Trois ans déjà…

par Marie-Noëlle Chaumette, x.m.c.j.

(NDLR: Marie-Noëlle est une nouvelle membre de l’équipe de Télévision Sel+Lumière. Religieuse de la communauté des Xavières, elle sera une collaboratrice régulière de ce blogue. Nous sommes très heureux de l’accueillir parmi nous.)

Trois ans après la mort du pape Jean-Paul II, pape exceptionnel, homme de foi, de prière et de communication sans précédents,  plusieurs images me viennent à l’esprit:

d’abord, à Assise le 27 octobre 1986, aux côtés de plusieurs représentants des différentes confessions religieuses qui ont répondu à son invitation. Dans son discours, Jean-Paul II a souligné le souci commun pour la paix et que l’église n’avait pas suffisamment œuvré en ce sens. Il a montré une image humble de l’église.

Prendre un temps ensemble pour dire au monde que la paix est plus forte que la guerre et que la prière est essentielle. Oser ce geste était, il y a plus de 20 ans, prophétique et cela a des conséquences encore aujourd’hui pour le dialogue interreligieux.
 

Puis, à Jérusalem, au mur des Lamentations où Jean-Paul II a glissé un message de repentance dans le mur. La portée de son geste dans sa simplicité dit bien combien il était un homme de prière. Ayant vécu pendant une année en Israël, j’ai été touchée personnellement par ses paroles vis-à-vis de la communauté juive comme étant “nos frères aînés”, reconnaissant nos liens très particuliers avec nos frères juifs. Ces paroles ouvrent de nouvelles perspectives pour l’avenir. 
 
Bien sûr, lors de ses dernières Journées Mondiales de la Jeunesse à Toronto, où affaibli par la maladie, le pape retrouvait des forces dès qu’il voyait les jeunes qu’il aimait; il avait le don de leur parler et de leur donner confiance en l’avenir. L’un d’entre eux m’a dit “pour moi, le pape, il est comme mon grand-père! Je n’ai connu que lui”. Il avait une proximité tout à fait exceptionnelle avec les jeunes, qui ne s’est pas démentie dans la durée.
 
Son dernier voyage en France à Lourdes, venu pour célébrer les 150 ans du dogme de l’Immaculée Conception et aussi en tant que malade pour prier à la grotte comme tout pèlerin, sachant qu’il était aussi au soir de sa vie, m’a beaucoup touchée. Lourdes est un lieu de pèlerinage et de conversion où chacun vient déposer ses soucis et se remettre dans les mains de Dieu, par l’intermédiaire de Vierge Marie.

C’est un homme de foi qui a osé poser des gestes forts de réconciliation, qui aimait communiquer la bonne nouvelle de l’évangile, qui a créé des ponts entre les personnes de différentes croyances, générations et peuples, qui a voyagé, n’a pas compté sa peine pour rencontrer des personnes que les chefs d’état vont rarement visiter comme les prisonniers, sans parler de l’homme qui avait voulu le tuer.

Jean-Paul II est à jamais le pèlerin de Dieu et il m’invite à l’audace pour témoigner, en tant que religieuse, de l’amour inconditionnel de Jésus-Christ “l’unique chemin de l’Homme” pour chacun et chacune de nous.