Audience générale : l’absence du père, mal des sociétés occidentales


AFP3852866_ArticoloLors de l’audience générale de ce mercredi matin, le Pape a continué sa catéchèse sur le thème de la famille, en évoquant la figure du père. « Ce mot nous est cher, parce que c’est ce nom que Jésus nous a enseigné pour appeler Dieu, prenant alors une nouvelle profondeur. C’est un mot connu de tous. Il indique une relation fondamentale » a souligné le Pape.

François est ensuite parti du constat qu’aujourd’hui, « on en arrive à affirmer que nous sommes dans une « société sans père ». En d’autres termes, en particulier dans la culture occidentale, la figure du père serait symboliquement absente, perdue, refoulée ». Si dans un premier temps, cette évolution a d’abord été vécue « comme une libération du père-chef de famille, du père comme représentant de la loi imposée de l’extérieur, du père comme censeur du bonheur des enfants et obstacle à l’émancipation et l’autonomie des jeunes », le Pape déplore que nous soyons passés d’un extrême à l’autre, d’une présence envahissante menant dans certains cas à un « abus de pouvoir », à une « fuite » du père.

Le danger de la relation « au pair »

« Les pères sont parfois tellement concentrés sur eux-mêmes et sur leur relation individuelle, qu’ils en viennent à oublier même leur famille » s’inquiète François, quelquefois, il semble que les pères ne savent pas bien quelle est la place à tenir dans la famille et comment éduquer les enfants. Et alors, dans le doute, ils s’abstiennent, se retirent et négligent leurs responsabilités, parfois en se réfugiant dans une improbable relation « au pair » avec les enfants ».  [Read more…]

70e anniversaire de la libération du camp nazi d’extermination d’Auschwitz & Souvenir du Pape Pie XII

Auschwitz childrenLe pape François a consacré son Tweet du 27 janvier 2015 au 70e anniversaire de la libération du camp nazi d’extermination d’Auschwitz par l’Armée Rouge, le 27 janvier 1945: “Auschwitz crie la douleur d’une souffrance effroyable et réclame un avenir de respect, de paix et de rencontre entre les peuples.” Il indique le sens de la mémoire de cette tragédie du XXe siècle pour les siècles à venir, comme  un avertissement pour l’humanité tout entière: en même temps que cette douleur dont elle invite à faire mémoire, la tragédie d’Auschwitz “réclame”, écrit le pape, “un avenir  de respect, de paix et de rencontre entre les peuples ».

Pius XIINous ne pourrons pas marquer cet anniversaire sans penser au pape Pie XII. Pour des décennies, la figure d’Eugenio Pacelli, le pape Pie XII, a été au centre de quelques polémiques « volatiles ». La controverse a fait rage à savoir si le défunt pape a fait ou dit assez pour la défense des Juifs et autres victimes des nazis. Le pontife romain qui guida l’Église durant ces années terribles de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide est la victime d’une « légende noire » qui s’est prouvée difficile à combattre. Elle est si répandue que plusieurs la considèrent être plus vraie que les faits historiques exacts.

Pie XII conduisit l’Église catholique de 1939 à 1958. Immédiatement avant son élection, le Cardinal Eugenio Pacelli était alors le Secrétaire d’État du Vatican. Lui, plus que tout autre au Vatican, savait ce qui se passait dans le monde. Pie XII n’était pas seulement le Pape de la Seconde Guerre mondiale, mais un pasteur qui, à partir du 2 mars 1939 jusqu’au 9 octobre 1958, avait un monde en conflit devant lui, un monde affligé par les événements. Ceux qui attaquent Pie XII font cela souvent à cause de leur idéologie. La campagne contre lui commença en Union Soviétique et fut ensuite soutenue dans plusieurs environnements catholiques. Il était fortement opposé aux Communistes.

Comme disait le pape Benoît XVI dans son homélie émouvante le jour du 50e anniversaire de la mort de Pie XII en octobre 2008, “Hitler et ses disciples les plus proches étaient poussés par une haine pathologique pour l’Eglise catholique qu’ils considéraient, justement, comme l’obstacle le plus dangereux pour ce qu’ils espéraient faire en Allemagne. Il y avait une séparation nette entre les nazis et l’Église catholique. Le pape Pacelli ne peut pas être culpabilisé pour quelque chose qui revient de manière complexe à la communauté mondiale.”

Les papes ne parlent pas avec le but de créer une image favorable pour l’avenir. Ils savent que le destin de millions de chrétiens peut parfois dépendre de chacun de leurs mots; ils ont à cœur le destin d’hommes et de femmes en chair et os, non pas les applaudissements ou l’approbation aléatoire des historiens. Pie XII n’était pas inquiet pour sa réputation, tout ce qu’il voulait c’était de sauver les vies des Juifs, et celle-ci était la seule bonne décision, qui forcément demandait de la sagesse et beaucoup de courage. Le Pape protesta contre la persécution des Juifs, mais il expliqua en 1943 qu’il ne pouvait pas agir de manière plus publique ou dramatique sans courir le risque que la situation devienne pire. Plutôt que des déclarations publiques potentiellement contreproductives, sa prophétie mise en œuvre a sauvé les vies d’innombrables victimes du règne de terreur des nazis néo-païens.

Auschwitz RR tracksDepuis la mort de Pacelli il y a aujourd’hui 50 ans, l’Église a fait de grands progrès en créant un lien beaucoup plus fort qu’avant avec la foi juive. Le pape Jean Paul II a fait des rapports entre juifs et chrétiens l’une de ses priorités pendant sa papauté. Le pape Benoît XVI a continué sur cette voie. Les deux papes ont défendu avec fermeté les actions du pape Pie XII tout en parlant en même temps du silence et du manque d’actions concrètes de la part de certains catholiques pendant l’Holocauste.

Il y a plusieurs années que la télévision Sel et Lumière du Canada a présenté notre documentaire: «Une main pour la paix : Pie XII et l’Holocauste». http://saltandlighttv.org/store/index.php?route=product/product&product_id=131

Nous espérons que ce documentaire fera ressortir la vérité sur la vie du pape Pie XII, ses actions prophétiques, ses mots courageux et ses contributions significatives à la connaissance à propos des Écritures et de l’humanité. La sagesse d’Eugenio Pacelli, son héroïsme, courage et ses gestes prophétiques pendant une période très sombre de l’histoire du monde nous apprennent beaucoup. Que ce serviteur de Dieu, en route pour la béatification et la canonisation au sein de l’Eglise catholique, puisse continuer à intercéder pour nous tous, et continue de reconciler juifs et chrétiens dans le monde contemporain.

Message du Pape pour le Carême : « Tenez ferme ! »

ANSA710074_Articolo« Tenez ferme » : c’est le titre du message du Pape François pour le Carême 2015 qui a été rendu public ce mardi matin en salle de presse du Saint-Siège. Le message a été présenté par Mgr Giampietro Dal Toso, le secrétaire du Conseil pontifical Cor Unum et par Michel Roy, le secrétaire général de Caritas Internationalis. Dans ce texte écrit le 4 octobre 2014 en la fête de Saint François d’Assise, le Pape revient sur un thème qui lui est cher et qu’il ne manque pas de rappeler : la mondialisation de l’indifférence. Parce que « le monde tend à s’enfermer sur lui-même (…), le peuple de Dieu a besoin de renouveau ». Le Carême apparaît alors comme une occasion pour se rappeler de ceux qui souffrent.

« Chers frères et sœurs,

Le Carême est un temps de renouveau pour  l’Église, pour les communautés et pour chaque fidèle. Mais c’est surtout un « temps de grâce » (2 Co 6,2). Dieu ne nous demande rien qu’il ne nous ait donné auparavant : « Nous aimons parce que Dieu  lui-même nous a aimés le premier » (1 Jn4, 19). Il n’est pas indifférent à nous. Il porte chacun de nous dans son cœur, il nous connaît par notre nom, il prend soin de nous et il nous cherche quand nous l’abandonnons. Chacun de nous l’intéresse ; son amour l’empêche d’être indifférent à ce qui nous arrive. Mais il arrive que, quand nous allons bien et nous prenons nos aises, nous oublions sûrement de penser aux autres (ce que Dieu le Père ne fait  jamais), nous ne nous intéressons plus à leurs problèmes, à leurs souffrances et aux injustices qu’ils subissent… alors notre cœur tombe dans l’indifférence : alors que je vais relativement bien et que tout me réussit, j’oublie ceux qui ne vont pas bien. Cette attitude égoïste, d’indifférence, a pris aujourd’hui une dimension mondiale, au point que nous pouvons parler d’une mondialisation de l’indifférence. Il s’agit d’un malaise que, comme chrétiens, nous devons affronter.

Quand le peuple de Dieu se convertit à son amour, il trouve les réponses à ces questions que l’histoire lui pose continuellement. Un des défis les plus urgents sur lesquels je veux m’arrêter dans ce message, est celui de la mondialisation de l’indifférence. L’indifférence envers son prochain et envers Dieu est une tentation réelle même pour nous, chrétiens. C’est pour cela que nous avons besoin d’entendre, lors de chaque Carême, le cri des prophètes qui haussent la voix et qui nous réveillent. Dieu n’est pas indifférent au monde, mais il l’aime jusqu’à donner son Fils pour le salut de tout homme. À travers l’incarnation, la vie terrestre, la mort et la résurrection du Fils de Dieu, la porte entre Dieu et l’homme, entre le ciel et la terre, s’est définitivement ouverte. Et l’Église est comme la main qui maintient ouverte cette porte grâce à  la proclamation de la Parole, à la célébration des sacrements, au témoignage de la foi qui devient agissante dans l’amour (cf. Ga5,6). Toutefois, le monde tend à s’enfermer sur lui-même et à fermer cette porte par laquelle Dieu entre dans le monde et le monde en lui. Ainsi, la main, qui est l’Église, ne doit jamais être surprise si elle est repoussée, écrasée et blessée. C’est pourquoi, le peuple de Dieu a besoin de renouveau, pour ne pas devenir indifférent et se renfermer sur lui-même. Je voudrais vous proposer trois pistes à méditer pour ce renouveau. [Read more…]

Échos du Vatican – 27 janvier 2015

Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal

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En EXCLUSIVITÉ à Sel et Lumière, voyez la télé diffusion de la Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal le 30 janvier prochain à 20h30. Cette Messe célébrée à la magnifique chapelle du Grand Séminaire de Montréal sera présidée par S.E. Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal. L’animation de cette Messe est confiée aux soins de la Mission Notre-Dame-de-Guadalupe, principale intervenante avec d’autres communautés de diverses ethnies présentes du diocèse. Cette Messe aux couleurs latino-américaines sera disponible en direct sur la chaîne web de Sel et Lumière dès 19h15. Un rendez-vous à ne pas manquer.

Annoncer la Parole de Dieu avec autorité

Capernaum croppedRéflexion biblique pour le 4e dimanche du temps ordinaire B

Au début du récit de Marc à propos du Fils de Dieu, nous lisons le récit de vocation des premiers disciples (Marc 1, 16-20) et la confrontation avec le mal (Marc 1, 21-28). Ces appels, influencés par ceux, impérieux, des prophètes (Isaïe 6, 1-13; Jérémie 1, 14-19), sont des modèles d’attitude de disciple. Jésus n’est pas un prophète solitaire, mais un prophète qui appelle des compagnons à «  être avec lui  ». Il entre dans la vie de quatre personnes engagées dans leurs occupations ordinaires, il leur dit simplement  : «  Suis-moi  », et immédiatement, elles laissent tout pour le suivre.

Le récit de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm inaugure les premiers jours de son ministère, fait d’exorcismes et de guérisons. L’histoire reflète la pensée juive contemporaine qui soutenait que la venue du Royaume de Dieu marquerait la défaite du mal, personnifié dans un déploiement de démons et d’esprits impurs. La parole de Jésus est si puissante que les gens abandonnent leurs occupations et le suivent, et même les puissances démoniaques sont impuissantes devant sa parole. Jésus somme les gens de changer leur cœur, de jeter un nouveau regard sur leurs vies et de faire confiance à la bonne nouvelle. Ceci n’est pas seulement une histoire du passé, mais une histoire qui continue de parler puissamment et prophétiquement aux gens d’aujourd’hui.

En ce quatrième dimanche du temps ordinaire, la première lecture (Deutéronome 18, 15-20) et l’évangile (Marc 1, 21-28) soulève tous deux la question de l’autorité de ceux qui annonce la Parole de Dieu. Les prophètes authentiques enseignaient avec autorité parce que Dieu mettait ses propres mots dans leurs bouches. Dans la première lecture, Moïse dit au peuple que Dieu enverra un prophète issu de la lignée des Israélites. Dieu ordonne à tous d’écouter ce prophète, que nous reconnaissons comme étant Jésus. [Read more…]

Homélie du Saint-Père lors des Vêpres pour la fête de saint Paul Apôtre

Samaritan woman icon 3En la fête de la conversion de St Paul, le Pape François a présidé les vêpres solennelles en la basilique romaine de St Paul-hors-les-murs, vêpres qui marquent la fin de la semaine de prières pour l’unité des chrétiens.

Comme chaque année, des représentants d’autres confessions chrétiennes ont été invités à se joindre à la célébration. Parmi eux : l’archevêque orthodoxe d’Italie et Malte, Gennadios Zervos, exarque pour le sud de l’Europe ; le directeur du Centre anglican de Rome, David Moxon, qui représente l’archevêque de Canterbury auprès du Saint-Siège, que le Pape a salués personnellement à la fin de son homélie.

Ci-dessous l’homélie du Pape en intégralité:

En voyage de la Judée vers la Galilée, Jésus traverse la Samarie. Il n’a pas de difficulté à rencontrer les Samaritains jugés hérétiques, schismatiques, séparés des juifs. Son attitude nous ditque la confrontation avec celui qui est différent de nous peut nous faire grandir.

Jésus, fatigué par le voyage, n’hésite pas à demander à boire à la femme samaritaine. Cependant, sa soif va bien au-delà de la soif physique: elle est aussi soif de rencontre, désir d’ouvrir un dialogue avec cette femme, en lui offrant aussi la possibilité d’un chemin de conversion intérieure. Jésus est patient, il respecte la personne qui est devant lui, il se révèle à elle progressivement. Son exemple encourage à chercher une confrontation sereine avec l’autre. [Read more…]

Il évite aujourd’hui la flagellation

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En Arabie Saoudite, Raïf Badawi échappe ce jour à 50 coups de fouet. Pour la deuxième semaine consécutive le jeune homme ne sera pas fouetté, « pour des raisons de santé ». La semaine dernière les plaies des premiers coups n’avaient pas suffisamment cicatrisé, et cette semaine, un avis médical le déclare une fois encore inapte à la flagellation. Aujourd’hui donc il ne s’agit pas d’une grâce, mais d’un répit médical.

Détenu depuis juin 2012 à la prison de Briman, à Djeddah, le blogueur de 31 ans a été condamné en novembre 2014 à 1000 coups de fouets et 10 ans d’emprisonnements pour « insulte à l’islam ». Selon l’ONG Human Rights Watch, il lui est notamment reproché d’avoir critiqué, sur son blogue, plusieurs dignitaires religieux de son pays. Et selon sa femme, le procès portait essentiellement sur ses déclarations de 2010 auprès d’une chaîne de télévision française : « un athée a le droit de dire ce qu’il veut …et personne n’a le droit de lui réclamer des comptes pour ses opinions ».

Pour s’être ainsi exprimé, le jeune blogueur a reçu ses 50 premiers coups de fouet en public, vendredi 9 janvier, après la prière devant une mosquée à Djeddah. Ce rituel devait s’étendre sur 20 semaines, chaque vendredi, à raison de 50 coups de fouet. Un traitement inhumain qui scandalise la communauté internationale.

L’Union européenne appelle les autorités saoudiennes à suspendre de nouveaux châtiments corporels. « Ce type d’acte n’est pas conforme avec les conventions internationales sur les droits de l’Homme, notamment la convention contre la torture qui a été ratifié par l’Arabie Saoudite ».
« Au lieu de continuer à tourmenter Raïf Badawi en éternisant son calvaire avec des examens [médicaux] répétés, les autorités devraient annoncer publiquement la fin de sa flagellation et le libérer immédiatement et sans condition », a déclaré Saïd Boumedouha d’Amnistie internationale.

La femme de Badawi, ainsi que ses trois enfants, sont aujourd’hui réfugiés à Sherbrooke, dans la province du Québec, où se multiplient les rassemblements de soutien à la famille. Ils demandent au gouvernement canadien d’intervenir afin de faire libérer Raïf.

La mort, ce vendredi, du roi Abdallah « va peut-être permettre une certaine clémence pour la situation du jeune blogueur », estime une journaliste depuis la capitale saoudienne.

« Être contenu par le plus petit, c’est cela qui est divin »

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Image: Courtoisie de CNS

Depuis le début de son pontificat, le pape François n’a cessé d’attirer l’attention des médias et de susciter des réactions partout dans le monde. La particularité de son discours est sa simplicité. Il refuse catégoriquement, non pas d’utiliser parfois des termes compliqués ou académiques, mais de se laisser enfermer dans un rôle qui ne laisserait pas sa personnalité se déployer avec la liberté des enfants de Dieu qu’il a toujours affectionnée. C’est ce qu’il avait annoncé dès le débuts de son pontificat lorsqu’il affirmait qu’une phrase de Saint-Ignace l’avait toujours frappée : Non coerceri a maximo, sed contineri a minimo divinum est c’est-à-dire :  « ne pas être enfermé par le plus grand, mais être contenu par le plus petit, c’est cela qui est divin » (p.5). S’adresser au monde entier avec la même chaleur que lors de conversations amicales, même lorsqu’il s’agit de choses sérieuses, voilà la clef pour comprendre le mode d’expression du pape François.

Comme tous les Souverains pontifes mais spécialement à la suite de Saint Jean-Paul II, le pape François semble affectionner particulièrement les visites au peuple de Dieu réparti sur le globe. Lors de ces voyages, un moment est particulièrement apprécié des journalistes : les points de presse dans l’avion. Ces entretiens sont très particuliers puisqu’ils permettent au Pape de répondre directement aux questions de ces derniers. Les réponses du Pape y sont spontanées et personnelles. C’est donc un moment privilégié pour apprendre « ce que le pape François pense vraiment », si l’on peut s’exprimer ainsi.

Dans le vol de retour vers Rome après son voyage extraordinaire aux Philippines, le Pape a eu l’occasion de s’exprimer sur la régulation des naissances en utilisant la formule suivante : « Certains croient que, pardonnez-moi l’expression, pour être de bons catholiques nous devons faire comme les lapins ». Cette image quelque peu inhabituelle, surtout dans la bouche d’un Pape, en a fait sursauter plus d’un et fait couler beaucoup d’encre. Certains journaux en ont même fait leur page couverture [3] ou y ont fait référence en titrant le « Discours du lapin » parodiant ainsi le Discours sur la montage. Tout ce bruit médiatique ne doit pas nous impressionner plus qu’il le faut. Après un bref examen des différents articles et commentaires en lien avec cette expression, nous dénotons chez certains le fait d’avoir cédé à la tentation de voir dans le Pape François celui qui allait briser tous les soi-disant « tabous » de l’Église catholique. Cette grille d’analyse fascine beaucoup et tombe souvent dans le piège d’isoler certaines paroles de leur contexte pour leur donner une autre signification que celle du Pape. C’est ce qu’on a pu voir dans des articles comme celui de Libération qui titrait un « pape aux propos pas toujours très catholiques ». Nous ne sommes pas près de voir disparaître cette vision et c’est pourquoi une brève analyse s’impose. [Read more…]

Message du pape François pour la 49ème Journée mondiale des Communications Sociales

Pope-FamilyConseil Pontifical pour les Communications Sociales 

49ème  JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES 

Communiquer la famille: milieu privilégié de la rencontre dans la gratuité de l’amour

Message du Saint Père

Le thème de la famille se trouve au Centre d’une réflexion ecclésiale approfondie et d’un processus synodal qui comporte deux synodes, un extraordinaire – qui vient d’être célébré – et un synode ordinaire, convoqué pour octobre prochain. Dans ce contexte, il m’a semblé opportun que la famille soit le point de référence du thème de la prochaine Journée mondiale des communications sociales. La famille est du reste, le premier lieu où l’on apprend à communiquer. Retourner à ce moment originel peut nous aider autant à rendre la communication plus authentique et plus humaine qu’à considérer la famille d’un nouveau point de vue.

Nous pouvons nous laisser inspirer par l’icône évangélique de la visitation de Marie à Elisabeth (Lc 1, 39-56). «  Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte  : “Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni”  » (v. 41-42).

Tout d’abord, cet épisode nous montre la communication comme un dialogue qui se noue avec le langage du corps. En effet, la première réponse à la salutation de Marie, c’est l’enfant qui la donne en tressaillant de joie dans le sein d’Élisabeth. Exulter pour la joie de la rencontre est en quelque sorte l’archétype et le symbole de toute autre communication que nous apprenons bien avant de venir au monde. Le sein qui nous accueille est la première “école” de communication, faite d’écoute et de contact corporel, où nous commençons à nous familiariser avec le monde extérieur dans un environnement protégé et au rythme rassurant des battements du cœur de la maman. Cette rencontre entre deux êtres aussi intimes et encore aussi étrangers l’un à l’autre, une rencontre pleine de promesses, est notre première expérience de communication. Et c’est une expérience qui nous unit tous, parce que chacun de nous est né d’une mère. [Read more…]