Jean Vanier, l’artisan de paix

Jean Vanier, fondateur de l’Arche, en mars 2011 à Trosly-Breuil (France) Photo crédit : L’Arche

La messe de funérailles de Jean Vanier sera célébrée ce jeudi 16 mai à Trosly-Breuil où a été fondé le premier foyer de l’Arche. La célébration produite par KTO TÉLÉVISION sera retransmise en direct à 8h00 sur Sel et Lumière TV.

Jean Vanier a consacré sa vie au service des plus fragiles. Après un début de carrière dans la Marine Britannique puis Canadienne, il quitte l’armée pour étudier la philosophie à Paris, où il obtient un doctorat sur le bonheur selon Aristote.

Peu de temps après, c’est une rencontre avec des personnes handicapées mentales qui va bouleverser sa vie. En 1964, il achète une maison à Trosly-Breuil, dans l’Oise (France), pour y vivre avec deux hommes atteints de déficience intellectuelle. C’est ainsi qu’est né le premier foyer de l’Arche.

Cette communauté, en faisant vivre ensemble des personnes handicapées mentales et ceux qui les accompagnent, veut s’engager à construire une société plus humaine, basée sur la relation, l’inclusion et le respect.

Jean Vanier, son fondateur, expliquait que le secret de l’Arche se trouve non seulement dans la relation, mais dans la rencontre des gens, le cœur à cœur. « Ecouter les gens dans leurs douleurs, leurs joies, leurs espoirs, leurs histoires : écouter battre leurs cœurs. »

Aujourd’hui la communauté de l’Arche représente plus de 150 foyers à travers le monde. Elle regroupe plus de 10 000 membres dans 38 pays dont 35 en France et 30 au Canada.

L’Arche, refuge des personnes handicapées

Jean Vanier a rejoint le Père dans la nuit du 6 au 7 mai 2019.  mais ses oeuvres se poursuivent sur Terre. La communauté de l’Arche, qu’il a fondée en 1964, est une belle leçon d’humanité. Cette organisation accueille les personnes avec un handicap intellectuel pour leur permettre de partager leurs talents et faire connaitre leur don, afin de construire une société plus humaine, basée sur les relations mutuelles. Nous avions réalisé un reportage sur la communauté de l’Arche lors des JMJ de Cracovie. Aujourd’hui encore le sujet reste d’actualité.

Jean Vanier et l’Ordre du Canada

par Sébastien Lacroix

Certains parmi vous se demandaient peut-être où se trouvait Jean Vanier lors de la saga entourant la remise de l’Ordre du Canada au Dr Henry Morgentaler. D’abord, Jean Vanier n’aime pas les sagas, ni les histoires qui font des vagues. Où était Jean Vanier ? Il s’occupait justement de ceux qui sont dans le besoin, qui sont différents, des plus vulnérables et des plus faibles. « L’Arche m’a montré que l’on devient pleinement humain lorsqu’on s’ouvre à ces personnes-là, pour paraphraser l’homme qui a fêté ses 80 ans en septembre dernier. »

Depuis octobre, Jean Vanier a accepté de correspondre avec Ian Brown, journaliste au Globe and Mail. Samedi dernier, le journal publiait la lettre de M. Brown dans laquelle il parle de son fils de 12 ans atteint d’autisme et d’autres problèmes. Il demandait à Jean Vanier pourquoi il a gardé son insigne et s’est abstenu de parler. Le fondateur de l’Arche a répondu qu’il ne voulait pas entrer dans une discussion qu’il considère douloureuse.

Nul ne peut douter que Jean Vanier croit que la vie est sacrée. L’Ordre du Canada ? « Je crois en la valeur de l’Ordre du Canada. Il ne me revient pas de juger qui ne devrait pas le recevoir. Je ne peux juger des intentions. »

L’octogénaire nous invite à nous poser les bonnes questions : « Quel est le sens de la vie ? Que signifie être humain ? Comment aider les personnes à découvrir qui elles sont vraiment, leur valeur, leur beauté intérieure, leurs dons mais aussi leurs faiblesses, et comment les aider à accepter les autres comme ils sont ? »
Ce sont là de grandes questions auxquelles Jean Vanier offrent certains éléments de réponse. Notre vie n’est pas pour nous-mêmes, mais pour être dans des rapports d’amour et de bonté, en nous donnant la vie les uns aux autres !

« Mon espérance, dit-il, est que nous cherchions tous à créer un monde où chaque vie est vue comme précieuse et où ceux qui se sentent perdus et seuls, se trouvent enfin parce qu’ils ont été trouvés.

Mon espérance est que l’on continue d’octroyer l’Ordre du Canada à ceux qui grandissent dans la liberté et qui donnent et encouragent la vie. »

La vie est sacrée, nous dit Jean Vanier, mais dans un monde brisé où tant de gens souffrent de solitude et ne se sentent ni dignes ni aptes à donner la vie, notre humanité nous appelle à ouvrir nos bras, ouvrir notre cœur, pour donner au monde le courage de porter ce qui est beau et ce qui est vrai.

Lisez la lettre complète de Jean Vanier en anglais.