Francesco Spinelli: Champion des pauvres et des marginalisés

Prêtre diocésain du diocèse de Crémone
Fondateur de lInstitut des Sœurs Adoratrices du Saint-Sacrement
Jour de fête : 6 février
14 avril 1853 – 6 février 1913

Né à Milan le 14 avril 1853, Francesco Spinelli a déménagé à Crémone en Italie alors quil était encore enfant. Jeune garçon, il accompagnait sa mère qui visitait et aidait les pauvres et les malades de sa ville. Son appel à la prêtrise a été soutenu à la fois par sa mère et par un oncle qui était prêtre. Après avoir étudié à Bergame pendant plusieurs années, il fut ordonné prêtre de ce diocèse le 14 août 1875.

Plus tard cette année-là, étant à Rome pour célébrer le jubilé convoqué par le pape Pie IX, P. Francesco se rendit à la basilique Sainte-Marie-Majeure, et alors quil était là, il sest agenouillé devant la crèche de lEnfant Jésus. En prière, il reçut la vision dun groupe de jeunes femmes qui adoreraient Jésus dans le Saint-Sacrement. Ce moment lui inspira de commencer un nouvel ordreet, en 1882, il unit ses efforts avec ceux de sainte Gertrude Comensoli pour fonder les Sœurs Sacramentines de Bergame.

Après un début prometteur, il fut obligé de quitter le diocèse de Bergame en 1889 à cause dune opposition et de complots contre lui, abandonnant également la nouvelle congrégation. Il arrive à Rivolta dAdda, découragé et sans argent, mais lévêque diocésain de Crémone lui offre la possibilité dy exercer ses fonctions pastorales. En 1892, P. Francesco fonde les Sœurs Adoratrices du Saint-Sacrement, une congrégation qui obtiendra lapprobation officielle du diocèse en 1897.

À Crémone, les sœurs continuèrent à adorer le Christ dans leucharistie tout en se concentrant sur leur travail auprès des pauvres, un travail inspiré par Spinelli lui-même qui avait connu les difficultés de la marginalisation. Il s’était senti appelé par son amour de l’eucharistie à répondre aux besoins de ceux qui enduraient la même souffrance.

P. Francesco mourut de causes naturelles à Rivolta dAdda le 6 février 1913, mais les sœurs poursuivent toujours le travail quil avait aidé à mettre sur pied. Elles ont maintenant beaucoup de maisons à travers le monde, y compris en Argentine et au Sénégal. Bien quil ne l’ait pas vu de son vivant, Spinelli aurait éprouvé une grande joie devant l’approbation pontificale de sa congrégation par le pape Pie XI en 1932. En 1958, le cardinal Angelo Roncalli, qui deviendra le pape Jean XXIII, visita la tombe de Spinelli. Dans son journal intime, il a écrit : « Arrivé à Rivolta dAdda où jai admiré la maison générale des Sœurs Adoratrices que le vénérable Francesco Spinelli a fondées et sur la tombe duquel jai été heureux de prier. »

Cet émerveillement a été poursuivi par un autre Saint-Père lorsque P. Francesco a été béatifié le 21 juin 1992 par le pape Jean-Paul II.

Ayant toujours considéré Jésus comme source et modèle de sa vie sacerdotale, P. FrancescoSpinelli a laissé derrière lui une réputation de sainteté et a donné un exemple de vraie prière aux Sœurs Adoratrices du Saint-Sacrement et à tous ceux quil rencontrait. Comme le Christ, il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour servir les malheureux, les marginalisés et les rejetés partout où le besoin sen faisait sentir, et ce travail se poursuit jusquà ce jour.

Publication d’un nouveau Directoire pour l’homélie (2e partie)

blog_1423666301

Image: Courtoisie de CNS

Comme nous l’avons dit dans le blog précédent, la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements vient de publier un nouveau Directoire qui se veut en continuité au monition du pape François pour qui « un prédicateur qui ne se prépare pas, qui ne prie pas « est malhonnête et irresponsable » (EG, 145) et un « faux prophète, un escroc ou un charlatan sans consistance » (EG, 151). Le document propose donc une réflexion, à la fois, théorique et pratique sur l’homélie.

On retrouve dans la première partie une réflexion visant à promouvoir une meilleure connaissance de la nature de l’homélie. L’homélie est, dans l’Église catholique, intimement liée à la célébration de l’Eucharistie puisque les deux s’insèrent dans la même logique. En effet, comme l’Eucharistie rend présent, à la fois, le sacrifice rédempteur de l’humanité et la glorification parfaite de Dieu, l’homélie doit être non seulement orientée vers la sanctification des hommes mais également servir à la glorification de Dieu. Ainsi, « l’homélie est une hymne d’action de grâces pour les magnalia Dei : elle annonce aux membres de l’assemblée que la Parole de Dieu s’accomplit dans le fait qu’ils l’écoutent et la reçoivent, et, bien plus, qu’ils louent Dieu pour cet accomplissement. » (no 4). Pour ce faire, le document poursuit en donnant quelques orientations.

On montre dans un premier temps ce que l’homélie doit éviter: longueur excessive, exercice d’exégèse biblique, enseignement catéchétique, témoignage personnel (no 6). Toutefois, on montre que ces éléments peuvent parfois être utilisés tout en restant des moyens utiles. « Comme le feu, affirme t-on, tous ces éléments sont de bons serviteurs, mais de mauvais maîtres; ils sont bons dans la mesure où ils sont utiles à la fonction de l’homélie. » (no7). Quelle est donc cette fonction de l’homélie ? Le document répond à cette question en la déployant dans sa dynamique composée de 3 mouvements distincts : 1) le « mystère pascal du Christ est annoncé par les lectures et l’homélie ». En ce sens, « l’homélie consiste en une extension de la proclamation des lectures » (no 12) ; 2). Le deuxième mouvement de l’homélie a pour but « d’aider la communauté à mieux entrer dans la célébration eucharistique » ou, en d’autres termes, à s’unir au « sacrifice de la Messe (no. 13) ; 3) enfin, l’homélie doit disposer d’une conclusion qui doit aider les fidèles à réaliser « qu’ils ont pour mission de porter l’Évangile dans le monde par le témoignage de leur vie quotidienne » (no14). [Read more…]

“Vers une nouvelle vision du ministère et de l’identité du prêtre”

Chers amis,

C’est un très grand plaisir pour moi d’avoir été invité au Congrès Eucharistique international de Dublin pour vous parler de cette « nouvelle vision du ministère et de l’identité du prêtre ». En même temps que je recevais l’invitation l’année dernière, j’en ai profité pour demander quelques conseils aux organisateurs du Congrès. Leur réponse fut d’une grande simplicité : « parlez-nous de la joie d’être prêtre », m’ont-ils répondu, « nous avons besoin d’entendre qu’il y a toujours de la joie à être prêtre en cette triste époque où l’Église vit de grandes turbulences. J’ai pris grand soin de suivre ce conseil lors de la rédaction de cette présentation.

Plutôt que de vous présenter de belles théories sur ce que devrait être la prêtrise aujourd’hui, laissez-moi commencer en vous partageant quelques éléments de mon propre appel à la prêtrise et à la vie religieuse. L’année dernière, j’ai célébré mon 25e anniversaire d’ordination sacerdotale et 31 ans comme membre de la congrégation religieuse des Pères Basiliens. J’ai depuis réalisé que mon séjour sur terre fait partie d’une histoire beaucoup plus grande que ce que j’avais pu imaginer lorsque j’étais enfant ou même lorsque j’étais à l’école secondaire ou à l’université. Ma réponse s’inscrivait dans une tradition millénaire, celle de la Bible, celle de la vocation (appel).

La première partie de ma présentation d’aujourd’hui portera sur cette tradition et cette vocation. Elle remonte au temps de Moïse hésitant et muet devant le Buisson ardent; d’Amos le jeune pasteur de Tekoa qui ne pouvait pas imaginer de lui-même être destiné à quelque fonction religieuse que ce soit; d’Isaïe rendu muet par la honte de son propre péché et purifié par un charbon brûlant lors d’une vision au Temple. Cette tradition inclus également Osée, qui brisé par l’échec de son mariage, il fut capable de sentir au plus profond de son être la douleur de Dieu et l’endurance de son Amour pour son peuple; Jérémie, encore trop jeune et peureux pour pouvoir répondre à une si grande mission; Marie de Nazareth, jeune adolescente qui s’adonnait à être seule dans sa maison au moment où elle reçu un mystérieux visiteur qui l’invita à participer à une mission allant au-delà de tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Cette tradition ne s’arrête cependant pas ici… elle continua avec ce Pierre, personnalité impétueuse qui tomba à genoux devant un bateau rempli de 153 poissons; ce Matthieu, qui abandonna sa table de collecteur pour embrasser une nouvelle vie. Comment pourrions-nous oublier cette Samaritaine qui ne sera plus jamais la même à la suite d’une rencontre inhabituelle qu’elle fit un jour qui s’annonçait être comme les autres ?

La Bible nous présente une longue tradition de témoignages de vocation. Au sommet de la liste se trouve Paul de Tarse, le grand apôtre des Gentils, qui a vécu durant une époque de grands bouleversements pour l’Église… Paul a dû vivre plusieurs nuits blanches à Corinthe, Thessalonique, Éphèse, Jérusalem et à Rome où il a dû rester debout se demandant s’il avait pris la bonne décision pour sa vie et pour l’avenir des communautés.

Toutefois, ce grand apôtre n’oublia jamais sa première expérience de foi : l’amour du Christ crucifié était pour lui le gage de l’indestructible alliance de Dieu, de son Amour indéfectible pour le monde : « Qui nous séparera de l’Amour de Dieu ? » exclame-t-il du plus profond de son cœur. Voilà la brûlante question qui habite au sein des hommes et des femmes de l’Évangile, de ceux appelés à une mission; des gens qui refusent d’être brisés par les scandales, les frustrations et les mauvais pas, de ceux qui avaient au commencement de grands idéaux pour les  communautés et l’Église mais qui savaient également la triste réalité des divisions et des conflits; de ceux qui connaissent la dure réalité de la souffrance, de la douleur et du rejet mais qui continuent, malgré tout, à nourrir leurs grands et réalistes espoirs. Même le « mysterium iniquitatis » ne peut ébranler ceux qui ont mis leur cœur et leur esprit en Jésus Christ, Celui qui fait toute chose nouvelle!

Chacun de nous a besoin d’exemples vivants dans sa vie, comme Paul de Tarse et Ananias, pour nous libérer de notre aveuglement et nous montrer le monde avec les yeux du Christ. Ainsi, de la même manière que l’apôtre des Gentils s’inspira des mots perturbants d’Isaïe, de Jérémie et de l’exemple du ministère prophétique en général pour percevoir le sens de son appel, de même nous devons nous référer aux Écritures pour notre propre vie. Voilà pourquoi je remercie Dieu tous les jours pour les nombreux « Ananias » qui m’ont aidé à passer au travers des différentes nuits et tempêtes de ma vie.

Nous sommes prêtres puisque nous sommes les premiers serviteurs, parce que nous avons été séduits par le Seigneur et que nous avons répondu à son appel mystérieux. Nous avons donc reçu du Seigneur une mission et l’autorité pour aller de l’avant. Cette nouvelle autorité et ce nouveau pouvoir enracinés dans le sacerdoce ministériel n’existent que parce qu’ils participent de l’autorité de l’Évangile qui vient lui-même de la vie du Mystère pascal. Les sceaux, diplômes, qualifications, certificats, soutanes et Ordres, même le Saint Chrême ne font que confirmer l’authenticité de l’identité du prêtre qu’il possède déjà en lui-même.

L’autorité et le pouvoir, enracinés dans le sacerdoce ministériel, n’existent que parce qu’ils participent de l’autorité de l’Évangile qui vient elle-même de la vie du Mystère pascal. Tout le contraire d’un consommateur, de quelqu’un qui achète et amasse des choses. Jésus Lui-même nous a appris que la seule véritable source de l’autorité dans l’Église provient de la vie de service c’est-à-dire du don de sa vie pour ses amis. Si je suis un prêtre et que l’on m’appelle « Père », ce n’est pas simplement parce que j’ai un passé académique prestigieux, une bonne formation, un titre, une place privilégiée, un rôle important dans l’Église. Non, je suis un prêtre parce que je suis le premier de tous les serviteurs. Un prêtre est quelqu’un qui se donne avec joie pour les autres. Les prêtres authentiques sont des laveurs de pieds, des servants, qui ont donné leur vie à l’exemple de Jésus-Christ, l’Éternel prêtre de compassion et de service.

La prêtrise a souffert énormément durant les dernières années. Cette image biblique de service et d’autorité divine a été obscurcie, ternie et même parfois oblitérée. Contre ce portrait contemporain  du monde et de l’Église, nous devons redécouvrir l’essence et le cœur de la prêtrise à partir de cet appel initial qui nous a été donné. Laissez-moi vous partager six perspectives ou piliers d’une vision renouvelée de la vocation et de la mission du prêtre.

[Read more…]

Benoît XVI demande pardon pour les scandales de pédophilie

Une messe rassemblant plus de 15 000 prêtres a conclu l’année sacerdotale ce matin à Rome. Il s’agissait du plus grand nombre de concélébrants jamais réunis en la Place Saint-Pierre pour une même célébration.

Au cours de son homélie, le Pape est revenue sur le scandale des abus sexuels qui a marqué cette année du prêtre:

[I]l est ainsi arrivé que, proprement au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres – en particulier l’abus à l’égard des petits, où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu à l’égard de l’homme se trouve retourné en son contraire. Nous aussi nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir ; promettre que dans l’admission au ministère sacerdotal et dans la formation délivrée au cours du parcours qui y prépare, nous ferons tout ce qui est possible pour examiner attentivement l’authenticité de la vocation et que nous voulons mieux encore accompagner les prêtres sur leur chemin, afin que le Seigneur les protège et les garde dans les situations difficiles et face aux dangers de la vie.

Aux yeux du Pape, l’année sacerdotale ne fut pas pour autant un échec, car elle nous a poussé de reconnaître notre faiblesse humaine:

Si l’Année sacerdotale avait du être une glorification de notre prestation humaine personnelle, elle aurait été détruite par ces événements. Mais il s’agissait pour nous exactement du contraire : devenir reconnaissant pour le don de Dieu, un don qui se cache « dans des vases d’argile » et qui toujours de nouveau, à travers toute la faiblesse humaine, rend concret son amour en ce monde. Nous considérons ainsi que ce qui est arrivé est un devoir de purification, un devoir qui nous porte vers l’avenir et qui, d’autant plus, nous fait reconnaître et aimer le grand don de Dieu. De cette façon, le don devient l’engagement de répondre au courage et à l’humilité de Dieu par notre courage et notre humilité. La parole du Christ, que nous avons chanté comme chant d’entrée dans la liturgie de ce jour, peut nous suggérer en cette heure ce que signifie devenir et être prêtre : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29).

Malgré cette faiblesse donc, Dieu a besoin de nous tous, et besoin d’hommes pour le servir à travers le sacerdoce:

Le sacerdoce n’est donc pas seulement une « charge », mais un sacrement : Dieu se sert d’un pauvre homme pour être, à travers lui, présent pour les hommes et agir en leur faveur. Cette audace de Dieu qui se confie à des êtres humains et qui, tout en connaissant nos faiblesses, considère les hommes capables d’agir et d’être présents à sa place – cette audace de Dieu est la réalité vraiment grande qui se cache dans le mot « sacerdoce ». Que Dieu nous considère capables de cela, que de cette manière il appelle les hommes à son service et qu’ainsi de l’intérieur il se lie à eux : c’est ce que, en cette année, nous voulions considérer et comprendre à nouveau. Nous voulions réveiller la joie que Dieu nous soit si proche, et la gratitude pour le fait qu’il se confie à notre faiblesse ; qu’il nous conduise et nous soutienne jour après jour. Nous voulions aussi ainsi montrer à nouveau aux jeunes que cette vocation, cette communion de service pour Dieu et avec Dieu, existe – et plus encore, que Dieu est en attente de notre « oui ».

Télévision Sel + Lumière a présenté en direct la messe de clôture de l’année sacerdotale et la représentera à 15h30HE en français.