecclésiales où elles peuvent vivre dans un milieu serein et familial sur le plan matériel et spirituel. L’euthanasie et le suicide assisté constituent de graves menaces pour les familles dans le monde entier. Leur pratique est devenue légale dans de nombreux États. L’Église, tout en s’opposant fermement à ces pratiques, ressent le devoir d’aider les familles qui prennent soin de leurs membres âgés et malades. »

Pro Vie 2

Ce qui est mal avec l’avortement, l’euthanasie, la sélection embryonnaire, et la recherche embryonnaire n’est pas les motivations de ceux et celles qui les défendent. Bien que souvent ces motivations sont, en surface, compatissantes comme c’est le cas, par exemple, lorsqu’on tente de protéger un enfant non désiré, de mettre fin à la peine et à la souffrance ou d’aider un enfant atteint d’une maladie mortelle. La terrible vérité est que, dans tous ces cas, c’est que les forts décident du destin des faibles. Des êtres humains deviennent des instruments dans les mains d’autres êtres humains.

Être pro-vie est l’une des expressions les plus profondes de notre baptême. En effet, nous devons nous élever comme les filles et les fils de la lumière qui, avec humilité et charité, pleins de conviction, expriment la vérité avec la fermeté. Avec conviction et détermination, nous ne perdrons jamais la joie et l’espérance. Être pro-vie n’est ni une activité pour un parti politique, ni pour une partie spécifique de la société. Être pro-vie est une obligation pour tout le monde : la gauche, la droite, et le centre ! Si nous sommes pro-vie, nous devons nous engager dans la culture qui nous entoure, et ne pas le maudire. Nous devons voir les autres comme Jésus les voit, et nous devons les aider à vivre, même ceux et celles qui s’opposent à nous. Marcher pour la vie à Ottawa, à Washington, et dans tant d’autres villes du monde signifie que nous défendons toute vie humaine, et que nous n’avons pas une vue partielle de cette cause. Luttons pour une éthique cohérente et intégrale de la vie humaine, du berceau à la tombe. Être pro-vie aujourd’hui est vraiment prophétique, et cela provoquera un progrès authentique et une paix durable dans notre monde.

P. Thomas Rosica, c.s.b.
Président-directeur général
Fondation catholique Sel et Lumière média

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Marchons pour la Vie : la Marche nationale s’en vient !

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Jeudi, le 12 mai 2016, des milliers de gens se rassembleront à Ottawa pour témoigner de la sacralité de la vie humaine. Chaque année, le Campaign Life Coalition organise la Marche nationale pour la Vie. Cet événement réunit les partisans pro-vie de tout le pays afin de manifester leur position en faveur de la vie ainsi que leur opposition aux différentes menaces que sont l’avortement et l’euthanasie.

Sel et Lumière sera sur la Colline du Parlement à Ottawa tout au long de la journée de la Marche afin de couvrir cet évènement en français et en anglais sur nos ondes et sur nos réseaux sociaux. Vous pouvez trouver plus des détails ci-dessous ou visitez le site web de Campaign Life Coalition pour plus des renseignements.

Dans sa lettre encyclique Evangelium vitae, Saint Jean-Paul II avait lancé l’appel suivant : « à tous et à chacun, au nom de Dieu : respecte, défends, aime et sers la vie, toute vie humaine ! C’est seulement sur cette voie que tu trouveras la justice, le développement, la liberté véritable, la paix et le bonheur ! » (no. 5) La Marche nationale pour la vie est une réponse à cet appel et en même temps son héraut puisqu’elle est une occasion en or pour célébrer la vie haut et fort contre ce qui la tente de la dénigrer ou de la détruire.

La Marche nationale pour la Vie 2016 commencera mercredi le 11 mai en soirée avec une messe pro-vie, des temps de prière, et l’adoration eucharistique jusqu’à 7 heures le matin. Des messes seront également célébrées jeudi matin avant la manifestation sur la colline parlementaire prévue à midi. Des évêques canadiens, des membres du caucus parlementaire pro-vie, et des dirigeants d’organismes pro-vie seront présents à la manifestation, et s’adresseront à la foule. Il y aura aussi des musiciens pro-vie pendant la Marche elle-même à travers les rues du centre-ville d’Ottawa. La journée se conclura par le Banquet Rose et le Banquet des Jeunes, et sera suivie d’une conférence des jeunes le lendemain, vendredi 13 mai.

Horaire des événements

Mercredi 11 mai 2016

19h30 : Messe Pro-Vie et Vigile de Prière

Paroisse Saint-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus – Messe catholique

95 Rue Somerset Ouest

Église Orthodoxe Christ the Saviour – Vigile de prière
721 Rue Somerset Ouest

21 h Veillée aux chandelles
Hommage canadien au mouvement de droits humains, Rues Elgin et Lisgar

22 h à 7 heures : ADORATION EUCHARISTIQUE

  Adoration du Saint Sacrement pendant toute la nuit, jusqu’à la messe de 7 heures.

Basilique Saint-Patrick, 220 Rue Kent, au sous-sol Scavi, entrée rue Gloucester ou rue Nepean.

Jeudi 12 mai 2016 

10 h : Messes et Prières Pro-Vie

Cathédrale Notre-Dame – Messe catholique (bilingue)
95 Sussex Drive, Ottawa

Basilique Saint-Patrick – Messe catholique (anglais)
220 Kent Street, Ottawa

Paroisse Saint-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus – Messe catholique (bilingue)
95 Rue Somerset Ouest, Ottawa

Cathédrale Saint-Joseph –  Messe catholique (français)
245 Boul. St-Joseph, Gatineau (Secteur Hull)

Église anglicane Saints-Pierre-et-Paul – Prière œcuménique (anglais)
152 Rue Metcalfe, Ottawa

Prière luthérienne (anglais) Location à venir

Prière reformée (anglais)
 Église First Baptist, 140 Rue Laurier, Ottawa (a la rue Elgin)
Présentée par ARPA Canada et par Jubilee Church

12 h MANIFESTATION SUR LA COLLINE PARLEMENTAIRE

Discours par
-des membres des caucus parlementaires pro-vie
-des religieux et des évêques catholiques
-Jim Hughes, Président national, Campaign Life Coalition
-Musique par les musiciens pro-vie

13h30 MARCHE NATIONALE DANS LES RUES DU CENTRE-VILLE

14h45
      Silent No More Awareness Campaign,  Témoignages d’ hommes et de femmes à propos d’un avortement (escalier de la colline parlementaire).

16h
      Prière de clôture par l’Aumônerie catholique d’Orient d’Ottawa, colline parlementaire

18h Banquet Rose
Célébrez la VIE avec plusieurs autres partisans pro-vie à ce banquet prestigieux. Rencontrez des héros méconnus et écoutez leurs témoignages inspirants.
Conférencier d’honneur : Obianuju Ekeocha
Location : Ottawa Conference & Event Centre (auparavant connu comme The Hampton Inn Ottawa)
Prix : 90 $
Appelez 1-800-730-5358 ou 1-613-729-0379 ou 1-416-204-9749.

18h Banquet des Jeunes (exclusivement pour les jeunes et leurs accompagnateurs)    
Conférencier d’honneur : à déterminer
Location: Ottawa Conference & Event Centre (auparavant connu comme The Hampton Inn) 200 Coventry  Road, Ottawa, ON
Prix : 45 $ pour les étudiants et 75 $ pour les professeurs et les accompagnateurs
Commandez les billets par téléphone au Niagara Region Right to Life1-800-730-5358 ou 1-613-729-0379 ou 1-416-204-9749. Pour les réservations des groupes, contactez YOLI a 1-800-730-5358 ou par courriel à l’adresse yoli@campaignlifecoalition.com.

Vendredi 13 mai 2016

Conférence des Jeunes

7h30 Messe catholique

8h00 à 15h00 Conférences des Jeunes et Ateliersun atelier interactif pour les jeunes, conçu pour leur fournir la connaissance et les stratégies nécessaires pour retourner dans leur communauté et combattre la culture de la mort, en la transformant en une culture de la vie, une personne à la fois.

Apprendre de nos conférenciers experts comment amener le message pro-vie dans votre école, maison, et communauté.

Location : Ottawa Conference & Event Centre (auparavant connu comme The Hampton Inn), 200 Rue Coventry, Ottawa, ON

 Pré-inscription nécessaire : 45 $ pour les jeunes et 45 $ pour les professeurs et les accompagnateurs. Le prix inclut le petit déjeuner, une pause-café, et le dîner.
Pour les réservations de groupes, contactez YOLI au 1-800-730-5358 ou par courriel à l’adresse yoli@campaignlifecoalition.com. Pour plus d’information, contactez Niagara Region Right to Life a 1-905-481-0510.

(Horaire des évènements fourni par campaignlifecoalition.com)

Échos du Vatican

Au Vatican quels sont les changements un an après la création du Secrétariat pour la communication ?

Mémoire de la CECC sur le projet de loi C-14 (« aide médicale à mourir ») soumis au Comité permanent de la justice et des droits de la personne

Comme stipulé dans ses déclarations antérieures sur le sujet, la Conférence des évêques catholiques du Canada désapprouve entièrement et catégoriquement toute tentative de justifier ou d’appuyer le « droit » à l’aide médicale au suicide ou à l’euthanasie. Cette position est fondée sur l’enseignement immuable de notre Église, provenant du Christ lui-même, voulant que cette pratique soit toujours moralement inacceptable (cf. Catéchisme de l’Église catholique 2276-79; saint Jean-Paul II, Evangelium Vitae no 66). Pour cette raison, le projet de loi C-14, qui légalise le meurtre de certaines catégories de personnes, est une loi fondamentalement injuste. De la perspective catholique, aucune modification ne pourrait justifier le mal inhérent qui sous-tend la prémisse derrière la législation proposée.

Bien que la législation elle-même soit intrinsèquement et gravement immorale pour les raisons susmentionnées, la version actuelle du projet de loi C-14 contient des caractéristiques particulières qui rendent la législation encore plus nuisible et dangereuse pour la société canadienne. Par exemple, elle ne prévoit aucune protection pour les professionnels de la santé qui refusent de coopérer dans la soi-disant « aide médicale à mourir » ou d’aiguiller efficacement les patients qui en font la demande, ni pour les établissements qui refusent d’offrir le service pour des raisons religieuses ou de conscience. Laisser aux législateurs provinciaux ou aux organismes professionnels (p. ex., les collèges provinciaux de médecins, de pharmaciennes et pharmaciens, ou d’infirmières et infirmiers) la responsabilité de concevoir et d’appliquer de telles protections résulterait en une situation chaotique avec des règlements contradictoires entre les provinces et entraînerait la démission ou le renvoi de plusieurs professionnels de la santé. Les hôpitaux sous les auspices de groupes religieux, la majorité catholiques, pourraient éventuellement devoir fermer leurs portes. Ces établissements emploient des milliers de médecins et des dizaines de milliers d’employés. Alors que notre système de santé requiert plus de ressources, pas moins, le gouvernement fédéral ne devrait pas permettre aux juridictions de second rang de faire fuir les praticiennes et praticiens de la santé consciencieux de leur profession.

Il est également déplorable que le projet de loi C-14 échoue dans ses efforts de vouloir limiter le mal potentiel que pourrait causer la légalisation de l’aide au suicide, comme dans le critère énoncé au paragraphe 241.2(d) (que la mort naturelle d’une personne « est devenue raisonnablement prévisible »). Toute personne qui a réfléchi à son existence mortelle sait que sa mort naturelle n’est pas seulement raisonnablement prévisible, elle est de fait inévitable. Cette « sauvegarde » ne protégera personne.

L’enseignement de l’Église catholique et la position des évêques catholiques du Canada affirment le caractère sacré et la dignité de la vie humaine. Le suicide et l’euthanasie sont contraires à la profonde inclination naturelle de l’être humain de vivre et de préserver la vie. Par ailleurs, ils contredisent la responsabilité fondamentale des êtres humains de se protéger les uns et les autres, et d’améliorer la qualité des soins de santé et des services sociaux que chaque vie humaine mérite, de la conception à la mort naturelle.

Peu importe les modifications qui y seront apportées, le projet de loi C-14 est un affront à la dignité humaine, une érosion de la solidarité humaine, et un danger à toutes les personnes vulnérables – particulièrement les personnes âgées, handicapées, infirmes et malades qui sont souvent isolées et marginalisées. De plus, c’est une violation du sacro-saint devoir des professionnels de la santé de soigner, et de la responsabilité des législateurs et des citoyens de fournir et d’assurer une protection à tous, spécialement aux personnes les plus à risque. L’adoption du projet de loi C-14, déclenchée par la décision défaillante rendue dans la cause Carter, aura des répercussions dévastatrices sur la structure sociale de notre pays que nous ne pouvons prévoir aujourd’hui.


La Conférence des évêques catholiques du Canada est l’assemblée nationale des évêques catholiques romains et catholiques orientaux. Pasteurs principaux de l’Église au Canada, ils s’expriment en son nom et ils ont pour fonction de guider et d’éclairer sur le plan spirituel plus de treize millions de catholiques canadiens. Les personnes baptisées dans l’Église catholique représentent quarante-six pour cent de la population canadienne.

— Photo: Diocèse de Hamilton

En Jésus, l’avenir a déjà commencé !

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Solennité de l’Ascension – dimanche 8 mai 2016

Actes 1,1-11
Éphésiens 1,17-23
ou Hébreux 9,24-28
Luc 24,46-53

Comme Jérusalem est la ville du lieu de l’accomplissement du salut dans l’évangile de Luc (le lieu où se réalise le salut), Jérusalem occupe aussi une place centrale au début des Actes des Apôtres. C’est le point de départ de la mission des disciples d’aller « aux extrêmités de la terre », le lieu où les apôtres étaient et le point focal de la doctrine des débuts de la communauté (Actes 15,2-6).

Les premiers versets de la première lecture (Actes 1,1-2) associe nt le livre des Actes avec l’évangile de Luc et montrent que les apôtres ont été instruits par Jésus ressuscité (vv 3-5). Les disciples étaient inquiets, avides de réponses. Ils demandèrent : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? ». Ils pensaient que « la promesse du Père » apporterait la souveraineté politique comme à l’époque du règne du roi David. Mais Jésus a répondu clairement que ce n’était pas le but de la promesse.

La promesse n’apporterait pas non plus un apercu de la fin des temps, car « il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père a fixés dans sa liberté souveraine. » pour la fin des temps. La promesse n’allait pas rendre leurs vies plus faciles en restaurant la domination politique ou nationale, ou en accordant une illumination divine. En recevant l’Esprit ils auraient aussi été baptisés dans le feu. Ils auraient reçu le pouvoir de prendre le rôle du Christ : enseigner, nourrir et servir, être ignorés, souffrir et mourir pour lui.

Après avoir parlé, Jésus fut élevé vers le ciel devant ses amis. Imaginez cette scène effarante ! Qu’ont-ils ressenti en regardant leur Seigneur et Maître les quitter ? « Les paroles de l’ange aux « hommes de Galilée » sont douloureusement brusques et laissent peu de place à une mauvaise interprétation : « Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Les disciples ont reçu un dernier enseignement : « N’essayez pas de scruter le futur. Ne vous inquiètez pas outre mesure au sujet de l’heure où il reviendra ». Nous ne devons pas rester les bras croisés et gémir sur le passé, pour lequel nous ne pouvons rien, sauf l’enterrer profondément dans les mains et le cœur de Dieu ! Le Seigneur sera glorifié, et il s’ensuit que ses disciples partageront aussi sa gloire. Allons porter un morceau de ciel au monde. Telle est la signification de la résurrection et de l’Ascension du Seigneur, ce n’est pas l’abandon divin de la cause humaine, mais la divine mise en acte du rêve de l’Évangile ! 

À partir de Jérusalem

Les apparitions de la résurrection dans l’évangile de Luc prennent place dans et autour de Jérusalem. Le récit de l’Ascension marque la fin de l’évangile de Luc (vv 50-53). L’évangile termine comme il avait commencé (1,9) au temple de Jérusalem (v. 53). Luc commencera aussi le récit des premiers temps de l’Eglise en racontant l’Ascension. Au chapitre de la résurrection de Luc, il relate l’ascension de Jesus lors de la nuit du dimanche de Pâques, l’associant ainsi de très près à la résurrection.

Comme je l’ai noté dans les réflexions de Pâques précédentes, le chapitre 24 de l’évangile de Luc peut être divisé en quatre parties:

  1. a) les femmes au tombeau qui se termine avec la visite de Pierre au tombeau (vv 1-12);
  1. b) les disciples sur la route d’Emmaüs qui culmine avec la nouvelle de l’apparition du Seigneur à Pierre (vv 13-35);
  1. c) l’apparition du Seigneur aux disciples lors d’un repas qui culmine avec l’envoi en mission (vv 36-49);
  1. d) l’ascension de Jésus au ciel (vv 50-52).

Ce qui pourrait probablement être compris comme un événement (résurrection, glorification, ascension, envoi de l’Esprit – mystère pascal) est entré dans l’histoire grâce à Luc qui a décrit l’ascension visible de Jésus quarante jours après et la descente de l’Esprit à la Pentecôte. Pour Luc, l’ascension marque la fin des apparitions de Jésus sauf pour l’extraordinaire apparition à Paul. Dans la perspective de Luc, de sa compréhension de l’histoire du salut, l’ascension marque aussi la fin du temps de Jésus (Luc 24,50-53) et le début du temps de l’Eglise.

Conformité aux écritures juives

La scène finale de l’évangile de Luc accentue le fait que ce qui est annoncé dans les écritures juives doit être accompli parce qu’il révèle le plan de Dieu qui ne peut pas échouer. La vie, la mort et la résurrection du Christ seront pleinement en accord avec les Ecritures. L’expression la plus claire de ce qui est dans ses paroles adressées par le Christ ressuscité aux disciples : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » (24,44). Cette déclaration montre la nécessité du mystère pascal de Jésus, annoncée dans plusieurs passages d’évangile : « Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures ? D’après elles, c’est ainsi que tout doit se passer. » (Matthieu 26,54); « De fait, ce qui me concerne va se réaliser. » (Luc 22,37).

Présent dans des milliers de lieux

Le jour de l’Ascension on pourrait conclure que Jésus s’est retiré en une forme nouvelle d’exclusion divine. C’est exactement le cas opposé. En Dieu, Jesus est « ici » d’une manière nouvelle et très spécifique. Son union spirituelle avec le monde entier ne peut être à jamais complète que dans sa séparation physique de la scène historique.

Dans son « ascension » Jésus fait un engagement envers la terre où nous vivons. Son empreinte n’est pas gravée pour les touristes dans une pierre à voir. Mais elle est visible dans le cœur de ceux qui le suivent. Alors qu’il a perdu la capacité d’être présent dans un seul lieu, il a gagné la possibilité d’être présent dans des milliers d’endroits. Lorsque Jésus a disparu, il a rempli la terre de la présence de Dieu. Celle-ci est encore ici pour nous comme le dernier accomplissement de tous nos rêves. Nous savons que nous nous dirigeons vers le ciel en nous approchant de Jésus. Nous avons l’assurance qu’il ne cessera d’être avec nous à travers les temps. Et à travers nous il veut devenir même encore plus présent, spécialement en tant que son Eglise.

Une leçon importante

L’Ascension de Notre Seigneur nous apprend une importante leçon au sujet de posséder et d’être possédés. À travers son ascension, Jésus montre que de s’accrocher à lui dans le temps et l’histoire ne sert aucun but. Il ne s’accroche pas non plus aux êtres humains autour de lui, ne voulant pas les laisser aller librement pour qu’ils continuent leur mission évangélique. Plutôt, sa vie entière, sa mort et sa résurrection nous apprennent à accepter chaque personne et chaque chose comme un cadeau qui nous est prêté.

Il n’est pas bon de s’accrocher trop étroitement à nos relations ou d’amasser des trésors sur terre. Aujourd’hui apprenons à vénérer tout ce que nous avons avec une profonde gratitude et à tenir chaque chose dans nos mains ouvertes. Durant nos moments de prière, ouvrons nos mains et remettons tous nos trésors et relations à Dieu. Soyons conscients de nos sentiments envers les autres, et envers nos biens. Prenons du temps pour exprimer notre gratitude à Dieu pour chaque don et chaque relation. Et plus important que tout, trouvons des manières concrètes d’exprimer notre amour et notre gratitude aux personnes que nous prenons pour acquis, y compris Jésus.

Comme le Seigneur ressuscité s’est confié lui- même entre les mains de personnes blessées, il fait de même avec nous. La pleine signification de l’Ascension nous rappelle que le Christ accepte notre manque de confiance en nous-mêmes. Il accepte les zones ombrageuses et noires de notre humanité. Il accepte notre capacité de déception, de trahison, de convoitise et de pouvoir. Et nous ayant acceptés, il nous appelle et nous donne la mission éternelle d’être son peuple et nous envoie le servir et l’aimer malgré nous-mêmes et à cause de nous- mêmes.

En ce jour de son Ascension, on pourrait conclure que Jésus s’est retiré dans une nouvelle forme divine exclusive. C’est exactement le contraire. En Dieu, Jésus est « ici » d’une manière nouvelle et très spécifique. Son union spirituelle avec le monde entier pour tous les temps peut être achevée seulement par sa séparation physique de la scène historique.

« Celui que nous aimons n’est plus où il était. Il est maintenant où vous êtes. »
(Saint Jean Chrysostome)


(Image: L’Ascension par Luca Rossetti da Orta)

Un travail au service de la famille

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Le premier mai, c’est la journée internationale des travailleurs. On le sait, le travail est une dimension centrale de la vie humaine qui a des répercussions sur toutes les autres, y compris sur la vie familiale. Il m’a donc semblé opportun de revisiter l’exhortation apostolique Amoris Laetitia en reprenant certains des enseignements qu’on y trouve sur le travail et ses incidences sur les familles de notre temps.

Un enseignement qui passe à travers les âges

L’enseignement de l’Église sur le travail est fortement enraciné dans la Révélation divine. Dès les premières pages de la Genèse, on trouve un enseignement profond et riche de signification. En effet, on y apprend que le travail, que nous trouvons parfois si ardu, n’est pas une punition de Dieu. Il ne s’agit pas non plus, comme on pourrait le penser, d’une conséquence du péché originel puisqu’il y est déclaré que « l’homme a été établi dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder » (Gn 2, 15). On ne doit donc pas considérer le travail comme un « mal nécessaire » qui devrait éventuellement disparaître. Contrairement aux idées reçues de la « société des loisirs » et qui ont aussi, selon moi, mal vieillies, le pape François affirme, que, Dieu Lui-même dans son Incarnation en Jésus « gagnait son pain en travaillant de ses mains » (no 65). On ne doit donc pas fuir le travail puisque (no24) « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » (2 Th 3, 10 ; cf. 1 Th 4, 11). Par contre, on ne doit jamais perdre de vue que le travail doit être au service de l’homme et non l’inverse.

Le travail au service de la famille

Pour le pape François et l’enseignement de l’Église, le travail est très important à la fois pour les personnes et la société ainsi que pour cette réalité mitoyenne qu’est la famille. En effet, si le travail est bon pour la famille, il sera bon et pour la personne, et pour la société. Les problèmes commencent lorsque ce n’est pas le cas. En effet, « le travail permet à la fois le développement de la société, l’entretien de la famille ainsi que sa stabilité et sa fécondité » (no 24)

Pour ce faire, la société doit, dans un premier temps, permettre au travail d’être au service des familles d’abord en faisant en sorte que les parents travaillent puisque « manquer de sources de travail affecte de diverses manières la sérénité des familles. » (no 25). De fait, les familles souffrent en particulier des problèmes liés au travail. Les possibilités pour les jeunes sont peu nombreuses et l’offre de travail est très sélective et précaire. Les journées de travail sont longues et souvent alourdies par de longues période de déplacement. Ceci n’aide pas les membres de la famille à se retrouver entre eux et avec leurs enfants, de façon à alimenter quotidiennement leurs relations ( no 44).

Deuxièmement, la société doit également prendre conscience qu’actuellement elle crée de nombreux obstacles à la formation de familles fortes. De fait, « le rythme de vie actuel, le stress, l’organisation sociale et l’organisation du travail, parce qu’ils sont des facteurs culturels qui font peser des risques sur la possibilité de choix permanents » (no 33 & 287). De plus, même dans les sociétés les plus développées comme la nôtre, on voit néanmoins de nouvelles formes de discrimination apparaître ici et là sous le couvert de nouvelles lois soit disant « à l’avant garde ». En effet, « à ceux qui travaillent dans les structures de santé, on rappelle leur obligation morale à l’objection de conscience. De même, l’Église sent non seulement l’urgence d’affirmer le droit à la mort naturelle, en évitant l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie », mais aussi elle « rejette fermement la peine de mort ». (no 83) [Read more…]

5 conseils pour prier chaque jour

SebastianPrayerPrier chaque jour parait peut être ambitieux. C’est une pratique réservée à ceux et celles qui ont du temps : les sœurs, les religieux, les prêtres… ou les grands-mamans. Pourtant l’Église nous dit que nous sommes tous appelés à la sainteté. Un jour nous le serons grand-maman! Ou grand-papa! La sainteté se construit dans l’amitié avec Dieu. C’est pourquoi les saints et les saintes sont les plus grands priants. Ils ont appris à connaitre Celui à qui ils veulent le plus ressembler un peu chaque jour. Dom Chautard, un moine trappiste, disait que pour sanctifier le monde, il faut d’abord se sanctifier soi-même. Selon lui, ce qui peut nous donner un coup de main est la prière personnelle. Je ne prétends pas tout savoir sur la prière – et encore très peu sur ce que cela veut dire être saint! – mais je voulais partager quelques astuces qui m’ont aidé dans mon cheminement. Ce blogue est le fruit de plusieurs conversations entre amis(es) ou avec des prêtres, puisque nous désirons tous nous rapprocher du Christ et nous avons tous, un jour ou l’autre, rencontré des défis dans la prière.

  1. Désirer prier

Cela semble une évidence. Pour d’abord prendre du temps pour prier il faut le vouloir. Il faut avoir le goût de s’arrêter dans la journée pour parler à Dieu et l’écouter. Cette tâche est simple et pourtant c’est la première à prendre le bord quand notre horaire est surchargé (moi, coupable!). Ce n’est pas pour rien que dans le Catéchisme de l’Église catholique, on nous dit que la prière est un « combat ». Et pour gagner ce combat, nous pouvons nous tourner vers l’Esprit Saint car il « vient au secours de notre faiblesse » (Romains 8, 26). Nous pouvons donc lui demander de nous donner le désir de prier avant même de commencer à prier.

  1. Connaitre Celui à qui et avec qui nous prions

« L’oraison mentale n’est, à mon avis, qu’un commerce intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé » (Sainte Thérèse d’Avila). Prier ne devrait pas être laborieux. C’est du temps gratuit que l’on donne comme lorsqu’on apprend à connaitre un ami ou un amoureux. Si je ne prenais pas le temps d’appeler ou d’aller voir mes amis, je ne pourrais jamais prétendre les connaitre réellement. Je n’oserais même pas dire que nous sommes amis. C’est comme ça avec Dieu. Saint Augustin nous dit que le « Christ est le premier à nous chercher et c’est lui qui demande à boire. Jésus a soif, sa demande vient des profondeurs de Dieu qui désire. La prière, que nous le sachions ou non, est la rencontre de la soif de Dieu et de la nôtre. Dieu a soif que nous ayons soif de lui ».

  1. Choisir l’heure

C’est l’un des plus grands défis dans la prière. C’est facile de se dire, « Je vais prier quand j’ai le temps » mais toutes ces fois où je n’ai pas fixé d’heure dans ma journée pour prier, j’avais mille et une raisons pour ne pas m’arrêter un petit instant et prier. Certains choisissent de prier à la même heure chaque jour. C’est ce qui fonctionne le mieux dans mon style de vie. Me réveiller le matin pour prier m’aide à bien me préparer pour la journée. Mais c’est un énorme défi chaque jour lorsque sonne mon réveil. C’est ce que Saint Josemaria Escriva appelait la minute héroïque.

« Triomphe chaque jour de toi-même dès le premier instant, en te levant ponctuellement à l’heure fixe, sans [accorder] une seule minute à la paresse. Si, avec l’aide de Dieu, tu te [domines], tu auras pris beaucoup d’avance pour le reste de la journée. Il est si démoralisant de se sentir battu [au premier combat]! …La minute héroïque. — C’est l’heure précise de te lever. Sans hésitation : une pensée surnaturelle et… debout ! — La minute héroïque : tu as là une mortification qui renforce ta volonté et n’affaiblit pas ta nature. (Chemin, 191-206)

Mais pour la personne qui n’est pas matinale, prier le matin n’est peut-être pas pour vous! Demandez-vous s’il y a un moment dans la journée où vous êtes le mieux disposé à la prière. Le soir? À l’heure du midi? Si vous allez à la messe régulièrement, vous pourriez arriver un peu plus tôt ou rester un peu plus tard pour avoir ce temps seul à seul avec Dieu. Et si vous ne pouvez pas garder la même heure chaque jour, choisissez dès le début de votre journée à quel moment vous pourrez le faire. On m’a aussi souvent recommandé d’être consistante dans la durée choisie. Si c’est 10, 15, 30 minutes ou plus, soyez fidèle au temps et à la durée que vous vous êtes donné. Comme si vous fixiez un rendez-vous avec un ami! « Ayez la joie dans l’espérance, tenez bon dans l’épreuve, soyez assidus à la prière » (Romains 12, 12).

  1. Choisir le lieu

Trouver un lieu pour prier est une tâche bien plus facile. Il n’y a pas qu’une église ou une chapelle qui soient propices à la prière. Il m’est déjà arrivé de prier dans l’autobus, en prenant l’avion, ou en plein milieu de la cafétéria de mon campus universitaire. Les églises et les chapelles ne se trouvent pas toujours au bout des doigts (même si j’aimerais qu’elles le soient!).  Il faut faire avec ce que nous avons là où nous sommes. Que ce soit sur le canapé ou assied à son bureau dans sa chambre. Ça peut se faire en prenant un café. Je suis assez distraite donc je préfère me retrouver dans un lieu calme où je peux faire silence. Ce qui n’est pas évident quand on habite au centre-ville l’été et les fenêtres restent ouvertes… Mais il ne faut pas attendre les conditions parfaites. Elles ne le seront jamais car même s’il y avait un silence complet autour de nous, les distractions surgiraient de l’intérieur. Une amie me demandait un jour, « l’heure et le lieu que tu choisis pour prier, que disent-il sur ta relation avec Dieu? ».

  1. Trouver un « outil » de prière

Maintenant pour le comment de la prière. Comment s’y prendre? Par où commencer? Parfois je me sens un peu « inutile » quand je me mets à prier. Je dois me rappeler que la prière peut être simple et que je n’ai pas besoin d’être utile pour discuter avec Dieu. La seule condition requise à la prière est de se mettre à sa disposition dans l’humilité. Un Notre Père pourrait suffire pour lancer la conversation.

« [Jésus] leur répondit : Quand vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour. Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui nous ont des torts envers nous. Et ne nous laisse pas entrer en tentation » (Luc 11, 2-4).

De plus, l’Église nous offre mille moyens pour se rapprocher de Dieu. Il y a, par exemple, la Liturgie des heures, les Écritures Saintes et les Sacrements (recevoir l’Eucharistie à la Messe ou l’Adoration du Saint Sacrement), le Rosaire, la Lectio Divina (la lecture divine de la Parole), ou le livret du Prions en Église. Il faut faire attention de ne pas transformer notre temps de prière en une liste de tâches à accomplir et meubler tout son temps de prière. C’est une conversation dans laquelle il y a un temps pour parler, un temps pour écouter et un temps pour faire silence. Il se peut aussi qu’à certains moments, la prière soit déserte, où la Parole ne nous « parle » pas, il semble y avoir un vide entre nous et Dieu. Mais Saint Paul nous dit de persévérer. Notre disponibilité suffit.

« L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexplicables. Et Dieu, qui scrute les cœurs, connait les intentions de l’Esprit puisque c’est selon Dieu que l’Esprit intercède pour les fidèles » (Romains 8, 26-27)

Église en sortie 29 avril 2016

Cette semaine à l’émission Église en Sortie, nous vous présentons une entrevue en deux parties dans laquelle le cardinal archevêque de Québec, Gérald-Cyprien Lacroix, nous parle, à la fois, de ses nombreuses implications au niveau de l’Église universelle et de sa perception de la transformation missionnaire de son Église particulière. Également, dans cet épisode, vous pourrez  faire connaissance avec  la communauté de l’Emmanuel à Québec dans le cadre d’un reportage sur la Messe des jeunes qui se tient tous les dimanches à 19h00 à l’église Saint-Thomas d’Aquin de Québec. Bonne émission !

La force d’un sourire

Nous célébrions cette semaine la 24ème édition de la journée du sourire, lancée en 1993 par une école canadienne. L’initiative s’est répandue au-delà des frontières, comme un langage planétaire.

Qu’il soit du bout des lèvres ou à pleines dents, le sourire est une subtile expression humaine qui traduit ce que l’on ne dit pas. Il y a le sourire gêné d’une personne timide, le sourire charmeur d’un séducteur, le sourire amusé d’un être épanoui…Il est aussi des sourires qui ne peuvent se décrire, aussi remarquables qu’insaisissables. Quel que soit sa forme, il est une clé secrète qui ouvre bien des cœurs, pour adoucir la peur.

Le sourire n’a pas son nom dans la liste des sept merveilles du monde, car il n’est pas fait « des mains de l’homme », condition sine qua non. Tout un chacun est responsable de ce patrimoine de l’humanité, de cet héritage qui n’a de valeur que s’il est partagé.

Le sourire est l’empreinte de Dieu, et le reflet de l’âme. Il est une qualité de l’esprit et un témoignage chrétien que nous invite à partager Mère Teresa, car « nous ne saurons jamais tout le bien qu’il est capable de faire ».

Pour celui qui le donne, c’est facile et ça ne coûte rien, mais le sourire, une fois semé, pousse comme une graine, silencieusement, il se multiplie et donne du fruit.

Ici-bas, rester immobile ne sert à rien. Il faut choisir entre progresser ou régresser. Suivons donc le bon conseil de Baden Powell : « Allons de l’avant, et le sourire aux lèvres ! ». Ainsi donc nous aurons contribué, comme l’indiquait le pape Pie XII, aussi bien grandement que facilement à l’œuvre de la paix.

N’attendons plus pour sourire, mais sourions pour être heureux. C’est contagieux, tout le monde ira mieux!