{"id":17376,"date":"2016-06-02T09:43:19","date_gmt":"2016-06-02T13:43:19","guid":{"rendered":"http:\/\/seletlumieretv.org\/blogue\/?p=17376"},"modified":"2016-06-02T10:51:27","modified_gmt":"2016-06-02T14:51:27","slug":"deuxieme-meditation-du-pape-francois-lors-du-jubile-des-pretres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/seletlumieretv.org\/blogue\/pape-francois\/deuxieme-meditation-du-pape-francois-lors-du-jubile-des-pretres","title":{"rendered":"Deuxi\u00e8me m\u00e9ditation du Pape Fran\u00e7ois lors du Jubil\u00e9 des pr\u00eatres"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-17388\" src=\"http:\/\/seletlumieretv.org\/blogue\/wp-content\/Pope-2nd-med-cropped.png\" alt=\"Pope 2nd med cropped\" width=\"640\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/seletlumieretv.org\/blogue\/wp-content\/Pope-2nd-med-cropped.png 640w, https:\/\/seletlumieretv.org\/blogue\/wp-content\/Pope-2nd-med-cropped-300x169.png 300w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/p>\n<p><strong><strong>Deuxi\u00e8me<\/strong> m\u00e9ditation du Jubil\u00e9 extraordinaire de la Mis\u00e9ricorde<\/strong><br \/>\n<strong>Retraite spirituelle pr\u00e9sid\u00e9e par le pape Fran\u00e7ois<\/strong><br \/>\n<strong>Lors du Jubil\u00e9 des pr\u00eatres, 2 juin 2016<br \/>\n(Basilique Sainte-Marie-Majeure)<\/strong><\/p>\n<blockquote><p><strong>Deuxi\u00e8me m\u00e9ditation : le r\u00e9ceptacle de la Mis\u00e9ricorde <\/strong><\/p>\n<p>Le r\u00e9ceptacle de la Mis\u00e9ricorde est notre p\u00e9ch\u00e9. Mais il arrive souvent que notre p\u00e9ch\u00e9 soit comme une passoire, comme une cruche perc\u00e9e, ce qui fait que la gr\u00e2ce s\u2019en \u00e9chappe en peu de temps : \u00ab Oui, mon peuple a commis deux m\u00e9faits : ils m\u2019ont abandonn\u00e9, moi, la source d\u2019eau vive, et ils se sont creus\u00e9 des citernes, des citernes fissur\u00e9es qui ne retiennent pas l\u2019eau \u00bb (Jr 2, 13). D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 que le Seigneur explique \u00e0 Pierre de \u2018\u2018pardonner soixante-dix- fois sept fois\u2019\u2019. Dieu ne se lasse pas de pardonner, m\u00eame s\u2019il voit que sa gr\u00e2ce semble ne pas parvenir \u00e0 s\u2019enraciner fortement dans la terre de notre c\u0153ur, qui est un chemin dur, encombr\u00e9 de mauvaises herbes et pierreux. Il revient semer sa mis\u00e9ricorde et son pardon.<\/p>\n<p><strong>Des c\u0153urs re-cr\u00e9\u00e9s <\/strong><\/p>\n<p>Cependant, nous pouvons faire un pas de plus dans cette mis\u00e9ricorde de Dieu qui es toujours \u2018\u2018plus grande que notre conscience\u2019\u2019 du p\u00e9ch\u00e9. Non seulement le Seigneur ne se lasse pas de nous pardonner mais aussi il renouvelle l\u2019outre dans laquelle nous recevons le pardon. Il utilise une outre neuve pour le vin nouveau de sa mis\u00e9ricorde pour que ce ne soit pas un v\u00eatement rapi\u00e9c\u00e9 ou une vieille outre. Et cette outre, c\u2019est sa mis\u00e9ricorde m\u00eame : sa mis\u00e9ricorde telle qu\u2019elle est exp\u00e9riment\u00e9e en nous-m\u00eames et telle que nous la mettons en pratique en aidant les autres. Le c\u0153ur qui a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de mis\u00e9ricorde n\u2019est pas un c\u0153ur rapi\u00e9c\u00e9 mais un c\u0153ur nouveau, re-cr\u00e9\u00e9. Celui dont David dit : \u00ab Cr\u00e9e en moi un c\u0153ur pur, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit \u00bb (Ps 50, 12). Ce c\u0153ur nouveau, re-cr\u00e9\u00e9, est un bon r\u00e9cipient. La liturgie exprime l\u2019\u00e2me de l\u2019Eglise lorsqu\u2019elle nous fait dire cette merveilleuse pri\u00e8re : \u00ab Seigneur notre Dieu, toi qui as fait merveille en cr\u00e9ant l\u2019homme et plus grande merveille encore en le sauvant \u00bb (Pri\u00e8re de la veill\u00e9e pascale, apr\u00e8s la Premi\u00e8re Lecture). Par cons\u00e9quent, cette seconde cr\u00e9ation est plus merveilleuse que la premi\u00e8re. C\u2019est un c\u0153ur qui se sait recr\u00e9\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la fusion de sa mis\u00e8re avec le pardon de Dieu et donc c\u2019\u2018\u2018est un c\u0153ur qui a re\u00e7u la mis\u00e9ricorde et fait mis\u00e9ricorde\u2019\u2019. C\u2019est ainsi : il exp\u00e9rimente les b\u00e9n\u00e9fices de la gr\u00e2ce sur sa blessure et sur son p\u00e9ch\u00e9, il sent comment la mis\u00e9ricorde pacifie sa faute, inonde avec amour sa s\u00e9cheresse, rallume son esp\u00e9rance. Voil\u00e0 pourquoi, lorsqu\u2019en m\u00eame temps et avec la m\u00eame gr\u00e2ce, celui-l\u00e0 pardonne \u00e0 qui a une dette envers lui et a compassion de ceux qui sont \u00e9galement p\u00e9cheurs, cette mis\u00e9ricorde s\u2019enracine dans une bonne terre, d\u2019o\u00f9 l\u2019eau ne s\u2019\u00e9chappe pas mais donne vie. Dans l\u2019exercice de cette mis\u00e9ricorde qui r\u00e9pare le mal d\u2019autrui, personne n\u2019est mieux plac\u00e9 pour aider \u00e0 le soigner que celui qui maintient vive l\u2019exp\u00e9rience d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 objet mis\u00e9ricorde pour ce m\u00eame mal. Nous voyons que, parmi ceux qui travaillent \u00e0 combattre la toxicod\u00e9pendance, ceux qui se sont lib\u00e9r\u00e9s sont g\u00e9n\u00e9ralement ceux qui comprennent mieux, qui aident et savent exiger des autres. Et le meilleur confesseur est d\u2019ordinaire celui qui se confesse le mieux. Presque tous les grands saints ont \u00e9t\u00e9 de grands p\u00e9cheurs ou, comme la petite sainte Th\u00e9r\u00e8se, ils \u00e9taient conscients que ne pas l\u2019avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9tait une pure gr\u00e2ce pr\u00e9venante.<\/p>\n<p>Ainsi, le vrai r\u00e9cipient de la mis\u00e9ricorde est la mis\u00e9ricorde m\u00eame que chacun a re\u00e7ue et qui lui a recr\u00e9\u00e9 le c\u0153ur, voil\u00e0 l\u2019\u2018\u2018outre neuve\u2019\u2019 dont parle J\u00e9sus (cf. Lc 5, 37), la \u2018\u2018source r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e\u2019\u2019.<\/p>\n<p>Nous nous situons ainsi dans le domaine du myst\u00e8re du Fils, de J\u00e9sus, qui est la mis\u00e9ricorde du P\u00e8re faite chair. L\u2019image d\u00e9finitive du r\u00e9ceptacle de la mis\u00e9ricorde, nous la trouvons dans les plaies du Seigneur ressuscit\u00e9, image de l\u2019empreinte du p\u00e9ch\u00e9 restaur\u00e9 par Dieu, qui ne s\u2019efface pas totalement ni ne suppure : c\u2019est une cicatrice, non une blessure purulente. C\u2019est dans cette \u2018\u2018sensibilit\u00e9\u2019\u2019 propre aux cicatrices, qui nous rappellent la blessure sans forte douleur et la gu\u00e9rison sans que nous n\u2019oubliions la fragilit\u00e9, que r\u00e9side la mis\u00e9ricorde divine. Dans la sensibilit\u00e9 du Christ ressuscit\u00e9 qui conserve ses plaies, &#8211; non seulement aux pieds et aux mains, mais aussi dans son c\u0153ur qui est un c\u0153ur bless\u00e9 &#8211; nous trouvons le juste sens du p\u00e9ch\u00e9 et de la gr\u00e2ce. En contemplant le c\u0153ur bless\u00e9 du Seigneur, nous nous voyons en lui comme dans un miroir. Notre c\u0153ur et le sien se ressemblent en ceci que les deux sont bless\u00e9s et ressuscit\u00e9s. Mais nous savons que son amour \u00e9tait un amour pur et qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 parce qu\u2019il a accept\u00e9 d\u2019\u00eatre vuln\u00e9rable ; notre c\u0153ur, en revanche, \u00e9tait pure plaie, qui a \u00e9t\u00e9 gu\u00e9rie parce qu\u2019elle a accept\u00e9 d\u2019\u00eatre aim\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Nos saints ont re\u00e7u la mis\u00e9ricorde<\/strong><\/p>\n<p>Cela peut nous faire du bien de contempler d\u2019autres qui se sont laiss\u00e9s recr\u00e9er le c\u0153ur par la mis\u00e9ricorde et d\u2019observer dans quel \u2018\u2018r\u00e9ceptacle\u2019\u2019 ils l\u2019ont re\u00e7ue.<\/p>\n<p>Paul la re\u00e7oit dans le r\u00e9ceptacle dur et inflexible de son jugement forg\u00e9 par la Loi. Sa duret\u00e9 de jugement le poussait \u00e0 \u00eatre un pers\u00e9cuteur. La mis\u00e9ricorde le transforme de telle mani\u00e8re que, tout en devenant quelqu\u2019un qui cherche les plus \u00e9loign\u00e9s, qui cherche les gens de mentalit\u00e9 pa\u00efenne, en m\u00eame temps il est plus compr\u00e9hensif et mis\u00e9ricordieux envers ceux qui \u00e9taient comme lui, il avait \u00e9t\u00e9. Paul voulait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 anath\u00e8me afin de sauver les siens. Son jugement se consolide \u2018\u2018en ne se jugeant m\u00eame pas lui-m\u00eame\u2019\u2019, mais en se laissant justifier par un Dieu qui est plus grand que sa conscience, en recourant \u00e0 J\u00e9sus Christ qui est un avocat fid\u00e8le de l\u2019amour duquel rien ni personne peut le s\u00e9parer. La radicalit\u00e9 des jugements de Paul sur la mis\u00e9ricorde inconditionnelle de Dieu, qui surmonte la blessure de fond, celle qui fait que nous avons deux lois (celle de la chair et celle de l\u2019Esprit), est telle parce qu\u2019elle est le r\u00e9cipient d\u2019un esprit sensible au caract\u00e8re absolu de la v\u00e9rit\u00e9, esprit bless\u00e9 l\u00e0 m\u00eame o\u00f9 la Loi et la Lumi\u00e8re deviennent un pi\u00e8ge. La fameuse \u2018\u2018\u00e9pine\u2019\u2019 que le Seigneur ne lui enl\u00e8ve pas est le r\u00e9ceptacle dans lequel Paul re\u00e7oit la mis\u00e9ricorde du Seigneur (cf. 2 Co 12, 7).<\/p>\n<p>Pierre re\u00e7oit la mis\u00e9ricorde dans sa pr\u00e9somption d\u2019homme de bon sens. Il \u00e9tait dot\u00e9 du bon sens robuste et exp\u00e9riment\u00e9 d\u2019un p\u00eacheur, qui sait par exp\u00e9rience quand on peut p\u00eacher ou non. C\u2019est le bon sens de celui qui, lorsqu\u2019il s\u2019enthousiasme en marchant sur les eaux et en obtenant une p\u00eache miraculeuse et qu\u2019il commet un exc\u00e8s en se regardant lui-m\u00eame, sait demander de l\u2019aide au seul qui peut le sauver. Ce Pierre a \u00e9t\u00e9 gu\u00e9ri de la plus profonde blessure qu\u2019il puisse y avoir, celle de renier un ami. Peut-\u00eatre le reproche de Paul, lorsqu\u2019il lui jette \u00e0 la figure sa duplicit\u00e9, a-t-il un lien avec cela. Il semblerait que Paul sentait qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 lui-m\u00eame le pire [des hommes] \u2018\u2018avant\u2019\u2019 de conna\u00eetre le Christ ; mais Pierre, apr\u00e8s l\u2019avoir connu, l\u2019avait reni\u00e9\u2026 Cependant, en avoir \u00e9t\u00e9 gu\u00e9ri a transform\u00e9 Pierre en un Pasteur mis\u00e9ricordieux, en une pierre solide sur laquelle on peut toujours \u00e9difier, parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une pierre fragile qui a \u00e9t\u00e9 assainie, non une pierre qui dans sa robustesse conduit le plus faible \u00e0 tr\u00e9bucher. Pierre est le disciple que le Seigneur reprend le plus dans l\u2019\u00c9vangile. Il le corrige constamment, jusqu\u2019au dernier moment : \u00ab Que t\u2019importe ? Toi, suismoi \u00bb (Jn 21, 22). La tradition dit qu\u2019il lui est apparu de nouveau lorsque Pierre fuyait de Rome. Le signe de Pierre crucifi\u00e9 la t\u00eate en bas est peut-\u00eatre le plus \u00e9loquent de ce r\u00e9ceptacle \u00e0 la t\u00eate dure qui, pour \u00eatre mis\u00e9ricordieuse, se met vers le bas y compris en rendant le t\u00e9moignage supr\u00eame d\u2019amour \u00e0 son Seigneur. Pierre ne veut pas finir sa vie en disant \u2018\u2018Moi, j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 appris la le\u00e7on\u2019\u2019, mais en disant : \u2018\u2018Comme ma t\u00eate n\u2019apprendra jamais, je la mets vers le bas\u2019\u2019. Au-dessus de tout, les pieds que le Seigneur a lav\u00e9s. Ces pieds sont pour Pierre le r\u00e9ceptacle gr\u00e2ce auquel il re\u00e7oit la mis\u00e9ricorde de son Ami et Seigneur.<\/p>\n<p>Jean sera gu\u00e9ri dans sa pr\u00e9tention de vouloir r\u00e9parer le mal par le feu et finira par \u00eatre celui qui \u00e9crit \u2018\u2018mes petits enfants\u2019\u2019, et il semblerait qu\u2019il soit l\u2019un de ces grands-parents pleins de bont\u00e9 qui ne parlent que d\u2019amour, lui, qui \u00e9tait \u00ab le fils du tonnerre \u00bb (Mc 3, 17).<\/p>\n<p>Augustin a \u00e9t\u00e9 gu\u00e9ri de sa nostalgie d\u2019\u00eatre arriv\u00e9 tard au rendez-vous : \u00ab Je t\u2019ai aim\u00e9 tard \u00bb, et il trouvera sa mani\u00e8re cr\u00e9ative de remplir d\u2019amour le temps perdu en \u00e9crivant ses Confessions.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois est de plus en plus mis\u00e9ricordieux, \u00e0 bien des moments de sa vie. Peut-\u00eatre le r\u00e9ceptacle d\u00e9finitif, qui s\u2019est transform\u00e9 en plaies r\u00e9elles, plus que de donner un baiser au l\u00e9preux, de se d\u00e9pouiller gr\u00e2ce \u00e0 dame pauvret\u00e9 et de sentir toute cr\u00e9ature comme s\u0153ur, aura-t-il \u00e9t\u00e9 de devoir prot\u00e9ger dans un silence mis\u00e9ricordieux l\u2019Ordre qui avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9. Fran\u00e7ois voit comment ses fr\u00e8res se divisent en prenant comme banni\u00e8re la m\u00eame pauvret\u00e9. Le d\u00e9mon nous am\u00e8ne \u00e0 nous quereller entre nous en d\u00e9fendant les plus saintes choses, mais \u2018\u2018avec un mauvais esprit\u2019\u2019.<\/p>\n<p>Ignace a \u00e9t\u00e9 gu\u00e9ri de sa vanit\u00e9, et si ceci avait \u00e9t\u00e9 le r\u00e9ceptacle, nous pouvons entrevoir combien \u00e9tait grand ce d\u00e9sir de gloriole, qui a \u00e9t\u00e9 recr\u00e9\u00e9 dans une telle recherche de la plus grande gloire de Dieu.<\/p>\n<p>Dans le <em>Journal d\u2019un cur\u00e9 de campagne<\/em>, Bernanos nous relate la vie du cur\u00e9 d\u2019un village, en s\u2019inspirant de la vie du Saint Cur\u00e9 d\u2019Ars. Il y a deux paragraphes tr\u00e8s beaux qui racontent les pens\u00e9es int\u00e9rieures du cur\u00e9 aux derniers moments de sa soudaine maladie : \u00ab Au cours des derni\u00e8res semaines\u2026.que Dieu me laissera, aussi longtemps que je pourrai garder la charge d\u2019une paroisse, j\u2019essaierai, comme jadis, d\u2019agir avec prudence. Mais enfin j\u2019aurai moins souci de l\u2019avenir, je travaillerai pour le pr\u00e9sent. Cette sorte de travail me semble \u00e0 ma mesure\u2026 Car je n\u2019ai de r\u00e9ussite qu\u2019aux petites choses, et si souvent \u00e9prouv\u00e9 par l\u2019inqui\u00e9tude, je dois reconna\u00eetre que je triomphe dans les petites joies \u00bb. Un r\u00e9cipient de la mis\u00e9ricorde, tout petit, a un lien avec les petites joies de notre vie pastorale, l\u00e0 o\u00f9 nous pouvons recevoir et exercer la mis\u00e9ricorde infinie du P\u00e8re dans de petits gestes.<\/p>\n<p>L\u2019autre paragraphe dit : \u00ab C\u2019est fini. L\u2019esp\u00e8ce de m\u00e9fiance que j\u2019avais de moi, de ma personne, vient de se dissiper, je crois, pour toujours. Cette lutte a pris fin. Je ne la comprends plus. Je suis r\u00e9concili\u00e9 avec moi-m\u00eame, avec cette pauvre d\u00e9pouille. Il est plus facile que l\u2019on croit de se ha\u00efr. La gr\u00e2ce est de s\u2019oublier. Mais si tout orgueil \u00e9tait mort en nous, la gr\u00e2ce des gr\u00e2ces serait de s\u2019aimer humblement soi-m\u00eame, comme n\u2019importe lequel des membres souffrants de J\u00e9sus-Christ \u00bb. Voil\u00e0 le r\u00e9cipient : \u00ab S\u2019aimer humblement soi-m\u00eame, comme n\u2019importe lequel des membres souffrants de J\u00e9sus-Christ \u00bb. C\u2019est un r\u00e9cipient commun, comme une vieille jarre que nous pouvons emprunter aupr\u00e8s des plus pauvres.<\/p>\n<p>Le P\u00e8re Brochero, le bienheureux argentin, qui sera bient\u00f4t canonis\u00e9, \u00ab a laiss\u00e9 la mis\u00e9ricorde de Dieu travailler son c\u0153ur \u00bb. Son r\u00e9ceptacle a fini par \u00eatre son propre corps de l\u00e9preux. Lui, qui r\u00eavait de mourir en galopant, en passant \u00e0 gu\u00e9 quelque fleuve de montagne pour aller donner l\u2019onction \u00e0 un malade. L\u2019une de ses derni\u00e8res paroles a \u00e9t\u00e9 : \u00ab Il n\u2019y a pas de gloire d\u00e9finitive dans cette vie \u00bb ; \u00ab je suis tr\u00e8s satisfait de ce qu\u2019il m\u2019a fait concernant la vue, et je le remercie beaucoup de cela. Quand je pouvais servir l\u2019humanit\u00e9, il a conserv\u00e9 sains et robustes mes sens. Aujourd\u2019hui, o\u00f9 je ne le peux plus, il a rendu inutilisable l\u2019un des sens de mon corps. Dans ce monde, il n\u2019y a pas de gloire d\u00e9finitive, et nous sommes pleins de mis\u00e8res \u00bb. Nos affaires demeurent souvent \u00e0 mi-chemin et, pour cela, sortir de soi est toujours une gr\u00e2ce. On nous conc\u00e8de d\u2019\u2018\u2018abandonner les choses\u2019\u2019 pour que le Seigneur les b\u00e9nisse et les perfectionne. Nous ne devons pas trop nous pr\u00e9occuper. Cela nous permet de nous ouvrir aux peines et aux joies de nos fr\u00e8res. C\u2019\u00e9tait le Cardinal Van Thuam qui disait qu\u2019en prison le Seigneur lui avait enseign\u00e9 \u00e0 distinguer entre \u2018\u2018choses de Dieu\u2019\u2019, auxquelles il avait consacr\u00e9 sa vie en libert\u00e9 en tant que pr\u00eatre et \u00e9v\u00eaque, et Dieu lui-m\u00eame, auquel il se consacrait en \u00e9tant en prison\u2019\u2019 (cf. Van Thuam, Cinque pani e due pesci, San Paolo 1997).<\/p><\/blockquote>\n<p><!--more--><\/p>\n<blockquote><p><strong>Marie, vase et source de mis\u00e9ricorde<\/strong><\/p>\n<p>Gravissant l\u2019\u00e9chelle des saints, \u00e0 la recherche de vases de mis\u00e9ricorde, nous arrivons \u00e0 Notre Dame. Elle est le vase simple et parfait, pour recevoir et distribuer la mis\u00e9ricorde. Son \u2018\u2018oui\u2019\u2019 libre \u00e0 la gr\u00e2ce est l\u2019image oppos\u00e9e au p\u00e9ch\u00e9 qui a conduit le fils prodigue au n\u00e9ant. Elle porte en ellem\u00eame une mis\u00e9ricorde qui est \u00e0 la fois vraiment sienne, vraiment propre \u00e0 notre \u00e2me et vraiment eccl\u00e9siale. Comme elle le dit dans le Magnificat : elle se sait regard\u00e9e avec bont\u00e9 dans sa petitesse et elle sait voir comment la mis\u00e9ricorde de Dieu atteint toutes les g\u00e9n\u00e9rations. Elle sait voir les \u0153uvres que cette mis\u00e9ricorde d\u00e9ploie et elle se sent \u2018\u2018accueillie\u2019\u2019, avec tout Isra\u00ebl, par cette mis\u00e9ricorde. Elle garde la m\u00e9moire et la promesse de la mis\u00e9ricorde infinie de Dieu pour son peuple. Son Magnificat est le Magnificat d\u2019un c\u0153ur entier, qui n\u2019est pas bless\u00e9, qui regarde l\u2019histoire et chaque personne avec sa mis\u00e9ricorde maternelle.<\/p>\n<p>En ce moment pass\u00e9 seul avec Marie, moment que m\u2019a offert le peuple mexicain, en regardant Notre Dame, la Vierge de Guadalupe, et en me laissant regarder par elle, je l\u2019ai pri\u00e9e pour vous, chers pr\u00eatres, pour que vous soyez de bons pr\u00eatres. Et dans le discours aux Ev\u00eaques je leur ai dit que j\u2019avais longuement r\u00e9fl\u00e9chi sur le myst\u00e8re du regard de Marie, sur sa tendresse et sa douceur qui nous donnent du courage pour laisser Dieu nous faire mis\u00e9ricorde. Je voudrais maintenant vous rappeler quelques \u2018\u2018mani\u00e8res\u2019\u2019 de regarder propres \u00e0 Notre Dame, de regarder en particulier ses pr\u00eatres, parce qu\u2019\u00e0 travers nous, elle veut regarder son peuple.<\/p>\n<p>Marie nous regarde de telle mani\u00e8re que l\u2019on se sent accueilli en son sein. Elle nous enseigne que \u00ab l\u2019unique force capable de conqu\u00e9rir le c\u0153ur des hommes est la tendresse de Dieu. Ce qui enchante et attire, ce qui fait fl\u00e9chir et vainc, ce qui ouvre et d\u00e9cha\u00eene, ce n\u2019est pas la force des instruments ou la duret\u00e9 de la loi, mais la faiblesse toute-puissante de l\u2019amour divin, qui est la force irr\u00e9sistible de sa douceur et la promesse irr\u00e9versible de sa mis\u00e9ricorde \u00bb (Discours aux \u00c9v\u00eaques du Mexique, 13 f\u00e9vrier 2016). Ce que vos gens cherchent dans les yeux de Marie c\u2019est \u00ab un sein \u00e0 travers lequel les hommes, toujours orphelins et d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s, sont \u00e0 la recherche d\u2019un abri, d\u2019un foyer \u00bb (ibid). Et cela est li\u00e9 \u00e0 sa fa\u00e7on de regarder : l\u2019espace que ses yeux ouvrent est celui d\u2019un sein, non celui d\u2019un tribunal ni d\u2019un cabinet \u2018\u2018professionnel\u2019\u2019. Si parfois vous remarquez que votre regard s\u2019est endurci, que lorsque vous voyez les gens, vous \u00eates irrit\u00e9s ou que vous ne sentez rien, regardez-la de nouveau, regardez-la avec les yeux des plus petits de vos gens, qui mendient un sein, et elle purifiera votre vue de toutes les \u2018\u2018cataractes\u2019\u2019 qui emp\u00eachent de voir le Christ dans les \u00e2mes, elle vous gu\u00e9rira de toutes les myopies qui obscurcissent les besoins des gens, qui sont ceux du Seigneur incarn\u00e9, et de toutes les presbyties qui ne voient pas les d\u00e9tails, la note \u00e9crite \u2018\u2018en petit caract\u00e8re\u2019\u2019, o\u00f9 se jouent les r\u00e9alit\u00e9s importantes de la vie de l\u2019\u00c9glise et de la famille.<\/p>\n<p>Une autre \u2018\u2018mani\u00e8re de regarder de Marie\u2019\u2019 a rapport au tissu : Marie regarde \u2018\u2018en tissant\u2019\u2019, en voyant comment elle peut utiliser au mieux toutes les choses que vos gens lui apportent. Je disais aux \u00c9v\u00eaques mexicains que \u00ab dans le manteau de l\u2019\u00e2me mexicaine, Dieu a tiss\u00e9, avec le fil des empreintes m\u00e9tisses de son peuple, le visage de sa manifestation dans la Morenita \u00bb (ibid). Un Ma\u00eetre spirituel enseigne que ce que l\u2019on dit de Marie de fa\u00e7on sp\u00e9ciale, on le dit de l\u2019Eglise de mani\u00e8re universelle et de chaque \u00e2me sp\u00e9cifiquement (cf. Isaac de l\u2019\u00c9toile, Serm. 51 : PL 194, 1863). En voyant comment Dieu a tiss\u00e9 le visage et la figure de la Guadalupana sur la tilma de Juan Diego, nous pouvons prier en contemplant la mani\u00e8re dont il tisse notre \u00e2me et la vie de l\u2019\u00c9glise. On dit qu\u2019on ne peut pas voir comment est \u2018\u2018peinte\u2019\u2019 l\u2019image. C\u2019est comme si elle \u00e9tait imprim\u00e9e. J\u2019aime \u00e0 penser que le miracle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 seulement \u2018\u2018d\u2019imprimer ou de peindre l\u2019image avec un pinceau\u2019\u2019 mais que \u2018\u2018le manteau tout entier a \u00e9t\u00e9 recr\u00e9\u00e9\u2019\u2019, transfigur\u00e9 de la t\u00eate aux pieds, et chaque fil \u2013 ces manteaux que les femmes apprennent \u00e0 tisser d\u00e8s le bas \u00e2ge, et pour les v\u00eatements plus raffin\u00e9s elles utilisent les fibres du c\u0153ur de l\u2019agave (la plante dont on tire les fils) \u2013, chaque fil \u00e0 sa place est transfigur\u00e9, \u00e9pousant les d\u00e9tails qui brillent chacun \u00e0 sa place, et, entrecrois\u00e9s avec les autres, transfigur\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re, font appara\u00eetre le visage de Notre Dame, toute sa personne et ce qui l\u2019entoure. La mis\u00e9ricorde fait de m\u00eame, elle ne nous \u2018\u2018peint\u2019\u2019 pas, de l\u2019ext\u00e9rieur, une face de bonne personne, elle ne nous fait pas le photoshop, mais avec les fils m\u00eames de nos \u2018\u2018mis\u00e8res\u2019\u2019 et de nos p\u00e9ch\u00e9s, entrecrois\u00e9s par l\u2019amour du P\u00e8re, elle nous tisse de telle mani\u00e8re que notre \u00e2me se renouvelle en retrouvant sa vraie image, celle de J\u00e9sus. Soyez donc des pr\u00eatres \u00ab capables d\u2019imiter cette libert\u00e9 de Dieu en choisissant ce qui est humble pour rendre visible la majest\u00e9 de son visage, et de faire v\u00f4tre cette patience divine en tissant, avec le fil fin de l\u2019humanit\u00e9 que vous trouvez, cet homme nouveau que votre pays attend. Ne vous laissez pas guider par le vain d\u00e9sir de changer le peuple comme si l\u2019amour de Dieu n\u2019avait pas assez de force pour le changer \u00bb (Discours aux \u00c9v\u00eaques du Mexique, 13 f\u00e9vrier 2016).<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me mani\u00e8re de regarder est l\u2019attention : Marie observe avec attention, elle se tourne et s\u2019implique enti\u00e8rement avec celui qui est devant elle, comme une m\u00e8re toute attentive \u00e0 son petit enfant qui lui raconte quelque chose : \u00ab Comme l\u2019enseigne la belle tradition de Guadalupe, la Morenita prot\u00e8ge les regards de ceux qui la contemplent, refl\u00e8te le visage de ceux qui la rencontrent. Il faut apprendre qu\u2019il y a une quelque chose d\u2019unique dans chacun de ceux qui, \u00e0 la recherche de Dieu, nous regardent. Il nous revient de ne pas nous rendre imperm\u00e9ables \u00e0 ces regards, de garder en nous chacun d\u2019eux, de les conserver dans le c\u0153ur, de les sauvegarder. Seule une \u00c9glise capable de sauvegarder le visage des hommes qui viennent frapper \u00e0 sa porte est capable de leur parler de Dieu. Si nous ne d\u00e9chiffrons pas leurs souffrances, si nous ne nous rendons pas compte de leurs besoins, nous ne pourrons rien leur offrir. La richesse que nous poss\u00e9dons coule seulement quand nous rencontrons la pauvret\u00e9 de ceux qui mendient, et cette rencontre se r\u00e9alise pr\u00e9cis\u00e9ment dans notre c\u0153ur de Pasteurs \u00bb (ibid). J\u2019ai dit \u00e0 vos \u00c9v\u00eaques de vous pr\u00eater attention \u00e0 vous leurs pr\u00eatres, de ne pas vous \u00ab laisser expos\u00e9s \u00e0 la solitude et \u00e0 l\u2019abandon, en proie \u00e0 la mondanit\u00e9 qui d\u00e9vore le c\u0153ur \u00bb (ibid). Le monde nous observe attentivement, mais pour nous \u00ab d\u00e9vorer \u00bb, pour nous transformer en consommateurs\u2026 Nous avons tous besoin d\u2019\u00eatre regard\u00e9s avec attention, disons, avec un int\u00e9r\u00eat gratuit. \u00ab Soyez attentifs \u2013 disais-je aux \u00c9v\u00eaques \u2013 et apprenez \u00e0 lire [dans] leurs regards pour vous r\u00e9jouir avec eux lorsqu\u2019ils sentent la joie de raconter ce qu\u2019ils \u00ab ont fait et enseign\u00e9 \u00bb (Mc 6, 30), et \u00e9galement pour ne pas reculer lorsqu\u2019ils se sentent un peu abattus et ne peuvent que pleurer parce qu\u2019ils \u00ab ont reni\u00e9 le Seigneur \u00bb (Lc 22, 61-62), et aussi, pourquoi pas, pour les soutenir, en communion avec le Christ, quand l\u2019un ou l\u2019autre, d\u00e9j\u00e0 abattu, sortira avec Judas \u00ab dans la nuit \u00bb (Jn 13, 30). Que jamais, dans ces situations, ne manque votre paternit\u00e9, en tant qu\u2019Ev\u00eaques, \u00e0 vos pr\u00eatres. Encouragez la communion entre eux ; promouvez leurs dons ; int\u00e9grez-les dans les grandes causes, car le c\u0153ur de l\u2019ap\u00f4tre n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fait pour des choses petites \u00bb.<\/p>\n<p>Enfin, Marie regarde de mani\u00e8re \u2018\u2018int\u00e9grale\u2019\u2019, unifiant tout, notre pass\u00e9, le pr\u00e9sent et l\u2019avenir. Elle n\u2019a pas un regard fragment\u00e9 : la mis\u00e9ricorde sait voir la totalit\u00e9 et saisit ce qui est le plus n\u00e9cessaire. Comme Marie \u00e0 Cana, qui est capable de \u2018\u2018compatir\u2019\u2019 par avance \u00e0 ce que provoquera le manque de vin \u00e0 la f\u00eate des noces et qui demande \u00e0 J\u00e9sus d\u2019y porter rem\u00e8de sans que personne ne s\u2019en rende compte, nous pouvons de m\u00eame regarder notre vie sacerdotale tout enti\u00e8re comme \u2018\u2018anticip\u00e9e par la mis\u00e9ricorde\u2019\u2019 de Marie, qui, pr\u00e9voyant nos manques, a pourvu \u00e0 tout ce que nous avons. S\u2019il y a un peu de \u2018\u2018bon vin\u2019\u2019 dans notre vie, ce n\u2019est pas par notre m\u00e9rite, mais par sa \u2018\u2018mis\u00e9ricorde anticip\u00e9e\u2019\u2019, celle qu\u2019elle chante d\u00e9j\u00e0 ainsi dans le Magnificat : le Seigneur \u2018\u2018s\u2019est pench\u00e9 sur son humble servante\u2019\u2019 et \u2018\u2018s\u2019est souvenu de sa (son alliance de) mis\u00e9ricorde\u2019\u2019, une mis\u00e9ricorde qui \u2018\u2018s\u2019\u00e9tend d\u2019\u00e2ge en \u00e2ge\u2019\u2019 sur les pauvres et les opprim\u00e9s (cf. Lc 1, 46-55). La lecture que fait Marie est une lecture de l\u2019histoire comme mis\u00e9ricorde.<\/p>\n<p>Nous pouvons conclure en priant le Salve Regina, dont les invocations font \u00e9cho \u00e0 l\u2019esprit du Magnificat. Elle est M\u00e8re de mis\u00e9ricorde, de vie, de douceur, et elle est notre esp\u00e9rance. Ses yeux mis\u00e9ricordieux sont ceux que nous consid\u00e9rons comme le meilleur vase de la mis\u00e9ricorde, dans le sens o\u00f9 nous pouvons boire en eux ce regard indulgent et bon, dont nous avons soif comme on peut seulement avoir soif d\u2019un regard. Ces yeux mis\u00e9ricordieux sont \u00e9galement ceux qui nous font voir les \u0153uvres de mis\u00e9ricorde de Dieu dans l\u2019histoire des hommes et d\u00e9couvrir J\u00e9sus sur leurs visages. En Marie nous trouvons la terre promise \u2013 le R\u00e8gne de la mis\u00e9ricorde instaur\u00e9 par Notre Seigneur \u2013 qui vient, d\u00e9j\u00e0 en cette vie, apr\u00e8s tout exil o\u00f9 nous envoie le p\u00e9ch\u00e9. Dans sa main et sous son regard, nous pouvons chanter avec joie les grandeurs du Seigneur. Nous pouvons lui dire : mon \u00e2me te chante Seigneur parce que tu as regard\u00e9 avec bont\u00e9 l\u2019humilit\u00e9 et la petitesse de ton serviteur. Heureux suis-je d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 pardonn\u00e9. Ta mis\u00e9ricorde, celle que tu as eue envers tous les saints et envers tout ton peuple fid\u00e8le, m\u2019a atteint moi aussi. Je me suis perdu, en me cherchant moi-m\u00eame, en raison de l\u2019orgueil de mon c\u0153ur, mais je ne suis mont\u00e9 sur aucun tr\u00f4ne, Seigneur, et mon unique gloire, c\u2019est que ta M\u00e8re m\u2019accueille en son sein, me couvre de son manteau et me mette pr\u00e8s de son c\u0153ur. Je d\u00e9sire \u00eatre aim\u00e9 par toi, comme un de plus parmi les plus humbles de ton peuple, rassasier de ton pain ceux qui ont faim de toi. Souviens-toi Seigneur de ton alliance de mis\u00e9ricorde avec tes fils, les pr\u00eatres de ton peuple. Que nous soyons, avec Marie, signe et sacrement de ta mis\u00e9ricorde.<\/p><\/blockquote>\n<p><em>(Image : CNS photo\/Angelo Carconi, EPA)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deuxi\u00e8me m\u00e9ditation du Jubil\u00e9 extraordinaire de la Mis\u00e9ricorde Retraite spirituelle pr\u00e9sid\u00e9e par le pape Fran\u00e7ois Lors du Jubil\u00e9 des pr\u00eatres, 2 juin 2016 (Basilique Sainte-Marie-Majeure) Deuxi\u00e8me m\u00e9ditation : le r\u00e9ceptacle de la Mis\u00e9ricorde Le r\u00e9ceptacle de la Mis\u00e9ricorde est notre p\u00e9ch\u00e9. 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