Suivre Jésus, c’est accepter la souffrance et la croix

Get-Behind-Me-croppedVingt-deuxième dimanche du temps ordinaire

Jérémie 20,7-9
Romains 12,1-2
Matthieu 16,21-27

L’Évangile d’aujourd’hui, Matthieu 1, 21-27, nous présente la première annonce de la passion de Jésus. La scène suit le récit rapporté en Marc 8,31-33 et vient corriger une conception de la mission messianique qui ne serait que glorieuse et triomphale. Le récit que donne Matthieu de la première annonce de la passion aborde les souffrances du Fils de l’Homme. Dans le texte grec du Nouveau Testament, la formulation de Matthieu est presque identique au fragment pré-paulinien du kérygme qu’on trouve en 1 Co 15,4 et au texte d’Osée 6,2, dans lequel plusieurs voient la référence vétérotestamentaire à la confession de la résurrection de Jésus le troisième jour.

En ajoutant les mots «  à partir de ce moment  » (16,21), Matthieu souligne que la révélation faite par Jésus de la souffrance et de la mort qui l’attendent ouvre une nouvelle étape de l’évangile. Tout de suite après la confession de Pierre à Césarée de Philippe, Jésus «  commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter  » (16,21). On nous dit qu’en réponse à la déclaration de Jésus, Pierre le prit à part et se mit à lui faire des reproches. «  Dieu t’en garde, Seigneur! Cela ne t’arrivera pas.  » «  Mais lui, se retournant, dit à Pierre  : Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route, tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes  » (v. 22-23).

Le refus de Pierre

Le refus qu’oppose Pierre à la souffrance et à la mort annoncées (v. 22-23) est interprété comme une tentative satanique pour détourner Jésus de la mission que Dieu lui a confiée, et les paroles adressées au disciple rappellent la réponse de Jésus au diable dans le récit des tentations (Mt 4,10: «  Retire-toi, Satan!  »). L’objectif satanique est souligné par les mots que Matthieu ajoute à sa source marcienne  : «  tu es un obstacle sur ma route  ». Le vrai disciple doit être prêt à suivre Jésus et même à donner sa vie pour lui; cela lui sera rendu au jugement dernier (v. 24-28) [Read more...]

«Le visage de l’Église est en premier lieu le visage de l’amour»

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Image: Courtoisie de CNS         

Dans le précédent article, nous avons vu que le voyage du Pape François en Corée fut orienté vers la promotion de la paix et c’est pourquoi l’espérance chrétienne a été un thème centrale dans sa prédication, cette dernière étant un élément essentiel à la réconciliation nécessaire à la réalisation de la paix. Fait intéressant : pour le pape François, la promotion de la justice, de la solidarité et de la paix sont connaturels à l’acte évangélisateur. C’est à cet aspect que nous nous arrêterons maintenant.

L’Évangélisation

Nous le savons, l’évangélisation est au cœur du pontificat de François. L’exhortation apostolique Evangelii Gaudium est un bon exemple de la conversion missionnaire souhaitée par le Pape pour l’Église. En effet, selon le pape François, « la Corée est devenue désormais une terre de missionnaires »[2]. Sa posture était donc celle d’un missionnaire rencontrant d’autres missionnaires, manifestant ainsi l’attitude qu’ il désire que les chrétiens adoptent entre eux. Son voyage peut donc être, en partie, compris comme un enseignement gestis verbisque [3] -par les paroles et les gestes- sur la façon d’être un authentique évangélisateur puisque « évangéliser est, en effet, la grâce et la vocation propres de l’Église, son identité la plus profonde »[4]. Pour ce faire, l’Église doit être « constamment en sortie vers le monde et, spécialement, vers les périphéries de la société contemporaine »[5]. Comment donc être disponible à la sollicitude de tous sans se laisser emporter dans la logique du monde parfois visiblement en contradiction avec l’Évangile ? [Read more...]

« La dernière chose que l’on perd c’est l’espoir »

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Image: Courtoisie de CNS

Comme tous les voyages pontificaux, les voyages du pape François sont riches en enseignements et ils nous aident à mieux comprendre notre foi et les grandes orientations que l’évêque de Rome veut implanter dans l’Église universelle. Le voyage du Pape en Corée ne fait pas exception et peut donc faire l’objet d’une analyse. Selon moi, la spécificité de ce voyage du Pape se trouve dans la mise en pratique de la réorientation missionnaire de l’Église. En effet, l’enseignement et les actions du pape François en Corée ont mis en évidence quatre éléments : la paix, l’espérance, l’évangélisation et le dialogue avec les cultures. J’offre ici ma contribution en présentant deux articles relatant ces quatre points fondamentaux de ce voyage et en montrant comment François, par son voyage même, a mis en pratique ces points fondamentaux de l’enseignement de Paul VI sur l’évangélisation.

La Paix

Comme l’affirme Evangelii Nuntiandi: « il est impossible d’accepter que l’œuvre d’évangélisation puisse ou doive négliger les questions extrêmement graves, tellement agitées aujourd’hui, concernant la justice, la libération, le développement et la paix dans le monde.» (no. 31). Pour le Pape François, il était impossible de ne pas faire référence à l’histoire de la Corée et à ses blessures passées. De fait, dès son arrivée en Corée, le Souverain Pontife a voulu montrer aux autorités de la Corée qu’il venait comme un émissaire de la paix, quelqu’un qui avait à cœur la réconciliation des cœurs. Toutefois, ce message ne s’adressait pas seulement aux Coréens mais également à toute l’Église et à l’humanité. En effet, d’une part, nous savons à quel point notre monde connaît des tensions et, d’autre part, la division de la grande famille coréenne en deux clans hermétiques représente bien les blessures dont souffrent les familles d’aujourd’hui et sur lesquelles se penchera le prochain Synode des Évêques. [Read more...]

Sécularisme et couverture médiatique: le cas irakien

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Image: Courtoisie de CNS

Depuis des décennies maintenant, le Moyen-Orient est l’objet de tensions sans précédent. L’Irak ne fait pas exception à ce triste constat. Depuis maintenant près de 40 ans, ce pays a vu deux guerres importantes se transformer en guerre civile ne faisant qu’augmenter le nombre de victimes. Aujourd’hui, un groupe terroriste nommé ISIS qui est l’équivalent politico-militaire d’Al-Qaeda, est en train d’essayer de prendre le contrôle du pays prônant un Islam rétrograde, faisant une interprétation littérale du Coran et portant une idéologie politique à ce point inhumaine que l’on se croirait dans les pires films d’horreur hollywoodiens. Ainsi, ce regroupement militaire a décidé de mettre en place une véritable purge de tout ce qui ne correspond pas à ce qu’il perçoit comme un Islam pur. Les chrétiens et les minorités religieuses non islamiques ne trouvant évidemment pas leur place dans ce cadre, ces terroristes leur ont donné un ultimatum les obligeant à se convertir, fuir ou mourir. Un choix ayant déjà conduit plusieurs de nos frères chrétiens au martyre d’une façon si barbare que nous avons peine à y croire.

Cette crise humanitaire n’a toutefois attiré l’attention des gouvernements occidentaux et des médias que récemment. La crise avait NUNpourtant déjà fait surface d’une manière impressionnante dans les médias sociaux amenant plusieurs personnes à changer leur photo de profil Facebook ou Twitter pour le signe « nûn » c’est-à-dire la lettre « N » en arabe qui signifie « Nazaréen ». Cette lettre fut, en effet, utilisée par les terroristes de ISIS pour identifier les maisons des chrétiens au moment de l’ultimatum imposé par eux à Mosul. Peut-être avez-vous remarqué ce signe à plusieurs endroits? Certaines personnalités courageuses ont, dès ce moment, changé leur image en solidarité avec les victimes désormais réfugiées ou martyrs d’Irak.

Cependant, il a fallu plus de 2 mois avant que les mass médias se mettent à parler de cette crise. Que devons-nous retenir de cette pauvre couverture médiatique? Qu’est-ce qui justifie un tel silence? Une première raison pourrait être de type économique en ce sens que des nouvelles sur un massacre en Irak ne vendent plus; que les téléspectateurs se sont lassés de voir ces images de violence. Alors pourquoi continuer de montrer des images de guerre ailleurs dans le monde? Est-ce parce qu’il y aurait une hiérarchie de victimisation ? Quels critères utilisons-nous pour décider que telle tragédie sera médiatisée et pas une autre ? Dans un article paru dans l’Observatore Romano, l’ancien ambassadeur du Royaume-Uni au Saint-Siège, Francis Campbell affirmait que: [Read more...]

N’oublions pas que Pierre détient les clés

Peter-Keys-croppedVingt-et-unième dimanche du temps ordinaire

Isaïe 22,19-23
Romains 11,33-36
Matthieu 16,13-20

Pendant mes études de deuxième et troisième cycles en Israël dans les années 1990, j’ai passé un certain temps avec l’équipe archéologique israélienne qui explorait le site de Césarée de Philippe dans le nord du pays. Césarée de Philippe se trouve à une vingtaine de milles au nord de la mer de Galilée dans le territoire qu’a dirigé le tétrarque Philippe, un fils d’Hérode le Grand, de 4 avant J.C. jusqu’à sa mort en 34 de notre ère. Le potentat reconstruisit la ville de Paneas en lui donnant le nom de Césarée, en l’honneur de l’empereur, auquel il ajouta Philippi (« de Philippe », pour la distinguer du port de mer en Samarie qui portait aussi le nom de Césarée.

L’endroit s’appelle aujourd’hui « Banias », déformation du mot « Paneas », qui renvoie au dieu grec Pan. À l’époque de Jésus, il y avait, dans cette localité située à la frontière entre Israël et la Syrie au pied du majestueux mont Hermont, un culte de la fertilité florissant dans un temple païen dédié à Pan. C’est là, en cet endroit de débordements sexuels et de culte païen au dieu grec Pan, que Jésus demande à ses disciples ce qu’ils pensent de son statut messianique. C’est là que Pierre acclame en Jésus le Messie du seul vrai Dieu. Décor étonnant pour ce récit dramatique de l’Évangile, en Matthieu 16, 13-20!

Le récit de l’Évangile d’aujourd’hui a des parallèles en Marc 8, 27-29 et en Luc 9, 18-20.  La relation de Matthieu attribue la confession à une révélation octroyée au seul Pierre (v. 17) ; elle fait de Pierre le rocher sur lequel Jésus construira son église (v. 18) et le disciple dont l’autorité dans l’église sur terre sera confirmée dans les cieux, c’est-à-dire par Dieu (v. 19).  En tenant compte de la richesse du contexte mythologique grec associé à ce site impressionnant du nord de l’État d’Israël, arrêtons-nous à différents mots et à quelques expressions de l’Évangile d’aujourd’hui. [Read more...]

Messe pour la Paix et la Réconciliation

Capture d’écran 2014-08-17 à 21.19.48Homélie de Sa Sainteté le Pape François
Cathédrale di Myeong-dong
Séoul
18 août 2014

Chers frères et soeurs,

Mon séjour en Corée arrive à son terme et je ne peux que remercier Dieu pour les nombreuses bénédictions qu’il a accordées à ce pays bien-aimé et, de manière particulière, à l’Église en Corée. Parmi ces bénédictions, je conserve particulièrement l’expérience, vécue ensemble ces derniers jours, de la présence de nombreux jeunes pèlerins provenant de toute l’Asie. Leur amour pour Jésus et leur enthousiasme pour la diffusion de son Règne ont été une inspiration pour tous.

À présent, ma visite culmine avec cette célébration de la Messe, au cours de laquelle nous implorons de Dieu la grâce de la paix et de la réconciliation. Cette prière a une résonnance particulière dans la péninsule coréenne. La messe d’aujourd’hui est surtout et principalement une prière pour la réconciliation de cette famille coréenne. Dans l’Évangile, Jésus nous dit combien puissante est notre prière quand deux ou trois sont réunis en son nom pour demander quelque chose (cf. Mt 18, 19-20). À plus forte raison quand un peuple entier élève sa supplication pressante vers le ciel !

La première lecture présente la promesse de Dieu de restaurer dans l’unité et dans la prospérité un peuple dispersé par le malheur et la division. Pour nous, comme pour le peuple d’Israël, c’est une promesse pleine d’espérance : elle indique un avenir que, dès à présent, Dieu prépare pour nous. Cependant, cette promesse est inséparablement liée à un commandement : le commandement de revenir vers Dieu et d’obéir de tout cœur à sa loi (cf. Dt 30, 2-3). Le don divin de la réconciliation, de l’unité et de la paix est inséparablement lié à la grâce de la conversion : il s’agit d’une transformation du cœur qui peut changer le cours de notre vie et de notre société, comme individus et comme peuple. [Read more...]

Messe de clôture de la Sixième Journée Asiatique de la Jeunesse

clsoing

Homélie de Sa Sainteté le Pape François

Messe de clôture de la Sixième Journée Asiatique de la Jeunesse
Haemi Castle
17 août 2014

Chers jeunes amis,

La gloire des martyrs brille sur vous ! Ces mots – une partie du thème de la Sixième Journée Asiatique de la Jeunesse – nous consolent et nous fortifient tous. Jeunes d’Asie : vous êtes les héritiers d’un grand témoignage, un témoignage précieux rendu au Christ. Il est la lumière du monde ; il est la lumière de nos vies ! Les martyrs de Corée – et d’innombrables autres à travers l’Asie – ont livré leurs corps aux persécuteurs ; à nous, ils ont offert un témoignage impérissable du fait que la lumière de la vérité du Christ dissipe toutes ténèbres et que l’amour du Christ est glorieusement triomphant. Avec la certitude de la victoire sur la mort et notre participation à cette victoire, nous pouvons affronter le défi d’être disciples du Christ aujourd’hui, dans des circonstances qui nous sont propres et en notre temps.

Les mots sur lesquels nous venons de réfléchir constituent une consolation. L’autre partie du thème de ce jour – Jeunesse de l’Asie, lève-toi ! – vous parle d’un devoir, d’une responsabilité. Considérons un moment chacune de ces paroles.

En premier lieu, le mot ‘‘Asiatique’’. Vous êtes réunis ici en Corée venant de toute l’Asie. Chacun d’entre vous a une place unique et une situation dans lesquelles vous êtes appelés à refléter l’amour de Dieu. Le continent asiatique, doté de riches traditions philosophiques et religieuses, reste un vaste domaine pour votre témoignage au Christ, ‘‘le chemin, la vérité et la vie’’ (Jn 14, 6). Comme jeunes non seulement en Asie, mais aussi comme fils et filles de ce grand continent, vous avez le droit et le devoir de prendre part à la vie de vos sociétés. N’ayez pas peur d’apporter la sagesse de la foi dans chaque domaine de la vie sociale ! [Read more...]

Rencontre des représentants de l’épiscopat du continent asiatique

blog_1408244711Discours de Sa Sainteté le Pape François
Rencontre avec les Évêques de l’Asie
Haemi, Sanctuaire des Martyrs
17 août 2014

Chers frères Évêques,

Je voudrais vous adresser une fraternelle et cordiale salutation dans le Seigneur, alors que nous sommes réunis en ce lieu saint, où de nombreux chrétiens ont donné leur vie par fidélité au Christ. Leur témoignage de charité a apporté grâces et bénédictions à l’Église en Corée et aussi au-delà de ses frontières : que leurs prières nous aident à être de fidèles pasteurs des âmes confiées à notre sollicitude. Je remercie le Cardinal Gracias pour ses aimables paroles de bienvenue et pour le travail réalisé par la Fédération des Conférences Épiscopales de l’Asie en donnant une impulsion à la solidarité et en promouvant l’action pastorale dans vos Églises locales.

En ce vaste continent, où il existe une grande variété de cultures, l’Église est appelée à être diversifiée et créative dans son témoignage rendu à l’Évangile, grâce au dialogue et à l’ouverture envers tous. En vérité, le dialogue est une partie essentielle de la mission de l’Église en Asie (cf. Ecclesia in Asia, n. 29). Mais en entreprenant le chemin du dialogue avec les personnes et avec les cultures, quels doivent-être le point de départ et le point de référence fondamental qui nous guident vers notre but ? Certainement, c’est notre propre identité, notre identité de chrétiens. Nous ne pouvons pas nous engager dans un vrai dialogue si nous ne sommes pas conscients de notre identité. Et, d’autre part, il ne peut y avoir un dialogue authentique si nous ne sommes pas capables d’ouvrir notre esprit et notre cœur, avec empathie et accueil sincère de ceux avec qui nous parlons. Un sens clair de l’identité propre de chacun et une capacité d’empathie constituent donc le point de départ pour tout dialogue. Si nous voulons communiquer de manière libre, ouverte et fructueuse avec les autres, nous devons avoir bien clair à l’esprit ce que nous sommes, ce que Dieu a fait pour nous et ce qu’il attend de nous. Et si notre communication ne veut pas être un monologue, il doit y avoir ouverture de l’esprit et du cœur pour accepter les personnes et les cultures. [Read more...]

Rencontre des représentants de l’Apostolat des laïcs

apostDiscours du Saint Père le pape François
Kkottongnae, 16 août 2014

Chers frères et sœurs,

Je suis heureux d’avoir cette occasion de vous rencontrer, vous qui représentez les multiples expressions du florissant apostolat des laïcs en Corée. Je remercie le Président du Conseil de l’Apostolat laïque catholique, Monsieur Paul Kwon Kil-joog, pour les aimables expressions de bienvenue de votre part.

L’Église en Corée, comme nous le savons, est héritière de la foi de générations de laïcs qui ont persévéré dans l’amour de Jésus Christ et dans la communion avec l’Église, malgré le manque de prêtres et la menace de graves persécutions. Le bienheureux Paul Yun Ji-chung et les martyrs béatifiés aujourd’hui représentent un chapitre extraordinaire de cette histoire. Ils ont rendu témoignage à la foi, non seulement par leurs souffrances et leur mort, mais aussi par leur vie de chaleureuse solidarité l’un envers l’autre dans les communautés chrétiennes, caractérisées par une charité exemplaire.

Ce précieux héritage se prolonge dans vos œuvres de foi, de charité et de service. Aujourd’hui comme toujours, l’Église a besoin d’un témoignage crédible des laïcs rendu à la vérité salvifique de l’Évangile, à son pouvoir de purifier et de transformer le cœur humain, et à sa fécondité pour édifier la famille humaine dans l’unité, la justice et la paix. Nous savons qu’il y a une unique mission dans l’Église de Dieu, et que tout chrétien baptisé a un rôle vital dans cette mission. Vos dons de laïcs, hommes et femmes, sont multiples, votre apostolat est varié; et tout ce que vous faites est destiné à la promotion de la mission de l’Église, assurant que l’ordre temporel soit imprégné et perfectionné par l’Esprit du Christ et ordonné à la venue de son Règne. Je désire particulièrement reconnaître l’œuvre des nombreuses associations directement impliquées dans la rencontre des pauvres et des personnes qui sont dans le besoin. Comme le montre l’exemple des premiers chrétiens coréens, la fécondité de la foi s’exprime par la solidarité concrète dans la rencontre de nos frères et sœurs, sans aucune considération de leur culture et de leur statut social, puisque dans le Christ « il n’y a plus ni juif ni grec » (Ga 3, 28). Je suis profondément reconnaissant à tous ceux d’entre vous qui, par le travail et le témoignage, portent la présence consolante du Seigneur à ceux qui vivent aux périphéries de notre société. Cette activité n’est pas épuisée par l’assistance caritative, mais elle doit s’étendre aussi à un engagement pour la croissance humaine. Assister les pauvres est une chose bonne et nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. Je vous encourage à multiplier vos efforts dans le domaine de la promotion humaine, de sorte que tout homme et toute femme puisse connaître la joie qui vient de la dignité de gagner le pain quotidien, en soutenant ainsi sa propre famille. [Read more...]

Rencontre avec les communautés religieuses en Corée

relDiscours de Sa Sainteté le pape François
Kkottongnae, Training Center, 16 août 2014

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Je vous salue tous avec affection dans le Seigneur : il est beau d’être avec vous aujourd’hui et de partager ce moment de communion. La grande variété des charismes et des activités apostoliques que vous représentez enrichit la vie de l’Église en Corée, et au-delà, de manière merveilleuse. En cette célébration des Vêpres, où nous avons chanté les louanges de la bonté infinie et de la miséricorde de Dieu, je vous remercie, ainsi que tous vos frères et sœurs, pour votre engagement dans l’édification du Règne de Dieu en cette nation bien-aimée. Je remercie le Père Hwang Seok-mo et Sœur Scholastique Lee Kwang-ok, Présidents des conférences coréennes des Supérieurs Majeurs, masculine et féminine, des Instituts Religieux et des Sociétés de Vie Apostolique, pour leurs aimables paroles de bienvenue.

Les paroles du Psaume : « Ma chair et mon cœurs sont usés ; ma part, le roc de mon amour, c’est Dieu pour toujours » (Ps 73, 26) nous font penser à notre vie. Le psalmiste exprime sa joyeuse confiance en Dieu. Nous savons tous que, même si la joie ne s’exprime pas de la même manière à tous les moments de la vie, spécialement dans les moments de grande difficulté, « elle demeure toujours au moins comme un rayon de lumière qui naît de la certitude personnelle d’être infiniment aimé » (Evangelii gaudium, n. 6). La ferme certitude d’être aimés de Dieu est au centre de votre vocation : être pour les autres un signe tangible de la présence du Royaume de Dieu, une anticipation de la joie éternelle du ciel. C’est seulement si notre témoignage est joyeux que nous pourrons attirer des hommes et des femmes au Christ ; et une telle joie est un don qui se nourrit d’une vie de prière, de méditation de la parole de Dieu, de la célébration des sacrements et de la vie communautaire. Quand tout cela manque, apparaissent les faiblesses et les difficultés qui obscurciront la joie que nous avons connue si intimement au début de notre chemin. [Read more...]