La Foi de Gilles Vigneault

Né à Natashquan en 1928, Gilles Vigneault, qui est considéré comme le poète officiel du Québec, a pu rayonner partout où la langue française a pris racine. Que ce soit par l’acuité de son verbe ou l’agilité de sa voix naturellement familière, Gilles Vigneault n’a cessé de manier modernité et tradition; cherchant ainsi à transmettre ce riche patrimoine culturel qui est le nôtre parce qu’il fut le sien. Accueilli par le maître chanteur à son studio où de son âge vénérable il continue de faire naître amour et beauté dans le cœur de ceux qui s’y rendent, Francis Denis a pu s’entretenir avec lui sur sa foi et les différentes figures religieuses qui ont contribué à faire de lui ce qu’il est devenu. Puissions-nous nous en inspirer afin qu’à notre tour, nous laissions fleurir notre pays intérieur.

L’entrevue, « La foi de Gilles Vigneault », fut présentée en grande primeur sur nos ondes le vendredi 22 juin à 19h30 et en reprise le lundi 25 juin à 20h30. Un rendez-vous à ne pas manquer!

 

Veillée de prière pour la Journée Mondiale de la Jeunesse

En ce pays…

Aujourd’hui 24 juin, fête de Saint-Jean Baptiste, fête de la Saint-Jean, Fête Nationale… notre manière de vivre cette journée dépend de l’endroit où nous nous trouvons et de notre regard sur l’histoire. Québécois expatrié, Franco-Ontarien d’adoption, cette fête revêt désormais  pour moi une nouvelle signification. La langue et la culture qui m’ont façonné, m’ont permis d’entrer en relation avec les autres, de découvrir un univers riche en mots, en paroles et en humanité.

Cette richesse apparaît d’autant plus belle à la lumière de la foi. Lorsque l’on connaît l’histoire de notre peuple, sa résistance, sa résilience mais aussi sa joie et sa fierté, il est difficile de cacher les fondations chrétiennes qui ont été le ciment de cette société. Je n’oserais ici me prendre pour un père Lacroix, que j’aime beaucoup d’ailleurs, mais si nous sommes d’accord que l’appel à la mémoire d’un groupe, d’un peuple, est important, on ne peut commencer la ligne du temps aux années soixante-dix, ni choisir les facettes de notre histoire qui nous plaisent le plus. Comment autrement pouvons-nous devenir ce que nous devons être? Comment imaginer l’avenir? Comment espérer?

Il aura fallu que je quitte mon pays, à l’image d’Abraham, pour découvrir la richesse d’une terre qui va plus loin que le Saint-Laurent ou la Baie James, plus loin même que l’Atlantique ou le Pacifique. Une terre où foi, langue et culture se conjuguent au présent, au passé et au futur.

Il m’arrive parfois d’avoir l’impression de prêcher dans le désert. Mais le Baptiste l’a fait. C’est vrai, il a perdu la tête… mais la mienne est bien ancrée, remplie d’histoires de ces ancêtres qui ont travaillé dur, qui marchaient pieds nus pour aller à la messe pour ne pas briser leurs chaussures, qui savaient danser et se réjouir avec simplicité.   J’aspire à avoir du cœur comme eux et elles. Un cœur à l’ouvrage, mais surtout un cœur qui espère pour les siens, pour son peuple et pour son Église.

Romantique, oui! Bonne Saint-Jean!

Un chant pour aujourd’hui: En ce pays – Robert Lebel