Église en sortie 28 avril 2017

Cette semaine à Église en sortie, nous recevons Louise Boisvert, Directrice de l’Office de l’éducation à la foi de l’archidiocèse de Montréal qui nous parle de l’Institut Notre-Dame de vie. On vous présente un montage des moments forts de la cérémonie de canonisation du Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, fondateur de l’Institut Notre-Dame de vie. Puis en troisième partie, Francis Denis s’entretient avec l’abbé Claude Sarrasin sur le thème de la spiritualité chrétienne et de ses conséquences dans la vie quotidienne, spécialement pour les familles.

Les Sept dernières paroles du Christ: 6e réflexion de carême

Sixième parole
« Tout est accompli. »
Jean 19, 29-30

1. Quel est le sens plénier du mot « accompli » dans le contexte du récit de la Passion de Jean ?

2. Pour l’évangéliste Jean, pourquoi le Vendredi Saint est-il une première Pentecôte ?

3. Lorsque nous xons notre regard sur Jésus cruci é, que voyons-nous ?

4. Est-ce qu’une personne dans notre vie fut un point d’ancrage pour nous ?

5. « La mort ne peut empêcher les personnes importantes dans nos vies de devenir des points d’ancrage pour nous ». Est-ce qu’une personne aimée défunte fut un point d’ancrage pour moi ?

6. Le Vendredi Saint, pourquoi prions-nous pour nos frères et sœurs d’autres confessions religieuses ?

Les Sept dernières paroles du Christ: 5e réflexion de carême

Cinquième parole
« J’ai soif. »
Jean 18, 28

    1. Cette semaine, méditez votre propre « soif » de Dieu. Êtes-vous en contact avec ce désir de tout être humain qui est si central pour notre foi ?
    2. En quoi la rencontre avec la Samaritaine était-elle convenable ? Cette semaine, lisez le quatrième chapitre de l’Évangile de Jean.
    3. Mère Teresa affectionnait particulièrement les paroles « J’ai soif », qu’elle plaçait sur les mûrs de chaque chapelle des sœurs Missionnaires de la Charité. Pourquoi ?
    4. « Que puis-je faire pour « désaltérer la soif de Jésus » ?
    5. « Nous nous attachons à nos propres plans ». Faisons-nous vraiment con ance à Dieu, à ce qu’Il prévoit pour nous ? Comment pouvons-nous lui faire plus pleinement con ance en nous détachant de nos propres plans ?
    6. Cette semaine, quelle étape puis-je franchir a n de désaltérer davantage cette soif de Jésus pour nous ? Comment puis-je prendre part à la croix de Jésus en agissant comme un disciple authentique envers ceux qui sont dans le besoin ?
Vous pouvez vous procurer le livre « Les Sept dernières paroles du Christ » du père Thomas Rosica c.s.b. en ligne:
Vous pouvez également consulter le guide d’étude du carême 2017 au lien suivant:

Vidéo-promotionnelle: Rencontre Mondiale des Familles 2018 à Dublin, Irlande

Tous les trois ans, l’Eglise convoque la plus grande rencontre internationale des familles. En 2018, elle se tiendra à Dublin, en Irlande. Suivez Sel et Lumière pour les plus récentes nouvelles sur cet événement incontournable de la vie de l’Église aujourd’hui.

La famille, lieu de diffusion de l’amour de Dieu: la lettre du Pape pour Dublin 2018″, un article de Radio Vatican:

(RV) La Lettre du Pape pour la Rencontre mondiale des familles, qui se tiendra à Dublin, en Irlande du 21 au 26 août 2018, a été présentée ce jeudi matin en Salle de presse du Saint-Siège.

Dans la lignée des Synodes sur le famille, de son exhortation apostolique Amoris Laetitia et de la Rencontre mondiale des familles de 2015 à Philadelphie, le Pape réaffirme son attachement à une vie familiale ancrée dans une dynamique de pardon et d’amour.

«L’Évangile continue-t-il d’être une joie pour le monde ? Est-ce que la famille continue d’être une Bonne Nouvelle pour le monde d’aujourd’hui ?». À ces deux questions qui ouvrent cette lettre adressée au cardinal Kevin Farrell, préfet du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, le Pape invite chacun à répondre par un « »oui » fermement basé sur le plan de Dieu».

L’amour de Dieu s’exprime à travers «l’union entre l’homme et la femme, dans l’ouverture et le service de la vie dans toutes ses phases», et Son engagement pour «une humanité qui est souvent blessé, maltraitée et dominée par un manque d’amour». Alors ce n’est qu’en partant de l’amour que «la famille manifeste, diffuse et régénère l’amour de Dieu dans le monde».

Le Pape rappelle une nouvelle fois l’importance du pardon et de la patience, face à la fragilité et à la faiblesse de chacun des membres de la famille. Dans ce sens, le Pape rappelle que «beaucoup de familles chrétiennes sont un lieu de miséricorde», que les parents, les frères et sœurs sont «des témoins de la miséricorde», et il espère que le rassemblement de Dublin en donnera des signes concrets, deux ans après le Jubilé.

Le Pape conclut sa lettre en remerciant la nation irlandaise et l’archidiocèse de Dublin pour leur «généreux accueil», et place l’organisation de cette rencontre sous la protection de la Sainte Famille de Nazareth.

(CV)

(Tratto dall’archivio della Radio Vaticana)

Église en sortie 24 mars 2017

Cette semaine à Église en sortie, nous vous présentons une entrevue avec le père Timothy Scott c.s.b. sur l’implication de la Conférence religieuse dans les relations de l’Église avec les peuples autochtones du Canada. On vous présente un reportage sur la Journée de rencontre avec les premières nations organisée à l’Institut pastoral des dominicains de Montréal. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis s’entretient avec Josianne Gauthier, directrice des programmes à Développement et paix sur l’engagement de l’organisme dans le cercle Notre-Dame-de-Guadalupe.

Les Sept dernières paroles du Christ: 4e réflexion de carême

Quatrième parole
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Matthieu 27, 45-46

1. Nous nous concentrons sur les trois dernières heures de Jésus sur la croix. Marc met l’accent sur le fait qu’Il fut cloué à la croix à 9 heures du matin. Il y a beaucoup de différences dans les récits des Évangiles de Mathieu, Marc, Luc et Jean même en ce qui a trait aux dernières paroles de Jésus. Cette semaine, prenez le temps de lire ces différents récits. Lequel de ces récits vous touche davantage ?

2. Dans l’Évangile de Mathieu, Jésus prononce la « quatrième parole » tirée du Psaume 22. Lisez le Psaume 22 cette semaine. Comment vous adressez-vous à Dieu ?

3. Dans ce cheminement de carême, êtes-vous conscient de la Présence de Dieu à tout moment? Qu’est-ce qui vous aide à garder cette Présence constante à votre conscience ?

4. Une question brûlante nous hante toujours : comment le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob peut-il être au milieu d’une telle destruction, d’une telle perte et d’une telle horreur ?

5. « Jésus ne nous apporte pas la délivrance de la mort mais la délivrance à travers elle. » Qu’est- ce que cela signi e pour vous ?

6. « Nous sommes-nous sentis abandonnés dans nos souffrances, ou avons-nous abandonné nos proches à leurs douleurs et à leurs souffrances ? Est-ce que je fais parfois mienne cette prière du psalmiste et de Jésus : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » ?

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Vous pouvez également consulter le guide d’étude du carême 2017 au lien suivant:

Les Sept dernières paroles du Christ: 3e réflexion de carême

Troisième parole
« Femme, voici ton ls. » […] « Voici ta mère. »
Jean 19, 25-27

1. Marie, la Mère de Dieu, est parmi les cinq personnes qui se trouvent au pied de la croix, avec le « disciple bien-aimé ». Qui est ce disciple bien-aimé ?

2. À l’Annonciation, Marie répond à l’Ange, messager de Dieu, :« Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole » (Luc 1, 26-38). Comment ce « oui » de Marie fut-il pleinement accompli au pied de la croix ?

3. De quelle manière cette parole du Christ à sa mère et au disciple bien-aimé a-t-elle contribué à donner naissance à l’Église, au Peuple de Dieu ?

4. La Communion des Saints est décrite de nombreuses manières à travers l’Écriture. Comment faites-vous l’expérience de cette communion avec les autres croyants d’aujourd’hui ?

5. Lorsque des personnes participent à la Semaine Sainte, plus particulièrement les différents services du Triduum pascal dans votre paroisse, celles-ci se sentent-elles accueillies par une communauté chaleureuse et pleine de bonté ?

6. Le Jeudi Saint 2016, le pape François, qui a lavé les pieds de réfugiés à Rome, a été décrit ainsi : « L’évêque de Rome a parlé du pouvoir communicatif des actions concrètes, disant que ces gestes de fraternité, de tendresse, de concorde et de paix […] sont un puissant témoignage dans un monde qui a besoin désespérément de tels signes et gestes ». Identi ez une action concrète que vous pouvez faire cette semaine pour être un signe de paix et de tendresse en ce monde ?

 

Vous pouvez vous procurer le livre « Les Sept dernières paroles du Christ » du père Thomas Rosica c.s.b. en ligne:
Vous pouvez également consulter le guide d’étude du carême 2017 au lien suivant:

http://saltandlighttv.org/seven-last-words/pdf/seven_last_words_studyguide_fr.pdf

Vidéo des intentions du Pape (Mars 2017): Aider les chrétiens persécutés

Mars 2017. La vidéo du Pape. Dans de nombreuses régions du monde, des chrétiens sont persécutés simplement parce qu’ils sont chrétiens. Ils ont besoin non seulement d’une aide matérielle, mais aussi de nos prières. Unissons-nous au Pape dans sa prière pour les chrétiens persécutés.

«  »Tant de personnes sont persécutées à cause de leur foi, forcées de fuir leurs maisons, leurs lieux de culte, leur terre, leurs proches !

Ils sont persécutés et assassinés parce que chrétiens, sans que leurs persécuteurs fassent la moindre distinction entre les confessions auxquelles ils appartiennent.

Je vous demande ceci : combien d’entre vous prient pour les chrétiens persécutés ?

Je vous encourage à tenter avec moi l’expérience du soutien fraternel à toutes les églises et toutes les communautés, à travers la prière et l’aide matérielle. »

Par le Réseau Mondial de Prière du Pape (Apostolat de la prière) –
http://www.prieredupape.org/

Si tu veux voir davantage de vidéos sur les intentions du Pape, suis le lien : http://www.ilvideodelpapa.org

La prière et le dialogue contre le mystère du mal

CNS photo/Dario Ayala, Reuters

Depuis le terrible attentat de dimanche soir, de nombreuses réactions se sont fait entendre.  Les premières en étaient de consternation et de compassion envers les familles et proches des victimes lesquelles furent suivies par une déferlante d’analyses visant à identifier les causes de cet « acte ignoble » et inhumain. Un tel événement ne peut évidemment pas s’expliquer par un seul facteur. Une chose est claire, le mal « Mysterium iniquitatis » est d’abord et avant tout un mystère qui dépasse notre entendement. Il possède, en effet, une dimension spirituelle qui ne peut être pleinement comprise et vaincue que par une spiritualité authentique et féconde. N’en déplaise aux différents spécialistes, les analyses strictement humaines ne rendront donc jamais parfaitement justice à ce qui s’est vécu dans la désormais tristement célèbre mosquée du chemin Sainte-Foy à Québec. Ceci étant dit, nous pouvons, selon moi, tirer paradoxalement un enseignement de cette tragédie de deux manières : par une ouverture renouvelée à la prière, spécialement celle envers les défunts ainsi qu’en réaffirmant l’engagement au dialogue.

La nécessité de la prière

Tenir compte des facteurs humains est évidemment important pour mettre en place des mécanismes ayant pour but d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise. Cependant, nous ne devons pas prétendre pouvoir expliquer totalement le sens d’une telle manifestation de haine contre la dignité humaine du prochain. Cela exige d’avoir l’humilité de reconnaître les limites de notre intelligence et de nous mettre à l’écoute de Celui qui parle silencieusement dans l’intimité de notre intériorité. C’est ainsi que la prière nous permet de nous mettre en contact avec ce Dieu, qui Seul est en mesure de sonder « les reins et les cœurs » (Ap, 2, 23). Expression d’une ouverture et d’une confiance envers le Dieu « Juste » (Ps 10, 7) et « Miséricordieux » (Ps 77, 38) qui connaît la plénitude des évènements de l’histoire, la prière nous rend capables de ne pas céder nous-mêmes à la haine et au rejet de l’autre.

De plus, conscients que toute victime innocente se trouve auprès du Dieu de toute miséricorde, nous pouvons, d’abord, nous réconforter dans l’espérance qu’elles soient entre bonnes mains. Nous pouvons être certains que l’amour que nous leur portions émanait d’un Amour qui ne s’éteint pas et qui est toujours présent auprès d’eux et ce, peut-être plus intensément que jamais. Enfin, par la prière, nous pouvons être certains que nos relations avec les défunts ; ces petits moments passés avec l’être cher ne sont pas entièrement disparus. Au contraire, bien que l’intensité de la souffrance soit le gage de l’amour que nous leur portions, la prière nous permet de nous mettre en leur présence. Nous devons donc apprendre, bien que ce soit difficile, à entrer dans cette nouvelle forme de relation avec les défunts. Une relation spirituelle où Dieu devient l’intermédiaire par excellence. En ce sens, au lieu de s’évanouir dans le néant, tous nos rêves de bonheur pour les disparus sont plutôt métamorphosés. Ils sont orientés vers le bonheur parfait, vers le bonheur que l’on n’achète pas mais qui se trouve, au contraire, dans le don et la communion à Dieu. Ainsi, nous serons nous-mêmes transformés en de meilleures personnes c’est-à-dire en des personnes libres et capables de rendre véritablement le monde meilleur.

La prière, agent de transformation du monde

Cette nouvelle liberté que nous apporte la relation avec nos proches défunts par la prière, nous permet d’acquérir, peu à peu, cet esprit d’abnégation nécessaire à la construction d’un monde meilleur. Parce que nous sommes libérés, dans la communion des saints, du poids d’une disparition totale de nos proches, nous pouvons reconnaître en notre prochain une occasion supplémentaire d’entretenir cette même relation transfigurée. C’est ainsi que, loin de nous porter à des comportements tels que la haine et la vengeance, la prière nous portera, au contraire, vers un engagement renouvelé envers les différents besoins que nous discernons dans notre entourage et où nous pouvons faire une différence.

Dans le cas de cette tragédie immonde, nous pouvons déjà percevoir des signes encourageants qui manifestent cette foi profonde en ce que je viens d’énoncer de la part des deux communautés musulmane et chrétienne. En effet, un temps de prière communautaire fut l’occasion de s’unir aux victimes dans l’espérance d’une nouvelle présence mystérieuse mais néanmoins réelle.

Que ce contact douloureux avec la mort porte des fruits de rapprochement et non de haine et de violence est en soit un miracle rendu possible par la seule Grâce de Dieu. Défiant la logique humaine qui demanderait vengeance, tous, chrétiens et musulmans, se sont laissé toucher par ce qui peut être considéré comme le testament des victimes du 29 janvier 2017. Un héritage qui demande que nous soyons à la hauteur par un engagement à la prière et au dialogue tel que décliné par le très beau document de la CECC :

1.Un dialogue du vécu : les chrétiens témoignent de leur foi et de leur mode de vie quand ils dialoguent avec les autres ;

2.Un dialogue par l’action : l’appel à préserver et promouvoir la paix, la liberté, la justice sociale et les valeurs morales par le dialogue ;

3.Des échanges théologiques ou le dialogue entre experts : ce qui permet aux spécialistes d’approfondir leur propre tradition et d’apprécier la valeur des autres religions ;

4.Un dialogue de l’expérience religieuse qui approfondit l’expérience religieuse personnelle, favorise la solidarité dans la prière et les échanges sur le plan de l’expérience religieuse.

En ces temps de tension mondiale exacerbée par le déploiement d’une interconnexion de l’indifférence, chrétiens, musulmans et fidèles de toutes les religions doivent redoubler d’efforts dans leur engagement à la prière et au dialogue. Pour nous catholiques, que les victimes innocentes de l’attentat de Québec nous pressent à nous mettre à l’écoute de l’Esprit Saint qui nous exhorte à nous unir au Christ dans la Charité. Ainsi, nous pourrons rendre grâce à Dieu des fruits de paix et de joie qui se manifesteront de plus en plus autour de nous. Vous trouverez ci-dessous le Vidéo des intentions du pape pour le dialogue inter religieux:

« Prendre Jésus dans nos bras…»

Réflexion biblique du père Thomas Rosica c.s.b. pour la Fête de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple de Jérusalem. (2 février 2017)

Hébreux 2, 14-18
Luc 2, 22-40

C’est en 1997 que saint Jean-Paul II a fait coïncider la journée mondiale de la vie consacrée avec la Fête de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple de Jérusalem (2 février). Le Pape a donné trois raisons justifiant le choix du 2 février comme journée dédiée aux hommes et femmes consacrés. D’abord, pour rendre grâce à Dieu pour ce don de la vie consacrée. Deuxièmement, pour en faire la promotion et manifester l’appréciation de tout le Peuple de Dieu envers ces hommes et femmes. Troisièmement, afin d’inviter tous ceux qui ont dédié leur vie à la cause de l’Évangile à célébrer les merveilles que le Seigneur accomplit à travers eux.

Les lectures spéciales de cette fête sont (Ml 3,1-4; Ps 24, 14-18; Hb 2, 14-18; Luc 2, 22-40).

Selon la loi mosaïque (Lv 12, 2-8), une femme qui donnait naissance à un garçon était, pour des raisons légales liées à l’impureté, proscrite de toucher quoi que ce soit de sacré ou d’entrer dans la zone entourant le temple et ce, pendant quarante jours. À la fin de cette période, la nouvelle mère devait offrir un agneau d’un an, une colombe ou un pigeon en holocauste pour l’expiation des péchés. La femme qui ne pouvait se permettre de donner un agneau offrait deux colombes ou deux jeunes pigeons, ce que firent Marie et Joseph dans l’Évangile de ce dimanche. Ils emmenèrent donc Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur (Luc 2, 7). Il fut consacré au Seigneur tel que la loi le prescrivait (Exode 13, 2, 12), mais il n’y avait aucune prescription affirmant que cela devait se faire au Temple. Le concept de la présentation au Temple trouve probablement ses origines au premier livre de Samuel (1 Sam 1, 24-28), où Anne offre l’enfant Samuel pour le service du Sanctuaire. La loi stipulait également (Nombre, 3, 47-48) que le fils premier-né devait être sauvé par les parents par l’entremise d’une offrande de cinq Shekels à un membre d’une famille sacerdotale. Luc ne fait cependant pas mention de cette prescription légale.

Réfléchissons maintenant sur cette scène émouvante de l’Évangile de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple que nous trouvons au chapitre 2 des récits de l’enfance de l’évangéliste Luc (Lc 2, 22-38). Dans cette scène touchante, nous rencontrons quatre personnes qui embrassent la nouvelle vie de Jésus en le tenant dans leurs bras : Siméon fidèle et avancé en âge, la vieille et sage prophétesse Anne et le jeune couple Marie et Joseph qui, par fidèle obéissance, offre leur enfant au Seigneur. Luc écrit : « Au moment où les parents présentaient l’Enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait Siméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu » (Lc 2, 27-28). À ce moment, l’évangéliste place sur les lèvres de Siméon le cantique Nunc Dimittis – cette belle prière est vraiment une anthologie des prières de l’ancien Israël. La liturgie nous la fait répéter tous les jours durant les complies : « mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » (Lc 2, 30-32).

Le Saint Esprit était à l’œuvre en Siméon mais également dans la vie de la prophétesse Anne qui, étant restée veuve depuis sa jeunesse, « ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière » (Lc 2, 37). Elle était une femme consacrée à Dieu et elle était capable, à la lumière de l’Esprit de Dieu, d’entrevoir les plans de Dieu et d’interpréter ses commandements. « Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. » (Lc 2, 38). Comme Siméon, elle fut sans aucun doute touchée par le Saint Esprit lors de sa rencontre avec Jésus.

Les paroles prophétiques d’Anne et de Siméon n’annoncent pas seulement la venue du Sauveur dans le monde et sa présence au cœur du peuple d’Israël mais également son sacrifice rédempteur. Cette seconde partie de la prophétie était spécialement adressée à Marie, mère du Sauveur : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » (Lc 2, 14-35).

De ce touchant épisode de l’Évangile, nous pouvons dégager deux orientations liées à la vie consacrée. D’abord, la Présentation du fils de Dieu dans le majestueux temple de Jérusalem prend place au milieu des allées et venues de différentes personnes, occupées par leur travail parmi lesquels des prêtres, des lévites faisant chacun leurs devoirs aussi bien que des foules de pèlerins anxieux de rencontrer le Dieu d’Israël dans sa maison terrestre de Jérusalem. Cependant, aucun d’entre eux ne surent reconnaître la scène unique qui se déroulait devant leurs yeux. Ce qui nous fait dire que Jésus était un enfant comme les autres, un fils premier-né très simple, humble avec ses saints parents.

Même les prêtres du temple furent incapables de reconnaître les signes de cette nouvelle présence du Messie et Sauveur.  Au lieu de cela, ce fut deux personnes âgées, Anne et Siméon, qui furent capables de découvrir cette grande nouveauté présente dans la personne de l’Enfant Jésus. Parce qu’ils étaient conduits par l’Esprit Saint, Anne et Siméon ont pu trouver dans cet enfant la réalisation de leurs plus grandes attentes ainsi que de leur fidèle vigilance. Au delà de la vision de cet enfant, Anne et Siméon ont compris qu’Il était Celui longuement attendu. Qu’Il était la réalisation de tous leurs espoirs et de leurs plus grands rêves.

Dans les personnes de Siméon, d’Anne et de la sainte famille, se révèle la profonde humanité de cette rencontre. Le vieil homme tient l’enfant dans ses bras comme pour représenter la flamme de la vie couvrant deux générations de Juifs fidèles. En tenant cet enfant dans ses bras, il sait qu’il tient tout près de son cœur son propre futur. Quelle joie de savoir qu’il peut embrasser la continuité de sa propre vie ! Siméon a espéré, il a cru et maintenant son espérance se réalise dans un enfant, plein de vitalité et rempli de promesses. Le vieil homme se réjouit de voir que d’autres vont continuer son travail. Il est heureux de ce que dans son propre déclin, se perçoit un réveil, une renaissance, un futur qui est en train de s’ouvrir.

Anne aussi n’a pas peur de bénir la nouveauté et le défi que cet enfant apporte avec Lui. Ce n’est pas facile pour la personne âgée qui habite en chacun de nous d’accueillir la nouveauté, d’accepter de prendre le bébé dans ses bras. Il y a toujours la peur que l’enfant ne survive pas, que le nouveau-né ne partage pas nos idéaux, qu’il les trahisse et, ainsi, nous mette de côté en prenant notre place. Bien qu’avancés en âge, Anne et Siméon ont su incarner une vision jeune et pleine d’espérance.

Cette histoire s’est jouée toutes les fois que j’ai visité des confrères plus âgés dans nos différentes maisons de retraite et infirmeries. D’un côté, il y a ceux qui, comme Anne et Siméon, se réjouissent de voir des jeunes frères, parce qu’ils voient que nous continuons de porter la flamme. De l’autre, il y a ceux qui craignent que nous ne survivions pas, que nous trahissions leurs idéaux sans faire attention à eux, simplement parce qu’ils sont plus âgés. Si nous espérons être des hommes et des femmes consacrés portant une vision à l’Église d’aujourd’hui, c’est parce que nous nous appuyons sur les épaules de géants c’est-à-dire de ceux qui sont venus avant nous. Nous ne devons jamais oublier ce fait. Toute les fois que nous avons voulu aller de l’avant en oubliant ceux qui sont venus avant nous, nous l’avons payé très cher.

La deuxième orientation qui émerge du récit de la Présentation de l’Évangile de Luc est la question du comment présenter le Christ au monde. Si nos congrégations religieuses, nos communautés locales, nos institutions scolaires, nos structures paroissiales, nos apostolats divers n’apportent pas Jésus au monde et ne parlent pas de Lui ouvertement, eh bien nous ne réalisons pas bien la mission qui nous a été confiée par Dieu et l’Église.

La nouveauté, l’efficacité, la puissance de la proclamation et de nos efforts pastoraux et éducationnels ne consistent pas d’abord dans l’utilisation de méthodes ou de techniques originales ou éblouissantes, quoiqu’elles ont sans aucun doute une certaine efficacité, mais dans le fait d’être remplis de l’Esprit Saint et de se laisser guider par Lui.  La nouveauté d’une authentique proclamation de la Bonne Nouvelle réside dans le fait de s’immerger dans le Mystère du Christ, dans l’assimilation de sa Parole et dans sa présence eucharistique ; de telle sorte qu’Il puisse Lui-même agir à travers les pauvres instruments que nous sommes.

Le Pape François est un merveilleux exemple de cette nouvelle évangélisation. Il parle si souvent de cette « culture de la rencontre » qui nous porte à côtoyer davantage les autres. Si vous voulez savoir à quoi ressemble l’évangélisation, ce que ça sent, ce que cela fait ressentir, regardez François, un homme âgé qui vit la joie de l’Évangile. Le Pape François n’a pas perdu sa vision de jeunesse pleine d’espérance.

Au paragraphe no 88 de sa récente Exhortation Apostolique « Evangelii Gaudium », l’Évêque de Rome écrit : « Beaucoup essaient de fuir les autres pour une vie privée confortable, ou pour le cercle restreint des plus intimes, et renoncent au réalisme de la dimension sociale de l’Évangile. Car, de même que certains voudraient un Christ purement spirituel, sans chair ni croix, de même ils visent des relations interpersonnelles seulement à travers des appareils sophistiqués, des écrans et des systèmes qu’on peut mettre en marche et arrêter sur commande. Pendant ce temps-là, l’Évangile nous invite toujours à courir le risque de la rencontre avec le visage de l’autre, avec sa présence physique qui interpelle, avec sa souffrance et ses demandes, avec sa joie contagieuse dans un constant corps à corps. La foi authentique dans le Fils de Dieu fait chair est inséparable du don de soi, de l’appartenance à la communauté, du service, de la réconciliation avec la chair des autres. Dans son incarnation, le Fils de Dieu nous a invité à la révolution de la tendresse 

Un moment de Kairos

Lorsque Marie et Joseph arrivèrent au Temple de Jérusalem avec l’Enfant Jésus dans leurs bras, ce n’était pas simplement une journée ordinaire dans la vie d’un vieux prêtre et d’une fidèle prophétesse en devoir à ce moment-là. Il s’agissait du moment choisi par Dieu. Le temps ordinaire, en grec « chronos » fut transformé en un moment de Dieu, en grec « kairos ».

Parce que nous vivons dans ce même kairos ou, en d’autres termes, le temps et l’heure choisis par Dieu dans l’histoire, nous ne pouvons pas parler simplement du futur de l’Église, du futur de notre paroisse, du futur de nos diocèses et de nos congrégations religieuses, du futur de nos activités d’éducation et d’évangélisation, du futur de n’importe quoi finalement! La seule question pertinente pour nous est Jésus et le futur de l’Église, Jésus et le futur de nos paroisses, Jésus et le futur de notre système d’éducation et nos programmes pastoraux, Jésus et le futur de tout ! Trop souvent notre regard vers le futur est simplement scientifique ou sociologique, sans référence à Jésus, l’Évangile ou l’action de l’Esprit dans l’histoire et dans l’Église.

En cette journée toute spéciale, nous remercions Dieu pour la vie consacrée. Nous devons nous demander une question très importante. Pourquoi certains de nos contemporains – des frères ou sœurs dans la vie religieuse voient et trouvent le Christ, tandis que d’autres ne le trouvent pas ? Qu’est-ce qui ouvre les yeux du cœur ? Qu’est-ce qui manque chez ceux qui demeurent indifférents ? Est-ce que notre confiance en nous, notre prétention à connaître la réalité, notre présomption à avoir formulé un jugement définitif sur tout, ne nous enferment pas et ne rendent pas nos cœurs insensibles à la nouveauté de Dieu ? Combien de fois sommes-nous absolument certains de l’idée que nous nous sommes fait du monde, de l’Église, de la vie consacrée, au lieu de nous laisser interpeller par la curiosité et l’intimité d’une aventure avec Dieu qui veut nous rencontrer et nous rapprocher de Lui ?

Combien de fois ne mettons-nous pas notre confiance en nous-mêmes plutôt que dans l’enfant de Bethlehem ? Combien de fois ne croyons-nous pas possible que Dieu puisse être si grand qu’il se réduise pour se faire proche de nous ? Comment se peut-il que la gloire et la puissance de Dieu se révèlent dans la vulnérabilité d’un bébé ?

La Présentation de Jésus au Temple et les paroles choisies avec soin dans la prière de Siméon nous invitent à l’adoration et la contemplation de la Parole faite chair, qui habite puissamment parmi nous. Nous vivons tous des vies occupées. Nous effectuons tous un important travail. Beaucoup de nos vies sont profondément empêtrées dans les institutions et les entreprises que nous servons.

Ne sommes-nous pas parfois tellement occupés par les aléas de la vie que nous ne sommes plus en mesure de remarquer la présence de Jésus dans notre existence ? De ce Jésus, qui vient à nous dans le pénible déguisement du pauvre, du déséquilibré, de la personne en colère, triste ou confuse qui composent notre monde ? De ce Jésus, qui vient à nous à travers nos simples, humbles et saints parents qui ne peuvent souvent faire plus que d’être là lorsque nous en avons besoin? Se pourrait-il que nous, hommes et femmes consacrés, soyons souvent incapables de reconnaître les signes de cette présence nouvelle et spéciale du Messie et Sauveur ? Et lorsque nous rencontrons cette radicale nouveauté qu’est Jésus, allons-nous tenir ce bébé dans nos bras, l’accueillir et lui faire de la place dans nos vies ? Est-ce que la nouveauté qu’il apporte entrera réellement dans nos vies ou bien tenterons-nous de mettre la nouveauté de côté, espérant que cette nouveauté de Dieu ne cause qu’un minimum de dérangement ?

Comment voyons-nous la gloire de Dieu dans nos vies? Sommes-nous assoiffés de justice et de paix? Quelles sont les nouvelles situations et qui sont les nouvelles personnes qui sont entrées dans nos vies récemment ? Y a-t-il de nouvelles réalités devant lesquelles nous avons peur? Tentons-nous de les éviter, parfois même jusqu’à la rébellion? Comment sommes-nous véritablement lumière et salut pour d’autres personnes? Quelle est notre capacité de réchauffer les cœurs par notre vie? Est-ce que nous rayonnons la joie ou est-ce que nous annonçons plutôt le désespoir? Bref, vivons-nous vraiment l’Évangile de la joie?

Je conclus avec ces paroles dérangeantes d’un grand théologien et professeur du deuxième siècle, Origène (185-223) provenant d’une de ses homélies sur le récit de la Présentation de Jésus au Temple de l’Évangile de Luc :
« Siméon savait que personne ne pouvait libérer un homme de la prison du corps avec l’espoir de la vie à venir, excepté Celui enveloppé dans ses bras. Ainsi, il lui dit : «  Maintenant tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix » (Lc 8, 44). Puisque, tant que mes bras n’eurent pas tenu le Christ, tant que mes bras ne l’eurent pas enveloppé, j’étais emprisonné et incapable d’échapper à mes liens ». Cela n’est pas seulement vrai pour Siméon mais pour toute la race humaine. Quiconque quitte ce monde, quiconque est délivré de la prison et de la maison des enchaînés pour aller devant et régner devrait prendre Jésus dans ses bras. Il devrait l’envelopper avec ses bras et le serrer fort contre lui. Ainsi, il pourra aller dans la joie là où il doit s’en aller… »

Le Père Thomas Rosica, C.S.B., est PDG de la Fondation Catholique Sel et Lumière Média.