Homélie du pape François : avoir confiance en Dieu, en toute circonstance

L’importance du passé et la confiance dans le Seigneur sont les deux enseignements à tirer des lectures du jour selon le Pape François. Dans son homélie quotidienne prononcée pendant la messe célébrée à la Chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le Pape a conseillé de faire confiance à Dieu dans les moments d’obscurité, même si parfois nous ne comprenons pas ce qui se passe. C’est toujours quelque chose de salutaire selon lui.

« Dieu a toujours voulu nous sauver, notre salut n’est pas aseptisé, il est historique. Dieu a parcouru le chemin de l’histoire avec son peuple. Il n’y a pas de salut sans histoire. Pour arriver à la situation actuelle, il y a eu une très longue histoire » a observé François. Pour le Pape, « quand nous nous trompons, Dieu corrige l’histoire et nous porte en avant, plus loin, toujours en marchant à nos côtés. Et si cela n’est pas clair pour nous, nous ne comprendrons jamais Noel, ni l’Incarnation du Verbe ! »

L’exemple de Joseph

Dans cette histoire commune, le Pape François distingue les envoyés de Dieu, choisis par Lui « pour aider son peuple à aller de l’avant », comme Abraham, Moïse, Elie. Pour eux, il y a eu des moments difficiles, sombres, qui dérangent. Parfois, certains voulaient mourir mais finalement ils ont eu confiance en Dieu. Ils voulaient peut-être vivre tranquilles mais « le Seigneur dérange. Il le fait pour réaliser l’histoire ! Il nous fait avancer sur tant de routes que nous ne voulons pas emprunter » a constaté le Pape.

Dans l’Evangile du jour, Joseph découvre que Marie, la femme qui lui est promise, est enceinte. C’est un moment dur pour Joseph, les « on-dit » le font souffrir. Même s’il ne comprend pas, il sait que Marie « est incapable d’infidélité ». Pour le Pape, l’exemple de Joseph montre que « dans ces moments durs, ces élus de Dieu, pour continuer l’histoire, doivent prendre le problème sur eux, sur leurs épaules, sans comprendre. C’est comme ça que Dieu fait l’histoire ».

« Faire l’histoire avec son peuple signifie pour Dieu marcher et mettre à l’épreuve ses élus » a précisé François, mais à la fin, il nous sauve. « Souvenons-nous toujours, avec confiance, aussi dans les moments les plus durs, dans la maladie, quand nous nous rendrons compte que nous devrons demander l’extrême onction, car il n’y aura pas d’autre issue, de dire « Seigneur, l’histoire n’a pas commencé avec moi et ne finira pas avec moi. Va de l’avant, je suis prêt ». Et ainsi se mettre dans les mains du Seigneur » a conclu le Pape.

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Audience générale : « Jésus est né et resté dans une périphérie »

Pour la dernière audience générale de l’année, présidée sous un beau soleil place Saint-Pierre, le Pape a poursuivi sa catéchèse sur la famille, en rappelant le chemin synodal en cours, qui mènera à la seconde assemblée du synode des évêques au mois d’octobre 2015. « La proximité de Noël jette une grande lumière sur le don de la famille que Dieu a fait au monde depuis les origines » a souligné François. A Nazareth, Dieu a choisi de naître dans une famille humaine. « Jésus aurait pu venir comme un empereur ou un guerrier, a expliqué le Pape, mais il est venu comme un fils, né dans une famille. Il n’est pas venu à Rome ou dans une grande ville, mais dans une périphérie, plutôt « malfamée » a-t-il précisé, c’est là qu’a commencé l’histoire de Jésus parmi les hommes. Et celui-ci est resté dans cette périphérie pendant trente ans ».

« Les Évangiles, dans leur sobriété, ne nous rapportent rien de l’adolescence de Jésus, laissant cette tâche à notre méditation affectueuse » a poursuivi François. Le Pape, qui a précisé qu’à Nazareth, « tout se passait comme dans n’importe quelle famille israélite pieuse et active de cette époque » où la maman cuisinait, s’occupait de toutes les choses de la maison, et où le père, menuisier, apprenait à son fils à travailler. Malgré cette « banalité », ils étaient de grands saints : Marie, l’immaculée, et Joseph l’homme le plus juste ! Ainsi, « il n’est pas difficile d’imaginer ce que les mamans pourraient apprendre des prévenances de Marie pour son fils ou ce que les papas pourraient tirer de l’exemple de Joseph qui a consacré sa vie à défendre sa famille dans les moments difficiles ». De même, a encore expliqué le Saint-Père, « les jeunes peuvent être encouragés par Jésus adolescent pour cultiver leur vocation profonde et de rêver en grand. Jésus est celui qui a cultivé la vocation pour laquelle le Père l’a envoyé. Jésus ne s’est jamais découragé, il a grandi pour aller de l’avant avec sa mission ».

Appel contre le terrorisme

« Chaque famille chrétienne peut ainsi accueillir Jésus a dit François,l’écouter, lui parler, grandir avec lui, et ainsi améliorer le monde. Faisons-lui une place dans notre cœur et dans nos journées ». La famille de Nazareth nous engage à redécouvrir la vocation et la mission de chaque famille. « Que le Seigneur nous donne cette grâce dans ces jours avant Noël ».

A l’issue de l’audience, le Pape a lancé un appel dénonçant les actes « terroristes inhumains » qui ont récemment frappé l’Autralie, le Yémen et surtout le Pakistan. « Que le Seigneur accueille dans sa paix les défunts, conforte leurs familles et convertisse les cœurs des violents, qui ne s’arrêtent même pas devant des enfants » a dénoncé le Saint-Père.

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Homélie du pape François : « le salut vient d’un cœur humble qui fait confiance à Dieu »

Dieu sauve « le cœur repenti » alors que celui qui ne lui fait pas confiance attire sur soi la « condamnation » : voilà l’affirmation du Pape François lors de son homélie prononcée ce mardi matin en la chapelle de la maison Sainte-Marthe.

« L’humilité sauve l’homme aux yeux de Dieu, l’orgueil le perd. La clef se trouve dans le cœur, conseille le Pape, celui de l’homme humble est ouvert, il sait se repentir, accepter la correction et faire confiance à Dieu. Celui de l’homme orgueilleux est à l’opposé : arrogant, fermé, qui ne connaît pas la honte et qui est imperméable à la voix de Dieu ». Le passage du prophète Sophonie et celui de l’Évangile suscitent au Pape François une réflexion en parallèle : « les deux textes parlent d’un « jugement » dont dépend le salut et la condamnation » observe-t-il.

L’humilité est l’unique voie

La situation décrite par le prophète Sophonie est celle d’une ville rebelle où réside cependant un groupe repenti de ses propres péchés : le Pape souligne qu’il constitue le « peuple de Dieu » qui a en lui « trois caractéristiques » : l’humilité, la pauvreté et la confiance dans le Seigneur.

Mais dans la ville, il y a aussi ceux qui, comme le dit le Pape François, « n’ont pas accepté de correction et ne font pas confiance au Seigneur ». Ceux-ci seront frappés par la condamnation selon le Saint-Père. En revanche, le Seigneur dit « Je laisserai subsister au milieu de toi, un peuple petit et pauvre : il fera confiance dans le nom du Seigneur pour toute la vie ». Le Pape abonde en ce sens : le « saint peuple de Dieu qui est humble, dont les richesses sont dans la foi et la confiance portée au Seigneur, ce peuple humble et pauvre est sauvé. Et l’Eglise doit emprunter ce même chemin, (…) pas l’autre chemin qui ne considère pas la voix du Seigneur, qui n’accepte pas les corrections et qui ne fait pas confiance au Seigneur ». [Read more…]

Comment résoudre le problème de Maria?

Annunciation croppedRéflexion biblique pour le 4e dimanche de l’Avent A
par le père Thomas Rosica, c.s.b.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (1, 6-8.19-28)

L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » A cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait : ‘la femme stérile’. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Résoudre le problème de « Maria von Trapp»

La comédie musicale « La mélodie du Bonheur » et moi avons le même âge : nous sommes tous deux de 1959, et cette adaptation au cinéma est le premier film que j’ai vu avec ma famille au milieu des années soixante. Dieu seul sait combien de fois je l’ai vue sur scène, au cinéma et à la télévision ! Cette magnifique production renferme les plus grandes chansons de tous les temps.

L’une des chansons les plus mémorables de la pièce est « Maria », parfois connue sous le titre « Comment résoudre un problème comme Maria ? » Elle est brillamment chantée par soeur Berthe, soeur Sophia, soeur Margaretta et la mère abbesse à l’abbaye des bénédictines de Nonnberg à Salzbourg en Autriche. Les sœurs sont exaspérées par la jeune Maria qu’elles jugent trop frivole et trop superficielle pour la vie austère d’un monastère.

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La leçon de communication du Pape aux journalistes

Le Pape François a délivré un cours de bonne communication, ce lundi matin, en recevant le personnel de la chaîne de télévision des évêques italiens TV 2000. Le Saint-Père leur a proposé une réflexion en trois points sur le rôle et la lourde responsabilité des journalistes catholiques. Ceux-ci doivent tout d’abord s’exprimer avec franchise et en toute liberté, dans un monde où la communication est souvent pilotée par la propagande, les idéologies, les objectifs politiques, économiques ou techniques. Les journalistes doivent aussi s’affranchir des modes, des lieux communs, des formules toutes faites, qui annulent la capacité de communiquer.

Deuxième point, deux dangers menacent les communicateurs : celui de saturer la perception des destinataires à coup de slogans qui entravent la réflexion et celui au contraire, très fréquent dans une communication toujours plus rapide et superficielle, de courir immédiatement à la conclusion sans présenter la complexité de la vie réelle. Face à ces risques, les communicateurs catholiques doivent se laisser conduire par l’Esprit Saint.

Troisième point enfin, il faut s’adresser à la personne tout entière en évitant les péchés les plus répandus dans les médias : la désinformation, qui porte à dire les choses à moitié, la calomnie et la diffamation. « La communication authentique n’a pas pour vocation de frapper » a insisté le Pape François en fustigeant les médias qui alternent entre alarmisme et catastrophisme d’un côté, et désengagement consolatoire de l’autre. Il faut selon le Souverain Pontife « s’adresser aux esprits et aux cœurs afin que les gens parviennent à voir au-delà de l’immédiat, d’un présent qui risque d’être oublieux du passé et craintif par rapport à l’avenir ». Or, dans un contexte toujours plus pluraliste, il est nécessaire de favoriser la culture de la rencontre.

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«Un cœur faible et rigide ne s’ancre pas dans le Christ»

Lors de son homélie dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe ce lundi matin, le Pape est revenu sur l’hypocrisie des chefs des prêtres du Temple dans lequel Jésus était rentré, et qui lui demandaient d’où il tenait son autorité. «La vérité ne les intéressait pas, a souligné le Pape, ils cherchaient juste leur intérêt et allaient dans le sens du vent, comme des girouettes. Ces chefs des prêtres négociaient tout : la liberté intérieure, la foi, la patrie, tout sauf les apparences, a poursuivi François, c’étaient des opportunistes à qui importait de toujours bien se sortir des situations difficiles».

Le Pape a expliqué que ces personnes étaient fortes, montraient leurs vertus d’observance de la loi,  mais seulement de l’extérieur. En réalité, ils ne savaient pas en quoi croire et avaient un cœur faible, qui allait d’un côté comme de l’autre. «Jésus au contraire  nous enseigne que le chrétien doit avoir un cœur fort, solide, un cœur qui grandit sur le roc qui est le Christ, et qui avance avec prudence. On ne négocie pas le cœur, on ne négocie pas ce roc qui est le Christ !»

Jésus n’a jamais négocié son cœur de Fils, a poursuivi le Saint-Père, son cœur était si ouvert aux gens, de trouver un chemin pour les aider. Mais les chefs des prêtres répondaient que la doctrine, la discipline empêchaient de le faire, selon eux la loi était sacrée. Pour illustrer ses propos, le Pape a pris l’exemple de son prédécesseur Pie XII qui a assoupli la règle du jeûne eucharistique : «Certains d’entre vous s’en souviennent peut-être : on ne pouvait même pas boire une goutte d’eau !  Mais quand Pie XII a changé la discipline, tant de pharisiens ont crié à l’hérésie, se sont scandalisés ! En réalité, Pie XII a fait comme Jésus, il avait vu le besoin des gens.» [Read more…]

Le Pape François invite à attendre le Seigneur dans la joie

Ce 14 décembre à midi, en ce troisième dimanche de l’Avent, le Pape François a invité les fidèles réunis place Saint-Pierre à attendre dans la joie la venue du Christ. « Depuis déjà deux semaines le temps de l’Avent nous a invité à la vigilance spirituelle pour préparer la voie au Seigneur, le Seigneur qui vient. Dans ce troisième dimanche la liturgie nous propose une autre attitude intérieure avec laquelle vivre cette attente du Seigneur, c’est-à-dire la joie. (…) Mais quelle est la joie que le chrétien est appelé à vivre et à témoigner ? C’est celle qui vient de la proximité de Jésus, de sa présence dans notre vie. Depuis que Jésus est entré dans l’histoire, avec sa naissance à Bethléem, l’humanité a reçu les semences du Royaume de Dieu, comme un terrain qui reçoit le semis, promesse de le future récolte. »

Pour le Pape François il ne doit pas s’agir d’une joie différée, qui renverrait l’espérance vers l’Au-delà. Non, Dieu s’est incarné dans le monde terrestre, dans l’histoire des hommes et dans leur présent. « Il ne faut plus chercher ailleurs ! Jésus est venu apporter la joie à tous et pour toujours. Il ne s’agit pas d’une joie seulement espérée ou renvoyée au paradis – « ici sur la terre nous sommes tristes mais au paradis nous serons joyeux » – non, ce n’est pas cela, mais une joie déjà réelle et expérimentable maintenant, parce que jésus lui-même est notre joie. (…) Il est vivant, il est le Ressuscité, il oeuvre en nous et entre nous spécialement avec la Parole et les sacrements. »

De cette présence du Seigneur découle cet appel universel à la sainteté souvent rappelé par le Pape François, dans la lignée de ses prédecesseurs. «Nous tous, baptisés, fils de l’Eglise, nous sommes appelés à accueillir toujours de nouveau la présence de Dieu au milieu de nous et à aider les autres à la découvrir, ou à la redécouvrir si nous l’avions oubliée. Il s’agit d’une très belle mission, similaire à celle de Jean-Baptiste : orienter les gens vers le Christ – et non vers nous-mêmes. Parce que c’est Lui que tend le cœur de l’homme quand il cherche la joie et le bonheur. » [Read more…]

Allocution du Père Thomas Rosica, csb, lors du banquet de gala pour le 15e anniversaire de KTO

TR KTO ROME 2013Excellence, Monseigneur le Nonce Apostolique,
Invités d’honneur,
Chers amis,

Le 15e anniversaire de KTO n’est pas seulement l’occasion de reconnaître l’importante contribution de la Télévision catholique française du à l’Église et au monde au cours des quinze dernières années, il nous invite aussi à considérer les défis qui se posent aujourd’hui aux diffuseurs religieux.

Créée en 1999, à l’initiative de mon grand ami, mentor et guide, le Cardinal Jean-Marie Lustiger, KTO a été fondée afin de donner à l’Église les moyens de véhiculer le message de l’Évangile par des médias actuels et tout particulièrement la télévision et Internet.

Ce soir j’aimerais partager avec vous trois pistes de réflexions sur notre travail commun dans le monde des medias et surtout la télévision catholique. Je voudrais d’abord situer la télévision religieuse dans le contexte de l’histoire biblique.

Deuxièmement, j’examinerai de quelle façon la vraie télévision catholique va à la rencontre du monde. Troisièmement, je proposerai des angles sous lesquels évaluer les efforts de la télévision catholique aujourd’hui. [Read more…]

Le Pape François nous explique ce que fut le Synode sur la famille

« Durant le Synode extraordinaire des évêques sur la famille, aucune censure préalable n’a été posée : chacun pouvait et devait dire ce qu’il avait sur le cœur, ce qu’il pensait sincèrement ». Voilà ce qu’a tenu à déclarer le Pape François ce mercredi matin lors de l’audience générale Place Saint-Pierre, alors que plusieurs thèmes abordés lors de cette assemblée continuent d’alimenter le débat et de donner lieu à des déclarations d’évêques et de cardinaux, provoquant parfois incompréhension et nouveaux questionnements sur des sujets épineux.

C’est ainsi que le Pape François a tenu, comme il vient de le faire dans un entretien récent sur un quotidien argentin, La Naciòn, a expliqué ce « qu’avait été ce Synode ».

« Avant tout, a tenu à préciser le Pape, j’ai demandé aux pères synodaux de parler avec franchise et courage, et d’écouter avec humilité ». Ce choix « pouvait-il prêter à discussions ? C’est vrai, ajoutait le Pape, mais toujours quand on cherche la volonté de Dieu, il y a différents points de vue et il y a la discussion. Ce n’est pas une vilaine chose, mais à condition qu’on le fasse avec un esprit de service. Cela aurait été une mauvaise chose que d’imposer une censure préalable. Et au contraire, chacun pouvait dire ce qu’il pensait », a rappelé le Pape.

Tous les documents du synode, trois jusqu’à présent, ont été publiés « dans la transparence », et on a fait le compte rendu du processus synodal mais aussi du travail en commissions. Tout s’est déroulé ‘ cum Petro et sub Petro’, càd le Pape garant de tous. Une autre précision du Pape durant l’audience générale. Et de rappeler par ailleurs que le Synode n’est pas « un parlement, il représente certe l’Eglise mais la structure n’est pas parlementaire ». «C’est un espace protégé afin que l’Esprit Saint puisse opérer, et il n’a pas été le lieu d’affrontements entre factions mais bien d’un échange entre évêques ».

Le Pape remerciait ensuite les médias pour le travail mené avec attention, et les si nombreux articles, mais soulignait que « souvent les médias adoptent le style des articles sportifs, opposant en ce cas conservateurs et progressistes.» Et c’est pour cela « que je vais vous raconter le Synode ». «Certains d’entre vous me demanderont si les pères synodaux se sont disputés. Je ne sais pas, mais ce qui est certain c’est qu’ils ont parlé fort, ça c’est vrai, et c’est cela la liberté dans l’Eglise.»

« Je peux vous assurer, a ajouté le Pape, qu’au Synode sur la famille personne n’a mis en doute la doctrine de l’Eglise sur la famille, l’indissolubilité, la fidélité, l’ouverture à la vie. Cela n’a pas été touché ».

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Message de Noël du Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, Mgr Paul-André Durocher

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Image: Courtoisie de CNS

Je rédige ce message de Noël à peine une semaine après le jour du Souvenir, marqué par la mémoire encore vive des récents assassinats de deux réservistes des Forces armées canadiennes. Cette année, Noël au Canada prendra des teintes un peu différentes, tamisées, assombries, à cause de ces événements qui ont ébranlé nos cœurs et nos esprits. Plusieurs ont affirmé que le Canada avait « perdu son innocence » en octobre 2014. Je comprends et je partage ce sentiment. Toutefois, il faut se rappeler que l’histoire canadienne a été marquée par plusieurs actes de violence sporadiques : l’enlèvement du chef Donnacona par Jacques Cartier, l’assassinat du député fédéral Thomas D’Arcy McGee, la mort violente des manifestants pendant la grève générale de Winnipeg, l’attentat à l’Assemblée nationale du Québec, le massacre à l’École Polytechnique de Montréal. Ces exemples, parmi tant d’autres, devraient dissiper nos illusions. Mais elle n’existe pas seulement que dans notre passé. Aujourd’hui, nous sommes confrontés par la violence familiale, les crimes de gangs, les agressions sexuelles et le harcèlement en milieu de travail. Toute cette violence m’a convaincu que, malheureusement, nous ne sommes pas aussi innocents que nous aimerions le croire.

La bonne nouvelle est que Noël porte en elle une espérance inouïe, presque incroyable : que l’innocence peut être retrouvée. Dans un monde marqué par la violence, défiguré par les cicatrices causées par les guerres, les meurtres, l’exploitation et l’injustice, un enfant est né auquel on a donné le titre invraisemblable de « Prince de la paix ». Les enfants nouveau-nés nous font rêver d’innocence. Devant un enfant sans défense, nos cœurs s’attendrissent, nos passions se calment, nos songes se font plus chaleureux et charitables. Il ne suffit pas de rêver en contemplant l’enfant de Bethléem, car ce dernier nous incite à prendre une décision vers un engagement fondamental en faveur de l’amour véritable. Lui-même grandira et deviendra le prophète d’un monde nouveau où règnent la justice, la paix et la joie. Sur la croix, il confrontera la violence humaine… et il y répondra avec miséricorde et pardon, ouvrant pour le monde entier des chemins inespérés de réconciliation et de libération. Sa résurrection révélera à ses amis le sens ultime de la vie, tissée de grâce surprenante et d’un Esprit qui donne vie. Voilà le mystère que nous célébrons à Noël.

Oui, en Jésus, l’innocence peut être retrouvée, guérie et renouvelée. Chacune et chacun de nous est invité à ouvrir son cœur à cette Bonne nouvelle, à la faire sienne, à la partager avec ses parents, ses amis, son pays. Nous fêtons Noël au moment où les nuits sont les plus longues. N’est-ce pas un signe que l’innocence peut rejaillir au moment même où nous croyions l’avoir perdue? N’ayons donc pas peur de nous souhaiter un joyeux Noël. N’ayons surtout pas peur de le vivre!

+ Paul-André Durocher 
Archevêque de Gatineau
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada