Ils ont perdu la manche…

Plusieurs parents catholiques (et bien d’autres aussi) prendront note ce soir du jugement défavorable de la Cour supérieure du Québec à leur endroit. D’après le jugement, le programme d’éthique et culture religieuse en vigueur depuis un an ne brime pas la liberté de conscience et de religion des parents demandeurs. Ces derniers devraient donc rentrer dans les rangs avec leurs enfants qui suivront le cours dicté par le Ministère de l’Éducation.

Tout cela nous révèle un peu plus le type de rapport qu’entretient l’État laïc avec les religions et les croyances des personnes. La foi étant reléguée au privé, le citoyen catholique est en bout de ligne sommé de se taire lorsque sa foi et son Église sont présentées de manière insipide et dénaturée à ses enfants. C’est du moins ce que pensent des milliers de parents québécois.  Après des mois de travail et de mobilisation, le jugement de la Cour supérieure est un soufflet pour ces parents et pour la Coalition pour la liberté en éducation qui milite en leur nom.

Après l’instauration du programme d’ECR en 2008, le jugement est la deuxième manche perdue par les opposants au cours d’ECR. Il est cependant trop tôt pour déclarer ces parents K.O. Lorsque des citoyens se sentent brimés dans leurs droits les plus fondamentaux, rien ne peut les empêcher de se battre. Il y a donc fort à parier que le jugement sera porté en appel.

En ce pays…

Aujourd’hui 24 juin, fête de Saint-Jean Baptiste, fête de la Saint-Jean, Fête Nationale… notre manière de vivre cette journée dépend de l’endroit où nous nous trouvons et de notre regard sur l’histoire. Québécois expatrié, Franco-Ontarien d’adoption, cette fête revêt désormais  pour moi une nouvelle signification. La langue et la culture qui m’ont façonné, m’ont permis d’entrer en relation avec les autres, de découvrir un univers riche en mots, en paroles et en humanité.

Cette richesse apparaît d’autant plus belle à la lumière de la foi. Lorsque l’on connaît l’histoire de notre peuple, sa résistance, sa résilience mais aussi sa joie et sa fierté, il est difficile de cacher les fondations chrétiennes qui ont été le ciment de cette société. Je n’oserais ici me prendre pour un père Lacroix, que j’aime beaucoup d’ailleurs, mais si nous sommes d’accord que l’appel à la mémoire d’un groupe, d’un peuple, est important, on ne peut commencer la ligne du temps aux années soixante-dix, ni choisir les facettes de notre histoire qui nous plaisent le plus. Comment autrement pouvons-nous devenir ce que nous devons être? Comment imaginer l’avenir? Comment espérer?

Il aura fallu que je quitte mon pays, à l’image d’Abraham, pour découvrir la richesse d’une terre qui va plus loin que le Saint-Laurent ou la Baie James, plus loin même que l’Atlantique ou le Pacifique. Une terre où foi, langue et culture se conjuguent au présent, au passé et au futur.

Il m’arrive parfois d’avoir l’impression de prêcher dans le désert. Mais le Baptiste l’a fait. C’est vrai, il a perdu la tête… mais la mienne est bien ancrée, remplie d’histoires de ces ancêtres qui ont travaillé dur, qui marchaient pieds nus pour aller à la messe pour ne pas briser leurs chaussures, qui savaient danser et se réjouir avec simplicité.   J’aspire à avoir du cœur comme eux et elles. Un cœur à l’ouvrage, mais surtout un cœur qui espère pour les siens, pour son peuple et pour son Église.

Romantique, oui! Bonne Saint-Jean!

Un chant pour aujourd’hui: En ce pays – Robert Lebel