« Prendre Jésus dans nos bras…»


Malachie 3,1-4

Hébreux 2, 14-18
Luc 2, 22-40

C’est en 1997 que saint Jean-Paul II a fait coïncider la journée mondiale de la vie consacrée avec la Fête de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple de Jérusalem (2 février). Le Pape a donné trois raisons justifiant le choix du 2 février comme journée dédiée aux hommes et femmes consacrés. D’abord, pour rendre grâce à Dieu pour ce don de la vie consacrée. Deuxièmement, pour en faire la promotion et manifester l’appréciation de tout le Peuple de Dieu envers ces hommes et femmes. Troisièmement, afin d’inviter tous ceux qui ont dédié leur vie à la cause de l’Évangile à célébrer les merveilles que le Seigneur accomplit à travers eux.

Les lectures spéciales de cette fête sont (Ml 3,1-4; Ps 24, 14-18; Hb 2, 14-18; Luc 2, 22-40).

Le contexte biblique

Selon la loi mosaïque (Lv 12, 2-8), une femme qui donnait naissance à un garçon était, pour des raisons légales liées à l’impureté, proscrite de toucher quoi que ce soit de sacré ou d’entrer dans la zone entourant le temple et ce, pendant quarante jours. À la fin de cette période, la nouvelle mère devait offrir un agneau d’un an, une colombe ou un pigeon en holocauste pour l’expiation des péchés. La femme qui ne pouvait se permettre de donner un agneau offrait deux colombes ou deux jeunes pigeons, ce que firent Marie et Joseph dans l’Évangile de ce dimanche. Ils emmenèrent donc Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur (Luc 2, 7). Il fut consacré au Seigneur tel que la loi le prescrivait (Exode 13, 2, 12), mais il n’y avait aucune prescription affirmant que cela devait se faire au Temple. Le concept de la présentation au Temple trouve probablement ses origines au premier livre de Samuel (1 Sam 1, 24-28), où Anne offre l’enfant Samuel pour le service du Sanctuaire. La loi stipulait également (Nombre, 3, 47-48) que le fils premier-né devait être sauvé par les parents par l’entremise d’une offrande de cinq Shekels à un membre d’une famille sacerdotale. Luc ne fait cependant pas mention de cette prescription légale. [Read more…]

« Sacrement de la piété, signe de l’unité, lien de la charité »

Solennité du Corps et du Sang du Christ

Deutéronome 8,2-3.14b-16a
1 Corinthiens 10,16-17
Jean 6,51-58

Les trois lectures d’aujourd’hui, en cette Solennité du Corps et du Sang du Christ, présentent trois façons admirables de parler du don de l’Eucharistie. Permettez-moi de formuler d’abord quelques réflexions sur chacune de ces lectures avant d’examiner en conclusion la façon dont nous pouvons et devons vivre le mystère eucharistique dans notre quotidien.

Le texte de l’Ancien Testament, tiré du Deutéronome (8 ,2-3.14b-16a), nous fait voir Moïse qui s’adresse au peuple d’Israël alors qu’ils approchent de la Terre promise après quarante ans d’errance. Moïse, le grand architecte d’Israël, fait appel à la mémoire du peuple, il le presse de se rappeler comment le Seigneur a pris soin de lui pendant ce long pèlerinage. « Souviens-toi. » « Souviens-toi du Seigneur ton Dieu. » Moïse n’invite pas les gens à un exercice de nostalgie ou de mémoire abstraite. Il leur demande de se rappeler les gestes concrets du Seigneur en leur faveur. Il leur rappelle exactement ce que Dieu a fait pour eux et comment il leur a permis de survivre au désert en leur donnant la manne.

La référence à la manne fait le lien avec l’Évangile d’aujourd’hui dans lequel les auditeurs de Jésus sont d’abord hérissés à l’idée de manger sa chair. Dans le texte de l’Évangile, Jésus parle quatre fois de manger sa chair (Jean 6, 51-58). Jésus est nul autre que le Seigneur qui fait son entrée dans notre vie d’êtres humains, chair et sang comme nous. Les auditeurs de Jésus ne sont pas seulement rebutés par le fait de manger sa chair et de boire son sang : ils ont du mal à accepter qu’en Jésus Dieu est entré pour de bon dans le monde.

Un seul pain, un seul corps

La deuxième lecture est tirée de la première lettre de saint Paul à la communauté divisée de Corinthe (10, 16-17).  Même si les chrétiens de Corinthe peuvent avoir de très belles célébrations, ils ne forment pas le corps du Christ. Les riches ne partagent pas avec les pauvres et on ne se porte pas au secours des plus vulnérables. C’est désavouer le sens le plus profond de l’Eucharistie que de la célébrer sans se soucier de la charité et de la communion. Paul est très sévère à l’endroit des Corinthiens parce que « quand vous vous réunissez tous ensemble, ce n’est plus le repas du Seigneur que vous prenez » (11,20) à cause des divisions, des injustices et des égoïsmes. Paul exhorte ses correspondants à devenir la nourriture qu’ils consomment : le corps du Christ. [Read more…]

Une Unité qui transcende toutes les différences

Fête des Saints Pierre et Paul
Actes 12,1-11; 2 Timothée 4,6-8.17-18; Matthieu 16,13-19
29 juin 2014

Vu l’importance de la solennité des saints Pierre et Paul et la clôture officielle de l’Année paulinienne en 2008, je vous propose une réflexion spéciale pour la fête du 29 juin.

L’itinéraire de Pierre le fit passer de la faiblesse du refus au roc de la fidélité. Il nous a donné le témoignage ultime de la croix. Le pèlerinage de Paul le mena de l’aveuglement de la persécution au feu de la proclamation. Il a fait vivre la Parole de Dieu pour les nations.

Être avec Pierre signifie préserver l’unité de l’Église chrétienne. Parler avec Paul, c’est proclamer la pure Parole de Dieu.

Leur passion était de proclamer l’Évangile du Christ. Leur engagement, de créer une place pour chacun dans l’Église du Christ. Leur loyauté envers le Christ a tenu jusqu’à la mort. Pierre et Paul sont pour nous une base solide; ils sont les piliers de notre Église.

La question cruciale

Le récit de l’Évangile d’aujourd’hui (Matthieu 16,13-19) porte sur la confirmation, l’identité et le projet. Jésus et ses disciples viennent d’arriver dans la région de Césarée de Philippe, loin de leur environnement familier. Césarée, ville bâtie par Philippe, était une garnison romaine, pleine d’édifices, de monuments, de symboles et de coutumes de la civilisation urbaine gréco-romaine. Cet endroit est un milieu étranger pour les apôtres, plus habitués aux bourgs et à la rive du lac.

Sexualité et violence sévissaient dans les sanctuaires religieux de la ville, connue pour le culte qu’elle rendait au dieu grec Pan. Dans ce centre de pouvoir, de luxe et d’exubérance païenne, Jésus se tourne vers ses disciples et leur demande ce que les gens disent de lui. Comment voient-ils son travail? Qu’ont-ils à l’esprit? Probablement pris de court par cette question, les disciples font appel à leurs souvenirs : des remarques surprises lors de conversations, des opinions qui circulaient dans les villes de pêcheurs des environs du lac. Jésus lui-même est au courant de certaines histoires à son sujet. Il ne connaît que trop bien l’attitude de sa propre ville de Nazareth et ce souvenir le blesse sans doute profondément. [Read more…]

Il a fallu quarante jours

Mercredi des Cendres
5 mars 2014

Joël 2,12-18; 2 Corinthiens 5,20 – 6,2; Matthieu 6,1-6.16-18

L’Église entreprend aujourd’hui sa grande aventure du Carême avec Jésus, sur la route vers Jérusalem. Pendant des siècles, le Carême a été un parcours spirituel intense pour ceux qui suivent Jésus le Christ.

Pourquoi le Carême compte-t-il quarante jours? Il a fallu quarante jours pour que le péché soit noyé dans le déluge et qu’une nouvelle création puisse hériter de la terre. Il a fallu quarante ans pour que meure la génération des esclaves et qu’une autre, née en liberté, puisse entrer dans la Terre promise. Moïse, Élie et Jésus ont jeûné et prié pendant quarante jours pour se préparer à l’œuvre de leur vie.

Le Carême nous invite à nous détourner de nous-mêmes et de nos péchés et à former une communauté. Nous exprimons notre repentance par l’abnégation, qui comprend trois volets selon l’évangéliste Matthieu. [Read more…]

L’occasion qui ne se représentera pas

Réflexion biblique du 21e dimanche du temps ordinaire

Bien que l’Évangile d’aujourd’hui (Luc 13, 22-30) puisse bien être un recueil des dictons de Jésus, émis dans différents contextes mais rassemblés ensemble ici sous le titre général de « qui sera sauvé », le ton général du sens de tout l’ensemble est clair : la bonne nouvelle est offerte : « totale et entière » et doit être acceptée de la même manière. Les paroles de Jésus suivent les paraboles du royaume (Luc 13, 18-21) et mettent l’accent sur le grand effort requis pour entrer dans le royaume (13, 24) et sur l’urgence d’accepter l’opportunité présente d’entrer parce que la porte étroite ne restera pas ouverte indéfiniment (13, 25). Derrière cette affirmation se cache le rejet de Jésus et de son message par ses contemporains juifs (13, 26) dont les places au banquet dans le royaume seront prises par les Gentils des quatre coins du monde (13, 29). Ceux qui sont appelés derniers (les Gentils) précéderont ceux auxquels l’invitation fut adressée en premier (les Juifs).

Seigneur, qui peut-être sauvé ?

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En réalité, la question posée à Jésus est: « N’y aura-t-il que quelques-uns qui seront sauvés ? » Jésus répond en disant que la voie est ouverte mais le chemin d’accès au royaume est étroit et exige plus qu’un intérêt passager. En effet, la porte ne restera pas toujours ouverte. Dieu veut nous mener à l’eschaton (la fin des temps), et quand la porte est fermée, c’est fermé. La porte ne pourra certainement pas être réouverte par les personnes qui affirment avoir vu Jésus une fois lors d’une visite dans leurs villes et leurs villages ou quand il a prêché dans leurs rues ou qu’ils ont vu une fois parmi la foule ou qu’ils ont rencontré des membres de sa famille. De tels appels ne sont pas seulement futiles mais aussi compromettant pour eux-mêmes par ce que leurs opportunités portent aussi des obligations. En plus de la douleur de rester assis devant une porte close, il y aura la vue du grand nombre de gens qui sont admis, non seulement ceux qui sont attendus parmi les anciens fideles d’Israël mais aussi les Gentils, que l’on n’attendait pas, qui ont entendu et cru. Voilà une opportunité pour Israël et pour nous d’évaluer où nous en sommes par rapport au Royaume de Dieu. [Read more…]

Méditation du pape François lors de la conclusion du mois de Marie

A la fin de la récitation du chapelet, le Pape a prononcé cette méditation. La voici:

« Chers frères et sœurs,

Ce soir, nous avons prié le chapelet ensemble ; nous avons parcouru à nouveau quelques événements du chemin de Jésus, de notre salut, et nous l’avons fait avec celle qui est notre Mère, Marie, celle qui nous guide d’une main sûre vers son fils Jésus. Toujours, Marie nous conduit à Jésus.

Nous célébrons aujourd’hui la fête de la Visitation de la Bienheureuse Vierge marie à sa cousine Elisabeth. Je voudrais méditer avec vous ce mystère qui montre comment Marie affronte le chemin de sa vie, avec beaucoup de réalisme, d’humanité, de sens du concret.

Trois mots résument le comportement de Marie : écoute, décision, action ; ce sont des mots qui indiquent une route pour nous aussi devant ce que le Seigneur nous demande dans notre vie.

1. L’écoute. Marie se rend chez sa cousine Elisabeth. D’où lui vient ce geste ? D’une parole de l’ange de Dieu : « Et voici qu’Elisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse » (Lc 1,36). Marie sait écouter Dieu. Attention ! il ne s’agit pas simplement d’ « entendre » superficiellement, mais c’est une « écoute » faite d’attention, d’accueil, de disponibilité envers Dieu. Ce n’est pas la manière distraite que nous avons souvent de nous mettre devant le Seigneur ou les autres : nous entendons ce qu’ils disent, mais nous n’écoutons pas vraiment.

Marie est attentive à Dieu, elle écoute Dieu. Mais Marie écoute aussi les faits, c’est-à-dire qu’elle lit les événements de sa vie, elle est attentive à la réalité concrète et elle ne s’arrête pas à la superficie des choses, mais elle va en profondeur pour en saisir la signification. Sa cousine, Elisabeth, qui est déjà âgée, attend un enfant : voilà le fait. Mais Marie est attentive à sa signification, elle sait la saisir : « Rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1,37). [Read more…]

La réhabilitation de Pierre, et la nôtre

2_tissot_jesus_on_the_beach_610x343Réflexion biblique pour le 3e dimanche de Pâques C

Le récit dramatique de l’évangile de ce dimanche (Jean 21, 1-19) a pour toile de fond la mer de Galilée. La majeure partie  du ministère de Jésus s’est déroulée le long de la rive nord-ouest de cette mer, connue aussi sous le nom de Mer de Tibériade (Jean 6, 1) et le lac de Gennésareth (Luc 5, 1). Cette « mer » est en réalité un lac d’eau douce,  de la forme d’une petite harpe de 20 km de long et 11 de large. La pêche joue un rôle important dans le Nouveau Testament et l’église primitive. Pêcher est finalement devenu un symbole important de la tâche missionnaire de l’Église, depuis que Jésus a invité ses premiers disciples à « être des pécheurs d’hommes. »

La symphonie du petit déjeuner en deux mouvements

Le chapitre 21 est un épilogue du quatrième évangile, un « petit déjeuner symphonique » Le premier mouvement (vv 1-14) décrit l’apparition du Seigneur ressuscité aux disciples  « sur le bord du lac de Tibériade ». Cela a un rapport avec la pêche. Lorsque Pierre décide d’aller pêcher, il est rempli d’un certain sentiment de résignation et de mélancolie, allusion à la déprime et au découragement qu’il a dû expérimenter avec les disciples après la mort de Jésus. Pierre est tout simplement en train de revenir à son ancien métier.

L’apparition de Jésus est enveloppée de mystère, dans l’atmosphère familière du “ne sachant pas que c’était lui ” que nous trouvons si souvent chez les évangélistes. Les disciples ont été en mer et « ils passèrent la nuit sans rien prendre» (v3), représentation graphique de stérilité. Ils ont fait ce qu’ils croyaient être la bonne chose mais ils ont fait l’expérience de l’échec. Cela les prépare à apprendre l’une des leçons essentielles de la manière d’être disciple – sans Jésus ils ne peuvent rien faire (15, 5). Le point tournant survient au matin, peut-être pour symboliser l’aube de la lumière spirituelle. Jésus est à nouveau décrit comme se tenant là, sans description de son arrivée (v4; 20,14 ; 19, 26). [Read more…]

Suivre Jésus sur le chemin royal de la Croix

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Réflexion biblique pour le dimanche des Rameaux C

Cette année, au dimanche des Rameaux, nous entendons deux parties de l’évangile de Luc – le premier à la bénédiction des Rameaux et le second lors de la lecture du récit de la Passion. Avec l’entrée royale de Jésus à Jérusalem, (19, 28-21,38) une nouvelle section de l’évangile commence – le ministère de Jésus à Jérusalem avant sa mort et résurrection.

Dans un élan d’enthousiasme, le peuple de Jérusalem a agité les palmes et accueilli Jésus comme il entrait dans la ville, monté sur un âne. L’acclamation : «Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur » (v.38) est présente seulement dans l’évangile de Luc où est explicitement donné à Jésus le titre de roi lorsqu’il entre en triomphe dans Jérusalem. Luc a inséré ce titre dans les paroles du psaume 118,26 qui annonçait l’arrivée des pèlerins venant vers la ville sainte et au temple. Jésus est acclamé comme roi et comme celui qui vient (Malachie 3,1; Luc 7,19). L’acclamation des disciples: « Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux» fait écho à l’annonce des anges à la naissance de Jésus (Luc 2,14). La paix que Jésus apporte est associée au salut qui doit être accompli à Jérusalem. Il y a une unité interne entre les récits de l’enfance et la passion de l’évangile de Luc.

Luc est lié à Marc pour la composition du récit de sa Passion (22,14-23.56) mais il a incorporé beaucoup de sa propre tradition dans le récit. On distingue plusieurs parties dans le récit de la Passion de Jésus dans Luc: 1 la tradition de l’institution de l’Eucharistie (22, 15-20); 2 Le discours d’adieu de Jésus (22,21-38); 3 Le mauvais traitement et l’interrogation de Jésus (22,63-71); 4 Jésus devant Hérode et sa seconde apparition devant Pilate (23,6-16); 5 les paroles adressées aux femmes qui suivaient le chemin de croix (23, 27-32); 6 les paroles au larron pénitent (23, 39-41); 7 la mort de Jésus (23,46, 47b-49). [Read more…]

Le jour où pauvreté et miséricorde se sont rencontrées

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Réflexion biblique pour le 5e dimanche de Carême C

Le récit émouvant de l’évangile de ce dimanche (Jean 8, 1-11) relate l’épisode de la femme adultère en deux scènes très vives : dans la première, nous sommes témoins d’une discussion entre Jésus, les scribes et les pharisiens au sujet d’une femme prise en flagrant délit d’adultère qui, selon les prescriptions du Lévitique (20, 10), devait être lapidée ; dans la seconde, d’un bref mais émouvant dialogue entre Jésus et la femme pécheresse.

Aucun autre événement de la vie de Jésus n’illustre plus clairement le triomphe de la miséricorde sur la justice que ce récit. Deux aspects nous intriguent : le premier c’est que cette histoire de Jean est absente de la plupart des manuscrits anciens grecs et n’est certainement pas à sa place dans le quatrième évangile. Le style et le langage semblent plus proches de celui de Luc que de celui de Jean.

Les seuls mots qui ne sont pas communs dans l’évangile de Jean incluent « Le Mont des Oliviers » (8, 1), « Les scribes »  (8, 3) et « Je condamne » (8, 11), tous les autres mots se trouvent très communément dans les évangiles synoptiques. Les mots et phrases comme « Tout le monde » (8, 2) et « les scribes et les pharisiens » (8,3) sont plus communs à Luc. Cependant, en dépit du fait de la présence de ces mots de Luc dans cette histoire, il s’y trouve aussi des phrases non-lucaniennes qui suggèrent  un texte non-lucanien. [Read more…]

En chemin, apprendre à lire les signes d’amour

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Réflexion biblique pour le quatrième dimanche de Carême C

Le chapitre 15 de l’évangile de Luc est souvent surnommé la « collection des perdus et retrouvés » du Nouveau Testament car il débute par la parabole de la brebis perdue (vv. 1-7), suivie par la parabole de la pièce perdue (vv. 8-10), atteignant son apogée dans la parabole du fils prodigue (vv. 11-32).

Le récit du Fils prodigue dans l’évangile de ce dimanche  est l’un de ces joyaux rares qui captive chaque auditeur, cette parabole symbolise les talents de Luc en tant que conteur, son habileté à peindre une scène avec tant d’éclat et de sensibilité dans les relations humaines que cela peut rejoindre l’expérience de chacun. La plupart d’entre nous avons joué chacun de ces rôles, à différents moments de nos vies: celui de parent aimant, apparemment trop indulgent, celui de jeune homme qui a fait ses expériences pour grandir, faible en immoralité et en orgueil, désespérément en manque de miséricorde; celui de fils aîné responsable et au dessus de tout reproche, qui est frustré par la générosité et la clémence en réponse à la faiblesse et aux péchés des autres. Il y a un peu de ces traits de tempérament en chacun de nous, l’unique et merveilleuse parabole de Fils prodigue visait les contemporains de Jésus, des bonnes gens, qui n’appréciaient guère son attitude fraternelle envers les collecteurs d’impôts et les gens de mauvaise réputation.

En 1984, dans son exhortation apostolique Reconciliatio et Pænitentia qui suit le Synode sur la Réconciliation, le pape Jean-Paul II a écrit : « La parabole du fils prodigue est avant tout l’histoire ineffable du grand amour d’un Père – Dieu – qui offre à son fils, revenu à lui, le don de la pleine réconciliation… elle rappelle donc la nécessité d’une profonde transformation des cœurs pour redécouvrir la miséricorde du Père et pour vaincre l’incompréhension et l’hostilité entre frères et sœurs ». [Read more…]