Message de Mgr Christian Lépine suite à la tragédie de Toronto

Vous trouverez ci-dessous le message de S. Exc. Mgr Christian Lépine suite à la tragédie qui a eu lieu à Toronto:

« Chaque vie humaine est une histoire »

Chers fidèles du diocèse de Montréal,

Depuis hier nous sommes sous le choc suite à la tragédie qui a eu lieu à Toronto. Pour le moment on sait que 10 personnes ont été tuées et 15 blessées. Nous n’avons pas d’idée précise du motif qui a amené un homme à foncer sur les personnes avec un véhicule. Cependant nous sommes profondément touchés par le drame qui a frappé les victimes et leurs familles.

Chaque vie humaine est une histoire, et hier des personnes innocentes ont été fauchées comme si elles n’étaient rien. Les personnes blessées sont marquées dans leur chair et leur âme. Les familles des victimes sont dévastées et dans une immense peine.

Au nom de tous les fidèles du diocèse de Montréal et avec eux j’exprime notre compassion devant le ravage causé par un acte insensé. Je m’unis à l’Archevêque de Toronto et à son appel à la prière. Jésus-Christ a le pouvoir de conduire à la vie éternelle et de consoler les cœurs brisés. Nous voulons nous recueillir dans le silence pour exprimer notre solidarité et confier les victimes et leurs familles à Dieu et à sa tendresse infinie.

Nous sommes réconfortés par les témoins directs de la tragédie qui ont tout fait pour porter secours et par les premiers répondants qui se sont dévoués pour faire face à la crise. Que, par la grâce de Dieu, nous continuions toujours de croire au pouvoir du bien et de l’entraide.

+Christian Lépine
Archevêque de Montréal

Des mormons rencontrent le père Thomas Rosica à Toronto

Vous trouverez ci-dessous le texte publier sur le site internet de la Salle de Presse canadienne de l’église des saints des derniers jours:

Des membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ont récemment rencontré le père Thomas Rosica au siège social de la Fondation catholique Sel et Lumière média à Toronto. Le père Rosica, PDG de la fondation, fait partie de la congrégation de Saint-Basile (pères basiliens).

Kullervo Hynynen, président du pieu de Toronto, en Ontario, a remis au père Rosica un exemplaire du livre Canadian Mormons récemment publié, dans lequel les liens du père Rosica avec l’Église sont soulignés. Le président Hynynen était accompagné de Pearl et Bruce Rae, codirecteurs des Affaires publiques de l’Église en Ontario; Hope et Pat Gani, codirecteurs des Affaires publiques du pieu de Toronto, en Ontario; Helen Warner, directrice des Affaires publiques du pieu de Brampton, en Ontario; Michèle Hynynen de Canada Mormon Newsroom et épouse du président Hynynen; et Sœur Tammy et Elder Lucky Morse, missionnaires pour les Affaires publiques de l’Église.

Le père Rosica, à son tour, a remis au président Hynynen un exemplaire de Reflets de Sa lumière. Le livre dépeint la Journée mondiale de la jeunesse de 2002 qui s’est tenue à Toronto, au cours de laquelle plusieurs saints des derniers jours ont fait du bénévolat.

Le père Rosica a aussi fait visiter le studio et les bureaux de Sel et Lumière au groupe des Affaires publiques. La fondation produit des programmes religieux pour son réseau de télévision multilingue canadien, l’un des 12 réseaux catholiques en importance dans le monde.

Au sujet de ses efforts à répandre l’espoir et à amener les gens à Jésus-Christ, le père Rosica a expliqué : « Il faut persévérer. Il ne faut pas renoncer. On continue de semer des graines. L’espérance chrétienne est extrêmement importante… […] Le meilleur de la religion est ce qui invite les gens à voir plus grand, à s’élever contre toute la colère et la frustration qui existent dans le monde, à considérer tous les humains comme n’étant qu’un et à parler de ce qui nous unit. Les gens ont besoin de Dieu dans leur vie. »

La longue collaboration du père Rosica avec l’Église à Toronto a débuté en 2001, lorsqu’il a rencontré Elder V. Dallas Merrell, ancien membre des soixante-dix, dans un avion. Cette amitié s’est développée lorsque Elder Merrell et son épouse ont servi plus tard comme missionnaires pour les Affaires publiques à Toronto.

En 2002, le père Rosica était le directeur national et PDG de la Journée mondiale de la jeunesse se tenant Toronto, à laquelle le pape Jean-Paul II a assisté. Elder Merrell a pris des dispositions pour que 350 bénévoles saints des derniers jours, plusieurs d’entre eux des jeunes, puissent servir dans des tâches diverses lors de l’événement.

Lorsqu’on a demandé au père Rosica comment aider les jeunes à se sentir plus ancrés dans la chrétienté, il a déclaré : « De nos jours, de nombreux jeunes sont désespérés. […] Nous devons leur donner une espérance réaliste pour qu’ils surmontent leur désespoir. »

Le président Hynynen a ajouté : « Nos deux religions peuvent s’unir pour apporter l’espoir, surtout aux jeunes, durant les temps difficiles. Je suis encouragé par la perspective de nos jeunes travaillant côte à côte pour nourrir cet espoir. »

C’est en raison de la grande préoccupation du père Rosica pour la jeunesse que des dirigeants de l’Église lui ont décerné le Prix pour les valeurs familiales en 2002. En 2011, le père Rosica a été invité à diriger la présentation supplémentaire du Chœur du Tabernacle Mormon au Roy Thomson Hall de Toronto. Il a souligné qu’il voulait diriger la musique afin de démontrer sa reconnaissance pour l’aide apportée par les membres de l’Église durant la Journée mondiale de la jeunesse en 2002.

En ce qui a trait à sa relation avec l’Église, le père Rosica a déclaré : « [J’encourage] tout ce que nous pouvons faire pour tisser de bons liens. Il y a des différences, mais je préfère me concentrer sur ce que nous pouvons faire et sur ce que nous avons fait ensemble pour entretenir de bonnes relations. »

Le respect des diverses croyances et des contributions uniques de toutes les religions du monde est l’un des traits caractéristiques du mormonisme.  Les saints des derniers jours acceptent tous les croyants sincères comme étant égaux dans la quête de la foi et dans la grande œuvre qui consiste à servir l’humanité.

Le président Dieter F. Uchtdorf, ancien membre de la Première Présidence, a déclaré : « Nous honorons et respectons les âmes sincères de toutes les religions. […] Nous les louons avec gratitude pour leur altruisme et leur courage. Nous les prenons dans nos bras comme des frères et sœurs, enfants de notre Père céleste. […] Il accorde la lumière à ceux qui le cherchent, l’honorent et veulent obéir à ses commandements. » (« La foi de notre Père », conférence générale d’avril 2008).

« Défi Mannequin » spécial Noël de Sel + Lumière

Vous connaissez le «mannequin challenge» (Défi mannequin). L’équipe de Sel et Lumière Toronto s’est mis de la partie avec son « défi mannequin spécial Noël ». JOYEUX NOËL à tous!

« Comme des fioles d’albâtre de nard… »

Resurrection Women cropped

Réflexion biblique du père Thomas Rosica c.s.b. pour le Veillée pascale, année C (26 mars 2016)

Je considère le chapitre sur la résurrection (24) de l’évangile de Luc comme une belle symphonie en trois mouvements. Dans le premier mouvement du tombeau vide (vv.1-12), Dieu seul dénoue une situation sans espoir et sans issue. Dans le deuxième mouvement du récit d’Emmaüs (vv.13-35), Dieu, en la personne de Jésus, accompagne des personnes dans leur chemin à travers les ruines du désespoir et de la mort. Les récits du troisième mouvement présentent Jésus parmi ses disciples (vv.36-53) et conduisent les personnes à une expérience de  communauté.

L’évangile pour la vigile de Pâques cette année (24, 1-12) est le premier mouvement d’une symphonie de résurrection. Ce sont d’abord les femmes qui découvrent le tombeau vide et reçoivent le message des anges que Jésus est ressuscité. Tandis que les femmes ne sont pas nommées au chapitre 23, nous apprenons en 24,10 qu’il s’agissait de Marie Madeleine, Jeanne et Marie, la mère de Jacques. Même si les apôtres allaient être des témoins de la résurrection (Actes 1, 22), ils semblent être dans le désarroi tandis que les femmes disciples sont là pour recevoir la joyeuse nouvelle.

L’histoire du tombeau vide commence par une référence aux épices que les femmes avaient préparées. Le passage précédent racontant l’enterrement de Jésus (23, 50-56) se termine avec une note selon laquelle les femmes qui étaient venues avec Jésus de Galilée ont suivi Joseph d’Arimathie et ont vu le tombeau ainsi que la manière dont le corps de Jésus y avait été étendu. Les femmes connaissaient le tombeau exact où Jésus avait été placé. Il n’y avait aucune possibilité de confondre le tombeau. Après avoir préparé des épices et des onguents, elles se sont reposées le jour du sabbat d’après la loi juive. Le sabbat terminé elles sont venues embaumer le corps de Jésus pour qu’il ait un enterrement approprié.

Devant la grande perplexité des femmes face au tombeau vide, on leur demande pourquoi elles cherchent le vivant parmi les morts. Elles sont mises au défi par les deux hommes en vêtements éblouissants de se rappeler ce que Jésus leur avait dit, tandis qu’il était toujours en Galilée, que le fils de l’homme devait souffrir, être crucifié et se relever au troisième jour. Tout d’un coup, tout change ! Jésus « n’est pas ici, mais il est ressuscité ». L’histoire tragique du Vendredi Saint ne se termine pas avec la mort de Jésus. Il y a une suite. Dieu élève Jésus des morts et écrit de ce fait un autre chapitre dans l’histoire du salut. Il y aura un lendemain parce que le tombeau n’est pas la fin. L’annonce, qui a changé la tristesse de ces femmes pieuses en joie, résonne avec une éloquence invariable dans toute l’Église au cours de la célébration de la Vigile pascale.

Se rappeler les paroles et les événements

Les quatre évangiles ont été écrits du point de vue de la foi des disciples après qu’ils aient fait l’expérience des événements de la mort et de la résurrection de Jésus. Cette même foi de Pâques a informé et donné forme au récit évangélique tel que nous les avons. À travers ces récits, il y a un effet dynamique entre l’événement, la foi, et la forme finale du texte biblique. On nous somme de nous souvenir des paroles et des événements du passé. En fait, une des faiblesses humaines est que nous oublions trop vite ce que Dieu a dit ou fait. Dieu lui n’oublie pas. Dieu se souvient et est fidèle à son alliance.

Dans le verset 8 de l’évangile de ce samedi nous avons lu : « Alors elles se rappelèrent ses paroles. » Les femmes répondent avec foi en se rappelant les paroles de Jésus. Elles croient au message des anges en se rappelant ce que Jésus avait dit et vont rapporter la bonne nouvelle aux onze et aux autres.  Mais « ces propos leur semblèrent délirants et ils ne les croyaient pas » (v. 11). Les femmes croient, mais pas les onze apôtres!

Tandis que Luc donne une large place aux apôtres dans l’évangile et dans les Actes, il est également assez franc pour préciser l’échec des leaders humains de ce récit. Dans beaucoup de commentaires au sujet de ce passage, l’idée dominante est que les apôtres n’ont pas cru les femmes précisément parce qu’elles étaient des femmes, comme si le résultat avait été bien différent si des hommes avaient relaté la résurrection! Je ne pense pas que le problème était dû au fait que des femmes étaient impliquées. Le problème est que les apôtres mâles ne se sont tout simplement pas rappelés ce que Jésus avait dit.

En dépit de leur incrédulité, Pierre semble croire suffisamment les femmes pour courir au tombeau et voir les lambeaux du linceul et rentre à la maison stupéfait de ce qui s’était produit. Sa réponse correspond difficilement à une foi authentique. N’oublions jamais que la stupéfaction ne correspond pas exactement à la foi authentique. Les foules qui ont vu les miracles de Jésus pouvaient être stupéfiées sans toutefois devenir des disciples. Être disciple exige engagement, confiance, et obéissance. La stupéfaction et l’étonnement n’exigent rien de cela. [Read more…]

Un prix Gabriel pour « Panes of Glory » !

Jeudi, le 21 juin 2012, lors d’une cérémonie de l’Académie des professionnels Catholiques des arts de la Communication, tenue au Centre des Congrès d’Indianapolis, dans l’état de l’Indiana aux États-Unis, le prix Gabriel pour le meilleur documentaire à l’échelle nationale a été remis à Télévision Sel et Lumière pour son documentaire « Panes of Glory » réalisé en 2011 à partir du livre du même nom.

Le président de l’Académie, monsieur Frank Morock, a remis ce prix au Père Micheal Prieur, professeur de théologie morale au séminaire St-Peter à London en Ontario, auteur du livre « Panes of Glory », et au Père Thomas Rosica, C.S.B., Directeur général de la Fondation catholique Sel et Lumière média. Ce magnifique documentaire en quatre épisodes est riche en art, en musique et en enseignement sur la vie des saints et bienheureux de l’Église.

Le prix Gabriel est destiné à honorer l’excellence dans la production de films, d’émissions de télévision et de  radio.  Il peut s’agir de films et documentaires, d’émissions de divertissement ou de nouvelles provenant des réseaux publics ou privés qui proposent un message à la fois créatif et positif sur des sujets qui touchent l’humain. Le principal critère dans la sélection des documents primés est la capacité qu’a le contenu de nourrir et d’élever l’esprit humain. Les œuvres récipiendaires de ce prix font, en général, la promotion de la dignité de la personne humaine, reconnaissent ou font la promotion de valeurs universelles comme l’esprit communautaire, la créativité, la tolérance, la justice, la compassion et la volonté d’excellence.

C’est parce que le documentaire « Panes of Glory » répondait à ces objectifs et plus encore qu’il a remporté ce prix.

Lors de son discours suivant la réception de ce prix, le Père Thomas Rosica a affirmé :

«  C’est un grand honneur et un privilège pour Télévision Sel & Lumière de recevoir de nouveau le prix Gabriel alors que nous entrons dans notre 10e année d’existence. Cette reconnaissance est pour moi le signe que notre travail est apprécié à travers le continent américain et au-delà. »

« J’accepte ce prix au nom de toute notre équipe de jeunes professionnels de Sel & Lumière à Toronto qui sont vraiment les « vedettes » de notre réseau de télévision. J’accepte également ce prix au nom de nos donateurs et bienfaiteurs qui ont créé cet instrument qui a fait de la Nouvelle Évangélisation une réalité vivante au Canada »

Ont participé à ce documentaire, entre autres, le Père Prieur, Mary Rose Bacani de la Télévision Sel et Lumière ainsi que la chorale renommée de la ville de London en Ontario.

Félicitations à toute l’équipe de Sel & Lumière. C’est un prix bien mérité. Nous félicitons également  la communauté du Séminaire saint Pierre à London en Ontario. Quel beau cadeau que ce prix en ce 100e anniversaire de la fondation du séminaire.

Les JMJ, laboratoire de l’Eglise

A la veille des JMJ,  nous publions cet article du quotidien La Croix ; le père Thomas Rosica parle de l’importance du Chemin de Croix

« Les JMJ, laboratoire de l’Eglise

Du 16 au 21 août, un million et demi de jeunes sont attendus à Madrid, en Espagne, pour les 26es Journées mondiales de la jeunesse.

Dans un paysage catholique morose, marqué par la baisse de la pratique et des vocations, le succès de ce rassemblement autour du pape surprend.

Pour certains observateurs, le moment fut magique. Pour d’autres, incongru : en août 2008, sur l’immense pelouse aménagée dans la banlieue de Sydney, des centaines de milliers de jeunes se tiennent en silence.

Sur les écrans géants, disséminés un peu partout, une image fixe : le Saint Sacrement. Et devant, un homme âgé, Benoît XVI, recueilli. À l’écran, aucun autre mouvement. Pourtant, les jeunes se taisent, prient, ou regardent.

Mêler tradition et modernité

Cette scène s’était déjà produite trois ans plus tôt, à Cologne. Elle se répétera sans aucun doute à la fin de la veillée, samedi prochain, à Madrid. À elle seule, elle résume les JMJ, en même temps qu’elle livre l’une des clés de leur succès : ce curieux mélange de tradition (adoration du Saint Sacrement) et de modernité (un immense sit-in).

En somme, une forme de « religion postmoderne », pour reprendre l’expression de Michaela Pfadenhauer, professeur de sociologie au Karlsruhe Institute of Technology, qui a dirigé une étude sur les JMJ de Cologne (2005).

« Ce qui a contribué au succès, c’est la combinaison passionnante entre la capacité d’unir le traditionnel, liturgique, ecclésial, avec le moderne, la culture de l’événement. »

« Méga-événement »

De fait, tous les ingrédients du « méga événement » sont là : les JMJ donnent lieu à une scénographie marquée par un grand professionnalisme, avec un sens certain du marketing.

« Pour les autres rassemblements catholiques, ce sont les participants qui organisent. Là, on invite des professionnels, de grandes agences de communication », note encore la sociologue allemande.

En témoigne le chemin de croix, un des temps forts des JMJ. À Toronto, en 2002, il s’est dressé grâce à un système d’écrans géants sur les gratte-ciel de la ville, dans les rues, faisant appel par des images, parfois à la limite du supportable, à l’émotion et l’univers des jeunes générations.

Pourtant, « ce chemin de croix est resté dans toutes les mémoires », comme le rappelle le P. Thomas Rosica, qui fut directeur national des JMJ canadiennes : « Il est parvenu à créer une vraie émotion dans une ville très froide comme Toronto. » [Read more…]

Des écoles de la nouvelle évangélisation

Les Journées mondiales de la jeunesse témoignent du génie pastoral de Jean-Paul II ainsi que de la vitalité de l’Église.

par le père Thomas Rosica

Tout au long de son pontificat, le pape Jean-Paul II a bénéficié d’une incroyable popularité auprès des jeunes catholiques. Cet engouement s’explique en bonne partie par l’importance qu’il accordait aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), une initiative qu’il avait lancée en 1985. Durant ces rassemblements nationaux et internationaux, Jean-Paul II a clairement insisté sur ce point : les jeunes sont non seulement l’avenir de l’Église, ils en sont aussi le présent.

Face au cynisme, au désespoir et au vide de sens si répandus dans le monde aujourd’hui, la nouvelle évangélisation qui est au cœur des enseignements de Jean-Paul II infuse de l’espoir et de la vitalité dans l’Église. Le pape savait très bien que le monde se caractérise souvent par la séparation, la fragmentation et la solitude. Grâce aux Journées mondiales de la jeunesse, il a offert à une multitude de gens de très bonnes occasions de devenir des porteurs d’espérance, des agents de changement au sein de leur communauté et des instruments d’une globalisation morale.

La béatification du pape Jean-Paul II nous incite à faire le bilan des bénédictions qu’il nous aura réservées, et à examiner en quoi sa vision et son espérance ont eu un impact sur nos propres efforts en matière de ministère pastoral auprès des jeunes adultes. [Read more…]

Tu nous as ouvert le ciel…

Le dernier numéro Signes, dans sa rubrique Témoins du Seigneur offre une entrevue avec le Père Thomas Rosica, csb, notre directeur. Il évoque son cheminement spirituel et l’expérience inoubliable des JMJ de Toronto. Nous avons le privilège de la publier dans sa version intégrale.

« Tu nous as ouvert le ciel… »

« Dans la pénombre de la crypte, le Père Rosica est plongé dans la prière. En ce 21 septembre 2010, alors que la Télévision Sel + Lumière — dont il est le Directeur général — ouvrira dans quelques heures une antenne à Montréal, il revoit toutes les visites qu’il a faites à l’Oratoire Saint-Joseph, endroit très marquant de sa vie. Il se rappelle tout particulièrement la première : « Je suis venu ici pour la première fois, à 16 ans. J’avais l’idée d’une vocation, à ce moment-là, et j’ai prié à ce sujet : ‹Frère André, aide-moi ! Saint Joseph, aide-moi !› Chaque fois que je reviens, c’est pour moi un retour aux sources ! »

Au service de l’éducation

Prêtre de la congrégation de saint Basile, le Père Rosica a 51 ans et célébrera son 25e anniversaire de sacerdoce le 19 avril de cette année. Né à Rochester, NY, dans une famille italo-américaine bien catholique, il est l’aîné de six enfants. Il a complété un baccalauréat ès arts en langue italienne et en littérature française à St. John Fisher College, en 1980.

Il a eu la grâce d’étudier à Rome, puis à Jérusalem : « Imaginez, j’ai vécu quatre ans en Terre Sainte ! Presque quatre ans et demi à Jérusalem, dans la vieille ville ! Ça a été une période très marquante pour moi. » Puis, il a été envoyé diriger le Centre Newman (l’aumônerie catholique de l’Université de Toronto) et enseigner l’Écriture Sainte.

Le Père Rosica s’est spécialisé dans l’étude du Nouveau Testament, surtout dans l’évangile de saint Luc et les Actes des Apôtres et il a investi une bonne partie de son temps d’études sur les disciples d’Emmaüs. « Ma thèse en lecture biblique portait sur eux, et celle que j’ai rédigée à l’École biblique avait pour sujet Philippe et l’eunuque éthiopien (Ac 8, 26-40), qui est le parallèle des disciples d’Emmaüs. »

Pourquoi donc Emmaüs ? « Parce que c’est l’histoire de la vie chrétienne : souvent, le Seigneur chemine avec nous sans que l’on en soit conscient. À travers ses questions, son enseignement, sa présence douce et affable, on le découvre, ça réchauffe le cœur, qui devient brûlant. C’est un peu le thème de ma vie, car j’ai souvent été comme les deux disciples tout tristes sur le chemin : ils ont reconnu le Seigneur ! »

Le pasteur en lui est rejoint par ce passage évangélique : « J’espère aussi être souvent comme le Seigneur, qui rejoint les personnes où elles sont et chemine avec elles. De petites questions comme : ‹ Pourquoi es-tu triste ? ›, ‹ Qu’est-il arrivé ? ›, ‹ Qu’est-ce que tu fais ici ? › suscitent une ouverture, et les personnes sont confirmées dans leur foi. Emmaüs est un évangile très important pour moi. »

Directeur général des JMJ

En mai 1999, les Évêques du Canada demandent au Père Rosica de prendre en main les Journées Mondiales de la Jeunesse, qui se dérouleront à Toronto trois ans plus tard. « Ce n’est pas le genre de choses qu’on sollicite ! » Troisième candidat convoqué à Ottawa par la CECC, le religieux précise sa pensée aux Évêques : « Excellences, dit-il, si vous voulez que ce soit un concert d’un soir, un grand spectacle, un grand show, choisissez une autre personne ! Je veux que ce soit vraiment une retraite pour le pays ; ce doit être une profonde expérience de foi. » Même si, au début, ils ne savent pas trop à quoi s’attendre, les Évêques décident de lui faire confiance.

Les JMJ sont un immense bateau, et le Père Rosica reçoit toutes sortes de mises en garde : « Le gouvernement va être un problème. Les autres groupes religieux vont vous casser les pieds… ». Pourtant, le problème majeur était ailleurs : « Pour moi, ce n’étaient pas les forces extérieures qui étaient gênantes ou problématiques, c’était l’indifférence à l’intérieur de l’Église. Ça, c’était le défi le plus grand ! » Quelle solution trouve-t-il ? La prière. « J’ai beaucoup prié ! »

À peine apprend-il la nouvelle de sa nomination que le Père Rosica quitte son bureau du Centre Newman et prend le train pour Montréal. Dès son arrivée, il se rend à l’Oratoire Saint-Joseph. « Je voulais confier les JMJ au frère André ; je les ai mises à ses pieds. » Au tombeau de l’humble portier du Collège Notre-Dame, il prie ardemment : « Aide-moi à ouvrir les portes. » Ensuite il va au tombeau de Mère Marie-Rose Durocher, chez les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, et lui dit qu’il a besoin d’elle aussi. « Je crois à l’efficacité de ces gestes, j’accorde beaucoup de crédit à l’aide des saints ! » Le Père Rosica est convaincu que cet événement va constituer un réveil pour le pays.

Le travail et les grâces

Quelle somme de travail il lui faut abattre ! « Nous avons énormément souffert, durant la préparation. Il y avait des défis monstres : le 11 septembre, les abus sexuels et les graves scandales aux États-Unis, l’indifférence, la maladie de Jean-Paul II… » Pourtant, lors de la Vigile des JMJ, le samedi soir, il obtient sa récompense : « J’étais là, regardant la foule de 600 000 personnes, le Nonce Apostolique, Mgr Luigi Ventura, était à côté de moi. J’avais les larmes aux yeux et une profonde consolation dans mon cœur.

« Je me répétais les paroles prononcées par Jean-Paul II à New York, lors de sa visite à l’ONU, en 1995 : ‹ Nous ne devons pas avoir peur de l’avenir. Nous ne devons pas avoir peur de l’homme. Ce n’est pas par hasard que nous nous trouvons ici. …nous pouvons construire, dans le siècle qui est sur le point d’arriver et pour le prochain millénaire, une civilisation digne de la personne humaine, une vraie culture de la liberté. Nous pouvons et nous devons le faire ! Et, en le faisant, nous pourrons nous rendre compte que les larmes de ce siècle ont préparé la voie d’un nouveau printemps de l’esprit humain. › Ces paroles m’ont profondément marqué. Ce soir-là, le 27 juillet 2002, j’ai fait une nouvelle profession de foi en la Providence divine. Voilà la beauté… que nous avons vécue à travers cette expérience ! »

« Et que dire du passage de la croix des jeunes à travers notre vaste pays ! C’est le Canada qui a développé le sens du pèlerinage de la croix. Ils l’avaient fait avant, mais jamais d’une manière aussi coordonnée, en lui donnant un sens profond. » Des livrets sont publiés pour accompagner la croix. « Et même si, pour une raison ou une autre, on avait dû annuler les JMJ, s’il avait fallu y renoncer à cause des problèmes mondiaux, j’étais persuadé que, déjà, le Canada les avait vécues à travers le pèlerinage de la croix. » Cette croix a même été transportée à Ground zero, à New York. « Voilà un autre moment extrêmement touchant et profond ! » Ce moment de grâce, le Père Rosica l’a raconté au Pape : « Après notre visite à Ground Zero, j’ai expliqué au Saint-Père les émotions que nous avons tous vécues dans cet abîme de violence et haine. Le Pape pleurait. »

À mes yeux, les JMJ ont vraiment constitué une retraite. Et la plus grande surprise des JMJ, pour moi, c’est ce qui a suivi. Jamais je n’aurais cru que le plus beau fruit des JMJ au Canada, un fruit visible et de longue durée, allait être un projet avec le thème des JMJ : Télévision Sel + Lumière !

Des JMJ à la télévision

Après l’effervescence des JMJ, « moi, je voulais terminer le projet, quitter le bureau et reprendre l’enseignement à l’Université. » Or, en novembre 2002, « on me convoque à une réunion chez Mgr Nicola De Angelis, un des évêques auxiliaires de Toronto, pour me proposer l’idée de la télévision. J’ai refusé. » Mais cette rencontre est suivie d’une série d’événements et de coïncidences qui remettent en question le religieux.

Dès le lendemain, il partait pour Rome avec Mgr Berthelet, Mgr Lapierre et le cardinal Ambrozic. « Nous avions été invités à déjeuner avec le Pape pour faire le bilan des JMJ.  Je garde un souvenir vif de toute cette journée-là. C’était le jour où le Pape avait nommé Mgr Marc Ouellet Archevêque de Québec.»

« Nous avons été à table avec le Pape pendant deux heures. C’était si agréable, un moment mémorable ! » À la fin du repas, au moment de quitter la salle à manger, le Pape retient le Père Rosica. « Il m’a remercié pour les JMJ, il a blagué un peu, et m’a demandé : ‹ Qu’est-ce que vous allez faire ? Qu’est-ce qu’ils vous ont proposé de faire, maintenant ? › — « Je veux retourner à l’enseignement de l’Écriture Sainte, vous savez que j’étais professeur d’Écriture Sainte. »

Mais, pendant le repas : « J’avais raconté à son secrétaire, Mgr Dziwisz — qui était à côté de moi à table —, en rigolant un peu, ce qui m’avait été demandé : ‹ Il y a des gens qui veulent que je fasse de la télévision, maintenant ! Ça ne m’intéresse pas ! › Il avait ri, lui aussi. » Or, quand il a entendu le Pape poser sa question, Mgr Dziwisz dit au Père Rosica : « Dites au Saint-Père ce qu’ils vous ont proposé. » Le religieux avoue au Pape : « Padre Santo (je parlais en italien), il y a des gens qui m’ont proposé de lancer une chaîne de télévision catholique au Canada. » Le Pape le regarde, « il me prend par le bras, et me dit : ‹ La televisione cattolica ! › Je dis : ‹ Oui, oui, la télévision catholique. › Il me dit d’une voix forte : — ‹ Mais, il faut l’accepter, parce que vous vivez dans un pays de mission ! Alors, c’est très important ! › Il disait ça avec un grand sourire, comme en blaguant. Ce n’était pas de l’ordre de l’obéissance.

« Son secrétaire me dit : ‹ Avez-vous entendu le Pape ? › — ‹ Oui, oui, oui. › — ‹ Écoutez le Saint-Père ! › Je me suis mis à rire en moi-même, en disant : ‹ C’est la dernière chose que je voulais entendre aujourd’hui, que le Pape me confirme et qu’il dise : ‹ Accepte la télévision › ! » Dans les jours suivants, des conversations avec le Secrétaire d’État du Vatican, avec le Père Lombardi, avec le docteur Joaquín Navarro-Valls continuent de le faire réfléchir.

De Rome, le Père Rosica va passer quelques jours à Paris avec le cardinal Lustiger, son grand ami et mentor. « Il m’a beaucoup aidé pour les JMJ ; il a été un vrai père pour moi, un frère. » Pendant le dîner, le Cardinal lui demande ce qu’il entend faire. — « Éminence, ils m’ont proposé la télévision catholique. » — « C’est magnifique ! La même chose m’est arrivée à Paris, et après les JMJ, on a lancé KTO en France. Alors, on va t’aider avec tout ce que tu vas faire ! Demain, on va ensemble à KTO ! » Le lendemain, dans les bureaux de KTO, le cardinal Lustiger présente le Père Rosica : « Voilà le nouveau Directeur de la télévision catholique au Canada, qui est née après les JMJ. » Celui-ci est embarrassé : « Éminence, ne dites pas ça, parce que rien n’est public, je n’ai même pas parlé avec mes Supérieurs ! » L’Archevêque répond simplement : « C’est très important ! » Le Père Rosica reconnaît là un appel du Seigneur : « Il y a eu une série de signes, et tout cela m’a amené à reconsidérer ma décision. »

Un pasteur ardent

Étonnamment, les JMJ ne constituent pas l’expérience pastorale qui a le plus profondément frappé le Père Rosica. « L’épisode le plus pénétrant, le plus profond, de toute mon expérience pastorale reste un projet vécu avec les étudiants au moment où j’étais aumônier d’Université. »

À son arrivée au Centre Newman, le Père Rosica a fait de la lettre apostolique Tertio millenio ad­veniente — que le Pape venait de publier en préparation au Jubilé de l’an 2 000 — son plan pastoral pour les six années suivantes. « C’était le plan catéchétique le plus grand, le plus noble et le plus audacieux jamais lancé par l’Église, un plan de six ans ! » Pendant ces années où il a beaucoup travaillé à l’aumônerie de la plus grande institution universitaire catholique du Canada, il met l’accent sur la vie des saints.

« Chaque année, nous présentions aux étudiants de nouveaux saints, des bienheureux et des bienheureuses. »

Or, lors de la construction de la chapelle universitaire, des vitraux avaient été prévus, mais les moyens financiers manquant, on n’avait pu mettre que des fenêtres. « J’ai proposé aux jeunes que nous fassions une levée de fonds pour remplacer quelques fenêtres par d’authentiques vitraux représentant les nouveaux saints et les bienheureux de notre époque et, pourquoi pas, ceux qui sont en attente de béatification. J’en avais trois en tête : Teresa de Calcutta, Thérèse Bénédicte de la Croix (Édith Stein) et Thérèse de Lisieux. »

On rassemble tellement d’argent que, finalement, 12 fenêtres sont remplacées par de très beaux vitraux ! « Pour la fête de la Toussaint 1999, une magnifique cérémonie a réuni 1 000 personnes venues inaugurer les nouveaux vitraux. C’était un moment très important pour moi, le fruit d’une longue catéchèse et du choix des étudiants. » Des groupes d’étude avaient été organisés et, « dans mes prédications, j’avais mis l’accent sur certains saints ou serviteurs de Dieu très inspirants, dont : Pier Giorgio Frassatti, Gianna Beretta Molla, Franz Jägerstätter1, un martyr de la Deuxième Guerre mondiale que personne ne connaissait (il est maintenant béatifié), Kateri Tekakwitha, le pape Jean XXIII, Mère Teresa de Calcutta, le prêtre polonais Jerzy Popieluszko, le frère André et Oscar Romero. Les étudiants ont voté.

« Cette cérémonie-là a été pour moi très emblématique de mon travail pastoral à l’Université de Toronto, et peut-être de tout mon sacerdoce, parce que nous avons présenté aux jeunes les nouveaux héros et héroïnes de notre époque. C’était une inspiration d’une grande clairvoyance, car c’est parmi ce groupe que Jean-Paul II a choisi ensuite les patrons donnés pour modèles aux jeunes de la JMJ de Toronto. »

Un des jeunes présents à cette époque — il faisait son doctorat et enseigne maintenant la physique à l’Université d’Ottawa — lui a écrit, deux ou trois jours après la célébration : « Ce jour-là, tu nous as ouvert le ciel, et tu nous aS fait connaître nos amis, qu’on ignorait avant. » Le Père Rosica conserve précieusement cette lettre. « Si, à la fin de ma vie, on juge mon travail, j’espère qu’on pourra dire : ‹ Il a présenté aux jeunes leurs amis, des amis qui ne déçoivent pas. › »

1          Franz Jägerstätter est né le 20 mai 1907 à Sankt Radegund, près de Salzbourg, et mort le 9 août 1943 à Berlin. Il était un objecteur de conscience autrichien, béatifié le 26 octobre 2007.

Depuis toujours, Thomas Rosica croit que « le monde présente les héros du spectacle, du théâtre, de la musique, du sport, et ce sont souvent des types abominables, des types qui déçoivent : un jour ils sont célèbres, le lendemain, ils sont en prison. Tandis qu’en faisant connaître les saints, on offre aux jeunes leurs vrais amis ! »

Travailler à la nouvelle évangélisation

La Télévision Sel + Lumière joue un rôle très important au niveau de la nouvelle évangélisation. « Elle est au service de l’Église, ce n’est pas l’Église qui est au ser­vice de Sel + Lumière ! Nous sommes là pour con­firmer le message, pour re­joindre les personnes qui, souvent, ne franchissent pas la porte de l’église. »

Le nombre de téléspecta­teurs augmente jour après jour. « Nous sommes pré­sents dans plus de 2 500 000 maisons d’abonnés, mais­ plusieurs personnes habi­tent dans chaque maison ! Dieu seul sait combien de personnes nous suivent à travers notre site web. » (www.seletlumieretv.org ou www.saltandlighttv.org)

L’expression « Sel + Lu­mière » est inspirante. « Elle est très biblique, parce qu’il faut très peu de sel et très peu de lumière pour faire la différence. Vous savez ce que c’est quand un mets manque de sel : comme italien, je sais que le sel est primordial ! Si le sel manque, insipide est le repas, mais un peu de sel donne du goût. Donc, c’est le goût de l’Évangile, et c’est aussi ce qui préserve, qui conserve la vie. Et puis, quand il n’y a pas de lumière, vous pouvez vous casser la figure. Mais la plus petite lumière rompt les ténèbres et change toute l’atmosphère. »

Sel + Lumière, présente un message contraire à celui de la société contemporaine. « Il est toujours orienté vers les nouvelles familles, vers les jeunes adultes. C’est un instrument privilégié, providentiel, pour changer un peu notre culture, pour répondre aux grands besoins de la foi, de la culture catholique, et pour être un peu la présence de Dieu. Les milliers de lettres reçues – j’ai une table pleine de lettres et de messages –  ne proviennent pas seulement de personnes âgées.

Le défi de la durée

Évidemment, le plus grand défi matériel reste le financement. L’argent est nécessaire. « Ce qui m’agace, ce qui est très difficile à avaler, c’est quand les gens di­sent : ‹ Laissez payer l’Église. Le Pape va payer pour ça ! Les Évêques vont payer pour ça ! › Je dis : ‹ Vous êtes l’Église ! Vous êtes responsables de l’Église ! Vous pouvez vous plaindre tant que vous voulez du manque de formation. Mais vous avez maintenant entre vos mains, laïcs, un instrument privilégié, qui n’est pas guidé par les prêtres ni par la Curie, mais par de jeunes adultes solides dans leur foi, et convaincants. Alors, aidez-nous ! »

Jusqu’à présent, la Providence a pourvu aux besoins de Sel + Lumière. « Beaucoup de communautés religieuses du Québec nous ont énormément aidés. Des sœurs qui veulent rester inconnues, silencieuses. Des congrégations qui sont en train de mourir, mais qui voient, dans notre projet, la possibilité de la vie nouvelle et la confirmation de la foi des jeunes. Je leur serai éternellement reconnaissant. »

L’autre défi, c’est l’indifférence des catholiques. Des croyants demandent au Père Rosica : « À quoi ça sert ? On n’a pas besoin de ça ! Pourquoi êtes-vous positif sur l’Église ? Est-ce que vous croyez ce que vous dites à la télévision ? » Triste réaction ! « Je n’ai jamais dit à la télévision une chose à laquelle je ne crois pas ! Ce magnifique projet ne tourne pas autour de moi, ce sont les jeunes qui rendent témoignage. Ce sont les jeunes adultes du Canada qui sont les chevilles ouvrières de la production de Sel + Lumière. J’espère que, peu à peu, les gens vont se rendre compte que c’est vraiment l’espérance que nous présentons aux autres. Pour moi, tout ce qui compte, c’est d’aider les personnes à croire en Jésus, à le connaître davantage, c’est de contribuer à ce que l’Église soit plus aimée. C’est ça qui compte ! »

Propos recueillis par Diane POIRIER

Créée à l’automne 1966 par le Père Ludger Brien, jésuite, la revue Signes s’adresse particulièrement (mais pas exclusivement) aux laïcs. Elle veut transmettre, dans un langage accessible au plus grand nombre, la pensée authentique de l’Église et fournir à toute personne de bonne volonté une «manne» spirituelle substantielle qui l’aide à être  » à la face du monde, un témoin de la résurrection et de la vie du Seigneur Jésus et un signe du Dieu vivant « (Lumen Gentium). Signes comporte des articles traitant divers sujets à la lumière de l’Évangile, et de courtes méditations quotidiennes inspirées de la liturgie du jour.

Discours de Mgr. Yousif Habash, Evêque syro-catholique des Etats-Unis et du Canada

Vigile pour commémorer  les victimes Chrétiennes d’Irak

Cathédrale St. Michael, Archidiocèse de Toronto

11 novembre, 2010


Discours de Mgr. Yousif Habash, Evêque syro-catholique des Etats-Unis et du Canada – [traduction de l’arabe par – Rita Sawaya] Prayer Vigil for Victims of the Middle East

Et maintenant, j’adresse ce discours à mon peuple bien-aimé, à mon peuple dans le cher et bien aimé Irak.

Je salue la précieuse Bagdad.  Je baise le sol de l’Irak.  Je me purifie avec l’eau pure de Dijlah (le Tigre) et la rivière abondante paradisiaque de Fourat (l’Euphrate). Je salue les irakiens de Zakho (dans le Nord) à FAO (dans le Sud).
Je salue chaque homme irakien et femme irakienne, les souffrants et les désespérés. Je vous demande mon peuple bien-aimé, je vous demande au nom de l’Irak, ensemble de rejeter la haine et la violence, car la haine et la violence n’aboutissent à rien d’autre qu’à la souffrance.
Arrêtons les souffrances!
Mon cher peuple irakien, apprenons ensemble l’abécédaire de la miséricorde et du pardon.
Nous qui avons été appelés les enfants de la foi, les enfants d’Abraham, nous, les enfants de la terre des messages divins, de la terre des civilisations. [Read more…]

César collaborera-t-il avec Dieu pour sauver le monde?

Déclaration du Sommet interreligieux mondial – Winnipeg
Mercredi 23 juin, 2010

Cinq jours se sont à peine écoulés de la clôture du Sommet interreligieux mondial, qui semble avoir été totalement éclipsé par le G8-G20 en Ontario. Pourtant, une voix puissante et unie des différents ‘Gs spirituels’ s’est projetée du cœur du continent nord-américain pour rappeler les dirigeants politiques et financiers d’agir autant avec leur esprit scientifique qu’avec leur cœur et de prendre des décisions d’ordre global en pensant et en agissant avec l’intelligence de leur esprit, de leur humanité et de leur foi.

Après trois jours consécutifs de réflexion intense et de dialogues guidés par la prière collective, la version finale de la déclaration du sommet interreligieux est passée de la ‘zone spirituelle libre’ de l’Université de Winnipeg à la zone ‘politico-économique surprotégée’ des VIPs du G8-G20, et ce par l’intermédiaire de l’Honorable Steven Fletcher, Ministre de l’État (Réforme démocratique). Treize représentants du partenariat interreligieux de la jeunesse y ont aussi participé, comme il y eut des jeunes représentants des G8-G20 (Mon Sommet), qui ont pris part aux deux sommets respectifs. Une rencontre entre les groupes respectifs des jeunes aurait sans doute ouvert de nouveaux horizons de dialogues, et servi d’exemple a ce qu’auraient pu faire les dirigeants adultes.

A première instance, le message du sommet interreligieux paraît se caractériser par l’absence des formules mathématiques, des taux, des statistiques et des terminologies macroéconomiques complexes. Pourtant, il devient de plus en plus évident que ce message prophétique, basé primordialement sur des principes religieux et des lois naturelles encrypte des chiffres beaucoup plus importants et qui régissaient la vie sur notre planète depuis son commencement. Tout en étant conscients des enjeux d’ordre global qui vulnérabilisent les sociétés marginalisées, et qui mettent l’environnement dans des états de déséquilibres irréversibles, les dignitaires religieux ont pris le temps pour écouter le cri de S.O.S. des vulnérables, ont prié en unisson, ont dialogué et rédigé ensemble, un message simple mais bien puissant, qui devait vocaliser les préoccupations des sociétés oubliées et abusées. Pour étayer leur déclaration par des résultats concrets, les partenaires religieux ont eu recours aux statistiques internationales crédibles. Toutefois, la voix du sommet interreligieux est plutôt celle de l’esprit, de l’intelligence de la foi, et fait appel a un changement radical des fondements des décisions économiques et politiques, ces dernières étant purement basées sur des profits non durables. Ainsi, les Gs religieux du mondes, jeunes et moins jeunes, incitent les G8-G20 à honorer leurs engagements envers les pauvres et les vulnérables du monde, et spécialement envers les femmes et les enfants, en suggérant des solutions d’après leur propre Weltanschauung. [Read more…]