Possible béatification du serviteur de Dieu le Pape Paul VI

Paul-VI-65-e13994745384782Père Thomas Rosica, c.s.b.

Voici ma réponse aux dizaines de demandes d’informations que j’ai reçues hier à propos de la possible et imminente béatification du Pape Paul VI qui pourrait avoir lieu à la fin du Synode des Évêques en octobre prochain. Tout d’abord, il est important de rappeler qu’avant de parler ou d’écrire avec certitude au sujet de la reconnaissance d’un miracle ou d’établir une date de cérémonie, la Congrégation pour la cause des saints doit se réunir, approuver le miracle. Ensuite, et seulement ensuite, le Préfet de la Congrégation peut présenter une proposition au Pape François pour son approbation finale et sa signature. Cela n’a pas été fait. Ainsi, il est plus sage d’attendre le décret officiel avant d’annoncer et d’écrire à propos d’une date de béatification.

De même, plusieurs personnes et des agences de presse m’ont demandé de présenter une brève biographie du Pape Paul VI pour que nous puissions nous familiariser avec sa vie héroïque et sa contribution plus que significative pour l’Église et le monde. Le texte qui suit a été préparé par la Fondation catholique Sel et Lumière média pour notre plus récente série de documentaires télévisés « The Church Alive ». Cela pourrait vous être utile.

Le serviteur de Dieu le Pape Paul VI (1963-1978)

Giovanni Battista Enrico Antonio Maria Montini, qui sera plus tard appelé Paul VI, est né le 26 septembre 1897. Il fut élu Pape le 21 juin 1963 et le resta jusqu’à sa mort le 6 août 1978. Le Cardinal Montini, à son élection sur le Siège de Pierre, prit le nom de Paul VI pour indiquer sa mission renouvelée et mondiale de répandre le message du Christ. Il convoqua de nouveau le Concile du Vatican, suspendu après la mort de Jean XXIII, en faisant une priorité dans l’Église et lui donnant une orientation. Dans son premier discours comme Pape, il s’engagea à continuer le travail commencé par son prédécesseur Jean XXIII lors de l’ouverture du Concile Vatican II. Le 14 septembre 1965, il annonça l’établissement d’un Synode des évêques, répondant ainsi à la demande des Pères du Concile. Il fut un Pape qui a beaucoup voyagé et le premier à visiter les cinq continents.

Avant de devenir Pape, Montini servit à la Secrétairerie d’État du Vatican de 1922 à 1954. Durant la deuxième Guerre mondiale, il était responsable de l’organisation de l’immense travail de secours et d’aide aux réfugiés politiques.

En 1954, Pie XII le nomma archevêque de Milan, le plus grand diocèse d’Italie. Montini prit possession du Siège milanais le 5 janvier 1955 et se fit vite connaître comme « l’évêque des travailleurs ». Il revitalisa le diocèse entier, prêcha le message social de l’Évangile, travailla à regagner la classe ouvrière, fit la promotion de l’éducation catholique à tous les niveaux et encouragea la presse catholique. Son impact sur la ville à cette époque fut si grand qu’il attira l’attention du monde entier. Au premier consistoire du Pape Jean, l’Archevêque Montini fut l’un des 23 prélats élevés au cardinalat. Sa réponse à l’annonce de l’ouverture du Concile fut immédiate puisque même avant sa tenue il avait été identifié comme un grand supporteur de la collégialité.

Ceux qui l’ont connu personnellement affirment qu’il était un homme brillant, profondément spirituel, humble, réservé et gentil, un homme d’une « infinie courtoisie ». Il est reconnu pour ses réformes rigoureuses de la Curie romaine. Parmi ses grands écrits figurent son discours à l’ONU en 1965, son encyclique Populorum Progressio (1967), sa deuxième grande lettre sociale Octogesimo adveniens (1971), dans laquelle il montre de la sollicitude pour les grands problèmes qui n’avaient jamais été mis en lumière jusque là, son exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi, sa dernière allocution touchant également la question d’une juste compréhension du concept de libération et de salut.

Paul VI chercha le dialogue avec le monde, avec d’autres chrétiens, avec d’autres religions et avec les athées. Il se percevait comme un humble serviteur et réalisa plusieurs réformes en faveur des plus pauvres. Paul VI mourut le 6 août 1978 après une courte maladie. En 1993, la cause de la canonisation de Paul VI fut initiée jusqu’à ce qu’en décembre 2013, les officiels du Vatican attribuent un miracle par son intercession. Il s’agit d’une guérison « inexplicable » du point de vue de la médecine. Une fois cette guérison confirmée, le Vénérable Paul VI sera proclamé « Bienheureux ».

De fait, si le Pape Paul VI est proclamé Bienheureux bientôt, il deviendra le dixième Souverain Pontife à avoir ce titre. Il le sera au côté de :

-Bienheureux Victor III
-Bienheureux Urbain II
-Bienheureux Eugène III
-Bienheureux Grégoire X
-Bienheureux Innocent V
-Bienheureux Benoît XI
-Bienheureux Urbain V
-Bienheureux Innocent XI
-Bienheureux Pie IX