Chez les Karens

L’éducation sexuelle des enfants, à qui le droit?

TEACHER WORKS WITH STUDENTS AT CATHOLIC SCHOOL IN NEW YORK

Un nouveau curriculum d’éducation sexuelle pour les écoles primaires et secondaires de l’Ontario a été officiellement présenté lundi dernier, 23 février, par la ministre de l’éducation de l’Ontario, Liz Sandals. La dernière révision des cours d’éducation physique et de la santé en Ontario datait de 1998. C’est un projet qui était très attendu par le gouvernement libéral qui a osé une première tentative à la réforme du curriculum en 2010. Mais on avait interrompu le projet suite à plusieurs oppositions.

Cette année, rien ne mettra un frein à l’introduction du nouveau curriculum dans nos écoles en septembre prochain. C’est une attente à laquelle devra répondre aussi les écoles catholiques. C’est d’une part ce qui a soulevé nombreuses critiques depuis la semaine dernière. Bien que le curriculum propose un programme favorisant la santé physique et mentale des jeunes, c’est le programme sur la sexualité tel qu’il est présenté dans le curriculum qui a provoqué le tollé.

Devant l’implantation de cette nouvelle  politique, certains parents se trouvent devant un dilemme. D’un côté la présence de sujets alarmants auxquels seront exposés des jeunes dès l’âge de six ans chatouillent la conscience des parents catholiques. Ils se sentent brimés dans leur droit d’éduquer leurs enfants suivant leur foi (Doctrine Sociale de l’Église: no 243). Ils y voient une certaine précipitation de l’enseignement qui respecte ni l’âge, ni la maturité, ni l’intelligence émotionnelle et spirituelle de leurs enfants. D’un autre côté, la réalité est que ce ne sont pas toutes les familles chrétiennes qui sont en mesure de maintenir une conversation ouverte et juste avec leurs enfants. Le nouveau curriculum pourrait ainsi les aider à faire face aux problèmes graves de notre époque. En ce sens certaines familles sont soulagées que le curriculum s’adapte aux nouvelles réalités du monde d’aujourd’hui. Soulagées que la conversation sur la sexualité ne repose pas entièrement sur leurs épaules.

Entre l’autorité du gouvernement et la primauté des parents en matière d’éducation (no 240), il y a les enseignants. Quelques soient les débats, ces derniers devront tout de même transmettre la matière et répondre aux questions difficiles, maladroites et parfois gênantes de leurs élèves. À qui la responsabilité de trouver l’équilibre?

Couple wait for start of prayer vigil led by Pope Francis for extraordinary Synod of Bishops on the family in St. Peter's Square at VaticanOn ne peut se cacher que les jeunes veulent des réponses à ces questions. Aujourd’hui, ils sont exposés très vite au monde du sexe, par les films, les réseaux sociaux, la musique, une conversation avec des amis… Et leur curiosité est plus forte qu’eux.  Mais cette recherche légitime peut engender des blessures émotionnelles et une chute dans leur estime de soi. À plus forte raison faut-il savoir bien les accompagner. Ne devrions-nous pas concentrer nos efforts à approfondir nos connaissances sur la sexualité comme geste d’amour, à l’exemple de la théologie du corps de Jean-Paul II.

En ce moment, nous sommes ligotés entre deux mondes : entre le trop et le pas assez.  Entre les excès de laxisme du monde d’aujourd’hui et le rigorisme des générations passées entourant encore certains discours sur la sexualité. Mais le danger réside dans ces deux extrêmes. Catholique, la sexualité exige d’être vécue dans la vérité sur l’homme et la femme. Elle a aussi besoin d’un langage d’amour et de patience, que seuls les parents peuvent vraiment accorder: « De source qu’il était, l’amour des parents devient ainsi l’âme et donc la norme qui inspirent et guident toute l’action éducative concrète » (no 239). Ça ne signifie pas ignorer la place de la sexualité dans la vie de leurs enfants mais plutôt l’édifier en cohérence avec sa vocation première. La famille demeure le lieu par excellence où les jeunes en feront l’expérience, « en raison du caractère unique du rapport d’amour existant entre parents et enfants; quelque chose d’irremplaçable et d’inaliénable, qui ne peut donc être totalement délégué à d’autres ni usurpé par d’autres » (no 239).

Déclaration du père Thomas Rosica c.s.b.

En tant que Président Directeur général de la Fondation catholique Sel et Lumière média, je ne suis ni un officiel haut placé du Vatican, ni un membre de la hiérarchie de l’Église comme on a pu le proclamer récemment sur plusieurs blogs. Depuis 2013, en plus de mon travail à Sel + Lumière, j’ai le privilège de servir à titre bénévole comme assistant de langue anglaise à la Salle de Presse du Saint-Siège. À ce titre, je suis quotidiennement en contact avec des centaines de journalistes de langue anglaise à travers le monde. Je sais que ce service quotidien est apprécié et encouragé par le Vatican ainsi que par des centaines de journalistes du monde entier.

J’ai toujours accepté les enseignements de l’Église et j’accueille l’invitation du pape François adressée à toute l’Église de réfléchir sérieusement sur les fondations sur lesquelles repose notre foi. Le plus récent Synode extraordinaire des Évêques nous invite à un dialogue mature et honnête afin de trouver de nouvelles voies et un langage nouveau pour communiquer aux générations futures l’histoire deux fois millénaire de l’Église ainsi que sa belle et inchangeable doctrine.

L’expression de différents points de vue est toujours bienvenue. Cependant, avoir des différences d’opinions sur les sujets entourant l’Église est une chose, détruire de manière flagrante la vie et la réputation d’une personne en est une autre. Après plusieurs consultations, j’ai pris la décision de répondre à titre personnel à ces critiques. Cette réponse ne se trouve donc pas sur un registre institutionnel et n’implique donc aucunement mon implication au Vatican ou mon travail à S+L. Il s’agit plutôt d’une réponse à des déclarations fausses et calomnieuses d’un bloggeur qui se sont étendues sur une longue période de temps. La publication de ces faussetés présentes à répétition sur le blog en question ont eu pour effets de créer de la désinformation, de grandes confusions, ainsi de nombreux appels téléphoniques, lettres et des menaces claires. Il ne fut jamais de mon intention de poursuivre en justice mais plutôt de diffuser une lettre « de cesser et de s’abstenir » pour que cessent ces ridicules calomnies. Un bureau d’avocats, nous offrant leur service pro bono, a ainsi envoyé une lettre « de cesser et de s’abstenir ». Aucune poursuite n’a jamais été lancée contre le bloggeur! Cette affaire est donc terminée.

Le pape émérite Benoît XVI et le pape François ont enseigné que l’internet et les blogues peuvent jouer un très grand service pour la réalisation de la mission de l’Église et pour l’humanité. Ils n’ont jamais enseigné que les blogs et médias sociaux devaient être utilisés, au nom de la fidélité, pour engendrer des calomnies et de la haine, pour maudire et détruire.

Dans un monde déchiré par la haine, la terreur et la violence, souvent perpétrée au nom d’une vision tordue de la religion, nous devrions être plus attentifs, dans notre utilisation des médias sociaux, à unir l’humanité plutôt qu’à la détruire. Plusieurs catholiques de la blogosphère ont énormément contribué à répandre la foi, la défense de tout ce qui est beau et bon à propos de notre foi, de notre Église ou pour le dialogue. Ils doivent être félicités et encouragés. D’autres ont choisi de faire de la blogosphère un trou noir de vitriol, de colère et de profonde tristesse. Comme catholiques, la liberté d’expression et l’accès aux médias sociaux impliquent également certaines obligations en matière de décence, d’intégrité, d’honnêteté et de charité révélant notre véritable identité comme communauté de foi.

Père Thomas Rosica c.s.b.

Président Directeur Général

Fondation catholique Sel et Lumière média

Soyons remplis par une joie brûlante pour la maison du Seigneur

Jesus Temple croppedRéflexion du 3e dimanche de Carême 

Dans les textes de ce troisième dimanche de carême, je voudrais mettre l’accent sur deux images puissantes présentes dans ces textes: celle de Jésus purifiant le Temple de Jérusalem et du message de saint Paul au sujet de la croix de Jésus-Christ.

Les deux actions purificatrices de compréhension de la croix de Jésus et Paul peuvent nous être d’une grande aide alors que nous grandissons dans notre connaissance et amour de Jésus-Christ en cette saison de carême.

Le récit de Jean de la purification du temple de Jésus est très différent des autres récits évangéliques (de cette histoire dramatique). Dans les évangiles synoptiques, cette scène prend place à la fin de la procession du dimanche des Rameaux dans la ville sainte. Avec des gens l’acclamant triomphalement, Jésus entra dans la zone du temple, non pas pour rendre hommage, mais pour mettre au défi le temple et ses chefs. Il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs et les tables de ceux qui vendaient des oiseaux et animaux pour le sacrifice. Quel enseignement! Jésus cita les Écritures: « L’Écriture ne dit-elle pas : Ma maison s’appellera maison de prière pour toutes les nations ? Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » [Marc 11, 17, Isaïe 56, 6-7, Jérémie 7, 11].

Dans le quatrième évangile, la purification du temple prend place au début du ministère de Jésus et non au commencement des événements entourant les derniers jours de sa vie. Les mots et actions surprenantes de Jésus au temple, qu’elles soient du récit synoptique ou du récit de Jean, ont pris un nouveau sens pour les générations futures de chrétiens. « Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » Le temple n’est pas un centre commercial ou un centre d’achat mais bien une place sainte du Père. Comme les prophètes avant lui, Jésus essaya de réveiller les cœurs de son peuple. Les disciples de Jésus se rappellèrent qu’il leur a dit au Temple les mots du psaume 68, 10: « L’amour de ta maison m’a perdu. » J’ai souvent compris la signification de ce verset comme: « Je suis rempli d’un amour brûlant pour cette maison. » Quand le magnifique Temple de Jérusalem avait été détruit par les Romains, juifs et chrétiens pleurèrent ensemble cette perte, et les disciples de Jésus se rappelèrent de cet incident dans le temple. Maintenant, ils peuvent y voir un nouveau sens; c’était un signe que le vieux temple était terminé, mais qu’un nouveau temple allait être construit. Ce nouveau temple ne serait pas de pierre, de bois et d’or. Il serait un temple vivant de personnes saintes [1 épître de Pierre 2, 4-6; Éphésiens 2, 19-22]. [Read more…]

Joyeux anniversaire, Père Rosica!

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Nous, l’équipe de la Fondation catholique Sel et Lumière média, souhaitons exprimer notre admiration et notre reconnaissance au Père Rosica, notre PDG, à l’occasion de son anniversaire, le 3 mars. Nous lui devons toute notre reconnaissance pour sa confiance en chacun de nous et son soutien constant dans notre mission d’être le « sel de la terre » et la « lumière du monde » (Matthieu 5, 13-14).

Nous rappelons spécialement tout ce qu’il a accompli au service de l’Église dans la dernière année : comme prêtre de la congrégation Saint-Basil; comme président et vice-chancelier de Assumption University à Windsor en Ontario; comme assistant porte-parole de la salle de presse du Saint-Siège; et comme directeur général de Sel et Lumière. Le Seigneur lui a accordé généreusement les charismes et les talents afin de réaliser ces ministères variés et exigeants. Il est un ouvrier à la vigne du Seigneur et qui ne se fatigue jamais de proclamer la joie de l’Évangile.

Nous vous invitions, lecteurs, auditeurs, amis et bienfaiteurs généreux, de vous unir à nous pour rendre grâce à Dieu le Père, et à son Fils Jésus Christ, « premier et plus grand évangélisateur » (EG, 12) pour le Père Rosica, et lui souhaiter un très joyeux et saint anniversaire, en priant pour lui et pour le travail de Sel et Lumière aujourd’hui et tout au long de l’année!

Sel et Lumière arrive en Thaïlande

Arrivé Thailande

Notre journaliste reporter Charles Le Bourgeois et son cadreur Alexandre Saint Martin viennent d’arriver en Thaïlande, dans la région de Mae Sot. Une région montagneuse dans le nord ouest du pays. Là-bas, non loin de la frontière avec la Birmanie, ils iront à la rencontre du peuple Karen, ethnie minoritaire de tradition nomade installée dans des villages isolés, à l’écart des développements économiques. Depuis 50 ans des prêtres missionnaires des Missions Étrangères de Paris vivent aux côtés de cette population pour la soutenir et lui faire connaitre l’Évangile.

Suivez, en exclusivité sur Sel et Lumière, les reportages et pérégrinations de nos deux jeunes envoyés spéciaux, partis découvrir le quotidien de ces missionnaires du bout du monde.

Messes de la Neuvaine à saint Joseph en direct de la Crypte de l’Oratoire à Montréal

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L’un des plus importants pèlerinages de l’année à l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal a lieu au mois de mars alors que se tient la grande neuvaine annuelle dédiée à saint Joseph. Pendant neuf jours, du 10 au 18 mars 2015, Télévision Sel + Lumière télédiffusera la messe quotidienne célébrée à 19h30 dans la Crypte de l’Oratoire. Ces célébrations seront une merveilleuse préparation à la fête de saint Joseph, époux de Marie, et qui sera présidée le 19 mars par le Père Thomas Rosica c.s.b à 8 :00 am. La neuvaine à saint Joseph est présentée sous un thème différent chaque année, mettant en valeur un aspect ou l’autre de la foi chrétienne. Cette année le thème de la neuvaine est : « Avec Joseph, sur le chemin du bonheur ». Soyez nombreux à vous joindre à nous par l’entremise de la télévision et la prière en cette période importante de l’année liturgique !

Pour plus d’information, vous pouvez accéder à l’horaire en cliquant le lien ci-dessous :

http://www.saint-joseph.org/sites/default/files/documents/feuillet_neuvaine2015-web.pdf

La corruption au Québec : vers un examen de conscience (2e partie)

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photo courtoisie: dszpiro

Le 19 février dernier, le Conseil Église et société de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec publiait un document intitulé : « Dans l’attente du rapport de la Commission Charbonneau, une réflexion sur la corruption ». Comme le titre l’indique, ce document se veut une réflexion portant sur le phénomène de la corruption, sur ses différents effets, causes et solutions. Faisant référence à l’exaspération et à l’indignation de « beaucoup de citoyennes et de citoyens qui peinent à gagner leur vie en respectant leurs devoirs de justice », l’AECQ souhaite offrir un outil qui pourra aider à faire face à ce « cancer qui ronge le corps social de nos pays en particulier, et la communauté internationale en général »

Des pistes de solution

Après avoir clarifié que la posture de l’Église ne consiste pas à se substituer aux actions de l’État mais à encourager les décideurs et acteurs de la société civile à favoriser un climat incitant à l’honnêteté et au respect de la primauté du Bien commun, les évêques du Québec poursuivent, à l’instar des premiers pasteurs chrétiens, et « insistent sur la nécessité de la conversion et de la transformation des consciences […] plus que sur les exigences de changement des structures sociales et politiques » (p.8). [2] Bien sûr, les actions politiques et sociales sur ce qui a été appelé les « causes externes » sont utiles, voir même essentielles. Cependant, elles doivent être accompagnées d’un biais plus en profondeur puisque la « multiplication des lois engendre nécessairement une bureaucratie de plus en plus envahissante » (p.9) ce qui peut entraîner l’effet pervers de légitimer les citoyens à contourner les lois. Par exemple, on remarque que le travail au noir augmente lorsque les taxes augmentent. De plus, il est important de retrouver le lien entre la politique et le monde de l’économie. En ce sens, nous devons refuser la logique qui tend à séparer ces deux sphères : « C’est pourquoi » écrivent les évêques, « il faut avoir présent à l’esprit que séparer l’agir économique, à qui il reviendrait seulement de produire de la richesse, de l’agir politique, à qui il reviendrait de rechercher la justice au moyen de la redistribution, est une cause de graves déséquilibres » [3]. L’agir moral concerne tout le monde et c’est pourquoi l’AECQ mentionne son admiration devant « les personnes qui dans le monde politique ou le milieu des affaires se sont élevées contre des situations de corruption ou qui ont passé leur vie sans se laisser corrompre » (p.12).

L’AECQ y va donc d’un discours original et étranger au discours ambiant. En effet, selon les évêques du Québec, c’est par la vertu, spécialement la vertu de justice et de courage, que cette pratique de la corruption pourra tendre davantage à la diminution qu’à l’augmentation. Pour ce faire, l’État devrait favoriser l’action d’organismes comme l’Église catholique, pour qu’elles puissent réaliser librement leur mission, par exemple dans les écoles ; et ainsi porter et transmettre « des convictions morales et religieuses » (p.9) à la société. En effet, il existe un lien entre le déni de la dimension transcendante de l’homme ou, en d’autres termes, la fermeture aux réalités spirituelles et l’appât du gain qui engendre la corruption.

Je recommande la lecture du document de réflexion du Conseil Église et société de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec. Il s’agit d’un excellent instrument pour nourrir la réflexion et trouver des solutions viables au problème de corruption dont le Québec n’est malheureusement pas exempt. Devant l’imminence de la publication du rapport de la Commission Charbonneau, il est de mise de non seulement surmonter la tentation du cynisme mais, surtout, de retrouver la dimension chrétienne de la vie citoyenne.

[2] Compendium, no 328. Le no 329 cite de très beaux textes de Pères de l’Église.

[3] Caritas in veritate, no 36.

Chrétiens d’Orient : encore combien de morts avant que nous ne réagissions ?

SYRIAN REFUGEES FLEEING VIOLENCE WALK ALONG BORDER IN JORDAN

Dernière horreur en date : l’enlèvement, le 23 février dernier, de centaines de chrétiens dans le nord-est de la Syrie par les djihadistes de l’État Islamique. Quelques jours plus tôt, 21 coptes d’Égypte ont été égorgés en Libye par le même groupe terroriste. Avant eux, d’autres chrétiens ont été crucifiés en Syrie. Et en Irak ils ont été contraints de quitter leur maison, de mourir ou de se convertir à l’Islam.

La situation est alarmante pour les chrétiens d’Orient, et « on peut parler de génocide » estime l’écrivain français et académicien Jean d’Ormesson, pour qui « nous avons un devoir de solidarité avec ces chrétiens qui doivent avoir le sentiment d’être un peu abandonnés ». Invité mercredi dernier sur le plateau de BFMTV, il dénonçait « une volonté de détruire le christianisme en Orient ».

Mardi 24 février, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme a affirmé que des djihadistes du groupe État Islamique ont attaqué des villages chrétiens sous contrôle des forces kurdes dans le nord est de la Syrie, non loin de la ville d’Hassaké. Ils seraient « plus de 350 à avoir été capturés » dans cette région selon le dernier bilan de l’Archimandrite Youkhana, en contact avec la ville d’Hassaké. D’après la même source, relayée par l’Aide à l’Église en Détresse, « environ 15 jeunes Assyriens ont été martyrisés » alors qu’ils se battaient pour défendre et protéger leurs villages et leurs familles. 1200 familles seraient actuellement déplacées, soit au total plus de 5000 personnes.

« Nous sommes vraiment très inquiets et nous sommes toujours dans cette atmosphère-là de peur, de menace, pour nos fidèles et nos communautés dans cette province » confie à Radio Vatican Mgr Ignace Joseph III Younan, patriarche de l’Église catholique syriaque. « L’attaque, explique-t-il, a été exécutée de bonne heure, à l’aube, et les gens ont été pris de panique, ont eu peur. Ils ont tout essayé pour s’échapper ».

Ceux qui sont parvenus à s’enfuir sont maintenant installés à Hassaké, dans des salles ou des églises, non adaptées. Ils manquent de nourritures, de vêtements, de chauffage et de soins…Quant à ceux qui ont été pris en otage « on ne sait pas ce qui leur est arrivé » déplore le patriarche.

« Cela fait 80 ans que ces familles chrétiennes essaient de survivre à des massacres, et visiblement leur chemin de croix n’est pas terminé ! Combien de morts faudra-t-il encore avant que nous ne réagissions ?  » s’interroge Marc Fromager, directeur en France de l’Aide à l’Église en Détresse.

Et l’écrivain Jean d’Ormesson de conclure : « nous avons tous été des juifs allemands, nous avons tous été des Charlie, nous devons tous être des chrétiens d’Orient ».

Le corruption au Québec : vers un examen de conscience (1ère partie)

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photo courtoisie:  Paulo Barcelos

Le 19 février dernier, le Conseil Église et société de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec publiait un document intitulé : « Dans l’attente du rapport de la Commission Charbonneau, une réflexion sur la corruption ». Comme le titre l’indique, ce document se veut une réflexion portant sur le phénomène de la corruption, sur ses différents effets, causes et solutions. Faisant référence à l’exaspération et à l’indignation de « beaucoup de citoyennes et de citoyens qui peinent à gagner leur vie en respectant leurs devoirs de justice », l’AECQ souhaite offrir un outil qui pourra aider à faire face à ce « cancer qui ronge le corps social de nos pays en particulier, et la communauté internationale en général »[2] . Pour ce faire, le document se divise en 3 parties que nous explorerons plus en détails.

Qu’est-ce que la corruption :

La corruption est, selon le document de l’AECQ, une perversion du don (p.1), du caractère gratuit que peuvent prendre certaines de nos actions. En effet, nous pouvons aisément voir que la corruption ne réduit pas seulement les interactions humaines à leur simple utilité, elle détourne la portée des actions humaines pour les réduire à un intérêt particulier. Par exemple, lorsqu’une personne offre un pot de vin pour obtenir un contrat de construction, elle demande à ce que les lois qui sont orientées vers le Bien commun ne s’appliquent pas dans son cas. Ainsi, cette personne s’imagine être une exception par rapport à la population en ignorant sciemment la raison d’être de ces lois. En d’autres termes, la corruption se moque du principe selon lequel nous sommes tous égaux devant la loi (principe fondamental de tout état de droit) et qui nous empêche de vivre comme des animaux c’est-à-dire vivant selon la loi du plus fort. Comment donc vaincre ce fléau ? [Read more…]