L’avenir de l’humanité passe par la famille

Fête de la Sainte Famille – dimanche 30 décembre 2018

Sirach 3,2-6.12-14
Colossiens 3,12-21
Luc 2,41-52

Dans la foulée de la fête de Noël, l’Église célèbre la fête de la Sainte Famille en invitant les fidèles à réfléchir sur le don et le mystère de la vie, et en particulier sur la bénédiction qu’est la famille.

Le récit de l’évangile pour cette fête (Luc 2,41-52) rapporte un incident de la jeunesse de Jésus qui est unique dans le Nouveau Testament. Le récit de l’enfance, tout en donnant peu de détails concernant la première partie de la vie de Jésus, mentionne que « les parents de Jésus allaient chaque année à Jérusalem à la fête de la Pâque (2,41), » une indication de leur piété, leur fidélité à la loi et à la tradition d’Israël.

Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume. Comme ils s’en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s’en aperçoivent. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions (2,42-43.46)

Les paroles mystérieuses de Jésus à ses parents semblent maîtriser leur joie de le trouver: « Comment se fait-il que vous me cherchiez ? Ne saviez-vous pas que je dois être chez mon Père ? (2,49). Cette phrase peut aussi être traduite: « Je dois être immergé dans le travail de mon Père. » Dans les deux traductions, Jésus réfère à Dieu comme son Père. Sa filiation divine et son obéissance à la volonté de son Père céleste prennent le pas sur ses liens avec sa famille.

En dehors de cet événement, toute la période de l’enfance et de la jeunesse de Jésus est passée sous silence dans l’Evangile. C’est l’époque de sa « vie cachée », résumée par Luc dans deux déclarations simples: Jésus « est descendu avec [Marie et Joseph] et vint à Nazareth, et il leur était soumis (Luc 2,51). » « Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes (Luc 2,52). » Avec cet épisode, le récit de l’enfance se termine comme il a commencé, dans le cadre du temple de Jérusalem.

Nous apprenons des Évangiles que Jésus vécut dans sa propre famille, dans la maison de Joseph, qui avait pris la place d’un père à l’égard du fils de Marie en aidant et en protégeant, et peu à peu en le formant au métier de menuisier. Les gens de la ville de Nazareth le considéraient comme « le fils du charpentier » (Matthieu 13,55). Lorsqu’il commença à enseigner, ses concitoyens demandèrent avec surprise: « N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie ? » (Marc 6,3). Outre sa mère, ils ont évoqué également ses « frères » et ses « sœurs », qui vécurent à Nazareth. Ce sont eux qui, comme l’évangéliste Marc le mentionne, cherchèrent à détourner Jésus de son activité d’enseignement (Marc 3,21). Évidemment, ils n’ont rien trouvé en lui qui justifiait le début d’une telle activité. Ils pensaient que Jésus était comme n’importe quel autre israélite, et devrait le rester.

École de Nazareth

Les paroles du pape Paul VI prononcées à Nazareth le 5 janvier 1964 constituent une belle réflexion sur le mystère de Nazareth et de la Sainte Famille. Ses paroles nous inspirent tous à imiter la famille de Dieu dans leurs belles valeurs du silence, de vie familiale et professionnelle.

Nazareth est l’école où l’on commence à comprendre la vie de Jésus: l’école de l’Evangile. Ici on apprend à regarder, à écouter, à méditer et à pénétrer la signification, si profonde et si mystérieuse, de cette très simple, très humble et très belle manifestation du Fils de Dieu. Peut-être apprend-on même insensiblement à imiter. Ici on apprend la méthode qui Nous permettra de comprendre qui est le Christ. Ici on découvre le besoin d’observer le cadre de son séjour parmi nous: les lieux, les temps, les coutumes, le langage, les pratiques religieuses, tout ce dont s’est servi Jésus pour se révéler au monde.

Une leçon de silence d’abord. Que renaisse en nous l’estime du silence, cette admirable et indispensable condition de l’esprit; en nous qui sommes assaillis par tant de clameurs, de tracas et de cris dans notre vie moderne bruyante et hypersensibilisée. O silence de Nazareth, enseigne-nous le recueillement, l’intériorité, la disposition à écouter les bonnes inspirations et les paroles des vrais maîtres; enseigne-nous le besoin et la valeur des préparations, de l’étude, de la méditation, de la vie personnelle et intérieure, de la prière que Dieu seul voit dans le secret.

Une leçon de vie familiale. Que Nazareth nous enseigne ce qu’est la famille, sa communion d’amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable; apprenons de Nazareth comment la formation qu’on y reçoit est douce et irremplaçable; apprenons quel est son rôle primordial sur le plan social.

Une leçon de travail. Nazareth, ô maison du « fils du charpentier », c’est ici que nous voudrions comprendre et célébrer la loi sévère et rédemptrice du labeur humain; ici rétablir la conscience de la noblesse du travail; ici rappeler que le travail ne peut pas être une fin à lui-même, mais que sa liberté et sa noblesse lui viennent, en plus de sa valeur économique, des valeurs qui le finalisent.

Défis pour aujourd’hui

De nos jours, nous sommes témoins d’un manque inquiétant de milieux éducatifs, non seulement en dehors de l’Église, mais aussi au sein de l’Eglise. La famille chrétienne n’est plus capable à elle seule d’assurer la transmission de la foi à la génération suivante, pas plus que la paroisse, même si elle continue d’être la structure indispensable pour la mission pastorale de l’Église dans un lieu donné.

En tant que communauté chrétienne et en tant que société en général, nous devons faire davantage pour encourager l’union, l’engagement d’un homme et d’une femme qui demeure essentiel à toutes les civilisations, et s’est avéré être le meilleur soutien pour les droits et les besoins des enfants. Nous devons bien réfléchir sur les conséquences sociales de la redéfinition du mariage, en examinant tout ce qui est impliqué si la société ne donne plus une place privilégiée et une valeur fondamentale à l’union pour la vie entre un homme et une femme dans le mariage. Comme la clé de voûte de la société, la famille est l’environnement le plus favorable pour accueillir les enfants. En même temps, la liberté de conscience et de religion doit être assurée, tout en respectant la dignité de toute personne, quelle que soit leur orientation sexuelle.

Deux problèmes distincts se dégagent de ces grands débats de notre époque concernant le mariage et la famille. La fête de la Sainte Famille lance une invitation urgente, en particulier aux fidèles laïcs, de faire respecter la dignité de l’institution et du sacrement du mariage. Appuyez les programmes de préparation au mariage dans vos communautés paroissiales. Exigez que, dans vos paroisses et diocèses, il y ait de solides programmes vocationnels pour les jeunes. Les paroisses, diocèses et mouvements laïcs qui n’ont pas de stratégie pastorale créative ni de programme vocationnel sur le mariage pour les jeunes laissent la porte ouverte à une confusion morale considérable, à de l’incompréhension, de la désinformation, et laissent ainsi un vide à combler.

Du même coup, nous ne pouvons oublier que d’autres liens d’amour et d’interdépendance, d’engagement et de responsabilité mutuelle existent dans la société. Ils peuvent être bons, ils peuvent même être reconnus par la loi. Ils ne sont pas les mêmes que le mariage, ils sont quelque chose d’autre. Aucune extension de la terminologie à des fins juridiques ne va changer la réalité observable que seule l’union d’un homme et d’une femme porte, non seulement le lien d’interdépendance entre les deux adultes, mais la capacité inhérente à mettre au monde des enfants.

En cette fête de la Sainte Famille, nous renouvelons notre engagement en faveur de l’édification de la famille humaine, du renforcement et de la consécration du mariage, de la bénédiction et de l’éducation des enfants, et pour faire de nos foyers, nos familles et nos paroisses des lieux accueillants pour les femmes et les hommes de toute race, langue, orientation et mode de vie. 

Fondement de la société       

« L’avenir de l’humanité passe par la famille », comme Saint Jean-Paul II aimait dire souvent. Les lectures d’aujourd’hui nous rappellent que la famille a un impact vital sur la société. Le fondement de la société est la famille. Et le fondement de la famille est le mariage. La vocation au mariage est inscrite dans la nature même de l’homme et de la femme. Comme la clé de voûte de la société, la famille est l’environnement le plus favorable pour accueillir les enfants. Nous avons besoin de jeunes adultes qui diront leur « oui » avec joie, conviction, foi et espérance. Ils sont notre avenir et notre espoir. Nous ne pouvons pas construire l’avenir de la société et de l’Église sans les personnes mariées. Sans elles, nous n’aurons pas de saintes familles aujourd’hui.

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(Image : The Holy Family with the Holy Trinity by Bartolomé Esteban Murillo)