Homélie du pape François pour la Fête-Dieu à Ostie, Italie

CNS photo/Paul Haring

Vous trouverez ci-dessous le texte officiel de l’homélie du pape François telle que prononcée lors de la Messe de la Solennité du Corps et du Sang du Christ en l’église paroissiale de Sainte-Monique à Ostie en Italie:

Dans l’Evangile que nous avons entendu, la Dernière Cène est racontée, mais d’une façon surprenante, l’attention est placée davantage sur ses préparatifs que sur le repas même. Le verbe “préparer” revient plusieurs fois. Les disciples demandent, par exemple : “Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? » (Mc 14, 12). Jésus les envoie préparer avec des indications précises et ils trouvent « une grande pièce aménagée et prête pour un repas » (v. 15). Les disciples vont préparer mais le Seigneur avait déjà préparé.

Quelque chose de semblable arrive après la résurrection, quand Jésus apparaît aux disciples pour la troisième fois : tandis qu’ils pêchent, il les attend sur le rivage, où il a déjà préparé le pain et le poisson pour eux. Mais en même temps, il demande aux siens d’apporter un peu de poisson qu’ils viennent de prendre et que lui-même avait indiqué comment pêcher (cf. Jn 21, 6.9-10). Là aussi, Jésus prépare à l’avance et demande aux siens de collaborer. Et encore, avant la Pâque, Jésus avait dit aux disciples « Je pars vous préparer une place […] afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi » (Jn 14, 2.3). C’est Jésus qui prépare, le même Jésus qui cependant avec des rappels forts et des paraboles, avant sa Pâque, nous demande de nous préparer, de nous tenir prêts (cf. Mt 24, 44 ; Lc 12, 40).

Jésus, en somme, prépare pour nous et nous demande aussi de préparer. Que prépare-t-il pour nous ? Une place et une nourriture. Une place beaucoup plus digne que la « grande pièce aménagée » de l’Evangile. C’est notre maison spacieuse et vaste ici-bas, l’Eglise, où il y a et il doit y avoir une place pour tous. Mais il nous a réservé aussi une place là-haut, dans le paradis, pour être avec lui et entre nous pour toujours. En plus de la place, il nous prépare une nourriture, un Pain qu’il est lui- même : « Prenez, ceci est mon corps » (Mc 14, 22). Ces deux dons, la place et la nourriture, sont ce qui nous sert pour vivre. Ils sont le vivre et le couvert définitifs. Les deux nous sont donnés dans l’Eucharistie.

Là Jésus nous prépare une place ici-bas, parce que l’Eucharistie est le cœur battant de l’Église, la génère et la régénère, la rassemble et lui donne la force. Mais l’Eucharistie nous prépare aussi une place là-haut, dans l’éternité, parce qu’elle est le Pain du ciel. Il vient de là, c’est l’unique matière sur cette terre qui soit vraiment d’éternité. C’est le pain de l’avenir, qui déjà maintenant nous fait goûter à l’avance un avenir infiniment plus grand que tout ce qu’on peut attendre de mieux. C’est le pain qui nourrit nos attentes les plus grandes et alimente nos rêves les plus beaux. C’est, en un mot, le gage de la vie éternelle : non seulement une promesse, mais un gage, c’est-à-dire une anticipation concrète de ce qui nous sera donné. L’Eucharistie est la “réservation” du paradis; c’est Jésus, viatique de notre chemin vers cette vie bienheureuse qui ne finira jamais.

Dans l’Hostie consacrée, en plus de la place, Jésus nous prépare l’aliment, la nourriture. Dans la vie nous avons continuellement besoin de nous nourrir, et non seulement d’aliments, mais aussi de projets et d’affections, de désirs et d’espérances. Nous avons faim d’être aimés. Mais les compliments les plus appréciés, les cadeaux les plus beaux et les technologies les plus avancées ne suffisent pas, ne nous rassasient jamais complètement. L’Eucharistie est un aliment simple, comme le pain, mais c’est l’unique qui rassasie, parce qu’il n’y a pas d’amour plus grand. Là nous rencontrons réellement Jésus, nous partageons sa vie, nous sentons son amour ; là tu peux faire l’expérience que sa mort et sa résurrection sont pour toi. Et quand tu adores Jésus dans l’Eucharistie, tu reçois de lui l’Esprit Saint et tu trouves paix et joie. Chers frères et sœurs, choisissons cette nourriture de vie : mettons la messe à la première place, redécouvrons l’adoration dans nos communautés ! Demandons la grâce d’être affamés de Dieu, jamais rassasiés de recevoir ce qu’il prépare pour nous.

Mais comme aux disciple d’alors, à nous aussi aujourd’hui, Jésus demande de préparer. Comme les disciples, demandons-lui : « Seigneur où veux-tu que nous allions faire les préparatifs ? ». Où : Jésus ne préfère pas des lieux et n’en exclut pas d’autres. Il recherche des lieux qui ne sont pas par l’amour, qui ne sont pas touchés par l’espérance. Dans ces lieux inconfortables, il désire aller et il nous demande d’y faire les préparatifs. Tant de personnes sont privées d’un lieu digne pour vivre et de nourriture pour manger ! Mais tous nous connaissons des personnes seules, souffrantes, dans le besoin : ce sont des tabernacles abandonnés. Nous, qui recevons de Jésus le vivre et le couvert, nous sommes là pour préparer une place et un aliment à ces frères plus faibles. Il s’est fait pain rompu pour nous ; il nous demande de nous donner aux autres, de ne plus vivre pour nous-même, mais l’un pour l’autre. Ainsi on vit de façon eucharistique : en répandant dans le monde l’amour que nous prenons de la chair du Seigneur. L’Eucharistie se traduit dans la vie en passant du je au tu.

Les disciples, dit encore l’Evangile, firent les préparatifs après être « allés à la ville » (v. 16). Le Seigneur nous appelle aussi aujourd’hui à préparer sa venue en ne restant pas au dehors, distants, mais en entrant dans nos villes. Dans cette ville aussi, dont le nom –“Ostie” – rappelle justement l’entrée, la porte. Seigneur, quelles portes veux-tu que nous t’ouvrions ici ? Quels portails nous appelles-tu à ouvrir tout grand, quelles fermetures devons-nous dépasser ? Jésus désire que soient abattus les murs de l’indifférence et de l’omerta, que soient arrachées les grilles des abus et des tyrannies, que soient ouverts les chemins de la justice, de l’honneur et de la légalité. Le vaste lido de cette ville appelle à la beauté de s’ouvrir et de prendre le large dans la vie. Mais pour le faire, il convient de défaire les nœuds qui nous lient aux amarres de la peur et de l’oppression. L’Eucharistie nous invite à nous laisser porter par la vague de Jésus, à ne pas rester lestés sur la plage dans l’attente que quelque chose arrive, mais à lever l’ancre libres, courageux, unis.

Les disciples, conclut l’Evangile, « après avoir chanté les psaumes, partirent » (v. 26). A la fin de la messe, nous serons nous aussi en sortie. Nous marcherons avec Jésus, qui parcourra les rues de cette ville. Il désire habiter au milieu de vous. Il veut visiter les situations, entrer dans les maisons, offrir sa miséricorde libératrice, bénir, consoler. Vous avez connu l’épreuve de situations douloureuses ; le Seigneur veut être proche de vous. Ouvrons-lui les portes et disons-lui :

Viens, Seigneur, nous visiter.
Nous t’accueillons dans nos cœurs,
dans nos familles, dans notre ville.
Merci, parce que tu nous prépares la nourriture de la vie et une place dans ton Royaume.
Fais-que nous soyons actifs dans les préparatifs,
que nous te portions avec joie toi qui est le chemin, pour apporter fraternité, justice et paix
dans nos rues. Amen.

[00879-FR.01] [Texte original: Italien]

Le sacrement de la non-violence fait des martyrs pour la Vérité

Fr Jerzy cropped

Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ – dimanche 29 mai 2016

Genèse 14,18-20

1 Corinthiens 11,23-26

Luc 9,11b-17

Les quatre évangiles nous racontent la merveilleuse histoire de la multiplication des pains et des poissons, située à Tabgha, lieu des sept fontaines sur le rivage Nord-Ouest de la mer de Galilée. L’évangile d’aujourd’hui jette un regard en arrière sur la riche théologie et spiritualité d’Israël et aussi en avant pour contempler la notion de vie dans le royaume de Dieu en tant que banquet que le Messie, lui-même, présidera.

Les lecteurs de Marc ont vu cet incident comme une anticipation du dernier repas (14,22) et du banquet messianique, les deux furent célébrés dans les eucharisties de la communauté. L’ajout de Matthieu du nombre de personnes présentes et rassassiées est très important, parce que le nombre total pourrait bien avoir atteint 20 ou 30 000 personnes. Comme la population juive totale de la Palestine au temps de Jésus est estimée à un demi-million, Jésus est présenté nourrissant un dixième de la population. Ceci donne aux histoires de multiplications des pains un caractère social, qui les rend différentes des histoires de guérison ou des récits des autres évangiles.

Luc, de tous les évangélistes, relie immédiatement ce récit de repas avec la prédication de Jésus sur sa Passion et ses instructions au sujet du port de la croix quotidienne (9,18-27). Célébrer l’eucharistie en mémoire de Jésus (22,19) signifie partager non seulement sa mission (9,1-6) mais aussi son dévouement et son destin, symbolisés par la croix (9,18-27). L’eucharistie est là pour nous nourrir et nous renforcer pour continuer fidèlement notre chemin – pain pour la route.

Nourrir le nouvel Israël

Situons le passage d’aujourd’hui (Luc 9,11-17) à l’intérieur de l’évangile de Luc. Le chapitre 9 commence avec la mission des douze: ils sont envoyés proclamer le royaume, dominer sur les démons, apporter la bonne nouvelle au monde, et guérir leurs maladies. Jésus donne à ses disciples qui reviennent tout juste de prêcher et guérir le peuple de Dieu une nouvelle charge : ils peuvent nourrir de l’eucharistie l’Israël reconstitué.

Luc nous enseigne deux leçons importantes dans l’évangile d’aujourd’hui. D’abord Jésus accueille cette grande foule de gens ordinaires, même si « les douze » voulaient les renvoyer. L’utilisation chez Luc « des douze » pour indiquer un groupe spécial de disciples renvoie à ce nombre dans les traditions du peuple d’Israël. En particulier, il rappelle les douze tribus d’Israël. En utilisant le terme « Douze », Luc indique qu’être choisi pour servir d’une manière particulière n’est pas une excuse pour se distancer de la foule, du peuple ordinaire. Au contraire, les Douze, comme Jésus, doivent être accueillant.

Deuxièmement, Jésus enseigne que les disciples doivent partager ce qu’ils ont. Dans le partage, il y aura plus qu’assez. La raison logique et humaine dit : « Nous n’avons pas plus que cinq pains et deux poissons. » Mais Jésus demande que ces maigres provisions, ainsi que la générosité des disciples, dépassent leurs limites. De tous les évangélistes, Luc met l’accent sur le fait que le salut est atteint dans les réalités pratiques de la vie humaine.

Le sacrement de la non-violence

L’eucharistie assume tout l’enseignement, la passion et la mort de Jésus et sa manière non violente doit être au cœur de l’eucharistie. Le récit de la passion de Luc est centré sur l’Agneau, qui va à sa mort, rejetant la violence, aimant les ennemis, retournant le mal en bien, priant pour ses persécuteurs. L’eucharistie est donc vraiment le sacrement de la non-violence. La manière de Jésus de vaincre le diable et la violence doit être la manière chrétienne : la manière de la non-violence, de l’amour et du pardon. La manière non-violente de Jésus est historiquement au cœur de son enseignement et en même temps au cœur de sa passion et de sa mort.

Homme de l’Eucharistie et martyr de la vérité

Cette réalité de l’Eucharistie est présente dans la vie d’un jeune prêtre polonais. Le père Jerzy Popieluszko (1947-1984) était béatifié en tant que martyr en la fête du Corps du Christ, le 6 juin 2010 sur la place Pidlsudski de Varsovie. Je souhaite vous parler un peu de ce remarquable prêtre qui a été un héros et un modèle pour moi au cours de plusieurs années. Jerzy Popieluszko est né le 14 septembre 1947 dans le village d’Okopy dans l’Est de la Pologne. Il venait d’une solide famille catholique romaine. Après le secondaire, Jerzy est entré au séminaire à Varsovie, plutôt que le séminaire local de Bialystok. Sa formation a été interrompue par deux années de service militaire, pendant lequel il s’est battu plusieurs fois pour vivre sa foi chrétienne.

Après son ordination, le jeune prêtre, qui n’a jamais joui d’une bonne santé, a eu plusieurs ministères avant son dernier à la paroisse de St Stanislas Kostka à Varsovie. Il a travaillé à mi-temps à la paroisse ce qui lui permettait de travailler en même temps avec le personnel médical. Du fait de son travail avec le personnel de la santé, il lui a été demandé d’organiser les équipes médicales pendant les visites du pape Jean-Paul II en Pologne, en 1979 et à Varsovie en 1983.

Août 1980 voit les débuts du syndicat Solidarność en Pologne. Les ouvriers de l’usine d’acier qui étaient en grève pour appuyer les constructeurs de navires des chantiers navals de la Mer Baltique ont demandé un prêtre pour leur dire la messe. Le sort est tombé sur le père Jerzy. Il est resté avec les ouvriers nuit et jour. Solidarność représentait pour lui une vision qu’il avait apprise de Maximilian Kolbe : celle d’une liberté spirituelle au milieu d’un esclavage physique. Cette vision de la vérité sur la vocation de chaque homme et femme, Jerzy l’a promue au milieu des ouvriers par sa présence.

Le 13 décembre 1981, les autorités communistes imposèrent la loi martiale, arrêtant beaucoup de militants de Solidarność et lançant un programme d’harcèlement et de représailles contre les autres. Beaucoup d’entre eux qui avaient fait la grève perdirent leur travail, et ainsi leur capacité à soutenir leur famille ; d’autres furent battus dans les rues et laissés pour morts. Le père Popieluszko devint un important pivot d’un programme assistance financière pour soutenir les familles affectées par la loi martiale.

Il assistait régulièrement aux procès des militants de Solidarność, siégeant ostensiblement en cour avec leur famille pour que les prisonniers puissent voir qu’ils ne les avaient pas oubliés. Ce fut dans la salle du tribunal qu’il a eu l’idée de célébrer une messe mensuelle pour le pays, pour tous les prisonniers et leurs familles. Ce n’était pas une manifestation politique, le père Popieluszko demandait à son assemblée de ne pas porter de bannières ni de scander des slogans. Ses messes pour la mère patrie devinrent bien connues non seulement à Varsovie, mais à travers la Pologne, attirant souvent 15 000 à 20 000 personnes. Le père Popieluszko insista pour que le changement doit se faire d’une manière pacifique ; le signe de paix fut l’un des plus poignants moments de chaque messe pour le pays.

Le père Popieluszko ne fut ni un militant social ni un militant politique. Il fut un prêtre catholique fidèle à l’Évangile. Il n’était pas un orateur énergique mais quelqu’un d’une profonde conviction et intégrité. Sa sainteté réside dans une rectitude fondamentale qui a donné de l’espoir au peuple dans les situations d’horreur. Il savait que tous les systèmes totalitaires reposent sur la terreur et l’intimidation. Les communistes le voyaient comme un ennemi parce qu’il libérait le peuple de la peur du système. Il a démontré l’hypocrisie du régime communiste et il a enseigné aux croyants comment confronter le totalitarisme. Bien souvent Jerzy a fait siennes les paroles de saint Paul : « Combat le diable avec le bien. »

Le 19 octobre 1984, le jeune prêtre fut kidnappé par des agents de sécurité alors qu’il rentrait à Varsovie après une visite à une paroisse de la ville voisine de Bydgoszcz. Il fut sauvagement battu jusqu’à perdre conscience et son corps fut attaché, de telle manière qu’il s’étranglerait au moindre mouvement. Son corps lesté fut ensuite jeté dans un réservoir profond. Ses tueurs accomplirent leur tâche avec une brutalité sans précédents ce qui montre leur haine de la foi que le prêtre incarnait. Le chauffeur de Jerzy, qui est parvenu à s’échapper, a pu tout raconter à la presse. Le 30 octobre, le corps attaché et bâillonné de Popieluszko était trouvé dans les eaux glacées d’un réservoir près de Wloclawek. On a largement cru que le meurtre brutal du père Jerzy a accéléré l’écroulement du régime communiste en Pologne.

Les funérailles du jeune prêtre furent une démonstration publique massive avec plus de 400 000 personnes présentes. Des délégations officielles de Solidarność apparurent devant le pays entier, pour la première fois depuis l’imposition de la loi martiale. Le père Jerzy fut enterré dans le jardin de sa paroisse de St Stanislaw Kostka. Dix-sept millions de personnes sont venus sur sa tombe jusqu’à ce jour.

J’ai eu le privilège de prier plusieurs fois sur sa tombe dans la banlieue ouvrière de Varsovie et de témoigner de l’effet extraordinaire que ce jeune prêtre a eu sur tant de jeunes. Il a promu le respect pour les droits humains, pour les droits des ouvriers et la dignité des personnes, toujours à la lumière de l’Évangile. Il a pratiqué, pour la Pologne et le monde entier, les vertus de courage, de fidélité à Dieu, à la croix du Christ et à l’Évangile, d’amour de Dieu et de la patrie. Il a représenté le patriotisme au sens chrétien du terme, en tant que vertu culturelle et sociale. Il avait une profonde dévotion à l’eucharistie. Plus de 80 rues et places en Pologne portent le nom du père Jerzy. Des centaines de statues et plaques mémoriales ont été dévoilées en hommage ; plus de 18 000 écoles, organismes de charité, groupes de jeunes et clubs de discussions portent son nom.

Parce que le prêtre assassiné a été proclamé un martyr pour la haine de la foi, le procès en béatification de Popieluszko ne nécessitait pas de miracle. La vérification formelle d’un miracle n’est pas nécessaire même si beaucoup ont été rapportés. Son témoignage est un exemple pour les prêtres, à la lumière de sa fidélité totale au Christ. Le père Jerzy est un modèle pour nous, nous rappelant de nous efforcer que ce que nous disons et faisons extérieurement soit toujours en accord avec notre conscience intérieure.

Béni sois-tu, Jerzy Popieluszko, homme de l’eucharistie, martyr pour la vérité, ta vie fut rompue et partagée pour les multitudes. Le sang de ton martyr est devenu semence de foi pour ta patrie et pour l’Église. Tu es un prêtre à jamais selon l’ordre du roi de Melkisédek (Psaume 110). Prie pour nous.

Puiser avec joie aux sources du salut…

Réflexion du père Rosica à l’occasion de la fête du Sacré-Coeur

Le mois de juin est traditionnellement pour les catholiques le « mois du Sacré Coeur ».  Faisons un « pèlerinage aux sources » de cette tradition, à Paray le Monial, en France, lieu des révélations du Coeur du Christ à sainte Marguerite Marie Alacoque au XVIIe siècle. C’est en effet dans cette petite ville de Bourgogne que le Christ est apparu à Sainte Marguerite-Marie (1647-1690), religieuse de la Visitation, et lui a révélé l’amour miséricordieux de son Coeur pour les hommes.

Sacré CoeurLe siècle de Marguerite-Marie est celui de l’éclatement de l’hérésie janséniste condamnée au siècle suivant.  Cette hérésie présente volontiers un Dieu terrible et sévère en opposition au Dieu d’Amour et de Miséricorde. Le message d’amour du Coeur de Jésus arrive donc à point nommé, il aura d’ailleurs un autre apôtre, dans le même siècle, en la personne de Saint Jean-Eudes.  Marguerite-Marie rentre donc chez les visitandines de Paray-le-Monial, c’est là que le Seigneur lui fait savoir son désir de faire connaître au plus grand nombre l’amour de son Coeur.

Jésus lui apparaît de nombreuses fois, alors qu’elle était en prière devant le Saint-Sacrement. L’essentiel de son message est regroupé dans trois de ces révélations.  Peu à peu, le «message du Coeur de Jésus » a touché l’ensemble du monde chrétien, et a donné naissance, à partir de 1873, à de grands pèlerinages qui se poursuivent aujourd’hui.

Ce Message « « Je vous donnerai un coeur nouveau » avait été annoncé par le prophète Ezéchiel. Ces paroles résonnent à Paray le Monial avec force. Celui qui est venu pour révéler son Coeur transpercé est Celui-là même en qui tous peuvent venir puiser à la source de la miséricorde :  «Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté, et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. Celui qui a vu rendra témoignage- son témoignage est véritable et celui-là sait qu’il dit vrai – pour que vous aussi, vous croyiez. » (Jean 19,33-35)

A Paray-le-Monial, Jésus-Christ se fait plus proche. La vie de l’homme croyant, tourné vers Dieu le Père, guidé par l’Esprit-Saint, retrouve ici la joie d’une réconciliation profonde avec Dieu, son prochain et lui-même.  Lorsque nous parlons du Sacré Coeur de Jésus, nous parlons d’une rencontre du Cœur transpercé pour nous d’où jaillissent l’eau et le sang. [Read more…]